DÉCHÉANCE DE LA DÉCENCE OU DÉMOCRATISATION DE L’INDÉCENCE?


Si les réseaux sociaux ont permis de raccourcir les distances spatiales entre les humains, rendant ainsi leurs interactions beaucoup plus fluides, ils ont aussi permis d’amincir les murs de la décence. Les réseaux sociaux ont fait tomber le rideau de décence qui avait permis aux sociétés humaines de garder jusqu’ici un certain degré d’humanité. 
Jadis, en Afrique, l’accès à la parole, cette arme humaine nécessaire et dangereuse, était très protégé. Rien d’étonnant puisqu’elle a été d’abord l’arme du créateur. En effet, dans les cosmogonies africaines, et ceci depuis l’Egypte ancienne, la création par le Verbe est considérée comme étant un bond qualitatif majeur et une évolution remarquable dans le choix des techniques de création du demiurge. Voilà pourquoi, la parole a toujours été protégée ; elle était canalisée pour tamiser le discours, individuel et collectif, et pour définir et réguler les rapports sociaux. 
On retrouve chez les Peuls–et ceci est aussi vrai pour plusieurs autres groupes africains–cette nécessité de tamiser la parole avant de l’émettre. Les descendants de Ilo Yaladi diront en effet : « Kongol ko ndiyam, so rufii ɓoftotaako» (La parole prononcée est comme de l’eau versée ; vous ne pouvez la récupérer). Mais faut-il rappeler ici que la référence à l’eau ne relève pas du hasard. Ici, comme c’est encore le cas dans plusieurs sociétés africaines, l’eau est l’élément primordial de la création. Elle est un des quatre éléments de la création. Elle est l’élément à partir du quel tout a été créé. C’est le Nwn (Noun) égyptien. La parole est une technique de création du démiurge ; la plus sophistiquée de ses techniques. 
De ce fait, l’accès à la parole était régi par des normes qui répondent aux inquiétudes de la société humaine ; garantir le triomphe de l’ordre. Dans ces sociétés africaines, la stratégie a été de contrôler l’accès à la parole pour contrôler ainsi son usage. Ce contrôle est la soupape de sécurité nécessaire pour remédier à l’échec des filtres de la responsabilité individuelle. Ce n’était pas n’importe qui qui avait accès à la parole. 
Aujourd’hui, la prolifération des plateformes de communication, l’anonymat virtuel et surtout l’élimination de la nécessité de savoir lire et écrire ont eu comme conséquence majeure la démocratisation de l’accès à la parole. L’analphabète, le lettré et l’intellectuel ont le même droit à la parole ; et chacun a son auditoire. Et puisque le contrôle ou le filtre collectif s’est effondré, l’accès à la parole est désormais laissé aux seuls filtres de la responsabilité individuelle. Et lorsque cette responsabilité individuelle échoue, alors c’est le déluge de l’indécence car la soupape de sécurité collective est absente. Ainsi, la démocratisation de l’accès à la parole a engendré la démocratisation de l’indécence ou si vous voulez la démocratisation de la folie.
De ce fait, nous conseillerons à tous les esprits logiques de répondre à l’indécence par la décence érigée en silence ou en mépris. L’indécence est devenue si banalisée aujourd’hui qu’elle est un passe-temps, et même une rampe de lancement de carrières politiques. On est passé de «Je pense, donc je suis» à  «J’insulte, donc je veux être». Mais en réalité, l’humain, dans son essence, a peu changé depuis son expulsion nécessaire du jardin originel. Ce qui a surtout changé, nous pensons, c’est la capacité de la société à filtrer sa folie. Les sociétés anciennes contrôlaient la folie humaine. Les sociétés d’aujourd’hui prospèrent grâce à cette folie. 

Siikam Sy 
Crédit source: Post Facebook Sii Kam 

Diogountouro-Guidimakha-Mauritanie : Un contentieux foncier. Nous proposons à la place du  tribunal, la juridiction des paroles (la justice amiable).

Honoré Balzac, écrivait qu’un : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû, la vertu correspondant à la volonté de chacun d’y parvenir.  Mais cette institution n’a pas le monopole de tous les contentieux, car la résolution de certains conflits  ne relève pas du tout du droit positif, d’où l’intérêt de faire appel à la justice conciliatrice prévue par la législation mauritanienne.

Cependant, monsieur Mouhamoud Dicko dit HOYEMET , est un maure, pour ne pas dire un (haratin) comme Ibrahima Ould Abeid. Mais ce terme haratin ne veut rien dire au regard de sa définition ontologique. Monsieur Dicko, est un citoyen mauritanien comme vous et moi, qui vit par la sueur de son front, comme tout bon musulman de ce pays. Il est à la fois agro-pastoral, c’est-à-dire un éleveur-agriculteur et boucher. Monsieur Dicko, a découvert le village de Diogountouro vers les années 70, lorsqu’il avait 15 ans ; il faisait le va et vient entre  Gouraye, Diogountouro, Khabou et les autres villages aux alentours de Diogountouro, en étant un jeune mécanicien qualifié de Moto, vélo, moulin, entre autres. Vers les années 80, Mouhamoud Dicko est venu s’installer à Diogountouro définitivement avec toute sa famille (épouses, mères, enfants…). Il  rendait service à tout le village (hommes et femmes) par le biais de son métier et par sa qualité humaine et humaniste. Pendant, les évènements  de 89- 90, ce monsieur prenait les armes pour aller combattre les ennemis qui venaient attaquer ou voler les cheptels et les bovins du village, au péril de sa vie et la vie de toute sa famille . Il est connu par tout le village du nom de HOYEMET SOURAKHE. Ces services rendus étaient salués et applaudis par toute la communauté du village. Dicko est devenu un ressortissant du village et un citoyen mauritanien, avec  ses devoirs et ses droits vis-à-vis de ses semblables mais aussi vis-à-vis de l’Etat. Son fils ainé, Boubou Dicko, après ses études, il est  devenu fonctionnaire d’Etat (agent administratif).

