Je m’appelle Lamine Fofana. Je suis né en 1972 à Sélibabi. Je suis gendarme avec le grade de Marechal des logis Chef. Le 16 décembre 2015, j’ai eu l’honneur d’être membre du premier contingent mauritanien pour une mission de maintien de la paix en Centrafrique au sein de la MINUSCA. Nous étions 140 gendarmes mauritaniens, FPU. Le 30 décembre, quinze jours après notre arrivée à Bangui, pendant l’élection présidentielle, notre position a été attaquée. J’étais dans une voiture avec cinq à six autres gendarmes et un colonel. Nous sommes immédiatement allés en renfort. Le Colonel est monté à bord d’un blindé. Je suis resté avec d’autres dans une Pick Up armée. Nous avons subi une rafale continue de l’ennemi, en plein centre-ville. Notre voiture a fait un accident. J’ai été très gravement blessé. Je ne pouvais plus bouger. Mes camarades ont repoussé l’attaque. Le lendemain, j’ai été évacué vers Kampala, en Ouganda, dans un avion spécial des Nations Unies. J’y ai été opéré. J’ai passé trois mois de réanimation à Kampala avant d’atterrir à l’hôpital militaire de Nouakchott début mars. Le médecin Ougandais qui me suivait m’a établi un rapport recommandant mon évacuation vers l’Espagne pour des soins plus appropriés. J’ai passé sept mois à l’hôpital militaire de Nouakchott avec essentiellement des calmants. Sur conseil d’un infirmier, j’ai été au CNORF (centre national d’orthopédie et de rééducation fonctionnelle) de Nouakchott. C’est dans cette structure de rééducation que le Docteur feu Aboubacar Sidibé m’a établi une demande d’évacuation vers l’Espagne, confirmant les recommandations du médecin de Kampala.
Au lieu de l’Espagne, j’ai été finalement évacué en Tunisie avec une couverture de la caisse nationale d’assurance maladie, CNAM. J’y ai passé 08 mois. J’y ai subi des séances de kinésithérapie qui ont légèrement amélioré ma situation. Mais, Mes médecin ont eux aussi estimé que je devais être dans une structure adaptée à mon cas qui n’est pas irréversible. Je suis revenu à Nouakchott, chez moi, au PK 11, entouré de ma famille. Je passe mes journées allongé ou sur une chaise roulante. Je suis incapable de faire les gestes les plus simples comme tenir un verre de thé et le boire. Ce qui me maintien encore, c’est le soutien de mon entourage et cet immense espoir de retrouver un jour, ma mobilité. En Ouganda, en Mauritanie et en Tunisie, mes médecins traitant ont en effet donné le même avis : mon cas n’est pas irréversible à condition que je sois traité dans une structure spécialisée. Monsieur le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef suprême des armées, Monsieur le secrétaire général de Nations Unie, Antonio Guterres, à travers cet écrit je vous interpelle. C’est avec beaucoup de joie et d’enthousiasme que j’ai fait le voyage de Bangui avec mes frères d’armes pour être acteur du maintien de la paix dans un pays frère. Une attaque violente, suivi d’un accident, m’a cloué au sol. Aidez-moi à me relever. Aidez-moi pour que je puisse serrer mes deux enfants de bas âge dans mes bras. »
Né à Coumba N’dao, Arrondissement et Commune de Ghabou, au Sud de la Mauritanie, Abou Abdillah Moussa ben BOULAYE ben TOUGAYE Diarra, a commencé ses études primaires dans l’enseignement du Coran et de la Sunna, au Village de Coumba N’dao en 1989, avant d’aller les finir dans l’une des plus grandes écoles coraniques de la willaya de Guidimakha (école coranique Housseyn Souley Cissé, village de Hachakghar) en 2000. En effet, le Professeur et Imam Diarra, continue ses études secondaires dans un Institut Al faarouq spécialisé dans les études islamiques et la langue arabe sous la direction de l’imam de la mosquée de Qatar à Nouakchott. En 2006, après son Baccalauréat, le Professeur et Imam Diarra s’envole pour le Pays du Prophète Mohamed (PSL), Arabie Saoudite, plus précisément à la Medina (Médine, la ville d’accueil du Prophète PSL) pour la recherche du savoir islamique et la sagesse religieuse. Par ailleurs, le Professeur Diarra s’inscrit en 2007 à la plus grande université de la Médine et décrocha sa licence (BAC+ 3) en 2012 à l’université islamique de Médine. Trois ans plus tard, en 2015, le professeur Diarra obtenait son Diplôme de Magistère (Master ou BAC+5) en cycle des Hautes Etudes ès Daawa et Cultures Islamique (HEDCI). Ce passionné des études islamiques et de la charia islamique est allé poursuivre sa quête du savoir islamique dans le royaume chérif du Maroc. Depuis 2016, Monsieur Diarra est inscrit en thèse de doctorat en études islamiques à l’Université du Royaume du Maroc. Ce natif de Coumba N’dao (Guidimakha), animé par le patriotisme et la reconnaissance pour sa patrie, l’imam Diarra après s’être diplômé de l’université de la Médine, il a décidé de rentrer dans son pays natal (Mauritanie) pour s’investir dans la science religieuse malgré les nombreuses opportunités que les Médinois lui avaient proposées depuis la Médine. Il s’est dit que c’est à son tour de venir rendre à la Mauritanie, ce qu’elle avait donné. A son arrivée en Mauritanie en 2015, l’Imam Diarra, créa un grand établissement scolaire et universitaire privé dont il est le directeur pour enseigner la science religieuse. Son établissement compte à ce jour tous les niveaux d’études. Le professeur a également mis à la disposition de ces étudiants un enseignement à distance. L’enseignement dispensé par son établissement est un enseignement de qualité selon les différents témoignages de ces étudiants, voir le lien : https://www.merkez-mauritania.com/galerie/audio/.
