Regardez « Selibaby le 06 Mars 2017, Ganbanaaxu Fedde Part 4 » sur YouTube

La 4 ème partie  du film-reportage sur la journée dédiée à l’antieclavagisme en Mauritanie  (6 Mars 2017) à selibaby. 

Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma. 

Regardez « Selibaby le 06 Mars 2017, Ganbanaaxu Fedde Part 3 » sur YouTube

La 3ème partie du film-reportage sur la journée dédiée à l’antieclavagisme en Mauritanie (6 Mars 2017) à selibaby. 

Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma. 

Regardez « Selibaby le 06 Mars 2017, Ganbanaaxu Fedde » sur YouTube , Partie 1.

La première partie du film-reportage réalisé sur la journée dédiée à l’antiesclavagisme en Mauritanie (6 Mars 2017) à Selibaby dans le Guidimagha mauritanien.  

Montage vidéo réalisé par Pape COULIBALI alias Yimbi Kumma. 

ESCLAVE PAR L’IGNORANCE VERSUS ESCLAVAGE PAR PROCURATION PAR CISSÉ DIALLO. 

Il n’est pas rare d’entendre chez les Soninko cette expression: « Laissez-nous dans l’état où nous sommes et où nous étions et que chacun reste ou garde sa place » une manière de dire tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous sommes satisfaits de notre situation, car nous avons hérité de nos ancêtres un système d’organisation qui tend à la perfection. Nous avons pour seule responsabilité de le garder en l’état et de le perpétuer à travers les âges et les générations. Il s’agit là de manière assez condensée, le type de discours que tiennent malheureusement encore de nos jours et au 21ème siècle certains de nos frères qui s’attribuent le titre « de noble », nostalgiques d’un passé peu glorieux où la ségrégation dans la stratification prévalait et où certains étaient considérés comme meilleurs et supérieurs aux autres de par la naissance.

Et pourtant avec un peu de recul, il nous paraît évident que les membres ou une partie des membres de cette classe présumée noble souffre en réalité d’une pathologie rare qui influe sur leur psyché et devient par la même victime de sa propre ignorance. Une faiblesse d’esprit et une profonde ignorance qui les soumet et au demeurant, les rend selon moi, « Esclaves de cette ignorance ». Par conséquent, nous ne pouvons ne pas remarquer la similitude de cet état d’esprit, à travers la stratification horizontale des couches sociales depuis l’ère de la mission prophétique à nos jours. En effet le prophète était envoyé pour entre autres buts, changer les mentalités en débarrassant la société jahilienne d’antan de la faiblesse d’esprit qui la caractérisait et la rendait toujours selon moi, « Esclaves de son ignorance », bien entendu pour ceux qui n’ont voulu accepter sa noble mission quand bien même la vérité leur fut apparue! Curieusement, l’histoire  ne fait que se répéter quand on entend le même discours chez nos frères encore aujourd’hui, à savoir:

« Laissez-nous dans l’état auquel nous sommes, ou encore, que chacun demeure ce qu’il est, cela nous va si bien !!! »

Être musulman se résumerait-il à vêtir le manteau du croyant quand on ne peut déjà s’admettre le partage d’un bien collectif? Qu’en serait-il alors, lorsqu’il devrait être question de partager le bien privé ?! Or, il nous est bien stipulé à travers les règles de nos convictions religieuses que, l’on ne peut être croyant que lorsque l’on aime pour son frère ce que l’on aime pour soi-même, et, que l’on ne pourra accéder au paradis que lorsqu’on est croyant…Si l’esprit de cette succession de conditions sans la grâce de Dieu est strictement appliqué, que serait le lieu de séjour de ceux qui, délibérément font le triste choix de demeurer esclave de l’ignorance et d’orgueil en rabaissant leur frère quotidiennement sous prétexte du faux statut d’êtres inférieurs ?

Il devient évident que lorsque cette couche sociale se sera débarrassée de cette idéologie basée sur la catégorisation infondée des composantes de la société en castes inégales par l’ignorance, un grand pas aura été franchi vers l’acceptation de l’égalité impliquant la réhabilitation automatique de son frère longtemps rabaissé.

Cette réhabilitation automatique du frère révèlerait que finalement notre « orgueilleux frère » n’était hier qu’un esclave de par son ignorance et son intransigeance à demeurer l’élu! Que la libération de son état d’esprit a permis, par voie de conséquence la réhabilitation de son frère qui, lui, n’était finalement esclave que par procuration car, la libération du premier a entraîné automatiquement celle du second, c’est-à-dire le frère rabaissé. C’est pourquoi il conviendrait selon moi, d’appeler:  » Esclave par procuration » celui qu’on a soumis contre sa volonté, car le véritable esclave étant bien sûr celui qui de par son ignorance et de sa prétendue supériorité opprimait son frère par cupidité en le privant de ses droits fondamentaux et élémentaires. De ce fait la libération du véritable esclave, autrement dit celui qui est victime de son ignorance et de son orgueil aura pour conséquence de permettre à l’esclave par procuration de recouvrer directement et automatiquement sa dignité spoliée. Il faut donc inverser l’ordre des choses ou rétablir les choses dans leur ordre normal. Telle est notre responsabilité.

Que faire alors pour mettre en œuvre ce raisonnement salvateur et libérateur de tous et de chacun ? Pour y parvenir, il faudrait arriver à convaincre nos intellectuels rétifs en la matière à prendre conscience de l’erreur qui prévaut jusqu’ici, et de s’engager courageusement pour défendre les vraies valeurs, car contraires à celles qui oppriment et spolient, les valeurs universelles qui rétablissent chacun dans ses droits élémentaires et fondamentaux que sont la citoyenneté égalitaire, la liberté et la justice pour tous etc. Ils doivent nourrir constamment le souci et la volonté de doter la communauté de l’accès aux biens collectifs en privilégiant l’intérêt général par la restauration des droits et devoirs individuels ; les distinctions sociales ne doivent être fondées que sur l’utilité commune et la compétence.

