Réflexion – Tribune : L’incontournable Islam (selon la mondialisation et la révolte des peuples) Parti 2-1, Par O. Timéra

Le monde c’est un évènement passé qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui « s’évènemente ». Les deux actes se font, en même temps, dans le présent qui est relation et tension entre ces deux actions concomitantes de la conscience. Or le travail philosophique et théologique (s’il peut encore exister une différence pure) consiste en l’interrogation du monde et de son interprétation en même temps que la réinterprétation de son devenir et la création des modalités de la réalisation de celle-ci. Si la conscience humaine est la porteuse en son sein de ces deux actions qui se fécondent, la civilisation en est alors la fille. Il s’agit dès-lors, en fait, de l’interaction entre une réalisation passée qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui se réalise, ainsi que de la vision et de la voie que l’on s’en fait et que l’on se donne pour ce faire, après avoir tiré les leçons de celles des générations précédentes.

Or l’Islam est une certaine interprétation du monde qui, à travers le Coran, se veut être une réinvention cosmique et transcendante du monde, une synthèse critique de l’histoire spirituelle de l’humanité et de son expérience civilisationnelle, et enfin un projet cosmique à réaliser dans l’avenir à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine. Seulement, cette idée et son projet, jamais totalement réalisés, font l’objet des préoccupations constantes de l’ordre mondial actuel et de son projet de mondialisation, faisant de cette religion, par réaction, une affaire importante, présente et future. Son avenir, ainsi, se trouve intimement lié au devenir de l’Islam.

Mais de quelle interprétation du monde en tant qu’évènement, et de quel devenir de celui-ci en tant que projet, la mondialisation actuelle, fille de l’expérience occidentale, est-elle le nom ? C’est en répondant à cette question que nous comprendrons la raison pour laquelle l’Islam est incontournable en tant que préoccupation et en tant que réponse opposée en des points essentiels au projet de civilisation mondiale que porte la globalisation actuelle, bien qu’elle en réalise en partie l’idée (l’unification matérielle de l’humanité mais sans et contre son unité spirituelle). C’est aussi cette réponse qui nous aidera à saisir ce pourquoi l’ordre mondial et sa propagande s’excitent tant sur la question de l’Islam et du monde musulman, en vue de déconstruire le premier afin de mieux coloniser et diluer le second.

La première partie de cette analyse, dans le précédent article, s’est chargée de nous fournir des éléments de réponse. Clairement, la mondialisation actuelle est une entreprise de limitation et de dilution de la réalité humaine aux seules lois de la nature et de son univers de contradiction et de lutte, d’une part ; et d’autre part, en conséquence, c’est une entreprise d’expulsion de toute référence à ce qui est transcendant, au-delà et spirituel qui donne à l’homme sa spécificité et sa dignité ; et enfin, c’est une entreprise de « paradisation » du monde et de l’ici-bas (limitant celle-ci), par la consommation et la jouissance matérielle immédiate, débarrassée de toute limite et de tout sens éthiques, en tant que promesse illusoire d’un bonheur tout aussi illusoire, qui n’est possible que pour une minorité. Ce, avec pour conséquence et prix le sacrifice d’une majorité d’êtres humains qu’il faudra déshumaniser et dominer, et de l’environnement biologique (la nature) et symbolique (la culture) qu’il faudra désacraliser et exploiter.

Le matérialisme, le scientisme, l’économisme (libéral ou socialiste), le nationalisme, la colonisation, le laïcisme (qui prône la séparation du temporel et du spirituel et l’uniformisation de tout au profit du premier contre le second), les délires « de fin de l’histoire » et de « clash des civilisations » (d’inspiration hegelienne), l’exploitation des êtres humains et la surexploitation de la nature ne sont que les manifestations concrètes de cette idée de Dieu, du monde et de l’homme et du projet de civilisation qui en découle et limite la réalité au calcul, à l’immédiat et à l’instinct.

