Je n’ai rencontré ni Murtuɗo, ni Prof. Saidou Kane. J’ai reçu donc leur enseignement de façon indirecte. De toute façon, moi qui ai grandi dans l’univers du Pulaar écrit et enseigné, grâce à ma merveilleuse grande soeur et au duɗal, je ne pouvais que recevoir l’influence grande de ces deux maîtres et celle des nombreux autres (comme Abuubakri Muusaa Lam, Yero Dooro Jallo, Ibrahiima Moktaar Saar, Njaay Saydu Aamadu -jom falo dow huɓeere- ekn…) qui faisaient le socle de ces écoles clandestines. C’est bien dans ces écoles qui, dans l’absence de tous moyens, font des lettrés; dans celles-là qui, face à un mépris total, s’affirment et maintiennent leur rythme; celles qui, dans le reniement, déploient leur créativité fulgurante et explorent les alternatives; c’est dans ces écoles-là que l’on voit l’âme du peuple et sa grandeur se révéler, se débattre et ainsi manifester leur instinct de survie. Après qu’on a expérimenté ce monde, quand on a touché du doigt les enjeux monumentaux qui sont impliqués et qu’on a mesuré l’ampleur de la menace qui y pèse, on se débarrasse alors de la légèreté que d’autres peuvent avoir vis-à-vis de la question des langues. Celle-ci apparait comme la plus urgente des politiques et le plus éminent des projets de société.
J’ai eu cinq merveilleux jours avec Djibril Hamet Ly, un autre grand maître du Pulaar. L’homme de l’alphabétisation qui a été, pour le Pulaar, un facteur primordial de diffusion culturelle et de l’enseignement. J’ai l’habitude de dire que les cinq jours passés avec Djibril, de par leur densité, pourraient s’étaler sur cinquante ans. Djibril fut un maître qui arriva dans ma vie à un moment très opportun de mon évolution. Il décédera deux mois seulement après notre rencontre. Un évènement d’une douleur incommensurable, un véritable effondrement… Puis, on se dit que cela aurait pu en être autrement; on n’aurait pu ne pas se rencontrer du tout, comme d’autres qu’on aurait voulu écouter et auxquels on aurait aimé soumettre des questions sans qu’on n’ait pu le faire. Avec Djibril, je l’avais fait amplement. Donc de cette regrettable perte devait se matérialiser une force capable de mener à terme tous les engagements, qui sont désormais devenus des promesses sacrées, pris avec Djibril. Je contactai donc Seydou Nourou NDiaye, un autre grand nom de la lutte des langues, dont Djibril m’avait donné le contact pour faire paraître très vite mon livre de mathématiques supérieures « Binndanɗe Hiisankooje ». En effet, Djibril m’avait fait remarquer des dimensions de cette lutte que la parution du livre devrait toucher et que je n’envisageais pas.
Après la sortie du livre, je me rendis à Dakar, invité par la fondation de l’université Cheikh Anta Diop pour participer à une table ronde sur le développement de l’Afrique. C’était en mars 2016. Une occasion de rencontrer Seydu Nuuru. La rencontre fut émouvante. Impossible de ne pas voir en premier plan le lien humain qui nous a connectés. Mais la force d’une lutte fait que Djibril, à l’instar des géants, ne meurt que d’une partie. L’autre était plus que jamais présente et vivante, et vive comme l’était le tout. Il était présent à Dakar, comme il l’est partout où le coeur de la lutte des langues continue encore de battre, où les grands esprits de Yero Dooro, de Murtudo, de Saydu Kan et d’autres siègent avec ceux des vivants; où les oeuvres de Bookar Aamadu Bah, d’Abuubakri M. Lam, d’Ibraahiima M. Saar, de Seydu Nuuru -et celles de bien d’autres- trouvent leur sens et portent avec mérite le titre de « révolutionnaire ». C’est en repartant de Dakar, en avril 2016, que Seydu Nuuru me dit: « Denɗi, j’ai quelque chose de très précieux que je crois te revenir de droit. » Il sortit un turban venant de Djibril et un stylo de Saydu Kan, il me les tendit. Il ajouta: « Il te revient de t’en occuper et d’accomplir ce que leur représentation t’inspirera. » Je compris, qu’en plus des engagements faits avec Djibril, je venais d’en prendre avec un autre grand esprit, avec l’âme du peuple et la lutte des langues. Donc loin de toute idée de trophée, il s’agit là de symboles à transmettre, que je transmettrai aussi à mon tour.