S’agissant toujours de ce système de dominants et de dominés qui prévaut dans notre communauté, et se référant à nos convictions religieuses, l’on pourrait dire qu’à l’instar du Prophète qui a changé les mentalités des gens de la jahiliya grâce à Dieu l’ayant chargé de cette mission honorable, et par voie de conséquence l’ayant doté de toutes les qualités au-delà de celles du commun des mortels, nous ne demanderons jamais à nos intellectuels, de prétendre à égaler ce Messager de Dieu mais les interpeler en leur âme et conscience à veiller au respect de ses enseignements en les appliquant d’abord à eux-mêmes, puis aux autres, pour la mise en place d’une société juste et viable, dénuée de toute corruption, la corruption des idées et des cœurs qui, malheureusement  gangrène notre modèle d’organisation .

Pour éradiquer cette société basée sur le système de castes ancestrales, il devient prioritaire de  conscientiser et de libérer ses éléments phares des jougs occultes de son idéologie « esclavagiste par l’ignorance »; en effet, quand la maladie est diagnostiquée, le médicament en devient aisément prescriptible pour éradiquer la pathologie.

En d’autres termes, comme il nous est devenu désormais évident que la pérennité du système ancestral d’organisation prenait ses racines dans une sorte d’ignorance et d’orgueil qui rendait les tenants du système lui-même victimes, il serait donc évident que la classe éternellement taxée de caste inférieure ne puisse être autrement que  la victime de cette malheureuse idéologie séculaire. C’est dire par ailleurs, qu’il reste toujours un devoir de continuer à interpeler avec insistance nos intellectuels, et  détenteurs des rênes du pouvoir, à unir les forces qui sont les leurs à travers des peuples et des communautés dont ils sont redevables afin de restaurer la dignité de l’homme pour lequel Dieu a ordonné aux anges de se prosterner.

Et, c’est bien cet homme-là qui est réduit à l’esclavage par son frère!!!…Doit-on conclure que Dieu à créé deux fils d’Adam dont l’un a mérité les hommages des anges, et l’autre voué d’entrée à la servitude? Ou c’est plutôt l’homme-réfractaire et dominateur de son frère qui est ramené au niveau le plus bas à près avoir été créé dans la forme la plus parfaite par Dieu ?! Nous considérons cet homme-là, être le seul responsable de sa propre perte en se laissant guider par sa cupidité et sa passion « esclave de son ignorance » et soumettant son frère?!!!

Non, nous croyons que l’homme, particulièrement intellectuel doit être d’abord fidèle aux valeurs et principes universels, ensuite il doit incarner  consciencieusement et avec dignité un engagement pour la justice, la liberté et l’égalité de tous. Il doit avoir vis-à-vis de sa communauté une attitude critique à même de pouvoir préserver ses véritables intérêts et non des intérêts superficiels et farfelus. C’est de cette manière qu’il va utile à sa communauté dont il doit le guide ; il ne doit pas la laisser sombrer délibérément dans l’ignorance aveuglante sous prétexte qu’il ne peut se la mettre à dos. Une telle  attitude n’est pas digne d’un intellectuel, lui qui doit être aux avant-gardes pour promouvoir le développement de la société en faisant évoluer les mentalités et en luttant contre toutes les ignorances.

Voilà notre analyse de la mentalité des nostalgiques aliénés, assoiffés de pouvoir et de domination qui continuent à proférer et à faire la promotion encore au 21ème siècle, des expressions du genre

  • Laissez-nous dans notre état actuel, c’est un legs de nos ancêtres, ou encore, que chacun demeure ce qu’il est, cela nous va si bien !!! ». Et c’est  bien dommage…!!!!

Cissé DIALLO

Déclaration d’AMEES. 

   

Association Mauritanienne    المنظمة الموريتانية   

pour l’Eradication de l’Esclavage    للقضـاء علي العبودية

            et ses Séquelles        و رواسبها  

Récépissé n° 0103/MINT/15/01/2008    وصل رقم 0103/و.د/15/01/2008

Tél. : (+222) 41 37 71 04 / 36 60 89 19    /  19 89 60 36  41 37 71 04هاتف :(00222)

Email : ameeskofo@gmail.com    ameeskofo@gmail.com البريد الكتروني :

Nouakchott – Mauritanie    انواكشوط –  موريتانيا

Déclaration

En cette période de début de saison d’hivernage, l’AMEES suit avec une attention toute particulière les conflits fonciers nombreux et virulents dans la Wilaya du Guidimakha, entre cultivateurs et éleveurs mais surtout au sein de la communauté Sooninke, où les propriétaires traditionnels s’évertuent à monopoliser les terres agricoles au détriment de leurs anciens esclaves et obligés en faisant totalement fi de la réglementation foncière officielle en vigueur.

À titre d’exemples :

  • conflit entre population de cultivateurs de Khabou et  éleveurs Peuls de  Dubogne ;

  • conflit de Niéliba entre le vieux Tombe Koné et ses anciens maîtres, conflit qui traîne dans les dossiers du Hakem de Selibaby ;

  • conflit de Tachott Botokholo  entre propriétaires traditionnels et anciens esclaves sans terre pour leur culture de mil et d’arachides dossier qui traîne également à la préfecture de Selibaby.

  • À Mbeïdiya Sakha (Gorillakhé) des propriétaires traditionnels ont empêché des paysans anciens esclaves d’accéder à leurs champs mis en valeur depuis des années ;

  • Le conflit de Dafort entre le vieux Silima Diarra et la fratrie Camara de Hayané vient en fin de trouver une solution grâce à la fermeté du Hakem de Ould Yengé sur l’application de l’ordonnance n° 83127 du 05 juin 1983 et son décret d’application n° 2010.08 du 31 mars 2010 portant reforme foncière l’AMEES lui demande de délivrer enfin un titre de propriétaire officiel au vieux Diarra.

L’AMEES qui suit au quotidien ces conflits, demande à toutes les autorités administratives, Wali et Hakems du Guidimakha de veiller au respect strict de la réglementation foncière afin de ne pas compromettre les efforts des paysans pauvres en cette année où la saison d’hivernage suscite beaucoup d’espoir.