En effet, les faits se sont passés à Diogountouro, un gros village que  j’ai l’habitude de dire  une grande ville selon les normes internationales. Il  se situe au sud de la Mauritanie, à la frontière entre le Mali et le Sénégal. C’est  un carrefour entre ces trois pays. Un jour après la fête de Ramdan 2017, un conflit foncier  s’éclatait  entre  le village et Mr Mouhamoud Dicko dit Hoyemet ; ce monsieur cultivait un champ (terre cultivable) depuis plusieurs années, qu’il l’avait mis en valeur, selon les dispositions du code foncier mauritanien et selon les hadiths du droit musulman. Ce champ se trouve à 3 ou 4 kilomètres du village. Le village voudrait le déposséder de son bien qu’il disposait depuis plusieurs années au nom du droit coutumier. Après avoir saisi les autorités administratives locales de la commune de khabou ; celles-ci demandaient aux parties d’aller s’assoir et discuter entre eux afin de trouver une solution amiable. Par ailleurs, quelques jours plus tard, le conflit s’est transformé un contentieux, car le procureur et le juge d’instruction se sont saisis du litige. Comme s’est prévu dans toutes les législations mauritaniennes, à tout le niveau de la justice et de l’administration, la justice amiable est autorisée. Les autorités administratives et judiciaires peuvent exhorter les parties en en litige d’aller sursoir  et trouver une solution consensuelle. Et c’est ce que le Waly, le hakem, le procureur et le juge d’instruction, avaient demandé aux litigants. La question que je me suis posée, est de savoir si la méthode juridictionnelle est-elle toujours pertinente pour une société déjà en crise de légitimité et de confiance ?

Malheureusement, la  réponse est non. Car, le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée, soumise aux aléas des comportements dilatoires, des incidents de procédure, de l’exercice des voies de recours et, la décision enfin rendue, des difficultés de son exécution. De ce point de vue, la recherche de perfection procédurale dans la mise en œuvre des garanties nuit autant à la rapidité du procès qu’à la prévisibilité de son issue. Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le deuxième inconvénient du procès tient à l’incertitude de la solution : incertitude quant à la date du prononcé, quant à son contenu et quant à son exécution. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice  décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant.

Le troisième inconvénient du procès, est celui du coût, non seulement le montant mais aussi dans son imprévisibilité. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit. Sur ce point, il faudrait que les gens sachent, qu’une fois que la machine judiciaire est mise en route, cette machine est très couteuse en termes d’énergie humaine et financière.  Ces sommes colossales, pour lesquelles les parties débloquent peuvent construire un collège pour les enfants du village et venir en aide aux plus démunis et aux nécessiteux du village. Il est temps qu’on arrête de faire des dépenses inutiles et grossières pour des affaires auxquelles soit la communauté dispose d’elle-même la solution, soit encore ce sont des affaires perdues d’avance au regard du droit.

Juridiquement, les textes sont clairs sur la question foncière en Mauritanie. L’article premier de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale stipule que : « La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie » et l’article 3 du même ordonnance dispose que : « Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli ». Ainsi l’article 2 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, prévoit que : « La mise en valeur résulte de constructions, de plantations, de digues de retenues d’eau, d’ouvrages hydro-agricoles ou de leurs traces évidentes ». Sur le plan coutumier, l’Etat ne remet pas en question le système traditionnel dans certains cas par exemple (le statut personnel de citoyens), mais en matière foncière, les lois de la République priment sur le pouvoir coutumier. Le droit musulman est aussi clair  sur l’attribution de la propriété foncière. L’ihyâ’ est l’action en vue de la mise en valeur de la terre vacante et sans maître, dont personne ne tire bénéfice, pour y faire émerger des moyens de vie entretenus tels que : constructions, plantation d’arbres fruitiers, culture et irrigation. La mise en valeur donne droit à appropriation à celui qui l’entreprend. Car le premier à accéder à un bien licite a le droit de se l’approprier. Il est dit dans al-Bukhârî (recueil de hadîth) : « Celui qui met en valeur une terre morte acquiert priorité là-dessus ». Il est également dit dans al-Tirmidhî et al-Nasâ’î (autres recueils de hadîth) : « Celui qui vivifie une terre morte en devient propriétaire. Et aucun descendant d’oppresseur n’y a le moindre droit ». Dans la tradition malikite, il est licite de vivifier les espaces éloignés des zones mises en valeur. La référence en matière d’ihyâ’ est définie par la tradition locale et ce qu’elle considère comme une action qui vaut mise en valeur pour le type de terre considéré. Si on le destine à l’agriculture, par exemple, l’ihyâ’ consistera à préparer la terre à cette fin.

En revanche, certaines personnes dès leur retour du village, avaient convoqué la communauté pour un «  soi-disant compte-rendu » de cette affaire. Nous disons à ces gens-là que le dossier est vide chez le procureur et chez le juge d’instruction et qu’on dise une fois pour toute la vérité sur ce dossier à toute la diaspora. La vérité, elle est celle-ci : « les autorités administratives et judiciaires, demandent aux parties d’aller en conciliation/médiation, car le  dossier est vide ». Il est temps et grand temps d’informer à toute la diaspora du village, ce que le procureur et le juge d’instruction vous ont dit dans leur bureau. Et qu’on arrête de dilapider le bien d’autrui à des causes non légitimes. On ne peut plus tromper tout le monde tout le temps et en même temps sur des affaires aussi sensibles.

Qu’est-ce que nous proposons aux parties à la place du tribunal ? En tant que citoyen mauritanien et doctorant-chercheur sur la résolution des conflits  en Mauritanie, nous proposons aux parties en litige de revenir sur les fondamentaux de la justice africaine que certains chercheurs africains, tel que M. Bidima, appelle « la palabre. Une juridiction des paroles »,  les anglo-saxons appellent « Alternative Dispute Resolution » et les français, le désignent « les modes alternatifs de règlement des conflits », ce sont la conciliation, la médiation et l’arbitrage, tous prévus par la justice  mauritanienne (code foncier, code de statut personnel, code civil, code du travail…). En quoi consiste la justice alternative de règlement des litiges ? Il s’agit d’une justice rapide, moins couteuse et soucieuse des relations humaines et amicale. Cette justice prend en compte l’harmonie et le bien être sociétal. Cette justice alternative enseigne aux parties l’empathie, cette faculté pour chacune d’elles de se mettre à la place de l’autre et de percevoir les éléments psychologiques, affectifs, économiques ou sociaux qui expliquent sa position. La justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales  d’arbitrage qui permettent de régler le litige amiablement.

