MAURITANIE : JUSTE MAIS INSUFFISANT (IRA-MAURITANIE)

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Apostrophe à l’autorité exécutive

Le 18 février, la justice de la Mauritanie mettait un terme aux poursuites contre les opposants en exil Mohamed Ould Debbagh, Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi. Également cibles de tentative d’émission de notices rouges auprès d’Interpol, les trois parcouraient le monde sans contrainte ; ils dévoilaient ainsi le caractère fantaisiste des griefs retenus par des juges aux ordres du Président d’alors, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que le ministère public renonce, de lui-même, à sa propre requête en dit long sur l’instrumentalisation partisane du droit et son corollaire, la sujétion des magistrats à l’autorité du prince. La fin de la persécution permet aussi le retour, au bercail, du groupe de rap Oulad Leblade et du poète Mohamed Yahya Ould Lemsaïdov ; tous pourront désormais redonner libre court à leur art.

L’épilogue réjouit de nombreux compatriotes et rappelle notre plaidoyer, constant, afin de soustraire les instruments légaux du pouvoir, aux tentations de règlement de comptes avec les adversaires du gouvernement. L’acte de normalisation, porté au crédit du Président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, mérite compliment et adhésion.

Cependant, le climat d’apaisement et de transparence, revendiqué depuis le début du quinquennat requiert, d’urgence, la levée de l’interdiction de certains partis, en particulier les Forces Progressistes du changement (Fpc), Radical pour une Action Globale (Rag) et l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Le Chef de l’Etat en avait d’ailleurs pris l’engagement, à mainte reprise, depuis son investiture.

Autre objection du moment, l’heureuse occasion ne saurait faire oublier que la police vient d’engager une sombre campagne d’arrestation, visant des dirigeants locaux de l’Alliance pour la refondation de l’Etat mauritanien (Arem), des activistes de la laïcité et des féministes de renom. Comme d’habitude, les enseignes et hauts parleurs de la domination entourent l’évènement, d’une studieuse censure.

Ira-Mauritanie réitère sa solidarité aux victimes de la coercition indue et réitère l’engagement à défendre l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et empêcher la dérive du pays vers l’obscurantisme religieux.

Nouakchott, le 20 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Rencontre CVE/VR – IRA Mauritanie

Le Conseil des Présidents de la CVE/VR a reçu ce jeudi 13 février 2020 une délégation conjointe d’IRA Mauritanie et du parti RAG conduite par Madame l’Honorable députée Coumba Dada Kane et comprenant M. Balla Touré, Secrétaire général du RAG, M. Elhadj El Id, Coordinateur de IRA Nouakchott et Dah Boushab.
Après le discours de bienvenue du Docteur Alassane Dia, Mme Kane a pris la parole pour transmettre les salutations du Président Biram Dah Abeid et ses félicitations au Conseil des Présidents de la CVE/VR, suite à la mise en place des nouvelles structures de la coalition. Ce fut ensuite au tour des membres des deux délégations de prendre la parole pour mettre l’accent sur la convergence des objectifs. Il en est apparu que les deux groupes sont tout autant animés par l’intention de bâtir une Mauritanie juste et égalitaire, réconciliée avec elle-même.

Les deux délégations sont convenues de se revoir très bientôt pour étudier les modalités pratiques de leur collaboration.

Nouakchott le 13 Février 2020
La Cellule de Communication

©️ Crédit source: Réseaux CVE/VR

Démenti : Aucun règlement intérieur ne bannit le français dans l’hémicycle du parlement Mauritanien

Adrar-Info – Nous avons été surpris par un article publié sur le site internet de radio France internationale et apparemment sujet d’un reportage la veille sur les ondes de cette respectable radio, annonçant l’interdiction de l’usage de la langue française au Parlement mauritanien. Cette information est tout simplement infondée.

Le français comme toute autre forme d’expression n’a jamais fait l’objet d’une quelconque interdiction dans l’hémicycle et certains députés continuent à en faire usage, pas plus tard que durant la dernière plénière, d’honorables députés se sont éloquemment exprimé dans cette langue qui reste en effet à côté de l’Arabe, l’une des langues de communication écrite dans les documents, lois et correspondances de l’Assemblée Nationale.

Mais étant qu’un nombre important de députés s’expriment dans leur langue nationale il est impératif et en conformité avec les exigences de notre règlement intérieur, d’assurer une traduction vers l’arabe.

Le service d’interprétariat ne peut plus assurer la traduction au delà de quatre langues; les trois langues nationales et la langue officielle, en l’occurrence, l’arabe.

Cet impératif d’ordre purement technique a été notifié aux députés intervenants, le président de l’Assemblée Nationale tenait à le rappeler à chaque fois que la nécessité s’impose et à aucun moment, il n’a été dit ni annoncé que le français est interdit.

Il n’est tout simplement plus traduit et comme beaucoup de députés ne sont pas francophones, le Président encourage les intervenants à s’exprimer dans les langues traduites.