Nouakchott, le 10 juillet 2017


Le Bureau Exécutif


Source crédit: Bureau AMEES. 

Vincent Dicko Hanoune condamné par le TGI de Paris pour diffamation envers Abdoulaye Diagana et Ould Jeilany.

Le 7 juillet 2017, la 17ème
chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a
condamné Vincent Dicko (de son état-civil) dit Hanoune Dicko pour
diffamation envers Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Ould Jeilany.

Quelques jours après avoir publié les
accusations mensongères et diffamatoires, le condamné, Vincent Diko Hanoune,
se croyant tout puissant et à l’abri de la justice, fanfaronnait et lançait un
défi dans les termes suivants (reproduits tels quels, y compris avec les
fautes) :

« La justice Française n’est pas
sous les ordres des chiens de gardes en garde à vous du système raciste et
esclavagiste mauritanien, Diagana Abdoullaye et Mohamd Abba Jeilany ; je serai
très honoré d’accueillir votre plainte qui ne tardera à être démonté en mille
morceaux, donnant ainsi l’occasion aux gens de lire sur vos vrais hideux
visages, vos vraies natures de quadrillons s’adonnant à la délation,
l’hypocrisie et les mensonges. Bien entendu, j’espère que cette plainte sera
une occasion pour  les autorités
françaises de nettoyer le sol français des vampires, et d’agents de
renseignements Mauritaniens, qui se sont faits passés comme des refugiés
politiques ou immigrés ? ». (Propos non poursuivis).

Nous avons donc pris au mot Vincent
Diko Hanoune
et avons demandé à la justice française de dire le droit sur
cette affaire (article du 7 février 2014). Les motivations du tribunal sont
sans ambiguïté : « Il est patent que, comme le soutiennent les parties
civiles, les propos de Vincent Diko leur imputent d’être des traitres à
la cause de l’opposition mauritanienne en exil et des agents de la sécurité
mauritanienne… ». Le tribunal poursuit ses motivations en disant
« qu’il s’agit INCONTESTABLEMENT, d’une part, de faits précis
pouvant faire l’objet d’un débat probatoire, d’autre part, d’allégations
attentatoires à l’honneur et à la réputation
 » de Abdoulaye Diagana
et Mohamed Abba Jeilany
qui se voient « imputer des comportements soit
constitutifs de graves infractions pénales soit contraires à la morale
commune ». Le tribunal conclut que « l’ensemble des propos
poursuivis doit être considéré comme diffamatoire »
. Il reconnait Vincent
Diko
, coupable du délit de diffamation publique envers particuliers,
en l’occurrence Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Jeilany
.

–         
Sur la peine, Vincent Diko Hanoune
est condamné à une amende de 500€ avec sursis.

–         
Sur l’action civile, Vincent Diko
Hanoune
est condamné à verser à Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba
Jeilany
la somme de 2000€ chacun à titre de dommages et intérêts (4000€ au
total).

–         
Vincent Diko Hanoune est
condamné à leur verser 2000€ chacun à titre de l’article 475-1 du code de
procédure pénale (frais irrépétibles : avocat, huissiers…) ; soit au
total 4000€.

–         
M. Vincent Dicko Hanoune est condamné
à publier sur son blog le communiqué suivant :

« Par
jugement en date du 7 juillet 2017, la 17ème chambre correctionnelle
du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné Monsieur Vincent Diko
Hanoune pour avoir diffamé publiquement Messieurs Mohamed Abba Ould Sidi Ould
Jeilany et Abdoulaye Diagana dans un article mis en ligne le 7 février 2014 et
intitulé « Abdoullaye Diagana
et son ami Mohamed Abba Ould Jeilany sabote
les efforts des cadres mauritaniens de l’extérieur CCME ».

–         
Dit que ce communiqué devra occuper
l’intégralité d’un encadré de 400×400 pixels hors toute publicité, en page
d’accueil du site.

–         
Dit qu’elle devra intervenir dans un
délai de 15 jours à compter de la date à laquelle le jugement aura revêtu un
caractère définitif sous astreinte de 500€ par jour de retard.

Voilà donc
ce qu’a dit la justice française en laquelle Vincent Diko Hanoune place
sa confiance en nous demandant de nous adresser à elle. Elle ne peut pas être
qualifiée de justice aux ordres. Elle veille à ce que les citoyens accèdent à
leurs droits et que certains ne s’arrogent pas le droit d’agresser impunément
d’autres.

C’est le lieu de rappeler ici que nous aurions aimé nous passer de
cette procédure. Mais la haine tenace et irrationnelle et la mauvaise foi
caractérisée en dépit du bon sens nous auront imposé cette épreuve. Nous
nous demandons encore pourquoi, malgré notre parcours, notre passé et notre
présent qui ont, tous les jours, milité en notre faveur et nous ont lavés de
ces accusations ignobles si éloignées de ce que nous sommes, Vincent Diko
Hanoune et certains de ses proches s’acharnent à nous jeter dans un camp qui
n’est pas le nôtre. A qui profitent toute cette haine, cette énergie gaspillée,
ce temps perdu ?
En tout cas pas au camp de ceux qui ont jusqu’ici
lutté pour mettre fin aux injustices en Mauritanie, camp dont nous nous
réclamons aujourd’hui plus que jamais.

Pour que le débat serein et constructif reprenne le dessus et
qu’on se penche sur les véritables maux de la Mauritanie, nous prévenons que
nous ne laisserons plus jamais passer calomnies, dénigrements, diffamations,
accusations gratuites et mensongères et autres procès en sorcellerie. Que
chacune et chacun prenne ses responsabilités et réponde de ses actes. A bon
entendeur salut.


Fait à Paris,
le, 10 juillet 2017.

Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Ould Jeilany



Source crédit: Mail 

Esclavage, discrimination et religion en Mauritanie :Les dilemmes de la république islamique, à l’épreuve du G5 Sahel



I. Un abus de plus, dans une dérive sans bruit


En catimini, les députés votaient, le vendredi 9 juin 2017, un projet de loi portant pénalisation de la discrimination. Au paragraphe premier de l’article 10, il est stipulé : « quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République islamique de Mauritanie est puni d’un (1) an à cinq (5) ans d’emprisonnement ».