À travers leurs philosophies, Spinoza, Hegel et Marx nous ont en réalité décrit avec précision et en même temps fondé, l’ordre du monde que nous connaissons aujourd’hui, dans la continuité de celui dont ils voulaient la fin. L’incarnation et la dilution de l’idée de Dieu dans la nature et dans l’histoire, en faisant du déterminisme et des contradictions et oppositions qui s’y trouvent, et que l’on perçoit scientifiquement au premier abord, le cœur, le moteur et le sens de l’existence. Cette incarnation puis cette dilution de l’idéal Divin, disions-nous, a fini par enlever à l’homme son humanité, à « chimériser » le monde moral qu’il porte en lui, pour mécaniser le rapport à la nature et atomiser ou « totalitariser » la société et fonder les relations entre personnes et peuples sous le prisme de la concurrence à l’intérieur de la nation (la lutte des classes de Marx) et de lutte entre les nations (la lutte des esprits des nations Hegel).

Or nous l’avons dit, cette défiguration de la modernité par la colonisation et l’exploitation (fondée initialement sur la dignité de l’humain et la fin du minorât religieux et politique de l’humanité, telles que d’ailleurs l’Islam le prône). Cette défiguration disions-nous ne tombe pas du ciel. Ou plutôt si. Elle est la continuité, même en tentant de s’en libérer, du ciel déchu de la conception religieuse judéo-chrétienne qui continu à lui fournir en négatif ses paradigmes, que ce soit dans la théocratie (le pouvoir au nom de Dieu) et son illusion du « dieu fait homme » ou de « l’homme à l’image de Dieu », ou dans l’anthropocratie (le pouvoir au nom de l’homme) et son illusion de la « mort de Dieu » et de « l’homme surhumain ». Dans les deux cas de figure, enchantement ou désenchantement, la naturalisation, animalisation et unidimensionalisation de l’homme est de mise. (la suite prochainement).

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur (12 mars 2020)

Tribune – Réflexion : 《Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.》 Par Kamara youssouph

Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste.
Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque.
On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif.
On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien.
À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties.
On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux.
Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe.
Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! –
Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre.
Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés.
Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.


Youssouph Kamara


youssouph1@yahoo.fr

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur – 21 mars 2020

TRIBUNE : BIENVENUE AU COLONEL TAYA! Par Ciré Kane


<<Seigneur, préservez-moi de mes amis. Mes ennemis je m’en occupe !>> Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya, s’adressant à ses tombeurs en 2005, dont Ghazouani

Le retour du Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005), l’ancien chef de la dictature militaire qui s’est consolidée depuis la création du grade de Général en 2007, évoqué tous les ans, pourrait se réaliser en cette année sombre de pandémie, comme le fut son règne funeste.

Taya a, en une année (90-91), sur une population d’à peine 1,5 millions, tué plus de 8 milles civils, assassiné 513 militaires et déporté près de 100 milles personnes. Tout ce beau monde était quasiment de la même ethnie. C’est le génocide des peuls de Mauritanie, l’un des plus méconnus de l’histoire de l’humanité.

Dans le Sud, les militaires et leurs milices ont violé, torturé, détruit des villages, …

Les militaires se sont auto-amnistiés par une loi votée en 1993 qui absout tous leurs crimes et des présumés tortionnaires ou meurtriers accèdent à de hautes fonctions (Généraux, Présidence Assemblée et même Présidence de la République en 2005-2007).

Les dignitaires du PRDS, le parti-Etat de Taya, se sont habilement recyclés dans ADIL jusqu’au putsch de 2008, puis ils ont convergé en masse vers UPR, le parti des Généraux.

Donc, le coup d’État qui a déposé Taya en août 2005 était une petite révolution de palais. C’est toujours la même bande de copains militaro-affairiste qui pille le pays.

Les victimes demandaient l’extradition de Taya pour mettre fin à son impunité et à son exil doré au Qatar.

Eh bien, il ne sera pas escorté par la police qatarie, ni récupéré par la nôtre pour être conduit en prison et entendu dès sa descente d’avion . Il n’effectuera pas les formalités à l’aéroport, même s’il a le coronavirus. Ce serait degradant pour ce haut gradé. Mais son retour au pays, ainsi que ces conséquences sur la paix sociale, seront de l’entière responsabilité du Général Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.

