Les tentatives d’expropriation d’héritage à Dafort : des incompréhensions autour de la décision du cadi de Ould Yengé.

Depuis mi-avril 2018, à Dafort, village soninké dans le Guidimagha mauritanien, certaines familles féodales s’acharnent sur de paisibles citoyens descendants d’anciens esclaves dans la communauté, par des tentatives d’expropriation d’héritage à caractère esclavagiste. Aujourd’hui 9 familles parmi la communauté d’anciens esclaves qui se sont émancipés du joug féodaloesclavagiste soninké (système de ladalamxu), risquent de jour en jour d’être expropriées de leurs champs légués en héritage familial depuis plusieurs générations. De ce fait, après 4 mois de démarches auprès des autorités départementales et régionales dans le Guidimagha, marquées par divers dysfonctionnements notamment la non prise en compte effective des auditions de nos membres plaignants chez les gendarmes dès les premiers signalements des harcèlements venant de féodaux, un avis judiciaire troublant et surprenant a été prononcé . Ces dossiers relevant des séquelles esclavagistes en milieu soninké, ont été vidés volontairement et méthodiquement de ce caractère pour en faire un cas de litige foncier classique. Ainsi le cadi de Ould Yengé s’est rendu à Dafort dans la journée du 2 juillet 2018 pour observations de champs en présence de 2 parties. Ce lundi 9 juillet, à Ould Yengé, devant les 2 parties, le cadi s’est prononcé pour une suspension des parcelles en litige et se décharge pour un niveau supérieur de juridiction.
De cette situation sensible de non application de lois mauritaniennes en la matière, nous faisons appel aux hautes autorités du pays, en premier lieu le président de la république, son excellence Monsieur Mohamed Ould Abdelaziz, afin veiller au cas de DAFORT qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Aujourd’hui par cette décision du cadi, les membres de cette communauté victime de cet esclavagisme coutumier, seront privés injustement de leurs champs qui constituent une source nourricière pour leurs familles depuis la création du site villageois en 1905.
Pour rappel, lors de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie tenue à Selibaby ces dernières éditions (6 mars 2017 et 2018) , la communauté des descendants d’anciens esclaves sous le vocable GANBANAAXU FEDDE, a exposé devant les officiels de l’Etat les différentes problématiques posées par le régime coutumier et féodal contre l’éveil d’émancipation dans nos localités rurales. Nous nous adressons aux autorités publiques, aux forces politiques et aux ONG de défense des droits humains, pour une implication sérieuse dans cette affaire de DAFORT, symptomatique d’un défi de l’ordre féodaloesclavagiste soninké face aux lois mauritaniennes dans nos zones rurales.

Dafor 9 juillet 2018

Communauté GANBANAAXU DAFORT (Familles et descendants d’anciens esclaves)

Mise au point : à propos du « Droit de réponse à Ould Mbareck, président de l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes »

Extrémistes, à l’esclavage et au terrorisme a été très surprise par un « Droit de réponse à Ould Mbareck, président de l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes », qui nous tombe du ciel, paru dans CRIDEM, signé par l’un des proches parents du ministre Amédi Camara, répondant au nom de « Moustapha Camara » qui est à la tête d’un groupuscule d’extrémistes Soninké très dangereux pour la cohésion nationale, qui revendiquent la supériorité de la caste « noble soninké» sur d’autres citoyens. Ils sont installés en France, en Afrique et aux USA, pelletons de malfaiteurs qui cherchent à détourner la vigilance des autorités Mauritaniennes sur leur combat contre l’esclavage et ses séquelles sur l’entendu du territoire national. Malheureusement, ils sont soutenus par certains cadres du Guidimakha hauts placés dans l’administration qui échappent aux sanctions administratives et notre ONG regrette ce laxisme politico-administratif. Un groupe d’avocats dirigés par le nommé Moustapha Camara débarque en force devant le procureur de Selibaby le 28 juin 2018, venant de Nouakchott directement pour se plaindre du président Mohamed Ould Mbareck sans raison, afin de stopper les activités de notre ONG dans la wilaya du Guidimakha. Le procureur leur a répondu que notre ONG est reconnue et elle a le droit de porter plainte contre quiconque si elle a des preuves. Les hommes et les femmes impliqués dans la cooptation d’héritage de terres à caractère d’esclavage coutumier, sont tous malheureusement les parents du ministre et du président directeur l’agence Tadamoun.

Les audios que divulguent le groupuscule « democratia islamique » dans les réseaux sociaux, ne laissent aucun doute, ils défendent mordicus la continuité de l’esclavage coutumier et traditionnel qu’ils considèrent comme une culture à conserver même si elle est prohibée vis-à-vis des lois nationales et internationales. Le 20 Janvier 2018, ci-joint les propos de Moustapha Camara président du groupe extrémiste dans un audio qui tonnent la terreur extrémiste : « Dans ce groupe Whatsapp, il n’y aura pas une seule femme parmi nous, jamais, ni caste maraboutique, ni esclave, ni Mangou (caste considérée dans le milieu soninké comme des modérateurs). Que cela soit claire pour tous les membres ici; il n’y aura que nous les Tounkalémou « esclavagistes soi-disant nobles…. » Lien audio à vous de juger egalement: https://www.youtube.com/watch?v=Y3LBTC5fUeU

Notre ONG a été créée le 07 Juin 2010 à Nouakchott-Mauritanie. Elle lutte contre les Discours Extrémistes, contre l’esclavage et le terrorisme. Nous comptons remettre les propos de Moustapha Camara à la disposition de la justice Mauritanienne et à l’ambassade de la France en Mauritanie. Notre ONG défend le respect de la dignité humaine sans contrepartie ni préjugé, elle n’a jamais introduit un dossier sans preuve ou témoignage de victimes, nous demandons l’application d’un dispositif juridique sur ceux qui violent les lois. Ce sont les parents au village Daffort du ministre de l’environnement et du développement durable, M. Amédi Camara et le président directeur l’agence Tadamoun, M. Moussa Seydi Boubou Camara qui salissent l’image de leurs fils et non le contraire. Pourquoi vous voulez inverser les rôles en plein jour ? Comment peut-on occuper de hautes fonctions au rang d’un ministre tout en soutenant ses parents à enfreindre, à transgresser les lois édictées, signées, votées à l’unanimité par l’assemblée nationale par un gouvernement dans lequel vous y participez?

