● Communiqué de IRA-Belgique sur la levée de l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid


23 février 2024

L’Etat mauritanien retire l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid

Le 20 février, à 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, le bureau de l’Assemblée nationale lève l’immunité du député Biram Dah Abeid, figure de proue de l’opposition.

En cause : la plainte déposée par le chef du parti de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Mouloud, contre Biram Dah Abeid pour diffamation et abus. Dans un clip vidéo, Biram Dah Abeid dénonçait le soutien financier dont avait bénéficié  ce candidat de la part de l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou lors de l’élection présidentielle de 2019.

L’élection présidentielle de juin 2024 attise les tensions entre le pouvoir et l’opposition largement représentée par le député Biram Dah Abeid au sein du parti Sawab. Tous les moyens sont bons pour discréditer les forces démocratiques qui  de plus en plus sapent les fondements du pouvoir en place. La levée de l’immunité parlementaire d’un député dérangeant est la première étape. Quelle sera la suite ?

Fidèle à ses convictions de démocrate, Biram Dah Abeid avait signalé, il y a quelques jours, qu’il ne se portait pas candidat à l’élection présidentielle de juin mais qu’il attendait la décision collégiale des partis d’opposition pour désigner celui ou celle qui mènerait le combat. Preuve s’il le fallait encore que, contrairement à ce que ses détracteurs affirment, Biram Dah Abeid œuvre pour l’accession de son pays à une réelle démocratie et non pas pour satisfaire des souhaits individuels.

Mi-février, il se rendait à Rkiz, à 50 kms de Rosso, pour soutenir les Haratines spoliés de leurs terres par leurs maîtres avec la connivence des autorités. Depuis des générations ces populations d’esclaves affranchis travaillaient les terres de Maures blancs de la tribu Tajakant. Dans le cadre du projet d’aménagement de cette région et du lac Rkiz, la répartition des terres a démontré que l’Etat a pris le parti de la féodalité arabo-berbère.
Malgré leurs revendications et l’emprisonnement des protestataires, sur les 106 hectares à répartir, les Haratines n’en ont reçu que 26.

Sur tous les fronts, l’engagement de Biram Dah Abeid est celui d’un pacifiste, convaincu de ses droits, de ses positions. Ce qui lui vaut parfois le surnom de Mandela mauritanien.

Réagissant à sa levée d’immunité parlementaire, Biram Dah Abeid a déclaré :
« Je promets au peuple mauritanien que je vais défendre le libre jeu démocratique en train d’être attaqué par un système qui n’a pas confiance en lui. Maintenant la confrontation c’est entre nous et le pouvoir. C’est une bataille pour l’alternance en Mauritanie, pour l’effectivité de la démocratie ». Et d’indiquer que la lutte sera menée devant les tribunaux et jusque dans les fins fonds des prisons.

A 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, pouvoir et opposition commencent à fourbir leurs armes.


Contact : Jeddou Abdel Wahab, Président de l’IRA Belgique.
Tel : 0492 504 092 wjeddou@gmail.com

🔴🇲🇷Flash Info | L’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid annoncée levée !

Ce mardi 20 février 2024, les canaux médias sociaux en Mauritanie sont en ébullition sur un événement qui interroge l’opinion publique et les observateurs de l’arène politique. Il s’agit de l’annonce de la levée expresse de l’immunité parlementaire du député national M. Biram Dah Abeid (Sawab -Rag/IRA). Ces derniers jours, le président du parti UFP (Union des Forces de Progrès) et ses lieutenants communiquent autour d’une sortie médiatique du député abolitionniste qu’ils qualifient de diffamatoire et de calomnieuse sur la personne M. Mohamed Ould Maouloud. Ainsi une plainte est enclenchée contre le leader anti-esclavagiste mauritanien et d’après la substance d’un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/fzoRf8qyge2B356G/  de M. Lo Gourmo (avocat de Maouloud et vice-président UFP), cette histoire vient lui de coûter son immunité parlementaire.

