Mauritanie : l’esclavage foncier est une réalité en 2021 (IRA Mauritanie)



✓Note d’information

Tweikerda, localité située dans une zone agricole à la limite de la frontière entre les régions du Trarza et du Brakna, relève de la commune de Lexeiba 2, peuplée par des paysans d’origine servile qui ensemençaient – entretenaient et récoltaient – les périmètres arables, déjà au 19ème siècle. Autour du lac « Koundy » les activités agro-pastorales augmentent et s’étendent au rythme de la démographie. La population Hratin du lieu appartient à la tribu « Oulad Byèri » qui regroupe nombre de fractions, aussi influentes les unes que les autres.

Les autorités coloniales décernaient des titres fonciers, durant les années 1950, à la chefferie des « Oulad Byèri ; celle-ci en a bénéficié, au nom de la famille Ehl Cheikh Sidiya; or, la loi 60/130 ratifiée le 5 septembre 1960 et l’ordonnance 1983/127 portant réforme foncière et domaniale annulent la tenure tribale du sol et octroient la propriété définitive de la terre aux cultivateurs.

Néanmoins, le maire de la commune de Lexeiba 2, Monsieur Yacoub Ould Moussa Ould Cheikh Sidiya, au titre de son prestige religieux et historique, considérerait les parcelles en litige, comme un bien de sa famille ; ainsi, en vendrait- il aux opérateurs de l’agrobusiness et ce, avec la complicité des fonctionnaires, notamment des gouverneurs, préfets, brigades de gendarmerie et magistrats ; plusieurs agriculteurs se retrouvent, du jour au lendemain, privés de champs, accentuant ainsi leur vulnérabilité.

Un exploitant, inconnu des natifs de la localité, venait, ces dernières semaines, défricher des arpents qu’il prétend avoir achetés au maire de Lexeiba 2. La population s’interposa d’où le prétexte d’une intervention, souvent brutale, des forces de l’ordre dominant. La première vague d’arrestation se déroulait le 27 mai 2021. Cependant, Yacoub Ould Moussa rejette de telles accusations et précise avoir emménagé en commun avec les cultivateurs Hratin et à leur bénéfice, 40 hectares. De surcroît, il nie la moindre entrave aux droits des paysans. L’affaire de la fameuse vente résulterait, alors, d’un acte frauduleux. L’initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) dépêchera une mission sur place, afin de réitérer son soutien aux victimes d’expropriations à grande échelle, dans la plaine de la Chemama.

Il importe de rappeler que les contentieux du genre se généralisent un peu partout sur le territoire et opposent les résidus de féodalités anachroniques, revigorés par la gouvernance ouvertement raciste des deux ex-présidents (Taya et Aziz) contre les descendants d’esclaves et autres travailleurs de la terre, issus des communautés noires autochtones. En dépit des assurances du Président de la République Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, l’appareil de justice et l’administration territoriale incarnent la résistance de la minorité, à l’implacable demande d’égalité. La situation semble aussi grave à l’Est du pays, en particulier l’Assaba et les deux Hodhs où les entités centrifuges – tribu, fraction, clan, famille – ne cessent de grignoter ce qui subsiste d’un Etat en faillite graduelle depuis le premier coup d’Etat, en 1978.

A. La mise sous contrôle judiciaire, dès le 31 mai 2021, concerne les prévenus :

1 Issa Soueidi
2 Mohamed Mahmoud Ahmed Werzeg
3 Mohamed mahmoud M’Bareck
4 Cheikh Mowloud
5 Sidi Mohamed Ali

B. Le 7 juin 2021, après 4 jours de détention préventive, les pensionnaires du commissariat de police de Lexeiba 2 recouvraient la liberté mais sous contrôle judiciaire strict:

1 Brahim Iche
2 Alioune M’Bareck
3 Yacoub H’Meida
4 Oumarou Boubou
5 Didi H’Meida
6 Dah Imijine
7 Ahmed Bilal

C. Restent en prison, au grief de « rébellion » :

8 Issa Souedi
9 Mohamed Mahmoud Ahmed Werzeg, âgé de 75 ans, (image jointe)

D. Voici le rappel du droit en vigueur, que violent les décisions et comportements du personnel de la fonction publique, à commencer par les juges:

