Deux medecins sur LCI appelent a experimenter un vaccin contre le corona virus sur les « pauvres africains », nouvelles souris de laboratoire du monde. Le crime banalisé, une expérimentation médicale sur un peuple donné. Les révolutions humaines nous confirment qu’aucune société ne peut se construire durablement sur les mensonges et les crimes qu’il s’agisse d’un régime dictatorial, d’un lobby ou encore d’un cartel. Des personnes malintentionnées oublient vites que leurs arrangements louches au nom de la toute puissance économique ne peut résister à la colère des peuples. Osons le dire, un criminel reste un criminel. Le verbe exprime ce que l’on pense vraiment. Banaliser ces théories d’expérimentations est un crime. Deux spécialistes dans leurs domaines respectifs tenant de tels propos, il faut s’en méfier. La banalité du mal un concept philosophique développé par Annah Arendt explique que le mal ne réside pas dans l’extraordinaire mais dans des petites choses pour commettre les crimes les plus graves. Ces paroles que certains prétendent minimiser s’induisent dans l’erreur. Il s’agit des personnes qui ont renoncé à la morale, à l’éthique de leur métier et leurs engagements personnels, pour commettre les crimes les plus atroces. L’humanité s’est dit être en guerre contre le COVID19 mais les malintentionnés sont en guerre pour le profit et leurs egos. Aussi violent que le sujet soit, les soldats médiatiques se comprennent et partagent les mêmes idées. Ces discours et discussions à longueur de journée considérés comme anormaux et pathologiques. Ces soldats médiatiques se donnent le droit dans le verbe pour exprimer leur vision du monde. La confiance règne.
Le fait que des propos d’un médecin en France puissent avoir le poids de faire trembler un continent montre encore une fois la faiblesse dangereuse qui caractérise, malheureusement encore, les pays africains, leurs gouvernements, leurs décideurs, leur intelligentsia…
Les nations fortes ne seraient aucunement inquiétées d’une déclaration d’un individu à travers sa télé nationale, si d’ailleurs cette déclaration avait quelque chose d’inquiétant. Elles auraient tout au plus souri.
Donc, jeune africain, remarque quand même que le vrai problème n’est pas qu’un individu externe puisse déclarer un plan à ton encontre, mais bien que ta situation puisse rendre la réalisation de ce plan possible. De ce fait, si tu veux éradiquer ce problème une fois pour toutes, si tu veux vraiment ne plus en entendre parler, attaque toi à sa véritable cause… mais vraiment à celle-ci, profondément à celle-ci, et pas à ses corollaires récurrents qui surviennent aux grandes occasions.
Les faits sont que la jeunesse africaine connait un grand retard dans sa formation scientifique et technique quelque soit les facteurs responsables de cet état des faits. En même temps la jeunesse forme la part importante de la population des pays africains. Et ces deux phénomènes cohabitent et s’accentuent… Si nous avons accepté que notre consommation soit importée, que nos médicaments soient importés, que notre habillement soit importé… Si nous acceptons que même les informations sur nous-même et sur le monde soient importées (à travers des médias extérieurs très politisés: RFI, TV5, BBC, etc..), si nous acceptons que nos langues de communication soient importées (en voici un exemple, si j’écris ce texte en Pulaar, la plupart des lecteurs diront que c’est pas important car ce n’est pas écrit en Francais ou en Anglais ou en Arabe …)… Si nous ne faisons pas l’effort scientifique et technique qu’il faut, l’effort politique qu’il faut pour changer notre situation; si nous restons un bassin de larmes qui, à chaque perturbation, produit quelques vagues mélancoliques que les prochains jours se chargeront de dissiper, de ramener au calme insoucieux, en attente du prochain mouvement d’air…, alors sachons que notre cri n’est qu’une perte de temps. Il va nous soulager, de la même façon que lancer une insulte savoureuse au chauffard qui a failli nous cogner le fait bien; les mêmes médias importés vont en profiter pour avoir quelques audiences. Mais cela s’arrêtera là.
La vraie action est un projet qui nécessite du temps et de gros efforts. Et pour l’accomplir il va falloir beaucoup plus d’énergie et de caractère que ce qui est requis pour déplorer sa blessure, non il en faut beaucoup plus.
Voici ce que je vous propose:
1– Tout d’abord, agissez dans le but d’instaurer la pratique des sciences et de la technique, je parle des plus pointues et non des recettes de cuisines avec lesquelles on nous bassine généralement… Si Pr Mira n’aurait fait que faire sourire le Russe s’il s’était adressé à ce dernier, c’est parce que la Russie dispose d’un nombre monumental de Mira puissance 1000, donc il ne lèverait pas le petit doigt une fois la-bas. L’Afrique a certainement des plus que Mira, mais en relativement petit nombre et c’est ce nombre qu’il faut cultiver.
2– Revenez à vos langues les gars, c’est comme cela qu’on formera un grand nombre en peu de temps. On toucherait plus de gens et c’est ainsi qu’on aura plus de chance d’avoir dans nos classes les « bonnes graines ».
3– Pour une fois écoutez bien Cheikh Anta Diop. Je crois que vous tous pensez l’avoir écouté et je suis sincèrement désolé de vous vexer… Tous les enseignements de Cheikh peuvent être sujets à modifications ou à expiration vu la nature progressiste de la science, mais un seul persistera c’est la formule « Armez-vous de la science jusqu’aux dents! » Vous pouvez croire que c’est réducteur mais c’est loin de l’être. La formule ne veut pas dire d’aller bouffer tout ce qu’il y a dans les bibliothèques de sciences. Elle invite d’abord à apprendre et développer la méthode scientifique; celle qui lui a permis d’être un esprit scientifique épanoui de son temps. Les livres se font dépasser par d’autres, mais l’attitude, la méthode survivent au contenu. Donc en écoutant Cheikh Anta Diop, vous vous investirez dans l’implantation de la méthode scientifique en Afrique et ce dans une mesure qui dépasse largement ce qui se passe aujourd’hui.