Au moment de présenter le texte aux élus, le Ministre de la Justice, avocat dans une vie antérieure, rassurait : « la loi est générale et impersonnelle et ne vise pas une personne ou une frange en particulier pas plus qu’elle ne vise à faire taire une quelconque voix, ni punir quelqu’un, qui s’exprime contre l’injustice mais, au contraire, essaie de protéger la société et de préserver la cohésion au sein de ses composantes ». Quand un juriste commence par s’excuser, il convient d’appréhender la suite.

Le fait, constant, est que le pays s’enfonce, depuis quelques années, dans une régression intellectuelle sans précédent, sous l’influence d’une nébuleuse salafiste, aux sources de financement dont l’opacité se drape de dévotion. Les promoteurs les plus zélés de la théocratie par doses homéopathiques se recrutent, aussi bien, parmi les notables acquis au pouvoir que ceux ouvertement affiliés à l’Internationale islamiste. Leur émulation au pire ne cesse de précipiter la Mauritanie,  naguère terre d’élection soufie, dans la littéralité aliénante du wahhabisme. A force de dissimulation et de patience, confortées par la résignation des élus et le populisme des dirigeants, une nouvelle Talibanie s’enracine, sans coup férir, doucement.  L’avenir du jihadisme en Afrique de l’Ouest dépend de la constance avec laquelle la dérive de l’extrémisme confortera son emprise sur les institutions et le territoire poireux de la Mauritanie. Au moment où Nouakchott accueille le siège de la coalition antiterroriste G5 Sahel, dispositif désormais sous caution des Nations unies, les partenaires extérieurs se gardent bien d’évoquer la réalité d’une radicalisation irréversible. Paresse, négligence et abus de complaisance contribuent à accentuer l’évolution en cours vers l’émergence, graduelle, d’un modèle de gouvernement à vocation jihadiste. Quasiment à ciel ouvert, la Mauritanie abrite, aujourd’hui, le laboratoire le plus avancé, sur l’aire ouest-africaine, dans la confection et la diffusion industrielles d’une idéologie de la haine et du meurtre de masse, en comparaison de quoi le nazisme passerait bientôt pour une attrapade de recréation.  De sombres prédicateurs appellent à l’homicide et excitent à la xénophobie confessionnelle, sans jamais susciter la curiosité d’un juge. Ici, l’on peut désormais tuer son voisin après l’avoir dépouillé et assassiner ses parents dès lors qu’un jurisconsulte les excommunierait. Etes-vous tenté de régler un mécompte avec quelque fâcheux ? Réputez-le ennemi de l’Islam, il sera occis par la foule avant que d’avoir plaidé !!

Le dessein du tout-religieux vient couvrir, du voile de la piété et de l’unicité de la Umma, un modèle de conservation sociale que marquent la verticalité, la contrainte morale, la préséance de naissance, la mentalité du racisme outrancier et l’attachement aux privilèges indus. Sous la dérive du fanatisme à l’œuvre en Mauritanie, se profile la fuite éperdue vers le déni, parmi la communauté des anciens maîtres d’esclaves ; devant le défi menaçant de la montée des revendications de citoyenneté et d’équité, les tenants de la supériorité par le gène n’ont plus que la religion pour refuge ; il s’en servent, à présent, comme bouclier et arme de destruction massive.

II. Quand un gouvernement légalise l’extrémisme religieux

En cette ère de duplicité où bien des Etats musulmans se débattent avec l’extrémisme qui les fonde – au point de s’accuser mutuellement d’apologie du terrorisme – quelques interrogations légitimes s’imposent : en légiférant avec tant de maladresse, qui et quoi le gouvernement mauritanien cherche-t-il à protéger ? La question prend un relief singulier si l’on garde à l’esprit qu’il n’existe aucune solution religieuse à la violence éponyme ; l’ironie du paradoxe réside dans ce que la plupart des pays producteurs et exportateurs du projet de contrôle des consciences, de l’habillement et de l’intimité, appliquent, dans leurs lois, l’essentiel de l’agenda d’uniformisation consubstantiel au jihadisme. Un Etat qui partage à plus de 90% la doctrine et le substrat moral des terroristes, est-il en mesure de la combattre ? Voilà une question à quoi le législateur mauritanien vient d’apporter une réponse non dénuée de cynisme, avec, cependant, une pointe d’humour dans la volonté d’autodestruction.

Les promoteurs de la diversion arguent, par des canaux obliques, de leur détermination à ériger un mur contre l’intolérance, que le pouvoir impute aux Frères musulmans, présumés poulains du Qatar. Or, prenant fait et cause pour l’Arabie Saoudite, dans une querelle entre des royautés aussi exotiques qu’étrangères à son environnement, la Mauritanie ne mesure dans quel piège risible elle s’enferre : quand Riad reproche à Doha, de soutenir le terrorisme, la décence commande de sourire. Le 25 juin 2017, lors de la prière de fin du Ramadan, l’autoproclamé Grand Mufti, et imam de la mosquée centrale de Nouakchott, suggérait l’interdiction du Chiisme, à cause, expliquait-il, de ses « fausses croyances » ; quelques jours avant, il dénouait, dans une vidéo d’anthologie, les finesses juridiques et la licéité du mariage entre humain et djinn. Il trouva même matière à interdire l’union d’une musulmane avec un esprit mécréant sauf si ce dernier venait à se convertir !!! Evidemment, en vertu du nouveau texte de loi, toute moquerie à son égard relèverait du « …discours incendiaire…». Hormis le comique des circonstances survolées ici, l’absurdité de loi du 9 juin 2017 se vérifie ailleurs :




1. La notion de « rite officiel », en l’occurrence le malékisme, pose problème ; nulle disposition de la Constitution ne précise une telle qualité ni ne dit, a fortiori, un quelconque rapport de conformité, de l’Etat, à l’obédience sunnite ; l’école malékite n’en est qu’une expression parmi 4, au total. L’article 5, « l’islam est la religion du peuple et de l’État » consacre l’unicité confessionnelle du pays mais sans en préciser le détail.