Article 3.-Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli. Art 4.-Tout droit de propriété qui ne se rattache pas directement à une personne physique ou morale et qui ne résulte pas d’une mise en valeur juridiquement protégée est inexistante. Art.5.-Les immatriculations foncières prises au nom des chefs et notables sont réputées avoir été consenties à la collectivité traditionnelle de rattachement. Art.6.-Les droits collectifs légitimement acquis sous le régime antérieur, préalablement cantonnés aux terres de culture, bénéficient à tous ceux qui ont, soit participé à la mise en valeur initiale, soit contribué à la pérennité de l’exploitation. Art.7.-Les actions foncières collectives sont irrecevables en justice. Les affaires de même nature actuellement pendantes devant les cours et tribunaux seront radiés des rôles sur décision spéciale de la juridiction saisie. Les arrêts ou jugements de radiation sont inattaquables. Art.8.-Toute forme d’affermage de la terre non conforme à la Chariâa est prohibée ; les parties ne peuvent, par leurs conventions, déroger à cette disposition d’ordre public. Art.9.-Les terres « mortes » sont la propriété de l’Etat. Sont réputées mortes les terres qui n’ont jamais été mises en valeur ou dont la mise en valeur n’a plus laissé de traces évidentes.

Liens connexes :

https://www.facebook.com/751978449/posts/10158395443598450/?sfnsn=wa

http://www.droit-afrique.com/upload/doc/mauritanie/Mauritanie-Ordonnance-1983-127-reorganisation-fonciere-et-domaniale.pdf

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 10 juin 2021

La police arrête des suspects impliqués dans le meurtre du «vieil Elema»


La police mauritanienne a annoncé ce samedi avoir arrêté trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans le meurtre du professeur d’université et juriste Ahmed Salem Ould Elema dans la nuit de jeudi au vendredi.

La page Facebook de la police mauritanienne a publié, que la direction régionale de la sécurité de l’Etat du Nord Nouakchott avait « arrêté la bande criminelle qui a commis le meurtre jeudi soir dernier du citoyen Ahmed Salem Ould Elema ».

La page a indiqué que le gang se compose de trois individus, ne publiant que les initiales de leurs noms, sans révéler d’autres détails.

Elle a ajouté que le gang a effectué son « opération après avoir surveillé la victime, et sous l’emprise de substances intoxicantes », notant que le même gang « a effectué dans la même nuit plusieurs opérations dans différents de Toujounine ».

« L’enquête est toujours en cours avec le gang pour approfondir la recherche afin d’identifier d’autres opérations criminelles », a-t-elle déclaré

Source :
Sahara Media
Police Nationale

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UN PARTI MAURITANIEN MET EN GARDE L’AUTORITÉ DE TOUT PRÉJUDICE QUI SERAIT CAUSÉ À L’ANCIEN PRÉSIDENT DU PAYS

Dans un communiqué publié la soirée du mardi 1er juin 2021,le Parti national mauritanien Ribat, a averti les autorités au pouvoir et l’ appareil de sécurité , contre tout préjudice moral, verbal ,physique ou de menace , qui serait porté à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.


La justice mauritanienne a la responsabilité de protéger sa vie et ses biens «de tout voyou qui serait poussé par les conspirateurs, les haineux et les truands subversifs à lui faire du mal».

Le communiqué affirme que l’ancien président tient à l’application stricte de l’assignation ordonnée par le pouvoir judiciaire, «comme étant un engagement de son respect du pouvoir judiciaire, ses institutions, ses décisions et ses ordonnances en sa qualité d’ancien président du Conseil supérieur de la magistrature et le premier garant du respect de la constitution et de l’application des dispositions de la loi depuis plus d’une décennie.

Le communiqué indique qu’Ould Abdel Aziz a le droit «de choisir les moyens de ses déplacements pour venir jusqu’au commissariat de police politique (économique) afin de signer, comme la justice l’ oblige à le faire».

