● Mauritanie 2023 : Les 10 plaies du 10 décembre [IRA-Mauritanie]

A l’instar des multitudes éprises de liberté, l’Ira célèbre, ce 10 décembre 2023, la journée mondiale des droits de l’homme. L’occasion de partager, avec l’opinion, le passif mauritanien en la matière, justifie une commémoration à la hauteur du défi. La lourdeur et l’ancienneté du contentieux requièrent un constat dénué de complaisance. Si l’on doit se réjouir de l’arsenal juridique et des tribunaux mis en place aux fins de pénaliser les crimes d’esclavage, l’on constate, cependant, qu’aucun criminel n’a été emprisonné ; le blanchiment d’infractions aussi graves et anachroniques reste l’unique option des autorités. D’ailleurs, les commanditaires et auteurs de tueries, de déportations à visée ethnique continuent à jouir de l’immunité, tandis que le nombre des préposées à la torture ne cesse de croître, d’une année à la suivante.

1. Pour ne citer que les exemples récents, l’on se souviendra de Souvi Jibril Soumaré, dit Ould Cheïne, assassiné le 09 février 2023 au commissariat de police de Dar Naim (Nouakchott sud). Les tortionnaires ont d’abord essayé de s’exonérer du forfait létal, avant de se rétracter sous la pression de la rue. L’officier de police judiciaire et les exécutants sous son commandement furent arrêtés et soumis à une instruction de justice ; néanmoins, les résultats tardent. Quelques mois après, survint, le 29 mai 2023, à Sebkha (Nouakchott ouest), à l’intérieur d’un bâtiment de la police et dans des circonstances de facture identique, le décès de Oumar Diop, natif de MBagne (sud). Devant la flagrance de l’abus, la colère s’est emparée d’une partie de la jeunesse urbaine, fragilisant davantage la cohésion de la société. Des centaines d’adolescents, d’ascendance subsaharienne, seront traqués et suppliciés, parfois à domicile, puis détenus durant 72 heures. Là aussi, la version officielle concluait à une mort, par arrêt cardiaque, à l’Hôpital national. Or, le personnel médical certifie avoir accueilli, aux urgences, un corps sans vie. Une sombre autopsie, effectuée au Maroc, viendra corroborer le récit tronqué. D’ailleurs et jusqu’à ce jour, le site Facebook de la direction de la sûreté continue d’afficher la thèse de deux accidents, alors même que le Parquet reconnaissait le caractère violent du premier homicide et ordonnait la mise à l’écrou des persécuteurs. A cause du poids de l’impunité et des réflexes grégaires de la médiocratie, la communication des organes en charge du maintien de la paix suit un cours spécifique, que caractérise l’autonomie envers les autres segments de l’Etat. A l’Etat de droit qui s’affiche, s’oppose l’Etat d’exception qui prévaut ; sous la façade des slogans et du zèle factice à signer et ratifier les conventions internationales, veille et se reproduit le monstre familier de la fraude, du double langage et des faux semblants. Le vernis est si mince. Si Janus devait se choisir un passeport, il s’enrôlerait en Mauritanie.

2. A la suite de la révolte devant la récurrence et la banalisation des brutalités racistes, le gouvernement, pris de court, s’empressa de suspendre, pendant quelques jours, l’accès à l’internet. Il s’agit, ici, d’un manquement délibéré à l’intégrité élémentaire de la personne, derrière lequel se profile, toujours, la volonté de réprimer en silence, loin des regards. Pire, lors
des protestations à Boghé (sud), Mohamed Lemine Alioune N’Daiye, né en 1996, a été abattu, d’un tir ciblé. Suivant une jurisprudence bien établie en République islamique de Mauritanie, le tireur et le donneur d’ordre demeurent à l’abri de la moindre sanction. Leur identité relève du secret.

3. Quasiment l’ensemble des démonstrations non-violentes de l’Ira suscitent, de la part des unités anti-émeute, un déchainement de coups et blessures, d’une intensité disproportionnée. Beaucoup de nos militants gardent les stigmates et les séquelles de la maltraitance ; ils en
témoignent sans répit ni exagération, photos et vidéo à l’appui.

4. Les atteintes à la dignité de l’individu et à la jouissance de ses droits civiques, n’ont épargné les députés, tel l’honorable Biram Dah Abeid, plusieurs fois séquestré, maintenu en détention préventive ou condamné des peines relevant du délit d’opinion.

5. La promulgation des normes sur la cybercriminalité ou des restrictions relatives à la préservation des « symboles » rétrécit l’espace, fort exigu des libertés d’expression et d’association. Aussi l’on retiendra, à titre d’illustration, l’extradition – de Dakar – et l’emprisonnement de Youba Siby, un sympathisant de l’Ira, pourtant de nationalité sénégalaise. Jugé en comparution expresse, il écopera de 4 années de réclusion. Le tribunal expéditif lui reprochait des propos de réprobation du racisme et des inégalités de naissance. L’audience se déroulait, en catimini, sans avocat même commis d’office, ni présence de la famille. La pseudo-commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), tenta de faire avaliser la régularité de la procédure, par le représentant accrédité à Nouakchott du Haut-commissariat des nations-unies.

