Dans un communiqué publié aujourd’hui, le Bloc politique du Nord , membre du parti Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul), dirigé par Dah Ould Sneiba , a annoncé son retrait du parti, en guise de protestation contre l’exclusion du député Saadani Mint Khaytour .
Ce groupe politique fait porter la responsabilité au parti Tawassoul , quant aux conséquences et répercussions de la décision d’expulser Mint Khaytour.
Il qualifie cette démarche d’injustice, visant clairement le musellement et la confiscation des libertés privées des militants du parti, selon le communiqué.
Tawassoul avait expulsé hier, Mint Khaytour, membre du parlement mauritanien, pour avoir critiqué cheikh Mohamed al-Hassan Ould Deddew. Lequel ne dénonce pas , en tant que Faghih et savant , les tares de la société traditionnelle sur les questions du passif humainitaire et d’inégalité des classes sociales.
Senalioune – Le parti du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul) paiera le prix social, moral et politique de sa décision, a affirmé la députée Saadane Mint Khaitour, faisant allusion à la mesure disciplinaire dont elle a fait l’objet sur décision du Bureau Exécutif de cette formation politique.
Tawassoul a montré qu’il n’y a pas de place pour les exclus, a-t-elle dit, au cours d’une conférence de presse, tenue le vendredi 27 mai courant avec le leader de l’IRA et député à l’Assemblée nationale Biram Dah Abeid.
Saadane a promis de revenir ultérieurement, une fois le moment venu sur la portée juridique de la mesure, indexant ceux qu’elle a qualifié de racistes au sein de Tawassoul, d’être les vrais instigateurs de la décision la visant et d’avoir pousser le parti à la prendre.
Le parti islamiste avait exclu la veille parlementaire Saadane Mint Khaitour pour l’avoir indexé de manque de dénonciation des pratiques esclavagistes courantes et des inégalités cruelles entre les différentes composantes sociales du pays, rappelle-t-on.
À l’occasion de la 22e édition du Forum de Bamako qui a débuté jeudi 26 mai, l’imam Mahmoud Dicko, grande figure du pays, s’est positionné sur la crise que vit actuellement le Mali.
C’est en marge du Forum – dont le thème est : « Femmes, paix, sécurité et développement en Afrique » – que l’imam Mahmoud Dicko s’est exprimé. Une intervention très remarquée, puisqu’il s’est étonné de l’intitulé de cette rencontre alors que le Mali traverse une crise.
Lorsque l’imam Mahmoud Dicko prend le micro, il affirme clairement qu’il veut parler de la crise malienne. Pour lui, les dirigeants actuels au pouvoir à Bamako et la communauté internationale sont en partie responsables de la situation que traverse son pays.
« L’arrogance de nos dirigeants, je le dis ici, je vais sortir et ils vont m’interpeller, mais je le dirais, leur arrogance et l’orgueil de la communauté internationale, c’est le peuple malien qui est en train de payer ça. C’est extrêmement grave », tance-t-il.
« Classe politique moribonde » Et très rapidement, il pointe également du doigt la classe politique locale : « Une classe politique moribonde, qui ne bouge pas, qui n’existe plus. Une société civile qui a cessé d’exister, il faut le dire. Aujourd’hui, le peuple est trimbalé entre des gens qui veulent une transition indéfinie, des gens qui ont des principes tuent au nom de ces principes. Le peuple malien, l’Afrique entière doit assister à sa destruction, à son effondrement sans lever le petit doigt ? Je crois que l’histoire retiendra cela. »
Les partisans de l’imam Mahmoud Dicko préviennent : désormais, on l’entendra parler de plus en plus de la situation du pays afin, disent-ils, de « défendre les populations ».
Le bureau exécutif du parti Tewassoul a décidé jeudi soir l’exclusion définitive de ses rangs du député Saadany mint Kheytour.
Dans un communiqué qu’il a publié, le parti a chargé les structures administratives et juridiques du parti d’informer l’intéressée de cette décision.
La crise s’est accentuée entre le député et son parti depuis que celle-ci s’est exprimée dans un groupe sur Wattsap sur ce qu’elle a appelé le silence coupable du Cheikh Mohamed El HacenO. Deddew à propos de l’esclavage en Mauritanie et le charge pour n’avoir pas prononcé une Fatwa en ce sens.
Ceci est intervenu après une vive altercation avec l’ancien député Mohamed Ghoulam ould El hadj Cheikh qu’elle a vertement critiqué dans son dernier enregistrement vidéo.