4– L’Afrique a de la chance d’avoir une jeunesse avec tout ce qui la caractérise en terme d’énergie qui s’exprime sous différents modes comprenant l’égo, la fougue, la fierté, la passion et tout ce qu’on a observé depuis hier. Mais c’est dommage, j’aimerais que cette énergie et ses modes d’expression soient appliqués dans la recherche de solutions aux grands problèmes techniques et théoriques qui hantent l’humanité et l’Afrique en particulier. Derrière les grandes découvertes, il y a parfois la passion, mais parfois il y a aussi l’égo, le désir fort chez le jeune d’impressionner la fille de ses rêves (ou vice-versa), la fougue qui emmène à se mesurer au plus fort etc… Mais ma foi, n’est ce pas là une façon louable d’utiliser des caractères peu enclins à être loué? Si on raffole d’une population jeune, ce n’est pas parce que les jeunes bouffent trop, qu’ils puent des pieds, qu’elles adorent le maquillage,… ce n’est pour rien d’autre que pour les anti-qualités, si l’on me permet, citées plus haut, distinctement décriées mais aux effets desquelles on aspire tant. Alors jeunes africains et africaines, venez comme vous êtes mais appliquons méthodiquement notre façon d’être aux vrais problèmes sérieux que seuls les vrais hommes et femmes ont su sérieusement attaquer. L’Afrique en sortira gagnante, honorée, respectée et protégée par les siens.
Depuis l’apparition du coronavirus Covid-19 en Chine en janvier dernier, le monde étouffe. Différents gouvernements essaient tant bien que mal de faire face à la propagation du virus. Des mesures de confinement ont été prises, des vols ont été annulés, des frontières ont été fermées, des mesures de distanciations sociales ont été imposées.
En Mauritanie, le gouvernement a aussi fermé ses frontières aériennes et terrestres. Il a en plus imposé un couvre-feu sur tout le territoire national de 18h jusqu’à 6h du matin. Et il a fermé tout le commerce non alimentaire jusqu’à nouvel ordre. Ces différentes décisions en vigueur depuis quelques jours auraient une efficacité au niveau sanitaire mais elles commencent à faire des victimes économiques notamment à Selibabi. Face à cette conjoncture, des solutions sont attendues.
À Selibabi, les premières à payer le prix de la lutte contre le Covid-19 sont les femmes vendeuses du soir au marché de la ville. Elles ne vendent plus le lait et le couscous qu’elles préparaient avec un grand talent. Aujourd’hui, elles sont désespérées et sans ressources financières. Une des femmes nous confie « mes enfants et moi ne sont pas encore atteints par le corona mais il va nous humilier avant de finir par nous tuer si les choses continuent comme ça »
La situation économique est aussi catastrophique pour les artisans de Sélibabi qui vivent au jour le jour. Aucun tailleur, aucun menuisier, aucun soudeur, aucun mécanicien n’a travaillé depuis le 29 mars. Leurs activités sont à l’arrêt forcé. Ils s’inquiètent parce qu’ils ont des familles entières en charges et des loyers à payer. Un artisan rencontré, clé de la boutique en main nous dit « et maintenant comment on va manger »
Conscient des effets économiques de la pandémie sur les mauritaniens, le Président Mouhamed Ould Cheikh El Ghazouani, dans son adresse à la nation du 25 mars, a annoncé une série de mesures parmi lesquelles : L’allocation d’un montant de 5 milliards MRO destiné à aider 30 mille familles pauvres pendant trois mois ; des familles qui résident majoritairement à Nouakchott et dont les chefs de ménage sont des femmes, des personnes du troisième âge et des personnes vivant avec un handicap ;
La prise en charge par l’État, pendant deux mois, des factures d’eau et d’électricité des familles pauvres ;
La prise en charge par l’État, pour le reste de l’année, des frais de consommation d’eau dans les villages ;
La prise en charge par l’État, pendant deux mois, de toutes les taxes municipales liées aux activités des petits métiers
La prise en charge par l’État, pour le reste de l’année, de toutes les taxes appliquées aux chefs de ménage qui travaillent dans le secteur de la pêche artisanale.
Ces mesures sont bien entendu les bienvenues. Cependant la grande interrogation est de savoir comment identifier les familles pauvres sur l’étendu du territoire national ?
En Mauritanie, la gestion de la pandémie du Covid-19 semble faire son effet au niveau sanitaire mais elle perturbe plus que jamais les activités économiques dans des contrées comme Selibabi à l’instar des autres villes du pays et des autres pays du monde. Si l’aide précieuse annoncée par le Chef de l’État Mauritanien n’arrive pas à temps jusqu’aux plus nécessiteux, beaucoup d’entreprises artisanales disparaitront du tissu économique mauritanien et des difficultés sociales apparaitront car nombre de ménages font face à un vrai défi économique à l’heure actuelle.