En conclusion : Allons-nous vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative. Cette forme de justice qui s’opposerait à la justice étatique par son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. Le droit met fin une question posée en termes  juridiques, mais il laisse souvent subsister une situation conflictuelle ; la justice conciliatrice extirpe le conflit. /.




BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

Fondateur de l’Association Educative et Culturelle de Jeunes Ressortissants de la Mauritanie en France (AECJRM)

L’abolitionnisme en milieu soninké: un bref explicatif à l’endroit de ceux qui s’interrogent encore!

Il a été dit et redit ou écrit et réécrit que l’esclavage d’antan pratiqué violemment dans le passé dans d’innombrables endroits (y compris chez les soninkés) n’existe plus aujourd’hui dans les milieux soninkés. Certes aujourd’hui nous constatons que certains esprits très limités en matière de valeurs humaines mises à jour, restent nostalgiques et regrettent apparemment cette époque de la chosification de L’HOMME par son semblable. Et en premier lieu, il faudrait circonscrire cette espèce d’humains qui, si l’esclavage d’antan arrivait à être une pratique aujourd’hui à l’échelle mondiale , seraient parmi les fragiles qui vont subir probablement cet ordre abject et indigne humainement.

Au fait que doit-on abolir aujourd’hui en milieux soninkés ayant trait explicite aux problématiques liées à l’esclavagisme?

L’appellation Komé ou komaxu correspond à une réalité bien connue dans l’imaginaire collectif soninké et reconnue par tout esprit sincère. Cette réalité est bien cet esclavagisme statutaire par lequel on assigne, discrimine, ostracise, stigmatise, inhibe, indexe, disqualifie et surtout taxe d’extraction sociale « impure ». Ainsi l’abolitionnisme en milieux soninkés, se veut un élan CITOYEN ET TRANSNATIONAL de prise de conscience inédite dans la société pour l’émergence d’un nouvel ordre digne HUMAINEMENT et arrimé sur les valeurs universelles d’égalité, d’équité et de justice. La mouvance abolitionniste soninké s’engage à déconstruire en priorité ce personnage incarné de ce que j’appelle « la personnalité esclave » qui s’entretient et entretenue pour combler et donner corps à un statut social très particulier . Ce dernier semblerait être une nécessité absolue pour la bonne marche du puzzle sociétal soninké selon les normes sacralisées par l’ordre dominant. Cet ordre dominant sur le plan régalien au niveau communautaire est structuré autour de la chefferie traditionnelle et le clergé maraboutique. Ainsi notre engagement abolitionniste veut dépasser ce cadre intracommunautaire du régalien en conscientisant la masse stigmatisée que nous vivons dans des États modernes républicains et démocratiques. Ces États, je dis bien ces ÉTATS, qui ne sont pas des royaumes ou des principautés, sont régis par des lois fondamentales pour leurs Citoyens sans distinction d’ordre individualiste ou communautariste. Et pour ceux qui s’interrogent sur le pourquoi de notre militantisme abolitionniste , nous leur adressons CE RAPPEL NÉCESSAIRE également. La CITOYENNETÉ ne se soumet pas à un ordre imaginaire et coutumier foncièrement inhibiteur pour assouvir un certain égo surdimensionné d’une minorité agissante et nostalgique qui a raté un épisode phare dans l’Histoire récente de l’Afrique politique d’hier et en total déphasage avec leurs contemporains d’aujourd’hui. Nous proposons une éducation civique qui dépasse les humeurs des uns et des autres qui d’ailleurs, semblent avoir beaucoup de gêne et d’hostilité envers L’ORDRE CITOYEN dans nos localités rurales.

 L’abolitionnisme qu’on assume FIÈREMENT est antinomique à la dictature communautariste qui instrumentalise POLITIQUEMENT et RELIGIEUSEMENT des citoyens paisibles mais trompés depuis trop longtemps.

 Notre projet de société ne vise aucunement des visées hégémoniques pour dominer par vengeance ou pour épouser des filles de certains concitoyens voisins pour qu’on ait une dite valeur sociale et nobiliaire. 

Nous voulons VIVRE en citoyens à égale DIGNITÉ et aux DROITS et DEVOIRS égaux  avec tous nos concitoyens issus de toutes les communautés nationales sur l’ensemble du territoire. Ainsi le régalien de l’ordre coutumier ne doit s’imposer sur nous en aucune manière. Par ailleurs nous nous soumettons volontiers à la légalité institutionnelle dans nos pays quel que soit l’échelle (COMMUNALE, DÉPARTEMENTALE, RÉGIONALE ET NATIONALE) . Et c’est là le véritable nœud de ce qui irrite intimement l’ordre féodal qui sévit dans nos communautés. On voudrait nous taxer par mauvaise foi des rebelles insurrectionnels. 

Rebelles ou insurgés par rapport à quoi et contre qui ?
Est-ce rebelle de demander que nous voulons que nos personnes âgées valent à ceux des autres pour  les privilèges honorifiques afférant au DROIT D’AÎNESSE dans la communauté de vie d’une société au 21ème siècle au sein d’un  État républicain et démocratique ?
Est-ce insurrectionnel de dénoncer un ordre maraboutique qui légitime religieusement l’esclavagisme statutaire intracommunautaire pour endormir et de s’arroger d’une manière étanche les affaires religieuses basant sur un pacte filial devenu caduc dans le  nouvel ordre étatique alors que des compétences avérées en la matière de certains sont reléguées par le système ?
Est-ce insurrectionnel de dénoncer les prétentions féodales sur la gestion du foncier dans nos localités rurales alors que nos états modernes avec des frontières internationalement reconnues nous assurent une législation juste et claire en la matière ?
Est-ce rebelle de proposer la possibilité pour 2 personnes consentantes, des liens matrimoniaux « sains et dignes » selon des critères libres et honorables dans des communautés dites musulmanes au lieu de tomber dans des travers stériles qui feraient honte à tout Homme sensé et logique dans notre époque ?
Est-ce rebelle d’éveiller des consciences acquises et soumises à un ordre féodal qui les entretient dans un fatalisme puéril et ridicule ?