6. En cette fin d’année 2023, les partis les plus représentatifs des peuples autochtones de Mauritanie réclament la participation à la démocratie dont le statu quo les prive. Il convient de souligner, en particulier, le cas des partis Radical pour une action globale (Rag) et Forces progressistes du changement (Fpc).

7. Les populations dominées et discriminées aux motifs inavoués de la couleur, de la langue, de la culture et de la généalogie, ne parviennent à obtenir les pièces d’état-civil biométrique, point d’accès à l’exercice du vote.

8. Les rescapés et les héritiers des milliers de concitoyens déportés ou exécutés, de 1986 à 1991, ne peuvent plus dénoncer, en réunion publique, la loi d’amnistie qui absout les responsables de telles cruautés. Une multitude d’entre eux, réfugiée aux Sénégal et Mali voisins, continue à survivre dans la précarité et la morsure de l’exil. Les ministères en charge du litige et de son règlement leur refusent le rapatriement organisé. Apatrides, de parents en progéniture, ils écument des contrées hostiles, en quête de gîte et de couvert. Quiconque s’insurge ou proclame sa solidarité avec eux se retrouve suspecté de racisme. En Mauritanie, le raciste n’est jamais le tueur.

9. Malgré la disponibilité rhétorique du pouvoir à protéger, les femmes et les filles, contre les excès séculaires du patriarcat, l’habitude de la duplicité face aux partenaires extérieurs, rappelle cette manie de la dictature des militaires, qui consiste à servir un discours et son contraire, selon la capacité financière de l’interlocuteur. Mieux encore, le projet de texte, passé sous la censure du Haut-conseil de la fatwa et des recours gracieux, s’est perdu dans les méandres de la bureaucratie. La fameuse instance de contrôle de conformité religieuse se place au-dessus du Conseil constitutionnel et des titulaires de la souveraineté populaire. Ironie du sort, ses membres ne sont pas élus. Enfin, depuis des semaines, le Parlement, quoique sous influence des cercles obscurantistes, attend la première lecture du document.

10. Comble de l’horreur, l’article 306 du code pénal, dans sa mouture de 2018, étend la liquidation physique à des infractions morales, comme le refus de prier, le blasphème, et l’apostasie. Quand il supprime la faculté du repentir, il fait, de la Mauritanie, le seul pays d’Afrique dont le dispositif légal consacre l’imitation de Daesh ; bien plus que l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, l’Iran, Brunei et les Maldives, réunis, nous nous sommes piégés, en toute préméditation. Certes, l’Etat n’applique pas les prescriptions ainsi revendiquées mais, en les maintenant dans le corpus des lois, il accorde, aux apprentis illuminés de demain, un formidable outil de sauvagerie et de sexisme. « Gouverner, c’est prévoir et ne rien prévoir c’est courir à sa perte », avertissait, dès 1852, le journaliste français Emile Girardin….

Nouakchott, le 10 décembre 2023

● Les dossiers du Qatargate | Un sabotage dévoilé contre le leader abolitionniste BDA auprès de l’UE [Document du politico.eu]

Les dossiers du Qatargate :
des centaines de documents divulgués révèlent l’ampleur du scandale de corruption dans l’UE

Les preuves issues de l’enquête pour corruption du Parlement européen font état de plus de 300 tentatives présumées de manipulation de la démocratie européenne.

• Par ELISA BRAUN , GIAN VOLPICELLI et EDDY WAX
à Bruxelles

Appelez-les les rapports annuels du Qatargate.

Une vaste collection de documents divulgués lors de l’enquête policière sur la plus grande affaire de corruption ayant frappé l’UE depuis des décennies – vue par POLITICO – révèle toute l’ampleur du scandale d’argent contre influence du Parlement européen.

Pendant quatre ans, les dossiers suggèrent que des suspects clés, parmi lesquels l’ancien député européen Pier Antonio Panzeri et son assistant Francesco Giorgi, ont méticuleusement enregistré des tentatives présumées de manipulation du Parlement, l’organe démocratique le plus important de l’UE, et de débats politiques plus larges.

Leurs payeurs présumés au Qatar, au Maroc et en Mauritanie ont dépensé environ 4 millions d’euros pour ces travaux, selon les informations contenues dans les dossiers.

Le scandale a été révélé pour la première fois il y a exactement un an cette semaine, lorsque Panzeri, Giorgi et d’autres personnalités clés ont été arrêtés lors d’une série de perquisitions dramatiques impliquant des sacs d’argent liquide et des histoires sinistres d’ingérence étrangère au cœur de la démocratie européenne.

Parmi les actions enregistrées dans les documents, certaines ont eu un impact significatif sur le fonctionnement de l’Union européenne, comme la tentative de faire échouer six résolutions parlementaires condamnant le bilan du Qatar en matière de droits de l’homme et la collaboration pour parvenir à un accord de voyage sans visa entre Doha et l’UE. .

Mais les opérations pourraient aussi être mesquines : Giorgi a un jour noté que chaque exemplaire d’un livre peu flatteur sur le Qatar qui pouvait être trouvé au Parlement avait été soigneusement « détruit ».

