Rencontre: le président de Réseaux IRA, Biram Dah Abeid reçu à la Mairie de Paris.

Au cours de la dernière étape de sa tournée Européenne, le président des réseaux IRA dans le monde Biram Dah Abeid, a été invité par la maire de Paris Anne Hidalgo, à la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, organisée le 10 mai 2018 à la place du général Catroux. Le président d’IRA a déposé une gerbe de fleures sous le monument du général Dumas, général de l’armée française, antillais descendant d’esclaves et père du chantre de la négritude Léon Gontrans Dumas.
Et toujours dans le cadre de ses activités avec la mairie de Paris, BDA a été reçu le 14 mai par l’ambassadricie chargée des relations internationales de la maire de Paris Patrizianna Sparaciano-Thiellay et sa conseillère Anaïs Mit. Au cours de cette entrevue le président d’IRA était accompagné par Ameth Gaye, vice-président d’IRA-France,  Elhadj Fall et ďautres membres de la cellule stratégique de BDA en France.
Les échanges du jour ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux parties.

Source crédit: IRA-France

La rencontre autour du président Réseaux IRA, BDA à Paris 12-5-2019 : l’événement en Photos par notre BLOG.

Le lien de l’intervention du leader abolitionniste: https://wp.me/p5GJMr-Sh

Couverture en photos par K.S

La Mauritanie en 2019 : diagnostic et prescription

Introduction de Biram Dah Abeid

Paris, le 12 mai 2018

Certains d’entre vous s’attendent sans doute à m’entendre tenir un discours enflammé sur l’esclavage et le racisme ; qu’ils me permettent, cette fois-ci, de les prendre de court. Non pas que je renie les thématiques maitresses de notre lutte mais parce qu’il importe, aujourd’hui, d’élargir la vision et la réflexion, pour mieux cerner les enjeux du risque, désormais réel, de voir notre Mauritanie disparaître, à force de s’être fourvoyée, oubliée, avilie dans la résignation au fait accompli.

Si nous croyons aux principes d’équité que nous agitons et ruminons depuis des années, le temps n’est-il pas venu de les inscrire dans le champ du réel ? C’est à cet exercice, sans complaisance ni excès, que je vous convie, chers amis de la diaspora et compagnons de route !

Notre attachement à la démocratie ne vaut le slogan ni la salive tant que nous n’aurions décidé et agi en vue de faire coïncider, ici et maintenant, l’égalité de naissance et la justice citoyenne. Ainsi, le pluralisme et la régulation pacifique des conflits prennent sens ; une société qui ignore les règles aussi élémentaires du vivre-ensemble sombre dans la violence, tôt ou tard. Or, la démocratie présuppose l’effacement des discriminations, la pénalisation de l’esclavage et de l’exclusion de caste, l’abolition du népotisme et des arrangements tribaux.

Les défis énumérés plus haut constituent l’élan et l’horizon de notre lutte. Il est temps de les traduire dans le temps du concret. Parfois, nous donnions l’impression de brûler les étapes, de mettre la charrue avant les bœufs. Désormais, un ajustement s’impose ; oui, mon propos laisse entrevoir un début d’autocritique ; j’aurais d’autres occasions de la dérouler en détail.

Oui, des obstacles se dressent encore en travers de notre détermination et nous devons les dépasser sous peine de devoir nous contenter de la parole indignée tandis que le bloc de la prédation pille notre avenir et nous impose, chaque jour, la fade réalité de la faim, de la frustration et de la colère sans issue.

A. De quels préalables s’agit-il?

1. Je dois insister sur les droits civils et politiques, objet d’un Pacte fameux des Nations unies en 1970 ; je mets en avant cette catégorie de règles élémentaires, à défaut desquelles un groupe social se réduit à reproduire la loi du plus fort. Vous savez combien le plus fort ne le reste jamais à vie. L’histoire de l’espèce humaine déborde d’exemples pour qui sait en interpréter les signes.

Chez nous, depuis quelques années, le gouvernement s’est employé à mettre en œuvre l’enrôlement biométrique, afin de doter les divers services de l’Etat, d’outils de gestion et de prospective, autant que des instruments de contrôle des mouvements de population. A l’ère des menaces diffuses et de la sophistication de la criminalité à l’échelle du monde, la création d’un fichier universel des personnes répondait aux impératifs de modernisation et de prévention dont l’époque nous impose la nécessité. Je le confesse à demi, il aurait fallu saluer l’initiative – certes tardive ; hélas, les réflexes de contournement, la triche héritée et le vice congénital de se croire le plus malin firent vite dévier l’intention affichée, au service d’un dessein d’oppression insidieuse, je dirais honteuse aujourd’hui, quoique assumée depuis des siècles.

Assez tôt, le recours à l’informatisation, sous l’effet d’une batterie de critères destinés à marginaliser ceux dont le système craint le nombre et la probable solidarité, produisit une monstrueuse sélection, contre les pauvres, les analphabètes et les humbles. Il se trouve que la majorité des cadets sociaux sont des noirs d’ascendance subsaharienne. Il se trouve aussi qu’ils représentent le potentiel écrasant d’une majorité dont les pouvoirs successifs s’acharnent à empêcher l’éveil et la convergence, pourtant imparables.