Dans une note vocale, le candidat indépendant par 2 fois aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé 2ème) , laisse entendre l’enclenchement de la procédure au bureau de l’assemblée nationale et que les vrais adversaires sont les tenants du système. Et que Ould Maouloud et Lo Gourmo jouent un rôle qui leur a été assigné par ce dernier. Déclarant défendre la démocratie, le président d’IRA-Mauritanie note qu’il est prêt à la confrontation devant les tribunaux et même dans les prisons. Par ailleurs il a salué la proposition d’intermédiaire du parti Ajd/Mr entre lui et le camp de Mohamed Ould Maouloud, tout en précisant qu’il n’y a plus rien à faire dans ce sens.

Cette affaire est une énième turbulence dans l’arène des « oppositions politiques » à quatre mois de la présidentielle (Juin 2024) et que le député abolitionniste est en pleines consultations pouvant mener à une éventuelle troisième candidature à la présidence.

Nous tenons à exprimer un soutien fraternel au président Biram Dah Abeid. Avec cette levée précipitée de son immunité parlementaire annoncée par différents canaux médias sociaux, cette plainte au nom du président Ould Maouloud prend une autre tournure et pourrait être édifiante sur sa nature et ses visées profondes dépassant même les intentions du plaignant. À suivre…

🖋KS pour le BLOG

● Mauritanie, Tunisie : Kaïs Saïed attendu à Nouakchott

Africa Intelligence – D’ordinaire peu porté sur les déplacements officiels en Afrique, le président tunisien va prendre la direction de la capitale mauritanienne fin février, dans un contexte de tensions régionales.

Sauf changement de dernière minute, le président tunisien, Kaïs Saïed, devrait se rendre à Nouakchott d’ici à la fin du mois de février. Lors de cette visite officielle, il s’entretiendra notamment avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani.

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● Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine publient une déclaration conjointe sur l’immigration

Taqadomy – Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine ont publié une déclaration conjointe sur l’immigration clandestine des jeunes mauritaniens vers les États-Unis.

Cette déclaration est consécutive à l’organisation d’une conférence internationale sur les migrations à Nouakchott sous le thème « Comprendre la migration et construire un avenir prometteur en Mauritanie : défis et possibilités ».

Le texte affirme l’engagement des parties à relever les défis migratoires et à promouvoir la stabilité, d’autant que durant l’année dernière l’augmentation du nombre de Mauritaniens arrêtés à la frontière sud-ouest des États-Unis était notoire.

Le communiqué indique que l’ambassade des États-Unis à Nouakchott a pris certaines mesures, telles que la coordination avec les organisations de la société civile pour organiser des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’immigration clandestine, la publication d’articles répondant à des questions importantes liées à la problématique, l’organisation d’interviews avec la presse, en fournissant des fonds aux jeunes dans le domaine du leadership et des compétences professionnelles, et en offrant des bourses d’études aux ONG locales.

Les participants à la conférence sur l’immigration ont affirmé leur conscience du grand défi que le phénomène pose à la Mauritanie et de son impact sur la société et l’économie, notamment la fuite des cerveaux et la dispersion des familles, selon la déclaration.

Les participants ont alerté sur les multiples risques auxquels les migrants en situation irrégulière sont susceptibles d’être confrontés au cours de leur voyage, tels que la menace de traite des êtres humains, le vol, les violences physiques, les violences basées sur le genre et l’exposition aux gangs.

Le communiqué a évoqué les investissements américains en Mauritanie, soulignant l’engagement américain en faveur de la jeunesse et du développement économique à travers des programmes tels que Tamkeen et Nafouri de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Le communiqué souligne l’engagement de l’ambassade à soutenir les étudiants et jeunes professionnels mauritaniens, à travers divers programmes, notamment en offrant des opportunités de formation et d’études aux États-Unis.

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● L’armée mauritanienne intercepte un élément armé qui a franchi la frontière [Le Quotidien de Nouakchott]

Le Quotidien de Nouakchott – Dans un acte de vigilance remarquable, les forces armées mauritaniennes ont réussi à intercepter et à expulser un élément armé qui avait franchi les frontières du pays.

Selon un communiqué officiel publié par l’armée mardi 13 février et qui n’a pas précisé la composition de cet élément, cet événement s’est produit dans les environs de la localité Nbeiket Lahwach, située à la frontière orientale de la Mauritanie.

La déclaration précise qu’une unité de l’armée nationale, positionnée stratégiquement aux frontières pour la surveillance, a détecté l’entrée de cet élément armé sur le territoire national dans la soirée du 13 février.