Le communiqué a souligné que « le harcèlement, les provocations et les arrestations de leaders du parti, ses militants et ses partisans ne feront qu’augmenter la fermeté et la détermination du parti à s’opposer à ce système hybride défaillant ».



Source : https://www.anbaa.info/?p=65150

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AZIZ: LA POLICE M’A ENVOYÉ UN MESSAGE MENAÇANT COMME QUOI «MES ACTIONS SONT INACCEPTABLES».

L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a déclaré que le directeur de la police des crimes économiques lui a émis aujourd’hui un message menaçant , selon lequel ses actions sont inacceptables.

Ould Abdel Aziz a démenti, dans un message sur son compte Facebook ,avoir eu connaissance de «toute transgression ou violation de l’injustice, malgré les ciblage et provocation qui me sont imposés, sinon que je suis toujours resté ferme et le resterai, et que je vis ma vie quotidienne normalement, et c’est peut-être cela qui tourmente (les autorités) . »



Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il a décidé aujourd’hui de se rendre à pied à la direction de la sécurité afin d’éviter ce qu’il décrit comme : « leurs allégations selon lesquelles je minimise le statut des agents de sécurité qui méritent respect et qui ont été ordonnés à exécuter ces harcèlements sans qu’ils n’en soient convaincus.

Et Ould Abdel Aziz a ajouté: «C’est pourquoi j’ai levé l’embarras car je pense qu’ils sont gênés par ces ordres, mais ils sont obligés de les exécuter , et je comprends ça très bien. »

Ould Abdel Aziz a ajouté: «Après la signature ennuyeuse et inutile, qui n’a d’autre sens que des restrictions et des règlements de comptes contre moi, le directeur de la police des crimes économiques m’a convoqué et il m’a assuré que la présence de voitures et de forces de sécurité à proximité de mon domicile est une nécessité urgente pour respecter les exigences de l’assignation à résidence.

Ould Abdel Aziz a souligné que c’est «la première fois que le directeur agit ainsi et il ne fait aucun doute que c’est à cause de l’embarras qu’ a causé ma réponse d’hier soir au communiqué de la direction de la sécurité , car ce point faisait partie de mes critiques dirigées contre leur méthode.»

Ould Abdel Aziz a remercié ceux qu’il qualifie de citoyens fidèles, pour ce qu’il a décrit comme «la sincérité de votre soutien spontané pendant ma marche aller-retour vers et de la direction de la sécurité . Je nie que le peuple mauritanien soit qualifié d’opportuniste, car le peuple mauritanien est sincère et loyal.

Le déni, l’hypocrisie et l’opportunisme n’est le fait que de ses acteurs qui ne représentent pas la fierté du peuple mauritanien. »Selon le texte du tweet.

Ould Abdel Aziz a estimé que ce qui lui plaît et guérit le cœur des fidèles, c’est son assurance que la Mauritanie triomphera par la force de son peuple et par l’échec de ce système.



Source : https://alakhbar.info/?q=node/33228

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LA DIRECTION GÉNÉRALE DE SURETÉ NATIONALE CLARIFIE LES INFORMATIONS RELAYÉES PAR LES RÉSEAUX SOCIAUX AU SUJET DES PRÉSUMÉES PRESSIONS EXERCÉES SUR L’ACCUSÉ MOHAMED OULD ABDEL AZIZ

La Direction générale de Sureté nationale a rendu public, dimanche, un communiqué de presse donnant des clarifications sur les informations relayées par les réseaux sociaux et les plateformes privées au sujet de présumées pressions exercées sur l’accusé Mohamed Ould Abdel Aziz de la part de certains individus et de véhicules qui surveilleraient son domicile et le poursuivraient partout où il se rend.

Dans le communiqué, dont une copie est parvenue à l’AMI, la Direction générale de la Sureté nationale affirme qu’elle est soucieuse du respect de la loi, de l’application de ses devoirs et l’observation du seuil maximal de retenue et de sang froid face à toutes les provocations quelles que soit leur nature et leur origine et ce dans le respect des exigences professionnelles.

