● Mauritanie | La présidentielle de 2024 en Mauritanie en brèves notions de prospective : Défaites honorables ou écrasement définitif pour les oppositions !?



Nous sommes en fin février 2024, à justement 4 mois pleins de l’échéance électorale pour la présidentielle en Mauritanie. D’abord pour se faire une idée sur les forces « brutes » en mouvement, on se doit de jauger à partir des dernières élections générales (législatives, régionales et municipales) tenues les 13 et 27 mai 2023. Le parti de l’équité (El Insaf) qui constitue le support civil et électoral du système de l’état profond (majorité continue) avait raflé aisément la mise avec 107 députés et 13 conseils régionaux/13. Et sur les 3 derniers rendez-vous électoraux (élections générales) 2013, 2018 et 2023, ce parti de la force étatique dans les sillons de son ascendant Upr (Union pour la république) tient l’essentiel de la gouvernance politique. Lors de la présidentielle de 2019, une transition interne a été montée au forceps pour assurer la continuité d’une majorité de l’état profond (l’armée). L’actuel occupant du palais ocre, M. Mohamed Cheikh El-Ghazouani avait remporté l’échéance de juin 2019 (52%) dans une atmosphère douteuse à rappeler quant à la transparence du scrutin. Un trio l’avait suivi par rang de pourcentages composé du leader abolitionniste M. Biram Dah Abeid (candidat indépendant) 18,59% , de l’ancien premier ministre M. Sidi Mohamed Ould Boubacar (candidat soutenu par les islamistes de Tawassoul et d’autres mouvements dispartes plus ou moins proches du système) 17,87% et de M. Kane Hamidou Baba (paix à son âme) portant les couleurs de la Coalition Vivre Ensemble avec 8,70%.

Ainsi de ce schéma du paysage politique, il faut noter l’illisibilité et l’imprévisibilité d’une certaine opposition dite historique « UFP et RFD » respectivement de M. Mohamed Ould Maouloud et de M. Ahmed Ould Daddah. Ces partis se seraient visiblement rangés du côté de « la majorité continue » autour d’un pacte dit républicain qui est loué étrangement à outrance sans effets concrets dans le réel. Il est sûr qu’ils avaient perdu l’élan populaire depuis quelques années, et ils espèrent une forme de virilité politique par du communicationnel pour gommer un virage de renoncement certain. À suivre de près leurs positionnements pour la présidentielle…
Il faut relever au passage une actualité brûlante autour d’une plainte introduite par le président de l’UFD contre le député Biram. On s’interroge si cette action judiciaire peut coûter une éventuelle candidature du président des Réseaux IRA-Mauritanie… un suspense !?

Alors, face au candidat de l’establishment (L’état, El Insaf, Udp…), on suivra l’embouteillage possible entre les rusés de Tawassoul, la dynamique coalition autour du FRUD de M. Diop Amadou, le leader antiesclavagiste Biram Dah Abeid et les restes de l’éventail large Coalition Vivre Ensemble. L’idéal serait qu’une candidature intelligente unique émerge de ces ensembles en formant un pôle politique programmatique pour provoquer une véritable dynamique populaire vers une possible alternance. En basant sur les observations du moment, cette candidature unique est peu probable, ainsi il y aura du bis repetita avec le passage confortable du candidat sortant à la grande élection et un partage des miettes entre les candidats de la petite élection. C’est dans cette petite élection que se dessinent les couleurs des défaites. Possiblement entre le député M. Biram Dah Abeid (indépendant ou Coalition) et le député et avocat M. El Id Mohameden M’Bareck (Ex RFD aujourd’hui figure marquante de la Coalition Espoir Mauritanie-Frud), se jouera la place 1 dans la petite élection. Pour rappel en 2014 et 2019, le candidat indépendant BDA avait gagné cette petite élection par les scores suivants : 8.67% et 18,59%. Focus en juin prochain…Qui avec quel score ?

Et le candidat de l’état profond va-t-il atteindre le pourcentage obtenu par son prédécesseur Ould Abdel Aziz en 2014,  81,89%…?

Le temps ⌛️ sera Juge !