Est-ce vraiment  REBELLE ET INSURRECTIONNEL, quand nous voulons VIVRE EN CITOYENS DIGNES et EN PATRIOTES RESPONSABLES dans nos pays ?
À vrai dire nous ne sommes ni rebelles ni insurgés , mais ce sont bien nos détracteurs obsédés et intéressés qui s’insurgent contre le cheminement d’un État de droit dans nos communautés . Ainsi depuis plusieurs mois, toutes les manœuvres mensongères et lâches sont ourdies par les milieux réactionnaires et féodaux pour nous salir auprès des différents relais de l’administration publique. Pourtant les objectifs  de notre activisme pacifique sont CLAIRS ET LIMPIDES. Nous les exprimons PARTOUT en toute honnêteté et avec un élan animé d’une FRATERNITÉ RÉELLE ET FRANCHE. 

Et par ALLAH AZZEWEJJEL, tôt ou tard le vent du mensonge et des intrigues complotistes feront demi-tour contre leurs auteurs comme un boomerang inévitablement. 
INSHALLAH 
C’est ainsi mon modeste et bref aperçu du fond discursif de l’abolitionnisme en milieux soninkés pour ceux qui veulent ENTENDRE mais SURTOUT COMPRENDRE l’idéal proposé par GANBANAAXU*.

*Mouvement citoyen et transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées.

K.S

 

« Peul-Arabe » : mythe ou réalité? 

Avant de développer cette très courte réflexion, j’aimerai préciser que je ne suis ni contre les Arabes ni pour les Peul. Mais je ne peux rester muet face à la falsification de l’histoire.  Je vais être simple et bref car Facebook est une arène où les longues réflexions sont souvent ignorées. 
Pour ce qui est de l’origine des Peul, il existe dans l’univers peul mauritanien, deux écoles de pensée : les tenants de l’origine arabe des Peul  et les défenseurs de l’origine nilotique, africaine et nègre de ce groupe. Je suis de cette dernière école et mes positions épousent les contours des réflexions, très connues, des Professeurs  Aboubacry Moussa Lam et Cheikh Anta Diop. Donc je vous fais économie de ma position.
Pour les tenants de la notion de « Peul-Arabe » (Fulɓe Aarabeeɓe), les Peul seraient originaires du Moyen Orient. Cette école de pensée a vu le jour avec le retour en masse de la première vague d’étudiants noirs arabisants partis approfondir leurs études dans le monde arabe, notamment en Egypte. Pour ces gens, le teint plus ou moins clair des Peul et les autres indices physiques indiqueraient l’origine arabe des Peul. 
Mais il faut dire que cette réflexion n’est pas tout à fait nouvelle même si l’objectif visé est un peu diffèrent. En effet, il s’agit là d’une prolongation de cette même pensée née après l’introduction de l’Islam en Afrique, pensée qui a poussé certaines familles peules à s’inventer des ramifications généalogiques jusqu’en Arabie, ramifications ponctuées de narrations imaginaires. 
Les nouvelles familles religieuses du Fuuta voulaient ainsi se rattacher à l’Arabie et à la famille du prophète (PSL) et faire ainsi de cette connexion imaginaire le socle d’un pouvoir religieux  à la recherche d’une mainmise sur le pouvoir  temporel.  C’est cette école qui fait des « Sy » des descendants de Shamsiddiin, de Yahya Al Kabiir etc…Vous comprenez alors pourquoi les Sy sont les fondateurs de la première théocratie musulmane en Afrique de l’Ouest et les inspirateurs de la Révolution de Fuuta des années plus tard. 
Malheureusement pour les tenants de cette école de pensée, cet « ancêtre originel peul d’origine arabe » auquel ils associent Ilo Yaladi n’a jamais mis les pieds en Afrique. Sa partenaire imaginaire n’a jamais mis les pieds en Orient. Et puisque les humains ne conçoivent pas des bébés par télépathie, l’homme de l’Orient ne peut être le père de l’enfant de la dame de la terre de Fari. De ce fait, la réalité tangible peule ne peut descendre de l’univers fictif arabe. Je dois préciser aussi qu’à  l’époque il n’y avait ni Facebook ni E-Harmony ni Viber et ni WhatsApp. 
L’autre argument est chronologique. Les Peuls sont présents sur le continent africain des millénaires avant l’arrivée du premier Arabe sur la terre de Fari. De ce fait, gynécologiquement, chronologiquement, mathématiquement, arithmétiquement, géographiquement et génétiquement, les Peuls ne peuvent descendre des Arabes. 
Bien sûr ces deux groupes ont par la suite créé des ponts matrimoniaux comme du reste cela a été le cas pour plusieurs autres groupes humains de cet espace saharien et africain. 
Je comprends très bien ce désir ardent, en Mauritanie, de se rattacher aux Arabes et surtout dans un pays où tout le monde cherche à « s’arabiser » pour avoir sa place au soleil. Mais de grâce, et comme le disait un ami, ne laisser point votre envie de boire du lait vous pousser à appeler une chèvre de votre enclos, MAMAN ! E

Siikam Sy

Source crédit: Post Facebook Mawdo Maalik

Tribune signée par Gaye TRAORÉ. 