Parmi les fichiers consultés par POLITICO figurait une feuille de calcul de huit onglets sur l’ordinateur portable de Giorgi, saisi dans son appartement à Bruxelles, répertoriant des centaines d’activités d’influence que le réseau aurait menées entre 2018 et 2022.

La feuille de calcul enregistre plus de 300 travaux pour lesquels les suspects ont reçu d’importantes rémunérations. Ils auraient atteint leurs objectifs grâce à un réseau d’associés travaillant au sein du Parlement, qu’ils appelaient leurs « soldats », selon les dossiers.

Jusqu’à présent, l’enquête a permis d’arrêter quatre députés européens actuels et anciens pour des accusations préliminaires de corruption, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle. Parmi les suspects figurent Panzeri, Giorgi et Eva Kaili , la compagne de Giorgi et une personnalité bruxelloise qui a été évincée de son poste de vice-présidente du Parlement lorsque le scandale a éclaté.

Alors que les enquêteurs soupçonnent Panzeri et son réseau de manipuler le Parlement au nom du Qatar et d’autres États, les documents suggèrent qu’ils essayaient également d’exploiter le manque de connaissances des responsables étrangers sur la démocratie européenne.

Giorgi a déclaré à la police que lui et son patron parlaient parfois à leurs payeurs d’opérations sur lesquelles ils n’avaient aucune influence pratique, car Panzeri avait déformé l’étendue de son pouvoir pour façonner le travail du Parlement, selon les documents.

« Cela s’est appuyé sur l’ignorance du fonctionnement du Parlement », a déclaré Giorgi dans des déclarations à la police.

Une personne proche de la défense juridique de Giorgi, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré qu’il n’était « pas crédible » de considérer la feuille de calcul comme une preuve des activités d’influence. Au lieu de cela, a déclaré la personne, la liste était conçue pour « booster » l’image de Panzeri auprès de ses clients.

Qu’il s’agisse d’un véritable travail d’influence ou simplement d’un outil pour gonfler la facture, les entrées du tableur offrent un aperçu unique du fonctionnement de la machine d’influence construite et dirigée par Panzeri, Giorgi et leurs complices présumés, jusqu’à une enquête policière en décembre. 2022 a mis un terme brutal à tout cela. Les documents soulèvent également la question de savoir comment de telles opérations d’influence pourraient passer si longtemps inaperçues.

Alors que les dirigeants européens sont confrontés au premier anniversaire ignoble du scandale qui a éclaté le 9 décembre de l’année dernière, les révélations contenues dans les dossiers du Qatargate soumettront une fois de plus les normes éthiques de l’UE à un examen minutieux.

Les opérations présumées comprenaient :

La grosse affaire
* Travaillant pour le Qatar, Giorgi et Panzeri visaient un objectif plus important : s’assurer que Doha conclue un accord pour voyager sans visa avec l’UE. L’accord a reçu le feu vert essentiel de la commission des libertés civiles du Parlement en décembre 2022, quelques jours avant l’arrestation de Giorgi et Panzeri. Le vote final sur l’accord a été suspendu depuis l’éclatement du scandale.

La victoire arrive sur la feuille de calcul. D’autres documents provenant de l’ordinateur portable de Giorgi révèlent qu’il avait l’intention de suggérer aux Qataris deux « Plan(s) d’action » détaillant qui contacter et où exercer une pression pour obtenir l’accord de visa.

* Selon Giorgi et Panzeri, une condition préalable à l’obtention d’un accord sur les visas était d’éviter les tentatives de certains députés européens de censurer le Qatar pour le traitement qu’il réserve aux travailleurs migrants et aux journalistes. Dans sa feuille de calcul, Giorgi s’attribue le mérite d’avoir « neutralisé » six résolutions parlementaires condamnant le Qatar entre juin 2021 et novembre 2022. Le Parlement a cependant finalement adopté une résolution critiquant le bilan du Qatar en matière de droits humains le 24 novembre 2022.

Manipulation des auditions parlementaires
* Les préparatifs du Qatar pour la Coupe du monde de football ont fait l’objet d’intenses critiques concernant l’exploitation présumée des travailleurs migrants. Le tableur de Giorgi se vantait d’avoir « changé le discours au Parlement » sur la question, lors d’une audition en commission en avril 2021 avec la comparution d’un responsable qatari.

* En février 2020, les suspects ont préparé des notes détaillées pour une comparution du ministre des Affaires étrangères du Qatar à la commission des affaires étrangères du Parlement. Ils ont également assuré la présence de certains députés « pour des questions ciblées ».

Attaques politiques contre les rivaux du Qatar
* Une opération menée en 2021, par exemple, visait la nomination d’un haut responsable de la police des Émirats arabes unis, Naser Al-Raisi, comme nouveau président d’Interpol. Les relations entre le Qatar et les Émirats arabes unis, leur voisin du Golfe, ont été tendues, les relations diplomatiques étant rompues entre 2017 et 2021. Comme de nombreux hommes politiques et ONG à l’époque, l’amie de Panzeri, l’eurodéputée Maria Arena, a exhorté les pays de l’UE à résister à la nomination d’Al-Raisi. Panzeri et Giorgi se sont attribués le mérite de la lettre d’Arena, même s’il n’est pas clair si elle savait qu’ils le faisaient. L’avocat d’Arena a déclaré à POLITICO qu’elle n’avait pas été inculpée dans le cadre de l’enquête policière et a refusé de commenter davantage.