Le nouvel homme fort et muet de Nouakchott a déployé toute sa diplomatie pour le retour à la maison du soldat Taya. La solidarité entre hommes en treillis ne faillira pas. La loi d’amnistie ne sera pas abrogée. L’ancien exilé bénéficiera des privilèges dus à un ancien chef d’Etat (salaire, logement, gardes du corps, voitures avec chauffeur..), il sera membre du Conseil Constitutionnel et sera consulté sur les grands dossiers de l’Etat…

Et S’il est malade, ses frais seront entièrement pris en charge. Les mauritaniens, dont ses victimes, paieront sans broncher.

Avec toutes ces conditions et loin de la prison de Dar Naïm, on souhaite la Bienvenue au Colonel Taya! Il ne sera pas inquiété. Toute hostilité contre lui sera réprimée, une loi viendra renforcer l’amnistie, si nécessaire.

Bien entendu, il ne sera pas assigné à résidence surveillée à Atar, auprès de sa tribu. Il sera libre comme l’air et pourra même parader en tête des cortèges de ses fidèles qui défilent depuis 15 ans tous les 12 décembre pour rappeler son historique prise du pouvoir. Le portrait de Saddam Hussein y sera brandi pour narguer ses noirs qui tardent à quitter ce pays exclusivement réservé aux maures. Comprendront-ils un jour ?

Taya et ses proches, avec cette liberté garantie par la constitution, pourront parler dans les médias, créer ou soutenir un parti, inciter à finir le génocide…

Le président auto-proclamé Ghazouani ne joue pas avec le feu, mais avec les armes. Attention quand même à une balle amie dans le bide.

Ciré KANE, le 18 mars 2020

©️ Crédit source: Page FB de l’auteur

CONTRIBUTION: Nul ne veut “ diriger les Beidanes “; réponse au professeur Ely Ould Sneiba, Par Abou Hamidou Sy (FPC – Amerique)

■Par Abou Hamidou Sy- FPC- Amérique.

Piqué au vif par la remise sur la sellette de l’Apartheid mauritanien et incapable de formuler des arguments qui réfutent cette évidence, Ely O. Sneiba n’a trouvé mieux que de recourir au seul exercice dans lequel il excelle, scribouiller sa pulaarophobie innée.

Dans son posting “ Comment diriger les Beidanes”, un pamphlet indigne d’un baudet, même sans son couvre-chef, il étale toute son ignorance des réalités historiques de l’artifice post coloniale qu’est la Mauritanie d’aujourd’hui.

Sans le moindre argument, il verse dans des affubulations grotesques, avance des assertions mensongères et réprend des thèses des plus fantaisistes. Difficile de se frayer un chemin logique dans ce kafarnaum intellectuel, mais le fond de sa pensée ne fait aucun doute: une haine viscérale envers ceux qu’il appelle “ toucouleurs” et à travers eux, minimiser l’apport de la civilisation négro-africaine dans l’histoire de notre pays.

Il me semble opportun de rappeler à sa gouverne et à celle de tous les chauvins arabes, certaines vérités historiques. Vérités en porte à faux avec le mythe fondateur d’une frange de nos compatriotes arabo-berbères; une épique chevauchée, du croissant fertile aux berges du Sénégal repoussant ainsi le couchant ( Al Magrib ) arabe à la lisière du Sahel.

Il n’échappe pas à Ely et ses paires que les nationalistes arabes authentiques, qui l’inspirent tant, sont les premiers à battre en brèche cette théorie, car fixant la limite occidentale de leur nation aux portes de Marrakech; au delà, c’est “ Bilad Al Ajam”.

Le « professeur » entame son propos en affirmant, tel un avocat essayant de rallier un jury à une cause perdue d’avance, “ ce pays membre de la ligue des États arabes, berceau des almoravides et terre emirale hassanienne”. Cette assertion ne repose sur aucun fondement, ni historique, ni culturel, encore moins démographique. Elle est, tout au plus un vœu pieux entretenu par la volonté politique d’un État malavisé et repris par des marchands d’illusions désabusés. Il suffit , pour s’en convaincre de remonter à la genèse même de l’Etat Mauritanien et de la controverse qui l’a entourée.

