Mauritanie  – Politique : Le député BDA reçu par le président mauritanien Ghazouani.

Ce Vendredi 28 août 2020 aux environs de 18H30 GMT, le député mauritanien Biram Dah Abeid, leader du mouvement anti-esclavagiste IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) a tenu un point de presse à Nouakchot. L’objet de ce rendez-vous médiatique concernait la suite de sa rencontre du jour avec le président Ghazouani . Ci-après le compte-rendu d’audience distribué aux médias et à l’opinion publique :

Crédit photo: SD

● Compte rendu d’audience


À l’usage de la presse

Le Président de la république, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a bien voulu me recevoir, le 28 août 2020. Nous avons pu discuter de la situation générale du pays. Il m’a prêté toute son attention et consacré le temps nécessaire à l’échange, franc, entre le Chef de l’Etat et un citoyen, représentatif d’une partie de l’opinion. Je tiens, ici, à le remercier de sa courtoisie habituelle et de ses facultés d’écoute.
Parmi les sujets abordés ensemble, je mentionne la reconnaissance de partis et d’associations jusqu’ici interdits, les suites de la Commission d’enquête parlementaire (Cep), l’implication de la justice et du pouvoir exécutif dans l’éradication de la mauvaise gouvernance et de l’impunité de celle-ci. Les assurances du Président attestent qu’il n’y aura ni règlement de compte, ni complaisance ; ainsi, confirment-elles, ses propos antérieurs sur la séparation des pouvoirs, que la Constitution consacre. J’apporte mon soutien, avec vigilance, à cette orientation inédite dans l’histoire de la Mauritanie, depuis le renversement du régime civil en 1978. Je rappelle que la profondeur de la corruption et sa banalité requièrent, dès à présent, une tolérance zéro et la traque, au sein de la fonction publique, des faux diplômes, du tribalisme et des promotions imméritées. La corruption appauvrit, fait honte et pousse à la révolte. La Mauritanie n’a plus la force de continuer à couvrir les crimes de prédation, quand la majorité de sa population, toutes appartenances confondues, réclame l’Etat de droit, la réparation l’équité et un minimum de dignité matérielle. Le Président de la république m’a semblé résolu à favoriser un nouveau pacte social, sur la base du mérite, de la compétence et de l’égalité des chances, loin des faux diplômes, de la préférence ethnique et de la complaisance. Je lui ai réitéré la certitude de notre concours enthousiaste, sur la voie de la refondation du pays, de ses institutions et lois. Quand le pouvoir tiendra de tels engagements, notre soutien ne lui manquerait. S’il en dévie ou hésite, nous lui rappellerions sa mission, propositions alternatives à l’appui et dans le souci scrupuleux de la non-violence. Le temps, de la confrontation systématique nous paraît révolu car la Mauritanie change , et depuis l’alternance de juin 2019. J’ai la faiblesse de croire que l’espoir, à la réalisation duquel mes compagnons de lutte ont enduré et se sont sacrifiés, est maintenant à la portée. Je leur dis toute ma fierté d’avoir porté leurs revendications légitimes. Aujourd’hui, je rends surtout hommages à mes frères et sœurs, travailleurs de leurs mains, paysans, ouvriers, portefaix et leur promets la victoire sans ressentiment ni revanche.
Je saisis aussi l’occasion de rappeler notre impatience de participer au jeu politique, nos alliés et nous, à visage découvert et dans des cadres autorisés par la loi, d’où la décision, tant attendue, de notre reconnaissance. Nous sommes des mauritaniens à part entière, pas un danger public. Avec nous, la démocratie grandit et avance, d’un pas sûr.
Je tiens à revenir sur certaines de nos revendications auxquelles la plupart des partis restent sourds, sans doute à cause de lacunes ou de réserves idéologiques :

