● Françafrique aux faits | quand des connaisseurs en parlent !

L’événement du soir s’est déroulé au sein du musée Quai du Branly-Jacques Chirac, où végétent encore plusieurs objets d’art issus en grande partie du butin colonial français d’antan. Cette rencontre du 14 septembre 2023 réunit un panel conférencier composé de 4 auteurs principaux de l’ouvrage « Une histoire de la Françafrique. L’empire qui ne veut pas mourir » et de l’historienne spécialiste de l’Afrique Madame Catherine Coquery-Vidrovitch. Elle est l’auteure du livre « Petite histoire de l’Afrique. L’Afrique au sud du Sahara, de la préhistoire à nos jours » réédité en 2016. Au menu, la bouillonnante thématique sur les relations entre la France et certaines de ses anciennes possessions coloniales en Afrique. La Françafrique disséquée par un historique très informatif, les co-auteurs du premier ouvrage cité, Thomas Deltombe, Thomas Borrel, Amzat Boukari Yabara et Benoît Collombat ont exposé références sur références liées aux faits de l’existence d’une substance relationnelle irréfutable du concept. Et c’est malgré les discours simplistes de politiques français qui cultivent un certain déni par les temps qui courent. On apprend que le mécanisme françafricain s’adapte en fonction des réalités sociales et politiques mouvantes d’un territoire à l’autre. C’est l’esprit de l’empire colonial qui sévit en trame et du côté de l’Hexagone, il y a ce réflexe laissant entendre que c’est une histoire d’amour entre les 2 parties. Souvent par le passé comme aujourd’hui, toutes les voi(e)x contestataires du statu quo côté africain, ne viendraient que d’une immixtion d’autres puissances nuisibles (les britanniques hier, les russes aujourd’hui…) qui en veulent au rayonnement international de la France. De ce fait les incompréhensions prennent une certaine épaisseur, les discours de part et d’autre provoquent frictions et tensions diplomatiques. Les poussées souverainistes du continent deviennent difficilement entendables par certaine élite politique française qui, chacune de ses initiatives communicationnelles pour dire que la Françafrique n’est plus, trahit d’autres traits implicites d’une velléité d’ingérence qui continue. L’historienne Madame Coquery-Vidrovitch a livré quelques données illustratives tirées de sa longue expérience du terrain enseignant et de Chercheuse sur/en Afrique. La médiation lors des échanges a été assurée par le journaliste Pierre Haski. Un stand était en place pour la vente des livres et une séance de dédicaces également.

Une diffusion sera mise en ligne sur le compte YouTube du musée https://youtube.com/@quaibranly?si=7HE1HR3xq8bbDu6B .



✍️🏿KS pour le BLOG

● Inondations : en Libye, 10 000 personnes ont disparu

Dimanche 10 septembre, la tempête Daniel s’abattait sur la Libye. Deux jours après le drame, le bilan fait état de 10 000 morts et de milliers de disparus.
Sur une vidéo diffusée par une agence de presse turque, la ville de Derna (Libye) est totalement dévastée. Dimanche 10 septembre, la tempête Daniel a touché de plein fouet cette ville côtière de 10 000 habitants. Ces terribles images semblent confirmer le bilan extrêmement lourd avancé par les autorités qui gouvernent la partie orientale du pays. « Rien que dans la ville de Derna, il y a plus de 2 000 morts », annonce Ahmed al-Mormari, le porte-parole des forces armées basées à l’est, qui déplore de nombreux disparus.

Des opérations de sauvetage délicates
Selon les autorités, l’effondrement de deux barrages explique l’ampleur de la catastrophe dans cette ville. Du côté de la Croix-Rouge, dont l’antenne libyenne est déjà à pied d’œuvre, l’estimation du nombre de victimes est tout aussi alarmante. « Le nombre de morts est vraiment énorme et pourrait atteindre des milliers. Le nombre de personnes disparues s’élève à 10 000 », indique Tamer Ramadan, un membre de la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Sur place, les routes sont coupées. Les éboulements et glissements de terrain compliquent l’arrivée des secours.