L’’etat civil mauritanien devient l’outil de la relégation sociale. Des ressortissants de toujours, auquel nul esprit sain ne contesterait la préséance historique sur le sol, peinent à se faire enrôler ; ainsi, impasse voulue, ne peuvent-ils voter ni se porter éligible aux suffrages de leurs compatriotes; attaché à la logique des privilèges, d’où sa posture défensive, le groupe hégémonique les soumets à des conditions de preuve, de témoignage, d’attestation et de vérification bureaucratiques, telles que leur désir de carte d’identité ou d’électeur s’émousse, s’évanouit dans le désarroi et l’acrimonie sourde. La liste des documents à produire confine à un concours d’élimination ciblée. Or, d’une échéance électorale à la suivante, leur masse enfle, de l’aveu même de l’actuel Chef de l’Etat, lors de sa déclaration fameuse à Néma, le 3 mai 2016 ; je cite « Les hratines sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions »..

Ici, permettez-moi, je vous prie, un rappel comparatif. Vous savez, ce qui arrive ailleurs n’arrive pas seulement autres et, contrairement à l’idée répandue dans les cercles du pouvoir et la fraction réactionnaire de l’opinion, la Mauritanie n’est pas une citadelle à l’abri de l’évolution humaine. En Côte d’Ivoire où je suis allé à la rencontre de nos compatriotes, il aura suffi d’une politique similaire de suspicion à l’endroit d’une communauté, pour que le pays sombre dans le désordre et la haine, de 2001 à 2011. J’invite nos élites – épuisées ou émergentes – à méditer l’exemple afin de mieux en anticiper le risque de mimétisme chez nous.

2. Mais à admettre la levée de l’écueil de l’état-civil, comment arbitrer un scrutin en toute impartialité ? Ce sera le second volet de mon propos.

Oui, parlons de la Commission nationale électorale indépendante, la mal-réputée Ceni. Je souligne le dernier adjectif « indé-pen-dan-te » ; ainsi, l’aberration ne vous échappe : les membres de l’instance d’arbitrage du choix populaire sont nommés par le Président de la république, après consultation des segments partisans dont il admet la représentativité. Vous voyez, un peu, à quel point l’on se moque de vous, de nous tous ? Comment prétendre garantir la transparence et l’éthique, si l’on se place, d’emblée, dans la posture ubiquitaire du juge et de la partie, de l’arbitre et du joueur ?!!!! In fine, ne cherche-t-on plutôt à provoquer la protestation légitime, pour la mieux réputer trouble à l’ordre public, la réprimer et installer alors le pays dans un régime d’exception vernie?

Pour la stabilité de la Mauritanie et de l’environnement régional, nous demandons, instamment, aux autorités mauritaniennes, avec le concours des partenaires multilatéraux, des partis et de la société civile, de mener un exercice de raison et d’introspection, au terme de quoi des mesures courageuses permettraient de refonder la Ceni sur des bases de consensus inclusif. Comme toutes les choses précieuses, la paix a son prix ; chez nous, il paraît bien modique, au regard de ce que coûterait l’aventure désastreuse d’un passage en force.

Pour notre part, nous engageons, nos militants et soutiens en Mauritanie et ailleurs, à se mobiliser par les moyens pacifiques pour une Ceni du peuple, gardienne de l’impartialité pour l’alternance. Le verdict des urnes n’en serait que plus crédible.

Nous les appelons à se faire enrôler, partout et leur promettons notre aide active quels que soient les candidats auxquels irait leur préférence ; par delà le vote, disposer de documents d’identité fiable relève de la marche individuelle vers l’épanouissement, l’éducation, la santé et la participation au devenir de la cité.

B. A présent, malgré l’optimisme de la volonté, n’évacuons la lucidité du pire :

1. Le pays, pour survivre, a besoin d’une véritable transition, en vue de réussir l’alternance socio-historique. Vous connaissez l’état de l’économie et des finances publiques, leur faillite retentissante, le délabrement des services de base, des infrastructures, la destruction de l’écosystème naturel, l’aplatissement de la conscience, de la rapine, de l’’arnaque, l’arrogance affairiste, le délitement de la vergogne, la corruption banalisée, le chômage érigé en évidence existentielle…..Comment voulez-vous qu’une telle ruine puisse accoucher d’un ré-enchantement national ?

2. Un autre symptôme inquiétant mérite mention: l’évolution lente et laborieuse de l’État de droit butte sur la résurgence de pratiques autoritaires qui favorisent la régression sur les acquis de 2005 à 2008 : les interdictions des partis et d’organisations non-gouvernementales, sur une base insolemment raciste, les poursuite et condamnation de contestataires, à des peines disproportionnées, précédées de détentions préventives, elles-mêmes assorties de tortures, la persécution du capital privé en concurrence avec les intérêts de l’oligarchie, la concurrence déloyale du sommet du pouvoir aux acteurs économiques, la banqueroute des sociétés et projets publics, la dilapidations des financements obtenus, de l’extérieur, en dons, subventions et prêts à long terme, l’opacité dans l’exploitation du sous-sol et des richesses halieutiques, les surfacturations de dépenses par des fournisseurs-prêtes-noms, bref, la normalisation de l’imposture..