Ce pays qui se targue d’être arabe jusqu’à nier l’expression de toute identité négro-africaine, aucun État arabe n’en voulait. C’est grâce au soutien des pays de l’Afrique noire ( groupe de Brazzaville ) sous l’impulsion du Sénégal que notre pays a pu être accepté sur la scène internationale. A l’assemblée générale de l’O.N.U d’Octobre 1961, tous les pays arabes à l’exception de la Tunisie, ont voté contre l’admission de la Mauritanie aux Nations Unis. Cette ligue arabe qu’on chante à tous vents, c’est en 1973 que notre pays y a adhéré c’est à dire une décennie après l’O.U.A. C’est dire combien la Mauritanie, une ex- colonie de l’AOF était avant tout africaine. C’est cela sa vocation historique, son ancrage naturel et sa réalité culturelle. Que l’Etat, pour des raisons de politique interne, opte pour une différente orientation, ne peut réécrire l’histoitre.

Le territoire qui nous réunit aujourd’hui est un conglomérat d’entités jadis distinctes, qui se sont forgées chacune sa propre histoire dans son propre espace avec des fortunes diverses en fonction des circonstances. Aucune ne peut se prévaloir d’un passé plus glorieux que les autres ou prétendre avoir contribué seule au patrimoine historique commun. Qui plus est, la construction de certains pans de ce patrimoine a nécessité le concours de toutes les composantes nationales. C’est, des rives du fleuve Sénégal que l’armée Almoravide composée aussi bien de berbères que de négro-africains s’est ébranlée en direction du Nord jusqu’à atteindre les côtes de l’Europe.

La Mauritanie n’est pas exclusivement “ terre émirale hassanienne”, elle est aussi terre des Almamy du Fouta, du royaume du Walo, héritière des empires du Mali et Ghana. Elle est le pays de Samba Gueladjedji, le lieu de sépulture de Thierno Sileymani Baal, c’est aussi chez Cheikh Moussa CAMARA auteur du chef-d’œuvres :“ Zouhour Al Bassatine, fi Tarikh as Sudane”.

Dans aucun pays normal, la direction de l’Etat ne se pose en terme de race ou d’ethnie. Les nations choisissent leurs dirigeants en fonction de leurs capacités supposées ou avérées, de leurs qualités humaines et du programme qu’ils proposent. Ce sont ces normes qui ont permis à un certain Barack Obama ou Macky Sall d’être élu sans que le ciel ne s’effondre. Dans ces deux cas, malgré les diversités culturelles et ethniques, le sens de la nation à y été encouragé, développé et entretenu par l’Etat. Tout le contraire de ce qui se passe chez nous, ou c’est l’Etat, par ses politiques racistes, est le premier obstacle à l’édification de la nation mauritanienne.

Ce sont ces pratiques racistes que les Négro-africains dénoncent et contre lesquelles ils s’insurgent. Qu’elles soient qualifiées de racisme d’Etat ou d’Apartheid, les effets demeurent les mêmes: la marginalisation politique, l’exclusion économique et l’oppression culturelle des Négro-mauritaniens.

S’il est vrai que ce racisme n’est codifié dans aucun texte de loi, dans la pratique il régente la vie dans notre pays. Le sud-Africain confiné dans une zone du temps de l’Apartheid par son “PASS” n’était pas plus mal loti que le Négro-mauritanien qui ne peut pas voyager faute de carte d’identité que l’Etat refuse de lui octroyer.

Ce racisme d’Etat est si ancré dans notre pays, que certains concitoyens le trouvent normal. C’est à cause de cette normalisation que des abrutis, sous prétexte de défendre la langue arabe, profèrent des menaces contre de braves Hommes politiques sans que cela ne choque personne.

On ne défend pas une culture à coup de menaces et d’intimidations. Si réellement la langue arabe tenait a ces gens-là, ils devraient s’éduquer, se cultiver et l’améliorer pour qu’elle contribue à la civilisation universelle.

Nul ne peut contester que notre pays est un cas à part, pour dire le moins. Si la Mauritanie était un pays normal, le pouvoir ne serait l’apanage d’une seule communauté. Chacune de nos communautés est capable de produire en son sein, un homme ou une femme capable de prendre en charge les destinées de la nation.