Le parlement mauritanien qui se veut ouvert aux médias et qui a entrepris récemment d’importantes mutations dans ce sens, à travers la mise en place d’un site internet réactif, de plateformes d’information désormais présentes sur tous les réseaux sociaux et Possédant une chaîne de télévision parlementaire, expérience unique dans la sous région, se sent aujourd’hui consterné par cette information, dont l’instigateur n’a même pas pris la peine de s’assurer de sa véracité.

L’assemblée nationale qui dément ces faits en bloc, se tient à la disposition de la Presse à travers tous ses démembrements médiatiques pour éviter d’éventuels dérapages pareils.

L’Assemblée Nationale, le 05/02/20

©️ Crédit source: Adrar.info

Mauritanie-Tribune : Atteinte avérée à la liberté d’expression, par Ibnou Diagana (OCVIDH)

Atteinte avérée à la liberté d’expression. Députée de l’assemblée nationale Mauritanienne, sous le fallacieux prétexte d’un règlement intérieur sorti de nulle part sans consultation nationale, au mépris de notre « constitution » pourtant taillée sur mesure, notre compatriote, députée, militante des Droits Humains a été sommée par le président de l’assemblée nationale de se taire pour le motif d’une ‘interdiction imaginaire de la langue Française dans l’hémicycle. Faut il en pleurer ou en rire ? Il n’est absolument pas nécessaire d’aller chercher les raisons lointaines et objectives car elles sont beaucoup plus profondes et leurs étages demanderaient du temps et de l’attention. Alors de facto le but est fondametalent, de priver une partie de notre communauté nationale de communication , d’écoute, de vigilance, de compréhension et de mobilisation contre les futures lois scelerates d’une assemblée nationale concoctée sur mesure afin de jouer à la division du pays. Vouloir imposer l’Arabe ou les langues nationales sans un dialogue national avec le peuple c’est poser le vrai problème de la cohésion nationale et de l’échec cuisant de notre éducation nationale, qui aurait pu depuis ces longues années résorbé ce déficit par l’obligation de l’apprentissage de l’ensemble de nos langues nationales. Madame Coumba Dada en parlant dans sa langue maternelle, traduite en Arabe, ne bénéficiera nullement au sooninke que je suis car je ne me comprends, dans ce pays avec certains de mes compatriotes qu’avec cette langue étrangère mais instituée comme langue de travail depuis l’indépendance à nos jours. Un autre député Sooninke, Hassanya Bambara ou wolof, serait aussi totalement incompris malgré la traduction en Arabe, ainsi donc, instaurer un climat de sourd et muet dans un pays où le dialogue entre les cultures et les civilisations est mis en mal par les pouvoirs successifs souvent, adeptes d’une politique d’exclusion, d’acculturation et d’Arabisation outrancière du pays. Priver les élus de pouvoir communiquer dans une langue, celle dite de travail, à la base de la formation de tous les anciens cadres de ce pays, à la base de toutes les recherches scientifiques, culturelles et technologies c’est vouloir s’isoler du monde, c’est aussi une atteinte grave à la liberté d’expression fondée sur la volonté de priver une partie de la communauté nationale des décisions cruciales du pays et de leurs conséquences sur leurs vies et celles de leurs progénitures. Députée courage, battante de L’IRA Madame Coumba Dada avant son élection à l’assemblée nationale avait été licenciée abusivement de la caisse nationale de Mauritanie, du fait de son militantisme, de ces prises de positions pour un état de droit avec son lot de dénonciations contre les pratiques esclavagistes et le racisme institué sournoisement par l’état Mauritanien contre sa population Noire. Très curieux de voir à l’intérieur du pays, une opposition silencieuse voire complice vis à vis d’un président de l’assemblée injurieux à l’endroit d’un autre député El Ghassen sans que cela ne fasse un tollé général et qu’une forte mobilisation Arc en ciel se dégage pour sauver la » nation « . Quoi qu’il soit Madame, la députée Coumba Dada, je continuerai à parler avec toi en Français ne comprenant ni le poular ni l’Arabe et toi non plus ne pouvant t’exprimer en sooninke, notre seul recours est donc cette langue pour mieux se comprendre. Il est où le mal, est ce, être aliéné ? Est ce, ne pas aimer nos langues nationales ? C’est une folie de penser autrement. La nature a horreur du vide.

Ibnou Diagana de L’OCVIDH. France

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (5/2/2020)

Communication d’Initiative pour la Résugence du mouvement Abilitionniste en Mauritanie (Ira-M)

MAURITANIE : LES CHEMINS OBLIQUES DE LA DISCRIMINATION

Causes, enjeux et conséquences d’une imposture

🔹️Faits

Vendredi 31 janvier 2020, lors d’une séance plénière de la première session ordinaire du Parlement, Cheikh Ould Baya, président de l’institution, au nom de l’Union pour la république (Upr), le parti du Chef de l’Etat, apostrophait la députée de l’opposition, Madame Coumba Dada Kane, en des termes sans équivoque : « Un discours en français n’a pas de sens ici à l’assemblée nationale. Il n’a plus de sens » ; plus tard, il renchérit, toujours dans la langue ainsi rejetée : « Si, vous parlez en français, sachez que, en tout cas, les électeurs qui vous ont élu, ne vous comprendront pas ».