26 février 2024

• sources des chiffres électoraux : Wikipedia

🖋KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● Communiqué de IRA-Belgique sur la levée de l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid


23 février 2024

L’Etat mauritanien retire l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid

Le 20 février, à 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, le bureau de l’Assemblée nationale lève l’immunité du député Biram Dah Abeid, figure de proue de l’opposition.

En cause : la plainte déposée par le chef du parti de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Mouloud, contre Biram Dah Abeid pour diffamation et abus. Dans un clip vidéo, Biram Dah Abeid dénonçait le soutien financier dont avait bénéficié  ce candidat de la part de l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou lors de l’élection présidentielle de 2019.

L’élection présidentielle de juin 2024 attise les tensions entre le pouvoir et l’opposition largement représentée par le député Biram Dah Abeid au sein du parti Sawab. Tous les moyens sont bons pour discréditer les forces démocratiques qui  de plus en plus sapent les fondements du pouvoir en place. La levée de l’immunité parlementaire d’un député dérangeant est la première étape. Quelle sera la suite ?

Fidèle à ses convictions de démocrate, Biram Dah Abeid avait signalé, il y a quelques jours, qu’il ne se portait pas candidat à l’élection présidentielle de juin mais qu’il attendait la décision collégiale des partis d’opposition pour désigner celui ou celle qui mènerait le combat. Preuve s’il le fallait encore que, contrairement à ce que ses détracteurs affirment, Biram Dah Abeid œuvre pour l’accession de son pays à une réelle démocratie et non pas pour satisfaire des souhaits individuels.

Mi-février, il se rendait à Rkiz, à 50 kms de Rosso, pour soutenir les Haratines spoliés de leurs terres par leurs maîtres avec la connivence des autorités. Depuis des générations ces populations d’esclaves affranchis travaillaient les terres de Maures blancs de la tribu Tajakant. Dans le cadre du projet d’aménagement de cette région et du lac Rkiz, la répartition des terres a démontré que l’Etat a pris le parti de la féodalité arabo-berbère.
Malgré leurs revendications et l’emprisonnement des protestataires, sur les 106 hectares à répartir, les Haratines n’en ont reçu que 26.

Sur tous les fronts, l’engagement de Biram Dah Abeid est celui d’un pacifiste, convaincu de ses droits, de ses positions. Ce qui lui vaut parfois le surnom de Mandela mauritanien.

Réagissant à sa levée d’immunité parlementaire, Biram Dah Abeid a déclaré :
« Je promets au peuple mauritanien que je vais défendre le libre jeu démocratique en train d’être attaqué par un système qui n’a pas confiance en lui. Maintenant la confrontation c’est entre nous et le pouvoir. C’est une bataille pour l’alternance en Mauritanie, pour l’effectivité de la démocratie ». Et d’indiquer que la lutte sera menée devant les tribunaux et jusque dans les fins fonds des prisons.

A 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, pouvoir et opposition commencent à fourbir leurs armes.


Contact : Jeddou Abdel Wahab, Président de l’IRA Belgique.
Tel : 0492 504 092 wjeddou@gmail.com

● Macky Sall clôt le débat : «je compte quitter mes fonctions de président de la République le 2 avril»


«Je compte le 2 avril quitter mes fonctions de président de la République», telle est la déclaration faite par le président de la république lors d’une interview accordée à quatre groupes de médias sénégalais. Le chef de l’Etat a fait savoir également que le dialogue auquel il a appelé devra permettre de déterminer ce qui devra advenir, en estimant que le pays ne peut pas rester sans président de la République.

«Le dialogue devra trancher et faire une proposer. Si un consensus peut être obtenu sur la suite c’est souhaitable. Je souhaite que les acteurs qui doivent venir autour de moi pour regarder l’intérêt supérieur de la nation. A la fin, le Conseil constitutionnel pourrait être amené à clarifier la question», a-t-il dit.

• Lien média https://www.dakarmatin.com/macky-sall-clot-le-debat-je-compte-quitter-mes-fonctions-de-president-de-la-republique-le-2-avril/

🔴🇲🇷Flash Info | L’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid annoncée levée !