2. Tout aussi trouble s’avère le lien entre une norme supposée punir les discriminations entre citoyens et la consécration d’une doctrine du lien à Dieu. Un Etat moderne, dit « de droit », de surcroît régi par le pluralisme, les élections et la limitation du mandat présidentiel, est-il fondé à régir l’avenir post-mortem des citoyens ? Là, encore, la Mauritanie innove et de belle façon : plus la misère, l’insalubrité, la maladie débordent l’action publique, davantage le gouvernement s’investit pour réserver, à ses administrés morts, les conditions optimales du séjour au Paradis. Le déplacement de compétence, en réalité un judicieux transfert d’irresponsabilité, comporte, pour ses bénéficiaires, l’assurance de l’impunité ici-bas. Aucun trépassé ne reviendra réclamer la restitution des droits bafoués. Et quant le Prince inique ne craint Dieu, il s’emploie, inversement, à favoriser cette crainte parmi ses sujets. Le tour est joué !




III. Instrumentaliser la foi pour subjuguer




En Mauritanie, l’esclavage hérité reste encore répandu, aussi bien dans ses illustrations concrètes qu’au travers des rapports psychologiques et symboliques de domination. Si la pratique prévalait, naguère, dans toutes les communautés ethniques, sa perpétuité, au sein des populations arabo-berbères, reflète encore le modèle originel de la servitude par ascendance ; dans ce schéma multiséculaire d’exploitation de l’homme par l’homme, les Hratin (captifs et descendants) se transmettent, d’une génération à la suivante, leur condition de parias, corvéables, marginalisés et, cependant, indispensables à la cohérence pyramidale de l’inégalité de naissance, pilier de l’équilibre social. Au fil des siècles, les Hratin ont été entretenus dans l’illusion que « le paradis se trouve sous les pieds du maître». L’efficacité du mécanisme de domestication mentale, prenait le relais de la force brute et dressait ainsi les personnes asservies, aux réflexes d’une docilité étirable à l’infini; les victimes grandissent dans l’acceptation, pieuse, de leur sort, sous peine, sinon, de s’exposer à la colère divine. Dépourvus d’éducation de nature à entretenir l’esprit critique et de moyens de subsistance susceptibles de garantir l’autonomie alimentaire, la plupart se croyaient esclaves par la volonté de Dieu.  Leur prise de conscience et volonté d’émancipations finissaient, toujours, par se figer devant l’objection effrayante de l’impiété. Sous le coup du chantage, ils courbaient l’échine ; ultime dissuasion, le risque de rôtir en enfer aplanissait leur docilité.

Au cours du dernier siècle, l’esclavage a été abrogé, en théorie, à trois reprises. Pour la première fois, en 1905, un décret prévoit l’application, sur le territoire de la Mauritanie, de la loi française de 1848, dite d’abolition, sur l’étendue des colonies. L’interdiction par défaut viendra, ensuite, dans la première Constitution (1961) qui se référait, en son préambule, aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Suite à l’indignation suscitée par la vente, en 1980, sur la place du marché d’Atar, d’une esclave prénommée M’barka, les autorités de l’époque décidèrent d’une nouvelle mesure; ainsi,  l’ordonnance no 081-234 du 9 novembre 1981 mettait un terme, du moins en titre, à une oppression immémoriale.

Contre la persistance du phénomène, l’Etat mauritanien a dû revenir à la charge, par deux fois, au début du 21ème siècle. Aussi, fut votée, la loi 025/2003 portant répression de la traite des personnes qui incrimine l’enrôlement, le transport et le transfert des humains, par la force ou sous la menace, à des fins d’exploitation sexuelle ou économique ; suivront, le 3 septembre 2007, l’incrimination expresse de l’esclavage et la pénalisation des pratiques associés.

En plus de l’arsenal juridique interne, la Mauritanie est partie à la plupart des instruments internationaux relatifs à la protection de la dignité humaine ; ici, il nous faut citer un arsenal impressionnant : « Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, Convention relative aux droits de l’enfant, Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Elle adhère également aux textes internationaux, ci-après, qui interdisent – expressément – les pratiques esclavagistes: Convention relative à l’esclavage de 1926 et Protocole amendant la Convention relative à l’esclavage, Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956, Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, la Convention no 138 de l’Organisation internationale du travail (Oit) concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi, la Convention no 182 de l’Oit concernant l’interdiction des pires  formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination et, enfin, la Convention no 29 de l’Oit concernant le travail forcé ou obligatoire. »



IV. Du déni au dédoublement



Malgré la profusion de textes législatifs contre l’esclavage, l’usage, multiséculaire, persiste et mue. Le camp des défenseurs de la domination ne se cache d’œuvrer à maintenir des rapports sociaux de type inégalitaire ;  le déni mécanique de l’esclavage  que cultivent les élites dirigeantes, procède des symptômes de cette cécité volontaire sur le cours de l’histoire ; il referme, surtout, une incitation à se taire, adressée aux magistrats et personnels de la sécurité publique; il en résulte l’immunité des auteurs d’actes d’esclavage avérés, lesquels échappent, presque toujours, à la sanction.

Le statuquo perdure : en Mauritanie, il est toujours fait révérence et référence aux prosateurs d’ouvrages de droit – conçus entre les 10e et 14e siècles – juristes et exégètes malékites, qui glosaient sur la traite des êtres humains, leurs castration, viol, vente, acquisition et soumission à des usages humiliants et dégradants : dans ces livres, les faits d’esclavage sont codifiées en contradiction flagrante avec l’esprit de la Révélation et la geste du Prophète de l’Islam. Ainsi, les partisans de la méthode douce objectaient-ils aux abolitionnistes : « malgré l’oppression dont vous vous sentez victimes, vous et nous sommes quand même, tous musulmans ». Les abolitionnistes leur répliquaient, non sans malice : « hier, à la pire époque de l’esclavage, nous étions, vous et nous, tout aussi musulmans ». Il résulte de cette contradiction point assumée par une majorité de mauritaniens, une espèce de schizophrénie ontologique où l’on convoque la religion pour légitimer a priori et justifier a posteriori. Si les islamistes locaux se sont enfin rangés à la dénonciation de l’esclavage traditionnel, en des termes qui n’autorisent plus d’ambiguïté, la plupart restent chevillés à un corpus dans lequel la figure du serviteur, sujet humain sans personnalité propre, organise la matrice même de l’épistémologie du droit.  