Concernant les HaalPulaar, que O. Sneiba ne porte assurément pas dans son cœur, ils ne sont nullement obnubilés par le pouvoir, ils se confondent avec le pouvoir. En plus de l’Etat théocratique du Futa Tooro, ce sont les fondateurs de l’empire du Macina et l’Etat de Sokoto au Nigeria. Pour ne citer que les plus récents.
Leur seul tort est de résister face aux tentatives forcenées de faire d’eux une hérésie, des arabes noirs.

LLC!

Abou Hamidou Sy
FPC/Amérique du Nord

©️ Crédit source: via post Facebook K. Touré

LA RÉACTION DU PRÉSIDENT SAMBA THIAM

Lorsque j’ai lu le message, mercredi soir, m’apprenant que le ‘’Front pour la défense des Arabes’’ organisait une manifestation contre Biram et moi-même, j’en ai été d’abord très surpris, avant de sourire… saisissant immédiatement la manœuvre et quels en étaient les commanditaires …Le courage et l’intégrité morale ne sont pas les valeurs les plus largement partagées par notre classe politique et intellectuelle …
Bien entendu il existe-heureusement-des exceptions, quelques rares perles, l’avant-garde qui déroge à ce constat .. Cela aussi je le comprends car, comme le disait un célèbre résistant, ‘’ la tendance chez l’homme n’est pas de résister mais de cèder, d’aller avec le courant ‘’. Seulement je ne cèderai pas à l’intimidation, je ne « me coucherai pas et je ne me tairai pas ’’ comme dirait Jaures ; pour la bonne et simple raison que je crois, sincèrement, œuvrer dans et pour l’intérêt et le bien supérieur du pays; il est temps que ce pays se modernise, se dote d’un Etat, et plus …d’un Etat de droit qui ‘’ accepte sa diversité, cultive la solidarité, partage ses richesses’’. Ce sera cette voie–là ou le chaos…

Cela dit j’ai apprécié, que dans une attitude de rupture, ce régime nouveau autorise cette manifestation qui est un droit garanti par la constitution…Ouverture qu’il faut étendre à toutes les libertés fondamentales …

Samba Thiam

Nouakchott le 12 /03/2020.

©️ Crédit source: post Facebook Page officielle Samba Thiam

Réflexion : Des espoirs de Liberté, Par l’écrivain Mohamed Lam

DES ESPOIRS DE LIBERTÉ

« Un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place  » K. DAOUD.

Progressistes ! Disent-ils, mais jusqu’où sont-ils aptes à aller ? Je dis bien apte car n’est pas progressiste qui veut ! Déjà, il faut le prouver, ensuite le démontrer. Par des propos et des actes forts, par une attitude incontestablement visible et par la volonté.

De toute façon, l’humain est progressiste par nature. Il aspire constamment aux changements. Changements sociaux, changements politiques, changements climatiques, changements (ou transformations) physiques, changements de mentalités !

Et dans toutes ces aspirations, l’humain veut et doit rester libre. Libre d’être et de pouvoir défendre et protéger la liberté des autres, d’autrui.

Et dans toutes ces aspirations, il doit réfléchir. Réfléchir sur ces choses qui font sens à sa vie et son entourage.

Kamel Daoud a dit « j’aime les gens qui réfléchissent, qui ne sont pas dans le prêt à penser, dans le prêt à porter et à emporter. J’aime les gens aussi qui sont à contre-courant de leur époque. Il est très difficile d’être un contemporain de son époque » (interview sur une chaîne française).

Dans sa philosophie de vie et d’écriture, Kamel Daoud nous apprend qu’un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place. Il réalise l’inventaire de son monde et acquiert une puissance sur son réel.

Je pense, pour ma part, que la liberté se construit. Elle se forge avec ruse et tact. La liberté se maintient, s’entretient, se conserve.

Dans un monde fictif, l’homme libre vit dans des imaginaires. Il créait les conditions de son existence et conçoit cette dernière selon ses désirs, son environnement immédiat, pour ne rendre compte qu’à sa conscience intime.

L’homme libre contrôle son existence et garde jalousement cette liberté acquise même s’il est confronté à la société toute entière.

Seulement, un homme qui vit en société est soumis à des règles. Il peut décider de les ignorer – auquel cas, il sera considéré comme étranger à la société dans laquelle il vit – mais il peut aussi choisir de se battre, de s’engager pour les améliorer.