🔹️Contexte

Cheikh Ould Baya récidive ; à mainte reprise, devant ses collègues, il déclarait n’aimer ni ne respecter le Français, symbole, à ses yeux, de l’héritage colonial. D’ailleurs, le zèle du député-maire de Zouérate l’avait conduit à affirmer, le 28 juillet 2017, lors d’un meeting en compagnie de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans son fief municipal : « l’hymne national a été élaboré par un homme qui collaborait avec le colonisateur et chanté par un petit groupe de personnes » ; le propos visait feu Baba Ould Cheikh Sidiya, l’auteur de la politique de « pacification » au début du 20ème siècle ; aussitôt, ses nombreux disciples et admirateurs se mirent à manifester. Ould Baya leur présentait alors ses excuses, mettant un épilogue provisoire à une campagne de réécriture de l’histoire qui ressurgit, à intervalle irrégulier, depuis le putsch du 10 juillet 1978 ; de la fabrique de faux résistants et de généalogies contrefaites, à la modification du drapeau et de l’hymne, la Mauritanie parachevait, pendant les deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz, la tentative de modification de son récit, conduite par l’Etat et sous sa caution.

🔹️Substrat

L’incident du 31 janvier 2020, procède du processus de réécriture et de falsification du passé, désormais en vigueur au sein de l’ensemble maure. La dynamique négationniste résulte, elle, de l’arabisation au rabais, conduite, dès les années 1980, avec son bilan de destruction de l’enseignement, de la justice, de l’administration et d’abrogation de l’égalité des chances; le même délire, atteindra son paroxysme morbide, entre 1986 et 1991, durant les années de tortures, de déportations, d’assassinats, de spoliation foncière et d’humiliation, tous crimes jusqu’ici impunis, en vertu de la « loi n° 93-23 du 14 juin 1993 portant amnistie » ; le texte, toujours en vigueur, interdit la moindre poursuite contre les auteurs de violences racistes, leurs complice et receleurs. Du jour au lendemain, des milliers d’élèves, étudiants, de cadres et de militaires négro-africains se retrouvaient, victimes de l’exclusion linguistique ; ceux qui n’ont pu apprendre l’Arabe ou refusé l’assimilation brutale s’installaient, dans le statut d’une citoyenneté périphérique, comme l’atteste, ces dernières années, leur laborieux enrôlement au registre de l’état-civil. Des centaines de fonctionnaires perdaient ainsi le travail, la considération et la subsistance. Quelques-uns s’exilaient vers des latitudes plus réceptives à leur talent. Nombre d’entre eux, du seul fait de la qualification, s’imposèrent, tôt, dans la fonction publique internationale, les cabinets d’avocat ou le management d’entreprises, loin du bercail. Ceux restés au pays, se contentaient alors de positions subalternes qu’ils devaient défendre à force de soumission et d’alignement sur les factions de tribus et de clans.
Impact

Au terme de quatre décennies d’arabisation bas de gamme et de chauvinisme d’Etat, le projet d’une cité moderne a été systématiquement investi, dévalisé, déstructuré puis mis en coupe réglée sous la médiocratie d’une élite de substitution, à peine instruite de l’intérêt général, du droit et des notions universelles de sanction et de récompense ; une classe de parvenus, où l’inculture, l’aigreur, le désir de revanche et le réflexe tribaliste motivent l’acharnement à abolir le mérite, a pris le pouvoir et entend le garder. La guerre au Français découle du parachèvement de cette volonté de résistance à la rationalité de la gouvernance selon les critères de la compétence et de l’intégrité. L’écroulement de l’Etat et de l’éducation nationale, la vénalité de l’appareil judicaire et l’ethnicisation de la diplomatie témoignent assez d’une régression en cours d’accomplissement. Une majorité de mauritaniens semble s’en accommoder, à cause des lacunes parmi le personnel dirigeant et de la résignation fataliste chez un peuple qui produit des charlatans, des féticheurs et des faiseurs de miracle, en guise de héros.

🔹️Malentendus

Or, l’audace, voire l’imprudence du dessein suscite quelques observations de circonstance :

  1. Il convient de relever, ironie du sort, que les promoteurs de l’arabité exclusive s’obstinent, quand ils en ont les moyens, à envoyer leur progéniture dans les établissements bilingues mais incitent les enfants des humbles, à endurer l’école monolingue, au demeurant réduite à la clochardisation. La domination reproduit, ici, sa mécanique le plus efficace.
  2. Le Français, outil de travail du gouvernement, de l’économie, de la diplomatie et de l’environnement régional reste au cœur de la société et régit l’essentiel de la documentation et de la correspondance, jusqu’au sommet de l’Etat. L’en extirper au profit d’une seule langue suppose la disponibilité à un bouleversement moral et intellectuel, d’une ampleur sans précédent.
  3. La Mauritanie garde, jusqu’à ce jour, la qualité de membre de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et de son assemblée parlementaire. Maintenant, l’interrogation sur son appartenance aux deux entités évolue d’une question de politique domestique à un défi pour notre crédibilité à l’extérieur.
  4. La traduction simultanée des langues non-écrites vers l’Arabe et inversement, date d’une directive de juillet 2019, laquelle ne prévoit le même service entre les députés locuteurs du Pulaar, du Soninké et du Wolof, ainsi figés dans la posture d’une minorité, toujours en demeure d’accepter son atomisation.