Les professeurs sont tous des diplômés de l’université islamique de Médine et d’autres universités internationales. Les diplômes délivrés par le Merkez Mauritania sont des diplômes reconnus par l’Etat et agréés. Pour plus d’informations sur ce sujet voir ce lien :
Au niveau universitaire, il existe des cours en ligne. Le Professeur Diarra, après avoir ouvert une section en ligne pour les étudiants, il a le plaisir de vous annoncer également l’ouverture d’une autre section pour les étudiantes. Les cours se déroulent avec des enseignantes et enseignants expérimentés et diplômés des lijazaates. Les matières étudiées sont : le Coran, le Hadith, la grammaire, le vocabulaire, entre autres. Pour s’inscrire veuillez cliquer sur ce lien : https://form.jotform.com/193591567553066, ou encore les personnes intéressées, peuvent se présenter au Merkez directement ou par contact :
BA Boubou Centre Histoire et Anthropologie du Droit (CHAD)-Paris
La Commission d’Enquête Parlementaire (CEP) a remis son rapport à l’Assemblée nationale qui, comme à son accoutumée, l’a «instantanément» transmis au ministère de la justice, sans même en corriger les coquilles et autres fautes de syntaxe, et ce pour engager, au plus vite, les poursuites judiciaires contre les personnes « impliquées » dans les dossiers de corruption présumée. De nombreuses incongruités ébranlent la crédibilité dudit rapport:
1. Au départ, la CEP fut proposée par l’opposition aiguillonnée par les « Frères musulmans » (14 députés sur les 24 qui avaient parrainé cette initiative). En démocratie, ce type de manœuvre politique est assez « standard », il relève d’une tactique de harcèlement médiatique et populaire du pouvoir, régulièrement réactivée par l’opposition pour rappeler qu’elle existe et tester, au passage, la cohésion politique de ses adversaires. En général, de telles manœuvres ne font pas long feu, vite oubliées à la faveur d’un échange de vaines salves oratoires. On comprend alors que la création de la CEP ne visait nullement un objectif d’enquête sérieuse et n’avait –a priori- aucune chance de réussir. Si la CEP avait été «naturellement» proposée par la majorité parlementaire, les choses auraient été complètement différentes…
2. L’aval de la majorité en faveur de la CEP, est venu alors que cette majorité était empêtrée dans le débat acrimonieux, au sein du parti au pouvoir, au sujet de la « référence ». On peut ainsi estimer que cet aval faisait partie intégrante de la panoplie de mesures visant à trancher, dans le vif et au plus vite, un tel débat,
3. La plupart des parlementaires qui ont soutenu, sur le tard, l’initiative de la CEP, avait défendu –mordicus- les projets autour desquels planent aujourd’hui des soupçons de corruption, et avait unanimement légiféré dans ce sens,
4. La majorité des parlementaires actuels a pathétiquement milité (hier par écrit)en faveur du renouvellement du mandat présidentiel, en violation des dispositions pertinentes de la Constitution du pays ; en somme, ils ont tenté d’octroyer une nouvelle « décennie de gabegie », en sus de celle qu’ils critiquent en chœur aujourd’hui et de manière si véhémente!
5. La commission parlementaire comprenait des membres connus pour leur hostilité déclarée à l’endroit de l’ex-président de la République; bien entendu cette observation confirme à nouveau le point n ° 2,
6. C’est notoire, certains membres de la CEP elle-même, disposent de lourds « dossiers » en matière de corruption et de gabegie, du temps où ils exerçaient des charges publiques,
7. Les dossiers d’inspection ont été choisis de manière sélective, visant principalement à incriminer l’ex-président de la République et certains de ses anciens collaborateurs, en épargnant d’autres, et ce parfois de manière vulgaire, invraisemblable et sur la base de calomnies vite démenties par leurs auteurs,
8. La CEP a fait appel à trois bureaux d’études (tous étrangers) pour contrôler des faits, en rapport avec la souveraineté du pays, sans expliquer nulle part les précautions techniques en matière de sécurité politique. La probabilité d’une « influence intelligente» (extérieure ou intérieure) ne peut plus être entièrement écartée,
9. Dans son rapport, la CEP a critiqué « vertement » tous les organes officiels de contrôle, à l’exception notable du parlement, dont la plupart des membres actuels avait approuvé les projets et accords «suspects» et dont est issue la commission,
10. On est fondé de s’inquiéter du nombre limité de dossiers arbitrairement sélectionnés par la CEP, car cela pourrait consister en une tentative par les adeptes de le corruption et de la gabegie, durant la «décennie», «la vingtaine» et la «trentaine», visant à incriminer un nombre limité de responsables, en victimes expiatoires, au moindre coût, d’un profond problème de société, permettant ainsi à ces adeptes de s’adonner sans risque à leur activité nocive favorite, du moins sur le court terme. Acteurs politiques partiaux
Contrairement au pouvoir exécutif au sein duquel un « PNP », n’ayant jamais travaillé pour l’Etat, peut miraculeusement occuper les postes les plus prestigieux de l’administration publique, et agir, à son tour, dans cet esprit sur le double plan financier et administratif, ou au pouvoir législatif dont l’accès n’exige que moins de deux semaines de campagne électorale, au cours desquelles, en plus de l’argent sale, les « leviers » sordides de tous les particularismes (tribalisme, régionalisme, « ethnicisme », sectarisme …) sont actionnés à tout bout de champ, contrairement donc aux deux pouvoirs précédents, le pouvoir judiciaire n’est accessible que via des concours en bonne et due forme, exigeant de vraies qualifications professionnelles. Ce pouvoir est, fort heureusement, indépendant des deux pouvoirs exécutif et législatif. Il me semble que ce pouvoir judiciaire dispose, aujourd’hui, d’une occasion en or susceptible d’aider le pays à porter un coup décisif à la culture de la corruption et de la gabegie, une culture qui a régulièrement freiné les efforts publics en faveur de la lutte contre la misère et l’atténuation significative des écarts sociaux. Ce pouvoir peut considérer le rapport remis par le parlement et rédigé par trois bureaux d’études étrangers, sous l’influence d’acteurs politiques partiaux, comme une notification formelle au sujet d’une présomption d’existence d’actes illicites dans la gestion publique, et procéder, sur cette base, au prélèvement d’un nouvel échantillon aléatoire parmi les départements ministériels, les institutions publiques et les grands projets de développement, conforme aux procédés statistiques rigoureux en matière de contrôle et de vérification, « lissant » ainsi les données comprises dans un rapport notoirement politique et donc subjectif. Ceci aura l’avantage de mesurer avec une grande précision l’ampleur du phénomène au sein de l’appareil de l’Etat, sur une base professionnelle, impartiale et donc indiscutable ; ceci serait en phase avec les méthodes et procédures d’investigation judiciaire, étroitement encadrées par les textes légaux et déontologiques. Ceci aura enfin l’avantage de rassurer, demain, les coupables éventuels à propos des raisons de leur condamnation, de préserver l’image extérieure du pays et la dignité de ses fonctionnaires. Si, en plus, le pouvoir judiciaire pouvait éclairer, à titre comparatif et en respectant naturellement les normes juridiques de prescription, les lanternes des citoyens mauritaniens sur la manière dont les affaires publiques étaient gérées avant la « décennie », ce serait, sans nul doute, «le gâteau sous la cerise»…