Ces textes et attitudes – que le projet de loi tend à préserver de la réfutation – sont enseignés, en Mauritanie, dans le cursus des cycles de formation des imams, des jurisconsultes, juges, administrateurs civils, officiers de police judiciaire, personnels de gestion du culte, du statut personnel et des successions, des tribunaux et des auxiliaires de justice. L’Etat mauritanien subventionne l’apprentissage doctrinal de la discrimination et de la violence, fondées sur la race et la croyance et ce, en infraction à ses engagements internationaux. Pire, la quasi-totalité des écoles coraniques (Mahadhra) professent ce modèle de suprématie et l’entourent ainsi de l’immunité, dans un pays où le législateur  punit, de mort,  5 crimes d’opinion, sans lien causal à l’homicide : les infractions d’apostasie, de blasphème et de refus de prier se distinguent par leur caractère immatériel. Désormais, l’article 10 précité élargit le champ du soupçon, donc le potentiel d’incrimination de ces chefs aggravés. Demain, en vertu de la nouvelle loi, n’importe quel juge un tantinet chatouilleux, dispose de la faculté d’exposer un citoyen à la peine capitale. Il lui suffit de constater l’atteinte au « rite officiel » avant d’extrapoler un délit d’intention, telle la Zendagha, passible de l’élimination physique, à l’article 306, alinéa 4, du code pénal. Des voix s’élèvent, régulièrement, dans certaines mosquées et sur les réseaux sociaux, pour réclamer la liquidation des militants de la dignité humaine, notamment les femmes ; certaines ont essuyé des menaces d’assassinat, agrémentées du détail clinique de l’exécution, tels les sévices des yeux arrachés et la crucifixion. Il n’y eut aucune poursuite.

Dans ce contexte et par défiance au bloc conservateur, l’organisation interdite Ira – Mauritanie organisait,  le 27 avril 2012, la prière hebdomadaire du vendredi sur une place au centre de Riyad, un quartier populaire de Nouakchott ; à l’issue du rituel, il fut procédé à l’incinération d’exemplaires des ouvrages du code négrier, cités dessus. L’acte provoqua, envers les militants abolitionnistes, une réaction disproportionnée en sa brutalité, de la part des autorités et d’une partie de l’opinion ; celles-ci jouissaient alors d’une situation de monopole éditorial ; il s’ensuivit, quelques semaines durant, un véritable matraquage par les média d’Etat et la majorité de la presse libre ; la mainmise ethno-tribale sur les moyens de communications trahissait, alors une ampleur telle que la superstructure intellectuelle dévoilait sa vocation à défendre et proroger la durée de vie du système d’hégémonie.



V. Propositions pour une avancée qualitative



Dans un élan d’adéquation au temps présent, la situation des Droits humains en Mauritanie requiert d’amplifier le souffle libérateur du lendemain des années de dictature militaire. Depuis les 10ème aux 14ème siècles, l’humanité a réalisé et partage d’importants progrès dont la dynamique se poursuivra, sans discontinuer. La Mauritanie, si elle tient encore à survivre, ne saurait figer son entendement, ses facultés et les élans de son espérance, dans l’imitation de l’ancienne Arabie.

Aujourd’hui, il convient de se mobiliser, pour déconstruire, ensemble, le processus d’aliénation et de déculturation qui ensable le pays et l’étouffe, sous une surenchère de ténèbres ; le fanatisme et l’outrance dans l’effusion de sang sont la promesse, oui, la rançon prévisible d’un tel égarement. Sahel, Nigéria, Cameroun, Somalie, littoral Swahili, Syrie, Irak, Yémen, Pakistan, Afghanistan, Philippines, Maldives, monarchies du Golfe, Iran écrivent en lettres d’hémoglobine, autant de pages ouvertes qui se donnent à lire et méditer par des gens doués de discernement.

A rebours de l’immersion irréversible du monde arabe dans la virulence de ses démons déchaînés, il appartient, aux mauritaniens – qui sont des sahéliens – de susciter un cadre d’échange et de réflexion afin de reformuler une perception de leur devenir, dans ses dimensions, à la fois métaphysique et séculière ; là, une stratégie nationale d’éradication du racisme et des discriminations puiserait sa substance. La Mauritanie n’est pas une satrapie orientale ; à le devenir, elle ne gagnerait que le règne de la peur, de l’hypocrisie et de la misogynie ; pour l’instant, la société, angoissée par les sermons de la culpabilité et du péché et culturellement désarticulée, abdique son identité ; elle se noie dans le recours systématique à la Fatwa et se confectionne des généalogies fantaisistes dans un rapport de plus en plus complexé à son histoire.  Les berbères deviennent des Qoraïchites, les Hassan se prétendent de la famille du Prophète (Psl) à moins de se découvrir une ascendance auprès de l’un des 5 premiers Califes ;  les braves Peuls du Macina et du Futa en arrivent à convoiter un résidu de filiation périphérique, aux confins de Médine, la ville des Ansar ; comment s’étonner que cette Mauritanie de la réification et de la mésestime de soi, commence, un jour, à produire une génération de jeunes, gavés au Jihad ?  Aux yeux de la génération élevée dans la honte de ses ancêtres, l’acmé de la vertu réside, dorénavant, dans le succès à accomplir la forme la plus vicieuse du suicide : celui qui tue les autres. L’arabisation du début des années 1980 mûrit ; après l’amertume du premier fruit lors de la tentative d’épuration ethnique en 1986-1991, elle livre enfin, sa moisson vénéneuse, le salafisme.