🔹️Conclusion

À présent, la crise interpelle le Président de la république et de sa majorité, dont le silence entretient l’ambiguïté, surtout si l’on se souvient d’une hystérie similaire, lors de l’ouverture du congrès de l’Upr, le 28 décembre 2019 :

  1. La virulence et la récurrence des écarts imputés au leader du Parlement – parfois des attaques ad hominem à l’endroit des élus – appellent une clarification. Soit la Mauritanie se déclare francophobe et l’assume, y compris sur le plan international, en adoptant, sans détour, le nationalisme arabe comme doctrine du gouvernement, soit elle en désavoue les promoteurs. Les postures du grand écart et de l’ambiguïté arrivent à péremption. A force se croire toujours plus malin, l’on finit par ne plus inspirer confiance, d’abord à ses alliés.
  2. Le pays a besoin d’une loi qui tranche le litige de la langue dans l’espace public et confère, au choix, force, précision et légitimité. Si l’usage du Français est un délit ou un objet de censure, il convient de trouver, à la restriction, un fondement normatif.
  3. Le repli sectaire sur les fantasmes de l’identité, la culture du faux, le déni d’équité, l’intolérance et l’extrémisme religieux sont le fruit mûr de l’arabisation à outrance ; un tel legs du régime des colonels, sédimenté durant 4 décennies, ne correspond plus à l’hypercompétitivité du monde ; pire, il fragilise le pays, tandis que tonne, aux frontières, le grondement du jihadisme. Il y aurait inconséquence tragique à mener, si près du front, des batailles d’arrière-garde et des diversions sans issue, d’autant que l’ennemi menace, de l’intérieur.

Ira-M, Nouakchott, le 4 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie/Politique : Osons !, par Bocar Oumar BA

Arrêtons-nous juste un instant. Le président du Parlement traite un élu du peuple d’étranger, voire de bâtard (si mon hassaniya ne m’a pas trahi), au sein même de l’hémicycle de l’assemblée nationale, tout ça dans un pays où il y a seulement quelques mois, une célèbre marche fut organisée au plus haut niveau contre les « discours haineux », et ça suscite à peine quelques indignations…

Les députés et militants de la majorité qui avaient tous soutenu cette fameuse marche hypocrite doivent avoir le cerveau surconnecté carrière pour ne pas voir que l’insulte leur est adressée au même titre. Quelle misère politique, intellectuelle et éthique que celle qui tue en vous cette dose minimale de dignité qui ferait dire à n’importe quel homme ou femme:  » non, je n’irai pas jusque là! « 

Et c’est dans ces rares cas que j’apostrophe directement les négro-africains qui militent au sein du parti au pouvoir pour leur dire d’oser la dignité minimale. Je ne suis pas, et ne serai jamais de ceux qui leur reprochent leurs nominations à des postes de responsabilité. Je le leur souhaite même, et grand bien leur en fasse! Mais quand ils participent à des manifestations hypocrites organisées par le pouvoir, dont on voit bien que la seule cible c’est nous autres militants noirs soulevant les vraies questions de discrimination dans ce pays, ils doivent avoir le minimum de courage de demander que le principe s’applique quand ce n’est pas un Biram, un IMS, un Samba Thiam ou un autre. Ils doivent oser réclamer que la sanction s’applique à Ould Baya, ne serait que pour éviter que nous ayons raison de dire qu’ils ne soutiennent que par carriérisme, et jamais par conviction.

Osez la dignité! Réclamez que les principes que vous avez défendus lors de cette marche (si tant est que c’était les principes qui vous importaient) s’appliquent pour le président de l’assemblée.

©️ Crédit source : post Facebook de l’auteur (du 2 février 2020)

Mauritanie- Politique : L’intervention de l’honorable députée Coumba Dada Kane lors de la plénière du 31.01.2020

Merci Monsieur le président de l’assemblée, merci Monsieur le premier Ministre

Honorables députés,

Je vous souhaite à toutes et à tous en ce dernier jour du premier mois de l’année 2020,
Encore une bonne et heureuse année, de bonheur, de santé et de justice pour toutes les mauritaniennes et tous les Mauritaniens.

Monsieur le premier ministre,
La justice est le socle de la cohabitation, et sans elle rien ne va et vous en connaissez quelque chose, car vous avez été victime au temps du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Monsieur le PM, à quand prendront fin l’injustice et l’esclavage qui frappent les composantes H’ratine et noire de la Mauritanie?

Pourquoi ce sont ces composantes qui restent marginalisées dans ce pays et qui sont éprises de justice, de liberté et de droit. Je ne peux en aucun cas admettre que nos enfants, femmes, et hommes continuent d’être raflés à longueur de journée et sont considérés comme étranger dans leur propre pays.
Pourquoi une seule composante continue
D’être exclue par une biométrie discriminatoire?