D’autre part, les renseignements collectés sur le prête-nom signataire du fameux « droit de réponse » ne rassurent absolument pas. Moustapha Camara président du groupuscule extrémiste soninké est originaire de la Mauritanie mais n’est plus mauritanien, il réside en France, il le cache à l’administration Mauritanienne. Il rentre illégalement sur le territoire Mauritanien depuis plusieurs années. Il est parti salir l’image de la Mauritanie en France pour obtenir le statut refugié avant de prendre la nationalité française sous forme de naturalisation. Dans ses vrais documents, on n’y trouve le nom d’un Boubacar Boudalla CAMARA, né à Dafort, pourtant, il parle et signe au nom de Moustapha Camara. Un autre point d’éclaircissement, il n’a aucun niveau d’études, il a quitté l’école avec le niveau primaire donc en aucun cas, il ne peut produire un tel « droit de réponse », taillé sur-mesure pour salir l’image de notre organisation qui défend les droits de l’homme sur l’entendu du territoire national, pas seulement au Guidimakha. C’est la même personne qui s’est portée garante pour la liberté provisoire dans le dossier de M. Fousseynou Bakari Coulibaly plus connu par Tapa Bakari Coulibaly, condamné pour l’apologie de l’esclavage à un an de la prison ferme. Il a versé 250 milles ouiguiyas, anciennes monnaie. Des propos que Tapa Bakari avait tenu dans les groupes Whatsapp « democratia-islamique » que dirige Moustapha Camara. Cela montre le groupuscule qu’il dirige défi l’état Mauritanien en permanence sur le sol mauritanien et c’est très grave.

Notre ONG remercie le procureur de Selibaby, les cadis Selibaby-Ould Yengé, le gouverneur de Sélibaby, les préfets, les forces de l’ordre et l’ensemble l’administration locale. Nous remarquons l’absence d’un soutien peu qu’il soit,des élus et cadres de la région. Chose très regrettable èvidement, des élus qui laissent à l’abandon des citoyens qui se font laminer par d’autres injustement. Notre ONG recommande aux organisations de défense des droits de l’homme à investir la wilaya du Guidimakha, car la tâche est énorme. Les populations vivent dans l’antiquité, dans l’anarchie régie par une rigueur féodale. Notre ONG ne s’oppose pas à un ministre, ni directeur ect… mais aux violations des droits de l’homme.

Mohamed Ould Mbareck Président l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes, à l’esclavage et au terrorisme

Selibaby le 04 juillet 2018

Message aux Présidents et Chefs d’Etat africains

Si je devais parler aux Chefs d’État et Présidents , bientôt en conclave à Nouakchott , voilà ce que je leur dirais :
La Mauritanie que vous allez visiter, sous très peu, dans le cadre du 31e sommet de l’Union Africaine est un pays dans lequel sévit un ‘’Apartheid déguisé ‘’, non codifié comme il le fut en Afrique du sud. ’’être Noir en Mauritanie est un délit, sans que cela ne soit écrit nulle part’’ disait un observateur du CRAN. Des lois non écrites confinent, en effet, l’homme noir mauritanien, au mieux, au rang de citoyen de seconde zone, au pire, en victime du déni d’humanité à travers l’esclavage.
L’exclusion voire la négation de l’Homme noir mauritanien a débuté dès les années 1960 . Elle va se prolonger pour atteindre son point culminant avec les régimes militaires .Entre 1986 et 1991, la communauté négro-africaine de Mauritanie subira déportations et maltraitances dans ses composantes Peuls, Soninkés et Wolof ; 120.000 âmes se verront déportées au Sénégal et Mali en 1989 , selon les chiffres du HCR ; des centaines de leurs villages seront détruits ou réoccupés le long de la vallée du fleuve Sénégal qui fut, part ailleurs, le théâtre d’exactions et d’exécutions extra-judiciaires massives . En 1990, l’Etat mauritanien intensifie l’exclusion et entreprend de dénégrifier l’armée nationale ; plus 3500 soldats et officiers sont touchés ; les militaires négro-africains sont quasiment tous arrêtés et jetés dans des camps mouroirs ou ils seront torturés, soumis aux traitements les plus dégradants. Plus de 500 mourront , ensevelis dans des fosses communes qui ont essaimé les camps militaires du pays et la vallée du fleuve ; fosses communes qui n’ont pas fini de livrer leurs secrets, dont la dernière en date – celle de Benamira dans le Nord du pays (28 corps ligotés) -, découverte en mars dernier par des chercheurs d’or , soit 28 ans après les faits , mais que le gouvernement mauritanien actuel s’évertue à couvrir , refusant toute investigation…
Le 28 Novembre 1990 ,- fête de notre indépendance nationale – 28 soldats Negro- africains sont pendus en guise de solidarité avec l’Irak arabe, ‘’victime de l’agression des USA’’ . Le reste des militaires négro-africain ayant échappé à la mort est radié de l’armée. Les auteurs de ces crimes et exactions courent toujours , circulent librement , occupant de hautes fonctions de l’Etat, protégés par une loi d’amnistie inique et scélérate, votée en 1993 qui consacre l’impunité dans le pays . Pendant ces années de plomb la population négro-africaine, la composante Peule, en particulier, va subir un véritable génocide exécuté par l’Armée , à l’image de ce qui se passe actuellement au Mali , mais beaucoup plus important par l’ ampleur…IL n’existait pas alors de réseaux sociaux , et seul le gouvernement Français et nos voisins immédiats savaient ce qui se passait .
Si les déportations massives et les exécutions extrajudiciaires se sont arrêtées après cette période sombre de l’histoire de la Mauritanie indépendante, l’épuration ethnique, quant à elle, n’a jamais cessé depuis ; elle a pris simplement des formes plus sournoises… Le Pouvoir actuel a entrepris depuis 2011 une opération d’enrôlement qui vise- officiellement- à doter les Mauritaniens de papiers d’état-civil biométriques et sécurisés, mais qui, en réalité, s’est révélée être, dans son exécution, à caractère raciste et discriminatoire à l’égard des Noirs de Mauritanie pour lesquels l’obtention des nouveaux documents relève du parcours du combattant pour les plus chanceux. Des milliers de Noirs sont ainsi devenus apatrides dans leur propre pays faute d’état-civil. Des familles sont divisées , l’époux se voit enrôlé pendant que l’épouse est rejetée ,sans épargner les enfants ; des élèves en cours de scolarité sont contraints d’abandonner l’école, faute de papiers …Les commissions techniques et le comité de supervision et de contrôle chargés de cet enrôlement sont quasiment monoethniques, alors que la population mauritanienne est pluriethnique .
Les hauts postes de l’Etat et de l’administration, l’appareil judiciaire , nos forces de défense et de sécurité, nos médias audiovisuels publics et privés, le secteur économique , les grandes Ecoles du pays, tous les secteurs de la vie nationale, en un mot , sont presque exclusivement aux mains d’une composante nationale – la communauté blanche, arabo-berbere- , par choix politique délibéré de nos gouvernants …
L’esclavage demeure une réalité dans le pays aussi bien sous sa forme traditionnelle que sous la forme de ce qu’il est convenu d’appeler l’esclavage moderne, et les victimes sont toujours les mêmes : les masses noires.
Excellences, il n’est pas besoin de se munir d’une loupe pour se rendre compte de la réalité de ‘’l’Apartheid déguisé ’’ en Mauritanie. Il vous suffira de regarder autour de vous. Observez bien vos interlocuteurs , prêtez attention également à ceux qui vous servent dans les hôtels , dans les salles de réunion ( serveurs, femmes de ménage, chargés de l’accueil etc ), suivez nos Télévisions pour quelques minutes, demandez à visiter nos Administrations , nos Ecoles , notre Armée nationale, observez la rue mauritanienne et vous serez édifiés sur l’image erronée que beaucoup d’Africains se font de la Mauritanie ou que le gouvernement mauritanien s’efforce de vendre . Vous verrez alors le racisme d’Etat se déployer dans toute sa laideur sous vos yeux .. .
Excellences,
La Mauritanie ne peut pas continuer à vivre dans l’ignominie de l’esclavage, de l’exclusion et de la discrimination sur des bases raciales, ethniques et tribales et continuer à travailler avec les autres nations libres du monde comme si de rien n’était ! Vous aviez dénoncé et combattu l’Apartheid en son temps, vous ne pouvez faire profil bas sur qui se passe chez nous . Il y va de la crédibilité de votre institution, il y va du respect de la dignité humaine , il y va de la paix et de la stabilité de la sous-région et du continent… car cette situation est pour le moins porteuse de lendemains , incertains, dangereux pour tous…