Ce mardi 20 février 2024, les canaux médias sociaux en Mauritanie sont en ébullition sur un événement qui interroge l’opinion publique et les observateurs de l’arène politique. Il s’agit de l’annonce de la levée expresse de l’immunité parlementaire du député national M. Biram Dah Abeid (Sawab -Rag/IRA). Ces derniers jours, le président du parti UFP (Union des Forces de Progrès) et ses lieutenants communiquent autour d’une sortie médiatique du député abolitionniste qu’ils qualifient de diffamatoire et de calomnieuse sur la personne M. Mohamed Ould Maouloud. Ainsi une plainte est enclenchée contre le leader anti-esclavagiste mauritanien et d’après la substance d’un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/fzoRf8qyge2B356G/  de M. Lo Gourmo (avocat de Maouloud et vice-président UFP), cette histoire vient lui de coûter son immunité parlementaire.

Dans une note vocale, le candidat indépendant par 2 fois aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé 2ème) , laisse entendre l’enclenchement de la procédure au bureau de l’assemblée nationale et que les vrais adversaires sont les tenants du système. Et que Ould Maouloud et Lo Gourmo jouent un rôle qui leur a été assigné par ce dernier. Déclarant défendre la démocratie, le président d’IRA-Mauritanie note qu’il est prêt à la confrontation devant les tribunaux et même dans les prisons. Par ailleurs il a salué la proposition d’intermédiaire du parti Ajd/Mr entre lui et le camp de Mohamed Ould Maouloud, tout en précisant qu’il n’y a plus rien à faire dans ce sens.

Cette affaire est une énième turbulence dans l’arène des « oppositions politiques » à quatre mois de la présidentielle (Juin 2024) et que le député abolitionniste est en pleines consultations pouvant mener à une éventuelle troisième candidature à la présidence.

Nous tenons à exprimer un soutien fraternel au président Biram Dah Abeid. Avec cette levée précipitée de son immunité parlementaire annoncée par différents canaux médias sociaux, cette plainte au nom du président Ould Maouloud prend une autre tournure et pourrait être édifiante sur sa nature et ses visées profondes dépassant même les intentions du plaignant. À suivre…

🖋KS pour le BLOG

✓Haïti. La veuve de Jovenel Moïse et des dizaines de personnes inculpées pour son assassinat

Deux ans et demi après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’enquête multiplie les rebondissements. Après les arrestations de plusieurs suspects, inculpés aux États-Unis, c’est cette fois la veuve de l’ancien chef de l’État qui est dans le collimateur de la justice.

Un juge haïtien en charge de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021 a inculpé une cinquantaine de personnes parmi lesquelles la veuve de ce dernier, Martine Moïse, et un ancien Premier ministre, montre un document rendu public par le site d’informations AyiboPost.

Selon ce document de 122 pages, rédigé par le juge Walther Wesser Voltaire, Martine Moïse a conspiré avec l’ancien Premier ministre Claude Joseph pour assassiner Jovenel Moïse dans le but de le remplacer elle-même à la présidence du pays.

Jovenel Moïse a été abattu en pleine nuit dans sa chambre après que des hommes armés ont pénétré à son domicile de Port-au-Prince. Martine Moïse a été blessée dans l’incident.

Dans sa décision, le juge appelle à arrêter et traduire devant la justice les personnes qu’il inculpe.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat par Reuters auprès de Martine Moïse et de Claude Joseph.

Martine Moïse a dénoncé via les réseaux sociaux une persécution politique et des arrestations décrites comme injustes.

• Élections attendues
Claude Joseph a déclaré au Miami Herald que le successeur de facto de Jovenel Moïse, le Premier ministre Ariel Henry, était le principal bénéficiaire de la mort du dirigeant et que Henry se servait désormais du système judiciaire haïtien comme d’une « arme » pour persécuter ses opposants dans une démarche « classique de coup d’État ».

Les services d’Ariel Henry ont souligné dans un communiqué l’indépendance du juge, qui a la « liberté » de prendre des décisions en « conformité avec la loi et avec sa conscience », ont-ils dit.

Nommé en remplacement de Claude Joseph, qui est désormais le chef de file d’un parti d’opposition, Ariel Henry a promis d’organiser des élections avant de les reporter pour une durée indéterminée, citant un séisme dévastateur et l’influence accrue des groupes criminels lourdement armés, lesquels contrôleraient la majeure partie de Port-au-Prince.