🔹️Par Ibrahima Samba Dioum, Professeur d’Économie Gestion (Académie de Paris)
Il m’a fallu venir à l’université à Bordeaux pour que l’un de mes professeurs m’explique véritablement la SOLIDARITÉ. Nous, autres avons cru que nous étions solidaires. Non, nous avons confondu philanthropie et solidarité. Les philanthropes sont les personnes désintéressées et généreuses qui donnent tout leur temps, argent et énergie aux autres. Cette philanthropie sans calcul conduit souvent la descendance de certains à ne pas pouvoir être à l’abri du besoin par manque de plan d’actions pour le futur. La solidarité, quant à elle, ressemblerait à la philanthropie mais elle ne l’est pas. La solidarité est une assistante mutuelle( cela va dans les deux sens contrairement à la philanthropie). La solidarité est un devoir ou une obligation morale. La solidarité est familiale, amicale, communautaire, associative mais aussi commutante. La solidarité doit être étatique. L’Etat doit rajouter la solidarité à son mode de fonctionnement. La solidarité peut être aussi, communale, nationale… Une nation solidaire est une nation véritable. Elle est meilleure car elle use de la solidarité pour l’alimentation des couches les plus vulnérables, et par la défense qui est une forme de solidarité. Les contrats( mutuelle, association, assurance, syndicats, contrats de travail…) sont aussi de la solidarité. La Solidarité devient alors une forme d’humanisme et un rempart social: elle est l’obligation de faire cause commune, agir dans l’intérêt général. Les coopératives et coopérations sont de la solidarité. Et comme l’Etat( entité morale) doit être solidaire, les femmes et hommes doivent verser des prestations sociales en fonction de leurs revenus pour équilibrer les inégalités. Le citoyen ( individu avec des droits, devoirs et obligations et prier du respect des lois) doit s’éduquer à partir des valeurs de solidarité. Toute une pédagogie citoyenne doit naître chez le mauritanien à travers cette notion de Solidarité pour l’engagement, la lutte contre les préjugés et discriminations, pour les droits et surtout pour le Vivre-ensemble. La solidarité dans le domaine de l’éducation( attribution des bourses d’études en fonction des revenus des parents, les aides financière pour la petite enfance), dans les interruptions involontaires ou volontaires de travail( chômage, revenus de solidarité) dans le droit( par rapport à l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes…) voire dans la Santé( couverture maladie individuelle, familiale…)
Aujourd’hui, face à cette pandémie qui s’accroît à une vitesse exponentielle, il est important de rappeler la solidarité dans la santé et les interactions humaines. Il faut d’ores et déjà noté la relation entre l’alimentation saine et la santé qui est « très importante ». Les diététiciens préciseront cela. Hippocrate, médecin grec de l’Antiquité (5e siècle av. J. -C.), avait affirmé la primauté de l’alimentation dans la santé en affirmant: « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Or, pour un concitoyen qui ne peut se nourrir comme il se doit ou avoir du liquide alimentaire pour étancher sa soif, il sera difficile pour lui de connaître les risques sanitaires d’ordre bactériologiques( bactéries) ou virologiques( Virus). De plus, s’il n’est pas allé à l’école. Il en est tout de même le cas pour la maladie à Coronavirus ou COVID-19 avec « co » qui signifie « corona », « vi » « virus », « di » « disease » en anglais qui signifie « maladie ». L’Etat doit ainsi créer des conditions viables et structurer les domaines par la solidarité. Une règle de solidarité pour sensibiliser est souvent préférable à celle du « fouet ». Pour protéger ses composantes par nécessité et obligation, l’Etat dans son rôle régalien doit faire valoir le droit à la vie, aux libertés, faire barrages aux inégalités par solidarité aussi, et connaître les priorités de SANTÉ. L’Etat doit au nom des principes universels, religieux ou moraux assister sa population contre la faim, les maladies en soignant et prévenant. Certains diront qu’il est facile de le dire mais difficile de le faire. Il sera tout à fait naturel de se demander s’il existe préalablement une volonté politique. Cette volonté dans la manière pragmatique et clairvoyante de gérer les affaires de la CITÉ. Cette période pandémique nous laissera de quoi réfléchir, et se saisir par humanisme pour mettre en place, si la voracité et l’égocentrisme ne reprennent le dessus, un nouvel ordre; un pacte social. La solidarité dans le travail( liens de complémentarités), dans les instances, dans les marchés financiers, pour les micro-financements, les incubateurs( économie) , et pour le « pauvre mauritanien » à la quête de l’équité et l’égalité.
Pour s’axer sur le plan sanitaire, il ne s’agit plus de critiquer seulement mais d’énoncer ensemble certains FAITS. Il ne s’agit plus de réfléchir mais d’agir. Ainsi, parler pour garder un « petit » poste par rapport à l’intérêt personnel au lieu de celui des mauritaniens, de celui de la future Nation qui doit naître, est de la délation. Nous avons un système de santé dans un état de délabrement inouï alors, comment aurons nous le courage de parler de système de soins. A cela, s’ajoute la libération de la profession. Pour être soigné, il faut des moyens personnels( parfois les biens mal acquis pour aller à l’étranger), et l’on est pas sûr de porter l’usufruit. Le principal responsable est l’Etat comme entité morale, mal équipée et dont la mal gouvernance est indélébile, si elle ne se débarrasse pas de l’étiquette de « vache à lait ». Notre responsabilité y est aussi. En effet, les mauritaniens ont comme premier ennemi commun l’indifférence. Après, s’ajoute à cela l’ignorance, et voilà que s’y rajoute l’infiniment petit(virus) pour faire plus que peur et créer la psychose en Mauritanie. Les campagnes de sensibilisation vues sont des actes de solidarité. Dès lors, s’il y a deux formes de sensibilisations, à savoir celle des cartiers du nord et celle du sud, nous aurons un constat amère et réel qui est la profondeur des distanciations sociales bien avant le COVID-19. D’où vient, ce questionnement de nos inquiétudes et de l’absence de solidarité et de développement ensemble mais pour un ensemble. En effet, face au covid-19 qui est un ennemi redoutable qui attaque plus que l’on ne peut imaginer, il y’a lieu de s’unir et de respecter les consignes et recommandations des personnes en charges, personnes ressources et habilités à juguler la maladie à Coronavirus. La solidarité est encore d’autant plus nécessaire pour aider les acteurs et professionnels de santé pour la santé publique. Aider en restant chez soi s’il est possible. Aider par l’aide de l’Etat aux concitoyens du secteur informel ou des nécéssiteux comme le plan a été émis. Assister et mobiliser pour la formation de plus de personnels face à ce fléau. En guise de solidarité avec les forces de l’ordre, respecter le couvre-feu, et il faudrait les avertir comme tout citoyen mauritanien des dangers de la maladie à Coronavirus. Au sortir de cette pandémie, osons espérer que l’humanité se nourrisse de paix et de solidarité. Nous devons apprendre à nous solidariser. Nous devons apprendre en tant que population à mieux faire, mieux vivre, mieux donner et à s’indigner. S’indigner en l’horreur de la dignité, il le faut pour l’union. Il ne peut y avoir d’union ou cohésion sociale voire nationale sans véritable solidarité. Cette solidarité ne nait pas de la bêtise, ni dans l’ignorance. Elle nait de principes universels qui honorent la dignité humaine. En ces termes, Tomas Borge affirmait: «la solidarité est la tendresse des peuples». Il faut agir, cultiver le civisme et la fraternité par la solidarité. «Sans solidarité, performances ni durables ni honorable» François Proust. En définitif, la solidarité « est notre remède» comme l’atteste Sali Sek. Etre solidaire, c’est être lié. «La solidarité nourrit les racines desquelles se tisse la fraternité» Bihman Belattaf. Revendiquons plus de justice et de justesse avec nous même pour nous. La solidarité appelle la bonté individuelle. Lecompte nous certifie qu’il n’existe pas d’autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle. Ainsi, « nous avons le devoir alors de remettre à l’heure l’horloge de la solidarité humaine» Michel Vespecht.
