● Le Grand Entretien du Blog | Avec l’étudiant en philosophie Bacary Cissé

~~~La rubrique Le Grand Entretien du Blog vous propose une interview avec notre jeune compatriote Monsieur Bacary Cissé. Actuellement étudiant en philosophie en Algérie, il nous expose ses analyses en réponse à nos questions. Membre actif de l’association Mohamed Askia Touré, monsieur Cissé est originaire du Guidimagha mauritanien, du village de Hassi Baghra. Notre reconnaissance à lui pour la disponibilité.

Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur Cissé, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?


Bacary Cissé : D’emblée, je vous remercie de m’avoir honoré en me donnant l’occasion pour exprimer mes avis sur certaines de vos questions.
Pour faire simple, je suis Muhamad Bacary Cissé ou Bacary Cissé les deux noms sont valables, mauritanien originaire de Guidimagha, village Hasse Baghra, étudiant en études supérieures, en Algérie, spécialité : philosophie.

● Question 2 : Vous êtes un membre actif de l’association Mohamed Askia Touré en Mauritanie, quelle a été la genèse de cette structure? Et aussi quels sont ses objectifs fondamentaux ?

BC : Muhamad Askia Touré est une association des jeunes, créée à partir de plusieurs facteurs, mais la principale motivation était la veille sur la société car nous appartenons à d’autres organismes actifs et nous avons des connaissances et des amis issus d’autres segments membres des associations qui sont au service de leurs sociétés, et nous avons pensé : pourquoi ne pas en faire autant pour la nôtre !
Le but principal de cette association est d’agir à travers trois volets essentiels : la « prédication » compte tenu du fait que la réforme religieuse est l’une des réformes sociales les plus importantes, car si notre religion se porte bien, le reste sera bien.
Le volet « culture » parce que la culture est la figure saillante de chaque société et c’est par la culture que les sociétés se distinguent les unes des autres, raison pour laquelle nous travaillons à faire connaître notre culture qu’est le symbole d’unité sociale mais également à y veiller sans pour autant renfermer sur nous-mêmes vis-à-vis des autres culture, loin de là, nous en prenons ce qui nous sert.
Et enfin le volet « action caritative » c’est-à-dire faire office de médiation entre d’une part, ceux qui sont privilégiés, et d’autre part, ceux qui sont défavorisés.


● Question 3 : La Mauritanie vient de clore une échéance des élections générales (municipales, régionales et législatives), quel commentaire-bilan faites-vous en tant qu’observateur et acteur indirect ?

BC : C’est vrai malgré la nette amélioration que l’on pourrait compter parmi les points positifs de ces dernières élections, sauf que ça a créé une grande polémique chez l’opinion nationale à cause de violations qui ont eu lieu au cours du scrutin et les opérations de falsification dont les résultats ont été contestés. En effet, nous avons suivi la marche de l’opposition pour contester ces résultats, de la même manière que le scrutin a été refait dans six bureaux dans le département de Mbout au niveau de la région Gorgol. Tous ces éléments montrent la non transparence de ces élections. En outre, il n’y a pas un grand espoir de changement dans cette situation, c’est une réalité que j’avais espéré et sur laquelle j’ai écrit un article publié sur le site « akhbar info » dans la foulée de ces élections.

● Question 4 : Ces dernières années, la communauté sooninké vit beaucoup de frictions sociales liées à l’organisation intra-communautaire (féodalisme, discriminations…) et au phénomène de l’esclavage statutaire, comme jeune sooninké lettré en phase universitaire, quelles sont vos réflexions à propos ? Et éventuellement vos visions et solutions d’avenir pour plus d’entente sociale ?