Une procédure judiciaire distincte sur l’assassinat de Jovenel Moïse a été ouverte à Miami, où six des 11 inculpés ont plaidé coupable d’avoir comploté pour envoyer des mercenaires colombiens au domicile du président dans le but d’enlever celui-ci, avant que le plan ne change à la dernière minute, avec pour consigne d’assassiner Jovenel Moïse.

• Lien média https://www.ouest-france.fr/monde/haiti/haiti-la-veuve-de-jovenel-moise-et-des-dizaines-de-personnes-inculpees-pour-son-assassinat-9d4f658e-8389-4769-97da-4a0e537fa694

● Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine publient une déclaration conjointe sur l’immigration

Taqadomy – Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine ont publié une déclaration conjointe sur l’immigration clandestine des jeunes mauritaniens vers les États-Unis.

Cette déclaration est consécutive à l’organisation d’une conférence internationale sur les migrations à Nouakchott sous le thème « Comprendre la migration et construire un avenir prometteur en Mauritanie : défis et possibilités ».

Le texte affirme l’engagement des parties à relever les défis migratoires et à promouvoir la stabilité, d’autant que durant l’année dernière l’augmentation du nombre de Mauritaniens arrêtés à la frontière sud-ouest des États-Unis était notoire.

Le communiqué indique que l’ambassade des États-Unis à Nouakchott a pris certaines mesures, telles que la coordination avec les organisations de la société civile pour organiser des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’immigration clandestine, la publication d’articles répondant à des questions importantes liées à la problématique, l’organisation d’interviews avec la presse, en fournissant des fonds aux jeunes dans le domaine du leadership et des compétences professionnelles, et en offrant des bourses d’études aux ONG locales.

Les participants à la conférence sur l’immigration ont affirmé leur conscience du grand défi que le phénomène pose à la Mauritanie et de son impact sur la société et l’économie, notamment la fuite des cerveaux et la dispersion des familles, selon la déclaration.

Les participants ont alerté sur les multiples risques auxquels les migrants en situation irrégulière sont susceptibles d’être confrontés au cours de leur voyage, tels que la menace de traite des êtres humains, le vol, les violences physiques, les violences basées sur le genre et l’exposition aux gangs.

Le communiqué a évoqué les investissements américains en Mauritanie, soulignant l’engagement américain en faveur de la jeunesse et du développement économique à travers des programmes tels que Tamkeen et Nafouri de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Le communiqué souligne l’engagement de l’ambassade à soutenir les étudiants et jeunes professionnels mauritaniens, à travers divers programmes, notamment en offrant des opportunités de formation et d’études aux États-Unis.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772493

● L’Union européenne va payer la Mauritanie pour garder les migrants [Ouest-France]

Ouest-France – L’accord signé par l’Union européenne et la Mauritanie jeudi doit officiellement développer les relations économiques. C’est en fait pour bloquer les migrants que Nouakchott va recevoir de l’argent européen.

Officiellement, c’est un accord sur les relations économiques entre la Mauritanie et l’Union européenne. Mais le déplacement de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez et d’Hans Leitjens, le directeur de l’agence de contrôle des frontières européennes Frontex, dit autre chose. C’est bien un accord migratoire que les Européens sont allés chercher à Nouakchott.

La Mauritanie est un des pays du Sahel les plus stables dans cette région gangrenée par les attaques djihadistes et avait déjà signé avec l’Espagne un accord bilatéral (2003) de rapatriement des clandestins.

Ce pays accueille actuellement 150 000 réfugiés ayant fui l’insécurité régnant au Mali et est devenu un pays de transit pour rejoindre l’Europe. « La Mauritanie est un pays de transit qui connaît aussi une augmentation des départs de migrants depuis sa côte vers l’Espagne », explique Camille Le Coz, directrice associée au centre de recherche Migration policy institute et membre du réseau Désinfox migrants.

L’ex-général et président (depuis 2019) Mohamed Ould el-Ghazouani va obtenir pour son pays de nombreux fonds européens. 22 millions d’euros de plus pour son armée, le financement d’un grand projet routier le long de la côte entre Nouakchott et Nouâdhibou (deuxième ville du pays) ainsi que celui d’une ligne à haute tension de 1 400 km, allant de la capitale à Néma dans l’Est, avec une centrale solaire à Kifa. Surtout, la Mauritanie va recevoir 210 millions d’euros pour la gestion de la migration.