En conclusion, cette expression que l’on appelle SOLIDARITE, ne doit pas être un simple mot. C’est un sacerdoce citoyen et humain pour lequel, il faut « se répercuter» même de loin. Nous n’avons plus besoin de la solidarité purement traditionnelle africaine( forme de « solidarité mécanique » par des normes et valeurs traditionnelles intrinsèques) mais de la solidarité moderne qui dépend des «réflexes» universels par les valeurs égalitaires. Pour ainsi, ouvrir la voie à la solidarité internationale comme il en est le cas pour le Cuba, la Russie ou la Chine qui vont en cette période de crise sanitaire apporter l’armement médicale pour le besoin de l’humain. «Notre esprit humain exige sans délai la solidarité et l’union entre les peuples et les nations au delà des différences qui pourraient les séparer» soutient Augusto Roa Bastos.
La mondialisation actuelle et les modalités de sa globalisation sont philosophiquement judéo-chrétiennes. C’est-à-dire que ce sont les concepts clés du christianisme et du judaïsme (que nous distinguons du message initial de Jésus et de Moise), bien que sécularisés, qui commandent toujours l’univers de sens et la trajectoire de l’Occident et son rapport au monde et à l’humanité.
Expliquons-nous en énumérant les quatre notions essentielles qui, selon nous, caractérisent l’approche judéo (Spinoza)-chrétienne (Hegel) de l’existence et l’homme :
1) Pour le Judaïsme :
La notion de Peuple Élu et l’annulation de fait de l’idée de famille et de fraternité humaine.
La limitation de l’existence à l’ici-bas et aux sens (l’absence dans l’ancien testament de toute référence et description de l’au-delà en est le signal).
2) Pour le Christianisme :
La notion de fils de Dieu.
La notion de péché originel et la détestation du monde et des sens qui en découle.
Les deux premières notions respectives du judaïsme et du christianisme sont une continuité en accord ; alors que les deux secondes sont une continuité en désaccord. C’est-à-dire que la notion de « peuple élu de Dieu » contenait déjà en elle celle de « fils unique de Dieu » et d’incarnation en lui (l’un d’entre eux tout de même) de la divinité. La notion de péché originel et le rapport névrosé et négatif au monde qui s’en déduit, sont quant à eux la réaction extrême que ne pouvait éviter l’obnubilation immodéré pour ce monde qui la sous-tend en réalité. Ce qui à son tour va créer la réaction que nous connaissons aujourd’hui contre le spirituel/au-delà au profit du temporel/mondain.
Peuple élu et fils de Dieu : l’un est la particularisation du général, l’autre est l’absolutisation du concret. Dans les deux cas c’est le refus de la transcendance et la limitation du monde et de l’homme à ce que l’on sait et à ce que l’on peut.
Peuple élu et fils de Dieu : l’un comme l’autre, l’un en l’autre, c’est l’annulation de l’idée de famille humaine ; c’est la division de l’humanité en élus divinisés qui commandent et déchus bestialisés à soumettre. C’est la perte par conséquent de la dignité de l’être humain en tant que principe universel et inaliénable, dans son refus à l’autre que l’on déshumanise en l’animalisant/diabolisant et dans l’angélisation/ divinisation d’autres qui eux aussi ce déshumanisent.
Peuple élu et fils de Dieu : c’est un clergé et des troupeaux d’humains moutonisés ; c’est des intermédiaires qui s’accaparent le bien symbolique (religion et philosophie) pour le détourner de son sens (déligion et idéologie) afin de justifier la spoliation des biens matériels et l’exploitation des gens (domination politique et économique).
Péché originel (détestation de ce monde) et amour immodéré pour l’ici-bas : il s’agit toujours d’une restriction négative ou positive à ce monde.
Péché originel ou restriction à l’ici-bas : c’est toujours la même mise en demeure de séparer le corps et l’esprit, la terre et le ciel, le matériel et le spirituel, et de choisir l’un dans lequel on restreindra l’humain et le monde, au détriment de l’autre qu’il faudra faire disparaitre à terme.
Au cœur du Vatican puritain et ses dorures se trouvait déjà le Las Vegas qu’elle provoque, et qui est en fait son origine cachée. Comme le Diable et sa purification se trouvaient parmi les anges et leur pureté éthérée. Car la détestation immodérée du monde a son mobile et origine dans son amour restrictif exclusiviste, et la dilution de soi et du moi en lui, après y avoir réduit toute la réalité.
Dans la civilisation occidentale, le processus de désenchantement, de sécularisation, et d’athéisation (sur le plan ontologique) du monde ; de déification et d’idéalisation de la nature, de l’histoire, de la raison et de la science (sur le plan philosophique) ; de divinisation ou de « supermanisation » de la « race supérieure » blanche et de l’ « ethnie » européenne, du développement des sociétés européennes et de leur mode et choix de vie (sur le plan axiologique) ; la guerre menée contre tout ce qui n’est pas blanc, européen et chrétien en vue de le dominer, de l’exploiter et/ou de le détruire (sur le plan civilisationel), de « l’assimiler », de « l’intégrer » et de le rejeter (sur le plan social et sociétal). Tout ceci, d’une manière ou d’une autre, sont l’expression furieuse de cette conception du monde et de l’homme portée par le judaïsme et le christianisme, séculariseé et conceptualisée par les philosophies spinozienne, hégélienne et marxiste, en leurs parties déviantes et défigurées introduites dans le message initial de Moise et de Jésus.