Mint Kheytour est une activiste du parti Tewassoul à travers lequel elle est entrée au parlement, mais elle s’était particulièrement distinguée par ses propos acerbes qui ont provoqué de grandes controverses, elle qui se considère porte-parole du Harak, (le mouvement) de la caste de Lim Almine (forgerons).
~~Parti pour la Refondation et l’Action Globale (RAG)
Partis et Ongs face au cloisonnement ethnique en Mauritanie Petite chronique de l’exclusion
23 Mai 2022
1. Au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2019, annonce commise de manière jusqu’ici inconnue des Mauritaniens, le rassemblement ayant porté la candidature de Biram Dah Abeid décida de reconnaître le verdict des urnes, en dépit des signes évidents de son tripatouillage. Entre autres soutiens, le parti Refondation pour une Action globale (Rag), déjà interdit à l’époque, sera le plus prompt à promouvoir l’apaisement, non sans succès, d’ailleurs.
2. L’atmosphère de surchauffe sociale et de scepticisme quant à la crédibilité des chiffres et du classement des candidats selon le nombre des voix, dictait le choix du dialogue et de la concertation, envers et contre les tentations de la révolte de rue. Quelques semaines après le retour au calme et la libération des manifestants, s’ouvrait une ère de collaboration, sur les dossiers épineux, tels la non-reconnaissance de formations politiques et d’associations de la société civile, malgré leur poids, respectivement confirmé dans les urnes et en termes de présence sur le terrain des luttes de la citoyenneté.
3. Afin de mener, efficacement, la campagne de normalisation de l’opinion et du retour à la régulation pacifique des contentieux, le pouvoir accordera, à la mouvance précitée, la liberté de mouvement sur l’étendue du territoire, avec la faculté d’entreprendre des activités de mobilisation et de formation, sans subir de contrainte, aucune. Ainsi, profitant d’un climat d’entente mutuelle, les activistes de Rag et de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira) se sont mis à sillonner le pays, en toute quiétude. Lors de ses déplacements, le député Biram Dah Abeid bénéficiait de l’accueil des autorités de l’Etat et suscitait la présence des journalistes de média publics. Tout allait au mieux, la confiance retissée prenait forme et la perspective d’une anticipation de crises postélectorales se précisait. Récemment, en avril et mai 2022, les mêmes délégations effectuaient une mission de nature identique dans les capitales régionales du Trarza, du Guidimagha, du Gorgol, de Dakhlet Nouadhibou, et de l’Inchiri ; pas une autorité administrative ou sécuritaire ne le gênera, durant leur parcours. Les attitudes de confrontation et de règlements de comptes paraissaient soudain passées de mode, pour ne pas dire en situation de caducité.
4. Cependant, à la sixième étape, en l’occurrence Atar, chef-lieu de la wilaya de l’Adrar, que les forces de l’ordre investissent le lieu de la réunion de Rag, avant d’y arracher, hors préavis, la banderole de l’évènement. Biram Dah Abeid, ses collaborateurs et les adhérents et sympathisants se trouvaient dans la la salle, d’où ils assistaient à l’intrusion. L’acte, outre son imprudence au milieu d’une foule de militants, dénote, aussi, le manque de respect, en sus de la provocation ; les commanditaires venaient de créer un incident de nature à annuler le processus de dépassement des écueils, par la négociation. Quelle est la particularité d’Atar et pourquoi seulement maintenant ? Qui est l’auteur de la décision et quels en sont les motifs.
5. Le Bureau exécutif du parti Rag s’alarme de la manière dont l’honorable Biram Dah Abeid fut traité, surtout en concomitance à un regain d’incitation à la violence, qui visent sa personne et la légitimité de son combat, comme s’il fallait neutraliser les deux, à la veille de la convocation du collège électoral, en octobre 2023. L’année suivante, la population élira le Président de la République et Biram Dah Abeid ne fait mystère de son ambition.
6. A cet égard, le Bureau exécutif rappelle, à l’ensemble des Mauritaniens la résolution sans réserve de Rag à poursuivre son travail de persuasion, au plus près de nos compatriotes et des partenaires stratégiques, afin d’expliquer et de rendre à portée de suffrage, le projet d’une rupture salutaire d’avec l’ère des compétitions fermées, de la fraude, de l’impunité et des privilèges de naissance. La réalisation de l’objectif multidimensionnel d’une Mauritanie enfin émancipée du statu quo de la domination, requiert l’exercice de la responsabilité au sommet de l’Etat. Parmi les échelons importants qui y mènent, Rag et ses alliés briguent la victoire aux scrutins de renouvèlement des députés et des conseillers de mairie et de région. Nul ne parviendra à les en exclure, à moins de devoir suspendre le droit, en premier la Constitution !