Dans la quasi-totalité des territoires du monde actuel, il existe des gouvernements. Un gouvernement, comme son nom l’indique, est un groupe composé de plusieurs personnes qui ont été nommé pour diriger un État et orienter un pays dans le meilleur des sens en prenant les meilleures décisions.

Mais un gouvernement n’est bon dans son rôle que s’il respecte les aspirations des populations qui lui ont transmis leurs pouvoirs.

Un homme libre, conscient du pouvoir qu’il a transmis au gouvernement qu’il a choisi est donc (ou en tout cas, doit être) un homme exigeant envers les membres du gouvernement en question.

Certaines personnes, dans le passé, avaient perdu tout espoir dans les choix que prenaient leurs gouvernements.
Elles ont longtemps plaidé en faveur de la recherche d’un bon groupe de personnes qui formerait ce qu’ils appelaient « le meilleur gouvernement ». Une expression large et creuse, mais en même temps claire et possible.

Le meilleur gouvernement est peut-être, comme le pense Thoreau, un gouvernement qui n’existerait pas.
Mais peut-on penser à un endroit sans État, sans autorité où l’homme est seul responsable de lui-même ?

Il est difficile de savoir quand commence la liberté et jusqu’où elle s’arrête. Bien que l’on ait tous au moins déjà entendu la phrase suivante : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Lorsqu’une chose commence, c’est qu’elle n’a pas existé précédemment. Elle débute et marque la fin d’un vide. Celui de son inexistence. Une liberté qui commence est une liberté qui s’affirme. Elle prend forme, s’installe, gagne en reconnaissance et vit.

La liberté qui s’arrête n’est donc pas celle qui disparait mais celle qui laisse place à une autre liberté. Celle qui va commencer à son tour.

Être libre c’est donc savoir reconnaitre et admettre que d’autres ont également leur part de liberté à exercer. Celui qui est libre doit donc accepter et même défendre la liberté d’autrui. Sinon sa liberté peut être limitée par d’autres qui grignotent et piétinent sa propre liberté.

De ce fait, l’homme qui prétend être libre doit défendre la liberté des autres sinon il ne sera qu’un homme qui vit dans l’illusion d’être libre.

Biram, un espoir de liberté !

Des espoirs de liberté


Mohamed Lam

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (12/3/20)

Mauriatnie/Citoyenneté : Un nouveau projet de loi en faveur de détenteurs de plusieurs nationalités.

Un nouveau projet de loi a été élaboré par le premier ministère mauritanien, en faveur des détenteurs de plusieurs nationalités. Le nouveau projet comprend des propositions de modification de la loi sur la nationalité, en particulier les articles 30 et 31 de la loi sur la nationalité mauritanienne. Le projet de loi affirme que la double nationalité signifie avoir deux nationalités ou plus pour une même personne en même temps. Or, la loi n ° 61 112 du 12 juin 1961 modifiée par la loi n ° 2010 023 du 11 février 2010, sur la nationalité mauritanienne, ne permet pas cette duplication, car , l’ adulte mauritanien qui acquiert une nationalité étrangère perd automatiquement la nationalité mauritanienne s’il n’est pas autorisé à la conserver par décret. Le nouveau projet de loi considère que cette situation nuit à de nombreux citoyens mauritaniens qui ont réussi à s’intégrer dans les peuples d’autres pays, qui les ont acceptés et leur ont accordé leur nationalité sans qu’ils aient l’intention de renoncer à leur origine mauritanienne. La nouvelle loi vise à modifier les articles (30 et 31) de la loi sur la nationalité mauritanienne , dans le but de permettre à de nombreux Mauritaniens ayant acquis d’autres nationalités de maintenir leurs relations avec leur pays d’origine, et de pouvoir continuer à jouir de tous les droits et obligations liés à leur Mauritanité, conformément à la loi et à la réglementation Effet.

Source: http://zahraa.mr/node/23003 Traduit par adrar.info

©️ Crédit source: adrar.info http://adrar-info.net/?p=61240

Mauritanie : l’honorable député Ogo Coulibaly donne son avis sur la polémique actuelle.