« La question qui se pose est de savoir les conséquences pour les migrants non mauritaniens : seront-ils renvoyés vers leurs pays ou pourront-ils rester sur place si leur bateau est intercepté ? », s’interroge Camille Le Coz. « Comme pour le Niger, il va être demandé aux autorités de Mauritanie de démanteler les réseaux locaux de passeurs. »

• L’accord avec Erdogan avait ouvert la voie

Depuis 2015 et la crise migratoire, les Européens ont réalisé l’impossibilité de fermer complètement les frontières aux migrants et réfugiés. D’autant plus que les dirigeants nationaux de l’UE ne veulent pas mettre d’argent pour aider les pays européens en première ligne au sud ou pour créer réellement une police européenne de frontières ainsi que pour permettre l’accueil des migrants sur l’ensemble du territoire européen.

En parallèle d’une politique de plus en plus répressive à l’encontre des migrants qui arrivent sur les côtes européennes, les Européens ont signé des accords avec les voisins du sud. Le premier à en avoir fortement bénéficié a été la Turquie d’Erdogan en 2016. Le marché, négocié en première main par la chancelière allemande Angela Merkel, était simple : il empêchait les migrants de partir contre de l’argent et reprenait ceux non éligibles à l’asile. Six milliards d’euros. En 2021, les Turcs ont obtenu une rallonge de trois milliards d’euros.

Si cet accord a limité considérablement le nombre de réfugiés arrivant illégalement en Europe en provenance du sud-est de l’Europe, les autres routes migratoires, notamment vers l’Italie et l’Espagne, se sont développées. Frontex a enregistré 380 000 franchissements irréguliers des frontières en 2023, le chiffre le plus élevé depuis 2016.

• Un autre accord tenté avec la Tunisie

La Commission a signé en juillet 2023, en présence des chefs de gouvernements italien et néerlandais (Giorgia Meloni et Mark Rutte) un accord à Tunis pour un « partenariat stratégique » , le même vocable qu’avec la Mauritanie. Officiellement pour développer l’économie locale. Las, l’autoritaire président tunisien Kaïs Saied a rejeté en octobre les 127 millions d’euros de l’UE. Car les Européens n’amenaient en réalité que la moitié de cet argent, l’autre partie étant la réaffectation de crédits déjà prévus.

Mais Ursula von der Leyen a bien redit en septembre 2023 lors de son discours annuel devant le Parlement européen qu’elle travaillait « à des accords similaires avec d’autres pays ». Du reste, les États membres n’attendent pas la Commission. L’Italie a ainsi signé en novembre dernier un accord avec l’Albanie pour y externaliser la prise en charge des migrants arrivés sur les côtes italiennes.

Par Fabien CAZENAVE

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772287

● Sénégal : l’opposition se mobilise contre le report sine die de la présidentielle [TV5 Monde]

L’opposition au Sénégal appelle à manifester dimanche à Dakar et prévoit de lancer la campagne électorale comme prévu, rejetant la décision du président Macky Sall de reporter la présidentielle du 25 février, une décision sans précédent qui a suscité un tollé.

L’annonce faite samedi dans un contexte de grave crise politique par le président élu en 2012 et réélu en 2019 a aussi provoqué l’inquiétude à l’étranger.

Elle plonge à nouveau dans l’inconnu ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique, mais qui a connu depuis 2021 différents épisodes de troubles meurtriers.

Plusieurs candidats de l’opposition ont annoncé dimanche à la presse et sur les réseaux sociaux qu’ils vont passer outre la décision du président Sall et maintenir le lancement dimanche de leur campagne électorale.

« Nous rejetons systématiquement le décret (reportant la présidentielle). Nous donnons rendez-vous ce dimanche à tous les Sénégalais pour une marche » à Dakar, a déclaré Cheikh Tidiane Youm, un porte-parole du camp de l’opposition sur la radio privée RFM.

« Nous nous sommes réunis et entendus pour nous rassembler à partir de 15H00 (locale et GMT) pour démarrer notre campagne (électorale) de façon collective », a déclaré, sur la même radio, Habib Sy, un des 20 candidats qui devaient concourir au scrutin reporté.