7. Rag ne cherche pas à aggraver la déception du peuple, face à l’échec de la lutte contre la corruption et les faux diplômes au sein de la fonction publique, pas plus qu’il ne souhaite déclencher un vaste mouvement de résistance aux expropriations foncières dont se plaignent tant de nos compatriotes, notamment au sud. Chacun de ces défis sera traité, le moment venu et sans heurts, grâce à notre expertise en matière de résolution des conflits. Nous sommes la force émergente de l’anticipation et de la médiation, qui s’adosse à vos bulletins de vote, en vue de construire une nouvelle majorité au service de l’égalité et du mérite. Les travailleurs manuels des villes, paysans, étudiants, braves mères de famille, les étudiants et la jeunesse désargentée et triste ont besoin de Rag, lequel constitue, dès lors, une partie de la solution, si ce n’est son socle.
~En France ou en giron britannique | Sur l’ascension politique et régalienne visible des minorités, pour les uns un paternalisme égoïste et condescendant et pour les autres une indifférence pragmatique.
1 – Sadiq Khan, Maire de Londres depuis 2016 (en cours de 2 ème mandat), musulman d’origine pakistanaise et gentleman britannique qui s’assume comme tant d’autres de ses concitoyens aux origines diverses dans une indifférence plate et positive.
2 – Pap Ndiaye, nommé ministre de l’éducation nationale il y a quelques jours, universitaire et intellectuel reconnu, mais visiblement un « pap Ndiaye » à cette position ministérielle gêne énormément certains milieux en France. On construit l’actualité sur son cas dans les médias sans nommer clairement ce qui gêne en lui. Il serait pris comme secrétaire d’État aux outre-mers, ça n’aurait pas fait ce brouhaha hypocrite aux relents racistes. Il met en avant la méritocratie républicaine mais certains de ses détracteurs intellectuellement beaucoup moins calés que lui, le voient comme l’expression d’une anormalité qui bouscule amèrement leur schéma statique. En France, anciennement grand pays colonisateur et terre chrétienne très dynamique aux temps de Croisés, y sévissent toujours des stigmates tenaces liés à cette histoire, et c’est quasiment systémique. L’électorat de Marine Le Pen, celui de Zemmour et une autre partie transversale de l’ensemble de l’électorat, ne supporteraient pas ce monsieur à ce poste à cause de son nom et de sa personne physique. Ils y voient l’expression mélancolique d’une déchéance pour leur monde….dit blanc suprémaciste.
••CONFORMÉMENT À LA NOUVELLE CHARTE DE LA TRANSITION QUI APPROUVE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CNT DE 121 À 147, LA COORDINATION CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES (C.C.E.S) A MANIFESTÉ SA VOLONTÉ D’AVOIR UN SIÈGE AU SEIN DE LA NOUVELLE CONFIGURATION DE L’ORGANE L’LÉGISLATIF DE LA TRANSITION. DANS UNE CORRESPONDANCE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA TRANSITION, LE COLONEL ASSIMI GOÏTA, LA C.C.E.S A SOLLICITÉ LA NOMINATION DE MR BOUBACAR N’DJIM COMME SON REPRÉSENTANT VALABLE AU CNT.
Composée de plusieurs organisations africaines et panafricaines qui ont pour but essentiel d’éradiquer l’Esclavage et ses pratiques assimilées partout en Afrique, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a émis son souhait d’avoir un représentant au sein de la nouvelle recomposition du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif de la transition. L’objectif selon ce collectif, c’est d’avoir un créneau de plus, une autre voix qui porte pour défendre mieux l’égalité de tous les êtres humains au Mali. En effet, l’organisation a tenu à rappeler que ces dernières années, « l’Esclavage par ascendance dans la région de Kayes a pris une autre tournure qui a mis dans l’eau tous les efforts de l’Etat malien depuis l’indépendance, les forts des organisations de défense des droits de l’homme tant nationale qu’internationale, ainsi que les efforts des experts des droits de l’homme des Nations Unies pour le Mali ». Tout en se réjouissant de la présence au CNT du Président de Temedt qui est aussi une organisation qui lutte contre l’esclavage au Mali, la C.C.E.S a sollicité, dans une correspondance, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta de nommé Mr N’Djim Boubacar comme son représentant au sein de l’organe législatif de la Transition. « Dans le souci d’accentuer nos actions de communication, de sensibilisation et de plaidoyer au Mali, nos organisations de défense des droits de l’homme qui sont mobilisées dans la lutte contre l’esclavage vous préconise de nommer Mr N’Djim Boubacar comme Conseiller au Conseil National de Transition (CNT), Organe législatif de la transition » a noté explicitement cette correspondance. Comme argumentaire, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles souligne que le sieur N’Djim Boubacar a montré ses preuves à travers plusieurs actions qui ont permis de préserver la vie des milliers de victimes parallèlement à l’évacuation de plusieurs autres dossiers devant les parquets. « Il se trouve aujourd’hui qu’il (Boubacar N’Djim) est incontournable sur le terrain dans la lutte contre l’esclavage au Mali à travers son organisation {Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme, (MSD)}. Il nous rapporte des informations pour nous permettre de mieux communiquer en cas d’alertes d’affrontements liés à cette pratique odieuse », donc sa nomination comme conseiller dans l’organe législatif de la transition permettra sans nul doute de donner un vent d’espoir aux milers de victimes des pratiques esclavagistes au Mali.