Samba Thiam
Ancien prisonnier politique (traité en forçat à walata)
Président des FPC
Nouakchott le 29 juin- 2018

Crédit source: Page officielle Facebook Samba Thiam

Guidimakha – Mauritanie : L’ère est-elle à la judiciarisation des rapports entre les Soninkés ?

Pourquoi cette américanisation de leurs rapports ? Pourquoi judiciariser les rapports sociaux ? Pourquoi hier, le linge sale s’est lavé en privé, aujourd’hui, le même linge sale se lave devant le prétoire ? Autant des questions qui restent sans réponse, nous nous forcerons, pas pour répondre aux interrogations mais plutôt pour proposer des solutions aux justiciables.

Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. C’est ce que nous appelons l’ « américanisation » des rapports.

La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû. Cette fonction juridictionnelle est devenue l’une des principales attributions de l’Etat moderne, car les lois empêchent que chaque justiciable se fasse justice. Le philosophe Paul Ricœur, écrivait que, « la justice a deux finalités ; la finalité courte et la finalité longue ». La finalité courte de la justice est aux antipodes de l’organisation sociale et économique de cette communauté, décrit tant comme solidaire. Par ailleurs, c’est la finalité longue qui nous intéresse ici, en l’occurrence, la paix sociale, la tranquillité et la sauvegarde des liens sociaux pour cette communauté qui n’a pas l’habitude d’aller plaider devant un juge et qui se déchire pour des faits auxquels la loi les a déjà règlementé (esclavage, conflit foncier…).

Pour Paraphraser les propos un magistrat sénégalais (Keba M’Baye), la fierté d’un soninké, c’est de dire que moi, j’ai jamais mis pied au commissariat. Aujourd’hui, le voilà devant le prétoire en face du juge pour y être juger et dévoiler son organisation sociale conditionnée par les comportements héréditaires et patronymiques ; qui peut s’analyser suivant la stratification horizontale en castes définies par des critères de professions ou de conditions de vie, formatée à base de parenté lié à la génétique. C’est comme si l’un des pères fondateur de l’Anthropologie structurelle Claude Levi-Strauss a déjà vécu au sein de cette communauté en écrivant cela : « il fallait être peint pour être un homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute ». C’est ce mélange de l’ordre de l’idéal et celui du vécu, non seulement parce que la nature même du mécanisme de l’organisation sociale de cette communauté repose sur la répétition, mais plus encore parce qu’à la désobéir, on encourt les sanctions des puissances surnaturelles, auxquelles peuvent s’ajouter celles de la communauté des vivants. La coutume soninké, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Cependant, nous avions assisté ce dernier temps des condamnations, des feuilletons judiciaires, des plaintes et des contres-plaintes, des convocations en convocations soit devant la police, soit devant le juge étatique. Malheureusement, Nous continuons toujours à assister les mêmes feuilletons judiciaires devant les tribunaux étatiques entre les soninkés de Guidimakha. Après l’affaire de Coumbadaou, Dafort, Modibougou, entre autres, le voici le contentieux foncier de Diogountouro devant la Cour d’appel de Kiffa. Toutes ces affaires se succèdent et se ressemblent les unes aux autres, soit sur le fond de l’esclavage, soit encore sur le fond d’un problème foncier, avec des titres fonciers communautaires dont certains d’entre eux datent bien avant l’indépendance de la Mauritanie, qui aujourd’hui, ne valent plus un titre exécutoire au regard des textes fonciers en vigueur ; eut pourtant la solution de leurs conflits est entrain leur main. Malheureusement, encore une fois de plus les mêmes causes produisent les mêmes effets, le contentieux foncier de Diogountouro, entre Gandega et Camara se refait surface devant la Cour d’appel de kiffa, selon nos sources judiciaires. Cette affaire qui, était depuis 2017 pendante devant le tribunal de Moughataa de Selibaby, le juge a fini par rendre une décision en date du 18/ 04/ 2018 en faveur de Gandega.