Parties déviantes et défigurées, issues de la conception fétichiste et idolâtre de l’existence, qui provoquent la dégradation de la religiosité et de la religion, et qu’elles finirent par attraper. Ce dont l’Islam voulu libérer les communautés juives et chrétiennes ainsi que l’humanité, en réformant ces religions positives à partir de la Religion initiale et permanente, en rappelant son essence, pour proposer sa réalisation pleine, universel et cosmique dans la civilisation humaine. Essence de la Religion, au-delà des particularités culturelles, qui se résume philosophiquement en ces termes : transcendance divine et dignité humaine, qui ne sont pas à confondre ni à opposer mais à relier et réconcilier.
Tel est le fond philosophique et théologique qui sous-tend la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui et qui explique ces « déviances » qui n’en sont point au vu de ce qui vient d’être explicité.
Certes, nous ne réduisons pas la civilisation occidentale à tout ceci. A côté des parties sombres que sont les génocides perpétrées contre plusieurs peuples, l’esclavage, la colonisation, les attentats écologiques, économiques et symboliques contre l’humanité, se trouvent aussi la partie lumineuse des droits de l’homme, de la science ou de la démocratie.
Cependant, la défiguration de l’idée de Dieu et de l’homme, telle qu’elle fut permise par la théologie et l’anthropologie judéo-chrétienne, textuellement et foncièrement tribal et non universel (comme cela s’exprime dans leur texte), sont les prémisses de la dilution de l’âme humaine dans la nature (Spinoza) et l’histoire (Hegel) dont le naturalisme ethnique et scientiste, quelques soient ses formes (sociologisme, évolutionnisme darwinien, économisme capitaliste ou socialiste, cybernétisme ou génétisme Trans-humaniste ou antispéciste etc) se chargera d’inventer son « catéchisme » et de façonner l’homme et le monde à son image divinisé, idéalisé ou « surhumanisé », et en fait bestialisé, puisque « qui fait l’ange fait la bête ».
La crucifixion du « fils de Dieu » par son « peuple élu » ne pouvait aboutir, dans cet univers de sens, qu’à la « mort de Dieu » et par conséquent à la fin de l’humain en l’homme, à la division des peuples et la destruction de la planète. Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Tel est le sens de la crise multidimensionnelle que traverse l’humanité et le blocage de l’avenir qui le caractérise, car sans idéal transcendant vers lequel tendre.
Pourquoi donc ce profil philosophique permet d’expliquer l’animosité manifeste de l’ordre mondial actuel contre l’Islam ? Et pourquoi cela atteste, paradoxalement, du caractère incontournable de l’Islam pour l’avenir du monde? Au-delà de l’aspect historique, géopolitique et économique de cette opposition, c’est bien la vision de l’un (la cosmique coranique de l’Islam) radicalement opposée à celle de l’autre (la mondialisation occidentale) et dont les impasses actuelles appellent irrémédiablement l’adoption par l’humanité, directement ou indirectement, des propositions et de la vision de l’Islam.
Comparons donc les principes suivants explicitement portés par l’Islam avec ceux de la mondialisation que nous avons exposés tout au long de ses lignes :
La transcendance absolue de Dieu et son impossible incarnation.
La lieutenance de l’être humain en tant qu’être libre et responsable de la planète qui lui fut confiée.
La terre et l’ici-bas en tant que don de Dieu et lieu d’épreuve et de preuve des capacités de l’homme pour accomplir la mission de civilisation de la terre selon les principes divins de sa lieutenance.
La relation directe de l’humain et du Divin sans intermédiaire.
La Libération de l’humanité vis-à-vis du tutorat spirituel d’un pouvoir spirituel ou du tutorat politique d’un pouvoir de de droit divin.
Origine commune de l’humanité qui en fait une famille.
Diversité des cultures et des religions voulue par Dieu pour l’interconnaissance et l’émulation.
La fondation du mérite sur la valeur morale universelle et son respect (al-taqwa), et non sur l’origine ethnique, ni sur le sexe, ni sur l’appartenance religieuse, ni sur le niveau social et économique.
La distinction, la relation, l’unité et la non séparation ni uniformisation entre l’ici-bas et l’au-delà, le corps et l’esprit, les moyens et les fins.
Les points ci-dessus mis en exergue, sont en contradiction directe, nous le voyons, avec la vision qui sous-tend la mondialisation et son ordre mondial. L’Islam porte le projet d’une autre mondialisation fondé sur la relation et la réconciliation du naturel et du spirituel, ainsi que sur la collaboration civilisationnelle de toutes les nations et cultures qu’il considère être l’expression riche et diverse d’une seule réalité : la famille humaine. Et cela correspond exactement à la crise que vit l’humanité dans son rapport à elle-même et à son environnement qui se loge dans celui, au conséquence cosmique, qui se trouve entre elle et le divin.
Le monde et l’humanité ont besoin d’une unité spirituelle qui porte son unité physique et qui comprend (dans les deux sens) sa diversité pour la mettre en état d’interconnaissance, d’émulation et de collaboration. Or voilà une religion et une philosophie, l’Islam, qui repose sur la transcendance de Dieu, la dignité humaine, la notion de famille humaine, sur une critique des religions au nom de la Religion cosmique qu’elles visent et dont elles sont issues pour les refromer, la relativisation de ce monde vis-à-vis de l’au-delà et en même temps sa prise en considération et la nécessaire relation entre les deux.