« Toutes les forces vives de la nation doivent s’organiser, agir et obtenir la restauration du calendrier républicain », a écrit l’intellectuel Felwine Sarr dans une tribune.

L’opposant sénégalais Khalifa Sall, un des principaux candidats à la présidentielle, a appelé samedi tout le pays à « se lever » contre le report du scrutin.

• « Régression démocratique »
L’ancienne Première ministre Aminata Touré a fustigé sur les réseaux sociaux une « régression démocratique sans précédent » et appelé « les démocrates et les citoyens (à) se mobiliser pour défendre nos acquis démocratiques ».

Les Etats-Unis sont « profondément préoccupés » par l’annonce du président Sall, a fait savoir samedi le département d’Etat sur le réseau social X.

« Nous exhortons tous les participants au processus électoral sénégalais à s’engager pacifiquement dans l’effort important visant à fixer rapidement une nouvelle date et les conditions d’une élection libre et équitable », a-t-il souligné

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a également exprimé son « inquiétude » et demandé dans un communiqué aux autorités d’oeuvrer à fixer rapidement une nouvelle date.

Le président Sall a annoncé samedi, quelques heures avant l’ouverture officielle de la campagne dimanche à 00H00 (locale et GMT), abroger le décret fixant la présidentielle au 25 février.

C’est la première fois depuis 1963 qu’une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal. Nombre de réactions ont souligné la pratique de la démocratie et de l’alternance. Le Sénégal n’a jamais connu de coup d’Etat, une rareté sur le continent, alors qu’ils se sont succédé ces dernières années en Afrique de l’Ouest.

• Querelle sur la séparation des pouvoirs
Le président Sall a invoqué le conflit qui a éclaté entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de 20 candidatures et l’élimination de plusieurs dizaines d’autres.

A l’initiative de Karim Wade, un candidat recalé qui a remis en cause l’intégrité de deux juges constitutionnels et réclamé le report de l’élection, l’Assemblée a approuvé la création d’une commission d’enquête sur les conditions de validation des candidatures.

Contre toute attente, les députés du camp présidentiel ont soutenu la démarche. Elle a provoqué une vive querelle sur la séparation des pouvoirs, mais aussi nourri le soupçon d’un plan du pouvoir pour ajourner la présidentielle et éviter la défaite. Le candidat du camp présidentiel, le Premier ministre Amadou Ba, est contesté dans ses propres rangs et fait face à des dissidents.

Au contraire, le candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye, validé par le Conseil constitutionnel bien qu’emprisonné depuis 2023, s’est imposé ces dernières semaines comme un postulant crédible à la victoire, un scénario cauchemar pour le camp présidentiel.

Le Sénégal ne peut « se permettre une nouvelle crise » après des troubles meurtriers en mars 2021 et juin 2023, a dit le président Sall, annonçant « un dialogue national » pour « une élection libre, transparente et inclusive » et réitérant son engagement à ne pas être candidat.

Selon le code électoral, un décret fixant la date d’une nouvelle présidentielle doit être publié au plus tard 80 jours avant le scrutin, ce qui mènerait à fin avril dans le meilleur des cas, un cas de figure quasiment impossible.

La président Sall risque ainsi d’être encore à son poste au-delà de l’échéance de son mandat, le 2 avril.

• Lien média https://information.tv5monde.com/afrique/senegal-lopposition-se-mobilise-contre-le-report-sine-die-de-la-presidentielle-2707812?fbclid=IwAR3p2gWBN057-2752kL8U7JIu3zXlXQXcfPplCjd9XQ5ngPLw9bsTED7-Oc

● Le Sénégal en Ebullition : Le coup de Théâtre Institutionnel et l’Enigme de l’Election Présidentielle

Le Sénégal, traditionnellement un bastion de stabilité politique en Afrique de l’Ouest, est actuellement secoué par un coup de théâtre institutionnel inattendu.
Le 25 février 2024 aurait dû marquer la tenue de l’élection présidentielle, mais une série d’événements est en phase d’entraîner malheureusement son report.
Cette décision inattendue a été largement fustigée, remettant en question les fondements même de la démocratie sénégalaise.