Voilà un bref aperçu d’une image de notre combat qui est loin de relater les choses en détails; et, comme vous le savez, la force réside dans les détails. Mais à présent j’ose espérer vous avoir fait humer le parfum de notre engagement, vous avoir fourni une perspective sur la profondeur des relations et des symboles qui forgent une détermination; j’espère surtout que vous y trouviez un bout par lequel saisir la nécessité de la lutte.
Le baccalauréat Mauritanien, dans sa conception actuelle, est inefficace, injuste, élitiste, etc. Ce qu’il faut dire aussi ; c’est que le Baccalauréat en Mauritanie a toujours été catastrophique. Une solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac ; à mon humble avis ; consiste à prendre en compte le contrôle Continu dans la moyenne générale. L’idée consiste à associer un certain coefficient au contrôle continu (je propose : ½) et un autre à l’épreuve du Baccalauréat elle-même (je propose : ½) et puis faire la moyenne générale. Il est tout simplement injuste de constater qu’un élève qui travaille très dur au cours de toute une année scolaire puisse, dans certains cas, se retrouver éliminé du baccalauréat pour des raisons qui, souvent n’ont rien à voir avec ses compétences. Il faut absolument avoir le courage de reformer ce système qui ne marche pas. Le statu quo en la matière est tout simplement suicidaire : la jeunesse de tout un pays que l’on sacrifie — par entêtement à utiliser un système qui ne marche pas !
La Poésie démeurt rassemble des poèmes écrits par SouleymaneSidibé entre 2016, après l’obtention de son baccalauréat français (série scientifique) en Mauritanie, et 2021. Entre cris nocturnes, mélancoliques et réflexions philosophiques, ce recueil s’imprègne d’une écriture rythmée et lamentée par le quotidien. Le recueil de poèmes parle du continent africain, de la patrie, des études de son auteur, de l’amour – ses contradictions, son dévouement et sa belle cruauté-, également de belles choses de la vie, et son épitaphe : la mort. L’auteur a un penchant pour la poésie. En poète amateur, il survole le monde par les mots en pansant les maux. Il est un admirateur des grands noms de la poésie à l’image de OusmaneMoussa Diagana de son pays comme des auteurs de ce qu’il qualifie de poésie-merveille – parlant de la poésie française. Il dessine son monde à dessein des autres calamités.
• En attente de parution dans les prochains jours…
Mes vives félicitations au jeune frère Souleymane, un esprit intellectuellement percutant dont notre BLOG a eu l’honneur de publier ses nombreuses contributions de haute valeur ces dernières années. Courage et bonne continuation.
Tawary – Selon les résultats et les analyses, le nombre d’admis à la première session du baccalauréat toutes les séries confondues est de 3742 soit 8% sur les 46 537 candidats.
Les résultats annoncés, ce vendredi 20 août 2021, en début de journée donnent 3051 candidats à la session complémentaire soit 7%.
Et le nombre de candidats ayant échoué est de 36790 soit 83 % du total. Pour rappel, la session complémentaire est prévue quelques jours. Ces faibles résultats prouvent que le niveau des élèves est très bas.
Nous avons appris que 767 candidats (2%) ont été exclus au courant de la première session pour avoir introduit le téléphone dans les salles d’examen. Tandis que les absents sont au nombre de 2237 soit 5%.
Le ministre de l’Éducation, Maa El-ainine Ould Eyih, a déclaré que le secteur s’emploie à adopter une nouvelle gouvernance dans le domaine de l’éducation, qui comprend les uniformes scolaires obligatoires, la rationalisation de la cartographie scolaire, le développement des infrastructures, la fourniture de manuels et le lancement d’un projet visant à valoriser la profession de l’enseignant aux fins de résoudre les problèmes soulevés par les enseignants, notamment le problème des prestataires de services éducatifs, en organisant un concours conforme à la loi sur la fonction publique.