Ce n’est pas la terre d’un côté et le ciel de l’autre qui s’opposent ou se confondent, mais le cosmique qui les englobe et les relie. C’est un dépassement (tadjaouz). Ce que le dépassé potentiel ne peut supporter s’il se pense être la « fin de l’histoire ».
Telle est la raison d’être de l’opposition frontale et instinctive que mobilise l’ordre mondial et son projet de mondialisation contre l’Islam et le monde musulman bien que celui-ci soit politiquement sous domination.
Au-delà de l’aspect géopolitique et économique, c’est bien la symbolique de l’Islam en tant que message universel et cosmique qui est visé. Il s’agit clairement de l’empêcher d’atteindre pleinement son potentiel révolutionnaire et/afin d’accentuer la domination des peuples qui s’en réclament de Dakar à Djakarta. Ce qui est la condition pour que perdure le leadership de l’occident sous l’égide américaine.
Ainsi s’explique le caractère incontournable de l’Islam dans le reflet des préoccupations qu’il suscite de la part de l’ordre établi. Mais son caractère incontournable s’expose aussi, nous l’avons indiqué dans la première partie de cet article, dans la correspondance de sa philosophie coranique et cosmique (kawniy) avec les révoltes actuelles des peuples qui attendent la révélation qui les transformera en révolution. (La suite au prochain article).
Le monde c’est un évènement passé qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui « s’évènemente ». Les deux actes se font, en même temps, dans le présent qui est relation et tension entre ces deux actions concomitantes de la conscience. Or le travail philosophique et théologique (s’il peut encore exister une différence pure) consiste en l’interrogation du monde et de son interprétation en même temps que la réinterprétation de son devenir et la création des modalités de la réalisation de celle-ci. Si la conscience humaine est la porteuse en son sein de ces deux actions qui se fécondent, la civilisation en est alors la fille. Il s’agit dès-lors, en fait, de l’interaction entre une réalisation passée qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui se réalise, ainsi que de la vision et de la voie que l’on s’en fait et que l’on se donne pour ce faire, après avoir tiré les leçons de celles des générations précédentes.
Or l’Islam est une certaine interprétation du monde qui, à travers le Coran, se veut être une réinvention cosmique et transcendante du monde, une synthèse critique de l’histoire spirituelle de l’humanité et de son expérience civilisationnelle, et enfin un projet cosmique à réaliser dans l’avenir à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine. Seulement, cette idée et son projet, jamais totalement réalisés, font l’objet des préoccupations constantes de l’ordre mondial actuel et de son projet de mondialisation, faisant de cette religion, par réaction, une affaire importante, présente et future. Son avenir, ainsi, se trouve intimement lié au devenir de l’Islam.
Mais de quelle interprétation du monde en tant qu’évènement, et de quel devenir de celui-ci en tant que projet, la mondialisation actuelle, fille de l’expérience occidentale, est-elle le nom ? C’est en répondant à cette question que nous comprendrons la raison pour laquelle l’Islam est incontournable en tant que préoccupation et en tant que réponse opposée en des points essentiels au projet de civilisation mondiale que porte la globalisation actuelle, bien qu’elle en réalise en partie l’idée (l’unification matérielle de l’humanité mais sans et contre son unité spirituelle). C’est aussi cette réponse qui nous aidera à saisir ce pourquoi l’ordre mondial et sa propagande s’excitent tant sur la question de l’Islam et du monde musulman, en vue de déconstruire le premier afin de mieux coloniser et diluer le second.
La première partie de cette analyse, dans le précédent article, s’est chargée de nous fournir des éléments de réponse. Clairement, la mondialisation actuelle est une entreprise de limitation et de dilution de la réalité humaine aux seules lois de la nature et de son univers de contradiction et de lutte, d’une part ; et d’autre part, en conséquence, c’est une entreprise d’expulsion de toute référence à ce qui est transcendant, au-delà et spirituel qui donne à l’homme sa spécificité et sa dignité ; et enfin, c’est une entreprise de « paradisation » du monde et de l’ici-bas (limitant celle-ci), par la consommation et la jouissance matérielle immédiate, débarrassée de toute limite et de tout sens éthiques, en tant que promesse illusoire d’un bonheur tout aussi illusoire, qui n’est possible que pour une minorité. Ce, avec pour conséquence et prix le sacrifice d’une majorité d’êtres humains qu’il faudra déshumaniser et dominer, et de l’environnement biologique (la nature) et symbolique (la culture) qu’il faudra désacraliser et exploiter.
Le matérialisme, le scientisme, l’économisme (libéral ou socialiste), le nationalisme, la colonisation, le laïcisme (qui prône la séparation du temporel et du spirituel et l’uniformisation de tout au profit du premier contre le second), les délires « de fin de l’histoire » et de « clash des civilisations » (d’inspiration hegelienne), l’exploitation des êtres humains et la surexploitation de la nature ne sont que les manifestations concrètes de cette idée de Dieu, du monde et de l’homme et du projet de civilisation qui en découle et limite la réalité au calcul, à l’immédiat et à l’instinct.
À travers leurs philosophies, Spinoza, Hegel et Marx nous ont en réalité décrit avec précision et en même temps fondé, l’ordre du monde que nous connaissons aujourd’hui, dans la continuité de celui dont ils voulaient la fin. L’incarnation et la dilution de l’idée de Dieu dans la nature et dans l’histoire, en faisant du déterminisme et des contradictions et oppositions qui s’y trouvent, et que l’on perçoit scientifiquement au premier abord, le cœur, le moteur et le sens de l’existence. Cette incarnation puis cette dilution de l’idéal Divin, disions-nous, a fini par enlever à l’homme son humanité, à « chimériser » le monde moral qu’il porte en lui, pour mécaniser le rapport à la nature et atomiser ou « totalitariser » la société et fonder les relations entre personnes et peuples sous le prisme de la concurrence à l’intérieur de la nation (la lutte des classes de Marx) et de lutte entre les nations (la lutte des esprits des nations Hegel).