Monsieur le Premier ministre, pensez-vous que le monopole des tous les secteurs par une composante, ne crée pas la frustration au sein des exclus que sont les hratins et les Mauritaniens d’origine noire ?

Regardez Rosso que visite le président ghazwani, tous les commandements (Wali, Hakem, les commissaires, gardes, gendarmerie, ), l’administration reviennent tous à une seule communauté?

Hélas
Nous refusons de croire que le chemin de la justice est en faillite.
Nous refusons de croire qu’il y ait des espoirs insuffisants dans les atouts de l’opportunité de notre cher pays.

Nous ne baisserons pas les bras tant que les richesses de la liberté et la sécurité de la justice ne sont pas garanties pour tous et sans distinction aucune.

Le moment est venu monsieur le Premier ministre de réaliser les promesses de la démocratie.

Le moment est venu de faire de la justice et la lutte contre l’esclavage une réalité pour tous les enfants de ce pays.

Monsieur le Premier Ministre,

Il serait fatal au régime de négliger le caractère d’urgence de ce moment pour les centaines de milliers des mauritaniens qui ont exprimé leurs voix en faveur de l’honorable député et président de l’ONG IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid lors des dernières élections présidentielles du 22 juin 2019 où il est arrivé 2ème à l’issu de ce scrutin.
Mais il est une chose que je dois dire à ce gouvernement, qui se tient sur le seuil brûlant qui conduit à la justice et au droit :
Dans ce processus qui vise à obtenir notre juste place dans l’échiquier politique de notre cher pays et de pouvoir competir en toute légalité.

Monsieur le Premier Ministre

Nous cherchons à satisfaire notre soif de reconnaissance de l’organisation IRA et du parti le RAG.
Nous mènerons notre combat sur les hauts niveaux de la dignité et de la discipline.
Nous ne baisserons jamais les bras tant le parti RAG et l’ONG IRA ne seront pas reconnus conformément aux règles et aux textes en vigueur.

Députée Coumba Dada Kane
Vice-présidente IRA Mauritanie

Je vous remercie

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

Communiqué de presse du mouvement Pour une Mauritanie laïque

Communiqué:

Après l’apparition de vidéos qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, et dans lesquelles on voit des citoyens danser et chanter dans une fête qu’ils ont organisée dans la capitale Nouakchott, le 11 janvier 2020; des rumeurs ont circulé sur l’appartenance des individus concernés à la communauté homosexuelle, et sur le fait qu’il s’agirait d’une cérémonie de mariage entre deux d’entre eux.
Cela a incité les hautes autorités du pays à ordonner l’ouverture d’une enquête sur l’événement.
Très tôt l’enquête de la police a conclu que la rumeur de mariage n’était pas fondée, et qu’il ne s’agissait en réalité que de l’anniversaire de l’un des participants à la fête, à laquelle il avait invité ses amis du même groupe social.
Mais par la suite, nous avons été surpris dans le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque, par :

  • L’insistance des autorités à maintenir en détention, sans motifs juridiques, les personnes concernées; à les photographier et à les filmer dans des situations humiliantes à l’intérieur des postes de police, puis publier leurs informations privées, photos, vidéos, noms et prénoms sans leurs autorisations et sans aucun respect de la loi à leur encontre.
  • L’annonce des autorités, par le biais du commissaire de police autorisé et sur les écrans de la télévision nationale mauritanienne, de leur engagement à punir les individus interpellés.
    Ce qui nous laisse nous demander: par quel droit les autorités s’engagent-t-elles à punir des citoyens qui n’ont même pas encore comparu devant un tribunal et qui n’ont encore été reconnus coupables d’aucune infraction ?
    Ensuite, les punir pour quoi exactement, et selon quels articles du code pénal?
    Si c’est pour leur appartenance à la communauté LGBT, ils ne sont pas les seuls à appartenir à ce groupe social dans le pays. Il y a des homosexuels dans tous les groupes ethniques mauritaniens et ils ne sont pas nouveau-nés, leur existence précède l’émergence même de l’État mauritanien, et l’émergence de ses tribunaux et constitutions.
    Et si la punition promise est pour avoir organisé une fête d’anniversaire et y avoir dansé et chanté, il n’existe aucune loi dans le pays qui interdit cela. De plus, ce n’est pas la première fois que des individus de ce groupe social participent aux fêtes et aux cérémonies de mariage, dans la capitale et à l’intérieur du pays.
    Par conséquent, et sur la base de nos principes laïques et de notre profonde conviction que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et en dignité, nous alertons l’État et le peuple sur les points suivants:
    1– Nous condamnons avec la plus grande fermeté le comportement illégal, irresponsable et immoral, qu’ont commis et que commettent encore les autorités de notre pays à l’encontre de nos concitoyens innocents.
    2– Nous demandons aux autorités de libérer sans délais ces personnes innocentes, de les rendre à leurs familles et à leurs proches, de poursuivre en justice les éléments de la police responsables des violations de la loi et des droits de ces détenus, et d’indemniser les victimes pour les préjudices que leur ont causé les violations de leurs vies privées par la police.
    3– Nous portons à la connaissance de la communauté homosexuelle en Mauritanie que nous nous tenons à ses côtés, que la Mauritanie nous appartient à tous, et que nous n’accepterons l’exclusion d’aucun citoyen sur simple différence de couleur de peau, de croyance ou d’orientation sexuelle.
    4– Nous demandons aux plus hautes autorités du pays de prendre leurs responsabilités et de supprimer toutes les lois racistes et terroristes qui oppriment et menacent des vies innocentes sur la base de simples différences de croyances ou d’orientations sexuelles.
    5– Nous informons tous les citoyens, que nous ne serons jamais silencieux et ne reculerons jamais dans notre guerre contre l’ignorance, l’injustice et la tyrannie tant qu’il y aura une loi dans le pays qui fait du tort à nos concitoyens innocents.
    6– Nous demandons à la Commission nationale des droits de l’Homme, et à tous les organismes et organisations des droits de l’Homme, locaux et internationaux, opérant en Mauritanie, de jouer leur rôle naturel dans la protection de cette minorité sociale, qui a longtemps été une proie facile sur laquelle l’Etat et la société pratiquent toutes sortes d’oppressions et d’atteintes à la dignité humaine.

  • Le mouvement #Pour_une_Mauritanie_Laïque, en date du 25/Janvier/2020.

نريدموريتانياعلمانية

©️ Crédit source : Reçu de Réseaux Pour Une Mauritanie laïque (25/1/2020)

Mauritanie/ Portrait : Biram Dah Abeid, l’homme qui a marqué la décennie 2008 – 2019, par Cheikh Aïdara.

S’il y a un acteur qui a marqué la scène politique et droit de l’hommiste en Mauritanie durant la décennie 2008-2019, c’est bien Birame Dah Abeid. Deux périodes peuvent être distinguées dans la vie de cet illustre personnage. Une période que certains qualifient de provocatrice et de radicale dans son combat contre l’esclavage qui va de 2008 à 2014, et la période suivante où son discours évolue compte tenu de son statut de présidentiable qui cherche à brasser plus large. Outre l’électorat haratine et négro-africain qui forme l’essentiel de son contingent politique, il aspire désormais à séduire l’électorat arabe.

Sa popularité dépasse les frontières de la Mauritanie et son aura en fait aujourd’hui le politique et l’activiste des droits de l’Homme qui a le plus marqué la décennie 2008-2019, en particulier l’année 2019. Son élection comme député à l’Assemblée Nationale à partir d’une cellule de prison en septembre 2018 et son arrivée en 2ème position aux élections présidentielles du 22 juin 2019, face à des ténors politiques, un ancien Premier ministre, une coalition de Halaybé et un leader historique, sans structure politique et sans soutiens financiers forts, constitue un exploit inédit. Il, c’est Birame Dah Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), député à l’Assemblée nationale, deuxième sur les deux dernières élections présidentielles (2014 et 2019), et l’un des défenseurs des droits de l’homme le plus titré du continent.

En somme, la vie de Birame Dah Abeid ressemble à s’y méprendre à celle des grandes figures noires de l’Histoire contemporaine, à l’image de Martin Luther King, Malcom X, Nelson Mandela, pour ne citer que ces hommes aux destins si croisés et semés d’embûches. Des destins tissés autour de combats pour un idéal, l’égalité des races et la justice sociale, notamment en Mauritanie, pays traversé par des courants et des idéologies qui s’entrechoquent autour de questions aussi controversées que l’esclavage, le racisme d’Etat, l’exclusion des descendants d’esclaves et la stigmatisation de la composante négro-africaine, mais aussi la pauvreté et les injustes qui n’épargnent aucune communauté. Jamais homme n’a été aussi combattu, haï, voué aux gémonies, embastillé et pourchassé au cours de la dernière décennie. Jamais également acteur mauritanien n’a été aussi décoré et distingué sur les plus prestigieuses tribunes du monde, en Irlande, en Belgique, jusque dans l’hémicycle des Nations Unies.

Cependant, l’évolution de Birame Dah Abeid, peut-être scindée en deux grandes périodes, celle du défenseur des droits de l’homme qui passe par l’ultra-radicalité pour nourrir sa confrontation contre la société maure, ce qui lui vaudra plusieurs séjours en prison, et celle de la recherche du consensus et du rassemblement autour de questions non plus communautaristes, mais d’envergure nationale, pour nourrir de nouvelles ambitions politiques.

Birame, « l’impénitent provocateur》

Le combat premier de Birame Dah Abeid sera d’abord circonscrit dans son propre ensemble, celui de la communauté maure, où sa frange, celle des Haratines à laquelle il appartient, se sent oppressée, exploitée et oubliée dans le partage du pouvoir politique et des prébendes économiques. Les militants d’IRA commencent le combat par la revendication d’une nouvelle identité, l’identité Harratine, pour se démarquer de leurs tribus. Le tout servi par un discours jugé subversif et diviseur de l’ensemble maure.

Birame quitte SOS Esclaves, une organisation non gouvernementale qui combat l’esclavage et dans laquelle il militait. Son président, Boubacar Messaoud et les siens ne peuvent cependant être accusés de n’avoir pas servi loyalement et engagement la cause antiesclavagiste. Ils ont eu leur lot de brimades et d’emprisonnement, connue des succès et essuyé des échecs plus d’une décennie durant pour la défense de la cause, avant d’être officiellement reconnue en 2005, après la chute de Ould Taya.

Mais Birame trouvait sans doute que les moyens de lutte de SOS Esclaves étaient peu énergiques et molles à son goût. Il décide de fonder une organisation radicale au discours percutant. Le premier noyau dur est formé de quelques compagnons, de jeunes intellectuels révoltés par la situation des communautés noires, haratines et négro-africaiines, notamment Brahim Ould Ramdhane, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamdy, Balla Touré et d’autres qui l’ont rejoint, persuadés que sans une secousse violente contre la muraille féodale, l’esclavage aura encore de beaux jours devant lui.

Une organisation ultra-radicale est née, l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). L’objectif de ce mouvement, obliger les autorités à appliquer la feuille de route des Nations Unies et la loi 2O07-048 criminalisant l’esclavage qui venait d’être adoptée. Très vite, l’organisation prend de l’ampleur, plusieurs jeunes harratines et négro-africains, séduits par le discours rugueux et radical d’IRA s’engouffrent dans la brèche. Les discours d’IRA choquent par leur nature crue et provocatrice. Les militants traquent les cas d’esclavage, forcent la police à interpeller les suspects de pratiques esclavagistes, organisent des sit-in devant les commissariats de police pour éviter que les coupables ne soient mis en liberté in petto. SOS Esclaves et IRA exigent la révision de la loi 2007 et parviennent avec la pression internationale à faire adopter une loi plus répressive en 2015. Les peines sont doublées et la société civile peut désormais se porter partie civile.

Des dossiers commencent à défrayer la chronique. Janvier 2012, le cas d’esclavage à Aïn Farba.
En 2013, une autre affaire éclate à Atar. C’est «l’affaire Oùmoulkheiry Mint Yarba »..
La même année, c’est l’affaire Noura, 18 ans, cette fois à Boutilimit. Les militants d’IRA observeront le plus long sit-in dans l’histoire du mouvement devant la brigade de gendarmerie pour exiger la traduction en justice des présumés maîtres. Puis, sans résultat après plus de quinze jours de sit-in, ils organisent une marche de 150 kilomètres pour rejoindre Nouakchott et exprimer leur indignation face à l’impunité.
Plusieurs autres dossiers suivront, dont celui de Yarg et son frère. Le mouvement IRA jugé subversif par les autorités sera ainsi l’organisation la plus réprimée dans l’histoire des droits de l’homme en Mauritanie. Les sit-in d’IRA se terminent toujours par des séries d’arrestations, des charges policières, de plus en plus violentes, répressives et ciblées. Cela se termine souvent aux urgences des hôpitaux,..

En 2012, IRA engage un autre combat. Idéologique cette fois. C’est l’incinération des livres du rite malékite, considérés par le mouvement comme le fondement théologique de la perpétuation de l’esclavage en Mauritanie, «base de formation des administrateurs et des magistrats » soutient-on. L’incident créé un séisme et soulève un large débat, des marches de colère organisées, vite instrumentalisées. C’est la fin de Birame et de IRA, prédisent déjà la plupart des observateurs. Birame est arrêté et emprisonné avec quelques militants. Ils seront libérés quelques mois plus tard et le cortège triomphal de leurs admirateurs s’étire sur des kilomètres, de la prison civile de Nouakchott jusqu’à son domicile au P.K 9. Un rassemblement monstre, populaire, inédit, qui fait trembler des certitudes. La même année, Birame Dah Abeid reçoit deux prestigieux prix, le Front Line Award for Human Rights Defenders at Risk de l’ONG Irlandaise Front Line Defender et le Prix des Nations Unies pour les droits de l’Homme.

En 2014, sans parti politique qui soutient sa candidature, Birame décide de se lancer en politique et participe en indépendant à l’élection présidentielle boycottée par la Coordination de l’opposition démocratique. A la surprise générale, il rafle la deuxième place devant deux chefs de partis politiques. Aux lendemains du scrutin, Birame décide de se mettre dans la peau d’un homme politique et commence à changer de discours. Au cours d’une conférence de presse largement médiatisée, il prône la modération et l’ouverture, se dit prêt à un compromis social. Le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz semblait plutôt préférer un Birame ultra radical qu’un Birame pacifiste.

Il est arrêté en novembre 2014, en marge d’une caravane contre l’esclavage foncier qui avait sillonné la Vallée et à laquelle il n’avait même pas participé. Cette fois, Ould Abdel Aziz semblait vouloir en finir avec lui. Il est conduit à la prison d’Aleg, puis condamné le 15 janvier 2015 à 2 ans de prison fermes au cours d’un procès qu’il avait boycotté.

Birame, le présidentiable au discours rassembleur

Birame Dah Abeid, dans la peau du présidentiable qui se donne pour ambition de fédérer tous les Mauritaniens autour d’un projet politique, celui de l’après 2014, a enterré à quelques nuances près le Birame défenseur des droits de l’homme, celui dont le discours percutant avait longtemps catalysé les ressentiments et égratigné une Mauritanie qui ne voulait plus voir son image associée à celui du dernier «bastion négrier du monde»,. Birame ira plus loin. Il s’allie au parti arabe Baath, Sawab, l’ennemi numéro 1 de la communauté négro-africaine qui le rend responsable des épurations ethniques des années 89-91.

Le choix est d’autant plus dangereux que la plupart des militants d’IRA appartiennent à cette communauté dont la majeur parti l’avait rallié pour son courage, celui d’avoir porté en bandoulière leur cause, jusqu’à organiser les fameux pélerinages d’Inal, Wothié, Sory Mallé, ainsi que d’autres fausses communes dont aucun leader négro-africain n’avait osé foulé les pieds. Mieux, Birame, aux yeux de la jeunesse négro-africaine, est celui qui a le plus défendu leur cause parmi tous les ténors de l’opposition, y compris ceux de leur propre faction.

Cette alliance entre IRA et Sawab sera ainsi utilisée à fond par les adversaires politiques de Birame Dah Abeid, notamment certains leaders Halpulaars qui voyaient d’un mauvais œil son empiètement sur ce qu’ils considèrent être leur plate-bande électorale dans la Vallée.

Certains jeunes militants négro-africains au sein de la communauté halpulaar membres d’IRA vont plus loin. Ils trouvent que la Coalition du Vivre Ensemble (CVE) savait qu’elle n’avait aucune chance pour gagner la présidentielle du 22 juin 2019 et que son seul objectif était de barrer la route à Birame Dah Abeid. Mais de l’autre côté, certains militants de la CVE qui trouvent l’accusation de ridicules trouvent que les intérêts de Birame et des leaders de la Coalition étaient d’’autant plus divergents que ces derniers ne pouvaient aucunement s’allier à un candidat soutenu par un parti politique génocidaire, en l’occurrence le parti Sawab.

Ce qui est sûr, l’alliance IRA-Sawab, considérée par beaucoup d’observateurs comme un mariage de raison contre-nature, serait selon certains observateurs, une porte d’entrée qui allait permettre à Birame de s’ouvrir sur un électorat arabe, dont l’adhésion à son combat se résumait jusque-là à quelques individualités. A partir de là, le discours traditionnellement radical de Birame Dah Abeid va se muer en un discours politique, sorte de jeu d’équilibre où il cherchera à ménager la chèvre et le choux sans tomber toutefois dans la compromission, ni dans le déni de ses principes basés sur la lutte contre l’esclavage, les injustices sociales, l’exclusion.

Même après la proclamation des résultats controversés de l’élection présidentielle et les exactions qui les ont suivies, répressions et arrestation des militants, dont ceux d’IRA, Birame Dah Abeid, évite l’escalade et joue à l’apaisement. L’homme fougueux et impulsif des années de confrontation sur le terrain des droits de l’homme avait laissé la place à l’homme politique, calculateur et visionnaire, qui compte endosser un nouveau costume. Celui d’un futur Président de la République qui aspire à faire le consensus autour de sa personne plutôt qu’à jouer au leader d’un simple mouvement informel, fût-il l’un des plus emblématiques que la Mauritanie ait connu.

Cheikh Aïdara

©️ Crédit source : aidara.mondoblog.org

Mauritanie/ Accident routier : La Déclaration du parti APP

Déclaration

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris l’accident survenu hier sur la route Nouakchott – Nouadhibou provoquant un grand nombre de morts et de blessés graves.
Cet accident n’est qu’une suite d’une longue série d’élimination collective de citoyens à cause de la négligence horrible des règles de la sécurité routière et en premier lieu le mauvais état de la voirie urbaine et inter urbaine, l’absence de mesures répressives contre les auteurs des infractions le manque accrue de vigilance chez les chauffeurs, l’excès de vitesse et le mauvais état technique de la plus part des véhicules de transport .
Alliance Populaire Progressiste présente ses tristes condoléances aux familles des victimes et demande à ALLAH le tout puissant de les recevoir en son saint paradis, souhaite une bonne guérison aux blessés.
A.P.P invite les autorités publiques :
à mettre en place un système de sécurité routière efficace, la mise sur pied de services de surveillance véritables et la prise de mesures répressives fermes contre les auteurs d’infractions.
à œuvrer pour une nette amélioration du réseau routier et assurer son entretien de manière permanente et respectueuses des normes Internationales et de qualité technique en la matière ;
et mobiliser les citoyens, particulièrement les conducteurs de véhicules sur la nécessité de respecter plus les mesures de vigilance et de responsabilité afin de sauver les vies des citoyens et éviter tout comportement dangereux.

Nouakchott le 26 décembre 2019
Le Bureau Exécutif

©️ Crédit source : Reçu d’un Responsable APP – Europe