La réactivité et l’efficacité de l’unité en question lui ont permis de suivre, d’intercepter et finalement de repousser cet élément intrusif hors des limites territoriales du pays.

Cette intervention souligne l’engagement continu des forces armées mauritaniennes dans la protection de l’intégrité territoriale et la sécurisation des frontières contre toute forme de menace. L’opération réussie contre l’élément armé démontre non seulement la capacité de l’armée à maintenir la sécurité nationale, mais aussi son aptitude à agir rapidement et efficacement face à des situations imprévues.

La vigilance accrue aux frontières est d’une importance capitale pour la Mauritanie, située dans une région confrontée à des défis sécuritaires, notamment le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Cette dernière action de l’armée mauritanienne s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures prises pour renforcer la sécurité et prévenir toute intrusion susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans le pays.

L’incident ne rapporte aucun affrontement ni victime, ce qui témoigne de la maîtrise et de la professionnalité des forces armées dans la gestion de telles situations. Les autorités militaires mauritaniennes restent en alerte maximale, prêtes à intervenir pour défendre la nation contre toute menace externe.

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🔴Mauritanie : Les évènements de Rkiz | La communication de l’association Ganbanaaxu Fedde et Armepes-France

Ces derniers temps, les images montrant des graves blessures sur des personnes d’ascendance dite esclave et des militants anti-esclavagistes abondent dans les réseaux sociaux et dans différents communiqués de l’association abolitionniste IRA-Mauritanie. En effet à Rkiz (Région de Trarza) une affaire d’expropriation des terres par la haute sphère tribale au détriment de gens considérés comme de relégués sociaux, qui défraie l’actualité est à son paroxysme. Selon différentes sources rapportées par des Ong abolitionnistes, un ordre tribal local en connivence avec des relais politico sécuritaires de l’Etat, sévit contre des membres de la communauté haratine qui tiennent à leurs parcelles de terres dans cette localité. Le député national M. Biram Dah Abeid et ses collègues du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie sont sur le terrain auprès des victimes qui font face à des graves violations des droits humains,  notamment avec une violente répression policière ces derniers jours. Par ailleurs il y a eu des menaces proférées par un ténor tribal via des notes vocales contre la personne du député Biram parce qu’il plaide la cause de victimes de ces expropriations.
Ainsi nous, l’association Ganbanaaxu Fedde, Armepes-France et partenaires, tenons à :
– exprimer notre solidarité avec les victimes  de Rkiz grièvement blessés et leur souhaiter prompt rétablissement,
– dénoncer les violences perpétrées par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens pacifiques qui réclament leurs droits légitimes et les menaces sur la personne de l’honorable député Biram Dah Abeid,
– interpeller les hautes autorités mauritaniennes sur les problématiques liées au foncier notamment la tenure féodalo-esclavagiste qui prévaut injustement dans différentes localités de notre pays,
– signaler que le cas de Rkiz est une donnée symptomatique d’une injustice qui affecte les descendants d’esclaves concernant le foncier et les pouvoirs publics voguent dans une certaine duplicité par rapport à l’application juste du code foncier réactualisé. Les descendants d’esclaves doivent être considérés comme des citoyens de plein droit et non encartés comme une propriété d’une tribu quelconque qui les sous-traite socialement, administrativement et politiquement et bafoue leurs droits légitimes.

10 février 2024

Ganbanaaxu Fedde Mauritanie, Armepes-France et partenaires.

Photos jointes : crédit par les militants abolitionnistes IRA-Mauritanie

● Communiqué de Mauritanian Network for Human Rights in US sur les événements de R’kiz

Senalioune – Au cours de la première semaine de février 2024, la localité de R’kiz, dans la région de Trarza, a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les paysans descendants d’esclaves.

Ces troubles ont éclaté à la suite d’une redistribution contestée des terres cultivables, perçue comme injuste par les paysans, qui accusent les autorités de favoriser la féodalité locale au détriment de leurs droits légitimes.

Les affrontements ont entraîné plusieurs arrestations, y compris celles de militants des droits de l’homme venus soutenir les paysans dans leur lutte pour la justice foncière. Des événements similaires avaient été observés dans les localités de Ŋawle et Ferralla quelques années plus tôt.