Envers et contre la pente de l’anéantissement collectif, le gouvernement mauritanien devrait se ressaisir et accepter l’organisation, avec la société civile, d’un débat de franchise et d’audace, pour :



– Analyser, hors de toute censure, l’histoire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman, faire ressortir le message juste, humaniste et libérateur de l’Islam mais aussi s’inspirer de l’expérience profane en matière de promotion de l’universalisme, de l’instruction libre et de la double sacralité du corps et de la vie ;



– Soumettre à l’examen critique, certaines sources du rite malékite et mettre en évidence leurs contradictions manifestes, avec la Constitution, le droit interne et les engagements internationaux de la Mauritanie ; la levée des restrictions légales à la recherche et à l’expression des idées requiert l’abrogation de tous les délits intellectuels, à commencer par le fameux article 10 susmentionné ;



– Harmoniser la législation mauritanienne sur l’esclavage et les ségrégations, afin d’abroger les défaillances, erreurs, contradictions, omissions et vides, possibles alibis en faveur des contrevenants incriminés;



– Entretenir, entre experts d’horizons différents, un débat sur des approches matérielles et de formation, au profit – exclusif – des Hratin, pour l’éradication de l’esclavage et de son legs mental.



03 Juillet 2017





  • Balla Touré, consultant, agro environnementaliste, activiste des Droits humains/IRA – Mauritanie.


  • Biram Dah Abeid, juriste, historien, activiste des Droits humains/IRA – Mauritanie, Candidat aux élections présidentielles en Mauritanie, prix des droits de l’Homme de l’ONU, 2013, parmi les hundred Times les plus influents au monde en 2017.


  • Jemal Ould Sid’ Ahmed Yessa, universitaire, politiste, spécialiste du Jihad subsaharien. 



Source crédit: service médias publics IRA-MAURITANIE via Mail. 

Regardez « Biram Dah Abeid reçu au Parlement Européen à Bruxelles, un petit extrait de la conférence » sur YouTube

Source IRA

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE. 


Une nouvelle plainte a été déposée contre la Mauritanie au Parquet de Paris en vertu du principe de la compétence universelle
L’une des salles de conférence du Parlement européen a abrité jeudi 22 juin 2017 une conférence de presse animée par la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique, en collaboration avec l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) avec la présence effective de l’Honorable député, ancien ministre et ancien Président de la Commission Européenne, Monsieur Louis Michel.

Sous l’intitulé «L’esclavage et la torture en Mauritanie : deux luttes à mener au 21ème siècle», la conférence s’est déroulée devant une salle composée de députés européens, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

Monsieur Louis Michel a ouvert les débats, reconnaissant la gravité de l’esclavage en Mauritanie, tout en réitérant le soutien de l’Union Européenne à l’action pacifique menée par le mouvement IRA – Mauritanie  et son président. Il a relevé les dimensions culturelles du phénomène de l’esclavage, notamment la résignation des victimes. Il a pointé du doigt l’un des plus grands obstacles à l’éradication du phénomène, en l’occurrence l’Etat mauritanien ainsi que la majorité de l’élite harratine qui ont opté pour le négationnisme des pratiques esclavagistes en Mauritanie contre vents et marées.

Maître Georges Henri Beauthier, avocat auprès des cours et tribunaux belges et français, président de la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique  et Maître William Bourdon, avocat belge et membre de la Fondation, citant les rapports et conclusions des différentes organisations internationales des droits de l’homme et les représentants d’organismes internationaux comme les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur les droits de l’homme en Mauritanie, ont mis en exergue l’unanime condamnation des acteurs de la communauté internationale sur la persistance de l’esclavage dans ce pays, qui selon eux, entraîne la mort sociale d’une forte majorité des Mauritaniens.

Maître Georges Henri Beauthier, a ainsi indexé la France qui selon lui facilite le déplacement en toute impunité des fonctionnaires mauritaniens accusés de pratiques liées à la torture alors qu’elle complique le voyage des défenseurs des droits de l’homme qui veulent aller en Europe pour témoigner.  Il a annoncé dans la foulée avoir déposé ce jeudi 22 juin 2017 auprès du Parquet de Paris, une plainte contre les présumés tortionnaires et auteurs d’actes esclavagistes mauritaniens  en déplacement en France et en Europe, selon le principe de la compétence universelle. Cette plainte viendrait s’ajouter à d’autres déposées auprès de plusieurs autres institutions internationales, comme la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur la torture et la violation systémique des autres fondamentaux des droits de l’homme que le pouvoir mauritanien transgresse allègrement, notamment sur les militants abolitionnistes du mouvement IRA – Mauritanie. 

Quant à Maître William Bourdon, il a classé le régime de Mohamed Abdel Aziz implanté en Mauritanie comme un régime prédateur des droits de l’homme, en ce qu’il viole les lois condamnant un crime contre l’Humanité tel que l’esclavage et persécute une grande partie de sa population. L’esclavage, selon lui, est systématique dans son application contre les groupes défavorisé haratine en ce que le pouvoir mauritanien soustrait les criminels de l’esclavage de la rigueur de la loi. Il a décrit dans son exposé, un esclavage par ascendance raciale et la torture en tant que levier d’intimidation et de soumission contre toute revendication des antiesclavagistes.  Me Bourdon a dénoncé la complicité de l’Europe avec le régime mauritanien dans ce forfait et ces crimes inhumains sous le couvert de la coopération militaire et sécuritaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. En réalité, dira-t-il en substance, la lutte contre le terrorisme est instrumentalisée pour jouer sur la peur des gouvernements occidentaux afin de mieux sévir contre le mouvement IRA dans son combat contre l’esclavage en Mauritanie et pour  l’instauration d’une alternance pacifique et démocratique au pouvoir ainsi qu’un véritable Etat de droit.