Dans  un commentaire   sur cridem.org à la suite  de l’article  consacré   à notre directeur de Radio Ganbanaaxu  yimbi kumma  à la suite de son nouveau son Ganbanaaxu ,   un frère     nous juge de faire le jeu du pouvoir , de créer  un climat insurrectionnel   et  finit  et c’est là le sacre , Ganbanaaxu oui , Mais …..

je réponds que   ceux qui ont fait le jeu  du pouvoir depuis toujours ce sont  ceux  qui  ont obligé la veuve d’aimer  son bourreau , l’orphelin d’aimer le bourreau de son père , ceux  qui  ont cassé  toute promotion sociale  des certains patronymes à consonance bamabara  ou manding ,  ceux  qui ont utilisé ou transformer le Guidimakha  en  une foire clientéliste  sans  pragmatisme .Ceux  qui ont fait le  jeu du pouvoir  ce sont  ceux qui ont  fait croire   que tout  va bien alors que toute est ruine , ruine de la morale , ruine des mœurs , ruine de l’unité , ruine du mérite , ruine de la justice , ruine de la  fraternité , ruine  de la justice , la funeste liste   aux odeurs rance est longue  .Ganbanaaxu fedde  n’a pas créée un climat insurrectionnel , seul celui qui est en carence de projets , de projections ferait une telle lecture  plate,nauséabond et superficielle  .Ganbanaaxu  est un mouvement républicain , nous savons ceux pourquoi nous nous battons ,   nous ne ruminons   aucune sympathique revanche  là je ne fais que me répéter .Visiblement il y a un manque  de cohérence chez beaucoup de nos militants  mauritaniens de droits humains , le courage et la démarche loués ailleurs est  décrété   au sein de nos murs , de nos frontières   en insurrection .

La même  morale  qui  nous   a ôté  notre dignité  ne peut  susciter espérance et assurance pour nous .Dans beaucoup  de communautés  nationales aujourd’hui encore   le fait de castes , la dualité KOMO-HORO est   pratiquée et utilisée  dans  la sphère cultivée et occidentalisée .Dans une discussion  sur fait de l' »esclavage   endomagique ( escusez de l’exagération 

 si c’en est une! )avec  un  collègue ressortissant de PODOR descendant  d’une famille d’érudit très connu de la sous-région ouest africaine , il  me réserve  une réponse  en déça  de son immense culture générale : « toute façon , çà  on ne peut pas l’enlever « .Ma réponse , si on a pu chasser l’ignorance on peut  l’enlever  car c’est de l’ignorance  , la discussion est close . 

Pour revenir  au frère  qui nous accuse  de créer un climat  d’insurrection  dans tout  soni kara , nous  opposons que chaque   société  a sa phase  transitoire  mais la communauté  soninké   a comme thérapie beaucoup de phases transitoires , nous comprenons ce que ressentent les tenants d’un  ordre ancien  qui  ne relève que de l’ONIRIQUE .Ganbanaaxu veut des réformes  dans notre communauté  non une revanche, non une indemnisation de nos aïeux  abusés , dépossédés , déshérités ( du moins  pour le moment ).Ces réformes sont saines ,  vitales   et énergisantes  bien que  le goût est amère.

Non !Ganbanaaxu  n’as  pas créer  de climat d’insurrection, Ganbanaxu avec ses modestes moyens   a  montré  du doigt  nos tares , nos injustices  , nos mépris , nos exclusions  , nos divisions  considerés depuis des siècles  comme la norme .Une telle charpente  sociétale ne peut être  source de paix sociale et de Fraternité , d’où  l’urgence des réformes   sur  le foncier , sur le sprituel et le temps  ainsi  que les relations  horizontales  au sein de la société .Le tort  de ceux qui nous caricaturent   aujourd’hui  dans tout soni kara  audélà des frontières mauritaniennes, est de n’avoir  pas  pris au sérieux   la douleur , la colère  des personnes qui ont  été longtemps  considérées  comme le décor de  la  grandeur de SONI KARA , décor  néfaste et funèbre .Ganbanaau veut des réformes  , pas  la révolte , Ganbanaaxu veut le developpement non l’immobilisme  au nom  d’une certaine grandeur  qui n’existe plus .Un rappel  important que Ganbanaaxu  adresse  tous , SONI KARA n’est pas une république  indépendante avec ses propres lois , nous sommes au sein des frontières     des pays   qui ont  des lois qui s’appliquent  à tous   et sans considération   aucune , et comprendre  ça  c’est  un premier pas   pour voir  avec courage   ce que veut le mouvement Ganbanaau pour la  communauté .

Gaye TRAORÉ, président ARMEPES-France et l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE. 

Ustaz Abdoulaye TRAORÉ, l’un des dignes et courageux pionniers de la sensibilisation contre l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés ces dernières années. 

Natif de Tistaye dans le Guidimagha mauritanien, Cheikh Abdoulaye TRAORÉ n’est pas un inconnu aujourd’hui dans le milieu soninké quand il s’agit de la sensibilisation antiesclavagiste. Mr Traoré, enseignant vivant en France depuis plusieurs années, est l’un des inspirateurs et membres fondateurs d’un mouvement inédit en milieu soninké de la diaspora « ARMEPES-France » qui s’inscrit aujourd’hui plus que jamais dans la mouvance abolitionniste à l’échelle transnationale. L’esclavagisme intra-africain sevit aujourd’hui dans la communauté soninkée par des séquelles vivaces qui perdurent dans plusieurs contrées. Ustaz Aboulaye TRAORÉ a, aux débuts des activités de l’association, animé 2 conférences d’une importance capitale qui feront date dans l’Histoire de l’engagement contre les assignations sociétales qui sélectionnent les dignités et les Droits selon les patronymes et les statuts de naissance. Aujourd’hui l’ampleur historique de la mouvance abolitionniste et revendicative des réformes sociétales en milieu, incarnée par le forum GANBANAAXUN FEDDE, fait que certains réactionnaires féodaux se radicalisent et s’essaient  à TOUT pour contrer en vain. 