Voici la traduction du communiqué de la Direction générale de la Sureté nationale :

« Nous constatons depuis quelques temps des informations relayées par les réseaux sociaux relatives aux allégations de ces plateformes et par la personne de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il serait sujet à des pressions exercées sur lui de la part de certains individus et des véhicules qui surveillent son domicile et le poursuivent partout où il se rend.

Dans le souci de clarifier l’opinion publique nationale et d’élever toute équivoque, nous apportons les précisions suivantes :

-Mohamed Ould Abdel Aziz est une personne accusée devant la justice et soumise aux exigences de la :

– Décision n ° 044-2021 du 10/05/2021 pour le renouvellement du contrôle judiciaire, qui stipule la signature trois fois par semaine à la Direction de la lutte contre la criminalité économique et financière.

– Décision n ° 046/2021 du 11/05/2021 du pôle d’investigation en charge de la lutte contre la corruption relative à l’ajout de mesures visant à renforcer le contrôle judiciaire sur l’accusé, notamment :

-De ne pas quitter sa résidence habituelle dans la moughataa du Ksar, sauf avec l’autorisation de l’équipe d’enquête ou en cas de nécessité absolue liée aux conditions de santé ou aux rituels religieux dans les limites de la wilaya de Nouakchott-Ouest ou en réponse à la convocation adressée par les autorités judiciaires.

– Dans le but d’assurer l’exécution de cette décision judiciaire, des agents de sécurité en tenue civile ont été affectés à proximité du domicile de l’accusé afin de s’assurer qu’il se conformait aux exigences de la décision précédente.

Sur la base de la réquisition judiciaire, les agents de la sécurité ont exercé leurs missions selon les normes et la déontologie de la profession, et ils ont veillé à la maîtrise de soi malgré la défiance répétée, l’agression verbale, les prises de vue, la diffamation et le harcèlement dont ils ont fait l’objet de la part de l’accusé et d’autres personnes proches de son domicile en plus des provocations lors du récent déplacement à travers un certain nombre de comportements, notamment:

– L’excès de vitesse, l’arrêt brusque au milieu de la route durant la circulation, le changement rapide de direction, l’entrée dans les ruelles étroites et l’engagement brusque dans la direction opposée pour semer la vigilance des agents de la surveillance.

Le rythme de ces provocations a augmenté au cours des jours du 10-17 et 21 mai -2021.

Et les méthodes ont changé à partir du 24/05/2021, lorsque l’accusé, Mohamed Ould Abdel Aziz, a quitté son domicile dans une voiture «Toyota Hilux» conduite par une autre personne, contrairement à son habitude, pour signer à la Direction de la lutte contre les crimes économiques et financiers.

Au retour, le conducteur a répété les comportements de changement brusque de direction et d’excès de vitesse, s’engageant dans une route secondaire étroite et rebroussant chemin à grande vitesse dans le dessein de charger les agents de surveillance alors qu’ils accomplissaient leurs tâches ;

– Le 26/05/2021, un groupe composé de jeunes hommes l’a accompagné à bord de deux voitures, qui ont tenté à plusieurs reprises d’entraver le mouvement de l’équipe de surveillance ;

– Le 27/05/2021, il a induit en erreur l’équipe de surveillance, et a quitté son domicile, accompagné de l’un de ses assistants en direction du tribunal de la wilaya de Nouakchott Ouest alors qu’il n’avait pas reçu de convocation.

Le 28/05/2021, un groupe de jeunes l’a accompagné à bord de quatre voitures qui ont entravé la progression de l’équipe de surveillance jusqu’à ce qu’une de ces voitures entre délibérément en collision avec la voiture de l’équipe de surveillance. Le site d’information El Menassa qui faisait partie du groupe d’accompagnement a commencé à diffuser en direct via Internet l’opération de déplacement dans le but de d’entraver l’équipe de surveillance.