Le ministre a fait cette déclaration hier en commentant un projet qu’il a soumis au Conseil des ministres concernant les préparatifs de l’ouverture de l’année scolaire.
Le ministre a énuméré ce qui avait été accompli dans le domaine des infrastructures, indiquant que 2 000 classes scolaires avaient été construites, dont 1 000 avaient été réceptionnées à ce jour, en plus de la modernisation d’un système d’information pour la gestion du secteur.
Il a indiqué que le ministère est en train de lancer une consultation pour un nouveau système d’éducation après son élaboration.
Le ministre a reconnu qu’il existe des lacunes – malgré ce qui a été réalisé – résultant d’accumulations antérieures, telles que l’absence d’une politique scolaire et la nécessité de restaurer et de réhabiliter de nombreuses écoles, soulignant que des travaux sont en cours pour résoudre ces problèmes dès que possible.
Dans un hôtel à Nouakchott, ce 18 août 2021 le député mauritanien Biram Dah Abeid (président des réseaux IRA-Mauritanie) a pris part à une conférence de presse auprès de l’association qui défend les droits légitimes de personnes albinos en Mauritanie. Dans une prise de parole, le député BDA a exprimé son soutien résolu à l’association et assurant qu’il va plaider leur cause pour une intégration soutenue et la prise en compte de leurs spécificités dans tous les domaines de la vie sociale et professionnelle.
Mon professeur de philosophie aimait le dire : la crise des valeurs est le mal de notre époque.
Mais cette crise des valeurs est souvent perçue et lue sous un prime réducteur : celui de la déchéance morale, de la dépravation des mœurs, du culte du matériel au détriment « des choses de l’esprit » et bien sûr la banalisation de la vie humaine.
Mais à la suite de mon professeur, quelques années plus tard ayant acquis la maturité, j’ajoute à cette tentative de définition, comme pour le compléter, sans prétention, que la crise des valeurs c’est l’anéantissement de l’humain par l’inhumain.
C’est également la corruption de l’intellectuel, figure emblématique du savoir ; celui-là même qui est censé être au-dessus de la mêlée. Mais hélas.
La crise que traverse nos sociétés, aujourd’hui dans le monde, et plus vrai encore en Afrique au sud du Sahara, peut ainsi être nommée : la déchéance de l’intellectuel.
Une classe devenue maudite, indigne, aphone et atone notamment sur des sujets majeurs qui touchent la société.
Incompréhensible, Inacceptable. Ces avant-gardistes de la société sont « corrompus » jusque dans l’âme au point de devenir lâches, irresponsables et impertinents par leurs prises de positions ambiguës, indignes…
Les intellectuels africains. Pas tous. Heureusement !
Il en existe des perles rares en voie d’extinction, assurément les derniers survivants d’une autre époque.
Ceux-là sont discrets et vivent dans l’austérité mais honorent tout leur contrat avec la société et avec la Communauté scientifique.
Mais ils ne sont pas médiatisés, les cours qu’ils professent n’accrochent pas une société friande de sensationnel. Il y a maintenant, l’image la plus imposante de l’intellectuel africain.
Au plan du casting, l’intellectuel africain a un talent stratosphérique.
C’est souvent quelqu’un qui a fait de « bonnes études » et sortant des grandes universités de ce monde. Il est bardé de diplômes : la tête bien pleine mais loin d’être bien faite. Il est consultant international. Il occupe des chaires universitaires. Il fait la une des journaux et est l’invité favori des plateaux de télévisions.
Il a soutenu plus d’une thèse de doctorats. Il est souvent fonctionnaire international et se permet même de défendre les droits des minorités loin de chez lui, notamment lorsqu’il est avocat.
Mais malgré, ce background impressionnant, tous ces mérites et distinctions, l’intellectuel africain est décevant, par ce qu’investi pour défendre des causes injustes, tribales, claniques, discriminatoires ou despotiques.Son audience et sa notoriété restent cosmétiques, snobs et sans réel intérêt pour la société.
Sans transition, voilà qui m’amène à parler des « intellectuels » soninké qui sont incapables d’avoir de la hauteur et prendre une position honorable par rapport à la problématique de l’esclavage par ascendance qui mine leur société à travers plusieurs territoires de l’Afrique de l’Ouest.
Un intellectuel à quoi ça sert ?
C’est d’abord dénoncer les injustices, les abus.
C’est se mettre du côté des plus faibles et de la vérité.
C’est oser renoncer à ses propres avantages.
C’est s’attaquer aux tares sociales en vue de changer les mentalités et les comportements.
C’est tirer vers le haut la société. C’est adopter en tout temps et en toute circonstance des positions impartiales, courageuses et désintéressées.
C’est déconstruire les dogmes imposés par le poids du temps et de l’ignorance.
Ainsi défini, grâce à la constance et la fidélité à ces valeurs, conduite, attitude et aptitude, l’intellectuel en vient à construire, une légitimité gage de sa crédibilité, plaçant ainsi son art et son éthique au-dessus de tous.
L’intellectuel est partisan du mérite et du surpassement.Il appartient à une communauté élitiste et ouverte, pourvu qu’on fasse ses preuves pour y pénétrer. C’est la seule condition. C’est une espèce de panthéon qui restera fermé devant les apprentis intellectuels.
Les intellectuels, ce sont des hommes et des femmes décomplexés, critiques et débarrassés des dogmes de la pensée dominante.
L’observance de la société Soninké montre avec désolation des attitudes éhontées chez les « intellectuels », notamment du Guidimakha sur la question de l’esclavage coutumier.
Pour la plus part du temps, ils se cachent derrière un silence coupable et lâche. C’est peut-être les moins dangereux.
En revanche, certains se font remarquer tristement en s’affichent avec des propos provocateurs faisant l’apologie de la féodalité, s’ils n’appellent pas à la haine ou à la guerre.
En coulisse, ils participent même dans une certaine mesure, à des cotisations destinées au financement d’activités féodales ou controversées.
La troisième catégorie, optent pour la politique de l’autruche en soutenant honteusement que chez les Soninké, tout va bien. C’est « le meilleur des mondes » : ce sont les négationnistes.
Le quatrième groupe, très minoritaire est blessé dans son orgueilleux soninké, en raison de la bassesse du niveau des débats et essaient de rapprocher les positions en appelant les parties à la raison mais seulement dans des espaces clos et peu fréquentés. Ils ont peur de la sanction de l’opinion, d’être jugé.
Du coup, ils parlent peu. En effet, le contexte est délétère si bien que les propos sont souvent déformés, mal rapportés ou interprétés volontairement pour nuire.
Ces modérés sont souvent les victimes d’un procès d’intention : ils sont traités de « collabos » par les deux bords, notamment les partisans d’un Guidimakha éternellement féodal et ceux d’une rupture quel qu’en soit le prix à payer : la déconstruction à coup de marteau et de bulldozer.
Il y a également les « complexés ». Ces derniers prônent pour le renoncement à tout héritage soninké : la rupture totale. Il faut formater la mémoire sociale de la société par ce qu’à leurs yeux le passé est encombrant et trop gênant.
Ces gens-là n’hésitent pas à changer leur état civil, à opter pour les mariages mixtes afin de se dissoudre dans une autre société, peut-être plus accueillante.
Cette situation a beaucoup fait saigner la société soninké dans un contexte démocratique où la démographie reste un argument concurrentiel.
Une véritable hémorragie qui a affaibli la communauté soninké plus que jamais désunit, incapable de s’entendre même lorsqu’il est question de développement.
Ainsi, les bailleurs ou partenaires au développement préfèrent aller investir dans d’autres territoires où les contradictions sont moins marquées.
Au plan politique, ces adversités sont un atout pour les autres concurrents politiques qui en profitent pour se positionner : conséquence, les soninkés essuient souvent des revers politiques déconcertants dans leurs propres fiefs.
Les soninkés n’ont jamais cherché à évaluer ou à faire le bilan des dommages qu’engendre cette déchirure, une opération d’exsanguination qui fragilise davantage la communauté soninké dans un pays où les places sont marquées ethniquement autour de la mangeoire : le gâteau national.
Par ailleurs, la communauté soninké a souvent perdu des hommes et de femmes dotés de qualités exceptionnelles et de moyens incommensurables capables de tirer vers le haut la société, s’ils étaient acceptés avec plus de dignité et de respect.
La dernière catégorie d’intellectuels soninkés a mal dans son âme et dans sa chair car résignés au silence et au statut de spectateur par ce que tenus par le devoir de réserve. Ce sont-là les profils les plus marquants des intellectuels soninkés. Beaucoup se reconnaitront dans ces portraits.
L’intellectuel soninké est dès lors ambigu, insondable, perfide, sournois et irrationnel.
J’en ai connu admirateurs inconditionnels du leader abolitionniste Biram Dah Abeid tant qu’il dénonçait la condition de la composante Haratine et négro-mauritanienne.
Désormais rien ne va plus entre ces gens-là et le président d’IRA. Parce qu’il s’est intéressé à ce qui se passe chez les amis Soninkés. Crime de lèse-majesté.
Les Soninkés sont une catégorie intouchable. Eux, peuvent se permettre de parler des autres. Mais le contraire n’est pas toléré. Rire ! Mais on est dans une république.
Permettez-moi, les puristes, de tordre le coup à la définition classique de l’intellectuel, puisse qu’on parle du Guidimakha soninké, empêtré plus que jamais dans une mutation sociale imposée par le temps, pour y intégrer les hommes politiques, les leaders d’opinions, les détenteurs de la science religieuse etc.
Ils ont tous une grande part de responsabilité dans ce chaos, par ce qu’ils n’ont pas su mettre leur science, leur position et leur aura au service de l’intérêt général.
En effet, la science n’est pas complaisante, c’est « le désert des valeurs » disait le philosophe.
Pas besoin d’envoyer des observateurs au Guidimakha. Il y a dans cette société des inégalités et des injustices criantes liées à la naissance. Appelez-les comme vous voulez : esclavage coutumier, esclavage par ascendance, descendants d’esclaves, séquelles de l’esclavage etc. C’est une guerre sémantique sans intérêt. Allons à l’essentiel ! Une chose est sûre. Ces différentes dénominations renvoient désormais à une stigmatisation : elles sont devenues blessantes, dévalorisantes et s’inscrivent dans une volonté de classification et d’hiérarchisation catégorielles basées sur la naissance.
Honte à ces faux intellectuels. Intellectuels d’une classe contre une autre. Intellectuels communautaires, intellectuel pyromane, intellectuel d’une idéologie et d’une tradition affreuse.
Intellectuel du conformisme et du statut quo éternel mais seulement au niveau de leur bled et villages. Alors qu’à l’échelle nationale, ils réclament la démocratie et le changement.
A ceux-là, j’ai envie de dire qu’ils sont pris en otage par les dogmes d’une société frileuse et grincheuse face au moindre changement.
Tout ce qui est obtenu par la voie de la facilité, la tricherie,la tromperie, la malhonnêteté, la force est contestable et finira toujours par être contesté.
C’est un « droit » controversé qui s’étiole avec le changement de contexte et de rapport de force.
Un intellectuel, appartient à l’humanité. Il défend des causes justes. Ils ne dénoncent pas à la carte l’arbitraire, ses humeurs ne sont pas à géométrie variable.
Comment comprendre qu’un « intellectuel » puisse dénoncer sans gêne et sans état d’âme la gestion de la Mauritanie depuis l’indépendance, en parlant d’apartheid et de racisme d’état alors que dans son village, il cautionne et soutien les pratiques esclavagistes sous couvert de respect des traditions ?
Dans ces villages soninkés, les descendants d’esclaves n’ont pas toujours droit à la terre. Désormais l’accès à la terre cristallise tous les différends entre anciens esclaves et anciens maitres, ces derniers continuent de s’accrochant inlassablement à un titre de noblesse évanescent.
L’accès à la propriété foncière, reste désormais l’unique moyen de pression de la classe féodale décadente et en décrépitude pour contraindre « les autres » à accepter le statu quo.
Mais la liberté est le meilleur des pains.
La nature humaine est d’une complexité hallucinante.
On a vu tous ces Noirs, parmi eux les disciples invétérés de l’ordre féodal terrifiés, abasourdis et révoltés par la violence policière aux Etats unis, avec la mort atroce de George FLOYD par un policier raciste blanc.
Ces mêmes « intellectuels » trouvaient insupportable, répugnant et épouvantable le marché aux esclaves en Libye avec les images de populations africaines dans un enclos et vendues comme du bétail.
Ces exemples sont à mon sens suffisants pour expliquer la malhonnêteté déroutante de nos « intellectuels » qui sont prompts à défendre des causes marchandables et vénales comme des tueurs à gage prêts à ouvrir le feu.
Ce n’est vraiment pas le portait de l’intellectuel que mon professeur m’a dressé, il y a trente ans.
Il disait avec éloquence, certitude et suffisance dans une salle de classe acquise et conquise avec sa rhétorique envoutante que l’intellectuel, c’est avant tout un rôle social.
Il n’a pas de passeport. Il n’a pas de nationalité. Il appartient à la terre : C’est un citoyen du monde.
Il ne compare pas les injustices en fonction de leur auteur.
Sa mission est de les combattre d’où qu’elles puissent venir.
Cher professeur, la déchéance que connait notre société est celle de nos élites.
Des élites débauchées, incapables d’anticiper et en mal d’inspiration.
Regardez partout sur le continent, ces « intellectuels » vendus qui tronquent, assassinent et prostituent la démocratie en faisant recours à des discours aux accents maléfiques et artificiels pour justifier le tripatouillage de la Constitution, la loi fondamentale dans nos Etats.
Ces mêmes universitaires s’empressent de défendre les coups d’état, se mettent du côté des militaires qu’ils pérennisent au pouvoir pour défendre des intérêts périssables.
Un intellectuel selon la définition de mon professeur, défend des valeurs et des principes qui sont par essence universels, non périssables et atemporels.
Le constat est sans appel : nos intellectuels ont échoué.
Dès lors, que dire des sages et des justes qui avaient pour cadre l’arbre à palabre : la sagesse africaine.
Pendant longtemps, dans nos cours de littérature orale, nos professeurs vantaient la société traditionnelle africaine qui était à l’écoute des sages. Tout y était rose.
Mensonge et nostalgie. C’était une pure construction théorique. Cher professeur ! Respect.
Je comprends, le contexte de la naissance de cette littérature d’opposition et de résistance à la table rase préconisée par la féodalité des suprématistes blancs.
Elle ne pouvait fonder sa thèse qu’en présentant l’Afrique précoloniale comme un paradis terrestre en minorant ses nombreuses tares.
Pour une fois, cher prof, vous nous avez transmis des recettes. Ce n’est pas grave.
En effet, dans d’autre cours, nous avons été initiés à la critique, à l’analyse scientifique pour ne pas tomber dans le culte et le conformisme : l’ennemi de la culture.
Revenons à notre sujet.
La société soninké est aujourd’hui menacée par son propre monstre qu’elle a enfanté. Un monstre rampant qui a pourtant averti mais personne ne l’a pris au sérieux.
J’ai longtemps compté sur la sagesse de la gérontocratie : dans nos villages, chaque vieillard est une bibliothèque, ne dit-on pas.
Où sont ces justes pour éteindre le feu ?
Ils sont pourtant-là. Mais la sagesse dont ils sont porteurs souffre d’absence de rationalité. C’est une sagesse arrimée à la société féodale : elle est trop légaliste, elle n’est pas discursive et encore moins critique. C’est une sagesse victime de son excès de paternalisme. Elle ne cherche pas à convaincre mais vous amène à accepter même au prix de la compromission.
C’est une sagesse qui n’a de moyens et d’ambitions que d’asseoir, justifier et légitimer l’autorité.
Ses limites sont connues : autoritaire, réfractaire à tout changement et trop idéaliste.
Elle ne peut intégrer, la flexibilité ou encore la tolérance du fait de sa nature et son caractère figée dus à la spécificité de son discours, incapable de s’adapter et de s’ouvrir. Elle se fonde sur des idées reçues et des recettes.
Au Guidimakha pendant que les Soninkés s’entredéchirent, pour « s’anoblir » d’autres acteurs se repositionnent : le territoire est par essence une arène.
La solution, croyez-moi ne viendra pas d’ailleurs.
Aucun élément extérieur ne vous sortira de cette mauvaise pente.
Un jour vous reviendrez honteusement à la raison lorsque vous aurez tout perdu : respectabilité, dignité, honneur, fortune et noblesse. Trop tard. Les blessures seront trop profondes et les plaies difficiles à panser.
Et puis, vos contradictions, adversités absurdes et orgueilleuses vous conduiront vers le chaos en révélant au grand jour vos faiblesses et vulnérabilités : le Talon d’Achille de toute une société.
Sahara Médias – La présidence mauritanienne a adressé une invitation aux partis politiques membres de la coordination des partis représentés au parlement afin d’assister à une réunion avec le président de la république Mohamed O. Cheikh Ghazouani ce mardi au palais présidentiel, selon les sources de Sahara Medias.
Selon nos sources l’invitation a été adressée aux responsables des partis politiques de la coordination : l’UPR, union des forces populaires, (UFP), union pour la démocratie et le progrès, APP, alliance nationale pour la démocratie, RFD, Tewassoul, Al Qarama, le parti du mouvement des jeunes, parti du dialogue, Sawab, et le parti avant-garde des forces de changement démocratique.
Il n’a pas été adressé d’invitation ni au parti rassemblement national pour la réforme et le développement (Tewassoul) ni au parti alliance pour la justice et la démocratie/MR qui se s’étaient retirés auparavant de la coordination.
Les mêmes sources croient savoir qu’au cours de cette rencontre, le président Ghazouani appellera au lancement de la concertation nationale, conformément à la feuille de route approuvée par la coordination des partis politiques représentés au gouvernement en mars dernier.
Le président de l’UFP, Mohamed O. Maouloud, dans une précédente déclaration à Sahara Medias, avait révélé que le président de la république appellera, dans quelques jours, à une concertation nationale à laquelle prendront part tous les acteurs politiques.
L’antenne officielle « affaires étrangères » des talibans répond à Doha au Qatar. Les gens qui veulent fuir l’arrivée du pouvoir taliban comptent rejoindre les pays occidentaux principalement. D’ailleurs les voix humanistes qui s’entendent plus depuis 3 jours pour s’inquiéter de la situation humanitaire, viennent en gros du giron occidental. Pourtant il suffirait aux riches pays pétroliers du golf d’ouvrir leurs portes pour accueillir dignement beaucoup de monde en détresse. Par exemple les Qataris du PSG peuvent se permettre beaucoup de largesses matérielles et financières dans d’autres domaines mais ici… c’est du silence étrangement. Après tout cela, s’il y’a une tromperie criminelle et une exploitation cynique autour de l’élément « Oumma » ou « Islam », il faut observer les comportements de certains pays dits musulmans dans les relations géopolitiques internationales. Ces gens qui fuient vers le giron occidental, ils ne viennent pas se convertir au christianisme ou au libertinage, mais comptent sur l’espoir d’une certaine Humanité à retrouver.
Les images autour de ce cargo US à l’aéroport de Kaboul et les individus qui se sont accrochés et éjectés fatalement dans les airs, font crever les cœurs et les esprits de gens réfléchis.
L’arrivée au pouvoir de MohamedCheikh Ghazouani en 2019 avait suscité un espoir de renouveau au sein de larges couches populaires comme au sein de la classe politique et de la société civile, éprouvées par dix ans d’une politique de pillage systématique, de répression et de chasse aux sorcières contre les opposants. Les déclarations d’intention généreuses et l’atmosphère propice créée suite au climat d’apaisement politique entre pouvoir et opposition avaient fait espérer un changement dans le traitement des problèmes structurels et d’autres conjoncturels, qui menacent dangereusement l’existence même de la Mauritanie. Après deux ans d’exercice du pouvoir, force est de reconnaitre que les espoirs sont déçus, que la rupture souhaitée n’est pas au rendez-vous, et que la crise multidimensionnelle dans laquelle se débat le pays reste entière. En effet, le Pays demeure confronté à des défis majeurs, au premier rang desquels se situe celui de l’unité nationale qui reste un vœu pieux ; unité nationale mise à mal par des politiques étatiques de discrimination et d’exclusion sur la base de l’appartenance ethnique et raciale. L’exclusion de la composante négro-africaine prend des proportions d’une telle ampleur que la diversité ethnique et culturelle du pays s’en trouve quasiment remise en cause. L’esclavage et ses séquelles, malgré la batterie de lois criminalisant cette pratique d’un autre âge, continuent de gangréner l’ensemble des composantes de la société mauritanienne. La composante haratine, qui n’en est que la face la plus visible, est massivement maintenue dans l’ignorance la plus totale et continue d’être exploitée comme masse laborieuse. Enfin, les couches les plus démunies de la communauté beydane rejoignent peu à peu les exclus du système. De fait, le reflexe du repli identitaire, engendré par les politiques publiques, qui s’est particulièrement illustré avec les dernières élections, est plus exacerbé que jamais, minant ainsi profondément les fondements mêmes du pays. D’autres problèmes, non moins aigus, continuent de freiner le progrès de notre pays. Il en est ainsi du clientélisme et du tribalisme, érigés en mode de gouvernance, de la gabegie et de la corruption dans toute leur ampleur. Les prix des denrées de première nécessité flambent au point que beaucoup de mauritaniens souffrent terriblement et n’arrivent même plus à assurer leur pitance quotidienne. Le système éducatif, en totale déliquescence, attend toujours la réforme devant réhabiliter l’école publique et républicaine. Les rues de nos centres urbains sont devenues des terreaux de la délinquance et du banditisme, livrant le citoyen à l’insécurité la plus totale. Le secteur de la justice, -fléau du pays et symbole par excellence de l’injustice, dans sa composition comme dans son fonctionnement – demeure plus que jamais inféodée à l’exécutif. La gestion de la pandémie de la Covid-19 engloutit des ressources financières énormes dans l’opacité la plus totale. Les experts en matière de changement climatique alertent, en vain, sur les dangers encourus par Nouakchott avec la montée du niveau de la mer. La capitale, qui ploie sous le poids des ordures, souffre également de l’absence d’un réseau d’assainissement digne de ce nom. On assiste, par ailleurs, depuis quelques temps, comme par glissement, à la restriction des libertés publiques et l’étouffement de toute forme de protestation par la répression. Enfin, l’espoir de tenir un véritable dialogue, pour résoudre durablement les questions d’intérêt national, s’envole au vu des déclarations récentes du Président de la République à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Face à la gravité de la situation, Nous, coalitions et partis politiques de l’opposition démocratique, nous sommes retrouvés, dans un élan patriotique, pour en faire une appréciation commune en vue d’alerter sur les dangers qui planent sur notre pays. En conséquence de quoi, Nous :
1 – Tirons la sonnette d’alarme et appelons le gouvernement du Président Mohamed CheikhGhazouani à prendre conscience des dérives et dangers qui nous guettent ;
2 – Insistons quant à la prise de mesures urgentes et immédiates pour l’élimination de toutes les formes de discrimination et d’exclusion dans les politiques étatiques ;
3 – Exigeons l’application rigoureuse de la loi dans la lutte contre l’esclavage et ses pratiques associées ;
4 – Invitons le Gouvernement à s’engager dans une lutte volontariste contre la gabegie et la corruption;
5 – Demandons au Gouvernement d’alléger les souffrances des populations en exerçant un contrôle rigoureux sur les prix des denrées de première nécessité;
6 – Appelons le Gouvernement à lutter efficacement contre l’insécurité, neutraliser les réseaux de la drogue et apporter la quiétude aux populations.
Enfin, les Coalitions et partis d’opposition signataires de la présente déclaration, soucieux de l’édification d’un état de droit et attachés à l’ancrage de la démocratie, en appellent à un sursaut patriotique et à la responsabilité de tous pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, serein et sérieux permettant de dépasser cette situation porteuse de tous les dangers, en vue de la refondation du contrat national sur la base de l’équité et d’une véritable justice sociale.
Nouakchott le 16/08/2021
✓ Les Signataires : Al Moustaqbel APP CVE CVE/VR Parti Mauritanien pour la Défense de l’Environnement RAG RNRD – Tawassoul
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