3. Avant dernier thème, le tableau s’assombrit, chaque année, avec la surenchère obscurantiste des fatwas et normes liberticides ; pareille dérive, absolument inédite dans le récit de ce peuple esclavagiste mais naguère si tolérant, va à l’encontre de ses préceptes religieux, culturels et de sa diversité culturelle ; il est à la fois triste et confondant qu’au moment où l’inventeur du l’extrémisme violent, l’Arabie Saoudite, tourne le dos à de tels dogmes, nos dirigeants aventuriers y foncent, tête baissée, sans même s’embarrasser de la contradiction flagrante de leur participation au G5 Sahel. Pourquoi combattre le terrorisme si l’on se met à appliquer le programme des groupes terroristes ?

4. Enfin, dernier argument à l’appui de mes alarmes, j’attire votre attention sur la permanence de la tension hystérique avec le reste du monde, après une décennie d’aversion agressive envers l’opposition, les défenseurs des droits humains, les étrangers, les Etats voisins. A présent, le pouvoir, se livre à la falsification de l’histoire, dans une entreprise de braquage par effraction sur la mémoire collective ; il nous impose un nouveau drapeau, un hymne rafistolé, nous invente des épisodes de résistance anticoloniale et encourage la haine de la langue française, non sans pousser à l’invective des Ong internationales de promotion de la dignité humaine ; comme aux pires heures de la guerre froide, sa police expulse les journalistes et les bénévoles de l’action humanitaire, obsédé par le délire de l’espionnite aiguë où tant de tyrannies ont sombré. Le comble de l’hostilité compulsive réside dans les campagnes de dénigrement, contre les rapporteurs spéciaux au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu.

Mes amis, mes frères et compagnons de lutte, si le bilan et les perspectives que je dresse ici vous inspirent le doute, la divergence ou l’adhésion, sachez-le, je suis venus en discuter avec vous ; je suis venue chercher la contradiction sincère et frontale ; la foi chevillée au corps, en notre pays la Mauritanie, enfin réparée et debout, surtout ouverte à l’Autre, travailleuse, créatrice, libre, vouée à la joie, reconnaissante du mérite, émancipée de la médiocrité, m’a conduit devant vous.

Merci, encore, de m’avoir écouté. Débattons !

Source crédit: Réseaux IRA

Cérémonie de la présentation du livre:  » Plus jamais d’Esclavage; le Combat Pacifique de Biram Dah Abeid pour les Droits Humains en Mauritanie » à Rome le 9 mai 2018.

L

‘auteur de l’ouvrage est Maria Tatsos, est présente au siège de la Stampa Italiana, la maison d’édition qui habrite l’événement ainsi que les auteurs de la préface et de la postface de cet ouvrage sur la trajectoire de Biram Dah Abeid et de son organisation IRA-Mauritanie : le responsable de Amnesty-International Italie Giusepe Maimoune, et un universitaire anthropologue, spécialiste de l’esclavage, et ayant travaillé sur la Mauritanie.

La cérémonie ouverte par la vice-présidente de Stampa Italiana, et le modérateur, qui représente la maison d’édition Paoline, donne la parole au responsable d’Amnesty international. Ce dernier loue l’engagement de Biram Dah Abeid qu’il qualifie de défenseur de droits humains, incorruptible et plein d’abnégation, digne héritier de Nelson Mandela. Ricardo Noury met l’accent aussi sur la persistance de l’esclavage et la discrimination en Mauritanie et la nécessité de les éradiquer. Il fustige le fait que le gouvernement italien reçoit le ministre de la défense mauritanien, membre d’un gouvernement coupable de perpétuation de l’esclavage.

Maria Tatsos, l’auteur, décrit Biram Dah Abeid comme un Ghandi Africain dont la force des idées, des mots et des actions ont bouleversé la société mauritanienne; les fortes secousses que Biram Dah Abeid et son organisation ont infligé à la société, ont permis aux hratin, et aux autres cadets sociaux, naguère résignés et effacés, de prendre la parole et l’initiative. Tatsos rappela les péripéties de la confrontation idéologique et religieuse entre Hratin et Beydane à travers deux camps protagonistes: Biram Dah Abeid et IRA d’une part, érudits maures et pouvoir mauritanien d’autre part. L’écrivaine souligne que pour le moment, pouvoir et groupes dominants ont perdu la bataille médiatique, sur le plan diplomatique et à travers l’angle de la légitimité par le droit international; elle atteste aussi que la popularité grandissante dont jouit IRA et son président, au sein des populations mauritaniennes, dénotent de l’affaiblissement de l’emprise des groupes dominants sur le peuple, et surtout sur les franges hratin. Mais hélas, le rapport en images accompagné de forts commentaires, sur la situation de l’esclavage en Mauritanie, révèle la désolation, la persistance de l’esclavage domestique, l’esclavage foncier, les viols systématiques, la privation de l’État civil et l’énorme pauvreté. Maria Tatsos constate à travers son exposé que l’esclavage continue à sévir sous toutes ses formes, caché tant bien que mal, par les autorités mauritaniennes.