La convocation du dialogue national, annoncée comme une tentative de résoudre la crise, a été elle aussi l’objet de critiques acerbes. Nombreux sont ceux qui considèrent cette démarche comme une tentative de camoufler les véritables motifs derrière le report de l’élection, plutôt que de trouver une solution transparente et consensuelle.

Malgré la nécessité d’un dialogue national inclusif, la manière dont il a été orchestré a soulevé des doutes quant à son efficacité réelle.
Certains voient cette convocation comme un moyen pour certains acteurs de gagner du temps, créant ainsi un sentiment d’impuissance au sein de la population qui aspire à des actions concrètes plutôt qu’à des discours politiques vides.

Le report en perspective de l’élection et les circonstances entourant cette décision jettent une ombre sur l’intégrité du processus démocratique, suscitant des inquiétudes quant à l’équité et à la justice dans le traitement des candidatures.

Aujourd’hui, le Sénégal se trouve dans une impasse politique déconcertante, devenant malheureusement la risée de l’opinion nationale et internationale.
La crédibilité du pays en tant que modèle de stabilité démocratique est sérieusement ébranlée, jetant des doutes sur sa capacité à respecter les principes fondamentaux de la démocratie.
Cette situation a des implications profondes non seulement pour le Sénégal mais également sur la scène internationale, car elle met en lumière les fragilités de la gouvernance démocratique dans un contexte où la stabilité politique est déjà mise à l’épreuve.
Macky Sall persiste à laisser une empreinte regrettable dans l’histoire politique sénégalaise, car, pour la première fois, le calendrier électoral n’est pas respecté, témoignant d’un mépris et d’un manque de considération.
Cette violation suscite des inquiétudes quant à la stabilité démocratique du pays.
L’opposition et une partie de la population expriment leur préoccupation face à cette dérive, soulignant que le pouvoir en place a réussi à imposer son agenda au détriment des principes républicains.

Cette situation soulève une question fondamentale : quand aura lieu l’élection présidentielle ?
L’incertitude entourant la date de ce scrutin majeur alimente le mécontentement et les appréhensions au sein de la population sénégalaise. Certains redoutent que le report de l’élection ne soit qu’un moyen de consolider le pouvoir en place, sapant ainsi la légitimité du processus électoral.
Quels plans ou stratagèmes pourraient être en jeu ?
Quelle sera la prochaine forfaiture du maître des lieux, peut-être un deal en perspective ?
En dépit de ces manœuvres politiques, nombreux sont ceux qui pensent que le peuple souverain, exprimera sa volonté de manière vigoureuse dans les mois á venir.

Le coup d’éclat réussi par le pouvoir pourrait bien être de courte durée, car la résilience de la population et son engagement en faveur de la démocratie pourraient se manifester de manière décisive lors de la prochaine élection présidentielle.
Ainsi, l’avenir politique du Sénégal demeure incertain, mais le peuple semble prêt à défendre ses droits et sa voix.

En définitive, le report de l’élection présidentielle, et le doute jeté sur l’équité du processus électoral ont plongé le Sénégal dans une situation politique sans précédent.
La nécessité d’une résolution rapide et transparente de cette crise est impérative pour restaurer la confiance nationale et internationale envers la démocratie sénégalaise.

MOMAR DIENG DIOP /ESPAGNE.

• Lien média https://initiativesnews.com/index.php/2024/02/03/le-senegal-en-ebullition-le-coup-de-theatre-institutionnel-et-lenigme-de-lelection-presidentielle/

● Mauritanie : En attendant la présidentielle… [Afrimag]

Afrimag – Après avoir organisé, en juin 2022, des élections municipales, législatives et régionales, qui ont consacré la mainmise d’El Insav (parti au pouvoir) sur la quasi-totalité des 216 conseils municipaux, la totalité des régions (13) et plus des deux tiers des députés de l’Assemblée nationale (176), la Mauritanie se prépare à appeler les électeurs aux urnes, en juin 2024, pour élire un président de la République.

Candidat déclaré à sa propre succession, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani est donné vainqueur face à des candidats de l’opposition qui n’ont pas vraiment les moyens de leurs ambitions politiques.