Je tiens en premier lieu à féliciter notre compatriote et collègue député pour sa haute distinction du prix du courage. Au-delà de la polémique qui a prévalu après sa déclaration à Genève, nous devons tout simplement en tirer que toute contradiction d’idées engendre au final des solutions pour notre vivre-ensemble. C’est dans cet esprit que je salue cette dynamique collective soucieuse de bâtir de consensus forts pour renforcer notre expérience démocratique et aller encore plus loin. S’attarder au libellé du principe, c’est privilégier la forme au détriment du fond. Mais la vraie question demeure la pertinence de sujets abordés. Le député Biram dénonce à juste titre des pratiques malheureusement encore existantes dans notre cher pays :

– l’ethnicisme à ce sujet, le premier secrétaire exécutif du parti au pouvoir (UPR) Docteur Abdallahi Ould Nem a fait une sortie médiatique appelant à sa déconstruction.

– De même pour l’esclavage, le quatrième vice-président du parti au pouvoir (UPR) Khalil Ould Teyib affirme sans détour que l’esclavage existe bel et bien en pratique et en séquelle – Le passif humanitaire qui a connu des tentatives de règlements dont celui du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait suscité beaucoup d’espoirs, brutalement interrompu par le coup d’état du 06 août 2008 qui nous a  valu la fameuse prière de Kaedi. La perception que se font certains de nos concitoyens qu’une seule composante est insérée au niveau des instances de décision de l’état, de la fonction publique, du commandement militaire, du milieu des affaires a été explicitement décrite et en toute honnêteté intellectuelle par le professeur Abdoul Weddoud Ould Cheikh sur les ondes de RFI, en ces termes. Qu’un mouvement s’est amorcé depuis le début des années 80 où on observe une régression très forte de la présence des communautés noires dans les hautes sphères de l’état et que l’expatriation de beaucoup des hauts cadres noirs témoignent aussi de la rétraction du marché de recrutement dans l’administration et d’un travail d’exclusion qui s’est accentué de façon très forte à partir des événements 89. Les inégalités avérées, visibles par tous au niveau de tous les pans de notre société n’ont-ils pas incité le Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani lors de sa quête des suffrages des électeurs à choisir le symbole de la balance qui traduit une réelle volonté politique de réconcilier les mauritaniens. Son programme présidentiel « Mes Engagements » exécutés dans le respect strict de son contenu ne devrait-il pas mettre en place :

– Des institutions fortes qui mettront fin au particularisme, pour laisser la place à la république

– Une école républicaine où la pluralité culturelle en serait le levier d’actions, pour servir des passerelles d’inclusion entre toutes les composantes de notre nation.

– Une justice égalitaire et punitive pour en finir avec le passe-droit, la seule voie pour établir une citoyenneté

– Une politique sociale inclusive pour lutter contre la pauvreté, voire l’éradiquer Ainsi, considérant tous ces constats précités, je m’interroge beaucoup plus sur les raisons profondes qui ont mené à temps d’engouements suscités par cette déclaration qui pourtant résume en partie une situation observable et palpable par tous les bords politiques et tous les honnêtes observateurs. En ce qui concerne l’unité nationale, ceux qui sont dans les instances de l’état doivent inclure la diversité dans toutes les prises de décisions, pour que les générations futures puissent la recevoir avec fierté en héritage, alors les efforts ne seront plus accusateurs mais plutôt complices au tour de cette référence que nous avons en commun qui est ce grand pays la Mauritanie.