Le rapport de la commission d’ enquête parlementaire est déposé devant l’ Assemblée Nationale. C’ est une première dans l’histoire politique et institutionnelle du pays. Cette commission a été constituée à l’instigation des partis de l’opposition démocratique, toutes obédiences et nuances confondues. Pas un seul parti d’ entre eux, pas un seul, représenté au parlement, n’ a fait défaillance. Depuis le coup d’ Etat de 2008, et au gré des scandales économico-financiers multiples, variés et retentissants qui ont émaillé le règne du » Président des Pauvres » devenu sans doute ( de son propre aveu!) un « homme riche » ( et c’ est un euphémisme), cette opposition, à côté des autres revendications politiques et sociales, a toujours fait de l’ exigence de transparence dans la gestion des maigres ressources financières du pays et de ses richesses, l’ un des aspects essentiels de son combat. Du fait d’ erreurs politiques enfantines, dues à son arrogance et au sentiment de surpuissance que procure fatalement toute longue jouissance sans partage du pouvoir, l’ ancien Chef de l’ Etat s’ est aliéné, EN DIRECT , et brutalement, tout soutien, toute sympathie de la part de son camp naturel, devenu par son fait, celui de ses pires ennemis. Voilà le secret de la création miraculeuse de cette commission parlementaire, fruit d’une demande générale de solder les comptes de l’incroyable gouvernance Aziz et d’un besoin impératif que rendent ces comptes, tous ceux sur qui le Général a pu s’ appuyer pour ses ténébreuses et tres lucratives affaires. Que l’ on ne nous raconte donc pas des sornettes. Ceux qui ne sont pas, absolument pas, interessés à la chose, pour savoir oû sont passés ces ressources et ces richesses du pays, ont sans doute leur raison. Mais de gràce, on est en Mauritanie et tout le monde se connaît. Le tintamarre sur l’ air du » tous pourris, tous pareils » ne pourra jamais étouffer le bruit des casseroles qui traînent. L’ histoire ne s’ arretera pas à ces enquêtes car le besoin de vérité ne s’ arrête pas à la décennie Aziz ni aux dossiers exhumés à cette occasion. Mais il y a un début à tout et les ruses de l’histoire sont surprenantes. Que ceux qui veulent plus en matière d’ enquêtes le demandent avec force mais nul ne devrait refuser ce que la bonne providence et la bonne occasion offrent à notre soif de justice. Et c’ est le cas avec le rapport de la commission d’ enquête.
La Haute cour de justice qui a pour compétences de juger, le président de la république a disparu de l’architecture juridique du pays par la volonté de beaucoup d’entre nous ici présents.
Monsieur, le président et chers collègues députés!
Dans cette auguste Assemblée siègent encore des élus qui ont défendu lâchement et sans état d’âme la suppression de cette juridiction. C’était pour faire plaisir à l’ancien Président de la République qu’ils croyaient éternel et qu’ils avaient présenté comme le messie, le sauveur du peuple mauritanien, le bâtisseur jamais égalé dans l’histoire politique de notre nation.
Ces personnes sont connues. Elles n’ont pas besoin d’être nommées. D’ailleurs, nos regards se croisent en ce moment même dans la salle. Ils ont aujourd’hui le courage et l’audace de demander le rétablissement de la Haute Cour de justice. Ces élus-là font honte à la République et déshonorent notre prestigieux statut consacré par le pouvoir législatif, un maillon essentiel de notre système démocratique. Il y a quelques mois seulement, ces mêmes gens défendaient contre vents et marées le troisième mandat de l’ancien Président de la république, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils rivalisaient d’ardeur pour mobiliser et manipuler les foules afin d’inciter Mohamed Ould Abdel Aziz à violer sans coup férir la constitution. Quelle hypocrisie ! Quel désaveu et quelle couardise ! Un député, c’est un élu du peuple sous d’autres cieux .C’est un représentant du peuple fort de sa légitimité. Cette fonction honorable est incompatible avec le mensonge, la recherche efreinée du gain mal acquis et l’opportunisme. Un élu du peuple est une caution morale qui exige de la hauteur, de la retenue et de la responsabilité d’une part mais aussi de la redevabilité d’autre part. Notre vocation, faut-il le rappeler, c’est de défendre l’intérêt du peuple. C’est un sacerdoce. Nous ne sommes ni des ennemis du Gouvernement ni les amis du Gouvernement mais un train d’union entre l’Etat et le peuple avec un certain penchant pour le peuple souverain qui a besoin de connaitre la vérité sur la gestion de ses ressources.
Mes chers collègues députés! Supprimer la Haute cour de justice puis la rétablir, cela est caractéristique d’un enfantillage et de la faiblesse de nos institutions à la merci de nos gouvernants. Le rétablissement de la Haute Cour de Justice, qui cristallise les débats à l’Assemblée nationale et même au-delà ne réglera pas pour autant l’impunité et le manque de justice que connait notre pays depuis plusieurs décennies. Notre système judiciaire protège les plus forts et écrasent les plus faibles ou les stigmatise. C’est une justice aux ordres, partiale, accusatrice et broient sans pitié les plus vulnérables. La Haute cour de justice pour quoi la rétablir ? Juste pour juger l’ancien Président de la république ? Cela ressemble fort à un règlement de comptes entre deux individus. Mais où se situe alors l’intérêt du peuple mauritanien ? C’est à mon avis le plus important. Que dalle ! Pour caricaturer, le jour où les deux personnes en hostilité arriveront à aplanir leur différend, le peuple si enthousiaste pour un procès de l’ancien chef de l’Etat comprendra qu’il a été dupé pour la énième fois. C’est une supercherie ! D’ailleurs, certains juristes de haute facture pensent que l’ancien Président est un citoyen ordinaire et donc un justiciable comme un autre. Il ne peut être jugé que par une Haute Cour de justice en cas de haute trahison.