Les amabilités entre la majorité et l’opposition ont déjà commencé à l’Assemblée nationale sur fond de la présentation par le Premier ministre, Mohamed Bilal Messoud, du bilan de son gouvernement. Une compilation de chiffres qui constitue, chaque année, un exercice très attendu qui, malgré une nomenclature qui ne change pas, se veut une progression dans la mise en œuvre du programme «Taahoudati» (Mes engagements) du président Ghazouani arrivé à terme de son quinquennat.

Alors que le Premier ministre évoque, au niveau de chaque secteur clé (éducation, santé, eau et électricité, protection sociale, défense et sécurité, lutte contre la corruption) «d’importantes réalisations», depuis son dernier «bilan», en janvier 2023, les députés de l’opposition les plus virulents (Biram Dah Abeid, Me El Id Ould Mohameden et Mohamed Lemine Ould Sidi Maouloud) parlent d’un bilan «décevant.»

Malgré les conditions favorables, avec une opposition en décrépitude, le pouvoir ne laisse jamais rien au hasard. Au niveau du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, le plus fidèle des soutiens de Ghazouani, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, passé de Directeur de Cabinet à un ministère qui gère le quotidien des Mauritaniens, est déjà à l’œuvre.

Comme à la veille des précédentes élections, il bat le rappelle des formations politiques, reconnues ou non, à la recherche d’un semblant de consensus pour réexaminer- et valider- la loi sur les partis ! Ce qui n’a pas empêché le député Biram Dah Abeid, candidat déclaré à la présidentielle de 2024, après deux tentatives infructueuses en 2014 et 2019, de dénoncer une manipulation cherchant à maintenir le refus de reconnaissance de son parti RAG et des FPC (Forces progressistes du changement), ancien Flam.

Ould Mohamed Lemine qui vient d’opérer un vaste mouvement dans l’administration territoriale se présente toujours comme le « Gardien du temple ». Malgré sa sortie du Palais où il a cédé le poste stratégique de Dircab à Moctar Ould Diay, ancien ministre des Finances de Mohamed Ould Abdel Aziz, il détient toutes les cartes du jeu électoral par l’entremise d’une majorité qui fait de la réélection de Ghazouani le seul objectif qui vaille.

L’opposition en rangs (très) dispersés

L’opposition mauritanienne ne parvient toujours pas à tirer profit des erreurs du pouvoir. Celui-ci peine à faire face aux questions qui fâchent. Comme les conditions de vie très difficiles n’épargnant que ceux qui ont d’autres ressources « douteuses » leur permettant de narguer les populations pauvres avec un train de vie dispendieux. Ou encore ces nominations qui reproduisent des schémas clientélistes à l’approche de chaque élection.

L’opposition ne comprend surtout pas que ses candidats n’ont aucune chance face à la machine électorale bien huilée de la majorité, si elle s’obstine à aller aux élections en rangs dispersés. C’est le cas de tous les scrutins depuis 2005 à nos jours. Alors que, face à Taya, en 1992, Ahmed Ould Daddah avait réalisé un score honorable (32,75%), malgré le bourrage des urnes, l’opposition n’est jamais parvenue, depuis à dépasser la barre des 20%.

Si Biram Dah Abeid tient toujours le langage d’une opposition qui campe toujours sur ses positions jusqu’au-boutiste, vilipendant un pouvoir qu’il accuse de tous les maux, ce n’est plus le cas des autres «oppositions» gagnées par l’usure du temps (le RFD d’Ahmed Ould Daddah, l’APP de Messaoud Ould Boulkheir et l’UFP de Mohamed Ould Maouloud, tous trois d’anciens opposants de Maaouya Ould Taya, entre 1984 et 2005) ou encore des islamistes de Tawassoul dont beaucoup de leaders et « argentiers » ont fini par rejoindre le pouvoir avec armes et bagages.

Cette situation morose explique le désintérêt de beaucoup de Mauritaniens pour une élection présidentielle au résultat connus d’avance. Ghazouani, comme Aziz, est assuré de rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans et, déjà, certains voient en l’actuel ministre de la Défense, un autre général à la retraite, le candidat du pouvoir en 2029 !

Par Mohamed Sneïba, Correspondant Permanent – Nouakchott

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