BC : La situation actuelle ou telle que j’appelle « la crise sociale soninké » est une question très complexe qui exige de nous une certaine précaution et de la profondeur. Avec tous mes respects pour toutes les tentatives entreprises jusqu’ici pour y mettre fin, à mon avis, elles ne sont pas suffisantes, que ça soit pour celui qui regarde sous l’angle de la religion seulement. Parce que c’est une question qui contient plusieurs domaines « religieux, social, historique et même économique »
Ni celui qui se révolte contre le social traditionnel avec des moyens inappropriés tels que l’insulte, le dénigrement et souvent avec la violence physique, ni les défenseurs du système ne peuvent résoudre la crise. Ensuite, ma claire position telle que j’ai l’ai écrite est que le changement est inévitable car il s’impose de lui-même, mais est-ce que cela est positif ou négatif ? C’est là que réside le problème et nous ne sommes que devant options : négative parce qu’on a imposé sur la société un changement dans l’anarchie sans une préparation et cela peut faire la victoire de l’une des parties au détriment de l’autre « les conservateurs et révolutionnaires » ensuite on crée un nouveau modèle selon l’intérêt de la partie vainqueur.
L’autre option qui est positive, est qu’il ait un accord social pour moderniser le système social, de telle sorte que, la réalité montre l’incompatibilité de l’ancien système avec le temps, imagine que ce monde qui est perpétuel changement, et que la société demeure cramponnée sur modèle social remonte aux siècles, si tu lis par exemple certains écrits sur l’histoire ancienne de notre société depuis le Royaume de Wagadou jusqu’à aujourd’hui, tu saura que c’est le système aristocratique, et j’avais comparé les deux systèmes, l’ancien et le nouveau, en m’appuyant sur les travaux du professeur Ali Cissé sur la société soninké, mes analyses en sont arrivées en une conclusion : c’est que la différence entre l’aristocratie du Wagadou et celui en vigueur actuellement est seulement historique et social, mais l’architecture est la même. Par conséquent, la solution telle que je la conçoit, consiste à ce que les différentes forces fassent de concertations intensives pour mettre en place un nouveau pacte en vue de moderniser le système de la société. Et le temps cette interview ne me permet pas de parler de tous les détails que j’aurais voulu détailler.

Question 5 : Concernant l’éducation, beaucoup d’initiatives sont prises au sein de communautés villageoises sooninké du Guidimagha (système hybride Mahadra- école) en dehors du cadre de l’enseignement étatique, vous y voyez quoi en terme d’inconvénients et d’avantages ? Et quel regard portez-vous sur l’éducation des jeunes filles dans nos communautés ? Et vos préconisations éventuelles en la matière ?

BC : Nul doute que les écoles religieuses jouent un rôle très important dans la revivication de l’enseignement dans la région en comblant la faible prestation de l’école publique, et grâce à ces écoles le niveau de beaucoup jeunes apprenants filles comme garçons s’est amélioré au moins sur le plan religieux, mais elles souffrent de défauts qui se situent tant au niveau pédagogique qu’au niveau de d’enseignement, de telle sorte que, certaines d’entre elles pour ne pas dire beaucoup, ne s’intéressent beaucoup pas au programme officiel que le ministre en charge de l’enseignement donne aux sciences appliquées et les langues vivantes tel le français et l’anglais. Ceci constitue un obstacle à l’avancement des élèves, de telle sorte, qu’il leur sera difficile d’être performants dans les examens nationaux en particulier l’examen de fin d’études moyennes sans parler du baccalauréat, car la plupart de ces écoles viennent à peine d’être créés dont les salles n’atteignent le niveau du secondaire.
Au niveau du volet de l’enseignement le problème est qu’il est rare de trouver parmi les enseignants celui qui a subit une formation ou qui a une expérience dans le domaine de l’enseignement, il est de trouver faible le niveau de certains académiquement parlant. Telles sont les défaillances des écoles religieuses.
Il est regrettable que la scolarisation des filles est faible comparativement avec les autres sociétés avec qui nous partageons le pays, cela est lié au fait que la femme soninké n’a pas évolué dans le domaine des études et de la culture et s’y ajoute la non évolution de la société de façon complète parce que « la mère est une école » la femme est la moitié de la société comme on le dit. Et il y a un autre problème en ce sens que la plupart des filles soninké scolarisée ne sont pas sérieuses en ce concerne les études, c’est-à-dire qu’elles ne regardent pas les études comme un sauvetage et une garantie noble pour l’homme, mais comme une étape transitoire ou comme une mode, de telle sorte, la majorité d’entre elles croient que le mariage est la garantie de leur avenir et non les études, c’est raison pour laquelle beaucoup font des efforts pour trouver un homme aisé pour construire avec lui un avenir radieux.

Concernant les recommandations : c’est que nous tous, hommes et femmes, Si on ne croit pas aux études et n’y accorde pas attention, on ne peut espérer un changement pour notre situation et trouver une solution à nos crises, on peut être riches mais cela ne peut résoudre nos problèmes et changer nos situations en rien. L’argent peut te construire un château mais non un esprit qui réfléchit.

En conclusion : je vous renouvelle mes remerciements et à la prochaine.

Réalisé par KS pour le BLOG

● Éditorial : Une déroute salutaire? | Par Ahmed ould Cheikh

Le Calame – Les élections municipales, législatives et régionales ont vécu. Et, comme celles qui les ont précédées, ont apporté leur lot de tintamarre, vacuité des discours, promesses intenables, alliances contre-nature, achat des consciences, fraude à ciel ouvert et autre parti pris flagrant de l’Administration au profit de qui vous savez.

Elles ont donné lieu également à d’énormes surprises : des partis de rien se sont retrouvés, par un de ces miracles dont seules les élections en Mauritanie ont le secret, avec plusieurs députés, tandis que des formations politiques ayant accompli toute leur « carrière » dans l’opposition n’ont pu décrocher le moindre strapontin.

Un véritable tsunami électoral dont on n’a apparemment pas pris toute la mesure. À qui la faute ?

À une relation apaisée, sinon complaisante, avec le pouvoir en place depuis 2019, après avoir été extrêmement tendue avec celui qui l’a précédé ? À un discours jugé trop modéré au moment où les citoyens s’attendaient à de franches prises de position face aux problèmes de l’heure ? À une érosion naturelle de l’électorat désormais plus réceptif à des discours plus virulents véhiculés par les réseaux sociaux? À l’éclosion de nouveaux pôles de l’opposition ?

Il y a sans doute un peu de tout de cela dans la déroute de l’opposition traditionnelle à qui il ne reste plus, non pas à se faire hara-kiri, mais à se remettre en cause, « faire son autocritique », pour reprendre une formule chère aux Kadihines des années 70.

Et peut-être à inventer, enfin, la démocratie spécifique à la Mauritanie ; un système viable, compréhensible à tous et toutes, vraiment révolutionnaire en ce qu’il serait vraiment respectueux de nos plus profondes traditions…

Ahmed ould Cheikh

©️ crédit source – https://cridem.org/C_Info.php?article=766574

● [Info Cridem] – Liste des membres du nouveau Gouvernement nommés, ce mardi 4 juillet 2023



Ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoullah Ben Boya,

Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, Mohamed Salem Merzoug,

Ministre de la Défense nationale, Hananna Ould Sidi,

Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine,

Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel, Dah Ould Sidi Ould Amar Taleb,

Ministre des Affaires économiques et du Développement durable, Abdessalam Ould Mohamed Saleh,

Ministre des Finances, Isselmou Ould Ahmed M’Bady,

Ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, Moctar Ould Dahi,

Ministre de la Santé, Naha Mint Hamdy Ould Mouknass,

Ministre de la Fonction publique et du Travail, Sidi Yahya Ould Cheikhna Ould Lemrabott,

Ministre de la Transformation numérique, de l’innovation et de la Modernisation de l’Administration, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly,

Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines, porte-parole du gouvernement, Nany Ould Chrougha,

Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Moctar Alhousseyni Lam,

Ministre de l’Agriculture, Moma Ould Beibate Hamahoullah,

Ministre de l’Elevage, Hmedeît Ould Cheine,

Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme, Lemrabott Ould Bennahi,

Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zeynebou Mint Hmidnah,

Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Sid’Ahmed Ould Mohamed,

Ministre de l’Equipement et des Transports, Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed,

Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Ismaêl Ould Abdel Vettah,

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Niang Mamoudou,

Ministre de la Culture, de la Jeuness, des Sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Sid’Ahmed Dié

Ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, Savia Mint N’Tahah,

Ministre de l’Environnement, Lalya Kamara,

Ministre Secrétaire générale du gouvernement, Aîssata Ba Yahya,

Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur chargé des Mauritaniens de l’extérieur, Mohamed Yahya Ould Saaîd.

©️ Crédit source – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=291764126728813&id=100076856828479