De plus, des enregistrements audio attribués à un chef de tribu local ont révélé des menaces de mort publiques à l’encontre du député Biram Dah Abeid, un acte inacceptable constituant une atteinte grave à la liberté d’expression et à la sécurité des défenseurs des droits de l’homme.

Cette situation reflète une tendance alarmante d’accaparement des terres rurales en Mauritanie, où des individus influents liés au pouvoir exploitent leur position pour spolier les populations autochtones de leurs terres, souvent avec la complicité des représentants de l’État. Ces pratiques non seulement violent les droits fondamentaux des paysans, mais elles menacent également la stabilité et la paix civile dans le pays.

Mauritanian Network for Human Rights in US condamne fermement toutes ces violations des droits de l’homme et appelle les autorités compétentes à agir immédiatement en prenant les mesures suivantes :

Mettre fin à l’accaparement injuste des terres de la paysannerie à R’kiz et à travers tout le territoire national, en enquêtant sur les pratiques de spoliation et en punissant les responsables, y compris les représentants de l’État complices.

Engager des poursuites judiciaires contre l’individu ayant proféré des menaces de mort à l’encontre du député Biram Dah Abeid, afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les représentants élus et défenseurs des droits de l’homme.

Libérer immédiatement tous les manifestants emprisonnés et veiller à ce qu’ils recouvrent l’intégralité de leurs droits, y compris le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Mauritanian Network for Human Rights demeure vigilant et engagé dans la défense des droits fondamentaux de tous les citoyens mauritaniens, et continuera à surveiller la situation de près, en collaboration avec les organisations nationales et internationales compétentes, jusqu’à ce que justice soit rendue et que ces violations cessent définitivement.

Mauritanian Network for Human Rights in US,

Le 09 Février 2024

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● L’Union européenne va payer la Mauritanie pour garder les migrants [Ouest-France]

Ouest-France – L’accord signé par l’Union européenne et la Mauritanie jeudi doit officiellement développer les relations économiques. C’est en fait pour bloquer les migrants que Nouakchott va recevoir de l’argent européen.

Officiellement, c’est un accord sur les relations économiques entre la Mauritanie et l’Union européenne. Mais le déplacement de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez et d’Hans Leitjens, le directeur de l’agence de contrôle des frontières européennes Frontex, dit autre chose. C’est bien un accord migratoire que les Européens sont allés chercher à Nouakchott.

La Mauritanie est un des pays du Sahel les plus stables dans cette région gangrenée par les attaques djihadistes et avait déjà signé avec l’Espagne un accord bilatéral (2003) de rapatriement des clandestins.

Ce pays accueille actuellement 150 000 réfugiés ayant fui l’insécurité régnant au Mali et est devenu un pays de transit pour rejoindre l’Europe. « La Mauritanie est un pays de transit qui connaît aussi une augmentation des départs de migrants depuis sa côte vers l’Espagne », explique Camille Le Coz, directrice associée au centre de recherche Migration policy institute et membre du réseau Désinfox migrants.

L’ex-général et président (depuis 2019) Mohamed Ould el-Ghazouani va obtenir pour son pays de nombreux fonds européens. 22 millions d’euros de plus pour son armée, le financement d’un grand projet routier le long de la côte entre Nouakchott et Nouâdhibou (deuxième ville du pays) ainsi que celui d’une ligne à haute tension de 1 400 km, allant de la capitale à Néma dans l’Est, avec une centrale solaire à Kifa. Surtout, la Mauritanie va recevoir 210 millions d’euros pour la gestion de la migration.

« La question qui se pose est de savoir les conséquences pour les migrants non mauritaniens : seront-ils renvoyés vers leurs pays ou pourront-ils rester sur place si leur bateau est intercepté ? », s’interroge Camille Le Coz. « Comme pour le Niger, il va être demandé aux autorités de Mauritanie de démanteler les réseaux locaux de passeurs. »

L’accord avec Erdogan avait ouvert la voie

Depuis 2015 et la crise migratoire, les Européens ont réalisé l’impossibilité de fermer complètement les frontières aux migrants et réfugiés. D’autant plus que les dirigeants nationaux de l’UE ne veulent pas mettre d’argent pour aider les pays européens en première ligne au sud ou pour créer réellement une police européenne de frontières ainsi que pour permettre l’accueil des migrants sur l’ensemble du territoire européen.