Je laisse ce débat aux Hommes du droit. Mais une chose est sûre. Le peuple mauritanien a déjà fait le procès de tous ceux qui l’ont dépouillé de ses richesses et semé la haine en son sein pour briser son harmonie et sa concorde ,toutes choses qui occasionnent sa fracture, sa désunion pour servir des desseins démoniaques et machiavéliques. Monsieur le président et chers collègues députés! Le mal de notre justice est plus structurel que conjoncturel. Redonner vit à la Haute Cour de Justice ne saurait être la solution. Notre système judiciaire notamment dans ces textes et lois est cosmétique pour faire plaisir à l’Occident. Souvent inadaptés, incompatibles d’avec nos réalités socio culturelles, nos textes ne sont jamais appliqués. Or une loi n’a de sens et d’existence que lorsqu’elle est effective. Si non à quoi bon de voter des lois, alors que tout le monde ,y compris le législateur, laisse volontairement des voies de contournement comme pour inciter à violer la loi. Ainsi alors, le débat sur le rétablissement de la Haute cour de Justice est celui du procès de notre système judiciaire qui manque de soubassement, pêche par son inconstance et son manque de vision et de perspectives.
Mme Coumba Dada KANE Vice-présidente IRA-MAURITANIE Députée à l’Assemblée Nationale Mauritanie
Le mouvement citoyen et humaniste connu sous le vocable GANBANAAXUN FEDDE qui milite pour des réformes sociales dans la communauté soninké, a été initié par des ressortissants mauritaniens. Il comprend plusieurs associations dont 3 composées principalement des mauritaniens soninkés (Amees, Uvds et Armepes). Depuis de nombreuses années, l’engagement de ce mouvement populaire vise l’éradication des coutumes féodalo-esclavagistes qui nuisent à la cohésion communautaire et même nationale. Aujourd’hui il n’y a quasiment aucune famille soninké où le débat GANBANAAXUN ne s’est pas introduit d’une manière ou d’une autre. Ainsi les clivages qui en découlent ne sont que logiques et inévitables à cause de la sensibilité de la question abordée ayant trait à L’ESCLAVAGE et ses séquelles. De mon constat sur la médiatisation de ce phénomène inédit de masse, je dirais que les médias classiques de certains pays (le Mali, le Sénégal et la Gambie) ont été jusqu’à là plus accessibles aux activités de sensibilisation de GANBANAAXUN FEDDE. Du côté mauritanien, pourtant où cet éveil citoyen et humaniste a prouvé à plusieurs occasions une force mobilisatrice sans précédent chez les soninkés autour d’un IDÉAL pour l’égalité citoyenne et contre les hiérarchies sociales discriminatoires, le compte n’y est pas médiatiquement. À dire que certains milieux médiatiques se seraient passés le mot d’ordre d’une censure systématique contre le Message porté par les membres de GANBANAAXUN FEDDE. D’ailleurs lors d’une interview sur notre plateforme whatsapp Ganbanaaxu il y a quelques mois, le journaliste soninké de radio Mauritanie Gorgol, Issa Ndongo en répondant à nos remarques à ce sujet, avouait courageusement à demi-mot qu’il y aurait un lobbying anti Ganbanaaxu au sein des milieux médiatiques officiels. Pas très surprenant, on verrait très difficilement que certains soninkés accepter que le président Yakhoub Bakhayokho trouve l’occasion médiatique à ce niveau d’expliquer les objectifs louables et clairs du mouvement. Cet ordre de censure peut être considéré comme un parti pris et participe à l’entreprise de diabolisation de mauvaise foi. Si certains peuvent dire qu’ils évitent d’alimenter les tensions, on leur répondra qu’ils le font d’ailleurs en procédant par cette indifférence qui rime clairement complicité. À observer depuis quelques années, les invités et les contenus des émissions des uns et des autres, on se rend compte que l’évitement est savamment orchestré. On préférerait réaliser un élément médiatique sur l’odeur de l’eau du fleuve, que d’oser braquer les projecteurs sur les remous sociaux liés à cet esclavage coutumier par ascendance dans la communauté. Ce silence audiovisuel classique s’apparente même à une couverture des actes illégaux commis (Expropriations, embargo social, plaintes fallacieuses et diverses intimidations) par les milieux féodaux à l’encontre de personnes castées esclaves qui s’affirment abolitionnistes et se sont libérées du joug social des coutumes rétrogrades et discriminatoires (ladalenmaxu) dans nos contrées villageoises. Pourtant il est fréquent d’entendre sur les antennes de certains de ces médias en émissions soninké, que l’actuel Président Ghazouani est engagé à corriger les injustices sociales dans le pays, mais ils ne nomment jamais les injustices sociales qui sévissent dans la communauté soninké. Comme s’il y a des injustices sociales acceptables et d’autres inacceptables, et nous espérons que les hauts responsables de ces entités audiovisuelles (public et privé) s’intéressent davantage aux contenus médiatiques notamment en langues nationales (soninké surtout) , pour qu’ils ne soient pas l’expression exclusive d’une catégorie privilégiée de citoyens au détriment d’une autre. Et surtout la déontologie et le professionnalisme qui devraient y présider face aux actualités et aux maux de la Nation. Je finirais par l’exemple parlant d’une censure évidente, le président Gaye Traoré, l’initiateur du Forum Ganbanaaxu FEDDE venait de passer plusieurs mois en Mauritanie, et il n’a été invité par aucun média. Alors que nous avons vu passer des émissions soninké où il y a divers invités ici et là même parfois un artiste batteur de djembé au nom de la promotion d’une certaine vision réactionnaire de soninkaxu. Le danseur et chanteur folklorique qui fera l’éloge des coutumes féodales est mieux loti qu’un intellectuel visionnaire qui défend l’ordre citoyen et les valeurs d’égalité et d’équité sociales. Heureusement que les voi(es)x libres des réseaux sociaux existent, et notre Message y passe amplement et pacifiquement auprès du Peuple . L’objet de ce mot consiste à indexer une situation pas anodine qui mérite remarques pour l’Histoire . Notre crédo: Persévérance et Patience.