La réforme judiciaire mauritanienne du 24 juillet 1999 portant organisation judiciaire a consacré l’institution du juge unique au niveau du tribunal de la Moughataa et de la wilaya. La consécration du juge unique a pris sa source après la conversion de la Mauritanie à l’islam par les almoravides a permis d’instaurer une justice fondée sur un cadi omnipotent. Ce système du juge unique, qui a été retenu au niveau de la première instance, constitue une économie certaine de personnels. Le jugement rendu par cette juridiction est une décision juridictionnelle qui peut faire l’objet d’un recours devant la Cour d’appel. La partie en conflit qui se sent léser par la décision prise de ce juge unique ou qui estime que sa cause n’a pas été entendue équitablement peut faire une déclaration d’appel au greffe de la Cour d’appel. Eut, c’est ce qui s’est passé dans cette affaire foncière de Diogountouro. Les Camara, contestent le jugement rendu par ce juge unique devant le tribunal de Moughataa de Selibaby le 18/04/2018 et font appel de ce jugement devant la Cour d’appel de Kiffa le 11/06/2018. Cette juridiction (Cour d’appel) est totalement différente du tribunal de Moughataa, car elle est composée des magistrats professionnels, soucieux de l’application des textes de lois en vigueur, le ministère public est représenté par le procureur, le greffe est tenu par le greffier en chef et l’élection d’avocat est obligatoire. La Cour d’appel statue sur les recours en appel contre les décisions judiciaires rendues en première instance. Cette justice étatique relativement longue et qui ne prend pas en compte les valeurs et les intérêts de chacune des parties ; qui est actuellement en crise dans les sociétés dites de droit à cause de son coût, sa lenteur et l’arrivée de la justice alternative au marche. La justice étatique est trop couteuse, moins soucieuse des liens sociaux, d’où l’intérêt que nous proposons aux litigants une justice douce, conciliatrice, rapide, moins couteuse et soucieuse des liens sociaux prévue par la législation mauritanienne.

Aujourd’hui, les modes amiables de résolution non judiciaire des conflits sont encouragés et favorisés par les législations internes dans le monde entier (Etats-Unis, Europe, Afrique…). Ils correspondent à un changement fondamental des mentalités face à une absence de réponse adaptée et au développement massif des contentieux devant les tribunaux. Humaniser le traitement de conflit, trouver des solutions pérennes et adaptées. La justice conciliatrice, s’inscrivent dans une volonté de négocier ses propres solutions aux conflits, de passer de l’imposé au négocié, de maitriser le traitement du conflit et d’arriver à une solution amiable. Cette justice offre une chance aux justiciables d’éviter les procédures judiciaires trop longues. C’est une forme de justice qui s’oppose à la justice étatique par sa rapidité, son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. N’a-t-on pas coutume de dire « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La finalité de cette justice est alors de construire un accord qui n’est pas nécessairement juridique, à partir d’un travail sur les valeurs et les intérêts de chacun.

La Mauritanie a légiféré dans ce sens, en créant un centre d’arbitrage et de médiation. Et dans le domaine foncier, la justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales d’arbitrage permettant de régler le litige foncier amiablement. La justice conciliatrice est conçue comme un moyen le plus raisonnable de terminer les contestations entre les litigants. Elle responsabilise les parties, en leur permettant de rapprocher leurs points de vue, de définir une solution innovante adaptée à leurs besoins et leurs intérêts, soit sous l’égide d’un juge ou un mouslih qui intervient pour contrôler le processus, la régularité de l’accord et sa conformité à l’ordre public.

Pour conclure, on n’espère que cette affaire foncière de Diogountouro n’arrivera pas devant la Cour suprême de Nouakchott, car cela serait un cataclysme pour toute la communauté. Nous demandons aux parties, d’aller vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative.

BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Assistant Juridique à la Cour de cassation de Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

Réponse au ministre porte-parole du gouvernement mauritanien Mohamed Lemine Ould Cheikh.


Le passé trouble et peu honorant de l’actuel ministre porte-parole du Gouvernement, dont, le moins que l’on puisse dire, il est sorti par effraction du parti opposant Rfd, pour la se vendre comme une marchandise, au putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce genre d’acte ignoble, devait interdire à ce laudateur de s’ériger en donneur de leçons.
J’aimerais rappeler que les mauritaniens le connaissent suffisamment et n’ont pas oublié les activités douteuses auxquelles il s’adonnait aux émirats pour amasser de l’argent et lui-même savait bigrement bien ce qu’il faisait à l’époque. Il est probable que le doctorat dont il se prévaut sanctionne plus ses activités de thieb-thieba qu’autre chose. C’est cet esprit marchand qui le conditionne au point de voir la recherche de l’argent partout et dans toute œuvre humaine.

Ses propos sur les organisations de défense des droits de l’homme dénotent d’une ignorance du cadre de défense et de promotion des droits de l’homme qui relève autant d’obligations nationales que d’engagement internationaux. Monsieur le Ministre doit comprendre que la défense des droits de l’homme est une responsabilité universelle qui ne connait pas de frontières. En son temps, la communauté internationale (dont la Mauritanie) s’était élevée contre l’apartheid en Afrique du Sud et ne cesse aujourd’hui de se mobiliser légitimement aux cotés de nos frères Palestiniens pour la défense de leurs droits fondamentaux. De la même manière, cette même communauté internationale ne laissera pas l’esclavage (crime contre l’humanité) et la discrimination raciale prospérer impunément et dans le silence en Mauritanie. Mieux encore, le législateur mauritanien, en proclamant l’esclavage crime contre l’humanité, a fait de la lutte contre ce phénomène odieux, une charge universelle à laquelle l’humanité toute entière est appelée à contribuer. Dans cette même logique, pourquoi l’Afrique du Sud par exemple contre laquelle la Mauritanie s’est mobilisée sous l’apartheid ne serait pas aujourd’hui légitime autant que les autres pays africains ou occidentaux pour s’exprimer sur les violations des droits de l’homme en Mauritanie ?
Quelle cécité intellectuelle !