  1. La réforme de l’éducation nationale en vue de généraliser l’enseignement des langues étrangères et nationales, loin du monolinguisme actuel, source de discrimination, de chômage et d’extrémisme religieux ; l’école publique doit redevenir le creuset de l’unité nationale et de l’excellence.
  2. L’abrogation de la loi dite d’amnistie de 1993, qui insulte les victimes innocentes du racisme, empêche la publication de la vérité et désespère, les survivants, de se sentir protégés dans leur pays ;
  3. Une meilleure résolution du Conseil suprême de la magistrature, à sanctionner les personnels de justice quand ils restreignent l’application des normes en matière de pénalisation de l’esclavage et des pratiques associées ;
  4. La sincérité à la répression du trafic de drogue et du blanchiment de ses revenus, au lendemain de la publication d’un rapport des Nations unies qui met en cause un haut fonctionnaire et un député, les deux de nationalité mauritanienne.
  5. L’annulation de l’article 306 du code pénal, car la Mauritanie ne saurait combattre le terrorisme et, simultanément, appliquer le programme juridique de l’extrémisme violent ;
  6. Notre réintégration complète au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), où nombre de nos compatriotes travailleurs expatriés se plaignent de tracasseries et de perte de rendement ; pourquoi s’obstiner et que nous a apporté la sortie en 2000 ?
  7. La signature, par le gouvernement, d’une déclaration spéciale établissant la compétence de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, à recevoir les plaintes d’associations et de particuliers. Plusieurs Etats membres de l’Union, nous ont précédé ;
  8. La ratification du Statut de Rome créant la Cour pénale internationale (Cpi), seule juridiction qui constitue un rempart devant les risques de génocide. Selon quelle rationalité, la Mauritanie, se tient-elle en marge d’une entité, désormais de compétence universelle ?
  9. L’adoption de mesures de sensibilisation et de sanction exemplaire, à l’endroit des auteurs et complices d’abattage d’arbres et de dégâts sur la biodiversité, grâce au renforcement des peines contre les infractions à l’’intégrité du patrimoine naturel ; il y a lieu de tarir le commerce du charbon de bois, par l’investissement massif dans les énergies renouvelables et à la démocratisation de l’accès au gaz butane ;
  10. Redéployer les ambassades en fonction de la densité de nos compatriotes à l’étranger et des intérêts stratégiques du pays ; le même impératif dicte, à la Mauritanie, de n’avoir plus que des amis et d’éviter les aventures de rupture des relations diplomatiques, hors contexte de belligérance directe avec un autre Etat ;
  11. La restauration des symboles – déformés – de la nation, en particulier le drapeau et un hymne évocateur de notre diversité culturelle.

Biram Dah Abeid, député à l’assemblée nationale et président d’IRA-MAURITANIE

(Ira-M)


Nouakchott, le 28 août 2020

La conférence de presse d’Aziz : le grand déballage (Le Calame)

Comme prévu, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tenu sa conférence de presse entouré d’une poignée de personnes dont les trois ministres ( Isselkou Ould Ahmed Izid Bih, Seyidna Aly Ould Mohamed Khouna et Mohamed Jibril Niang) et du président du parti PUDS redevenu son secrétaire général adjoint.

Prévue pour 21 heures, la conférence, retransmise en direct par les télévisions privées Sahel et de Chinguitt, a commencé avec une bonne quinzaine minutes de retard. Comme attendu, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a commencé par remercier le peuple à qui il a promis d’apporter des éclaircissements sur ce qu’il a appelé la crise actuelle dont l’origine est cette histoire de « référence » qui s’est posée après son retour de l’étranger et sa volonté de rejoindre le parti (UPR) dont il prétend être le fondateur. Selon lui, il a voulu juste procéder à une certaine refondation mais qu’à cause du grabuge qui s’en est suivi, il a préféré quitter le parti et éviter la confrontation vers laquelle certains voulaient le pousser. Parlant de la commission d’enquête parlementaire, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tout simplement dit qu’il s’agit d’une véritable machination « fabriquée à la main » pour régler des comptes avec lui à travers un machin instrumentalisé en qui il n’a aucune confiance et composé de personnes qui ne jouissent d’aucune crédibilité et qui sont tous impliqués dans des scandales. Selon lui, c’est pour tout cela qu’il n’a pas accepté de coopérer avec cette structure qui en plus, a t-il ajouté, n’est pas habilitée à l’entendre en sa qualité d’ancien président de la république jouissant de l’immunité constitutionnelle. Selon Ould Abdel Aziz, « la commission d’enquête parlementaire est un complot entre l’exécutif et le législatif pour diaboliser l’ancien président de la république » .