Lors de la première conférence tenue le 19 Novembre 2011, ce cheikh qui osait nommer les « CHOSES » , fustigeait le système de LADALAMAXU qui constitue le canal de perpétuation d’un « doux » et trompeur joug esclavagiste intracommunautaires. Son discours a été axé sur les imbrications d’un ordre sociétal soninké qui est organisé sur des bases féodales où l’esclavagisme statutaire est érigé en « valeur sociale » . Grâce à cette implication courageuse et digne, plusieurs personnes ont été conscientisées et alertées sur l’habillage fait au nom des convenances coutumières concernant certains rapports liant les familles des anciens esclaves avec celles des anciens maîtres. Dans cette lancée, il avait dénié toute légitimité religieuse à ces pratiques ancestrales ne servant que la domination physique et psychologique des uns sur les autres. Également lors de cette conférence, il avait invité les participants et tout le monde soninké à l’étude SAINE des enseignements du Coran et des traditions prophétiques. Ainsi appuyant son argumentaire, il s’était attardé sur le cas des soninkés mauritaniens de la diaspora qui ne seraient pas trop intéressés par les études. C’était dans cette séquence explicative, qu’il avait rapporté les propos d’une de ses connaissances, qui lui avait dit en substance qu’ici en France si on entend parler d’un grand enseignant ou conférencier, il serait malien , sénégalais ou gambien, et que les mauritaniens seraient invisibles en la matière. Aujourd’hui à travers d’un bout d’audio tiré d’une conférence d’une heure et plus datant de 2011, certains malintentionnés bien connus s’autorisent à vouloir salir sa réputation. On voudrait lui attribuer des propos qu’il n’a tenus d’aucune manière. Son rappel pacifique aux bonnes consciences pour une relecture SAINE des enseignements du Coran et des traditions prophétiques, trouble certains milieux féodaux soninkés qui pensent que même la sphère du Divin vis à vis de ses créatures devrait respecter et correspondre à leur puzzle sociétal selon une certaine stratification sociale. 

Ici, il est lieu de préciser que Cheikh Abdoulaye TRAORÉ est au-dessus et de loin innocent de tout qui est rapporté à son propos. Un homme humble et pieux, cet enseignant et auteur de quelques livres, est visé à tort ces derniers jours alors qu’il venait d’animer une conférence instructive à Nouakchott ce 10 décembre dernier. 
Sa dernière grande conférence en France date du 8 décembre 2013 lors d’une journée des activités associatives d’ARMEPES-FRANCE. 
Tout notre soutien à Ustaz Aboulaye TRAORÉ. 

Le Cheikh continuera d’éveiller et Qu’Allah VEILLE IMMANQUABLEMENT. Ameen

Qu’Allah le Protège lui et sa famille, et Fructifie son savoir pour le Bien de la Oumma. Ameen. 

K.S

Ces vrais problèmes africains que les élites ne veulent pas voir.


Lien jeunafrique.com: http://www.jeuneafrique.com/500529/politique/ces-vrais-problemes-africains-que-les-elites-ne-veulent-pas-voir/



Le Sommet UA-UE s’achevait, le 30 novembre, à Abidjan ; au-delà du succès de l’organisation, les résultats illustrent ce confort réifiant de la diplomatie qui consiste à traiter les effets pour mieux différer les causes.

Tribune. L’occasion s’offrait de démystifier les ressorts d’une faillite unilatérale, lesquels justifient la ruée vers l’Europe dont la prochaine vague bout déjà. Hélas, la pensée mercantile – par définition impatiente – empêcha les esprits d’avoir le courage de cette vision. Une population nombreuse recèle un marché, clament les praticiens de l’empirisme épicier. Et comment envisager le marché sur un champ de ruine ? Au lieu de parler, enfin, reboisement, contraception volontaire, démocratie et éducation contre l’intolérance, l’on se fit resservir du « forum des affaires », « entreprenariat » et « business plan ». « Investir dans la jeunesse » aura été un énième 

 

L’occultation

Les foyers de tension jihadiste se disséminent et leur espace enfle. De conflit de basse intensité et menace résiduelle, la dynamique tisse son asymétrie autour de la planète. Le vieux continent ne semble préparé au péril terroriste ; ce dernier se greffe sur les inégalités et l’impunité de la concussion, pour s’enraciner parmi les déshérités, avant d’irriguer le corps social. La déconfiture de l’État africain découle, surtout, de l’immunité de ses élites, rarement comptables devant les électeurs. Pourtant, selon la vox populi, nos misères ne relèvent pas de notre responsabilité ; c’est la faute de l’impérialisme, du Blanc, de l’étranger… Pourquoi s’exercer au désagrément de l’autocritique lorsque la mémoire vous offre l’opportunité d’une esquive, sans délai ?

Partout, désertification, poussée des naissances et des bidonvilles insalubres précèdent l’apparition des prédicateurs salafistes

La déforestation, l’analphabétisme, la surnatalité et le chômage, contribuent à propager et amplifier l’extrémisme religieux et sa promesse d’une félicité post-mortem. Les damnés de la terre, que leur terre stérile ne nourrit plus, descendent profond, du Sahel au Sud, avec ou sans le cheptel bovin, là où subsiste de la verdure. Ils s’y confrontent aux autochtones, en majorité cultivateurs sédentaires ; résulte, du choc, une invasion en douceur que ponctuent, cependant, des tueries pour l’appropriation du sol, sur fond d’ethnicité, bientôt de haine confessionnelle. Le prosélytisme de l’uniformisation ronge, en silence, la diversité de la culture et des modes de vie. Partout, désertification, poussée des naissances et des bidonvilles insalubres précèdent l’apparition des prédicateurs salafistes, puis, dans leur sillage, les femmes et fillettes, vêtues de noir, sous un soleil de plomb. Nos gouvernements y considèrent plutôt le fait divers, voire un mode insolite de mondialisation. Néanmoins, au risque d’improviser une théorie des climats, l’évidence d’une corrélation de la violence religieuse à l’hostilité de la nature s’impose, en Afrique.

Le piège

D’un pays à l’autre vous êtes affligés par la même histoire de sélection vénale aux concours, d’embauches achetées, de bourses d’études obtenues grâce à une « avance » que la famille cotise. Restent, au gros contingent sans espérance, les trois options du pire : la délinquance de connexion, le chemin de la noyade et le suicide en martyre. Les plus pressés misent, en général, sur le raccourci vers le Paradis. Or, face au fanatisme, nombre d’institutions multilatérales de développement ne disposent des instruments prédictifs d’analyse, d’anticipation et de riposte. À peine savent-elles en atténuer les symptômes, souvent du point de vue de la trivialité pratique et avec retard. À d’exotiques exceptions près, l’Afrique, non plus, n’offre pas de perspective viable à ses enfants. La facilité en vogue leur fait miroiter l’imminence du salut.

Loin des mirages de l’émergence, il s’agit, d’abord, d’inverser la vitesse d’une fertilité qui surpasse, la création de richesses

Une école, un dispensaire et une gare débordent d’une affluence pour laquelle ils n’étaient pas conçus et les citoyens s’empressent de recourir à la corruption, comme réflexe de survie ; ainsi arrachent-il à l’encan, un lambeau de droit trop disputé ; ils dépensent le peu en leur possession, à l’unique fin de gagner un jour dans la jungle du pullulement. Par campements entiers, des multitudes d’orpailleurs clandestins creusent en quête d’or, infectent les nappes phréatiques de mercure et de cyanure et ne reboisent jamais ; ailleurs, d’autres abattent des arbres pour semer, chauffer la marmite et bâtir un logis ; l’urbanisation horizontale accentue le désastre de l’écologie et ses conséquences paraissent peu réversibles.

Le sursaut

Les cadres de l’Afrique rassurée, chantres d’un optimisme de convenance auquel ils finissent par croire, éludent le lien entre démographie et surconsommation de ressources non-renouvelables. Quand le président d’une puissance coloniale s’aventure à leur tenir la vérité banale, l’invective fuse. Pas davantage n’admettent-ils l’hypothèque de la polygamie.
À présent, trêve de complaisance, le temps est venu de réévaluer les moyens pour prévenir la simultanéité d’autant de facteurs de désordre ou, du moins, en amoindrir les répercussions, d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Loin des mirages de l’émergence, il s’agit, d’abord, d’inverser la vitesse d’une fertilité qui surpasse, la création de richesses.

Source crédit: lien de jeunafrique.com 

http://www.jeuneafrique.com/500529/politique/ces-vrais-problemes-africains-que-les-elites-ne-veulent-pas-voir/

Par  Abdel Nasser Ethmane

Abdel Nasser Ethmane est fonctionnaire international et spécialiste des enjeux globaux de paix et de sécurité en Afrique francophone et du Nord.

L’esclavagisme social…intra est une réalité insaisissable…!

Le système des castes qui compte énormément dans les rapports internes au sein des certaines sociétés africaines, est difficilement lisible dans notre monde de 2016 . Pourtant un système de castes est généralement esclavagiste même si le système esclavagiste peut ne pas être forcément composé des castes. À y réfléchir profondément, le système esclavagiste serait une conséquence évidente d’un ordre féodal qui régit hermétiquement le magma sociétal des castes sociales. Un raccourci intellectuel faisant d’une Afrique qui serait saignée et victime par d’impitoyables esclavagistes occidentaux et orientaux, est l’une des thèses (historiques et sociologiques) les plus insultantes à la mémoire de ceux qui ont subi L’ESCLAVAGE et ceux qui continuent de traîner les conséquences sociétales fâcheuses d’un ordre qui survit sous divers couverts. La négritude d’opposition qui a été soutenue par l’idéologisation de la CONDITION NOIRE, considérait facilement L’HOMME NOIR comme la VICTIME LÉGENDAIRE ET INNOCENTE des autres peuples. Le martiniquais feu A. CESAIRE se serait ravisé si on lui expliquait qu’aujourd’hui en 2016, un Homme africain instruit et vivant au coeur de l’Afrique noire,  s’interdit de convoler avec une femme noire dans le même milieu ethnique parcequ’elle est tout simplement d’extraction sociale ESCLAVE donc IMPURE et INDIGNE pour une lignée nobiliaire. Par contre, notre « Homme Noble » qui se soucie de sa lignée en intra, se verrait honoré d’avoir un lien matrimonial avec une femme ayant comme ascendant CESAIRE descendant d’esclaves extra. Apparemment selon cet ordre, l’esclavage extra assainit et annoblit l’Homme africain, et L’esclavagisme intra le maintient dans un état impur irréversible.
Ainsi une interrogation s’impose à nos consciences :
Lequel des 3 esclavagistes suivants l’occidental, l’oriental et l’africain, espériez-vous faire société avec lui dans l’avenir..?
En se basant sur nos réalités de 2016, je pense qu’on a de la matière pour oser une préférence.
K.S

ET L’HISTOIRE SE RÉPÈTE ! L’ESCLAVAGE RENAÎT EN LIBYE… par Mouemine C. Ibrahima DIALLO


Quelque soit l’animosité qu’un être humain puisse nourrir à l’égard de son prochain, elle ne doit pas le mener à lui souhaiter de vivre la condition d’esclave ou lui faire subir l’esclavage. 

Même pour se venger de lui, le réduire à l’esclavage ne devrait pas être une option.  
Les images des migrants subsahariens que la planète entière découvre médusée, éberluée voire même pétrifiée, sur la toile, sont affligeantes. Les âmes sensibles vivent à cet instant une tristesse indescriptible dont les mots manquent pour la qualifier et en rendre compte. 
Mais comme l’on dit souvent, à quelque chose, malheur est bon, je pense personnellement que cette scène stupéfiante et surréaliste pourra peut-être servir d’électrochoc et réveiller certaines consciences de leur sommeil allongé et devenues par la même insensibles au malheur et à la détresse de l’autre, son prochain, son frère, bref à la détresse humaine. Ils nourriront certainement une sorte de remord devant cette réalité sordide.
Pourtant, jusque-là, nous pensions que la période où l’homme était un prédateur pour son prochain était révolue et loin derrière nous. Du moins, qu’il ne restait de l’esclavage, cette pratique humiliante et dégradante qui a traversé l’histoire, que les séquelles dont se plaisent encore à entretenir certaines communautés minoritaires, en rabaissant une de leurs composantes au nom d’une organisation coutumière presque sacralisée. 
Lorsque ceux qui subissent cette triste et abjecte condition s’insurgent et exigent leur réhabilitation dans leurs droits les plus élémentaires, en réclamant au nom de la justice et de la parité entre les enfants d’une même contrée, s’exprimant avec la même langue et ayant partagé à travers l’histoire un récit commun, des voix discordantes et nostalgiques d’un passé truffé de pratiques barbares, s’élèvent pour s’opposer à ceux qui réclament les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes chances et les mêmes opportunités qu’eux, au nom d’une certaine idée de la justice sociale, en les traitant de fauteurs de troubles, de séditieux et autres sobriquets du genre.

Aujourd’hui, l’histoire se répète en Libye.  
Imaginons ou posons nous la question un instant, ce que diraient ou feraient ces gens nostalgiques, se considérant, à tort bien sûr, comme les gardiens de la tradition, si cette traite humaine que nous observons actuellement en Libye sévissait cette fois-ci dans leur contrée et au sein de leur propre rang.  
Je pense sans aucun doute, que ces récalcitrants à toute idée de rénovation de notre style traditionnel de vie et tous ceux qui sont imbibés d’esprit de fraternité seront tous d’accord qu’il faut remuer ciel et terre pour mettre fin à cette situation rocambolesque et extirper ce mal, cette pratique honteuse et inhumaine des entrailles de la société des hommes et pour cela, ils s’allieront même au diable, si dernier leur pourrait être d’une utilité quelconque.

Cette réaction, somme toute naturelle, nous amène à cette interrogation légitime : « pourquoi donc, des êtres libres et nobles à leur naissance et qui par la conjonction de circonstances et d’aléas de la vie se sont retrouvés à un moment de leur histoire, privés de leur liberté initiale, devraient-ils à tout jamais, comme l’imaginent certains abrutis de notre communauté, continuer à accepter cette condition ou ce statut inhumain, ce triste sort que leurs arrières grands parents ont dû vivre malgré eux ; une pratique abominable prohibée par toutes les lois humaines, car détestée du Seigneur de la miséricorde ?.
La situation en Libye montre à l’évidence que nul n’est à l’abri des aléas de la vie et de l’injustice des hommes. Chaque individu doit en conséquence comprendre que le malheur résultant des idées néfastes et des agissements injustes peut toucher tout le monde et l’attitude raisonnable et intelligente consiste à assister et à épauler son prochain, son frère en religion ou en humanité par l’amour et la compassion, en d’autres termes, en faisant preuve d’empathie. 

C’est pourquoi, nous remarquons aujourd’hui, à travers le drame des migrants en Libye, dans le monde entier, des mouvements de masse qui protestent contre ceux qui bafouent les droits de leurs frères et appellent à l’arrêt des injustices et à l’édification d’une société humaine plus juste et plus solidaire.

C’est tout le sens de la lutte du mouvement « Ganbanaaxu » ou « Ganbanaaxu féddé ». Tout esprit épris de justice et exempt d’orgueil peut désormais comprendre le sens de ce combat pour l’égalité, la fraternité et l’effectivité des valeurs humaines universelles dans la société soninké. Ainsi, j’en appelle à la conscience de chacune et chacun et à cette fibre humaine qui nous lie tous, de refuser cette hiérarchisation de notre société qui élève les uns et rabaissent les autres. La « castologie », si on me permet le néologisme ne peut pas être acceptable à notre époque. Il s’agit en effet d’une discrimination intolérable, un mur artificiel qu’il faut démolir pour unir nos rangs. Il est donc nécessaire et urgent aujourd’hui de lutter et d’éliminer tous les clivages insensés afin d’harmonier et de pacifier nos relations. Pour le mouvement 

« Ganbanaaxu féddé », c’est l’idéal à atteindre, c’est-a-dire l’unité qui raffermit pour braver ou contourner toutes les embuches. Il s’agit en définitive de la voie de notre salut à tous.

Mouemine C. Ibrahima DIALLO
Crédit source: Mail de l’auteur. 

Mauritanie: ils disent vouloir venger par la mort l’honneur de notre prophète (psl), on a droit de douter de leur sincérité!


Dans ce même pays, ces dernières années, nous avons vu un explemaire du saint Coran profané dans les toilettes d’une mosquée lors d’une tentative de manipulation. Et aussi, nous avons  eu accès à des images ahurissantes d’un petit groupe qui sabotait et faisait de la dérision lors de l’office d’une prière. Pourquoi les auteurs de ces actes clairement et profondément  attentatoires aux valeurs religieuses et spirituelles, ne sont pas lâchés à la vindicte populaire comme l’est aujourd’hui le jeune blogueur?

Les acharnés de la rue qui réclament la mise à  mort de Mr Mkheitir (le petit forgeron), sont l’expression d’un ordre sociétal dans lequel les hommes ne se valent pas. Aujourd’hui certains s’en veulent au blogueur (maaleem) non à cause de ses écrits douteux et historiquement discutables sur l’Envoyé de DIEU , mais plutôt ils le considèrent comme un élément de moindre valeur sociale qui a osé défier leur ordre de domination. Il s’est interrogé et voulait secouer les consciences conditionnées de sa caste sociale d’appartenance. L’imbrication orientée et faite entre le référent religieux et le sociétal dominateur  dans nos communautés, mène à terme au Grand DÉVOILEMENT  de nos vraies intentions aux soins hypocrite, de notre foi douteuse et de l’instrumentalisation évidente du fait religieux. Chez nous , par la logique bien ancrée de grandes, moyennes ou petites familles, l’individu est atteint ou protégé selon l’influence sociale et sociétale de son groupe. Et si seulement on pouvait laisser en Paix éternelle notre prophète (psl) aux sublimes caractères qui aurait désavoué la masse hystérique qui prêche le sang de notre frère en RELIGION et en HUMANITÉ ,  Mr Mkheitir. L’agenda du socialement « correct et sain » et du politiquement exploitable, qui s’affiche bruyamment autour de cette affaire , défend D’AUTRES CHOSES que la mémoire du Prophète  (psl) . Et ça, il faut le dire et redire pour soigner nos petites consciences peu atteintes par le même conditionnement hérité de nos cadres de référence sociétale.

KS