* Une autre opération a visé l’Arabie Saoudite, qui avait rompu ses relations diplomatiques et économiques avec le Qatar. Panzeri et Giorgi ont accusé le Qatar d’avoir pris une série d’actions, notamment une série de tweets et de projections de films relatifs au meurtre du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi, tout en condamnant fermement la responsabilité de Riyad dans ce meurtre.

Le Maroc et la Mauritanie
* Lorsqu’il s’agissait de défendre le Maroc, Panzeri et Giorgi étaient fiers d’adopter une résolution parlementaire contre l’Algérie, qui, selon eux, profiterait au Maroc.

* L’équipe s’est également vantée d’avoir obtenu un « texte plus modéré » sur une résolution critiquant le Maroc pour sa gestion d’une crise migratoire en 2021. La résolution a blâmé le Maroc pour avoir assoupli les contrôles aux frontières et autorisé 8 000 migrants, dont des enfants non accompagnés, à traverser le territoire espagnol pendant cette période. un différend avec le gouvernement de Madrid.

* Selon les documents, l’objectif principal de la Mauritanie était d’améliorer son image publique. La feuille de calcul de Giorgi suggère que le groupe a travaillé pour tenter d’empêcher un militant anti-esclavagiste, qui s’était fait des ennemis au sein du gouvernement mauritanien, de remporter le prestigieux prix Sakharov de l’UE pour les droits de l’homme.

Les révélations incluses dans les dossiers du Qatargate sont susceptibles de relancer le débat au Parlement sur la question de savoir si le corps législatif lui-même a fait suffisamment pour garantir que des opérations similaires ne se reproduisent plus. Même si le Parlement a introduit des procédures plus strictes en réponse au scandale, beaucoup à Bruxelles considèrent les réformes comme timides, au mieux .

« Ces documents nous montrent qu’il s’agissait d’un effort soutenu et pluriannuel visant à influencer de manière néfaste les procédures parlementaires », a déclaré Nick Aiossa, directeur par intérim de Transparency International EU. «Cela s’est produit au fil des années avec plusieurs personnes, et cela n’a pas été découvert. Alors, qu’y a-t-il d’autre ?

« La réponse du Parlement a été faible, maigre et ne reflète certainement pas la gravité du scandale survenu en décembre dernier », a ajouté Aiossa.

Daniel Freund, député européen des Verts allemands, a déclaré en réaction à l’enquête de POLITICO : « Il semble que le projet soit bien plus vaste que ce que nous avions appris jusqu’à présent. »

Selon lui, le principal problème réside dans le fait que le Parlement n’a pas mené d’enquête interne sur l’impact des prétendues opérations d’influence sur ses activités et décisions démocratiques.

Freund a déclaré : « Il semble que vous puissiez acheter ou au moins influencer certaines décisions du Parlement, ou à tout le moins, certains anciens députés européens tentent de faire croire à tout le monde que vous pouvez le faire et que vous les vendez comme un produit. »

« Il devient de plus en plus clair qu’il pourrait y avoir un certain nombre de procédures [au Parlement] qui pourraient, à tout le moins, être remises en question », a déclaré Freund. « Maintenant, il faut un processus approprié au sein du Parlement, pour que nous examinions [s’il s’agit] simplement de conneries gonflées de la part de ces deux-là… ou est-ce réel ? Y a-t-il eu une influence sur l’une de ces procédures ? Devons-nous reconsidérer certaines décisions ?

Un porte-parole du Parlement a déclaré que l’institution ne pouvait pas mener d’enquête interne sur d’éventuelles activités criminelles. « Mais elle peut coopérer pleinement et rapidement avec les autorités compétentes, et c’est ce que nous avons fait », a déclaré le porte-parole. La présidente du Parlement, Roberta Metsola, a « personnellement facilité l’enquête » en étant « présente lors des perquisitions au domicile de deux députés belges (en décembre 2022 et en juillet 2023) comme le demande la Constitution belge, ce qui est sans précédent dans l’histoire du PE », a ajouté le porte-parole. .

Suite aux premières allégations de corruption, Metsola a présenté 14 mesures pour renforcer les pare-feu du Parlement et améliorer la transparence. Le législateur s’est également joint à la procédure judiciaire belge en tant que partie civile afin de « détecter si des dommages au budget du PE ont été causés dans l’une des activités et récupérer l’argent », a déclaré le porte-parole.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, qui avait précédemment nié l’implication du pays dans le scandale, n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires de POLITICO. Le Qatar a rejeté les allégations selon lesquelles il aurait interféré dans la démocratie européenne. La Mauritanie n’a pas répondu à plusieurs questions envoyées par courrier électronique concernant son implication présumée dans le projet.