Or nous l’avons dit, cette défiguration de la modernité par la colonisation et l’exploitation (fondée initialement sur la dignité de l’humain et la fin du minorât religieux et politique de l’humanité, telles que d’ailleurs l’Islam le prône). Cette défiguration disions-nous ne tombe pas du ciel. Ou plutôt si. Elle est la continuité, même en tentant de s’en libérer, du ciel déchu de la conception religieuse judéo-chrétienne qui continu à lui fournir en négatif ses paradigmes, que ce soit dans la théocratie (le pouvoir au nom de Dieu) et son illusion du « dieu fait homme » ou de « l’homme à l’image de Dieu », ou dans l’anthropocratie (le pouvoir au nom de l’homme) et son illusion de la « mort de Dieu » et de « l’homme surhumain ». Dans les deux cas de figure, enchantement ou désenchantement, la naturalisation, animalisation et unidimensionalisation de l’homme est de mise. (la suite prochainement).
Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste. Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque. On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif. On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien. À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties. On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux. Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe. Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! – Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre. Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés. Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.
Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort… Notre pays a mis en place tout un éventail de mesures, dont la plus radicale est ce couvre-feu dès 18 H… Mais cela ne suffira pas. Les mots et déclarations pieuses de suffiront t pas. Il faut confiner, oser ce confinement, oser… Interdire les rassemblements, réprimer ces rassemblements s’il le faut. Fermer les marchés et réfléchir à des boutiques « alimentaires »…Réfléchir à une gestion plus locale de cette pandémie au vu du nombre de miséreux chez nous, miséreux qui verraient leur ultra précarité augmenter avec le confinement; réfléchir à des distributions de denrées, de vivres, de savon… Réfléchir et stopper ces coupures d’eau et d’électricité qui ne permettent pas les gestes prophylactiques nécessaires et qui aggravent et la misère et la transmission du virus… Réfléchir au fait que malgré le fait que l’Afrique est habituée aux pandémies, nos installations hospitalières en sont au degré zéro d’une lutte contre une pandémie ( combien de respirateurs dans nos hôpitaux?). Réfléchir au fait que nous nous contentons de nos habitudes sociales collectives au détriment d’une lutte efficace contre n’importe quelle pandémie. Réfléchir au fait que s’enfermer chez soi aujourd’hui est un luxe de la bourgeoisie locale.Et que nous l’avons accepté, comme si la misère et le manque faisaient partie somme toute d’un « paysage » local presqu’exotique… Que la majorité de la population vit dans des conditions sanitaires effroyables, la promiscuité favorisant la transmission de tout et n’importe quoi. Interdire les regroupements dans les mosquées ( des pays musulmans et des érudits religieux célèbres, de l’Iran au Koweit en passant par les pays du Maghreb ont interdit les prières collectives…Pourquoi pas nous? FOutu orgueil assassin de notre part qui nous sentons « meilleurs » musulmans que les autres…) nonobstant les cries d’orfraie de ceux qui, par ignorance, préfèrent envoyer les hommes à la mort plutôt que de les protéger ( et j’accuse certains de nos religieux de crime, oui, ceux qui refusent la fermeture des mosquées et qui favorisent ainsi la transmission d’un virus qui tue aussi – ne regardent-ils pas ces images qui nous viennent de l’Italie????) , ne pas ré ouvrir les écoles… Le virus n’a pas de « pieds ». Il ne circule que grâce aux hommes. Il ne peut voyager s’il n’a pas de « véhicule » qui lui permet de passer d’hommes en hommes…Ce véhicule c’est nous. Nous. Il y aura bien un avant et un après Covid-19. Et à nous de savoir ce que nous voulons : sauver l’économie ou sauver l’humain… Sauver les enfants, les femmes et les hommes et non pas une vision stérile du vivre ensemble….
Ce qui se passe au Sénégal, avec le non respect délibéré des lignes de conduite établies par le gouvernement révèle les lacunes de notre société, des lacunes quant à notre lecture des phénomènes, des lacunes quant à notre mode d’agir, bref des lacunes quant à notre façon d’éduquer. Lacunes que l’on collectionne, sacralise et présente comme identité à respecter, surtout quand il s’agit de nous comparer à ceux qu’on appelle les autres, les différents, les pas comme nous, si on ne les nomme pas ennemis.
Ce comportement irrationnel, et si je voulais juger je dirais irresponsable, n’est pas un fait d’individus isolés dont la faiblesse morale serait connue de tous. Non, il s’agit principalement d’individus qui ont justement la plus grande responsabilité morale aux yeux de la population à tous ses niveaux. Il s’agit des personnalités qui ont le respect des militaires, des ministres, des médecins, des professeurs, du président, si ce n’est leur adoration. Mais visiblement, par ignorance ou par autre défaillance intellectuelle ou morale, ces individus refusent de respecter la raison et les consignes des spécialistes, qu’ils prennent certainement de haut car il ne s’agirait que de leurs « disciples spirituels ». Et ils mettent donc tout le peuple en danger; ce qui compte c’est bien de ne pas bouleverser les positions sociales qui satisfont les égos même si tout le monde va en pâtir! Du suicide collectif qui rappelle ceux organisés par les grands gourous de certaines sectes. Mais cela ne peut pas être notre cas, car nous ne sommes pas en secte et, nous, ce ne sont pas des gourous que nous avons. N’est ce pas?
Oui, je comprend qu’il est nécessaire pour l’humain de toujours se rattacher à la branche à sa portée pour éviter la dégringolade. De s’y agripper même, quand le vent souffle et que les branches se mettent à se balancer. Est ce l’aspect singe, difficilement effaçable, qui se recycle au fond de notre mentalité, nous humains? Je pose la question…
Mais ce qui est bien chez le singe, c’est son activité, passer de branche en branche, occuper l’étendu de son espace en permanence. Il trouve son équilibre en bougeant plutôt qu’en restant sur place. A la différence du paresseux qui s’agrippe, se fige et stagne. La nature faite d’incessants changements semble favoriser l’activité sur la stagnation, qui elle se voit dépasser et écraser tôt ou tard!