🔴 Al-Akhbar (Nouakchott) – Le pôle « Alternance démocratique », l’un des pôles d’opposition participant au dialogue, a décidé de se retirer des séances auxquelles il participait depuis sa création, en signe de protestation contre ce qu’il a qualifié de « provocations » contre l’ancien candidat présidentiel Biram Dah Abedi.
Le leader du pôle d’opposition et chef du parti Rag (en cours de constitution), Omar Ould Yali, ont confirmé dans un communiqué à l’agence de presse qu’ils avaient décidé de se retirer de ces séances jusqu’à nouvel ordre.
Le pôle comprend le Parti Sawab représenté au Parlement par trois députés, dont Biram Dah Abedi, le Parti Rag (en cours de constitution), et l’aile Manifeste des Haratines dirigée par Ould Hindia.
Le Président Omar Yali a déclaré que le pôle considérait que les justifications fournies pour la prise d’assaut par la police de la réunion du congrès du parti dans la ville d’Atar n’étaient pas convaincantes, car le parti avait auparavant tenu plusieurs autres congrès régionaux sans faire l’objet d’aucun harcèlement.
Ould Yali a ajouté : « Il était également possible d’avertir de ce qu’ils considéraient comme un avertissement sans utiliser cette méthode provocatrice. »
Ould Yali a souligné que ce qui s’est passé contredit ce qu’ils avaient convenu avec le président Mohamed Ould El Ghazouani, et en conséquence ils ont décidé de se retirer des sessions de dialogue national.
Le Calame – Le comité préparatoire des concertations nationales a arrêté à 580 personnes, la liste de participants aux concertations nationales dont le lancement officiel est prévu en ce mois de mai 22.
Ces participants sont d’abord issus des deux camps politiques (300), de personnes ressources (40), de la diaspora (20), du patronat (10), des centrales syndicales (20), centres d’études et de recherches (5), l’Association des maires (10), ordres professionnels (30), Ulémas et Imams (10), Associations Arts et Lettres (5), OSC (30), conseils régionaux (20), députés, (50), Conseil économique et social (5), Institution de l’Opposition (10, Haut Conseil de l’éducation (5), Observatoire national des Droits de la femme (5) et du haut Conseil de la décentralisation (5).
Certaines organisations désigneront leurs représentants tandis que d’autres définiront leur propre clef de répartition.
50 personnes encadreront les différents ateliers. Pour critère de désignation des participants, le comité recommande aux différents organisations de mettre l’accident sur le genre, l’âge, la diversité, la compétence et la représentativité.
Le comité préparatoire a fixé, par la même occasion, les thématiques, objets des concertations. Il s’agit de propositions des différents partis politiques, recoupés autour de 3 grands thèmes : Processus démocratique/ Etat de droit qui portera sur la réforme du système électoral, le renforcement des libertés et réforme institutionnelles ; Unité nationale et Cohésion sociale dans lequel sont rangés, l’esclavage et ses séquelles, dossiers nationaux en suspens (droits de l’homme) et justice sociale et équité ; Bonne gouvernance déclinée entre réformes administrative et judiciaire, réforme agraire et protection de l’environnement.
Ce travail marque la deuxième étape du processus de dialogue en gestation depuis quelque temps. Les thèmes retenus posent les problèmes nationaux. Seulement, il y a lieu de s’interroger sur ce fameux dossier du passif humanitaire et de cette école républicaine. En effet, il s’agit d’équations de l’unité nationale que le gouvernement a entamé de régler sans attendre le dialogue.
Les états généraux de l’éducation ont été tenus et le ministère de l’éducation nationale s’est empressé de produire un projet de loi sur la réforme du système éducatif. Sur le passif humanitaire des tentatives de règlements sont amorcés avec les rescapés militaires, les veuves et les orphelins. Certains observateurs se demandent si on n’a pas voulu couper l’herbe sous les pieds des dialoguistes.