Kaili a nié tout acte répréhensible. « L’enquête montre que Mme Kaili ne s’est jamais prononcée en faveur du Maroc ou de la Mauritanie », a déclaré l’avocat de Kaili, Michalis Dimitrakopoulos, dans un courriel adressé à POLITICO. « Selon les documents de l’enquête, les services secrets belges ont souligné qu’il n’y avait aucune preuve que Mme Kaili était impliquée dans le réseau, ni qu’elle ait reçu de l’argent. »

Panzeri a reconnu sa culpabilité dans le cadre d’un accord de plaidoyer qu’il a conclu avec les autorités, conclu en janvier. Giorgi a reconnu son implication dans ces stratagèmes, selon les dossiers consultés par POLITICO. Les avocats des deux hommes ont refusé de commenter cet article.

©️ Lien média https://www.politico.eu/article/european-parliament-qatargate-corruption-scandal-leaked-documents-pier-antonio-panzeri-francesco-giorgi-eva-kaili/

● Déclaration à la presse : L’avertissement | Par l’honorable député BDA

Le 04 décembre, à Nouakchott, le Tribunal (ad hoc) de répression des crimes économiques, rend son verdict de première instance, au terme de 11 mois de procès contradictoire et public. L’ex-président, le général Mohamed ould Abdel Aziz écope de 5 années de réclusion ferme, de la perte des droits civiques, d’une amende de 50 millions d’ouguiyas nouvelles (1 250 000 euros) et de la confiscation de ses biens mal acquis, selon les infractions retenues, à savoir « blanchiment » et « enrichissement illicite ». La Cour s’est abstenue de suivre les réquisitions de 20 années d’emprisonnement, telles que formulées par le ministère public, avant les plaidoiries ultimes de la défense. Ould Abdel Aziz est lavé de 8 motifs d’inculpation, tous relevant de la délinquance de droit commun, notamment les malversations financières et l’impéritie.

A l’exception de son gendre Mohamed Ould Msaboue qui subit le même registre de sanction, les autres coaccusés – 2 anciens chefs de gouvernement, des hauts fonctionnaires et une poignée de comparses, commerçants et trafiquants d’influence – recouvrent la liberté. De l’acquittement au sursis, ils sortent indemnes de la dynamique de réparation. Dieu merci, nulle peine d’affliction ou d’infamie ne fut prononcée, malgré les prescriptions de la Charia en matière d’infraction relatives à la violation de la propriété.

Comme s’y attendait l’opinion avisée, les magistrats privilégient, ici, une décision politique, pour ravaler la façade du bloc dominant, à la veille de l’élection de 2024. Le jugement met, hors-compétition, Mohamed Ould Abdel Aziz, le fameux « président des pauvres », hier adulé comme un messie, aujourd’hui renié, maudit et en proie à l’accablement. Il tient de l’évidence que les députés à l’initiative de la Commission d’enquête parlementaire sous la précédente législature, encourageaient la dépendance prévisible du juge envers l’Exécutif. A titre d’exemple guère exhaustif, ils exceptèrent, du champ de l’investigation, les marchés forts douteux de l’instance en charge de l’état-civil, un potentiel d’escroquerie qui remonte à 2012. A équidistance de l’impunité et des apparences de la vertu, le tribunal vient de conforter la raison du plus fort.

Depuis 1978, les régimes militaires et leurs avatars civils prospèrent et se reproduisent sur le mode de l’inceste, grâce à cet équilibre artificiel où les faux semblants se substituent à l’Etat de droit. La structure ethno-tribale du pouvoir consacre la conjugaison de la fraude, de l’affichage indu et de l’occultation. Un pillard n’y craint que le revers de fortune inhérent à l’instabilité des alliances et aux accès de délire putschiste. En revanche, les milliers de concitoyens d’ascendance subsaharienne, surtout des descendants d’esclaves, hantent l’univers carcéral, souvent oubliés de la loi. Anonymes, privés de la protection des clans détenteurs d’influence, certains enfantent et meurent, là, sans avoir comparu. La justice de la République islamique de Mauritanie dysfonctionne ainsi, entre préférences subjectives, cécité et habitude du fait accompli. Sa main lourde frappe inégalement.
Les rescapés de l’épuration ethnique de 1986 à 1991 et les et ayant-droit des victimes l’expérimentent, chaque jour, à leurs dépens.

Cependant, il y a lieu de le souligner et de s’en féliciter, nos dirigeant ne se sentiront plus jamais au-dessus de l’obligation morale de rendre. Oui, rendre des comptes devient, à présent, un impératif au centre de la dynamique de l’alternance. Maintenant, l’immunité cesse quand le prince du moment n’exerce plus l’autorité que lui confère le suffrage universel, certes sous réserve des baïonnettes. En comparaison de l’espace afro-arabe, la Mauritanie s’offre, en dépit des insuffisances précitées, une avancée de taille sur la voie de la transparence et de l’équité. Nous nous en félicitons. L’occasion impose, au Président de la République, d’agir avec davantage de vigueur, contre la poursuite du recyclage des prédateurs nationaux. Ils continuent de sévir, au cœur de l’appareil d’Etat et à l’étranger, tant et si bien que le pays traîne, désormais, une réputation de laboratoire de la criminalité en col blanc.