A son tour, Biram Dah Abeid, président du mouvement IRA a d’abord remercié l’honorable député et ancien ministre, Monsieur Louis Michel pour son invitation et pour l’organisation dans l’enceinte du Parlement européen de cette conférence de presse, en présence d’un public d’élus européens, d’avocats, de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes.  Il a dénoncé de prime abord, la situation des droits de l’homme en Mauritanie, caractérisée selon lui par l’application d’une politique de violence indicible tendant à éradiquer le mouvement IRA au lieu d’éradiquer l’esclavage. Qualifiant le régime de Mohamed Abdel Aziz d’afrophobe et de réfractaire à toute amélioration des droits de l’homme en Mauritanie, mais aussi de «Daïchisant » et de «Fachisant»,  le président d’IRA a cité l’Etat mauritanien comme le principal acteur du maintien et de la pérennisation de l’esclavage, l’accusant de régir des lois pour faire taire les abolitionnistes par l’intermédiaire de mesures liberticides et à coups de répressions, d’arrestations arbitraires, de procès inéquitables, de condamnations lourdes et de tortures.

Biram Dah Abeid a dénoncé également les tentatives du régime de Mohamed Abdel Aziz d’étouffer le large et massif mouvement de droit civique que l’action du mouvement IRA a impulsé en Mauritanie. Dans la foulée de ses dénonciations, il a assimilé la coopération économique, financière, diplomatique, sécuritaire et militaire entre l’Union Européen et les Etats-Unis d’Amérique d’une part et la Mauritanie d’autre part, comme un appui à la gouvernance esclavagiste, assimilant ces appuis massifs comme un soutien indirect à la faction de l’extrême droite mauritanienne, esclavagiste, obscurantiste, xénophobe et réfractaire au droit, qui domine en Mauritanie les franges défavorisés par la répression, le faux et l’usage du faux.

Biram Dah Abeid, a interpellé dans ce cadre les élus européens à qui il a demandé de tenir tête à ceux parmi leurs décideurs qui instrumentalisent l’argent du contribuable européen pour engraisser et solidifier le pouvoir d’une poignée de personnes, dépositaires d’idées suprématistes et antidémocratiques en Mauritanie.

Il a annoncé que le mouvement IRA Mauritanie va continuer la mobilisation et la dénonciation populaire et intellectuelle contre le pouvoir en place, à l’intérieur des frontières comme à l’extérieur, jusqu’à sa chute. Il a appelé toutes les communautés mauritaniennes à faire barrage à la politique du «diviser pour régner » que le pouvoir veut ériger en instrument de dressage des communautés les unes contre les autres. Pour lui, aucune communauté, même celles dont sont issues les esclavagistes et les tortionnaires, ne doit être assimilée à ces derniers. 

Enfin, le président du mouvement IRA, a dénoncé les deux lois proposées par l’Etat et approuvées récemment par le Parlement, et dont l’une d’elle prévoit une peine allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement ferme contre quiconque critiquerait ou remettrait en cause les Codes noirs de l’esclavage en Mauritanie, considérés comme la Charia sacrée et principale source du droit dans le pays. Il s’agit selon lui, d’une mesuré moyenâgeuse éloquemment prise par le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz pour se mettre en porte-à-faux contre la Déclaration Universelle des droits de l’Homme dont la Constitution mauritanienne, dans son préambule, déclare s’être inspirée.

Tout ce qu’il y a à déplorer, c’est le retard accusé par cinq défenseurs des droits de l’homme, victimes d’emprisonnements arbitraires et de tortures et qui devaient témoigner lors de cette conférence de presse. Une escale mal négociée et les contingences d’un vol non planifié les ont ainsi empêchés d’apporter leurs témoignages qui étaient très attendus par les députés européens, les activistes des droits de l’homme et les journalistes. Toutefois, plusieurs rencontres ont été programmées pour leur permettre d’apporter leurs témoignages durant leur séjour en Belgique.

A noter que plusieurs sections d’IRA en Europe, notamment IRA Belgique, IRA Espagne, IRA France, IRA Italie, IRA Allemagne et IRA Hollande, ont fait le déplacement pour assister à la conférence de presse.

La commission de communication                 Bruxelles, le 22 juin 2017

Le naufrage dramatique à Sollou: Quelques précisions sur les circonstances de l’accident fluvial. 

Ce jeudi 15 juin 2017, plusieurs ressortissants du village de Guemou ont pris place dans une pirogue à Sollou pour une traversée vers la rive malienne du fleuve Sénégal. C’est aux environs de 7H du matin que la pirogue de la forte équipée qui allait participer à la pêche annuelle de la mare Diogou Xaré à côté du village de Séguéla dans le Mali voisin, a chaviré dramatiquement . Selon des sources contactées sur place, la surcharge et l’état défectueux du moteur seraient les principaux facteurs responsables de la catastrophe. Après le lâchage de l’embarcation en pleines eaux, certains occupants ont pu s’échapper par la nage ou secourus dans des conditions très difficiles. Les moins chanceux ont été emportés dans les profondeurs du fleuve. Ainsi 9 personnes portées disparues ont été retrouvées mortes noyées dans la journée du jeudi et courant vendredi pour certaines. Toutes les victimes originaires du village de Guemou situé à quelques 8 kms du lieu de l’accident, ont été enterrées à Sollou. Il faut rappeler que toutes les localités environnantes du fleuve dans cette zone ont été mobilisées pour porter assistance et rechercher les corps. Ce naufrage dramatique a affecté l’ensemble des riverains de la zone où villageois mauritaniens, maliens et sénégalais se connaissent bien avec des liens communautaires très forts. Espérons que les autorités locales prendront des mesures strictes pour éviter des drames de cette nature. Tout comme une certaine vigilance doit être observée sur ces équipements traditionnels par les usagers trop souvent habitués à un certain laxisme arrimé à une psychologie fataliste .

Nos condoléances les plus attristées aux familles éplorées. 

En ce mois béni de Ramadan, qu’Allah accueille les défunts au Paradis et réconforte leurs proches endeuillés par la patience et la retenue. Ameen 
Inna lillahi wa inna ileyi rajjioun. 

PAR -K.S-