La victime de maltraitances infligées devant témoins et sans le secours d’aucun, est de nationalité malienne ; elle se nomme Modiba Doumbia, marabout-féticheur de son état, installé depuis 11 années dans le village de Dafort; il étendait aussi ses exploits discrets à l’intérieur du département de Ould Yengé, région du Guidimakha, au sud-est de la Mauritanie. Son premier hébergeur, à la fois tuteur et garant, serait Salou Fodié Camara. Le sieur Doumbia, négociant en services occultes, profitait de la tolérance par les dignitaires autochtones. Sollicité pour ses services à équidistance de la magie et de l’intercession des saints de l’Islam, il bénéficiait d’une rémunération plutôt enviable. Or, la contestation des ordres statuaires qu’entretient la mémoire de l’esclavage en milieu Soninké, vient s’insinuer dans le métier du susdit et l’expose à perdre sa neutralité, au fil des conflits et règlements de comptes entre les deux camps. Les nobles reprochent, au médecin des âmes, sa proximité avec Gambanaxu, le courant hostile aux privilèges et inégalités de naissance. Le penchant indélicat indignait les tenants de l’autorité selon la tradition et le vote, alors réunis en la personne de Diadié Gagny Camara, édile de Dafort depuis 1988 et doyen des maires de Mauritanie. Il accuse, le marabout, de charlatanisme et le met en demeure de quitter les lieux. Doumbia exclut de déguerpir avant d’empocher des montants, à lui dus, par certains villageois, en contrepartie de son magistère obscur. Face au refus relativement inédit ici, l’élu de la localité organise et conduit, le 18 juin 2020, une expédition punitive vers la demeure du rebelle, un domicile locatif. Diadié Gagny Camara, accompagné de son fils Mohamed Silly, se met-il à la tête de la foule armée de gourdins et d’une corde à bétail, comme en attestent les images. La meute humaine appréhende Doumbia, à proximité de la mosquée. Plusieurs hommes le maîtrisent, là, presque tous issus de la famille de l’ex-ministre Amédi Camara, proche collaborateur de l’ancien président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz et toujours membre du parti au pouvoir, l’Union pour la république (Upr). Le déchainement de violence en bande, tel que constaté, de jour, implique plusieurs notables, dont un conseiller de commune, Kolly Mamady Camara, frère de Amédi, précité. Hadiétou Camara, meneur du comité de village et Demba Diani Camara, identifiables sur la vidéo, tenaient, chacun, un bout de la corde de fibre végétale qui entravait le marabout ; le second est aussi le cousin de Mohamed Silly et de leur parent commun, Ali Bakary Camara. Ligotée, battue, humiliée et filmée, la victime n’a eu droit à aucun secours, parmi la foule présente. Son supplice s’est prolongé jusqu’à l’arrivée des éléments la police judiciaire, grâce aux instances du maire, auteur des représailles. Il leur remit le corps malmené de Doumbia. Ce dernier, quoique supplicié, continua de demander, au village, la restitution de l’argent saisi sur lui, d’un montant de 53700 ouguiyas nouvelles. La maréchaussée lui répliquait que la réclamation de sa créance doit se faire à Ould Yengé, chef-lieu du département. Or, il s’agissait d’une promesse de circonstance : Doumbia, les mains vides, blessé et dépossédé de tout, se retrouve, à la frontière du Mali, où le jettent les gendarmes. Il importe de souligner l’enchainement des conséquences et demander, aux autorités, d’y remédier sans délai :
Au travers de leur comportement, les citoyens et gendarmes incriminés engagent la responsabilité du gouvernement de la République islamique de Mauritanie, en violation des articles 3 et 4 de l’Acte constitutif de l’Union africaine (Ua) et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, de 1984 ; notre pays a signé et ratifié les deux instruments de droit international et fut condamné, au titre du second, le 1er juillet 2005, lors du procès du capitaine Ely Ould Dah, devant la Cour d’appel de Nîmes. Jusqu’à ce jour, l’Etat mauritanien s’abstient d’exécuter, aux pénal et civil, l’un des arrêts pionniers de la compétence universelle en Europe. Ainsi, convient-il de rappeler à quel degré de causalité, l’impunité favorise-t-elle la récidive.
La somme des preuves disponibles, enregistrements audio et image animée inclus, n’autorisent aucun doute quant à l’identité des commanditaires de l’infraction ; certains se vantent de leur forfait, au cours d’échanges sur des groupes électroniques de discussion. La population civile est passible d’une incrimination de délits de non-assistance, d’apologie de l’esclavage et d’incitation à la haine.
Il appartient, au gouvernement et à la magistrature, d’entamer, vis-à-vis des parrains, exécutants et complices du crime, l’ensemble des mécanismes disciplinaires et de poursuites en justice. Un tel niveau de brutalité n’échapperait à la rigueur des lois que dans une cité disposée à se reconnaitre la distinction de l’amoralité. Le présent appel s’adresse, surtout, aux institutions locales en charge de défendre la dignité de l’individu, lui porter assistance et obtenir réparation, de la pression physique, de l’intimidation et des atteintes à l’intégrité du corps.
A la lumière de l’évènement susrelaté, le Parlement est désormais tenu de produire une législation explicite en matière de protection de l’étranger, sur le sol de la Mauritanie ; en vertu du principe de réciprocité, l’adoption de cette norme éthique constitue une mesure de prudence qui contribuera – d’où l’urgence de l’anticipation – à préserver la sûreté et les biens de nos compatriotes expatriés. Initiative de résurgence abolitionniste en
Mauritanie (Ira-M) Nouakchott, le 5 juillet 2020
Lien connexe : cliquer, et visionner les séquences de sévices, perpétrés, le 18 juin 2020, au milieu de la localité.
Ampliation : Haut-commissariat des Nations unies aux droits l’Homme, bureau de Nouakchott, Délégation de l’Union européenne et représentations diplomatiques en Mauritanie, Assemblée nationale, Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile (Cdhahrsc), Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp).
Initiative de Résurgence Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Commission Communication Initiative de Résurgence Abolitionniste(Ira-M) de la conférence de presse du député et président Biram Dah Abeid, Nouakchott, le 19 juin 2020
Comme docteur Martin Luther King, nous n’acceptons pas de nominations à des postes officiels ou semi, qui nous éloigneront d’une lutte inachevée. D’autres aînés ont éxpérimenté ce chemin sans landemain avant moi.
Nous n’avons connaissance d’une seule condamnation d’arabo-berbères auteurs des crimes de génocide, d’esclavage ou de viol contre les populations d’ascendance noire africaine, tels les bambara, wolof, soninké, pulaarophones, les hratin et immigrés subsahariens…
A l’exemple des afro-américains pendant les décennies antérieures à la conquête des droits civiques, nous sommes privés de l’enrôlement électoral, donc de la faculté de voter ; à ce titre, les nôtres sont empêchés de s’organiser comme le démontre l’interdiction des mouvements capables de vaincre l’hégémonie ethno-tribale, dans les urnes. Je citerai, ici, Ira-M, le Rag, les Fpc…
La privation foncière frappe les noirs de plein fouet, souvent par la spoliation de leurs terres de culture et espace de pâture, au profit d’autres mauritaniens privilégiés, des multinationales de l’agrobusiness et des vendeurs de charbon de bois. Arrachés au sol nourricier dont la qualité se dégrade, ils s’exilent vers les villes et en deviennent le prolétariat corvéable, à vie.