Dans l’attente de l’évolution du dossier vers une décision d’ultime ressort puis de cassation éventuelle, les militants et élus que je représente s’en tiennent à un commentaire de prudence et de retenue. Par sens de l’honneur et devoir d’empathie à l’endroit de puissants soudain évincés, aucun d’entre nous ne souhaite accabler le prévenu, dont la hargne, faut-il le rappeler, nous aura valu tant de souffrances, de tortures, de mépris et d’humiliation.

Député Biram Dah Abeid
Paris, le 05 décembre 2023

● En Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz condamné à 5 ans de prison

Jeune Afrique – Le verdict dans « l’affaire Aziz » était très attendu en Mauritanie depuis plusieurs jours. Le 4 décembre, le juge de la Cour criminelle chargée des crimes de corruption a finalement condamné l’ancien président Mohamed Ould Abdelaziz, 66 ans, à 5 ans de prison, ainsi qu’à la confiscation de ses biens et à une peine d’inéligibilité pour enrichissement illicite et blanchiment.

Ses deux anciens Premiers ministres Mohamed Salem Ould Béchir et Yahya Ould Hademine, ainsi que son ancien ministre du Pétrole Taleb Ould Abdi Vall, ont quant à eux été relaxés. Ses huit co-accusés dont son gendre, Mohamed Ould Msabou, ont écopé de peines avec sursis, ainsi que de la confiscation de leurs biens et de leurs droits civiques.

Contre toute attente, le magistrat n’a donc pas suivi les réquisitions du procureur qui, le 24 octobre, avait réclamé une peine de 20 ans de réclusion contre celui qui est devenu, au fil des mois, l’accusé numéro un. Ses anciens ministres risquaient quant à eux dix ans de détention.

Actuellement gardé dans un appartement de Nouakchott, Mohamed Ould Abdelaziz a déjà été incarcéré près de dix-huit mois. Ses avocats vont faire appel de cette décision.

Le va-tout de Aziz

Le « procès de la décennie » s’est ouvert le 25 janvier à Nouakchott contre Mohamed Ould Abdelaziz (au pouvoir de 2009 à 2019) pour, entre autres, corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice. Il est en effet accusé d’avoir amassé une fortune considérable estimée, d’après les conclusions de l’enquête, à 90 millions de dollars.

L’ancien chef de l’État a toujours dit que ce chiffre avait été exagéré, assurant avoir déclaré son patrimoine lors de son arrivée et de son départ de la présidence. Il a d’ailleurs nié jusqu’au bout les accusations portées contre lui et dénoncé un complot visant à l’empêcher de continuer à faire de la politique. De son côté, la partie adverse n’a cessé de marteler que toutes les preuves de sa culpabilité sont réunies et qu’il ne pouvait se prévaloir de l’article 93 de la Constitution lui garantissant l’immunité présidentielle – un argument qui a longtemps concentré les débats.

Le 27 novembre, lors de sa dernière intervention à la barre, il a joué son va-tout en mettant directement en cause le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Aziz a en effet assuré que l’argent qu’il est suspecté d’avoir détourné provient en réalité de deux dons en espèces d’un total de 11 millions d’euros que lui aurait fait son successeur, et qui constituerait un reliquat du financement de la campagne présidentielle de 2019.

Il a ajouté que l’actuel dirigeant lui aurait également donné 50 voitures, faisant partie d’un lot de 100, commandé durant la même période mais arrivé trop tard. « Le président n’a eu aucun rapport, ni de près ni de loin, avec l’argent pendant la campagne, laquelle a été gérée par Ould Abdelaziz et un groupe autour de lui, balaie catégoriquement un proche de Ghazouani. D’ailleurs à la fin, elle était déficitaire, et cela avait été officiellement dit. »

Pression sur la présidentielle

Ses soutiens à l’étranger ont tenté de faire monter la pression ces derniers jours. Le capitaine de frégate Ahmed Hassena et le colonel Sidi Ely Ahmedou ont annoncé le 1er décembre depuis Las Palmas, en Espagne, la création d’un Front national pour le changement, ayant pour but de renverser l’actuel président s’il brigue un second mandat et n’accède pas à plusieurs de leurs revendications, comme la dissolution de l’Assemblée nationale. Ils ont également dénoncé « l’injustice » dont serait victime Mohamed Ould Abdelaziz.

Tous deux espèrent pouvoir transformer ce mouvement en parti et ainsi, peser sur la présidentielle de 2024. D’ici au scrutin, ils comptent mener, depuis la France cette fois, des campagnes de désobéissance civile. Mais à Nouakchott, leur initiative n’a pas rencontré beaucoup d’écho, aucun membre de l’actuel pouvoir n’ayant réagi.