L’universitaire Giusepe Maimoune, fait remonter le début du militantisme anti-esclavagiste hratin en Mauritanie à 40 ans, date de la création de Elhor; mais pour lui le vrai défi posé à l’État Mauritanien, au sujet de la question de l’esclavage et des Hratin ou celle du racisme, c’est avec la création et l’activisme intérieur et extérieur de IRA. Pour Maimoune les actions, activités et discours téméraires de Biram Dah Abeid et ses compagnons, ont permis d’implanter IRA dans toutes les villes et tous les villages de Mauritanie; et que la Mauritanie a acquis une célébrité qui lui a tant manqué, grâce à la renommée internationale du leader d’IRA-Mauritanie et à la médiatisation de ses actions ou discours. L’universitaire italien a souligné que l’interdiction du mouvement IRA et le parti RAG qui en est une émanation, a limité l’efficacité de Biram Dah Abeid et ses compagnons; néanmoins, pour Maimoune, le score de 9 pour cent aux dernières élections présidentielles, est très bon et il considère que c’est autour de l’ouverture ou non du jeux démocratique en Mauritanie, que l’issue de la confrontation va se décider. Maimoune affirme que le bouleversement profond et globale que IRA et son président ont commencé à imprimer pour la Mauritanie, dénote que leur action est multiforme et dépasse le cadre d’une simple activité pour les droits humains, et vers une opération de changement sociétal et politique globale.

Allocution de Biram Dah Abeid

Aujourd’hui encore, je vis, avec vous, des moments où ma lutte, celle de mes compagnons, est magnifiée, en Italie, par la belle langue de ce peuple, héritier d’un empire et produit d’une bataille mémorable contre le fascisme, une autre forme d’esclavage, comme le rappelait le moins anonyme des Turinois, le prosateur de l’urgence, Primo Levi, dans son livre « Si c’est un homme ». Oui, nous avons choisi de devenir des hommes, debout, à l’inverse de son personnage, cet être résigné à son sort, orphelin même de la volonté de survie.
L’écrivaine Maria Tatsos, s’est investie pour vous rendre compte de notre longue marche et léguer, aux générations futures, la trajectoire des derniers témoins de l’esclavage de naissance dans le monde arabo-musulman. Maria, emboîte ainsi le pas, de la plus belle manière, à bien des figures de l’humanisme engagé dans votre pays. Aussi, citerais-je, entre autres compagnons de route, Ivana Dama, feu Marco Panella, Ricardo Noury et Giusepe Maimoune ; je n’oublierai, non plus, l’amitié admirable de Francesca Doria et de Marisa Sovoia.
Permettez-moi, s’il vous plaît, de rendre hommage à toutes les militantes et militants pour une Mauritanie de l’égalité ; compatriotes ou étrangers, ils ont maintenu, intacte, afin de la transmettre encore et toujours, la sève de l’universalisme en actes. Au nom de notre appartenance commune à l’espèce humaine, mon souvenir, empreint de fierté, va vers les mauritaniens, d’extraction esclavagiste ou descendants de maître, qui ont décidé l’éradication du système de privilèges par le sang ; d’autres, moins visibles, mènent, souvent de manière diffuse, des formes de refus et de résistance dont témoigne, aujourd’hui, l’écriture ardente de Maria Tatsos, un texte où le lecteur pressent la verve de Curzio Malaparte et beaucoup de Pier Paolo Pasolini, idéaliste de la transformation sociale.
Maria, chers amis, je dois me mettre à apprendre l’italien, pour ne plus me contenter des traductions vers l’Arabe et le Français. Grace à votre ouvrage, j’irai à la rencontre du plus albanais des Sardes, Antonio Gramsci dont les expressions « société civile », « intellectuel organique » et « hégémonie culturelle» décrivent tant notre combat. En relisant les « Cahiers de prison », peut-être découvrirais-je, enfin, le secret ambivalent des écrivains d’Italie, quand ils excellent à exposer la souffrance de l’Autre mais aussi en magnifier l’espoir, comme une forme de rachat, j’allais dire de rédemption, devant la cruauté de la vie.
Alors, oui, continuions, ensemble, à espérer et agir, sans trop rêver. Seul l’effort collectif paie.
Je vous remercie.

Crédit source: le président de Réseaux IRA

ALERTE À DAFORT: TENTATIVES D’EXPROPRIATION D’HÉRITAGE À CARACTÈRE ESCLAVAGISTE.

Depuis le 17 Avril 2018, plusieurs familles de notre communauté connues comme anti- esclavagistes et refusant le système humiliant de l’esclavagisme statutaire par le lada soninké, sont approchées par certains éléments issus de la féodalité villageoise. À ce jour 6 familles de la communauté GANBANAAXU DAFORT sont menacées de cette expropriation à caractère clairement esclavagiste.
Toutes ces familles font partie de celles qui se sont défaites du joug psychologique et social de l’esclavagisme statutaire soninké véhiculé par le système de ladalamaxu*. Comptant sur le régime coutumier et féodal sur le foncier, les féodaux aux mentalités esclavagistes veulent sévir contre des paisibles citoyens dans cette localité (Commune de Dafort) du Guidimagha faisant partie de l’arrondissement de Lahraj. Depuis plusieurs mois, les autorités régionales et nationales sont alertées sur les comportements agressifs incessants à l’endroit de la communauté citoyenne GANBANAAXU dans le corps social soninké du Guidimagha.
Encore une fois , nous faisons appel aux autorités administratives, aux organismes nationaux de défense des droits humains (CNDH ET TADAMOUN), aux organisations indépendantes (SOS-ESCLAVES, AMDH, AMEES, IRA-MAURITANIE, UVDS, ORGANISATION CONTRE LES DISCOURS EXTRÉMISTES, BIT ET D’AUTRES), sur ces tentatives d’expropriation foncière à caractère esclavagiste qui violent ouvertement la Loi mauritanienne en la matière et rentrent dans les dispositions pénales contenues dans la loi 2015-031 qui criminalise les pratiques esclavagistes en Mauritanie. Notamment les articles suivants :

Article 12 : Quiconque s’approprie les biens, les fruits et les revenus résultant du travail de toute personne en la considérant esclave ou extorque ses fonds est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

■Article 14: Quiconque prive frauduleusement d’héritage toute personne, en considérant qu’elle est esclave, est punie d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante milles (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.
Également les autorités compétentes doivent prendre leurs responsabilités face à cette situation sensible à l’approche de la saison de pluies. Nos éléments sont plus que jamais déterminés de poursuivre l’exploitation de leurs parcelles de terres agricoles léguées en héritage par leurs ancêtres depuis plus d’un siècle bientôt.
Pour rappel sur le foncier, il est précisé ; juridiquement les textes sont clairs sur la question foncière en Mauritanie. L’article premier de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale stipule que : « La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie » et l’article 3 du même ordonnance dispose que : « Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli »

*ladalamxu : un système de rapports sociaux basés sur une subordination à caractère esclavagiste chez les soninké.

Lettre ouverte mise en copie et remise à qui de droit

DAFORT le 7 Mai 2018
COMMUNAUTÉ GANBANAAXU DAFORT

MAURITANIE : A QUOI SERVAIT-IL DE BRULER LES LIVRES DE L’INFAMIE ?

Piqûre de rappel aux oublieux

Le 27 Avril 2012, moi-même Biram Dah Abeid et quelques rares compagnons de lutte exécutions, à Nouakchott, l’incinération publique d’opuscules dits de « droit musulman » qui légitiment et organisent dans le détail, les règles d’usage de l’institution esclavagiste. Grâce à la solennité symbolique de la transgression, l’acte, consubstantiel de l’engagement à défendre la dignité des gens, voulait lever le tort, multiséculaire, aux multitudes des descendants de forçats.

I. L’enjeu

Cette littérature, à la fois empreinte de piété sélective et de racisme, explique au fil des siècles, comment jouir du travail d’un humain hérité ou acheté, le transmettre par succession, le vendre et abuser sexuellement de femmes acquises sous un tel statut. Les manuels, transmis d’une génération de bourreaux à la suivante, façonnent, encore, la formation juridique de magistrats, d’auxiliaires de justice, de gendarmes, de policiers et de fonctionnaires de l’administration territoriale. Le corpus ainsi dupliqué à l’infini cimente l’idéologie de la supériorité ethnique, derrière le bouclier de la référence sacrée à l’Islam. En 2018, l’Etat mauritanien autorise et subventionne la promotion de cette prose du mépris, pendant les cycles de formation de certaines catégories de ses agents. Les établissements d’éducation à vocation confessionnelle continuent à endoctriner des milliers de jeunes à l’inégalité par ascendance, violant alors l’esprit et la lettre du Coran.

Dès la commission de l’acte subversif du 27 avril, d’ailleurs sans précédent dans l’histoire de la Mauritanie, la mouvance des tenants de la conservation, du privilège et de la naissance hiérarchique se mit à différer ses contradictions, pour exiger la mise à mort des contrevenants. Excommunication et appels au meurtre résonnaient dans les mosquées, les écoles religieuses, des états-major des partis politiques, la rue et jusqu’à l’intérieur des édifices sous l’autorité du gouvernement. Particulièrement virulente, la société maure, par delà ses clivages et discordes tribales et politiques, se mobilisa en manifestations plus ou moins spontanées, avec la certitude d’obtenir l’éradication de la dissidence. Tous les arguments, depuis archivés, exigeaient une leçon exemplaire contre les « ennemis de la foi », fossoyeurs de présumés commandement du Ciel, dont le caractère immuable ne souffrirait de contestation, sous peine de précipiter l’Apocalypse. Il s’en trouva même, y compris parmi les officiels, à déclarer, ces ouvrages d’imposture, partie intégrante de la Charia et, partant, supérieurs aux instruments de droit international, dûment ratifiés.

II. Les conséquences

Il fallait porter un coup décisif à la compacité de l’idéologie essentialiste, la déstabiliser au noyau de sa reproduction, en somme la stériliser à la source de son délire. Ainsi fut fait, en plein jour, devant des centaines de témoins, à la sortie de la prière du vendredi. Nous agissions en musulmans certes mais, d’abord, sous la dictée de notre appartenance à l’espèce humaine. Dès lors, l’ébréchure occasionnée à l’intérieur du système de domination, ne cesse de s’amplifier ; elle devient béance, désarroi et panne de riposte, devant la détermination des abolitionnistes à multiplier les assauts au cœur de la matrice où l’esclavage s’élabore comme norme et imaginaire social. Aujourd’hui, la résignation des parias et des cadets sociaux mue en audace, que porte l’enthousiasme d’une espérance, à portée de réalisation. La tromperie de l’instrumentalisation religieuse ayant cédé, le bloc hégémonique ne mène plus qu’une bataille de tranchées – perdue d’avance – quand il s’obstine à défendre son intégrité dans le déni, la falsification et l’esquive. Peu importe le temps dilapidé chez l’oppresseur avant la conscience de sa défaite, les Hratin et autres noirs de Mauritanie s’émancipent de son emprise mentale. Ils ont appris combien la dénomination « République islamique » et les slogans dérivés servaient de liant à une imposture multidimensionnelle ; la fabrique de mensonges, en cours de péremption, prive les mauritaniens de filiation subsaharienne, et autres cadets sociaux, de leur droits naturels, les marginalise du projet de construction nationale et les maintient dans la posture de spectateurs, à la diète de l’économie générale de la prébende ; depuis toujours affamés, sous-éduqués et subalternes perpétuels, ils désertent désormais les géographies de seconde zone et revendiquent leur part à la citoyenneté pratique, point celle du credo lénifiant sur la fraternité entre les fidèles. Hier nous avons été humiliés et blessés au prétexte erroné de la religion et aujourd’hui l’on prétend anesthésier, par le même instrument, notre aspiration à exiger l’équité, le respect, le partage et la fin de l’apartheid économique, social et matrimonial. Une autre victoire consécutive se vérifie dans le nombre croissants de Maures, à présent en phase avec la lutte, du moins dubitatifs sur la viabilité de l’ordre forgé par les strates de la discrimination. Leur concours, que sa rareté valorise d’autant, renforce l’hypothèse d’une conclusion apaisée au contentieux.

Je ne pourrai finir cette adresse sans souhaiter la bienvenue à mes collègues africaines et africains mais aussi défenseuses et défenseurs de droits humains de toutes nationalités réunis à Nouakchott pour la 62è session de la Commission Africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Nous prenons à témoins les membres et affiliés à cette prestigieuse institution qui ont observé de loin et pendant plusieurs décennies la perpétuation de la traite des Noirs, de l’esclavage par la naissance, les perpétrations de tentatives d’épuration ethniques et d’oppressions systématiques contre les autochtones et personnes d’ascendance africaine. Je vous interpelle pour vous dire qu’il est temps de dénoncer l’apartheid non-écrit implanté en Mauritanie

III. La perspective

C’est cet anniversaire que nous célébrons, le 27 avril 2018, forts de sa justesse et résolus à repousser les limites de l’avantage non-violent, pour une Mauritanie de la modernité et de l’ouverture au monde, loin des mirages de l’extrémisme, de la haine de l’Autre et de la défiance envers les droits universels de la personne.

Sans l’égalité, nous ne vivrons jamais en paix, au risque d’un génocide, hélas possible dans les deux sens.

Paris 27/04/2018

Biram Dah Abeid

Président d’IRA – Mauritanie

IRA-MAURITANIE : DÉCLARATION

Le BASEP empêche des militants d’accéder à la 62ème Session de la Commission Africaine des Droits humains et des Peuples à Nouakchott (Mauritanie)

Ce mercredi 25 avril 2018 s’est ouverte à Nouakchott (Mauritanie) la 62ème Session de la Commission Africaine des Droits humains et des Peuples au Palais des congrès où l’accès est contrôlé par le BASEP (Bataillon de la Sécurité Présidentielle) depuis le coup d’Etat militaire de 2008 conduit par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, encore au pouvoir à Nouakchott.
A la grande surprise, les dirigeants d’IRA – Mauritanie Balla Touré et Dah Boushab, bien munis de cartes d’invitation remises par la commission d’organisation de la session, ont été interdits d’accès au Palais des congrès par des éléments du BASEP. Cela a été le cas de madame Aminetou Mint El Mokhtar, présidente de l’Association mauritanienne des Femmes Chefs de Familles (AFCF), mais aussi de l’ex Colonel Oumar Ould Beibacar.
IRA – Mauritanie, rejetant la tentative de la hiérarchie militaire mauritanienne de mettre au pas le mécanisme africain des Droits humains :
– Proteste vigoureusement contre l’exclusion dont les militants des Droits humains ont été victimes,
– Appelle l’ensemble des représentants africains et mauritaniens de la société civile présents à la 62ème session à se solidariser avec les militants exclus et qu’à l’issue de la session à produire des résolutions fermes sur la République Islamique de Mauritanie où les violations de Droits humains (esclavage, racisme d’Etat, exclusion, torture et spoliation des libertés individuelles et collectives) sont devenues, malheureusement banalisées,
– Et réitère sa position ferme de continuer la lutte pour les Droits humains en Mauritanie et cela, pacifiquement mais sans concession.

Fait à Nouakchott, le 25 avril 2018

La Commission de communication

Communiqué de presse: l’apologie, force à la Loi contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie.

Par un verdict de première instance devant le tribunal (spécialisé sur les cas d’esclavage) d’Arafat à Nouakchott, monsieur Tapa Coulibaly a été condamné à 1 an d’emprisonnement ferme et une amende salée d’environ 460 milles ouguiyas. Lancé dans une campagne injurieuse et incendiaire faisant l’apologie de l’esclavage et ses séquelles sur les réseaux sociaux (au sein d’un groupe des féodaux réactionnaires soninkés appelé abusivement democratia islamique), cet individu a été rattrapé par son comportement provocateur répétitif ce lundi 23 Avril 2018 à la suite d’une plainte introduite par les milieux abolitionnistes notamment l’ONG contre les discours extrémistes depuis quelques temps. Pour rappel, depuis plusieurs mois par nos différents communiqués, nous avions alerté les autorités mauritaniennes sur les discours apologistes récurrents de l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés. Longtemps entouré et protégé par des féodaux extrémistes qui défient les dispositions de la Loi antiesclavagiste (Loi 2015-031 , article 19) en vigueur en Mauritanie, il se croyait inatteignable. On apprend qu’il a fait appel du verdict et nous suivons de près l’évolution de son cas judiciaire et l’identification du monde féodaloesclavagiste qui l’instrumentalise. Aujourd’hui l’ordre féodal intracommunautaire soninké se radicalise de plus en plus. Des citoyens paisibles sont harcelés et provoqués parce qu’ils osent refuser le statut social d’esclave dans la communauté surtout dans les localités rurales .
Par ailleurs nous saluons ce verdict qui dénote une prise en compte de la menace que représente la féodalité aujourd’hui dans certaines communautés noires en Mauritanie. La rigueur de la Loi saura contenir certains comportements et discours qui portent atteinte à la mémoire ancestrale de certains parmi nous et à leur DIGNITÉ HUMAINE.

Pour la communication ARMEPES-FRANCE et GANBANAAXU FEDDE

24 Avril 2018

Exclusif: le jeune activiste mauritanien Abdel Nasser Beibe répond à nos questions.

Le jeune mauritanien qui s’est confié gentillement en répondant à nos 10 questions, n’est pas un inconnu au sein de la jeunesse militante mauritanienne. Activiste à l’esprit ouvert et aux multiples casquettes, l’homme est un habitué des rencontres internationales sur différents domaines. Très actif sur les réseaux sociaux, Abdel Nasser Beibe ne passe pas inaperçu sur la scène nationale et internationale et a l’étoffe d’une personnalité publique d’envergure qui pèsera davantage dans l’avenir.

SONINKIDEES-J’OSE ▪Question 1 : Qui êtes-vous ? Pouvez-vous vous présenter brièvement à vos lecteurs ?

Abdel Nasser Beibe : Abdel Nasser Beibe est un citoyen du monde avec un passeport Mauritanien, activiste, syndicaliste, journaliste et acteur de la société civile .

Question 2 : vous êtes un activiste aux multiples casquettes sur la scène nationale et internationale , comment vous vous définiriez, homme politique ou militant de la société civile?

ANB : L’homme politique est celui qui pratique la politique autrement dit l’art du possible, par contre le militant de la société civile est celui qui sert et non se sert .

Question 3 : Quelle lecture faites-vous de la vie politique de notre pays actuellement?

ANB : Notre pays est actuellement devant une crise politique très compliquée et qui a besoin d’un sacrifice par le régime et l’opposition afin de sauver le pays, et la seule solution c’est un dialogue urgent et sérieux .

Question 4 : Vous suivez le cas de l’ex sénateur Ould Ghadda emprisonné , quel est l’état de son dossier aujourd’hui?

ANB : Le sénateur Ould Ghadda a été arrêté pour des raisons politiques à cause de son opposition et sa campagne contre les amendements constitutionnels au niveau des conseils des … , et il suffit de savoir qu’il est en prison depuis plus de 250 jours sans être jugé car il parait que le régime est incapable de présenter des preuves en cas de jugement, et c’est qui peut ouvrir d’autres dossiers politiques .

Question 5 : Quelle est votre analyse sur les problématiques liées aux pratiques esclavagistes d’une manière générale en RIM?

ANB : L’esclavage existe toujours en Mauritanie, il y’a eu une amélioration à cause des efforts des différents militants depuis le mouvement de El Hour jusqu’au IRA, mais le phénomène continue à exister car les lois ne sont pas appliquées réellement sur le terrain, aussi les différents régimes depuis l’indépendance n’ont pas fait les efforts nécessaires pour arrêter l’esclavage et punir les esclavagistes.

Question 6 : il y’a quelques années, vous aviez été refusé d’entrée aux USA, pouvez-vous nous en dire sur la suite de cette mesure?

ANB : Aout 2016, j’ai été expulsé par les autorités Américaines à l’aéroport de détroit après avoir découvrir la photo d’un roman qui s’appelle mon amoureux de Daech dans mon téléphone portable, et pendant les enquêtes, qui ont duré plus de six heures de temps, je les ai expliqué que le roman n’est qu’une histoire qui critique le groupe terroriste, mais les policiers ont pris la décision de l’expulsion en me donnant le choix de reprendre le visa après mon retour, mais après mon retour l’ambassade m’a dit qu’elle ne pourrait pas réagir que avant l’expulsion à l’aéroport .
Apres quelques semaines, j’ai consulté des avocats Americains qui m’ont confirmé que mon nom ne peut pas être sur une liste noire ou bloqué d’entrée aux Etats-Unis au futur .

Question 7 : si vous devenez président de la république aujourd’hui en RIM, quelles seraient vos 3 premières décisions phares ?

■ANB : Si je deviens un président de la république de la Mauritanie, mes premières trois décisions seront :
• L’expulsion des militaires de la scène politique et les faire retourner à leur camps.
• Le jugement de tous les criminels de l’histoire du pays, y compris les politiciens corrompus
• La résolution de l’affaire des soldats noirs pendant années 89 et 90

Question 8 : Pour que la RIM soit un trait d’union idéale entre le monde arabe maghrébin et l’Afrique Noire, que faudrait-il faire concrètement en matière politique, culturelle et économique ?

ANB : La Mauritanie est un pays arabe maghrébin et Africain, c’est une réalité, et c’est un acquis pour nous donc on doit profiter de notre position géographique, en sachant que la relation avec la zone arabe ou la zone de l’Afrique noire, surtout l’Afrique de l’ouest, est intouchable .

Question 9 : vous êtes un habitué des événements mondiaux réunissant la jeunesse internationale, quels enseignements faites-vous de ces rencontres pour la jeunesse mauritanienne ?

ANB : Les événements mondiaux qui réunissent la jeunesse sont une occasion de présenter le pays, sa jeunesse, sa culture et sa diversité, et d’habitude lors de ma participation dans chaque événement je partage cette expérience avec tous les jeunes par les réseaux sociaux et même parfois au terrain en transférant leur messages et recommandations.

Question 10 : Quelles projections avez-vous concernant d’agenda politique de notre pays, notamment les échéances électorales 2018 et 2019 ?

ANB : Notre pays est devant une période historique pour arriver à l’état d’égalité et de justice, donc on a besoin de sacrifice par les militants, la situation jusqu’au maintenant confirme que ces élections ne seront pas différentes des précédentes et continueront à garder les militaires au pouvoir, donc j’espère qu’il y’aura plus de militantisme et sacrifices par nos militants .

Entretien soumis par K.S pour SONINKIDEES-J’OSE LE BLOG

L’ecrivaine Italo-greco-arménienne Maria Tsatos, publie son ouvrage sur la vie militante de Biram Dah Abeid.

Au cours d’une cérémonie solennelle, dans la capitale italienne, Rome, le public est convié le 9 mai 2018 à assister au lancement de la distribution de l’ouvrage que Maria Tsatos à consacré à la pensée, l’action et les méthodes militantes du leader abolitionniste mauritanien. Le livre vient de paraître en Italien un livre , l’ouvrage et représente la moisson de deux années de recherches sur la trajectoire de lutte du président des réseaux IRA-MAURITANIE dans le monde .Le livre est préfacé par Riccardo Noury porte parole Amnesty international Italie, soutien et ami de BDA depuis 2009 et la contribution en poste-face de Guiseppe Maimoine, chercheur et professeur d’université, spécialisé dans l’esclavage, intervieweur de BDA et analyste de l’impact de IRA sur la société mauritanienne, depuis plusieurs années.

Le titre de l’ouvrage « Plus jamais de l’esclavage  » puis sous titré « Biram Dah Abeid et sa lutte pacifique en faveur des droits humains « . Il ressort du livre que le président Biram Dah Abeid est l’homme qui a donné le courage aux militants abolitionnistes de continuer à se battre contre l’esclavage et le racisme en Mauritanie, en bravant les dangers, en surmontant les coups et grâce à la dissemination et la preservation de l’originalite et de l’identite militante d’IRA-MAURITANIE. Selon Maria Tatsos, l’un des apports fondamentaux de BDA, est qu’il a fait renaître l’espoir rageur chez les esclaves et leurs descendants de pouvoir concéder des sacrifices et libérer, pacifiquement . Le livre a été publié, disponible dans les librairies et sera présenté au grand public bientôt ce 9 mai 2018.

Source crédit: Sources proches du président BDA de réseaux IRA