©️ Source en lien https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/libye/inondations-en-libye-10-000-personnes-ont-perdu-la-vie_6058665.html

● Football | Les Mourabitounes valident leur ticket pour la CAN en Côte d’Ivoire

Nouakchott 9 septembre 2023, dans l’antre imprenable (Stade Cheikh Boïdya) de l’équipe nationale mauritanienne, les gabonais ont été battus par 2 buts à 1. Ces derniers réduits à 10 dès 5ème minutes avec l’expulsion justifiée de leur portier, ne seront pas du prochain événement faîtière du football africain prévu en Côte d’Ivoire à partir du 13 janvier au 11 février 2024. Nos braves Mourabitounes vont participer à leur 3ème CAN d’affilée après celles de 2019 et 2022.

Les buteurs de ce match très attendu du côté de Nouakchott sont Hemeya Tanjy (30e) et Aboubakar Camara (42e) pour la Mauritanie et Didier Ndong (90+1) pour l’équipe gabonaise sur une grosse bourde du gardien mauritanien.

Une belle performance à saluer et rendez-vous est pris en janvier pour les hommes d’Amir Abdou.

Félicitations 🇲🇷⚽️🇲🇷

✍️🏿KS pour le BLOG

● Mondial 2023 de rugby: la France, épicentre de l’ovalie 🏈 [RFI]

Du 8 septembre au 28 octobre 2023, la France accueille la Coupe du monde de rugby qui se déroule tous les quatre ans depuis 1987. La France avait déjà été pays hôte en 2007.

À domicile, la France va-t-elle enfin s’offrir le Graal ? Les Français ont échoué trois fois en finale, dont une de justesse (8-7) contre la Nouvelle-Zélande en 2011. Une chose est certaine, l’issue du Mondial 2023 en France s’annonce plus indécise que jamais avec trois autres favoris : l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, et l’Afrique du Sud, pays tenant du titre.

« Je pense qu’on n’a jamais été aussi bien préparés »
À la maison, à moins d’un an des Jeux olympiques à Paris (26 juillet – 11 août 2024), le demi de mêlée star Antoine Dupont et sa bande ambitionnent de succéder aux Springboks. Et devenir ainsi la deuxième équipe de l’hémisphère nord à remporter la Coupe du monde de rugby, après l’Angleterre en 2003.

« Je pense qu’on n’a jamais été aussi bien préparés, au vu des quatre ans qu’on a fait, avec 80% de victoires, le Tournoi en 2022 (Grand chelem à la clé, ndlr), une génération prometteuse, des joueurs talentueux, qui ont acquis de l’expérience, avec une continuité dans l’ossature de l’équipe », a affirmé le meilleur joueur de l’année 2021.

En attendant un dénouement positif pour les Bleus, quelque 2,5 millions de spectateurs, dont 600 000 étrangers, sont attendus pour un événement qui durera près de deux mois.

Réparties entre quatre groupes, 20 équipes vont se disputer le titre. Pour la première fois depuis la création du Mondial, l’Amérique du Nord ne compte aucun représentant. Le Canada et les États-Unis n’ont pas réussi à se qualifier. Le Chili participe à la fête du ballon ovale pour la première fois de son histoire tandis que le continent africain pourra compte évidemment sur l’Afrique du Sud et la Namibie, deux nations phare du rugby en Afrique.

Dix stades
Au total, 48 rencontres sont au programme, et dix stades de l’Hexagone ont été choisis pour abriter le tournoi. À Paris, une fan zone située place de la Concorde pourra accueillir une capacité de 40 000 visiteurs pour notamment suivre les matchs sur un écran géant.

Versés ensemble dans le groupe A, les ogres français et néo-zélandais vont ouvrir le Mondial de rugby le 8 septembre par un sommet – déjà – aux airs de finale !