Justine Spiegel

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770437

● Dossier Souvi Ould Cheïne : la défense se désengage [Le calameInfo]

« Le Collectif de défense de la famille de feu Souvi Ould Cheïne renonce à son engagement dans le dossier, sur la base de la procuration délivrée par Khattar ould Cheïne, le frère du défunt », ont annoncé les conseils dans un communiqué. Cette décision fait suite, expliquent ceux-ci, à la « constatation de dérives de la part de la personne mandatée du processus procédural et de son manquement aux actes menant vers le but souhaité ». Irrité par l’attitude de Khattar, le Collectif de défense de feu Souvi dit rester néanmoins à la disposition des héritiers du défunt pour leur assurer la protection juridique nécessaire « contre toutes les formes de pression exercées pour étouffer cette affaire et pour les aider à recouvrer tous leurs droits », précise le communiqué.

Les avocats entendent user de tous les recours nécessaires pour révéler la vérité, soulignant que le dernier était « l’achèvement des procédures du pourvoi en cassation contre la récente décision de la chambre d’accusation ». En Septembre dernier, la deuxième Chambre d’instruction du tribunal de la wilaya de Nouakchott-Nord avait renvoyé onze prévenus dans l’affaire du meurtre de l’activiste Souvi ould Cheïne, devant le tribunal pénal de la wilaya, « pour être jugés conformément à la Chari’a et à la loi ». Le bureau d’enquête a approuvé les charges retenues contre plusieurs accusés dans cette affaire, en particulier quatre : Mokhtar ould Isselmou, chef dudit commissariat, ainsi que trois agents de celui-ci ou de la police judiciaire : El Hassan Hamada Soueïdi, Lahbib Ahmedou, et Limam Hamed ; accusés de « meurtre délibéré, tortures entraînant la mort, comportement agressif portant atteinte à la liberté personnelle, utilisation de la violence sans motif légitime et dissimulation de preuves du crime ». La chambre d’accusation avait décidé de libérer trois autres accusés (Hamza, Bedy et Mahmoud) après leur inclusion dans le dossier par le juge d’instruction.

C’est une grande avancée dans ce dossier. Des craintes étaient nourries quant à sa conclusion, suite à l’affectation du procureur de Nouakchott-Nord et du juge d’instruction chargés initialement de le traiter. Le défenseur des droits humains Souvi ould Jibril ould Cheïne était décédé le 10 Février 2023, suite à des mauvais traitements en détention au sein du commissariat de police de Dar Naïm 2. Son corps avait été retrouvé à la morgue de l’hôpital Cheikh Zayed quelques heures après son interpellation. Les résultats de l’autopsie avaient révélé qu’il avait été victime de violences ayant entraîné son décès

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● Ministre de l’Intérieur : « Nous lancerons l’application « My ID » avant fin décembre pour faciliter l’accès aux documents civils »

Taqadomy – Le Ministre mauritanien de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a indiqué que « le gouvernement lancera bientôt l’application « My ID » avant la fin du mois de décembre pour faciliter l’accès aux documents d’état civil ».

Il a ajouté, jeudi, lors d’une intervention au Parlement, que « cette application permettra à tous les citoyens de s’inscrire sur le registre des documents sécurisés, y compris pour acquérir les cartes d’identité et les passeports ».

« L’application permettra à chaque citoyen, où qu’il soit au monde, de rester chez lui, de sortir son téléphone et d’effectuer toutes les démarches, en l’occurrence la saisie des informations et l’upload des photographies, et accomplir lui-même les formalités de passeport, par téléphone, qu’il Il pourra retirer ensuite à l’agence de documents sécurisés assurés la plus proche », souligne Ould Mohamed Lemine.

« L’application lui donne également la possibilité de désigner par téléphone une personne pour le retrait en son nom desdits documents et des actes de naissance, de mariage et de décès », révèle-t-il.

« Cette application fournira le service en arabe, en français et en anglais. Elle facilitera l’accès des citoyens aux documents sans files d’attente, ni médiation. Elle est sans précédent dans la région », précise le Ministre.

Il est à noter que les citoyens souffrent de difficultés à obtenir ces documents, en raison de l’affluence constante devant les centres de l’agence nationale du registre de la population et des documents sécurisés.

•Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770374

● Communiqué de remerciement de l’ARDJE

Paris le 27 novembre 2023

L’association des ressortissants de diogountouro pour la justice et l’égalité (ARDJE), domiciliée à Epinay-sur-Seine en France, remercie les militantes et militants des droits de l’Homme d’être venus massivement ce dimanche 26 novembre 2023 à la Place de République pour dénoncer l’immixtion du député mauritanien Sidiney Sokhana (le féodal et l’esclavagiste soninké) dans l’arrestation et la détention arbitraire de nos frères et amis à la maison d’arrêt de Selibaby. Monsieur le député Sidiney Sokhana, a été cité nommément par Issa Komé Dramé de Diogountouro dans un audio accidentel ; le contenu de cet audio est entre les mains de la justice.
Nous remercions également le député français de la Seine-Saint-Denis, Eric COQUEREL et sa coordinatrice d’être venus joindre à nous à ce sit-in à la place de la République. L’ARDJE a exposé le cas de Sidiney Sokhana aux députés français de l’opposition. Comme en témoigne la présence de Monsieur COQUEREL, député de la France-insoumise lors de notre sit-in du 26 novembre 2023.
Par ailleurs, l’ARDJE réaffirme son attachement au principe de la séparation des pouvoirs en République islamique de Mauritanie et au respect de l’indépendance de la justice, à l’impartialité des magistrats et à la présomption d’innocence. La présomption d’innocence est un principe directeur de la procédure pénale en droit mauritanien. Enfin, l’ARDJE remercie tous les militants et sympathisants de GAMBANAXU d’être venus massivement à ce sit-in du 26 novembre 2023. Le combat pour la justice et l’égalité continue pour toujours.