De qui voulons-nous nous rapprocher, je parle de notre mentalité; singe ou paresseux? Désolé, mais ce sont les deux choix dans la carte des menus!
Si nous passions à un niveau au dessus, si nous changions de branche, si au lieu de s’agripper à de la misère magnifiée, comme pour en masquer le caractère funeste, si au lieu de ruser avec la peur en en faisant une puissance qui octroie sa pitié, nous décidions d’y faire face; si nous actionnions notre rationalité jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus sur cette phobie du vide, jusqu’à ce qu’elle stipule et intègre, une fois pour toutes, que l’important n’est pas de s’agripper mais d’évoluer tout en maintenant l’équilibre. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ceux qui s’agrippent finissent par le perdre en s’effondrant tout comme le paresseux l’expérimente; mais que ceux qui ont la hardiesse de bouger sont ceux qui ont une chance de se maintenir.
Nos sociétés renferment de l’intelligence, de l’honnêteté, de la compétence, ce n’est pas là la question. La question est comment tout ceci se laisse organiser. Car avoir les bonnes cartes ne suffit pas à gagner à une partie d’un jeu; la stratégie, à savoir l’organisation des coups, la façon de réagir aux attaques, et surtout la planification, est celle qui marque la différence.
Dans une société, une bonne stratégie de vie est celle qui aide à préserver la vie, à l’élever, à prévenir du danger et à y faire face quand il est là; elle est multiforme, mais de quelque forme qu’elle soit, elle requiert la discipline, qui de mon point de vue se définit comme une attitude commune qui préserve la cohérence dans les interactions entre individus, entre organes, et entre les individus et les organes. Un code de la route des actes auquel les citoyens doivent se soumettre, y compris le marabout le plus suivi.
Cependant, on n’improvise pas une telle attitude commune dans une société, on l’instaure progressivement, on en fait une habitude, on la plante, la cultive et la surveille. L’éducation est le pivot d’un tel projet social. Le niveau d’éducation d’une génération définit le niveau de discipline de la société dont elle aura la direction.
Sur la question de choisir entre le singe et le paresseux, dans le cas où nous portons notre choix sur le dernier, ayons quand même la vivacité minimale de profiter d’une de ses caractéristiques utiles, à savoir respecter l’isolement nécessaire pour endiguer le coronavirus!
<<Seigneur, préservez-moi de mes amis. Mes ennemis je m’en occupe !>> Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya, s’adressant à ses tombeurs en 2005, dont Ghazouani
Le retour du Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005), l’ancien chef de la dictature militaire qui s’est consolidée depuis la création du grade de Général en 2007, évoqué tous les ans, pourrait se réaliser en cette année sombre de pandémie, comme le fut son règne funeste.
Taya a, en une année (90-91), sur une population d’à peine 1,5 millions, tué plus de 8 milles civils, assassiné 513 militaires et déporté près de 100 milles personnes. Tout ce beau monde était quasiment de la même ethnie. C’est le génocide des peuls de Mauritanie, l’un des plus méconnus de l’histoire de l’humanité.
Dans le Sud, les militaires et leurs milices ont violé, torturé, détruit des villages, …
Les militaires se sont auto-amnistiés par une loi votée en 1993 qui absout tous leurs crimes et des présumés tortionnaires ou meurtriers accèdent à de hautes fonctions (Généraux, Présidence Assemblée et même Présidence de la République en 2005-2007).
Les dignitaires du PRDS, le parti-Etat de Taya, se sont habilement recyclés dans ADIL jusqu’au putsch de 2008, puis ils ont convergé en masse vers UPR, le parti des Généraux.
Donc, le coup d’État qui a déposé Taya en août 2005 était une petite révolution de palais. C’est toujours la même bande de copains militaro-affairiste qui pille le pays.
Les victimes demandaient l’extradition de Taya pour mettre fin à son impunité et à son exil doré au Qatar.
Eh bien, il ne sera pas escorté par la police qatarie, ni récupéré par la nôtre pour être conduit en prison et entendu dès sa descente d’avion . Il n’effectuera pas les formalités à l’aéroport, même s’il a le coronavirus. Ce serait degradant pour ce haut gradé. Mais son retour au pays, ainsi que ces conséquences sur la paix sociale, seront de l’entière responsabilité du Général Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.
Le nouvel homme fort et muet de Nouakchott a déployé toute sa diplomatie pour le retour à la maison du soldat Taya. La solidarité entre hommes en treillis ne faillira pas. La loi d’amnistie ne sera pas abrogée. L’ancien exilé bénéficiera des privilèges dus à un ancien chef d’Etat (salaire, logement, gardes du corps, voitures avec chauffeur..), il sera membre du Conseil Constitutionnel et sera consulté sur les grands dossiers de l’Etat…
Et S’il est malade, ses frais seront entièrement pris en charge. Les mauritaniens, dont ses victimes, paieront sans broncher.
Avec toutes ces conditions et loin de la prison de Dar Naïm, on souhaite la Bienvenue au Colonel Taya! Il ne sera pas inquiété. Toute hostilité contre lui sera réprimée, une loi viendra renforcer l’amnistie, si nécessaire.
Bien entendu, il ne sera pas assigné à résidence surveillée à Atar, auprès de sa tribu. Il sera libre comme l’air et pourra même parader en tête des cortèges de ses fidèles qui défilent depuis 15 ans tous les 12 décembre pour rappeler son historique prise du pouvoir. Le portrait de Saddam Hussein y sera brandi pour narguer ses noirs qui tardent à quitter ce pays exclusivement réservé aux maures. Comprendront-ils un jour ?
Taya et ses proches, avec cette liberté garantie par la constitution, pourront parler dans les médias, créer ou soutenir un parti, inciter à finir le génocide…
Le président auto-proclamé Ghazouani ne joue pas avec le feu, mais avec les armes. Attention quand même à une balle amie dans le bide.
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