©️ Source en lien https://www.rfi.fr/fr/sports/20230908-mondial-2023-de-rugby-la-france-%C3%A9picentre-de-l-ovalie

● Guidimagha | La Mairie de Sélibaby suspend ses relations avec l’association des maires de la région [selon une communication du Maire Oumar H Bâ]

Bonsoir très chers collègues,

Nous avons tous suivi, avec un grand regret, les conditions dans lesquelles l’association des maires du Guidimakha a procédé ce samedi 02.09.2023, dans les locaux du conseil régional du Guidimakha, à la reconduction de son président sortant, le Maire de Hassi Chagar Bakary Gandega.

Pour ce qui me concerne, en tant que Maire de la Commune de Sélibaby, cette reconduction n’a pas suivi la procédure normale et ce, pour plusieurs raisons:

1. Les Maires n’ont pas reçu de convocation à une telle assemblée générale.

2. La réunion s’est tenue sans ordre du jour.

3. La réunion s’est tenue sans secrétaire de séance ni de rapporteur.

4. Le P.V de la dernière assemblée générale n’a pas été présenté à la réunion.

5. La majorité des Maires qui ont pris part à cette assemblée ont manifesté clairement leur méconnaissance des documents et textes régissant l’association, notamment son statut et son règlement intérieur.

6. Aucun bilan (ni administratif, ni financier) n’a été fait par l’équipe sortante.

Etc.

Par rapport à ces différents points qui précédent et toujours dans le but de reclamer, dans la justice et la transparence, la connaissance de l’association et des textes qui le régissent avant toute prise de décision, je décide ce qui suit:

La commune de Sélibaby suspend toute relation avec l’association des Maires du Guidimakha jusqu’à ce que soient mis à notre disposition, les documents nous permettant de savoir pourquoi et comment être membre de l’association.
A défaut de ces documents, nous nous réservons le droit de nous abstenir de toute participation aux activités de l’association de quelque nature qu’elles soient.

Sincères salutations !

Cordialement, Oumar Hamady Bâ, Maire de Sélibaby.

Sélibaby le 04.09.2023

● Source : communication écrite diffusée via WhatsApp réseau Udpéiste.

● L’armée malienne met en échec une attaque terroriste non loin de Bamako

Sahara Médias – Les forces armées maliennes ont affirmé avoir fait échouer dimanche une attaque armée dans une zone non loin de Bamako au cours de laquelle un policier et deux civils ont été blessés.

Selon le communiqué publié sur Facebook par l’armée malienne l’attaque a eu lieu à 1h40 GMT à près de 50 kilomètres de la capitale.

Le communiqué ajoute que les deux policiers qui étaient en faction dans la localité ont réagi avec force et un feu nourri aux assaillants les mettant en fuite et laissant sur place l’un des leurs qui a été tué.

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768177

● Septembre 2013 – septembre 2023 | Le 10ème anniversaire de notre toute première contribution publiée dans les médias

L’article titré « La fierté soninkaxu en questions » sort le 6 septembre 2013 sur quelques sites web. Ce cri osé adressé à ma communauté sociolinguistique d’appartenance (sooninkara – soninkara) reprenait mes interrogations ayant trait à certaines données problématiques liées à l’ordre social qui y règne. Ainsi j’indexais volontiers un certain type de « fierté » qui serait un noyau suprémaciste comme support culturel ou civilisationnel d’un ordre féodal voire esclavagiste des castes. Une vie sociale d’hiérarchisation statutaire bousculait mon entendement et à l’époque je tentait à travers ce papier d’interpeller avec mes mots les consciences attentives parmi mes lecteurs. Cet article pionnier se veut comme une capture descriptive quoique simpliste et cash dira-t-on, du puzzle sociétal de la communauté sooninké. L’occasion de ce dixième anniversaire de sa parution, je tiens à remercier avec une fraternelle et citoyenne reconnaissance notre grand-frère, le journaliste humaniste mauritanien M. Seydi Moussa Camara pour sa disponibilité en le publiant dans son journal La Nouvelle Expression. C’était dans le numéro 190 en date du 30 septembre 2013, et la contribution avait occupé la rubrique Débat de la semaine. Le natif de Dafort, une plume journalistique connue et reconnue en Mauritanie, qui investit le champ médiatique indépendant de nombreuses années durant et dispose une crédibilité bien tenue à l’intérieur et à l’extérieur du pays sur les questions liées à la défense des droits humains, les mouvements militants et les méandres de la vie politique mauritanienne. Je saluerais encore l’opportunité qu’il m’avait offerte afin de donner une audience conséquente à mon premier mot d’humeur comme apprenti blogueur en herbes…😁 qui a mené à la création du Blog https://ecrit-ose.blog/ en 2014. Cette contribution 1 est reprise dans notre livre paru le 4 octobre 2022 sous le titre Mes Écrits Osés https://amzn.eu/d/4R0fqa9 , partie II p172.

Le journal La Nouvelle Expression a été cette vitrine opportune, et je le considère comme notre toute première « maison d’édition » en permettant cette mise sous presse écrite. La version numérique du journal est accessible via http://www.nouvelleexpression.org/. Je finis par noter la belle et inspirante assertion se trouvant sur l’en-tête du journal « l’idéal d’un sage, c’est une oreille qui écoute » .

Le 2 septembre 2023

✍️🏿 KS pour le BLOG

●Le point de presse conjoint FPC-le Parti RAG à Nouakchott | En quelques mots.

Ici en lien Facebook une partie des interventions https://fb.watch/mMxXN4s5va/

Jeudi 31 août 2023 au siège du mouvement IRA-Mauritanie, une conférence de presse a été animée par les leaders de 2 partis politiques non reconnus jusqu’alors par les autorités mauritaniennes. Le parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de monsieur Samba Thiam (ancien prisonnier politique et leader historique des Flam) et le RAG (Refondation pour une Action Globale), l’aile politique émanant du mouvement abolitionniste IRA de l’honorable député monsieur Biram Dah Abeid. Lors de cette sortie médiatique, les intervenants sont revenus sur les micmacs administratifs et judiciaires motivent la non reconnaissance de leurs partis politiques. Le président Biram Dah Abeid (l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2014 et 2019), a exposé lors de sa communication, le processus entamé avec espoir avec l’actuel président Ghazouani, mais qui s’est soldé par un refus catégorique à libérer les partis politiques recalés injustement. Ainsi le leader abolitionniste a indexé un système étatique qui se choisit des partis dociles et soumis à ce qu’il a nommé de syndrome. Un syndrome laissant entendre que la Mauritanie serait un pays sur lequel seule une minorité raciste exploitant les données « arabité et islamité » se doit d’avoir les leviers du contrôle régalien. Il a relevé également que même l’ancien président civil feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’était pas épargné par ce syndrome. À son tour, le président Samba Thiam des FPC explique que leur parti et ses camarades font l’objet des préjugés de part des autorités. L’ancien réfugié politique aux États-Unis précise qu’il est nécessaire que différentes visions puissent exister dans le champ politique. C’est-à-dire en substance une pluralité d’opinions à porter dans les débats publics, est nécessaire.

L’honorable député BDA a dénoncé une stratégie de ghettoïsation en place à leur encontre pour les isoler et les contraindre à quémander une légalité auprès d’autres partis.

Ce point de presse est un cri d’alerte encore une fois en interpellant les autorités, l’opinion nationale et internationale sur une exclusion injuste qui frappe ces partis politiques qui ne demandent qu’une reconnaissance officielle pour intégrer l’arène politique.

Seront-ils entendus ? À suivre

✍️🏿KS pour le BLOG.

● Gabon: le président Ali Bongo placé en résidence surveillée

Gabon: le président Ali Bongo placé en résidence surveillée, la France condamne le coup d’État
Le président du Gabon Ali Bongo a été placé en résidence surveillée avec sa famille par les militaires, qui ont organisé un coup d’État ce matin. L’un des fils d’Ali Bongo a été arrêté pour « haute trahison ».

Le président du Gabon Ali Bongo Ondimba est « en résidence surveillée » entouré de sa famille et de ses médecins et l’un de ses fils a été arrêté, notamment pour « haute trahison », ont annoncé mercredi les militaires auteurs d’un coup d’État dans la matinée.

« Le président Ali Bongo est gardé en résidence surveillée, entouré de sa famille et de ses médecins », selon un communiqué lu à la télévision d’État par les militaires du Comité de Transition et de Restauration des Institutions (CTRI).

Des arrestations pour « haute trahison » et « corruption »
Noureddin Bongo Valentin, fils et proche conseiller du chef de l’État, Ian Ghislain Ngoulou, directeur de cabinet de M. Bongo, Mohamed Ali Saliou, son directeur de cabinet adjoint, Abdul Hosseini, un autre conseiller de la présidence, Jessye Ella Ekogha, conseiller spécial et porte-parole de la présidence ainsi que les numéros un et deux du tout-puissant Parti démocratique gabonais (PDG) de M. Bongo « sont arrêtés », a poursuivi le colonel de l’armée qui avait lu dans la nuit le communiqué annonçant que des militaires mettaient « fin au régime ».

Ils sont arrêtés notamment pour « haute trahison contre les institutions de l’État, détournements massifs des deniers publics, malversations financières internationales en bande organisée, faux et usage de faux, falsification de la signature du président de la République, corruption active, trafic de stupéfiants », a-t-il précisé.

La France « condamne » le coup d’État
Le général Brice Oligui Nguema, chef de la garde républicaine (GR), garde prétorienne du président déchu Ali Bongo Ondimba, a été porté en triomphe mercredi par des centaines de militaires quelques heures après un coup d’État, aux cris de « Oligui président », dans des images retransmises par la télévision d’État.

Cette vidéo passait en boucle à la fin d’un communiqué lu par un colonel entouré d’officiers de la GR, la plus puissante unité de l’armée gabonaise.

De son côté, la France affirme qu’elle « condamne le coup d’État militaire qui est en cours au Gabon », a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, en indiquant que Paris « surveille avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation ».

La diplomatie française « réaffirme son souhait que le résultat de l’élection, lorsqu’il sera connu, puisse être respecté », a ajouté M. Véran lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres.

©️ Source en lien https://www.lunion.fr/id515657/article/2023-08-30/gabon-le-president-ali-bongo-place-en-residence-surveillee#

● Arabie saoudite, exécutions de migrants et enquête… Tout comprendre aux accusations contre Riyad

Un rapport de l’ONG Human Rights Watch accuse des gardes-frontières saoudiens d’avoir tué des « centaines » de migrants éthiopiens



Et si derrière le vernis du foot et des événements sportifs internationaux, le visage de l’Arabie saoudite était bien moins glamour ? Riyad est visé par un rapport accablant de l’ONG Human Rights Watch (HRW) l’accusant de crimes contre les migrants éthiopiens à la frontière entre le Yémen et l’Arabie saoudite. Le point sur ces accusations et les réactions qui en ont découlé.

De quoi l’Arabie saoudite est-elle accusée ?
Témoignages à l’appui, HRW accuse les gardes-frontières saoudiens d’avoir tué des « centaines » de migrants éthiopiens qui tentaient de pénétrer dans la riche monarchie du Golfe en passant par sa frontière avec le Yémen de mars 2022 à juin 2023.

Dans son rapport de 73 pages, l’ONG s’appuie sur des entretiens avec 38 migrants éthiopiens, des images satellites et des vidéos et photos publiées sur les réseaux sociaux « ou recueillies auprès d’autres sources ». « Les autorités saoudiennes tuent des centaines de migrants et de demandeurs d’asile dans cette zone frontalière reculée, à l’abri du regard du reste du monde », a déclaré dans un communiqué Nadia Hardman, spécialiste des migrations à HRW. Le meurtre « généralisé et systématique » des migrants éthiopiens pourrait même constituer un crime contre l’humanité, estime HRW.

Que disent les témoignages ?
Les personnes interrogées ont parlé d’« armes explosives » et de tirs à bout portant, les gardes-frontières saoudiens demandant aux Ethiopiens « sur quelle partie de leur corps ils préféreraient que l’on tire ». Des migrants racontent des scènes d’horreur : « femmes, hommes et enfants éparpillés dans le paysage montagneux, gravement blessés, démembrés ou déjà morts ».

« Ils nous tiraient dessus, c’était comme une pluie [de balles] », témoigne une femme de 20 ans, originaire de la région éthiopienne de l’Oromia, citée par l’ONG. « J’ai vu un homme appeler à l’aide, il avait perdu ses deux jambes », mais, raconte-t-elle, « on n’a pas pu l’aider parce qu’on courrait pour sauver nos propres vies ».

Des personnes voyageant en petits groupes ou seules ont affirmé que des gardes-frontières les avaient frappés avec des pierres et des barres de métal, selon le rapport. Quatorze personnes interrogées ont été témoins ou ont elles-mêmes été blessées par des tirs à bout portant, ajoute HRW. Certaines ont déclaré que les gardes-frontières saoudiens descendaient de leurs postes d’observation et frappaient les survivants.

La réponse de Riyad
Les autorités saoudiennes contestent les faits rapportés par l’ONG. « Les allégations contenues dans le rapport de Human Rights Watch selon lesquelles des gardes-frontières saoudiens auraient tiré sur des Ethiopiens traversant la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen sont infondées et ne reposent pas sur des sources fiables », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale saoudienne.

Enquête conjointe avec l’Ethiopie
Le gouvernement éthiopien a annoncé qu’il allait mener une enquête conjointe avec l’Arabie saoudite. « Le gouvernement éthiopien enquêtera rapidement sur l’incident en collaboration avec les autorités saoudiennes », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur le réseau social X (ex-Twitter).

« À ce stade critique, il est fortement recommandé de faire preuve de la plus grande retenue et de ne pas faire de déclarations inutiles jusqu’à ce que l’enquête soit terminée », ajoute le ministère, assurant que « les deux pays, malgré cette malheureuse tragédie, entretiennent d’excellentes relations de longue date ».

La communauté internationale préoccupée
« L’utilisation d’une force potentiellement létale à des fins de maintien de l’ordre est une mesure extrême à laquelle il ne faut recourir qu’en cas de stricte nécessité », a pour sa part déclaré à l’AFP la porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Liz Throssell. « La tentative de franchissement d’une frontière, même si elle est illégale au regard du droit national, ne répond pas à cette exigence », a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis, partenaires de longue date de la monarchie du Golfe, ont eux appelé à une enquête « approfondie et transparente et à respecter leurs obligations en vertu du droit international ». « Nous avons fait part de nos inquiétudes concernant ces allégations au gouvernement saoudien », a précisé un porte-parole du département d’Etat.

« La France suit étroitement le respect des droits de l’Homme en Arabie saoudite et au Yémen », souligne de son côté Paris dans une déclaration à l’AFP. « Nous abordons ces questions avec les autorités saoudiennes, y compris au plus haut niveau, et les appelons au respect du droit international et à la protection des populations civiles », a ajouté le Quai d’Orsay.

©️ Source en lien https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4049794-20230822-arabie-saoudite-executions-migrants-enquete-tout-comprendre-accusations-contre-riyad