Cette discrimination d’Etat exacerbée qu’ont vécu les Usa après la fin de l’esclavage, se manifeste de nos jours en Mauritanie ; l’exclusion des afro-Mauritaniens du personnel civil et militaire de l’Etat en est la manifestation la plus courante…Le processus a été entamé au début des années 1980 et atteint son achèvement aujourd’hui, tant et si bien que les nominations monochromes se banalisent.
Nos mouvements non-violents et légalistes sont accusés de racisme et de violence par le bloc conservateur où se retrouvent le pouvoir, des syndicats, des corporations d’imams, de blogueurs, de journalistes, d’hommes d’affaires, de dignitaires tribaux, etc. Le matraquage de l’opinion sous les discours de haine et de diabolisation des courants abolitionnistes, enracine, dans la société, le mépris du nègre, que la culture enseigne et reproduit, parfois sous couvert de religiosité. Ainsi, sommes-nous accusés de vouloir abâtardir l’univers arabo-musulman, d’en adultérer la pureté et la singularité.
Dans le but de mieux nous retarder, distraire et contenir, des organisations prétendument progressistes, des pseudo défenseurs des droits de la personne, issus de milieux afro-mauritaniens, se retrouvent en demeure de nous critiquer au bénéfice du système. Beaucoup sont maintenus aux confins du stress alimentaire qui les expose à la compromission. Plus l’édifice des inégalités vacille, davantage leur nombre augmente et se dévalue.
Le même procédé de diversion-détournement touche la communauté de lutte contre l’oppression de la femme ; l’on se souvient que de tels montages ont été réalisés pour détruire la réputation des pionniers des droits civiques aux Usa. A titre d’illustration, il convient de mentionner l’invention et la contrefaçon de 35 viols de femmes maures, dans la ville de Bassiknou en ce début du mois de juin 2020. Cette forme de propagande sensationnelle et vindicative, a été utilisée par le KKK(le groupe suprémaciste blanc le plus violent de l’histoire de l’Amérique) durant les années 50 et 60 ; elle visait à obtenir le discrédit et la défiance envers le combat des afro-américains; la méthode commence à prendre forme et favorise l’éclosion des premiers embryons du KKK en Mauritanie.
La police de l’Etat mauritanien agit dans le sens de conforter et de rassurer les ultra-racistes arabo-berbères, en faisant régner la terreur au cours des marches pacifiques de Ira-M; il suffit d’observer les scènes de molestation et de torture, infligées aux militantes et militants, notamment l’acharnement symbolique sur les femmes. Les forces de l’ordre inique nous traitent en ennemi, lors d’une guerre, alors que nous sommes désarmés. A l’image du suprémacisme blanc aux Usa, la police agit en gardienne de la domination.
l’Etat est le premier concepteur et producteur de violence -symbolique et physique – à l’endroit des afro-mauritaniens, quand il institue, de facto et selon ses normes, l’ostracisme et le bannissement des mouvements porteurs de la parole d’émancipation raciale, offre l’impunité automatique aux criminels d’esclavage avec le maintien de la loi d’amnistie de 1993, résume le message adressé aux « bons citoyens », en somme les mauritaniens de naissance convenable : « nous, l’Etat, vous protégeons de la justice et de l’étranger ».
Voici, en somme, le diagnostic que je me suis toujours fais de la situation de la gouvernance raciale en Mauritanie ; il s’agit du verrou principal qui plombe la citoyenneté, la cohabitation, la démocratie, le développement et surtout la paix bâtie sur un fondement sain.
Après la proclamation plus que discutable d’une prétendue victoire dans les urnes, le Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, recevait le pouvoir, de son prédécesseur, nuitamment, du 22 au 23 juin 2019 ; en trois jours, de concertation avec ses proches conseillers et certains de mes amis proches, j’ai cru devoir désamorcer la situation explosive du moment. Notre franchise et sincérité ainsi que l’amour du pays, attendu de tout mauritanien de bonne foi, devraient inciter le nouveau Chef de l’Etat à comprendre que l’époque devient gourmande en démocratie, droits de l’individu, aspiration à la dignité humaine, y compris pour les noirs. Le 21ème siècle consacre la libération irréversible du descendant d’africain subsaharien. Il est bien temps d’en prendre conscience, en Mauritanie, sous peine de rater le rendez-vous de l’histoire et se retrouver anonyme parmi les vaincus !
Aussi, j’espère qu’avant la fin de sa première année de mandat, le Président de la république va se ressaisir et permettre, à la majorité des mauritaniens, de se sentir fiers de vivre sur une terre des justes.
Depuis le début de 2020, le sort des blogueurs et lanceurs d’alerte, déjà préoccupant sous la gouvernance de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, ne cesse de se détériorer.
I. Une suite sans fin
Le 2 juin, la police procède à l’arrestation Salma Mint Tolba, biologiste et auteure présumée d’une série d’audio remettant en cause des aspects de la riposte sanitaire du gouvernement ; elle accusait, ce dernier, de gonfler le chiffre des contagions, pour mieux capter l’aide extérieure. Dans la foulée, deux autres personnes, qui auraient participé à la diffusion de tels document la rejoignent : il s’agit de Mohamed Ould Semmane et Sidi Mohamed Ould Beyah. Quelques jours plus tôt, un communiqué du gouvernement annonçait l’ouverture d’une enquête sur de telles allégations. La virulence de la réaction aux fauteurs de doute et de panique, laissait entrevoir la fermeté de la réaction officielle. Mohamed Abdallahi Ould Bounenna est capturé par les forces de l’ordre qui le conduisent dans un lieu secret ; le lendemain l’y suit un autre écrivain en ligne, Mohamed Salem Ould Soueid Ahmed.