La direction générale de la Sureté rappelle qu’elle restera respectueuse de la loi et de ses engagements et de l’observation du seuil maximal de la retenue face à toutes les provocations quelle que soit leur nature ou leur origine, et ce dans le respect des exigences professionnelles, tout comme elle agira fermement contre les diffuseurs de fausses nouvelles et de rumeurs malveillantes, appelant au respect de la loi ».

AMI

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=70062

Mauritanie : Aziz porte plainte contre un véhicule qui serait chargé de le suivre

Sahara Médias – L’ancien président Mohamed O. Abdel Aziz a porté plainte ce jeudi auprès du parquet général près le tribunal de Nouakchott-ouest contre une voiture «qui le poursuivrait», selon les sources de Sahara Medias.

L’ancien président a comparu, il y a près de deux heures, devant le parquet général accompagné de ses avocats.

Ould Abdel Aziz avait été placé en résidence surveillée le 11 mai dans le cadre des enquêtes menées par le pôle chargé des crimes économiques, après des accusations portées contre lui par le parquet général pour corruption et blanchiment d’argent.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745465

Regardez « Situation des réfugiés mauritaniens au Sénégal: Le député Biram Dah Abeid interpelle macky SALL » sur YouTube

Discours du président Biram Dah Abeid lors de la conférence de presse tenue conjointement à Dakar par IRA-Mauritanie, IRA-Senegal et la délégation des droits l’hommiste américains dirigée par Abolition Institute, le mercredi 26 mai à la mairie de DiammaGuene.

©️ Crédit source : réseaux IRA-Mauritanie

🟢 L’abolitionnisme et l’anti-esclavagisme : point de salut sans l’éveil intrépide et subversif de ceux qui subissent !


Une rencontre des militantes abolitionnistes #Ganbanaaxu Soninkés à Bamako – Mali (Mai 2021)

Un esprit averti me disait en ces termes quelque chose qui rejoint les propos de l’ancien président burkinabé feu Thomas Sankara : « les dominants coutumiers dans nos communautés gardent un inconscient collectif qui les freine d’être sincèrement abolitionnistes et anti-esclavagistes. Certains esprits lucides et ouverts aux thèses réformistes parmi eux comptent sur la détermination des descendants d’esclaves à se réinventer une nouvelle existence sociale basée sur des valeurs humanistes et citoyennes sans supplier et attendre une éventuelle onction de l’ancien système communautaire intrinsèquement inégalitaire et discriminatoire… »

✓ Ainsi dans le sillage de ce que Sankara disait : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… »

La paix sans armes à Jérusalem ! | Notre époque le mérite.

Jérusalem Al-Aqsa : Salah ad-Dîn connu Saladin la reprit vers 1187 après 88 ans de domination croisée… Hier comme aujourd’hui tout est rapport de force !


À l’époque, les forces antagonistes se jaugeaient en puissance chevalesque avec épées et boucliers, aujourd’hui nous vivons les conséquences amères des accords Sykes – Picot (courant Mai 1916). Et surtout les forces antagonistes sont dans un déséquilibre abyssal. Il y a d’un côté, de la Nono-science et du nucléaire dans diverses applications Hi Tech, de l’autre côté il y a une vaillante résistance « mains nues » en interne. Après autour, il y a un grand ensemble concerné mais mis au pas. Dans cet ensemble, il y a une élite politico-affairiste vendue dans la géopolitique business, et une autre élite politico-religieuse qui est dans la littérature mélancolique et eschatologique en se lamentant vers les cieux…en attendant le messi éventuellement…! Et nous « Noirs », ça serait mieux qu’on soit témoins justes porteurs de Message de Paix et de Pardon par ce qu’on a enduré historiquement sous le joug idéologique et religieux DÉTOURNÉ des uns et des autres.

#Une_Paix_à_construire_sans_armes

Captation d’héritage : le Mufti de la République consacre l’esclavage



Mohamed Baba – Il y a de cela deux semaines, vers le milieu de ce mois béni du Ramadan, une famille de H’ratine (anciens esclaves ou descendants d’esclaves) se présentait devant le Cheikh d’une Mahadra (école coranique) du lieu-dit El Beldou Atteyib (Wilaya du Brakna, sud de la Mauritanie) pour lui demander de liquider l’héritage de leur défunt de père.