Quelques fois, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz ne s’est pas privé d’envoyer quelques piques à son ancien ami de quarante ans devenu président se demandant qu’est qu’est-ce qui a été fait du budget de l’armée pendant dix ans ? Ou pourquoi ne pas commencer par auditer et enquêter sur cette première année de pouvoir au cours de laquelle, selon lui, « rien n’a été réalisé » . Ould Abdel Aziz se permettant même de déclarer que maintenant le kilomètre de goudron est facturé 160 millions d’ouguiyas alors que lorsque lui était président, son prix oscillait entre 85 à 115 millions d’ouguiyas. Dans une digression intéressante, Ould Abdel Aziz est revenu sur la fameuse affaire d’Él Yemeni plus connu sous le nom de Ghanagate qui ne serait, selon lui, qu’une affaire d’escroquerie qu’un bandit irakien nommé Abdou El Yemeni a organisée. Selon Aziz, les 400.000 dollars que l’escroc a restitués appartiendrait à un cousin de l’actuel président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Sur l’affaire Senoussi, Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il n’a été remis qu’après consultation du Haut Conseil Islamique et que l’argent donné en contrepartie qui représente un don du gouvernement libyen à l’État mauritanien est allé dans les caisses de l’État. En réponse à une question maintes fois réitérée sur l’origine de ses biens, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tout simplement déclaré qu’il ne donnera aucune explication là dessus mais a quand même confirmé que pendant tout le temps passé au pouvoir il n’a jamais touché à une seule ouguiya de son juteux salaire (près de sept millions MRO/mois) qui était entièrement viré dans son compte de la BMCI et que cela pouvait bien avoir servi à sa femme qui en était la dépositaire pour s’acheter des terrains et de construire des maisons. Réagissant aux biens de son beau-fils, Ould Abdel Aziz a expliqué que celui-ci était non seulement fils d’un richissime homme d’affaires mais que lui y était depuis 2003 disant qu’on peut bien devenir subitement riche et donnant l’exemple du président du patronnat Zein El Abidine qui, selon lui, n’avait rien en 2010 et est aujourd’hui un homme extrêmement riche. Comme dans toutes ses conférences de presse, Mohamed Ould Abdel Aziz donnait la parole aux journalistes, la reprenait selon que la question lui convenait ou pas se permettant même sur un ton tantôt insolent tantôt méprisant de donner quelques directives et suggestions souvent déplacées.

Dans certaines de ses réponses, il ne se privait pas de faire constater le recul des libertés fondamentales et de la démocratie. Selon lui, il était très impatient de quitter le pouvoir et cette histoire que les généraux l’auraient obligé à renoncer à un troisième mandat est totalement infondée puisque dit – il » personne ne pouvait parler « . Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il va se défendre contre la diabolisation et les attaques dont il est l’objet. Et qu’il fera la politique même s’il n’est encore membre d’aucun parti y compris le PUDS auquel ont adhéré beaucoup de ses proches dont les trois ministres qui lui sont restés fidèles. Durant trois heures, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a parlé de politique, de gabegie, de la commission d’enquête parlementaire, de la suspension du PUDS qu’il a jugée illégale, de ses biens, de ses rapports avec son successeur et ancien ami et a fini en donneur de leçons de morale à ceux qui hier en faisaient un héros national et qui sont devenus aujourd’hui les principaux promoteurs de son envoi à l’échafaud déclarant non sans en rire qu’il disait alors qu’il était encore président à qui voulait le croire: » Une fois que je ne serai plus président, je n’aurais jamais de gens plus « durs » envers moi que ceux-ci » dont certains ont pleuré le jour où il a déclaré qu’il renonce à briguer un troisième mandat. Visiblement, ce n’était que des larmes de crocodile.

Synthèse Sneiba

Le calame

©️ Crédit source: Repris via http://adrar-info.net/?p=65151

Mauritanie/Foncier : DÉCLARATION DE PRESSE DES FPC

Depuis quelques semaines nous assistons encore à la reprise des opérations de spoliation et d’accaparement des terres des populations dans la vallée du fleuve.
C’est une suite logique de la même politique d’expropriation programmée depuis la fameuse réforme de 1983. Le régime du président Mohamed Ould Ghazouani, comme ses prédecesseurs, procède, sans scrupule, au bradage du peu de terres qui restaient encore aux paysans de la vallée. Il a fallu une résistance patriotique des populations de Darel Barka pour que le régime mette pédale douce sans pour autant renoncer à la volonté acharnée de colonisation des terres de la vallée.

Les FPC dénoncent avec vigueur cette politique scélérate de privation et d´assujetissement des populations de la vallée.
Les FPC apportent leur soutien patriotique aux vaillantes populations de la commune de Darel Barka qui ont compris qu’il en va de leur avenir et celui de leurs enfants que défendre leur espace vital et leur patrimoine séculaire.