Bureau exécutif de l’ARDJE

● Mauritanie : 2 anciens officiers militaires veulent « renverser » le président Ghazouani [Alakhbar]

ALAKHBAR (Nouakchott) – Un ancien commandant de la marine mauritanienne du nom de Ahmed Ould Hasna, a annoncé, jeudi, dans un communique filmé, la création d’un Front pour le Changement, avec comme objectif de « renverser le régime du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. »

Le communiqué a été signé par le médecin colonel à la retraite Sidi Ali Ould Bakar et lu par Ould Hasna.

La vidéo présente également deux autres individus en uniforme des forces armées mauritaniennes, portant des cagoules.

● Lien média https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0ADdT5bKdwM7vYkn9JHMBCrxSmCfWNBtm76JRsAvDDRVZ6jiuewrznLz8X9vov9rcl&id=100084897216595

● Mauritanie : arrestation de présumés convertis au christianisme

Alakhbar – La police de la République Islamique de Mauritanie a arrêté trois individus à Sélibabi (Guidimakha -Sud), soupçonnés de s’être convertis au christianisme et de propager cette foi, a appris Alakhbar, jeudi, de source locale.

La source a ajouté que la Police est à la recherche d’autres personnes impliquées. Les arrestations font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des personnes participant à un baptême selon les rites chrétiens.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770357

● La prééminence des questions nationales sur la doctrine de la politique étrangère. | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Que des Palestiniens et Israéliens s’entretuent et se livrent à une bataille sans fin, l’esprit et la raison peuvent l’entendre et le saisir.
Nous disons tout simplement qu’ il s’agit de la continuité des guerres de religion.

Pour les Israéliens, il s’agit de conquérir un territoire identitaire pour mettre fin à l’errance d’un peuple : un espace vital. Et pour les Palestiniens, c’est d’abord une question de dignité; il ne faut rien céder, en opposant à l’envahisseur une résistance farouche pour ne pas se faire voler un héritage sacré.

Et cette guerre est l’une des injustices les plus vieilles du monde face à laquelle la communauté internationale péche par une partialité et un silence assourdissant à crever les yeux.

En revanche, ce qui est difficile à expliquer, à accepter et à soutenir, c’est le massacre de Mauritaniens par d’autres Mauritaniens, tous militaires de surcroît ayant servi tous sous le même drapeau national et porteurs des mêmes valeurs islamiques.

La pendaison de 28 négro-Mauritanien dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 par leurs frères d’arme pour célébrer de façon sadique et cynique la fête nationale est digne d’un film d’horreur.

Crimes odieux, parjure irréparable. Absence d’humanité, négation de toute religion et morale.
Cette histoire douloureuse, cette page sombre, cet épisode difficile à raconter, à soutenir et à occulter restera toujours présent, pesant et bourdonnera dans les oreilles et la conscience de tout Mauritanien juste, soucieux de l’unité et la cohésion nationales.

Aucune répression, banalisation jusqu’à la diabolisation, aucune politique nauséabonde et négationniste ne réussira à faire oublier ou effacer ces crimes.
Même le temps, qui en d’autres circonstances efface les preuves et la douleur des victimes par sa force, sa capacité corrosive et évanescente ne réussira à « diluer » cette tragédie.

Seule la justice pourra panser les coeurs saillants. Cette justice attendue désespérément depuis 33 ans par les veuves et orphelins, par une partie du peuple Mauritanien interviendra, un jour comme une espèce de garrot qui arrêtera l’hémorragie et les larmes des familles explorées.

Les Palestiniens sont dans une logique de guerre avec Israël. Chez nous, les événements meurtriers des années 90 – 91 n’avaient rien de tel. C’est un État qui a planifié le massacre de ses fils sur la base de considérations politiques, fallacieuses et schizophrènes.

L’unité nationale se construit sur des valeurs communes qui fédèrent et fraternisent.
L’orphelin comme la veuve Israéliens à l’image de ceux issus des rangs des négro-mauritaniens des années de braise cherchent une seule chose : justice .

Certains comportements inhibent les efforts consentis de manière disjointe dans l’ancrage de la cohésion nationale par les différents régimes qui se sont succédé.

La compassion excessive pour un peuple meurtri au nom des idéaux de notre politique étrangère au détriment d’une partie du peuple, de nous-mêmes. C’est un manque de décence, de l’antipatriotisme qui ne nous rassemble et nous fragilise davantage.
La Mauritanie et les Mauritaniens d’abord tel doit être la doctrine de nos gouvernants.
Cette prééminence des questions nationales et de la citoyenneté doit guider notre politique étrangère pour qu’elle soit cohérente et pertinente.

Seyré SIDIBE

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