● La journée nationale de lutte contre l’esclavage est passée inaperçue ? | M. Seyré SIDIBE.

Alors que la journée nationale de lutte contre l’esclavage, le 06 Mars, de chaque année vient de passer inaperçue en Mauritanie, tant du côté des autorités que du côté de la société civile, la dernière réunion hebdomadaire du Gouvernement vient d’instituer, une autre journée nationale, commémorant cette fois-ci la diversité culturelle et de la cohésion nationale. C’est en soi une bonne initiative dans un contexte marqué par la montée de propos racistes proférés ou soutenus, sans gêne par les partisans d’une Mauritanie exclusivement Arabe ou blanche.

La reconnaissance d’une journée, consacrée à la diversité culturelle et de la cohésion nationale sonne comme revers pour ce camp, qui fait semblant d’oublier que la Constitution nationale reconnaît, quatre langues nationales représentatives de quatre communautés nationales (Arabe ou Hassaniya, le Pulaar), le Soninké et le Wolof). Le caractère multiethnique, multiracial et culturel de la Mauritanie, n’est pas une invention et n’est pas tombé du ciel. C’est cela son identité : une identité plurielle reflet de sa géographie, de sa genèse et de son histoire. Une journée de plus ! En effet, l’agenda national est déjà trop saturé de journées nationales sans impact.

Pourquoi alors instituer une journée nationale contre l’esclavage ?

Si l’esclavage est vécu comme un mal qui ronge d’abord les victimes, parce que source de stigmatisation, d’exploitation et de déshumanisation, il l’est aussi pour les États où sévit encore cette pratique d’un autre âge. En effet, pendant longtemps la Mauritanie avait opté pour le déni à chaque fois qu’elle avait été interpellée par les partenaires au développement (les instances internationales).

La réponse officielle était : il n’y a point d’esclaves en Mauritanie.

Acculée pendant des années, en plus des preuves qui ne cessent de s’amonceler contre Nouakchott, grâce au travail titanesque et courageux de certaines Organisations de la société civile (ONGs), (le plus souvent combattues et mal vues en Mauritanie mais bien appréciées à l’étranger), les autorités mauritaniennes ont été contraintes d’évoluer dans leur position. Ainsi, elles passent du déni à la reconnaissance non pas de l’esclavage en tant que fléau, elles arrivent à inventer une formule ingénieuse, qui admet la persistance des séquelles du mal. Une manière sans doute de minorer, d’atténuer : une reconnaissance au bout des lèvres. C’est déjà bien !

Comme toujours au Sud du Sahara pour justifier l’injustifiable, l’ignominie, le déshonneur, toutes choses abjectes, on peut compter sur des « intellectuels » ripoux et malhonnêtes » brillants dans la voie satanique et diabolique.

Ces derniers ne manquent jamais de mots, d’arguments, de thèses pour enfumer, manipuler mais surtout impressionner et endormir la société pour faire prévaloir leurs théories, même lorsqu’ elles sont loin de la vérité. Les exemples ne manquent : le tripatouillage des Constitutions, la légitimation des coups d’États, la défense des dictatures et autres régimes corrompus etc.

La journée du 06 mars ?

Loin des joutes politiques et politiciennes, instituer une journée nationale contre l’esclavage, est sans doute une manière de reconnaitre de l’existence de l’esclavage dans notre société.  Les sociétés humaines étant dynamiques, nécessairement la pratique de l’esclavage s’adapte aux nouvelles réalités, en changeant de formes et de manifestations. Mais en réalité, la substance même de la pratique basée par l’exploitation psychologique, sociale, communautaire, mentale, culturelle, religieuse, économique, politique est toujours présente ; même si la stratégie du maître change de formes et d’enjeux. Et en face, la victime aussi n’est plus la même, sa mentalité, ses intérêts et rapports avec le maître ou l’ancien maître, le contexte etc. ont évolué.

Mauvaise lecture de l’esclavage en Mauritanie : la société maure stigmatisée

Jusqu’à une époque récente, parler de l’esclavage en Mauritanie revenait à pointer du doigt la situation des haratins, et à incriminer les bidhanes (maures blancs). Or, la société maure n’est pas la seule esclavagiste en Mauritanie. Les Noirs aussi pratiquent l’esclavage sous une forme plus subtile, mêlée à la culture : un mélange de féodalisme et esclavagisme. Pour s’en défendre, ils sont prompts à brandir l’argumentaire du respect des us et coutumes. 

Dans une république démocratique, de surcroît un État de droit, la promotion culturelle doit impérativement être en harmonie avec les valeurs et principes de la république. Certains débats dans l’espace public ou sur la toile montrent jusqu’où la lutte contre l’esclavage manque de sincérité en Mauritanie. En effet, au lieu d’une tolérance zéro à l’encontre des apologistes esclavagistes, beaucoup préfèrent se contenter de nier ou de comparer les formes de pratiques observées chez les différentes communautés nationales.

On se rend compte d’une contradiction fragrante entre le caractère coercitif dans sa formulation contre l’esclavage et pratiques assimilées d’une part et l’impunité dont se vante les esclavagistes. Les victimes n’ont jamais compris, la mollesse et l’indifférence avec lesquelles les autorités judiciaires, policières et administratives traitent, les dossiers sur l’esclavage, une pratique criminalisée par la loi.

Ce qui est ahurissant, c’est de voir de grands responsables ou des soi-disant intellectuels s’adonner à cœur joie, sans état d’âme à comparer l’esclavage dans nos différentes communautés nationales ; en cherchant à minimiser les pratiques en vigueur chez les Noirs, comparées à ce qui se passent entre bidhanes et haratins. On ne compare pas deux maux.  On les combat.  Ma mère m’a appris que deux grains de sel ont la même saveur, (goût) : la seule différence possible entre eux, c’est à la pesée (le poids).

A l’occasion de cette journée commémorative, de lutte contre ce fléau, il est essentiel de rappeler qu’un combat sérieux contre l’esclavage nécessite un traitement plus pointu, prenant en charge les différentes formes de manifestations du fléau dans nos différentes communautés nationales. 

Où trouve-t-on l’esclavage dans ses différentes manifestations ?

Il est dans les rapports sociaux, il est exprimé dans les mots, dans la façon de nommer, de désigner, d’interpeller etc. Il se nourrit des manifestations populaires et culturelles où il prend la forme de l’expression d’une identité culturelle. Il est présent dans la division sociale du travail, dans la gouvernance des lieux de culte (mosquées), dans les mariages entre les différentes familles. Sur le champ politique, l’esclavage se manifeste aussi dans les nominations, la désignation aux postes politiques ou électifs.

Bien évidemment, la forme visible saute aux yeux du fait qu’elle est pratiquée à ciel ouvert. La loi n’a de sens que lorsqu’elle protège les victimes ; et lorsque toute une administration est chargée d’accompagner les victimes, les protéger, les rassurer, les sensibiliser pour vaincre la peur, les intimidations et autres entraves de nature à compromettre l’accès à une justice. 

Légiférer sur l’esclavage par ascendance

Il est temps que les Autorités mauritaniennes légifèrent sur l’esclavage par ascendance, une particularité des communautés négro-mauritaniennes et négro-africaines. Une loi n’a de sens que lorsqu’elle est appliquée, où quand elle prend les stratégies utilisées par les contrevenants pour la contourner. En effet, l’esclavage par ascendance reste une forme insidieuse qui échappe à la vigilance du législateur et des Autorités, qui ne font pas assez pour en finir avec cette abomination.

Seyré SIDIBE

● Penser l’esclavage, comprendre ses séquelles et agir pour l’égalité | Par M. Souleymane Sidibé

« La principale fonction de l’homme n’est pas de manger, mais de penser. Sans doute, qui ne mange pas meurt, mais qui ne pense pas rampe ; et c’est pire. »
— Victor Hugo

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, se situe cette année dans un contexte particulièrement significatif. Deux jours plus tôt, le 6 mars, la Mauritanie commémorait la Journée de lutte contre l’esclavage et ses séquelles. Dans deux mois, le monde marquera la Journée internationale du Noir, un rappel des souffrances liées à l’esclavage et un appel à plus de justice sociale et d’égalité citoyenne.

Ces dates ne sont pas de simples commémorations : elles nous rappellent combien l’histoire de l’oppression, qu’elle soit fondée sur la « race » ou le genre, continue de façonner nos sociétés. En Mauritanie, comme ailleurs, les séquelles de l’esclavage restent une réalité tangible, ancrée dans les structures sociales, économiques et culturelles.

L’héritage persistant de l’esclavage

L’esclavage, qu’il soit transatlantique, transsaharien ou coutumier, a laissé des marques profondes, souvent invisibles mais omniprésentes. Officiellement aboli, il survit sous d’autres formes : discriminations systémiques, précarisation économique, exclusion sociale et stéréotypes raciaux persistants.

La déshumanisation des Noirs, alimentée par des siècles d’exploitation, ne s’est pas arrêtée avec l’abolition légale de l’esclavage. Dans de nombreuses sociétés, la hiérarchisation raciale se perpétue à travers le langage, les institutions et les mentalités.

Prenons un exemple frappant : le philosophe et historien Ibn Khaldoun (1332-1406), dans ses écrits, affirmait :

« لا تشتري العبد إلا معه العصى »
(« N’achète pas l’esclave [le Noir dans son entendement] à moins qu’il n’y ait un bâton avec. »)

Cette citation, profondément ancrée dans les mentalités du monde arabe, a contribué à justifier la perception du Noir comme un « sous-homme », un individu intrinsèquement soumis, nécessitant coercition et contrôle. Aujourd’hui encore, ces stéréotypes trouvent un écho dans certaines pratiques et représentations sociales.

L’oppression des femmes esclaves : une double peine

Si l’homme esclave souffre de privation de liberté et d’exploitation économique, la femme esclave subit une oppression supplémentaire liée à son genre.

Non seulement elle est contrainte au travail forcé, mais elle est aussi souvent victime d’abus sexuels, de violences psychologiques et de la négation de son autonomie reproductive. Dans cette logique, elle devient une « matrice », à la fois productrice et perpétuatrice involontaire d’un système qui l’opprime.

L’histoire regorge d’exemples de cette instrumentalisation du corps féminin. Le cas de James Marion Sims (1813-1883), considéré comme le « père de la gynécologie moderne », illustre cette brutalité. Sims a mené des expérimentations chirurgicales sur des femmes esclaves afro-américaines, sans anesthésie, sous prétexte que les Noirs ressentaient moins la douleur que les Blancs. Cette vision raciste, justifiant la souffrance au nom du progrès médical, trouve encore des échos dans certaines pratiques discriminatoires contemporaines.

Le poids du langage et des hiérarchies raciales

L’empreinte de l’esclavage ne réside pas seulement dans les faits historiques, mais aussi dans le langage et les représentations culturelles.

Certains mots, utilisés sans réflexion, perpétuent les hiérarchies raciales, discriminatoires et iniques. En Mauritanie, des termes comme « Abd » (esclave), « Koome », « Maccudo », ou encore « Jam » sont des vestiges d’une époque où la couleur de peau déterminait la place sociale d’un individu, et le rang social intracommunautaire chez les Noirs s’y rajoute.

Un détail linguistique révélateur illustre cette réalité : un ami marocain m’a expliqué que dans son pays, le mot « lekhdem » signifie simplement « employé », alors qu’en Mauritanie, il est chargé de connotations esclavagistes et désigne un individu subordonné, socialement inférieur. Ce simple mot montre à quel point le langage véhicule encore des conceptions héritées de la domination.

L’esclavage et ses diverses formes : une réalité mondiale

L’histoire de l’esclavage ne peut se réduire à la traite transatlantique. La traite arabo-musulmane, qui a duré plus de treize siècles, a déporté des millions d’Africains, souvent castrés et destinés à des formes de servitude domestique ou militaire.

L’anthropologue et économiste sénégalais Tidiane N’Diaye, dans Le génocide voilé, affirme :

« Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne. La plupart des millions d’hommes qu’ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains et de la castration généralisée. »

Cette citation illustre bien l’ampleur du phénomène, mais aussi sa continuité et ses horreurs systématiques, souvent oubliées ou ignorées dans le discours historique dominant. En effet, la traite transsaharienne a précédé la traite transatlantique et a causé des souffrances infinies à des millions de personnes, souvent réduites à des conditions de vie pires que celles des esclaves dans les colonies.

En votant et en appelant à voter pour une personne issue d’une communauté culturelle ayant subi l’esclavage, je me focalisais sur l’idée d’un leader visionnaire capable de libérer le pays des corsets de la tradition esclavagiste.

Du côté de la Vallée et des configurations noires, l’esclavage demeure une réalité cachée, sournoisement entretenue. Avec les transformations sociales, les forces du mal ont instauré un nouveau système de domination semblable à celui des castes en Inde, à travers des mécanismes culturels. Cette stratification sociale repose sur la croyance en la pureté généalogique du sang et sur une subdivision du travail historiquement ancrée. Or, certains ont mis en place des mécanismes de reproduction de ce système à travers le terme « laada », un mot arabe signifiant « tradition ». Ce phénomène fait référence à une forme d’assistance qui rappelle les contre-valeurs entre « nobles » et « anciens esclaves ».

La lutte contre l’héritage de l’esclavage

Dans ce contexte, en plus des subtilités culturelles, l’abolition officielle de l’esclavage, on constate que les femmes peinent à trouver leur place dans un monde où les inégalités persistent sous d’autres formes : inégalités salariales, violences sexistes, assignation aux rôles traditionnels. Ce tiraillement entre modernité et tradition est particulièrement visible dans les sociétés où les attentes culturelles restent ancrées dans des schémas patriarcaux.

Par ailleurs, le pouvoir et la politique apportent leur lot d’imprévus. Il n’est pas rare que ceux qui prétendent vouloir briser les chaînes de l’esclavage se retrouvent eux-mêmes piégés par les mêmes logiques de pouvoir et de domination.

Cela démontre que la lutte contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement une question de pouvoir politique, mais également un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.

L’esclavage transatlantique, qui a été béni par l’Église catholique dans ses débuts, a causé des ravages. Des mémoires ont été écrites à ce sujet, mais les ouvrages de Ndiaye et de Malek Chebel apportent une autre dimension cachée de la barbarie humaine, cette fois au nom de l’islam.

Enfin, il y a l’esclavage coutumier, ou l’esclavage par ascendance, dans les contrées, dans les villages, et même dans certaines villes, où les noirs se considèrent propriétaires d’autres noirs. Les supercheries des « laada » perpétuent la domination et la bassesse.

Ce dernier phénomène, bien qu’oublié dans les grandes narrations historiques, persiste encore dans certaines sociétés, où les héritiers des esclaves continuent à vivre sous des formes d’exploitation sociale. Il est crucial de ne pas ignorer cette réalité et de continuer à la combattre au nom de la dignité humaine et de l’égalité entre tous.

La réflexion sur l’esclavage, sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, nous pousse à une prise de conscience collective. Il est impératif de déconstruire les stéréotypes et les structures héritées de cette époque, qui continuent de façonner nos rapports sociaux, politiques et économiques, et surtout la condition des femmes.

Le combat pour l’égalité et la dignité de tous les êtres humains ne peut se faire sans une confrontation honnête avec cette histoire, mais aussi sans un engagement concret pour réparer les injustices qui en découlent. Ce n’est qu’en nous attaquant aux racines de l’esclavage et en honorant la mémoire des victimes que nous pourrons espérer éradiquer les formes modernes de servitude et construire une société véritablement juste et égalitaire en droits, devoirs et dignité.

Hypergamie féminine et reproduction des structures sociales

L’hypergamie féminine, souvent définie comme la tendance des femmes à rechercher un partenaire d’un statut supérieur, a joué un rôle dans la perpétuation des hiérarchies sociales.

Dans un monde marqué par des inégalités structurelles, l’hypergamie a parfois servi de stratégie de survie. Mais dans une société en quête d’égalité, ce paramétrage mental peut devenir un frein à l’émancipation réelle.

Repenser notre héritage pour bâtir l’avenir

L’histoire de l’esclavage et ses séquelles ne doivent pas être un tabou, mais un sujet de réflexion profonde.

Le combat contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement politique ou juridique, c’est aussi un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.

Ce n’est qu’en confrontant notre passé avec honnêteté que nous pourrons construire une société véritablement juste et égalitaire, où chaque être humain, quelle que soit son origine, puisse jouir des mêmes droits et opportunités.

Souleymane Sidibé

● La Maison des mondes africains a trouvé ses locaux à Paris après des mois de controverses [RFI]


Après des mois de controverse, la Maison des mondes africains, aussi appelée MansA va s’installer dans le Xe arrondissement de Paris. Ce centre pluridisciplinaire a pour ambition d’être le « QG permanent » des cultures africaines en France. Ce projet a été voulu par Emmanuel Macron et initié par le penseur camerounais Achille Mbembé. Les diverses autorités en charge du dossier se disputaient depuis des mois sur le lieu d’implantation de la maison.

Si l’art peut-être réaliste, les querelles parisiennes sont souvent surréalistes. Il a fallu des mois de débats et de controverse pour enfin décider du lieu d’implantation de la MansA, la maison des mondes africains. Ce sera finalement un ancien atelier du Xe arrondissement de Paris qui commencera à accueillir ses premiers visiteurs dès juin.

Pendant un temps, le ministère de la Culture souhaitait voir la maison s’installer sur les berges de la Seine, à la Monnaie de Paris. Mais le vénérable établissement datant du IXème siècle aurait dû partager un espace qu’il espérait rentabiliser pour financer son budget, faute de fonds publics.

La querelle avait pris un tour politique
Par ailleurs, la querelle avait pris un tour politique. Les députés du Rassemblement national ont accusé le gouvernement de céder « aux sirènes de la repentance », vis-à-vis de l’Afrique. À cela, des difficultés budgétaires se sont ajoutées entre les deux ministères de tutelle, celui des Affaires étrangères et la Culture.

Au final, ce projet aura mis plus de trois ans à s’implanter. Sur le modèle de l’Institut du monde arabe, la MansA se veut à la fois une vitrine, un refuge et un tremplin pour les artistes africains.

• Lien média https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250305-maison-des-mondes-africains-va-s-installer-%C3%A0-paris-apr%C3%A8s-des-mois-de-controverses