La Mauritanie a connu deux dialogues sous Ould Abdel Abdel Aziz, elle continue toujours de vivre les mêmes problèmes, parce qu’on n’a pas voulu évacuer certaines questions relatives surtout au vivre ensemble et à la bonne gouvernance. En Mauritanie, hélas, des citoyens peuvent inciter à la violence, à la déportation, voire aux meurtres contre d’autres concitoyens sans que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur ?
Dans notre pays, on ne se gène pas face aux inégalités criantes entre les citoyens, aux injustices, à l’exhibition de richesses dont les origines ne peuvent être que douteuses. Le dialogue en gestation saura-t-il préconiser des solutions radicales pour enrayer de tels errements ? Les acteurs du dialogue ont-ils gagné en maturité par rapport aux dialogues précédents?
Leur souci de l’avenir de leur pays remportera-t-il sur celui des intérêts égoïstes, claniques et partisans ? Enfin, le président de la République mettra-t-il en oeuvre, comme il s’y est déjà engagé les recommandations consensuelles sorties de ces concertations ?
Des audio ignobles circulent dans les réseaux sociaux pour stigmatiser dans les termes les plus abjects et les plus crus, la communauté pular en Mauritanie. Cette communauté a vécu les pires exactions qui aient été commises dans notre pays depuis l’époque coloniale. Son drame le plus emblématique est le sinistre passif humanitaire, entreprise criminelle exterminatrice destinée à briser en elle tout élan d’appartenance à la patrie commune, tout sentiment de citoyenneté égale à celle des autres communautés, singulièrement à la communauté arabe. Les groupes chauvins infiltrés au plus haut niveau de l’État, se sont employés pendant des décennies à repandre leur bile et leur haine au point de banaliser les discours les plus abjects à l’encontre des l’kwars et des autres communautés négroafricaines. Des intellectuels bien en vue, déclinent ouvertement leurs thèses racistes et poussent à la confrontation, théorisant et justifiant la marginalisation, la périphérisation et l’inivisibilisation accelérée des cadres négroafricains massivement écartés de l’espace public et délibérément poussés à l’exil dans leur propre pays. L’Etat assume les appels publics à la haine en laissant faire et en laissant aller ces dérives que tout le monde ressent désormais comme des actes de totale banalité. Sous la décennie de Mohamed Ould Abdel Aziz, il n y a pas eu que des crimes économiques monstrueux vis à vis de notre peuple. Il y a eu également la tentative d’ensevelir ce passif humanitaire dont le règlement définitif en cours avait été interrompu par son coup d’Etat. Il y a eu enfin cette incroyable machine d’exclusion que fut le système de délivrance des pièces d’état-civil, mis en œuvre notamment pour dénaturaliser et expulser de l’espace civique des pans entiers de notre société pour cause d’appartenance ethnique ou de caste. Jamais, dans l’histoire du pays, une telle haine contre des communautés n’a atteint un tel paroxysme. Et pourtant, il existe dans le pays, un véritable consensus national pour résoudre les problèmes inévitablement liés à une coexistence vivante entre des communautés unies par une longue et feconde histoire, une religion unique et des cultures d’une incroyable similarité. Ce consensus national s’est manifesté en maintes et maintes occasions comme par exemple lors de ces fameuses journées de concertations initiées sous le régime national démocratique de Feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, qui, le premier, osa prendre le taureau par les cornes en reconnaissant l’existence de ce passif humanitaire et en traçant clairement la voie la plus adéquate en vue de son règlement effectif et consensuel. Ould Abdel Aziz y a mis fin, armé de ses ouguiyas, de ses petits barons en mission et de ses prières hypocrites. L’espoir fut brisé net dans le cadre d’un système de plus en plus ouvertement séparatiste destiné à diviser le peuple mauritanien en fractions hostiles pour mieux régner sur tous, sans partage et sans frein. Aujourd’hui, l’essentiel des forces politiques et sociales s’apprête à poursuivre l’œuvre intertompue par Aziz en allant dans la sérénité à un dialogue national inclusif au premier plan duquel figurera la question de l’unité nationale et sociale du pays. Cette perspective affole les tenants du statu quo séparatiste dont la propagande dans les médias et dans les réseaux se multiplie et s’enfle, avec frénésie, dans le fol espoir de saborder cette autre chance historique de notre pays, de panser ses blessures, de renforcer son unité et de se tourner résolument vers le destin rayonnant d’une nation unie et forte. En définitive, notre peuple uni vaincra .
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