En parallèle d’une politique de plus en plus répressive à l’encontre des migrants qui arrivent sur les côtes européennes, les Européens ont signé des accords avec les voisins du sud. Le premier à en avoir fortement bénéficié a été la Turquie d’Erdogan en 2016. Le marché, négocié en première main par la chancelière allemande Angela Merkel, était simple : il empêchait les migrants de partir contre de l’argent et reprenait ceux non éligibles à l’asile. Six milliards d’euros. En 2021, les Turcs ont obtenu une rallonge de trois milliards d’euros.

Si cet accord a limité considérablement le nombre de réfugiés arrivant illégalement en Europe en provenance du sud-est de l’Europe, les autres routes migratoires, notamment vers l’Italie et l’Espagne, se sont développées. Frontex a enregistré 380 000 franchissements irréguliers des frontières en 2023, le chiffre le plus élevé depuis 2016.

Un autre accord tenté avec la Tunisie

La Commission a signé en juillet 2023, en présence des chefs de gouvernements italien et néerlandais (Giorgia Meloni et Mark Rutte) un accord à Tunis pour un « partenariat stratégique » , le même vocable qu’avec la Mauritanie. Officiellement pour développer l’économie locale. Las, l’autoritaire président tunisien Kaïs Saied a rejeté en octobre les 127 millions d’euros de l’UE. Car les Européens n’amenaient en réalité que la moitié de cet argent, l’autre partie étant la réaffectation de crédits déjà prévus.

Mais Ursula von der Leyen a bien redit en septembre 2023 lors de son discours annuel devant le Parlement européen qu’elle travaillait « à des accords similaires avec d’autres pays ». Du reste, les États membres n’attendent pas la Commission. L’Italie a ainsi signé en novembre dernier un accord avec l’Albanie pour y externaliser la prise en charge des migrants arrivés sur les côtes italiennes.

Par Fabien CAZENAVE

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● Le Premier ministre espagnol et la présidente du commissariat européen arrivent à Nouakchott

Le premier ministre espagnol, M.Pedro Sánchez et la présidente du commissariat européen, Mme Ursula von der Leyen,

Sont arrivé ce jeudi à Nouakchott dans le cadre d’une visite en Mauritanie.

Le Premier ministre espagnol et la présidente du commissariat européen ont été accueillis à la passerelle de l’avion à l’aéroport international Oumtounsi par Son excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani entouré du Premier ministre, M. Mohamed Bilal Messoud, du ministre chargé du Cabinet du Président de la République, du chef d’Etat-major particulier du Président de la République, du wali de Nouakchott-Ouest, de la vice-présidente de la Région de Nouakchott, de SEMme l’ambassadrice d’Espagne accréditée en Mauritanie et du président de la Mission européenne.

La délégation européenne a également été accueillie par le ministre-secrétaire général de la Présidence de la République, les deux ministres-conseillers de la Présidence de la République, plusieurs membres du gouvernement et des représentants du corps diplomatique accrédités en Mauritanie.

Par la suite, le Président de la République a salué les membres de la délégation accompagnant le Premier ministre espagnol et la présidente de la Commission européenne avec lesquels il a eu des entretiens en tête-à-tête dans la suite présidentielle de l’aéroport.

Les parties mauritanienne et européenne cherchent à renforcer le cadre de leur coopération bilatérale dans divers domaines, notamment celui de la lutte contre la migration clandestine.

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/239597

● Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition [IRA-Mauritanie]

Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition
Note d’information, Nouakchott, février 2024




1. Du 31 janvier au 4 février 2024, refusant d’accepter le partage léonin de terres en friche, des cultivateurs de Rkiz, tous descendants d’esclaves de la tribu Tajakant, s’interposaient, sur le chantier de viabilisation des parcelles. Leur mouvement ne tarda à bloquer le travail des engins de terrassement. Comme à son habitude la gendarmerie arriva en renfort, après 11h du matin. Elle procéda à quelques charges de matraques et de grenades lacrymogènes. La liste des arrestations comprend 11 hommes et 7 femmes. Il s’agit de Cheikh Ahmedou Mabrouk, Elhadj Elid, Yarg Brahim Beyou, Alioune Maouloud, Cheibani Zeid, Abdel Moutaleb Boidiel, Mohamed Werzeg Baye, Abdou Mboirkat, Moustapha Beuh Awbeck, Cheikh Zeid, Abdallahi Yehdhih, Mouhamed Abdallahi Mabrouk, Ahmed Yehdhih, Souleymane Brahim Baye, Zeinabou Mabrouk, Sarra Bah, Maimouna Yacoub, Khadijetou Samba, Mah Werzeg, Khadijetou Sabar, Aichetou Awbeck…