Les FPC profitent de l´occasion pour réaffirmer leur position de toujours et leur proposition par rapport aux problèmes de la tenure foncière.
Les terres alluviales de la vallée du fleuve constituent un patrimoine national devant profiter à l’ensemble des Mauritaniens. Il relève du bon sens que leur gestion soit régie par les lois de la République. Tout comme ces mêmes lois devraient s’appliquer avec la même rigueur et avec impartialité à toutes nos terres utiles et arables, qu’elles soient au nord ou au centre de notre pays.

La terre constitue un bien économique précieux, fortement chargé d’émotion par tradition et culture en Afrique noire. Pour son exploitation durable, rationnelle et fondée sur la justice, notre réforme foncière devra, dans un souci de préservation de la paix sociale, reposer sur les principes ci-après:

  • Les lois et valeurs qui ont toujours régi la gestion et la préservation de ces terres doivent être reconnues et valorisées. Ainsi, l’accès à la terre doit d’abord et en priorité revenir aux autochtones aidés et soutenus par les moyens de l’Etat pour sa mise en valeur. Le droit des propriétaires terriens sera donc reconnu tout en faisant place aux nationaux sans- terres.
    Suivant cette logique d’apaisement et du devoir de solidarité nationale, les attributions et accès à ces terres s’établiront comme suit: aux populations locales, les surfaces inondables du walo, aux investisseurs nationaux et sous-régionaux, le moyen Diéri et à l’agro-business étranger, le haut Diéri.
    L’exploitation des terres du fleuve se fera dans un équilibre qui préserve les droits séculiers des paysans (accès à la terre ), des pêcheurs ( droit – fluvial – de pêche ) et des éleveurs ( droit-pastoral par la création de couloirs de parcours et d’accès au fleuve pour le bétail ). L’environnement immédiat des villages – espace vital – sera préservé.

Il faut certes développer notre agriculture en la modernisant, en vue d’arriver à l’auto-suffisance alimentaire du pays, seulement cela devra se faire en concertation avec les populations, dans l’intérêt bien compris et assumé des paysans, des éleveurs et des pêcheurs associés.

La lutte continue!

Nouakchott le 25 août 2020.

©️ Crédit source: Post Facebook de Kaaw Touré

Mauritanie/Justice : Maître Brahim Ould Ebety dirige un collectif d’avocats chargés de « récupérer les fonds publics volés ».

Le Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats Mauritaniens, Maître Brahim Ould Ebety, dirige un collectif d’avocats qui auront à plaider au nom de l’État mauritanien dans les dossiers de corruption inclus dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire, dans le but de « récupérer les fonds publics volés ».

Dans un contact avec le site Al-Akhbar, Ould Ebety a affirmé qu’il coordonne le groupe qui aura en charge de plaider au nom de l’État mauritanien dans cette affaire, en sa qualité de Bâtonnier du Barreau.

Le groupe comprend 12 avocats, dont la plupart sont des anciens Bâtonniers, tels que Yacoub Diallo, Ahmed Ould Youssouf et Mahfoudh Ould Bettah, en plus de l’universitaire Lo Gourmo Abdoul.

La mission du collectif du plaignant pourrait s’étendre pour inclure des dossiers extérieurs à soulever éventuellement devant la justice étrangère, si nécessaire, selon des sources au sein du collectif, indique le site Al-Akhbar.

©️ Crédit source: repris via https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3319566324770811&id=100001524288944

Le parquet déplore les propos tenus par les avocats français de l’ex président Ould Abdoul Aziz à l’encontre de la justice Mauritanienne

Le parquet mauritanien a condamné les déclarations de «deux avocats étrangers qui se sont engagés à défendre un suspect dans des affaires de corruption», en référence à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.

L’accusation a déclaré, dans un communiqué publié ce soir, que ces déclarations « comprenaient des inexactitudes et des transgressions » qui justifient un avertissement.

Et le communiqué ajoutait: «Le pouvoir
judiciaire mauritanien est un pouvoir judiciaire indépendant, et il n’est pas permis de l’insulter, qui qu’il soit, et quels qu’en soient les prétextes».

Il a ajouté: « La pratique des étrangers dans la profession juridique en Mauritanie nécessite une adhésion littérale aux lois mauritaniennes, à l’éthique et aux coutumes de la profession. »

Le communiqué a estimé que « les droits de la défense garantis ne peuvent pas être utilisés pour nuire au pouvoir judiciaire, à son peuple ou à l’état de droit en Mauritanie ».