©️ Crédit source: http://www.cridem.org

TRIBUNE : MAURITANIE, PAYS D’APARTHEÏD OU PAYS À PART? Par Kaaw Touré

L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du ”manifeste des 19”, est dominé par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Génève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en choeur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protèger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématque de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les ”éternels nationalistes étroits et ennemis” de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République” Islamique” de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loins des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des soeurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.
Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent avec « mauritude ». Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.
Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisie soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous l´avons toujours soutenu: il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestion politique en Mauritanie. Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnetêté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de « l´imaginaire fertile et débordant  » de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, ou encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière les pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire.
Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheïd de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheïd est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichèenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud, la garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie ».
Quels autres objectifs le système politique mauritanie pousuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées,(1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991) à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapssirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Prétoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheïd.
Si en Afrique du Sud les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Maurtanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers des civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et comble de l´horrreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.
Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue « exclusion transversale ». Suffisons que certaines franges de la communauté arabo-berbère soit également touchée par des injustices sociales et économiques, il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher: leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.
Le contrôle de l´État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive « unité nationale » menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du messager : « Quiconque d’entre vous voit un mal qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi”.
Et comme disait un adage ”lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt. Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur le réseaux réels ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères « moudjahidines » en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et soeurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de coeurs et détruire en choeur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou la terreur intellectuelle qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au developpement de tous. Ils doivent comprendre tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaures et m´approprier ses propos:
‘’ Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ,
Nous ne plierons pas ,
Nous ne nous tairons pas,
Nous ne nous irons pas en silence ,
Nous ne nous coucherons pas …”


Et la lutte continue!

Kaaw Touré

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (2/3/2020)

Mauritanie – Tribune : Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ? Par Thiam Samba

DÉBAT SUR L’APARTHEÏD.

Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ?

Primo, que la culture du débat intellectuel ne s’installe toujours pas chez nous, loin s’en faut ; on diabolise, voire on insulte et on continue… A travers un lynchage médiatique qui frise le terrorisme intellectuel, on cherche à maintenir une dictature au nom d’une majorité, instaurée par une oligarchie, ( si, bien entendu , toute la frange haratine se reconnaissait dans l’identité arabe), en perdant de vue que toute majorité ne tire sa légitimité que dans le respect des droits des minorités.

Ne pas céder à l’intimidation , surtout pas …

Deuxio, elle révèle un état d’esprit, manifestement, largement partagé dans cette jeunesse arabo-berbère, qui traduit un manque notoire et flagrant d’objectivité et de recul, dès que le pays est touché dans ses péchés sensibles ; c’est épidermique ! Cette réaction est aussi, hélas, perceptible chez une partie de l’élite politique et intellectuelle adulte. En somme, beaucoup de progressistes, mais des progressistes de circonstance, dirons-nous…

Tiertio enfin, que dans cette conception de ‘’l’Apartheid’’ tout n’était pas que négatif, à tout peser ; en effet les Blancs-blancs se gouvernaient et laissaient les Blacks se gérer et gérer leurs bantoustans, tout au moins !et puis, toutes proportions gardées, le système d’apartheid était quand même moins indigne, plus respectueux de l’homme que l’esclavage … Enfin et surtout, cet apartheid là était lui, non pas officieux, sournois et hypocrite , mais codifié et déclaré, et chacun savait donc à quoi s’en tenir …

Ces jours-ci il circule un audio d’un résident, probablement de Rosso, qui dénonçait le blanchissement appliqué de l’administration de cette ville ; du gouverneur au préfet , en passant par le commandant de brigade, le commissaire de police , le chef de la base militaire , jusqu’au juge et cadi, dit-il . L’auteur n’a pas compris que le mal est général et ne sévit pas qu’à Rosso, mais partout dans le Sud , sans épargner Nouakchott avec ses trois gouverneurs . Ceux qui, aujourd’hui montent au créneau, vocifèrent sous l’ indignation, feinte, en entendant le mot ‘’apartheid’’ constatent pourtant, tous les jours, cette réalité triste, sur laquelle ils ferment les yeux, sans rien dire…
Seule une infime minorité courageuse de cadres s’insurge …

Rappelons, pour ceux qui semblent l’oublier, que l’idéologie afrikaner avait pour soubassement « d’utiliser la force numérique et la force de travail des Noirs pour les transformer en instruments , sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissé de sortir de cette situation’’. En notre âme et conscience aucune résonnance, aucune similitude avec ce qui se passe chez nous ? Si ce que nous vivons n’est pas de l’Apartheid stricto sensu, ça lui ressemble, au moins par métaphore…

Ma suggestion est celle-là : puisque ceux qui nous gouvernent se dérobent à l’idée d’organiser un dialogue inclusif, sans compenser cette rebuffade par des mesures fortes d’apaisement, que les médias nationaux se saisissent donc de cette polémique qui fait rage dans les réseaux sociaux comme d’une opportunité, pour organiser un débat… civilisé. Pour notre part nous sommes preneurs …

Samba Thiam
Président des FPC.

Nouakchott le 28 -02-2020

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur