Le procès verbal en date du 30 Avril 2021, marquant « le règlement pacifique du différend à travers le dialogue direct, » est un acquis considérable qui mérite d’être salué et célébré. Pour une chose aussi vitale que la paix, les communautés ne doivent compter principalement que sur elles-mêmes pour la réaliser de façon durable. RalphA. Emerson a tout à fait raison, « Personne ne peut vous apporter la paix à part vous-mêmes« . C’est un signe incontestable de bonne volonté et de bonne foi que la communauté Hamalliste vient de démontrer. A travers cet acte combien louable, la communauté a prouvé que, non seulement les liens qui unissent ses fidèles sont incassables, et sa fondation inébranlable — mais aussi et surtout, grâce à l’enseignement de leurs Guides Spirituels, la cohésion et l’intégrité de la communauté sont sacro-saintes. Par conséquent, elles relèvent de la responsabilité de chaque fidèle de les protéger et promouvoir avec dévotion.
Nous disons kudos à la communauté Hamalliste pour cet acte visionnaire qui honore ceux qui ont contribué à sa réalisation. Grâce à la bonne volonté des uns et des autres ils ont sagement décidé de consolider les acquis à la suite de dur labeur, et de considérer de nouvelles perspectives porteuses d’un espoir de plus en plus grand, pour mieux répondre aux aspirations de la communauté.
Je ne saurais conclure sans féliciter l’Honorable Bah Sylla Baba Diakité, le Khalife de la communauté Hamalliste de Kaédi dont la sagesse et le leadership ont facilité ce processus. Pour rendre à César ce qui appartient à César, la communauté a noté avec appréciation–la compréhension et la patience des autorités en facilitant le mécanisme de résolution de cette crise par les concernés eux-mêmes conformément aux principes et à la philosophie de la justice restauratrice.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate, May 5, 2021, New York
Après les malheureux événements de ces derniers mois, la communauté Hamalliste de Kaédi se retrouve. A la clé, un compromis qui tire son essence des principes fondamentaux de notre sainte religion l’Islam et qui consacre l’UNITE, Bananaaxu, sur la seule base de la foi. Nous saisissons cette occasion pour adresser nos sincères remerciements à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au règlement de ce conflit particulièrement les autorités administratives et judiciaires du Gorgol. A nos frères qui ont été blessées suite aux affrontements nous formulons nos meilleurs vœux de santé et de prompt rétablissement suivi d’un retour rapide à leurs activités quotidiennes ; Autant beaucoup d’entre vous ont été à juste raison choqués par l’occurrence inouïe de ces événements autant ils seront aussi surpris par les capacités de renoncement et de dépassement de l’ensemble des membres de cette communauté de destin . La raison et la sagesse ont finalement prévalu. « En Avant, En Avant, En Avant » Baba Nawary
Salam à vous chers amis, humains, quelles que soient vos confessions ou non confessions.
Je m’en vais, écrire sans notes, comme souvent, ce qui va sans doute être mon dernier écrit sur les réseaux sociaux, du moins en français, pour toujours ou pour au moins un petit moment – il ne faut jamais dire: fontaine, je ne boirai jamais de ton eau. Cela s’inscrit dans une démarche purement personnelle de me retirer des réseaux sociaux pour me concentrer sur ma vie personnelle et professionnelle, et continuer à produire autrement, par l’écriture essentiellement, mais pas seulement.
Comme beaucoup avant moi, chers amis, je n’ai pas la prétention d’avoir inventé l’eau chaude, j’ai dénoncé et dénonce encore le climat anxiogène – merci à, mon collègue et ami, Steven Duarte, pour le mot – dans lequel est plongée la France politico-médiatique, voire quelque peu intellectuelle, au sujet de la question de l’islam. Et ce, pour deux raisons essentielles. D’un côté, il y a l’absence de nuance – nourrissant, malgré elle, concomitamment le complotisme de certains musulmans et l’islamophobie de certains non-musulmans. Le résultat en est que certains politiques, qui ne sont pas l’état, c’est important de le noter, parce qu’en manque de projet, en viennent, consciemment ou inconsciemment, à, limite, criminaliser la pratique simple de l’islam, par des propos et des propositions psychédéliques. Et à les en croire, chose assez amusante, mais pas étonnante, le bon musulman est celui qui dit ne plus l’être, mais porte un prénom arabe.
De l’autre, on trouve une ignorance crasse volontaire de l’abécédaire de cet objet que l’on ne saurait voir, mais dont on parle à longueur de unes et de polémiques – du reste, malgré tout, certains continuent à dire qu’on ne peut pas parler d’islam. Une simple prétérition qui sert à vendre, mais pas à faire comprendre, à hystériser, mais pas à conscientiser.
Et dans, et en dépit de, tout cela, il faut que l’on puisse calmement et raisonnablement dire quelque chose – car nous ne sommes pas condamnés à nous faire la guerre, en France, ni dans le monde.
Chers amis,
Ce n’est pas honnête de la part de certains musulmans de refuser de reconnaître que certaines lectures de l’islam posent problème et nuisent sérieusement au vivre-ensemble, aussi bien dans les pays à majorité musulmane que dans ceux à majorité non-musulmane. Je me tue, et d’autres bien avant moi l’ont fait, à expliquer que l’on ne peut pas lire et vivre le monde d’aujourd’hui, en tant que musulman, avec les lunettes de gens qui ont vécu il y a des centaines d’années, fussent-ils les plus grands génies que le monde ait portés. Et ce, sous peine d’être schizophrènes ou de tomber dans la violence la plus terrible, comme nous l’a démontré fort malheureusement Daesh. Disons-nous les choses clairement: L’état islamique a appliqué l’islam selon le fiqh médiéval, stricto sensu. Pas selon le Coran, ni la sunna prophétique, en phase avec celui-ci. Précipiter les homosexuels des cimes des falaises et/ou des immeubles, c’est dedans; tuer l’apostat ou celui supposé comme tel, c’est le cas, avec une exception chez les hanafites, s’agissant de la femme, qui, parce que ne pouvant constituer un quelconque danger, n’a pas à être tuée; décapiter l’ennemi et traîner sa tête de ville en ville, ou le brûler vif ainsi que ses biens, c’est dans les incunables de notre fiqh médiéval et certaines traditions attribuées au Prophète. Même le salam, le bonjour, aux non-musulmans a fait l’objet des avis les plus inhumains. Je me souviens, il y a plus d’une trentaine d’années, avoir appris un livre du mufti des shafiites de la Mecque et de Médine, en son temps, Ahmed Zaïn al-Dīn Dahlān, ennemi juré de la daawa dite wahhabite, soit dit en passant. Il portait sur les châtiments de celui qui ne fait pas régulièrement la prière. Que n’y a -t-on pas appris comme méchancetés réservées à celui qui ne fait pas la prière? On n’a pas le droit de s’asseoir à côté de lui, sa maison le maudit quand il la quitte et prie Dieu qu’il n’y retourne pas; sa nourriture demande à Dieu d’être la raison de sa mort, ses habits en font autant. Le livret s’intitulait Majmū ´at tashtamil ´alā arba ´ rasā’il!
Vous me direz, à raison, que nous ne sommes pas pour autant devenus des assassins. Je vous concéderais même qu’on s’asseyait copieusement aux côtés de gens qui ne faisaient pas la prière du tout. Cela dit, n’est-ce pas prédisposé à la violence, du moins aujourd’hui, que de continuer à enseigner pareilles choses, sans aucun regard critique ou à les traduire, sans préciser dans les préfaces ou notes en bas de pages que ce n’est pas cela l’islam, mais plutôt l’opinion ou la compréhension des auteurs, fille des réalités de leur temps et espace? Comment accuser d’être le suppôt de l’Occident, de la France ou de je ne sais quoi, celui/celle qui par jalousie pour sa religion et par amour pour l’humanité pointe du doigt ces inconséquences aujourd’hui? Comment continuer à dénoncer les terroristes tuant au nom de l’islam aujourd’hui dans le monde tout en continuant à sanctifier l’héritage fiqhique qu’ils mettent en application mieux que nous? Tuer l’apostat fait quasi consensus chez les 4 fuqahā des 4 écoles juridiques encore suivies aujourd’hui dans le monde – avec un débat sur celui qui a le droit d’appliquer la peine, comme celui qui ne fait pas la prière, celui/celle auprès de qui il a une dette de sang peut le tuer voire le manger en cas d’extrême famine. Allez voir al-Majmū ´ ou al-Rawdhat de l’imam al-Nawawi, auteur entre autres de Riyād al-Sālihīn, ou encore, la référence de l’école shafiite, son Minhāg. Cela y est décrit noir sur blanc! Il y a même pire! On y dit qu’on peut tuer et manger l’enfant non-musulman d’un ennemi de l’islam en cas d’extrême famine. Il ajoute: « Et cet avis est le plus probant »! Je me rappellerai toute ma vie la fois où il y a quelques années j’ai enseigné à mes élèves cela et la stupeur que cela a provoquée chez eux.
Certains, bien que très pratiquants, ont commencé à insulter al-Nawāwi. J’ai dû leur rappeler que ce grand imam est, comme tout le monde, fils de son temps et qu’il ne fallait pas tout rejeter en bloc. Cela ne veut pas dire que ses déclarations étaient moins injustes hier qu’aujourd’hui. Seulement, l’épistémè qui était la sienne tolérait pareilles idées criminelles.
Et c’est là le second axe de mon propos, ainsi que sa fin. Aujourd’hui, une tendance chez nombre d’islamologues et d’apprentis réformistes, est de rejeter en bloc l’héritage, en s’en moquant. Ce qui est non seulement inaudible chez le croyant, mais aussi et surtout faux scientifiquement. À moins de changer carrément de religion et cesser de parler d’islam. Je veux dire par là que l’islam, sans doute les autres religions aussi, dispose en son sein des outils nécessaires à son auto-régulation. Le recours à l’historico-critique et aux sciences humaines pour analyser tel ou tel phénomène religieux n’est pas moins islamique que le recours incontestable à la philosophie grecque des principologistes musulmans, comme al-Ghazzāli et son maître al-Guwaynī, pour ne citer que ceux-là, et ce quand bien même ils disent la combattre. Ne pas voir la logique aristotélicienne autant chez les principologistes musulmans que chez les mutakallīmūn, c’est l’ignorer ou faire preuve de mauvaise foi évidente.
Pourquoi il en irait autrement aujourd’hui? Nous n’avons besoin pas de rejeter tous les hadiths pour réformer la pensée musulmane, car ils existaient quand al-Aswamm et Ibn ´Ulayyat disaient que la vie d’une femme valait celle d’un homme, contre la quasi-totalité des jurisconsultes musulmans. On peut, comme nos deux comparses, parvenir à des résultats permettant aux musulmans de vivre leur foi tout en restant en phase avec les réalités de leurs temps, sans jeter l’ensemble du droit médiéval. Car au fond, c’est inversement raisonner comme les terroristes que de le juger à l’aune des réalités qui sont les nôtres aujourd’hui. Autrement dit, autant nous ne pouvons pas lire et vivre nos réalités à l’aide des lunettes des jurisconsultes médiévaux, autant nous ne pouvons pas les juger à l’aide de nos réalités. Or, c’est ce que font certains islamologues et apprentis réformistes.
Nous devons certes dédiviniser le fiqh et avec lui ses concepteurs. Mais, nous n’avons pas non plus à en faire l’autodafé. C’est une ligne de crête intellectuelle difficile à tenir aujourd’hui face notamment aux facebuqaha et autres islamologues qui par exemple étudient le Coran ou travaillent le halal, sans savoir déchiffrer une lettre arabe. C’est une supercherie intellectuelle que certains trouvent bon d’entretenir dans certains salons ou certains départements universitaires. Mais, ils savent très bien qu’ils ne seront jamais audibles auprès des croyants. Ce n’est pas, me dit-on, le but de l’islamologie que d’être comprise et partagée par le plus grand nombre. Continuons dans ce cas à parler entre nous, et/ou à écrire pour deux ou trois personnes dans le monde. On se fera plaisir intellectuellement, mais on restera dans nos tours d’ivoire à vie.
Quant aux musulmans, il nous faut sortir impérativement de la sacralisation du fiqh et de nos savants et pouvoir poser un regard critique dessus, sous peine de voir nos enfants et certains parmi nous abandonner l’islam. Il n’est plus possible de dire qu’une femme peut rester enceinte 4 ans – et je l’ai entendu il y a deux mois, dans une vidéo de l’ancien grand mufti d’Egypte. Il n’est plus possible non plus d’entendre des musulmans se poser la question de savoir si on peut ou non faire un don d’organe ou de sang à un non-musulman, c’est heureusement une infinie minorité, mais son existence suffit à faire peur. Venant surtout de gens ordinaires. Le chantier est énorme mais porte sur deux pans essentiellement: les libertés individuelles et le rapport à l’autre, avec qui je diverge sur quelque plan que ce soit. Là-dessus pour moi doit porter la réforme.
Des propos apparentés au Prophète nous ne devons retenir que ceux qui sont en phase avec l’esprit du Coran. Et pour cela, il y a dans l’héritage un ensemble d’outils suffisamment forts à activer. Seulement, on peut déplorer qu’ils n’aient pas été peu ou prou mis en exergue par leurs propres auteurs – nous situant constamment dans la dichotomie droit déclamatoire et droit exécutoire. En effet, al-Khatīb al-Baghdādi, n’a-t-il pas énumérer un nombre de choses par quoi on rejette un hadith à chaîne de transmission unitaire (ahād) dans son Faqīh wa l-mutaffaqih, comme al-Shirāz dans son Luma’, qui a fait un chapitre portant comme titre: Ce par quoi on rejette un hadith à chaîne de transmission unitaire.
Nous n’avons donc forcément besoin d’invoquer Bruckelman pour rejeter le hadith disant que Dieu ne fait entrer aucun musulman au paradis sans mettre en enfer à sa place un chrétien ou un juif. Et ce même s’il est dans l’authentique de Muslim. Le Prophète ne peut avoir dit cela car le Coran dit le contraire.
C’est là la démarche d’un croyant qui prend au sérieux ses sources, tout en étant critique; qui prend au sérieux l’héritage fiqhique sans en faire un Coran, car celui-ci ne parle pas, mais on le fait parler, comme dit l’imam Ali b. Abī Tālib.
Nous n’avons pour cela pas besoin de la déclaration tardive d’un religieux qui a pourtant combattu il y a peu l’idée même qu’on puisse critiquer l’héritage, prétextant que la misère du monde musulman était du fait exclusif des non-musulmans. Encore moins d’un dignitaire politique dont le pays a activement participé à la salafo-frérisation des esprits des musulmans du monde. Seulement de nos neurones et de notre bon sens.
Ce 24 Avril 2021 qui correspond au 12 Ramadan 1442 AH est marqué par la sortie publique d’un Livre écrit par un lettré intellectuel soninké en sciences islamiques, cheikh MuhammadDiakhoTandjigora connu AbuAlyas. Il est originaire du Sénégal , du village de Kougneny en pays soninke. Cet ouvrage est la traduction intégrale du sens des versets du Saint Coran de l’arabe vers la langue soninké (en alphabet latin). Ainsi les 114 Sourates (petits chapitres) faisant 6236 versets ou signes, qui composent le Livre Saint de l’Islam, la religion de plus d’un milliard d’individus à travers le monde, sont fixés intelligiblement dans l’idiome soninké académique en vigueur de nos jours. Le Coran ou le Qur’ân, la Source originelle et originale de la Dernière Révélation Divine descendue sur le ProphèteMuhammad (psl) il y a 14 siècles en Arabie. Cette production colossale réalisée par Monsieur Tandjigora peut être comparée en portée symbolique, littéraire et intellectuelle à une œuvre pionnière en la matière de l’universitaire chercheur et théologien d’origine indienne MuhammadHamidullah* (1908 – 2002). Ce dernier fut le premier traducteur musulman du Coran en français en 1959. Par ailleurs l’ouvrage du professeur MuhammadDiakho peut être un stimulant Miracle pour booster l’apprentissage de la langue soninké et permettra dans l’avenir une fine vulgarisation du texte coranique pour les masses lettrées. Dans notre monde actuel il n’y a pas d’idéale promotion pour une langue de modeste statut communautaire, comme ce travail littéraire éminemment dense qui la relève et l’enrichit dans le fond et dans la forme.
•Avec l’auteur, 3 février 2018 en région parisienne
Nos félicitations renouvelées à l’auteur et à l’ensemble de ses partenaires ayant contribué de différentes manières à cette prodigieuse réalisation. L’Histoire avec un grand H la retiendra pour la postérité et elle fera office de socle-référence pour d’autres vocations à coup sûr. Que la Récompense Divine vous soit amplement garantie, cher oncle. Ameen
A titre d’information nous partageons avec vous cette lettre d’information qui a été adressée aux autorités et enregistrées le 02 Decembre 2020.
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REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
Nouakchott, le 20 Novembre 2020
• A son Excellence le Ministre de l’intérieur et de la Décentralisation
• Objet : Lettre d’information
Suite à un incident qui a eu lieu au niveau de la ville de Kaédi à la suite d’une séance de prière dans notre Zawiya nous venons par la présente lettre attirer votre attention sur les faits dont le principal motif reste lié à des considérations d’’ordre féodales et ce contrairement aux principes fondamentaux de notre sainte Tariqa véhiculés en paroles et en acte par nos vénérés Cheikhs Yacouba Sylla et Mpaly Kaba . En effet, le Vendredi2 Octobre 2020 , lors d’une Hadara habituelle qui se tient tous les Vendredi dans l’enceinte de la Zawiya au niveau de la ville de Kaédi . Durant ces Hadaras hebdomadaires auxquelles participe rarement l’Imam titulaire, les prières sont dirigées par toute personne apte . C’est ainsi que le 2 Octobre après le départ de l’Imam du jour qui a dirigé le Maghreb, le nommé Cheikhna Coulibaly se décida lui aussi à diriger la prière de El Ishaa . Déjà lors de cette prière, certaines personnes ont refusé de prier derrière Cheikhna Coulibaly. Le lendemain Samedi lors d’une rencontre tenue dans l’enceinte de la Zawiya , des responsables appartenant au groupes de personnes qui se considèrent comme nobles tiennent publiquement des propos esclavagistes et considèrent que : « la prière de ceux qui ont suivi Cheikhna Coulibaly est nulle et non avenue et que « leur Wird doivent être renouvelé » . Le Dimanche 4 Octobre, l’un des responsables qui a tenu ces propos malveillants insiste pour appeler Cheikhna par téléphone et l’intimer de venir daredare répondre à une convocation. Cheikhna qui était au champ et qui en fait ignorait tout de cette histoire car ayant quitté la Hadara sans incident, se présente quelques minutes à la Zawiya . Mais à sa grande surprise il constate que cette assemblée est composée uniquement de personnes appartenant au groupes de ceux qui se considèrent comme nobles . Ainsi Cheikhna reviendra le lendemain Lundi 5 Octobre pour répondre à la convocation et cette fois ci accompagné de quelques membres de sa famille. Lors de cette dernière assemblée tenue finalement le Lundi 5 Octobre avec l’insistance du groupe des féodaux, il a été publiquement et clairement signifié à Cheikhna « de ne plus diriger une prière dans la Zawiya sans l’autorisation. » En fait cette autorisation n’est rien d’autre qu’une astuce pour empêcher ceux qu’ils considèrent comme esclaves d’officier une prière dans la Zawiya. Car jusque-là, seules les personnes issues du camp des soit disant nobles reçoivent cette prétendue autorisation et sont les seules à diriger les prières. Jamais une autorisation n’a été donnée à une personne issue du camp de ceux considérés comme esclaves. Cheikhna Coulibaly est la première personne issue de cette frange à franchir ce Rubicon, car se sentant suffisamment apte intellectuellement et moralement à diriger une prière dans une communauté qu’il considère profondément comme le sien et ce de manière totalement désintéressée. Suite à cet incident malheureux contraire aux préceptes et aux fondements de notre Tariqa , et compte tenu des multiples enseignements que nous y avons tirés, Nous , groupe de disciples appartenant au camp des personnes discriminées signataires de cette lettre , avons décidé à notre tour de ne plus accepter d’être dirigé par un Imam issu de l’autre camp tant que le problème de l’Imamat au sein de notre communauté n’est pas définitivement réglé sur la base des principes fondamentaux de notre Tariqa à savoir : l’égalité et le respect non négociable de la dignité humaine en parfaite phase avec les lois de la république Islamique de Mauritanie. Nous vous adressons cette lettre à titre d’information sur une situation relativement tendue mais à laquelle nous souhaitons trouver une issue heureuse avec l’aide de nos guides éclairés qui jusque-là se sont réservés d’intervenir directement pour plusieurs raisons que nous comprenons. Tout en étant à votre entière disposition pour toute information complémentaire, nous vous prions de croire à l’assurance de nos sentiments les plus respectueux et de notre engagement contant pour apporter notre modeste contribution à la paix et à la cohésion sociale dans notre grande nation.
Pour les Signataires
1. CheikhnaSouleymaneDiakité , Tel : + 1 917 482 2253
Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) informe les musulmans de France qu’il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin.
Cette dérogation est accordée par le Ministre de l’intérieur à la demande du CFCM.
Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation.
En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.
Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.
Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.
Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.
Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.
Bon ramadan a tous.
Bakary Tandia, Human Rights Advocates, New York, April 13, 2021.
À l’occasion de ce début de ramadan 2021 (1442 H) 13-04-2021, notre blog Soninkideesjose.wordpress.com vous souhaite un mois plein de piété dans nos oeuvres apparentes et cachées. Qu’Allah Agrée nos actes et Pardonne nos manquements.
« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque
Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.
A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ». Certains insultent BaliouMamayaryCoulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ». De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.
Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !
Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de GeorgeFloyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ». Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme SouleymaneBachirDiagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».
Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.
Dans son discours d’ouverture à la deuxième saison de laFraternité, le secrétaire général, l’Imam Abdoulaye Sarr de l’association Mains de la Fraternité a appelé « les maîtres du verbe à savoir les journalistes, les blogueurs, les poètes et autres influenceurs à aider de porter le message de la Fraternité » . Selon lui, les porteurs de voix doivent être investis pour la consécration de l’esprit de la Fraternité en Mauritanie.
Il a ajouté que sans leur contribution il est difficile d’atteindre des publics larges. Selon Sarr, cette saison sera marquée par ateliers de réflexion sur d’égalité et la citoyenneté.
Il a indiqué que ces deux jours seront marquées par la présentation de la vision de la Fraternité de leur association. Il s’est engagé de proposer aux Mauritaniens « une école ouverte à tous pour l’ancrage réelle du principe de la Fraternité »
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