L’accusation a averti que « toute transgression dans ce sens sera confrontée à l’auteur du crime au pénal, et avec la rigueur requise par la position ».

Le ministère public a confirmé, dans la conclusion de sa déclaration, que « la défense d’immunité, et d’autres moyens de défense sont présenté à des moments précis de la procédure et devant les tribunaux compétents, et que le pouvoir judiciaire est le garant des droits et libertés des individus, et qu’aucune directive n’est attendue à cet égard ».

Source :Mourassiloum

Traduit par page Mauritanie

©️ Crédit source: https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3015882721873793/

AVOCAT FRANÇAIS: L’ARRESTATION DE L’ANCIEN PRÉSIDENT EST ILLÉGALE ET IL DOIT ÊTRE LIBÉRÉ IMMÉDIATEMENT

L’avocat français David Raju a qualifié l’arrestation par la police depuis lundi soir dernier,de l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, de « illégale » et a exigé sa libération immédiate.

Raju a déclaré, lors d’un point de presse, depuis l’intérieur du domicile de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz à Nouakchott ,que, selon le texte de la constitution mauritanienne, l’autorité qui doit convoquer l’ancien président ou le juger ,est la Haute Cour de justice,. Laquelle n’existe pas.

Et l’avocat français a appelé le président Mohamed Ould El-Ghazwani, en sa qualité de « gardien de la constitution », à préserver le respect de la constitution, à protéger les libertés et à intervenir pour libérer immédiatement l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’avocat français David Raju a souligné qu’il n’y a aucune justification légale pour maintenir l’ancien président en détention à l’intérieur des bâtiments de l’administration publique, ajoutant qu’en tant qu’ancien président, il jouit de l’immunité constitutionnelle.

L’avocat français a qualifié ce qui s’est passé jusqu’à présent de « farce judiciaire », ajoutant qu’il n’y a absolument aucune justification pour maintenir l’ancien président en détention, sauf pour faire pression sur lui, ce qui est considéré comme juridiquement inacceptable.

L’avocat français a mentionné que la Mauritanie est un État de droit, qu’elle a une constitution, des lois et un code de procédure judiciaire. ajoutant que la methode utilisée est une violation de ses lois par les autorités

Source : alakhbar info


Traduit par adrar.info

IRA-MAURITANIE : LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EN MAURITANIE

● Promesses, encouragment et lacunes

Le 18 août 2020, la police convoquait l’ancien Président de la république, dans le cadre du contentieux consécutif au rapport de la Commission d’enquête parlementaire (Cep), sur de présumés délits et crimes de gestion, commis, par des agents de l’Etat, entre 2009 et 2019, soit le temps des deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz. Depuis, le prévenu, en garde-à-vue, a pu bénéficier de la visite de ses avocats, de la famille et d’instances de défense des droits de la personne. Déjà, le 29 juillet, les députés votaient, en plénière, la compétence des tribunaux, à connaitre des faits allégués s’ils dérogent à la compétence de la Haute cour de justice. Il s’agit d’infractions relevant du trafic d’influence, de la surfacturation, de l’attribution frauduleuse de marchés, du détournement, de l’évitement fiscal, du faux en écriture et de la subornation de témoins, l’ensemble à des fins d’enrichissement personnel. Certes, il y a lieu de saluer le travail remarquable de la Cep, dont le texte, cependant, omet ou esquive des dossiers de gravité similaire, tant les pratiques de l’impunité s’enracinent, au cœur de l’Etat, des décennies durant, sans plus susciter assez d’indignation. Sous peine de partialité ou d’abstention, il appartient, aux législateurs, de compléter l’œuvre en cours et de consolider la culture de la transparence et de la « redevabilité ».
Même si les prémisses de la recherche menée par l’Assemblée nationale autorisaient la crainte d’un règlement de comptes entre deux fractions du pouvoir, il importe, aujourd’hui, de constater le caractère massif des preuves et le sérieux de leur collecte. De même, faut-il prendre acte de la disponibilité, de la plus haute autorité du pays, à asseoir et respecter l’indépendance des magistrats et l’autonomie des élus, deux principes allègrement bousculés dans l’univers des démocraties bananières où notre pays occupait une place de choix. L’importance de l’effort entrepris grâce à l’obstination des députés et la collaboration de l’Exécutif laisse entrevoir un tournant, sans précédent, de la gouvernance vertueuse, en perte de crédit, depuis le 10 juillet 1978.
Ainsi, la Mauritanie entame-t-elle un élan de restauration du bien public qui devrait inspirer d’autres peuples en lutte perpétuelle contre la médiocratie, la prédation et l’incurie. La restriction, l’atténuation, le recul ou la suspension du processus équivaudrait à une défaite morale et favoriserait la tendance à l’insurrection des foules, trop longtemps maintenues dans l’acceptation du statuquo, au prétexte d’empêcher l’anarchie. Aussi, le rapport de la Cep implique-t-il :

  1. La reprise de l’investigation quant aux aspects oubliés ou censurés, sur la période en cause, notamment la phase de création de l’état-civil biométrique (2012-2016), la falsification des diplômes, le recrutement du personnel de l’Etat titulaire de qualifications indues, les dysfonctionnement de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm) et des établissements clients, les suspicions de blanchiment et de financement du terrorisme, par les agences de transfert de monnaie, l’opacité des trafics aux ports autonomes et de l’administration des douanes ;
  2. Le nettoyage de l’arsenal législatif : il convient d’en expurger les lois qui couvrent les tueries racistes, l’extrémisme religieux, l’atteinte à l’intégrité du corps et l’inégalité des sexes ;
  3. L’assainissement de la fonction publique qui abrite encore, à des positions d’influence et de décision, une majorité de cadres à l’intégrité douteuse ;
  4. La révision des normes de pénalisation de l’esclavage : le temps presse d’en garantir l’applicabilité, loin du déni et des réflexes de connivence avec les contrevenants.
  5. L’assurance scrupuleuse de la faculté, pour les prévenus, de bénéficier d’un procès équitable, selon les standards de la contradiction.
  6. La vigilance du gouvernement et de la magistrature, à éviter des interférences de tribu, de clans et de groupes d’intérêts en conflit, qui entraveraient l’accomplissement de la justice et compromettraient sa vocation ;
    Sous les réserves précitées, l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) soutient, avec impatience, la résolution, du Président de la république, à déclencher une réforme globale des institutions et de leurs pratiques.

Ira – Mauritanie, Nouakchott, le 20 août 2020

Mauritanie/Justice : l’ex- Raïs entendu et mis à l’arrêt .

Crédit photo Alakhbar.info

En Mauritanie, les auditions autour du rapport de la CEP (Commission d’enquête parlementaire) remis à la Justice, ont connu un tournant ce lundi 17 août 2020. En effet après avoir convoqué et mis sous contrôle judiciaire certains dignitaires proches de l’ancien président Ould Abdelaziz, les limiers de la police des crimes économiques et financiers se sont intéressés à l’ancien homme fort du pays avec sa convocation suivie d’un garde-à-vous ce lundi. Pour rappel, ces derniers jours une conférence de presse était annoncée pour ce 18 août par l’entourage de l’ex général de l’armée. Le tombeur en 2008 du premier président civil élu (Sidioca) depuis 1978, comptait s’expliquer devant les médias. Tard dans la soirée, lors d’un point de presse express les conseillers de l’ancien président ont dénoncé les conditions de son audition et l’illégalité de l’arrestation qui en est suivie. À Suivre…

Ainsi va suivre le fil de cet événement historique qui fera date en la matière dans notre pays. Un suivi détaillé par un journaliste à travers un post Facebook :

« À propos de l’arrestation de l’ancien président:

1- À 16h30, Aziz a été appelé par la police, qui lui a demandé de l’accompagner à la DGSN, mais il a refusé catégoriquement et a coupé l’appel téléphonique.

2- Avant cela, plusieurs voitures à immatriculation civile appartenant à la police s’étaient dirigées au domicile de l’homme, peut-être pour l’empêcher de partir.

3- À 16h45, deux voitures de police transportant des officiers de la police des crimes économiques et financiers (ainsi que des officiers et recrues des forces d’élite de la brigade antiterroriste) sont arrivées sur les lieux.

4- Le gardien de la résidence de l’ancien président a dit à la police qu’il n’était pas autorisé à leur ouvrir la porte, et qu’ils doivent préalablement appeler le maître de céans pour pouvoir entrer. Un officier a répondu: « Nous ne sommes pas venus ici pour vous demander l’accès. Ouvrez la porte ou nous entrerons par effraction. La loi nous permet de le faire ».

5- Soudain, Aziz apparaît derrière le portier et lui ordonne d’ouvrir le portail (il semble qu’il avait suivi la situation sur les caméras de surveillance).

6- L’officier a dit à l’ancien président: « Nous avons un ordre de vous convoquer pour enquête à la DGSN ». Aziz demande à voir le document. L’officier lui en donne un exemplaire original.

7 – Le commandement est rédigé en arabe. Il a donc il a fallu quelques minutes à Aziz pour le lire. À la suite de quoi, Aziz remet le papier à l’officier en disant: « Je n’ai rien compris à cela, mais qu’importe. Vous voulez que j’aille avec vous, je le ferai, mais à condition que mon avocat personnel, Maître Mohamed Ould Ichidou, vienne avec moi ».

8- Réponse de l’officier: « Il s’agit d’une enquête policière, pas d’une enquête du Parquet ou d’un juge d’instruction, venez avec nous, s’il vous plaît ».

9- Aziz hésite un peu, puis décide de les accompagner, et demande à monter dans sa voiture personnelle avec son chauffeur.

10- L’officier passe un court appel de téléphone, puis permet à Aziz de les suivre dans sa voiture.

11- Aziz prend place à côté de son chauffeur tandis que trois policiers s’installent sur les sièges arrière. Et le cortège se dirigé vers la DGSN.

12- Lorsqu’ils entrent dans l’enceinte de la DGSN, l’officier récupère tous les téléphones d’Aziz. Ce dernier est mené dans une salle d’enquête au deuxième étage.

13- Aziz réitère sa demande à se faire assister par son avocat, mais les policiers renouvellent leur argumentation précédente.

14- Aziz est surpris par le fait que ceux les enquêteurs soient des officiers du renseignement (Sécurité de l’État) et non des officiers de la Brigade des crimes économiques et financiers.

15- Le but semble évident: que l’homme prenne conscience de la gravité de la situation et en prenne toute la mesure.

16 – Lorsque l’enquête prend une dimension de sécurité, alors que l’on s’attendait à une enquête sur des crimes de détournement de fonds ou de corruption, cela suffit à donner une idée que le temps n’est pas élucubrations, aux vaines esquives et à du triomphalisme épique.

17- Cela ne signifie pas pour autant, l’annulation des accusations de corruption contre l’homme, mais cela signifie uniquement ce qui est mentionné dans les deux paragraphes ci-dessus.

18- L’enquête pénale a commencé sur le plan de la sécurité et se terminera également sur le pénal, sans oublier les dimensions financière et économique.

19- Après 4 heures complètes d’interrogatoire intense ininterrompu, sauf une brève pause pour effectuer la prière du maghrib, Aziz a été transféré à l’école de police, où une autre équipe d’enquête le conduira probablement, dont les membres auront passé toute la journée à dormir et à se reposer en attendant une longue nuit d’interrogatoire.

20- Selon des informations, l’homme se préparerait à semer la confusion et à provoquer des problèmes, ce qui aurait précipité son arrestation ce lundi.

21- Ceux qui défendraient l’homme ont tout lieu d’avoir des craintes. Ils verront bientôt que cet homme s’évertue à agir avec le pays avec une rapacité rare: il a fait des richesses nationales sa possession exclusive. L’ampleur des dégâts est hors de proportion! Il y aura des révélations fracassantes à ce sujet.

22- Personnellement, je n’ai pas la moindre sympathie pour l’accusé, pour la simple raison que j’ai toujours eu la conviction intime qu’il est un malandrin de la pire espèce. Personnellement, je suis convaincu que l’application stricte de la loi mauritanienne donnerait des résultats piteux, car je n’ai pas la moindre confiance en notre droit pénal qui est d’un anachronisme risible.

Il a été rédigé par des Oulémas, dans un esprit prétendument imprégné de Charia! Ridicule, car, à moins d’un miracle, le résultat profiterait à un assassin mutirécidiviste qui en serait à son 99e homicide, de même qu’à un violeur en série qui en serait à son dixième crime! Alors, pour ce qui est des cambrioleurs et des corrompus, n’en parlons pas, ce serait le Pérou! »

©️ Crédit source: post FB du journaliste Med Yahya Abdel Wedoud  – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3300064873387623&id=100001524288944

« Les droits de M. Ould Abdel Aziz et ceux des autres mauritaniens » , Par Lô Gourmo

Rien, évidemment n’empêche le citoyen M.Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien Président de la République, d’adhérer au parti politique de son choix- dans le respect des formes, procédures et normes de fond requises-, ni, à fortiori, dans ces mêmes conditions de respect de la légalité, de tenir réunions et conférences de presse à sa guise. Il faut d’ ailleurs rappeler à ce propos que, contrairement à ce qu’il avait imposé en toute illégalité au pays, rien ne l’oblige, de requérir une quelconque autorisation, pour organiser, dans un hôtel ( qui est un lieu privé et fermé par définition) une conférence de presse.
A sa manière, M. Ould AbdelAziz teste par lui même, la fiabilité du système de démocratie de façade qu’il a façonné pour empêcher les mauritaniens d’en jouir précisément. Il reste aux autorités actuelles d’agir , elles, en toutes circonstances, dans les limites que leur imposent l’esprit et la lettre des lois sur les libertés publiques , et de ne pas céder aux actes de provocation destinés à détourner l’opinion des vraies questions qui sont à l’ordre du jour: la vérité sur la gestion des biens et ressources du pays, les conditions d’accumulation des immenses fortunes qui exhalent des dossiers de la Commission parlementaire et sur tous autres, actuels et à venir,- et comment tout cela sera t-il pris en charge jusqu’au bout, par la justice. Il s’ agit là des droits des autres mauritaniens à connaître la vérité, le droit de ne pas continuer de subir les affres de l’impunité pour les crimes économiques et autres commis dans ce pays.
Tout le reste n’ est que diversion et manières d’interloupe.

Gourmo Lô, Facebook 17 Août 2020

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur

RES NON VERBA : Parles moins , agis ! Par Salihina Moussa

« Res non verba », Des actes et non des paroles,

Depuis belle lurette, les intellectuels mauritaniens n’ont cessé de mettre le doigt là où le bât blesse par rapport au système scolaire. Ce système a cessé de servir de standard depuis le jour où l’autorité mauritanienne a placé l’éducation dans un stade secondaire des préoccupations. Certes, les mots ne manquent point, mais le pragmatisme semble être en perpétuelle latence. Les mots doivent se traduire en actes pour que la Mauritanie puisse faire un progrès à l’instar des pays qui étaient à la même longueur d’onde qu’elle dans les années soixante. Aujourd’hui, ces pays ont émergé sur certains points.

La procédure d’enrôlement biométrique à l’état-civil empêche beaucoup d’élèves de passer les examens (surtout le BEPC et le baccalauréat). Selon l’émission de la note de service des ministères de L’Intérieur et de L’éducation, « aucun élève ne pourra être inscrit dans un établissement d’enseignement, public ou privé, si sa procédure d’enrôlement n’est pas complète, selon les modalités stipulées par la loi. » Aucun citoyen n’est et ne sera au-dessus de cette loi. Nous la respectons. Il est du devoir de l’État de prendre, alors, des mesures qui permettent à tous les élèves de se « recenser ». De surcroît, la Mauritanie est censée respecter l’Article 11 de la Charte Africaine qui stipule qu’il faut « fournir un enseignement de base gratuit et obligatoire ; prendre des mesures pour encourager la fréquentation régulière des établissements scolaires et réduire le taux d’abandons scolaires. » Déplorablement, l’article n’est pas mis en pratique. Tristement, beaucoup d’enfants polissonnent à longueur de journées, et sont laissés à l’abandon. Ceux qui sont issus des familles où l’on tire constamment le diable par la queue et qui ont peu de moyens fréquentent des établissements privés ; puisque les établissements publics ne répondent pas aux attentes.

« Cherchez la science du berceau jusqu’au tombeau. » (Récit prophétique).
La limite d’âge pour passer le baccalauréat est un fait qui encourage l’abandon, elle consiste à mettre des butoirs sur le chemin de ses élèves qui veulent se construire. Cette limite peut aussi qu’augmenter la délinquance : « L’oisiveté est [alors] mère de tous les vices ». L’État doit revoir cette partie de sa gestion pour ne pas faire encore obstacle au progrès du pays.


Il est temps que la Mauritanie mette en place une bonne réforme structurelle et fonctionnellle du système éducatif. La Mauritanie doit donner une éventuelle égalité des chances à tous les élèves sans aucune discrimination sur la couleur, le sexe, sociale ou tout autre critère. De plus donner une bonne éducation aux enfants de sa patrie, c’est assurer un socle inébranlable du développement.

● Par Salihina Moussa, étudiant biologiste FST – Nouakchott

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur