● Pourquoi la jeunesse mauritanienne fuit son propre pays ? / Par Brahim Mamadou Korera, Ecrivain

L’immigration est devenue un sujet de première importance ces derniers mois en Mauritanie. Les autorités du pays tentent de freiner cette pandémie par tous les moyens légaux car depuis décembre 2023 notre pays est devenu une manne aux candidats à l’immigration clandestine.

Nouakchott et Nouadhibou sont devenus tristement célèbres car c’est à partir de ces deux villes précitées que les Mauritaniens et les étrangers ( Maliens, Sénégalais, Gambiens…) prennent la pirogue pour traverser la Méditerranée.

Face à cet afflux record de migrants en Espagne (plus de 7000 en janvier 2024), le chef du gouvernement Espagnol et la présidente de la commission européenne étaient venus en Mauritanie pour chercher des solutions efficaces contre ce phénomène.

Ainsi, La présidente de la commission européenne a annoncé au début de ce mois, un soutien financier de 210 millions d’euros pour la gestion des migrations en faveur de la Mauritanie. C’est salutaire mais pas suffisant car, avant de penser à stopper coûte que coûte cette hémorragie sociale, les Européens devraient se poser d’abord la question suivante : pourquoi la jeunesse Mauritanienne est prête à mourir dans la mer que de rester dans leur propre pays ?

Commençons par le commencement. En Mauritanie, il y a beaucoup de jeunes qui rêvent de voyager de l’autre côté de l’atlantique. Parmi ces jeunes, certains souhaitent juste aller faire leurs vacances en occident comme les jeunes européens ou américains viennent faire leurs vacances chez nous.

Par contre, d’autres préfèrent partir travailler dans les pays occidentaux pour la quête d’une vie meilleure. Malheureusement, les ambassades européennes qui sont en Mauritanie, ne font pas la différence entre les demandeurs de visa . Les demandeurs de ce « diamant » sont presque tous systématiquement rejetés.

Voilà ce qui favorise l’immigration illégale, car si ces jeunes obtenaient normalement le visa, ils n’emprunteraient jamais cette route tueuse. En second lieu, une partie de notre jeunesse est totalement désespérée. Elle vit sans perspective car décrocher un emploi quel qu’il soit en Mauritanie est devenu aujourd’hui un luxe . Cela pousse également notre jeunesse à quitter le pays.

Pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine dans notre pays, les ambassades européennes qui sont sur notre sol devraient revoir obligatoirement leurs politiques en matière d’attribution de visas. Elles sont aujourd’hui responsables de tout ce qui se passe en Méditerranée. Elles doivent assumer ouvertement les conséquences.

En outre, pour stopper l’immigration clandestine, le gouvernement Mauritanien doit continuer à assister sa jeunesse en créant des emplois puisque cette jeunesse est vraiment désespérée. Toutefois cela ne justifie pas quand-même cette immigration illégale.

Enfin, le Ministre de l’intérieur doit créer une commission active capable d’endiguer ce cataclysme pour éviter le pire. Malheureusement à l’heure où j’écris cet article presque 40 jeunes soninkés du Guidimakha ( sud-est de la Mauritanie) sont portés disparus depuis environ un mois. Vraiment l’heure est grave !

Brahim Mamadou Korera,
Ecrivain

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✓Haïti. La veuve de Jovenel Moïse et des dizaines de personnes inculpées pour son assassinat

Deux ans et demi après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’enquête multiplie les rebondissements. Après les arrestations de plusieurs suspects, inculpés aux États-Unis, c’est cette fois la veuve de l’ancien chef de l’État qui est dans le collimateur de la justice.

Un juge haïtien en charge de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021 a inculpé une cinquantaine de personnes parmi lesquelles la veuve de ce dernier, Martine Moïse, et un ancien Premier ministre, montre un document rendu public par le site d’informations AyiboPost.

Selon ce document de 122 pages, rédigé par le juge Walther Wesser Voltaire, Martine Moïse a conspiré avec l’ancien Premier ministre Claude Joseph pour assassiner Jovenel Moïse dans le but de le remplacer elle-même à la présidence du pays.

Jovenel Moïse a été abattu en pleine nuit dans sa chambre après que des hommes armés ont pénétré à son domicile de Port-au-Prince. Martine Moïse a été blessée dans l’incident.

Dans sa décision, le juge appelle à arrêter et traduire devant la justice les personnes qu’il inculpe.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat par Reuters auprès de Martine Moïse et de Claude Joseph.

Martine Moïse a dénoncé via les réseaux sociaux une persécution politique et des arrestations décrites comme injustes.

Élections attendues
Claude Joseph a déclaré au Miami Herald que le successeur de facto de Jovenel Moïse, le Premier ministre Ariel Henry, était le principal bénéficiaire de la mort du dirigeant et que Henry se servait désormais du système judiciaire haïtien comme d’une « arme » pour persécuter ses opposants dans une démarche « classique de coup d’État ».

Les services d’Ariel Henry ont souligné dans un communiqué l’indépendance du juge, qui a la « liberté » de prendre des décisions en « conformité avec la loi et avec sa conscience », ont-ils dit.

Nommé en remplacement de Claude Joseph, qui est désormais le chef de file d’un parti d’opposition, Ariel Henry a promis d’organiser des élections avant de les reporter pour une durée indéterminée, citant un séisme dévastateur et l’influence accrue des groupes criminels lourdement armés, lesquels contrôleraient la majeure partie de Port-au-Prince.

Une procédure judiciaire distincte sur l’assassinat de Jovenel Moïse a été ouverte à Miami, où six des 11 inculpés ont plaidé coupable d’avoir comploté pour envoyer des mercenaires colombiens au domicile du président dans le but d’enlever celui-ci, avant que le plan ne change à la dernière minute, avec pour consigne d’assassiner Jovenel Moïse.

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● L’armée mauritanienne intercepte un élément armé qui a franchi la frontière [Le Quotidien de Nouakchott]

Le Quotidien de Nouakchott – Dans un acte de vigilance remarquable, les forces armées mauritaniennes ont réussi à intercepter et à expulser un élément armé qui avait franchi les frontières du pays.

Selon un communiqué officiel publié par l’armée mardi 13 février et qui n’a pas précisé la composition de cet élément, cet événement s’est produit dans les environs de la localité Nbeiket Lahwach, située à la frontière orientale de la Mauritanie.

La déclaration précise qu’une unité de l’armée nationale, positionnée stratégiquement aux frontières pour la surveillance, a détecté l’entrée de cet élément armé sur le territoire national dans la soirée du 13 février.

La réactivité et l’efficacité de l’unité en question lui ont permis de suivre, d’intercepter et finalement de repousser cet élément intrusif hors des limites territoriales du pays.

Cette intervention souligne l’engagement continu des forces armées mauritaniennes dans la protection de l’intégrité territoriale et la sécurisation des frontières contre toute forme de menace. L’opération réussie contre l’élément armé démontre non seulement la capacité de l’armée à maintenir la sécurité nationale, mais aussi son aptitude à agir rapidement et efficacement face à des situations imprévues.

La vigilance accrue aux frontières est d’une importance capitale pour la Mauritanie, située dans une région confrontée à des défis sécuritaires, notamment le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Cette dernière action de l’armée mauritanienne s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures prises pour renforcer la sécurité et prévenir toute intrusion susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans le pays.

L’incident ne rapporte aucun affrontement ni victime, ce qui témoigne de la maîtrise et de la professionnalité des forces armées dans la gestion de telles situations. Les autorités militaires mauritaniennes restent en alerte maximale, prêtes à intervenir pour défendre la nation contre toute menace externe.

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🔴Mauritanie : Les évènements de Rkiz | La communication de l’association Ganbanaaxu Fedde et Armepes-France

Ces derniers temps, les images montrant des graves blessures sur des personnes d’ascendance dite esclave et des militants anti-esclavagistes abondent dans les réseaux sociaux et dans différents communiqués de l’association abolitionniste IRA-Mauritanie. En effet à Rkiz (Région de Trarza) une affaire d’expropriation des terres par la haute sphère tribale au détriment de gens considérés comme de relégués sociaux, qui défraie l’actualité est à son paroxysme. Selon différentes sources rapportées par des Ong abolitionnistes, un ordre tribal local en connivence avec des relais politico sécuritaires de l’Etat, sévit contre des membres de la communauté haratine qui tiennent à leurs parcelles de terres dans cette localité. Le député national M. Biram Dah Abeid et ses collègues du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie sont sur le terrain auprès des victimes qui font face à des graves violations des droits humains,  notamment avec une violente répression policière ces derniers jours. Par ailleurs il y a eu des menaces proférées par un ténor tribal via des notes vocales contre la personne du député Biram parce qu’il plaide la cause de victimes de ces expropriations.
Ainsi nous, l’association Ganbanaaxu Fedde, Armepes-France et partenaires, tenons à :
– exprimer notre solidarité avec les victimes  de Rkiz grièvement blessés et leur souhaiter prompt rétablissement,
– dénoncer les violences perpétrées par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens pacifiques qui réclament leurs droits légitimes et les menaces sur la personne de l’honorable député Biram Dah Abeid,
– interpeller les hautes autorités mauritaniennes sur les problématiques liées au foncier notamment la tenure féodalo-esclavagiste qui prévaut injustement dans différentes localités de notre pays,
– signaler que le cas de Rkiz est une donnée symptomatique d’une injustice qui affecte les descendants d’esclaves concernant le foncier et les pouvoirs publics voguent dans une certaine duplicité par rapport à l’application juste du code foncier réactualisé. Les descendants d’esclaves doivent être considérés comme des citoyens de plein droit et non encartés comme une propriété d’une tribu quelconque qui les sous-traite socialement, administrativement et politiquement et bafoue leurs droits légitimes.

10 février 2024

Ganbanaaxu Fedde Mauritanie, Armepes-France et partenaires.

Photos jointes : crédit par les militants abolitionnistes IRA-Mauritanie

● Communiqué de Mauritanian Network for Human Rights in US sur les événements de R’kiz

Senalioune – Au cours de la première semaine de février 2024, la localité de R’kiz, dans la région de Trarza, a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les paysans descendants d’esclaves.

Ces troubles ont éclaté à la suite d’une redistribution contestée des terres cultivables, perçue comme injuste par les paysans, qui accusent les autorités de favoriser la féodalité locale au détriment de leurs droits légitimes.

Les affrontements ont entraîné plusieurs arrestations, y compris celles de militants des droits de l’homme venus soutenir les paysans dans leur lutte pour la justice foncière. Des événements similaires avaient été observés dans les localités de Ŋawle et Ferralla quelques années plus tôt.

De plus, des enregistrements audio attribués à un chef de tribu local ont révélé des menaces de mort publiques à l’encontre du député Biram Dah Abeid, un acte inacceptable constituant une atteinte grave à la liberté d’expression et à la sécurité des défenseurs des droits de l’homme.

Cette situation reflète une tendance alarmante d’accaparement des terres rurales en Mauritanie, où des individus influents liés au pouvoir exploitent leur position pour spolier les populations autochtones de leurs terres, souvent avec la complicité des représentants de l’État. Ces pratiques non seulement violent les droits fondamentaux des paysans, mais elles menacent également la stabilité et la paix civile dans le pays.

Mauritanian Network for Human Rights in US condamne fermement toutes ces violations des droits de l’homme et appelle les autorités compétentes à agir immédiatement en prenant les mesures suivantes :

Mettre fin à l’accaparement injuste des terres de la paysannerie à R’kiz et à travers tout le territoire national, en enquêtant sur les pratiques de spoliation et en punissant les responsables, y compris les représentants de l’État complices.

Engager des poursuites judiciaires contre l’individu ayant proféré des menaces de mort à l’encontre du député Biram Dah Abeid, afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les représentants élus et défenseurs des droits de l’homme.

Libérer immédiatement tous les manifestants emprisonnés et veiller à ce qu’ils recouvrent l’intégralité de leurs droits, y compris le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Mauritanian Network for Human Rights demeure vigilant et engagé dans la défense des droits fondamentaux de tous les citoyens mauritaniens, et continuera à surveiller la situation de près, en collaboration avec les organisations nationales et internationales compétentes, jusqu’à ce que justice soit rendue et que ces violations cessent définitivement.

Mauritanian Network for Human Rights in US,

Le 09 Février 2024

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● L’Union européenne va payer la Mauritanie pour garder les migrants [Ouest-France]

Ouest-France – L’accord signé par l’Union européenne et la Mauritanie jeudi doit officiellement développer les relations économiques. C’est en fait pour bloquer les migrants que Nouakchott va recevoir de l’argent européen.

Officiellement, c’est un accord sur les relations économiques entre la Mauritanie et l’Union européenne. Mais le déplacement de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez et d’Hans Leitjens, le directeur de l’agence de contrôle des frontières européennes Frontex, dit autre chose. C’est bien un accord migratoire que les Européens sont allés chercher à Nouakchott.

La Mauritanie est un des pays du Sahel les plus stables dans cette région gangrenée par les attaques djihadistes et avait déjà signé avec l’Espagne un accord bilatéral (2003) de rapatriement des clandestins.

Ce pays accueille actuellement 150 000 réfugiés ayant fui l’insécurité régnant au Mali et est devenu un pays de transit pour rejoindre l’Europe. « La Mauritanie est un pays de transit qui connaît aussi une augmentation des départs de migrants depuis sa côte vers l’Espagne », explique Camille Le Coz, directrice associée au centre de recherche Migration policy institute et membre du réseau Désinfox migrants.

L’ex-général et président (depuis 2019) Mohamed Ould el-Ghazouani va obtenir pour son pays de nombreux fonds européens. 22 millions d’euros de plus pour son armée, le financement d’un grand projet routier le long de la côte entre Nouakchott et Nouâdhibou (deuxième ville du pays) ainsi que celui d’une ligne à haute tension de 1 400 km, allant de la capitale à Néma dans l’Est, avec une centrale solaire à Kifa. Surtout, la Mauritanie va recevoir 210 millions d’euros pour la gestion de la migration.

« La question qui se pose est de savoir les conséquences pour les migrants non mauritaniens : seront-ils renvoyés vers leurs pays ou pourront-ils rester sur place si leur bateau est intercepté ? », s’interroge Camille Le Coz. « Comme pour le Niger, il va être demandé aux autorités de Mauritanie de démanteler les réseaux locaux de passeurs. »

L’accord avec Erdogan avait ouvert la voie

Depuis 2015 et la crise migratoire, les Européens ont réalisé l’impossibilité de fermer complètement les frontières aux migrants et réfugiés. D’autant plus que les dirigeants nationaux de l’UE ne veulent pas mettre d’argent pour aider les pays européens en première ligne au sud ou pour créer réellement une police européenne de frontières ainsi que pour permettre l’accueil des migrants sur l’ensemble du territoire européen.

En parallèle d’une politique de plus en plus répressive à l’encontre des migrants qui arrivent sur les côtes européennes, les Européens ont signé des accords avec les voisins du sud. Le premier à en avoir fortement bénéficié a été la Turquie d’Erdogan en 2016. Le marché, négocié en première main par la chancelière allemande Angela Merkel, était simple : il empêchait les migrants de partir contre de l’argent et reprenait ceux non éligibles à l’asile. Six milliards d’euros. En 2021, les Turcs ont obtenu une rallonge de trois milliards d’euros.

Si cet accord a limité considérablement le nombre de réfugiés arrivant illégalement en Europe en provenance du sud-est de l’Europe, les autres routes migratoires, notamment vers l’Italie et l’Espagne, se sont développées. Frontex a enregistré 380 000 franchissements irréguliers des frontières en 2023, le chiffre le plus élevé depuis 2016.

Un autre accord tenté avec la Tunisie

La Commission a signé en juillet 2023, en présence des chefs de gouvernements italien et néerlandais (Giorgia Meloni et Mark Rutte) un accord à Tunis pour un « partenariat stratégique » , le même vocable qu’avec la Mauritanie. Officiellement pour développer l’économie locale. Las, l’autoritaire président tunisien Kaïs Saied a rejeté en octobre les 127 millions d’euros de l’UE. Car les Européens n’amenaient en réalité que la moitié de cet argent, l’autre partie étant la réaffectation de crédits déjà prévus.

Mais Ursula von der Leyen a bien redit en septembre 2023 lors de son discours annuel devant le Parlement européen qu’elle travaillait « à des accords similaires avec d’autres pays ». Du reste, les États membres n’attendent pas la Commission. L’Italie a ainsi signé en novembre dernier un accord avec l’Albanie pour y externaliser la prise en charge des migrants arrivés sur les côtes italiennes.

Par Fabien CAZENAVE

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● Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition [IRA-Mauritanie]

Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition
Note d’information, Nouakchott, février 2024




1. Du 31 janvier au 4 février 2024, refusant d’accepter le partage léonin de terres en friche, des cultivateurs de Rkiz, tous descendants d’esclaves de la tribu Tajakant, s’interposaient, sur le chantier de viabilisation des parcelles. Leur mouvement ne tarda à bloquer le travail des engins de terrassement. Comme à son habitude la gendarmerie arriva en renfort, après 11h du matin. Elle procéda à quelques charges de matraques et de grenades lacrymogènes. La liste des arrestations comprend 11 hommes et 7 femmes. Il s’agit de Cheikh Ahmedou Mabrouk, Elhadj Elid, Yarg Brahim Beyou, Alioune Maouloud, Cheibani Zeid, Abdel Moutaleb Boidiel, Mohamed Werzeg Baye, Abdou Mboirkat, Moustapha Beuh Awbeck, Cheikh Zeid, Abdallahi Yehdhih, Mouhamed Abdallahi Mabrouk, Ahmed Yehdhih, Souleymane Brahim Baye, Zeinabou Mabrouk, Sarra Bah, Maimouna Yacoub, Khadijetou Samba, Mah Werzeg, Khadijetou Sabar, Aichetou Awbeck…

2. Le 3 février, à la faveur de messages audio sur l’application WhatsApp, l’un des meneurs de la contre-révolution locale, dont le zèle est à l’origine de la colère des populations lésés, formule des menaces de mort à l’endroit du député Biram Dah Abeid. L’auteur de la tentative d’intimidation confirme son identité, non sans orgueil : (7) ال منكم يعرف هذا المخلوق يقول عنو فظيمه… – Hassane M’Bareck Eidja | Facebook

3. Le lundi 5 février, une manifestation de solidarité avec les détenus rassemble des dizaines de volontaires. La répression violente occasionne, aussitôt, les blessures graves de Djiby Lemine et de Lemrabott Mahmoud, encore retenus au centre de santé. La zone subit une situation d’exception, face à un impressionnant dispositif de véhicules anti-émeute et d’hommes en uniformes, lourdement armés.

Un contexte explosif

Le département est distant de 100 km de la ville de Rosso, chef-lieu de la région du Trarza, frontalier du Sénégal. La localité abrite surtout de populations serviles qui pratiquent l’agriculture et les activités pastorales, autour du lac Rkiz. L’espace de culture reste l’unique source de revenu de milliers de paysans Hratine. Depuis plusieurs années, ils attendent que l’Etat délimite les périmètres, pour les livrer aux vrais travailleurs des champs. Or, selon une jurisprudence bien établie dans le quotidien protéiforme des discriminations de naissance, la distribution des lots a été biaisée de bout en bout. Ici et ailleurs en république islamique de Mauritanie, la répartition du foncier rural profite, in fine, à la même ethnie. La loi de fait demeure immuable, en dépit des changements de régime.

Le soubassement

Par atavisme et sentiment de supériorité, ceux-là répugnent aux travaux pénibles des champs. Partout, au travers du territoire, les litiges se multiplient, à mesure que la hausse de la démographie et l’allongement de l’espérance de vie créent davantage de besoins vitaux, en particulier la demande exponentielle d’alimentation. En l’espèce et malgré leur nombre nettement supérieur, les Hratine reçoivent 13 hectares sur 128. Ils deviennent alors une fraction de la tribu, ainsi que les 9 autres, d’où l’inégalité retentissante du découpage. La surconsommation de ressources non-renouvelables de la nature et l’entrisme des entrepreneurs de l’agro-business – y compris étrangers – révèlent l’ampleur et l’acuité des conflits liés à l’exploitation du sol. Pourtant, de tout temps, IRA alerte le gouvernement et la société civile, quant au caractère fragile des relations entre les communautés autochtones et leurs anciens seigneurs. A l’origine régie par les règles de l’esclavage et du système de caste, la tenure traditionnelle constitue, aujourd’hui, une bombe à retardement. Elle ne correspond plus aux nécessités de l’Etat de droit ni à la délicate préservation de la paix, dans un environnement aussi trouble que le Sahel.

La provocation de trop

Or, en guise de provocation, le gouverneur de région et le procureur du tribunal de Rosso vinrent à Rkiz, à la tête de plusieurs unités de la Police et de la Garde. Le déploiement dissuasif des forces de maintien de l’ordre féodal et des délégués du pouvoir remplit une mission : la démonstration doit permettre, aux Maures, citoyens de première catégorie en Mauritanie, d’aménager, sous la protection de la contrainte publique, les terrains à eux indument dévolus. Cette politique de l’imprudence et de l’avantage sans cesse accordé à la sacralisation du fait accompli, dénote un dysfonctionnement dangereux de la gouvernance et quelque amateurisme au règlement des contradictions à l’intérieur de la société. Tant de légèreté et d’inconscience porte atteinte à la paix civile, d’où la présente alerte, à quelques mois de l’élection du Président de la République, temps généralement consacré à promouvoir l’apaisement et la retenue.

Nouakchott, le 5 février 2024

● Sénégal : l’opposition se mobilise contre le report sine die de la présidentielle [TV5 Monde]

L’opposition au Sénégal appelle à manifester dimanche à Dakar et prévoit de lancer la campagne électorale comme prévu, rejetant la décision du président Macky Sall de reporter la présidentielle du 25 février, une décision sans précédent qui a suscité un tollé.

L’annonce faite samedi dans un contexte de grave crise politique par le président élu en 2012 et réélu en 2019 a aussi provoqué l’inquiétude à l’étranger.

Elle plonge à nouveau dans l’inconnu ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique, mais qui a connu depuis 2021 différents épisodes de troubles meurtriers.

Plusieurs candidats de l’opposition ont annoncé dimanche à la presse et sur les réseaux sociaux qu’ils vont passer outre la décision du président Sall et maintenir le lancement dimanche de leur campagne électorale.

« Nous rejetons systématiquement le décret (reportant la présidentielle). Nous donnons rendez-vous ce dimanche à tous les Sénégalais pour une marche » à Dakar, a déclaré Cheikh Tidiane Youm, un porte-parole du camp de l’opposition sur la radio privée RFM.

« Nous nous sommes réunis et entendus pour nous rassembler à partir de 15H00 (locale et GMT) pour démarrer notre campagne (électorale) de façon collective », a déclaré, sur la même radio, Habib Sy, un des 20 candidats qui devaient concourir au scrutin reporté.

« Toutes les forces vives de la nation doivent s’organiser, agir et obtenir la restauration du calendrier républicain », a écrit l’intellectuel Felwine Sarr dans une tribune.

L’opposant sénégalais Khalifa Sall, un des principaux candidats à la présidentielle, a appelé samedi tout le pays à « se lever » contre le report du scrutin.

• « Régression démocratique »
L’ancienne Première ministre Aminata Touré a fustigé sur les réseaux sociaux une « régression démocratique sans précédent » et appelé « les démocrates et les citoyens (à) se mobiliser pour défendre nos acquis démocratiques ».

Les Etats-Unis sont « profondément préoccupés » par l’annonce du président Sall, a fait savoir samedi le département d’Etat sur le réseau social X.

« Nous exhortons tous les participants au processus électoral sénégalais à s’engager pacifiquement dans l’effort important visant à fixer rapidement une nouvelle date et les conditions d’une élection libre et équitable », a-t-il souligné

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a également exprimé son « inquiétude » et demandé dans un communiqué aux autorités d’oeuvrer à fixer rapidement une nouvelle date.

Le président Sall a annoncé samedi, quelques heures avant l’ouverture officielle de la campagne dimanche à 00H00 (locale et GMT), abroger le décret fixant la présidentielle au 25 février.

C’est la première fois depuis 1963 qu’une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal. Nombre de réactions ont souligné la pratique de la démocratie et de l’alternance. Le Sénégal n’a jamais connu de coup d’Etat, une rareté sur le continent, alors qu’ils se sont succédé ces dernières années en Afrique de l’Ouest.

Querelle sur la séparation des pouvoirs
Le président Sall a invoqué le conflit qui a éclaté entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de 20 candidatures et l’élimination de plusieurs dizaines d’autres.

A l’initiative de Karim Wade, un candidat recalé qui a remis en cause l’intégrité de deux juges constitutionnels et réclamé le report de l’élection, l’Assemblée a approuvé la création d’une commission d’enquête sur les conditions de validation des candidatures.

Contre toute attente, les députés du camp présidentiel ont soutenu la démarche. Elle a provoqué une vive querelle sur la séparation des pouvoirs, mais aussi nourri le soupçon d’un plan du pouvoir pour ajourner la présidentielle et éviter la défaite. Le candidat du camp présidentiel, le Premier ministre Amadou Ba, est contesté dans ses propres rangs et fait face à des dissidents.

Au contraire, le candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye, validé par le Conseil constitutionnel bien qu’emprisonné depuis 2023, s’est imposé ces dernières semaines comme un postulant crédible à la victoire, un scénario cauchemar pour le camp présidentiel.

Le Sénégal ne peut « se permettre une nouvelle crise » après des troubles meurtriers en mars 2021 et juin 2023, a dit le président Sall, annonçant « un dialogue national » pour « une élection libre, transparente et inclusive » et réitérant son engagement à ne pas être candidat.

Selon le code électoral, un décret fixant la date d’une nouvelle présidentielle doit être publié au plus tard 80 jours avant le scrutin, ce qui mènerait à fin avril dans le meilleur des cas, un cas de figure quasiment impossible.

La président Sall risque ainsi d’être encore à son poste au-delà de l’échéance de son mandat, le 2 avril.

• Lien média https://information.tv5monde.com/afrique/senegal-lopposition-se-mobilise-contre-le-report-sine-die-de-la-presidentielle-2707812?fbclid=IwAR3p2gWBN057-2752kL8U7JIu3zXlXQXcfPplCjd9XQ5ngPLw9bsTED7-Oc

● Urgent : Violence indicible s’abat sur IRA [IRA-Mauritanie]


Le 27 janvier 2024, l’ONG IRA organisé un rassemblement de protestation devant l’hémicycle pour protester contre l’agression physique orchestrée par le président du parlement et son bureau contre la députée Mariem Cheikh Samba DIENG.
Le général Mohamed Meguet a envoyé des pelletons de police qui ont violemment écrasé les manifestants.
On compte plusieurs blessés: le coordinateur d’IRA à Nouakchott, Elhaj El ID, le président du bureau regional de Nouakchott-Sud Bounass Hmeida, le president de la section Teyaret Mohamed Samba, le président de la section IRA-Riyad Mohamed Alioune. Un autre groupe de manifestants ont été appréhendés et mis en arrestation dans différents commissariats de police de Nouakchott.
Le droit à manifester est devenu un crime impardonnable en Mauritanie comme d’ailleurs l’intégralité physique du citoyen pacifique est devenue une utopie dans la “démocratie” mauritanienne.

La commission de la communication

● La junte malienne annonce la « fin avec effet immédiat » de l’accord d’Alger [VOA Afrique]

Communiqué officiel du gouvernement malien

La junte au pouvoir au Mali a annoncé jeudi soir la « fin, avec effet immédiat », de l’important accord d’Alger signé en 2015 avec les groupes indépendantistes du nord du pays, longtemps considéré comme essentiel pour stabiliser le pays.

La junte a invoqué « le changement de posture de certains groupes signataires », mais aussi « les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’accord de la part des autorités algériennes dont le pays est le chef de file de la médiation », indique un communiqué lu à la télévision d’Etat par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement installé par les militaires.

L’accord était déjà considéré comme moribond depuis la reprise en 2O23 des hostilités contre l’Etat central et l’armée malienne par les groupes indépendantistes à dominante touareg du Nord, dans le sillage du retrait de la mission des Nations unies (Minusma), poussée vers la sortie par la junte après dix années de présence.

L’accord avait reçu un rude coup supplémentaire en début d’année quand le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, avait annoncé lors de ses voeux de Nouvel An la mise en place d’un « dialogue direct inter-malien » pour « privilégier l’appropriation nationale du processus de paix ». Le gouvernement « constate l’inapplicabilité absolue de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, signé en 2015, et, par conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat », dit le communiqué.

L’officialisation de la fin de l’accord d’Alger s’inscrit dans le prolongement d’une série de ruptures auxquelles ont procédé les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en 2020. Ils ont rompu l’alliance ancienne avec la France et ses partenaires européens pour se tourner vers la Russie et ont fait partir la Minusma.

Elle intervient dans un climat de profonde dégradation des relations entre le Mali et le grand voisin algérien, avec lequel le Mali partage des centaines de kilomètres de frontière. Le colonel Maïga a lu jeudi soir un autre communiqué vigoureux, spécifiquement contre l’Algérie.

Le gouvernement « constate avec une vive préoccupation une multiplication d’actes inamicaux, de cas d’hostilité et d’ingérence dans les affaires intérieures du Mali par les autorités » algériennes, dit-il. Il dénonce « une perception erronée des autorités algériennes qui considèrent le Mali comme leur arrière-cour ou un Etat paillasson, sur fond de mépris et de condescendance ».

Parmi différents griefs, la junte reproche à l’Algérie d’héberger des bureaux de représentation de certains groupes signataires de l’Accord de 2015 et devenus « des acteurs terroristes ». Le régime malien « exige des autorités algériennes de cesser immédiatement leur hostilité ». Le Mali est plongé dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et salafiste parties du nord en 2012.

Les groupes à dominante touareg ont alors repris les armes pour l’indépendance ou l’autonomie. L’insurrection a ouvert la voie à des groupes armés liés à Al-Qaïda qui ont conquis l’essentiel du nord, déclenchant une intervention militaire de la France et plongeant le Sahel dans la guerre.

Après un cessez-le-feu en 2014, les groupes armés à dominante touareg ont signé en 2015 avec le gouvernement et des groupes loyalistes qui combattaient à ses côtés l’accord de paix dit d’Alger, qui prévoyait plus d’autonomie locale et l’intégration des combattants dans une armée dite « reconstituée », sous l’autorité de l’Etat. Les jihadistes continuent, quant à eux, de combattre l’Etat sous la bannière d’Al-Qaïda ou de l’organisation Etat islamique.

La violence qui a fait des milliers de morts combattants et civils et fait des millions de déplacés s’est propagée au centre du Mali et au Burkina Faso et au Niger voisins, à leur tour théâtres de coups d’Etat militaires en 2022 et 2023.

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