2. Le 3 février, à la faveur de messages audio sur l’application WhatsApp, l’un des meneurs de la contre-révolution locale, dont le zèle est à l’origine de la colère des populations lésés, formule des menaces de mort à l’endroit du député Biram Dah Abeid. L’auteur de la tentative d’intimidation confirme son identité, non sans orgueil : (7) ال منكم يعرف هذا المخلوق يقول عنو فظيمه… – Hassane M’Bareck Eidja | Facebook

3. Le lundi 5 février, une manifestation de solidarité avec les détenus rassemble des dizaines de volontaires. La répression violente occasionne, aussitôt, les blessures graves de Djiby Lemine et de Lemrabott Mahmoud, encore retenus au centre de santé. La zone subit une situation d’exception, face à un impressionnant dispositif de véhicules anti-émeute et d’hommes en uniformes, lourdement armés.

Un contexte explosif

Le département est distant de 100 km de la ville de Rosso, chef-lieu de la région du Trarza, frontalier du Sénégal. La localité abrite surtout de populations serviles qui pratiquent l’agriculture et les activités pastorales, autour du lac Rkiz. L’espace de culture reste l’unique source de revenu de milliers de paysans Hratine. Depuis plusieurs années, ils attendent que l’Etat délimite les périmètres, pour les livrer aux vrais travailleurs des champs. Or, selon une jurisprudence bien établie dans le quotidien protéiforme des discriminations de naissance, la distribution des lots a été biaisée de bout en bout. Ici et ailleurs en république islamique de Mauritanie, la répartition du foncier rural profite, in fine, à la même ethnie. La loi de fait demeure immuable, en dépit des changements de régime.

Le soubassement

Par atavisme et sentiment de supériorité, ceux-là répugnent aux travaux pénibles des champs. Partout, au travers du territoire, les litiges se multiplient, à mesure que la hausse de la démographie et l’allongement de l’espérance de vie créent davantage de besoins vitaux, en particulier la demande exponentielle d’alimentation. En l’espèce et malgré leur nombre nettement supérieur, les Hratine reçoivent 13 hectares sur 128. Ils deviennent alors une fraction de la tribu, ainsi que les 9 autres, d’où l’inégalité retentissante du découpage. La surconsommation de ressources non-renouvelables de la nature et l’entrisme des entrepreneurs de l’agro-business – y compris étrangers – révèlent l’ampleur et l’acuité des conflits liés à l’exploitation du sol. Pourtant, de tout temps, IRA alerte le gouvernement et la société civile, quant au caractère fragile des relations entre les communautés autochtones et leurs anciens seigneurs. A l’origine régie par les règles de l’esclavage et du système de caste, la tenure traditionnelle constitue, aujourd’hui, une bombe à retardement. Elle ne correspond plus aux nécessités de l’Etat de droit ni à la délicate préservation de la paix, dans un environnement aussi trouble que le Sahel.

La provocation de trop

Or, en guise de provocation, le gouverneur de région et le procureur du tribunal de Rosso vinrent à Rkiz, à la tête de plusieurs unités de la Police et de la Garde. Le déploiement dissuasif des forces de maintien de l’ordre féodal et des délégués du pouvoir remplit une mission : la démonstration doit permettre, aux Maures, citoyens de première catégorie en Mauritanie, d’aménager, sous la protection de la contrainte publique, les terrains à eux indument dévolus. Cette politique de l’imprudence et de l’avantage sans cesse accordé à la sacralisation du fait accompli, dénote un dysfonctionnement dangereux de la gouvernance et quelque amateurisme au règlement des contradictions à l’intérieur de la société. Tant de légèreté et d’inconscience porte atteinte à la paix civile, d’où la présente alerte, à quelques mois de l’élection du Président de la République, temps généralement consacré à promouvoir l’apaisement et la retenue.

Nouakchott, le 5 février 2024