Le père, feu Mohamed Ould Hmeydi, a laissé derrière lui une fille, la mère de cette dernière et une coépouse. Il a aussi, comme membres de sa famille proche, deux demi-frères du côté de sa mère. L’héritage consiste en un troupeau de petit ruminants et une modeste somme d’argent.

Le Cheikh de la Mahadra s’excusa de ne pas pouvoir procéder à la répartition de cet héritage mais suggéra aux requérants de s’adresser, pour cette affaire quelque peu compliquée, à l’Imam de la Grande Mosquée de Nouakchott, Ahmedou Ould Habibou Errahmane, surnommé aussi le « Mufti de la République ». Pour les encourager, il leur donna le numéro de téléphone personnel du grand jurisconsulte.

Contacté par téléphone, le Mufti de la République n’hésita pas une seconde avant d’énoncer son verdict, seul d’après lui, conforme à la Chariaa (loi divine) :

1- la moitié (1/2) de l’héritage revient à la fille (unique) ;

2- les deux coépouses se partagent le huitième de l’héritage (1/8);

3- le reste, c’est-à-dire les trois huitièmes (3/8), va aux anciens maîtres du défunt alors que ces derniers l’avaient affranchi de son vivant !

Nous sommes, là, en présence d’une éclatante manifestation de l’ambivalence du système judiciaire en Mauritanie. En effet, la justice en Mauritanie est rendue selon deux types de droits, le droit positif censé appliquer les lois votées par les législateurs et le doit traditionnel rendu par un réseau de jurisconsultes (Cadis) qui appliquent des règles édictées selon leur interprétation, parfois très personnelle, de la Chariaa (loi divine) et charriant des scories de pratiques d’un autre âge. Le droit traditionnel règne, parfois en maître, dans les domaines des affaires familiales et de l’héritage.

L’Imam Habibou Errahmane, auteur de ce verdict, fait autorité au sein du système judiciaire traditionnel. C’est à lui que l’Etat confie, contre grasse rétribution, le prêche hebdomadaire de la prière du vendredi, prêche diffusé sur les antennes de la radio du service publique. C’est derrière lui que se rangent, lors des prières des deux grandes fêtes religieuses de la communauté nationale, Id El Adha et Id El Fitr, le Président de la République et l’ensemble des hautes personnalités de l’Etat.

Sa Fetwa (verdict) est donc tout sauf anodine. Or cette Fetwa consacre, clairement, l’esclavage dans sa forme la plus abjecte. Elle stipule que les biens que l’esclave a acquis (même après avoir été affranchi) sont la propriété de son maître. L’esclave ne pourrait donc jamais posséder. Par exemple, si feu Mohamed Ould Hmeydi n’avait pas laissé d’héritier, ses biens reviendraient, en totalité, à ses anciens maîtres.

Il se trouve que les magistrats mauritaniens doivent aussi appliquer le droit positif, celui édicté par les législateurs. Il se trouve aussi que le Parlement a voté, le 12 août 2015, une loi hissant l’esclavage et les pratiques esclavagistes au rang de crime contre l’humanité, imprescriptible. Ce crime imprescriptible vient d’être brillamment consacré par le « Mufti de la République », dénomination qui constitue, en elle-même, un oxymore d’une très grande éloquence.

Cette affaire est emblématique de l’ambiguïté de l’Etat mauritanien devant cette question de l’esclavage, des pratiques esclavagistes et de leurs séquelles.

L’Etat doit faire respecter les lois, punir les coupables, donner l’exemple et sortir du déni. Les autorités religieuses doivent être mises à contribution pour faire évoluer les mentalités dans la bonne direction, celle de l’émancipation et surtout celle qui aide à débarrasser l’Islam des interprétations qui défigurent son image et le présentent comme une religion qui justifie ou légalise l’esclavage.

Mohamed Baba
Le 12 mai 2021

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745013