De toute façon, dans cet exercice, le ministre a constamment montré la profondeur de ses insuffisances intellectuelles et de sa vacuité culturelle qu’un prétendu doctorat ne saurait point combler. Ses sorties sordides et ses conférences de presse surréalistes ressemblent désormais à des numéros de comédie et des chefs d’œuvre d’ignorance qui divertissent les soirées des mauritaniens et de la communauté diplomatique à Nouakchott. Il rend ainsi au gouvernement dont il est membre le pire service en s’installant lui-même dans le sillage de l’ex-ministre de l’Information de Saddam Hussein, Mohammad Saïd al-Sahhaf. Ce faisant, j’ose espérer pour mon pays, qu’il n’inscrive également le gouvernement auquel il appartient dans la malheureuse trajectoire du gouvernement irakien de l’époque.
Comme vous le savez, récemment, il s’en est pris âprement aux Ambassadeurs de l’union européenne et de la France pour avoir tout simplement commenté avec bienveillance et bon sens les propos du Président ould Abdelaziz sur la décision de ne pas briguer un troisième mandat.
Il n’est donc pas surprenant, que la lettre de Biram Dah Abeid, président des réseaux IRA, réseaux don’t l’une des sections les plus actives est IRA-France-Mauritanie, secoue le cocotier du système en place en Mauritanie.
Cette secousse a permis aux mouchards, insulteurs et laudateurs publics et professionnels, de s’adonner de plus belle, à la sale besogne qui leurs est assignée : insulter Biram Dah Abeid, pour le compte d’un régime inique et aux abois.
Le Président Macron à qui le président Biram Dah Abeid a adressé cette lettre ouverte, est le Président de la Patrie des droits de l’homme, un homme d’Etat épris des valeurs universelles des droits de l’homme, de justice et de paix. Je suis convaincu qu’il saura faire bon usage de ce message qui est aussi un message en faveur de la stabilité dans la sous-région. Il est conscient que les violations massives des droits humains où qu’elles se produisent et constituent un danger pour la paix internationale. A cet égard, nous savons tous combien les droits sociaux, économiques, culturels et politiques des mauritaniens sont bafoués. Au-delà de la personne de Macron, cette lettre s’adresse à tous les Chefs d’État et autres décideurs qui prendront part au Sommet de Nouakchott.

Babou Abdou

Chargé de Communication de Ira-Mauritanie, membre du Conseil Exécutif.

crédit source: IRA MAURITANIE

Plaidoyer pour le respect de la loi 031/2015 incriminant les pratiques esclavagistes en Mauritanie.

ONG IODE – Notre Organisation Initiative d’Opposition contre les Discours Extrémistes remercie le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, le Premier Ministre Monsieur Yahya Ould Hademine pour la promulgation de la loi 2015/031 qui incrimine l’esclavage en Mauritanie et son application sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie.

Notre Organisation appelle les autorités judiciaires (procureurs, juges …), les autorités administratives (Hakems , Walis, …) à fournir plus d’efforts en vue de l’application de la loi 2015/031 pour l’incrimination des pratiques esclavagistes en Mauritanie.

Notre Organisation remercie les autorités judiciaires et administratives qui ont contribué avec nous à son application lors de la présentation des cas en relation avec la violation de cette loi.

Notre Organisation appelle toutes les organisations des Droits de l’Homme à promouvoir la fraternité, la solidarité et la cohésion sociale entre toutes les communautés du pays.

Elle appelle également à sauvegarder la sécurité et l’image du pays, particulièrement à l’intérieur du pays et à l’étranger. La société civile est appelée à éviter la politisation de ses activités qui visent à promouvoir les Droits de l’Homme dans le pays et partout ailleurs.

Le Président
Mohamed Mbareck
Tel :+222 46 90 77 09

Crédit source: cridem.org

AMEES: DÉCLARATION SUR L’AFFAIRE DE MODIBOUGOU

AMEES – Selon leur tradition, les habitants de Modibougou ont décidé de célébrer cette année la fête de la Korité (fête de la fin du mois béni du Ramadan) le dimanche 17 juin 2018 dans une atmosphère de faste en invitant même des ressortissants de Nomo, village malien situé à 25 Km au sud.

Un grand tam-tam qui regroupait toutes les catégories sociales animait la grande place publique. Quelques notables nostalgiques de culture esclavagiste étaient aussi présents. La Section de l’AMEES, abolitionniste connaissant la mentalité de ces visiteurs, notamment Moussa Diarra malien résident à Modibougou a mis en garde contre tout propos injurieux et provocateurs surtout de caractère esclavagiste.

C’est dans cette atmosphère qu’une infime minorité de nostalgiques esclavagistes ont pris d’assaut des domiciles d’anciens esclaves plongeant le village dans une atmosphère explosive d’affrontements généralisés faisant des blessés graves.

Nous citons quelques cas :

– Ñanŋe Wagué et Adama Ba ont agressé une famille, violentant deux jeunes femmes Tata Khoré Diarra et Dalla Damba, blessant la première à la tête et la seconde au bras ;

– Tekhné Diawara et sa belle-fille ont attaqué elles aussi dans la rue une vieille de soixante ans Mama Diawara, la mordant sauvagement à l’épaule et au dos ;

– Quant à Monsieur Mahamedi Diarra preneur d’images, il a été agressé dans sa boutique y occasionnant des dégâts matériels considérables. La gendarmerie n’a pas voulu, à sa grande surprise générale, recevoir sa plainte pour coups et blessures, détérioration de matériels et atteinte à sa dignité ;

– Messieurs Mahadi Diawara et Babou Diawara tenaient quant à eux à détruire les images de la scène du tam-tam qui a failli occasionner au véritable génocide ;

– Hamadi Diawara a attaqué lui, une femme en pleine rue de manière grossière, madame Setouma Diawara qui a subi aussi des lésions corporelles, son seul tort étant d’avoir dit non à ces traitements inhumains et dégradants.

Le lendemain aussi a été caractérisé par des incidents très graves.

AMEES :

– déplore ces comportements et pratiques arriérés, notamment l’agression publique barbare de femmes.

– demande aux autorités de punir réellement ces comportements esclavagistes contraires à la loi et de mettre fin à ces images d’un autre âge encore fréquentes dans notre pays.

Nouakchott, le 19 juin 2018

Le Bureau Exécutif

Source crédit: Bureau AMEES

IRA MAURITANIE : Macron en Mauritanie, le piège du reniement

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-Mauritanie).

Macron en Mauritanie : le piège du reniement

Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République française,

Par ces mots, le courage ne vous manquait, en novembre 2017, de rappeler que l’esclavage est « un crime contre l’humanité ». A ceux qui reprochaient aux occidentaux leur part de responsabilité, vous l’expliquiez si justement, en Libye, « la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains ».

Vous vous apprêtez à venir en Mauritanie, un pays où l’esclavage, omniprésent et séculaire, demeure le fait d’Africains sur d’autres Africains. Vous allez rencontrer un homme d’Etat, témoin d’une tentative d’épuration ethnique contre les autochtones noirs, de 1986 à 1991. Avec lui, vous parlerez des défis transversaux de la paix et du développement dans l’ensemble de la sous-région Sahara-Sahel.

La lutte contre le terrorisme reste la priorité de vos échanges. L’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux constituent, en Mauritanie, les facettes d’une même oppression.

L’exploitation d’une main d’œuvre sous contrainte, ce fléau millénaire, continue de façonner la mémoire et le présent des miens. Bien avant la colonisation, des millions de mes compatriotes, y sont nés et continuaient à le subir, jusqu’aujourd’hui. Il s’agit d’une infamie locale, produit de notre histoire et expression d’une inhumanité du crû.

Les Hratin, inférieurs et exploités à la naissance, sont les parias de condition servile, sur la sueur duquel la Mauritanie a été bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient (et sont parfois de nos jours) vendus, mutilés et confinés au travail indécent, offerts en cadeau ou séparés par héritage ; le Code noir de chez nous, appelé « rite malékite » ou « Charia » vulgarise l’usage de cette viande sur pied, au point de réglementer le détail du viol et du cuissage, sur les femmes, parfois mineures.

La tentative d’épuration ethnique de 1986-1991 visait l’anéantissement sinon l’expulsion des ethnies d’ascendance africaine, tels les Wolofs, les Bambaras, les Soninkés et les Pulaarophones ; l’essai sanglant se soldait par des dizaines de milliers de déportés et d’exilés, des pogroms, la banalisation de la torture, des assassinats collectifs, des disparitions forcées, des spoliation de bétail et de terre, les radiations massives dans différents secteurs de la fonction publique et des forces armées et de sécurité. En parallèle, du jour au lendemain, l’Etat fut livré aux tribus ; le vandalisme culminait avec l’effondrement de l’école et la guerre compulsive contre l’enseignement des langues étrangères. Depuis, la Mauritanie, à genoux, s’enfonce dans le fanatisme et la misère.

Ces atrocités, imputées à l’Etat, ont créé le clivage structurel et la discorde dans la communauté de destin, entre les composantes subsaharienne et arabo-sanhaja. Jamais, il n’y eut de réparation à la mesure du dégât ; au lieu de la réconciliation, l’impunité devenait le credo ; la demande de publication de la vérité, sans cesse différée, s’apparente maintenant à un délit ; à l’exception du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, renversé en 2009 suite au putsch de son chef de sécurité – à présent au pouvoir – le déni et l’occultation cristallisaient le consensus sur la nécessité de taire le crime. La légitimité du système de domination en vigueur s’enracine dans ce silence fondateur. La dérive présente de la Mauritanie vers le wahhabisme outrancier ne poursuit d’autre objectif que de maintenir les discriminations sous le voile du sacré, afin de la mieux proroger. L’hégémonie historique dépense, ici, ses ultimes réserves de ruse.

En mai 2018, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (Cerd), réuni à Genève, répertoriait la reproduction des inégalités liée à la généalogie et la permanence de leurs effets, à grande échelle. Les recommandations insistaient, sur la part de laxisme des tribunaux au fil des rares poursuites contre les auteurs de pratiques esclavagistes.

Il n’est besoin de chercher, loin, la source de la complaisance. Le 3 mai 2016, le chef de l’Etat, lors d’un discours dans la ville de Néma, déclarait : « Les Hratin sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions ». La politique du gouvernement cherche à supprimer socialement les Hratin et les autres composantes d’Afro-descendants mauritaniens car le fantasme de leur multiplication démographique soude les anciens maitres dans la solidarité par la panique. Le pays se dit « arabo-islamique » et, pourtant, sa majorité est noire et le sera davantage ; pour un lendemain de paix, la prudence requiert, d’élites dirigeantes, sur le déclin, de canaliser l’aspiration du grand nombre à l’égalité, point d’en contrarier le cours. Telle audace à rebours des enseignements de l’Histoire, se paie cher, toujours. Voici, Excellence, Monsieur le Président, un conseil précieux à l’endroit de votre homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Combien de fois avons-nous été emprisonnés, suppliciés, relégués dans le désert et désignés à la vindicte, seulement parce que nous proclamions le droit universel à vivre libres et dignes sur la terre de nos ancêtres ?!Nos associations sont interdites, nos partis bannis, toujours figés en marge des élections. Des milliers d’entre nous errent dans le temps social, sans personnalité juridique ni visage ; comme le notait Human Rights Watch le 29 mars 2018, « le processus national d’enrôlement à l’état civil en Mauritanie empêche certains enfants de s’inscrire à l’école publique et de passer des examens nationaux obligatoires ». La biométrie se transforme en outil de marginalisation des composantes majoritaires, pour entraver leur accès aux cartes d’identité et d’électeur. Les experts indépendants et autres rapporteurs des groupes de travail de l’Onu décrivent, dans leurs conclusions étalées de 2015 à 2017, une Mauritanie que son surpoids d’injustices rend vulnérable à la dislocation.

L’Onu a également dénoncé la persécution du bloggeur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, emprisonné depuis 4 ans. Accusé d’apostasie, position passible de la peine de mort dans le code pénal, un tribunal, au constat de son repentir, commua le verdict initial en deux années de réclusion ; enfin, il devait recouvrer ses droits élémentaires ; l’aile conservatrice du pouvoir, en connivence avec les segments pro-jihadistes de l’opinion parmi la minorité hégémonique, a décidé de le garder otage, en attendant l’audience de recours devant la Cour suprême. L’ex prévenu, aujourd’hui séquestré dans un lieu inconnu, risque l’assassinat ; le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Onu) réclame sa libération depuis avril 2017.

Pire encore, le Conseil des ministres, soumettait, au Parlement, un projet de loi punissant de mort les « propos jugés blasphématoires », même en cas de repentir ; en vertu de la surenchère avec les groupes obscurantistes, une circonstance atténuante disparaissait, ainsi, du champ de la loi! Le 27 avril 2018, les députés votèrent le texte liberticide, à contresens de la marche des musulmans vers la quête de l’état de droit, du mieux-être et la prévention de la violence. La Mauritanie, membre du G5 Sahel, combat les groupes jihadistes hors des ses frontières et applique leur programme sur son territoire. Des écoles de savoir « islamique » où l’Etat n’exerce aucun contrôle du cursus, ont été transformées en des centres de radicalisation ou des milliers de jeunes, apprennent la haine de l’Autre, l’infériorité de la femme et le devoir d’abolir les libertés de conscience et la diversité culturelle. En lieu et place d’une connaissance qui les arme dans la compétition pour l’excellence, les voici dressés au combat, gorgés de colère contre la joie, la littérature, les sciences et toute célébration de la vie. L’éducation au rabais leur assigne le passé pour logis et espérance. Elle leur apprend à considérer, comprendre et transmettre le rapport au vivant, d’un seul prisme de vue, le regard d’outre-tombe.

Monsieur le Président, tout pouvoir sous le joug duquel enfle et boursoufle la détestation de l’autre, la méfiance envers le savoir, le refus du mérite terrestre et le désir de la mort, ne contribuera à endiguer le terrorisme. Le terrorisme procède d’un endoctrinement et résulte d’une éducation au pire, bien en amont du passage à l’acte.

Au nom du Monde libre qui inspire l’essor de la revendication démocratique en terre d’Islam, pour la civilisation, le genre humain et votre grand pays, de grâce, ne cautionnez pas la dérive qui dévaste, endeuille et tue !

Nouakchott le 18/06/2018
Biram Dah Abeid
Président des réseaux IRA dans le monde.

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE

Questions du Journal le Calame à Bala Touré Secrétaire Général du Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Le Calame : Vous venez de signer une alliance électorale avec le parti SAWAB. On avait parlé de Moustaqbel, de l’UFP et d’UNAD. Pourquoi plutôt SAWAB, parti d’obédience baath, à qui tout semblait pourtant vous opposer ?

Bala Touré : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer sur cette question qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis quelques jours. Avant d’y répondre, je voudrais, également, adresser une pensée militante à nos camarades Abdallahi Maatala Saleck et Moussa Bilal Biram, détenus injustement, depuis bientôt deux ans, au bagne de Bir Moghrein, à mille deux cents kilomètres au Nord de Nouakchott.
Revenant à votre question, je dirai que ce résultat est l’aboutissement positif d’une vieille démarche. Ayant remarqué le grand engouement suscité par les activités d’IRA auxquelles adhèrent, dans tout le pays, des masses compactes, très engagées et conscientes de ce que la solution, à toutes les questions de droits humains que nous posons, est impossible sans volonté politique exprimée, sans ambiguïté, par le tenant du pouvoir qu’il sera alors, inéluctablement, nécessaire de conquérir, nous avons mis en place une branche politique à notre association : le Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) que les autorités mauritaniennes se sont empressées d’interdire.
A l’approche des élections locales de 2013, nous avons entrepris de négocier avec divers partis de la place, en vue de trouver un cadre nous permettant de participer aux élections. Malheureusement, ces démarches n’ont pas pu aboutir, en raison d’intrusions malsaines d’officines à la solde des autorités. Durant ces trois derniers mois, nous avons approché plusieurs partis avec lesquels nous avons une convergence de vues, sur les questions nationales majeures. Mais ces nouvelles négociations ont traîné, se soldant, à chaque fois, par un échec, jusqu’à ce que nous rencontrions les responsables du parti SAWAB – une formation politique nationale fondée en 2005, bien après la chute d’Ould Taya. Avec eux, c’est bien au-delà des aspects électoralistes que nous avec pris tout notre temps, pour visiter, en profondeur, les grandes questions nationales. Et nous accorder sur nombre de celles-ci, notamment : le caractère pluriel de l’identité mauritanienne ; le droit à la différence ; la nécessité impérieuse de promouvoir les langues peul, soninké, wolof et hassanya, en vue de les développer et les hisser au statut de langues officielles, au même titre que l’arabe ; le règlement, sur la base de l’accomplissement des devoirs de vérité, de justice, de mémoire et de réparation, du lourd dossier de la tentative de génocide perpétrée, par les autorités, contre des populations noires de Mauritanie, durant les années de braise ; la nécessité d’un règlement définitif de la problématique de l’esclavage dans le pays ; le développement d’une culture de solidarité avec les générations futures, par la promotion et le respect de normes environnementales… Nous avons, ainsi, pris la décision, loin de toute passion, de fusionner notre branche politique avec le parti SAWAB – une décision majeure que nous assumons. L’histoire et le peuple mauritanien en jugeront de la pertinence.

Le Calame : Cet accord s’inscrit dans la perspective des élections locales en vue. Biram serait-il tête de liste de SAWAB pour les législatives?

BT : Oui, le président Biram Dah Abeïd dirigera la liste nationale législative. Nous nous sommes également entendus, sur le fond et la forme, en ce qui concerne toutes les élections (législatives, municipales et régionales) et plus des deux-tiers des postes électifs reviendront aux cadres issus de notre branche politique. Notre ambition est de pouvoir être candidats dans la plupart des deux cent dix-huit communes du pays.

Le Calame : Les autorités ont d’abord refusé d’autoriser votre conférence de presse, avant de l’accepter. Savez-vous pourquoi ? Ne craignez-vous pas que ces mêmes autorités reviennent à la charge pour bloquer la mise en œuvre de votre accord ?

BT : Le secrétaire général du parti fut informé, par le hakem, de l’interdiction de la conférence de presse. Le président Abdesselam ould Horma et son adjoint Ahmed ould Oubeïd ont alors réagi, en rendant visite au wali de Nouakchott-Ouest. C’est à la suite de leur réunion que l’interdiction a été levée.
Quant à la mise en œuvre de notre accord, nous ne sommes pas en mesure de prédire les comportements futurs des autorités. Ce dont nous sommes sûrs est que nous restons fidèles à nos principes et à nous-mêmes, prêts, de façon pacifique mais ferme et sans concession, à faire face à tout acte des autorités tendant à violer nos droits constitutionnels, à savoir d’association et de liberté d’expression.

Le Calame: Votre alliance avec Sawab a suscité des réactions hostiles, de la part, surtout, des anciens d’IRA et d’autres amis ou ex-alliés. Comment les avez-vous accueillies? Les comprenez-vous ?

BT :Nous sommes surtout surpris de ce regain d’intérêt, de la part de certaines personnes qui ont subitement retrouvé la mémoire. SAWAB est un parti de ce pays. Fondé en 2005, il a toujours mené ses activités, individuellement ou en partenariat avec les autres partis de l’opposition. Au lendemain du coup d’État militaire, perpétré par le général Mohamed ould Abdel Aziz, contre le président élu Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, SAWAB s’engagea dans la lutte contre le putsch, en tant que membre du FNDD où il côtoyait tous les partis de l’opposition. Après les accords de Dakar, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est fait élire dans des conditions troubles. Quelques temps après cette élection, la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) fut mise en place, avant le FNDU (Forum National pour la Démocratie et l’Unité). SAWAB fut de tous ces regroupements, en partenariat avec les autres partis d’opposition. Plus récemment, APP et El Wiam formèrent, avec SAWAB, la CAP (Coalition pour l’Alternance Pacifique). Pour mener la campagne contre le referendum du 5 Août 2017, visant à changer la Constitution, c’est avec le FNDU, le RFD, les FPC, l’UNAD, El Watan, IRA- Mauritanie et Touche pas à ma Constitution, que SAWAB a fondé le G8. Tous ont signé des documents communs avec ce parti, ont organisé des manifestations communes avec lui (conférences de presse, marches, sit-in…). Tous les fronts, coalitions, forums et groupes se sont formés sur la base d’accords écrits, en forme de mémorandums consensuels explicitant, à chaque fois, une vision partagée de la situation passée et présente de la Mauritanie.
De 2008 à ce jour, SAWAB s’est donc situé en partenariat, rapproché, avec toute l’opposition politique, au gré des alliances. En dix ans, personne de ceux qui nous critiquent aujourd’hui n’a remarqué que SAWAB n’était pas fréquentable. Personne n’a dénoncé, à aucun moment, ses alliances avec les partis politiques nationaux. De cela, il ressort, clairement, que ce n’est pas SAWAB que visent ces remous : il s’agit, tout simplement, d’une volonté manifeste de nuire à IRA-Mauritanie et à son président.
Ceux qui nous critiquent, sans fondement aucun, ne sont, en réalité, que des personnes mécontentes et, même, malades des nombreux succès de notre organisation. Elles sont de cette féodalité nostalgique du passé, fortement mise en cause par les actions réussies d’IRA-Mauritanie. Elles deviennent, de facto, les voix audibles des services de renseignement mauritaniens qui traquent, partout, les promoteurs de notre mouvement.
La plupart de nos détracteurs vivent à des milliers de kilomètres de la Mauritanie, en Europe et en Amérique du Nord. Ils ont choisi le bavardage, quand nous avons fait le choix de l’action, à l’intérieur du pays, dans la pauvreté et les privations, avec le risque élevé d’être réprimé sévèrement et d’aller en prison. C’est le choix de l’action qui nous a fait accomplir, malgré les risques accrus de répression aveugle, le devoir de mémoire envers nos martyrs, assassinés massivement, par lâcheté et racisme des éléments de forces armées et de sécurité nationale. Nous avons initié et conduit les pèlerinages aux fosses communes d’Inal, Sorimalé et Wothié.
Aucune vocifération ne nous arrêtera. Notre volonté de conquérir le pouvoir politique en Mauritanie reste intacte, dans l’intérêt des populations mauritaniennes, et nous invitons toutes les personnes et groupes épris de justice, d’égalité et de paix, à se joindre à ce projet national où seule l’action intelligente compte.

Propos recueillis par DL

Crédit source: lecalame

Une tribune signée par le blogueur et militant abolitionniste Diko Hanoune.

L’alliance politique RAG/ESSAWAB nous a révélée cette ignominie cachée longtemps de l’existence de cette idéologie perverse d’un racisme primaire, de l’extrémisme et avec des projets séparatistes en deux entités de la Mauritanie cultivés par certains individus tapis au sein des communautés noires qui se réclament pourtant d’être « victimes ». Ce sont, souvent des personnes étroitement féodales qui pensent qu’on doit uniquement combattre les « maures bons ou mauvais» pour les placer à la tête de l’état mauritanien. D’ailleurs, certains parmi eux disent haut et fort qu’un bon maure n’existe pas, voila une erreur monumentale, il y a des bons et mauvais au sein de toutes communautés sur terre et ils en font parti des mauvais au sein des négro-africains de Mauritanie. Ils s’en foutent royalement du respect des droits humains ni des victimes, au contraire ils exploitent leurs malheurs comme un tremplin politique. Ils exploitent des cadavres et horreurs contre d’autres citoyens pour accomplir leur sale besogne dans leurs fronts qu’ils mènent depuis l’extérieur afin de casser n’importe qui. J’en sais quelque chose évidemment.

Personnellement, je ne serai pas preneur de cette idéologie de construire un front composé uniquement de « Noirs » qu’on dresse contre l’arabe ou le berbère Mauritanien à cause de sa couleur de peau, son identité culturelle venant de certaines personnes issues des mouvements, partis politiques et ONG dites « négro-africaines ». Déjà, ces personnes sont très confuses dans leur définition du mot « négro-africain ».

On ne combat pas le racisme par le racisme, l’extrémisme par l’extrémisme, le fanatisme par le fanatisme, xénophobie par la xénophobie, ni l’esclavage par l’esclavage. Depuis la nuit du temps, nous sommes confrontés à cette minorité d’excitée extrémiste noir très communautariste, qui s’excite pour un oui ou non, qui est la principale source des problèmes aux quels sont confrontés les noirs mauritaniens dans leur pays. Pourtant, la plupart de leurs parents, sont du côté du pouvoir maure actuellement et depuis l’indépendance, ils jouent le sale travail à casser tout opposant qui essaye d’unir toutes les composantes du pays dans un projet de société pour affronter le système hégémonique que leurs parents et certains maures ont mis en place depuis les années cinquante à la veille des indépendances offertes gracieusement par le général Degaulle.

Comment peut-on chanter qu’on est opposant à un régime voire un système pendant qu’on passe son temps à s’en prendre au premier opposant du même régime ? Mais qui sont ces noirs soi-disant « victimes et opposants » ? Êtes-vous sûr qu’ils sont les vraies victimes, les vrais opposants ?? A la place de « qu’on va faire », il est temps qu’ils nous disent « qu’on a fait » ? Ces grandes gueules ne sont visibles que dans les réseaux sociaux non sur le front, non dans des manifestations, sit-in, faire les couloirs de grandes institutions internationales pour déposer de plaintes au nom des « victimes qu’elles sont » etc… Pourquoi, elles n’introduisent jamais de plaintes contre leurs bourreaux militaires et civils qu’elles ont identifiés déjà depuis plus de 30 ans? Leur seul espoir, est fondé sur la perpétuation du système inégalitaire mis en place par leurs parents et certains maures dans l’espoir cela va les permettre d’accéder au pouvoir en cantonnant les mauritaniens dans les compartiments d’ethnies et communautés. Eux et le régime en place, c’est la même pièce avec ces deux facettes, il ne faut pas se leurrer ni se tromper.

Crédit source: Reçu de l’auteur