Le 3 juin 2020, le journaliste et influenceur Eby Ould Zeidane reprend le chemin du Commissariat de police, quelques mois après son interpellation durant plusieurs jours, en février. Il subissait alors un interrogatoire en compagnie d’un groupe éclectique de militants de la laïcité, de féministes et de promoteurs des droits de l’individu. Les interrogateurs, d’un niveau de culture général qui témoigne assez de l’effondrement du savoir, opposent, aux prisonniers, des accusations dont le cumul paraîtrait absurde du point de vue de la rationalité : blasphème, apostasie, conversion aux christianisme ou judaïsme, prosélytisme évangéliste, athéisme viennent assaisonner l’appartenance à l’Alliance pour la refondation de la Mauritanie (Arem), une association non-autorisée. A défaut d’assumer, face aux partenaires du pays, la répression contre des jeunes défenseurs de la laïcité dont les mots constituent l’unique arme, l’Etat met en avant le crimes d’«atteinte au sacré», une infraction improbable dans la réalité, puisque d’essence immatérielle. D’ailleurs, la majorité des motifs de peine de mort en Mauritanie renvoie à des griefs sans prolongement physique, donc des opinions.
•Les raisons inavouables
Eby Ould Zeidane, contradicteur « systémique » des islamistes, réussit, lors de sa première arrestation, à recouvrer la liberté, en même temps que d’autres détenus de la période, à l’exception de 6 majeurs auxquelles manquait le soutien d’une tribu. Tous seront oubliés dans les méandres de l’univers carcéral. Ahmed Mohamd Elmokhtar, Abderrahmane Haddad, Othmane Ould Boubacar, Mohamed Ould Jeddou, Mohamed Ould Amar et Mohamed Ould Hayda croupissent en maison de correction, à Dar Naim, co-pensionnaires de délinquants à machette, d’assassins et de jihadistes ; au moment d’investir leurs cellules, ils achevaient 15 jours de garde-à-vue, dans le local de la Direction de la sûreté de l’Etat (Dse). A la fin du mois de mai 2020, Eby ould Zeidane publie de nouveaux textes sur Facebook ; il y critique le dogmatisme des sociétés islamiques, la validité de la polygamie et celle du jeûne du Ramadan, au regard du cycle de la lune. Selon lui, ses coreligionnaires ont beaucoup dévié de la voie du Prophète Mohamed. Dans ses commentaires, il argumente que les musulmans ont déformé le message de l’Envoyé et escamoté des passages explicites du Coran ; le 3 juin, la police se saisit de sa personne et lui impute des faits d’apostasie et de blasphème, punissables d’élimination du corps, sans délai ni repentir, si l’on considère l’article 306 nouveau, du code pénal.
Déjà, le 30 janvier, des garçons et une fille, invités à une fête d’anniversaire, se retrouvent inculpés d’imitation des femmes, d’après le réquisitoire du procureur, incapable de prouver l’homosexualité des susdits, passible, elle, de l’exécution. Le Parquet évoquera la célébration de la date de naissance comme une attestation d’hérésie car elle prend les mécréants pour modèle et leur impose une peine de deux ans d’incarcération, assortis de rabaissement moral. Le reste de leur existence portera le sceau de l’infamie.
• Tuer, par raccourci
Il y a lieu de le souligner, les agents en charge de l’enquête ont pu, à chaque fois, récupérer les téléphones portables des prévenus, extraire le contenu et le diffuser, à grande échelle, sur les messageries instantanées et les groupes de discussions de Facebook. Les fuites occasionnent, alors, la révélation de l’identité des victimes ; dès le début des fuites, les familles s’empressent de les abandonner et une partie du peuple, fanatisé par le wahhabisme périphérique et celui des institutions de l’Etat, les agonit d’injures et de menaces de pendaison, d’égorgements et autres civilités de rigueur parmi les gardiens de la foi pure. Bien entendu, les prévenus comparaissent brièvement devant un juge, avant de recevoir la sentence. A Dar Naïm, ils cessent de bénéficier de soins et s’enfoncent dans la honte et l’isolement, en perpétuelle peur de se faire poignarder. Leur survie rime avec le danger, chaque jour, en particulier ceux justiciables d’infractions à incidence confessionnelle. La propagation de l’apologie du meurtre pieux et sa banalisation ont produit, au sein de la population des villes, un état mental de prédisposition à tuer pour Dieu, sinon emprisonner, torturer et bannir en son nom. A l’inverse, les élus peinent à légiférer contre le viol, au prétexte que l’homme disposerait, en vertu de la chari’a, d’une supériorité ontologique sur la femme.
• Aux sources d’une faillite
Certes, les vagues d’arrestations illustrent une option autoritaire au sommet de l’Exécutif. Cependant, à l’examen des circonstances l’actuel gouvernement n’abrite même pas le semblant d’une idéologie de l’ordre qui occasionnerait un usage excessif de la brutalité. De facto, les violations constatées de la dignité des gens découlent, plutôt, de l’absence de technicité, de l’ignorance et de l’incompétence, à tous les échelons de l’appareil sécuritaire. A l’improvisation s’ajoute le degré d’infiltration de la police et de l’administration par l’extrémisme religieux et les zélateurs de la négrophobie. Cette évolution aggrave l’incurie et explique, la succession de plus en plus rapprochée, des alertes. A aucun moment, les autorités ne semblent avoir perçu le dilemme où elles se débattent, de combattre le terrorisme dans le cadre de la coalition du G5 Sahel et d’appliquer, au pays, le programme de Daesh, grâce à l’appui de fractions de l’opinion favorables à l’avènement d’un Etat jihadiste sur le sol de la Mauritanie. La plupart des organisations de la société civile, les partis reconnus, le Parlement et les ambassades accréditées à Nouakchott, s’aveuglent face à l’évidence du lien entre le takfirisme ambiant, la perte de la qualité des services de justice et la facilité du recours privé à la violence.
Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Le sieur Hattab Ould Youba Zeine Ould Mohamed Fadel Ould Mamine reçut une sollicitation de la mère Elbarra, désireuse de soigner sa fille, d’une chute des cheveux, une tare disqualifiante pour toute jeune personne, a fortiori d’une extraction stigmatisée. Le médecin de circonstance, dévoila les conditions de sa thérapie : Anna Mint Elbarra, âgée de 20 ans, viendra, consulter, en sa demeure, à la tombée de la nuit, pour une séance mystique de communion aux forces de l’invisible ; ainsi, sans délai, se débarrasserait-elle de l’alopécie et retrouverait une chevelure enviable.
● Le substrat social
A Adel Bagrou, arrondissement à l’extrême-est de la Mauritanie, la section Ira-M apprend le viol, par Hattab, de Anna Mint Elbarra, descendante d’esclaves, désormais enceinte de ses œuvres. Le profanateur est un dignitaire du cru et se prétend de la filiation du Prophète de l’Islam. A ce titre, il jouit d’un statut de noblesse qui confère la sainteté et entraine la vénération. Les populations serviles, les Hratin, vouent, à ce genre de personnage, respect et obéissance, sous peine d’endurer la colère de Dieu. Bien des chefferies et lignages qui se réclament d’une telle ascendance, pratiquent, parmi leurs ouailles, le métier de charlatan dont les avantages, en monnaie et nature, découlent de l’abus de faiblesse. La supériorité de naissance permet, au profit des auteurs, une relative impunité, à l’intérieur de la société et vis-à-vis de l’Etat. L’emprise entretient, chez les victimes issues de la misère et de l’ignorance, une religiosité où la résignation, empreinte de terreur, relève de la piété. Le racket et la prédation sexuelle sur le corps des patientes constituent quelques-uns des avantages induits du métier de guérisseur, quand le pratique cette coterie de docteurs ès-crachat, diplômés en vertu de la généalogie. En République islamique de Mauritanie, l’influence wahhabite produit une impunité à peu près sans borne : depuis environ une décennie, il est aisé de spolier les honnêtes gens, de les menacer et déposséder de leur dignité, dès lors que l’on se présente sous l’apparence rassurante de la dévotion. Bientôt, tuer un innocent au nom de Dieu résulterait d’un droit individuel. La privatisation de la justice, encore au stade de l’hypothèse, risque de devenir une faculté à portée des dévots. La dérive vers le jihadisme domestique s’accentue à mesure que l’autorité légitime s’enfonce dans la surenchère avec le fanatisme. L’évolution suit son cours grâce à une quasi-indifférence de l’opinion, de la classe politique et du gouvernement. La violence de sa maturation n’autorise plus le doute.
● La cure par le viol
La mère obtempère aux instances de l’illustre notable et lui envoie sa fille, à chaque crépuscule. Après plus de trois mois d’un manège quotidien, elle se rend compte que Anna se trouve en état de grossesse ; elle la somme, alors, de nommer le futur père ; la victime désigne Hattab Ould Heidda ould Youba Zeine ould Mohamed Vadel ould Mamine, le faiseur de miracle. Quoique meurtrie et révoltée, la mère s’abstient de réagir et préfère prendre son mal en patience, de peur d’encourir les représailles divines, si elle indisposait le violeur ; selon elle, le père de ce dernier, certes décédé depuis plusieurs années, serait au courant de tout et pourrait lui jeter un mauvais sort.
Cependant les sympathisants d’Ira-M dans la région du Hodh oriental, ne cessent d’expliquer, aux deux femmes, l’atteinte à leur humanité élémentaire. Finalement, elles se résolvent à chercher le secours d’un magistrat, en passant par le Commissariat de police de Adel Begrou. Le 20 mai 2020, Hattab est convoqué mais se présente libre, à l’inverse d’autres présumés délinquants de moindre envergure, s’ils appartiennent aux castes inférieures. Le prévenu, auréolé de son patronyme, bénéficie aussitôt d’un traitement de faveur. Il arrive, entouré d’une imposante suite de disciples, dont le député et notable d’Amourj, Mohamed Tourad dit Houmeyda, qui réclamait, pour l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, le statut de monarque. L’entourent, également, les maires de communes de Hassi Atila, Sidi El Kheir Ould Enneda et de Beribavat, Hademine Ould Tourad. Le commissaire Sidi Lebatt Ould Bouh Cheikh leur témoigne d’insignes amabilités et ne manque d’opposer, aux deux requérantes, des mots de réprimande en public et les marques du dédain. D’ailleurs, les agents en uniforme leur proposent le retrait de la plainte, en contrepartie d’un arrangement à l’amiable avec le sieur Hattab qui reconnait son forfait et souhaite taire le scandale. Anna et sa mère refusent le compromis et exigent réparation, auprès d’un juge. Sous les directives du Procureur de la république près le tribunal de Néma – Saadna Ould Tourad – la police laisse trainer le dossier durant plusieurs jours, non sans exercer, de temps à autre, l’intimidation contre la famille et les proches des victimes, afin de modérer leur envie de justice. Néanmoins, grâce à l’assistance des activistes d’Ira-M à Adel Bagrou, les plaignantes résistent. Sur les groupes de discussion WhatsApp, les disciples de Hattab s’échangent des poèmes et des oraisons surgies du Moyen-âge, à la gloire de leur maître. Ils y mêlent le Coran, la Sunna, le fantasme et l’éloge d’ancêtres natifs d’Arabie. La plupart des vocaux attestent des délits d’incitation à la haine, d’apologie de la magie et de l’exercice illégal de la médecine.
● L’épilogue provisoire
Le mercredi, 26 mai 2020, Anna et Hattab(entouré et soutenu par les notabilités tribales et les élus du département) comparaissent devant le procureur de la république de Néma; le susdit qualifie les faits d’accouplement illicite, autrement dénommée zina dans le code pénal de la Mauritanie. En l’absence d’une répression spécifique du viol, le texte de loi désigne une relation hors mariage, qu’elle soit consentie ou non. Pire, le juge d’instruction – Mohamed Mahmoud Salem Makhtour – ordonne la libération de l’accusé et le place sous contrôle judiciaire. Le crime, passible de 100 coups de fouets n’est imputé qu’aux justiciables célibataires. Il convient, ici, de souligner la distinction : le fornicateur marié s’expose, lui, à la lapidation jusqu’à la mort, dans d’atroces souffrances.
L’inculpation de Anna et de son bourreau, au titre du même grief, vient consacrer le machisme le plus abject. Le 26 mai, mère et fille retournent, à Adel Bagrou traînant la douleur, la honte et l’humiliation et une grossesse sans géniteur connu, loin de la moindre assurance-santé.
Ira-M exprime, à l’occasion, son admiration aux lanceurs d’alertes, soldats de l’ombre qui traquent le racisme et la déshumanisation, en Mauritanie. La reconnaissance s’adresse, en l’espèce, aux braves Mohamed Ould Abeid et Abdellahi Ould Mbaye, respectivement président et adjoint de la section du Hodh oriental.
Initiative pour la résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) Nouakchott, le 29 mai 2020
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