À lire cet élément média https://aidara.mondoblog.org/2017/05/15/de-gouraye-a-nouakchott-lodyssee-dun-indesirable-de-republique/ signé par le journaliste Cheikh Aidara. Une publication de courant mai 2017 sur le traitement scandaleux subi par le président Biram Dah Abeid qui voulait visiter paisiblement le Guidimagha. Arrivé à Gouraye dans la journée du 7 mai, le leader abolitionniste avait été cerné manu militari et expulsé par une escorte de gendarmerie jusqu’à la sortie de la région. Également le même scénario jusqu’à Aleg et finalement mis sous contrôle strict vers Nouakchott.
Dans ce Guidimagha, une délégation RAG- IRA qui voulait initier des implantations de sections, avait été convoquée par les autorités régionales et finalement expulsée aussi. Certains coalisés anti-biram d’aujourd’hui qui considèrent qu’il se serait rallié au régime actuel, étaient silencieux sur ce que lui arrivait et il y en a même qui étaient contre sa visite dans nos localités où la question féodalo-esclavagiste faisait beaucoup de bruit entre les militants abolitionnistes soninkés et les défenseurs d’un statu quo sociétal.
À l’époque, le régime voyait la mouvance militante droit-de-lhommiste et politique comme un ennemi officiel du pays à éradiquer méthodiquement. Aujourd’hui des choses ont changé sensiblement par rapport l’approche du pouvoir actuel sous la direction du président Mohamed Ould CheikhEl–Ghazouani. Le reconnaître sincèrement et ouvertement fait partie d’une maturité dans la mobilisation revendicative pour tout militant doté d’une certaine vision patriotique et pragmatique. L’adaptation dans des nouvelles circonstances ne signifie pas un renoncement sur les principes fondamentaux.
L’édification d’un véritable État de droit dans un pays ne se fait pas comme la construction d’une villa en quelques semaines. Il en faut plus, un processus cadré de concertations sincères en mettant toutes les cartes sur la table entre fils de la Nation. Et le dialogue qui s’annonce pourrait être une occasion historique pour l’instauration d’un Nouveau pacte Républicain où la Confiance mutuelle au sein du Peuple sera l’anse indestructible par la Grâce d’Allah.
« Selon les échanges que j’ai eus avec les hautes autorités politiques du pays, il y aura dans moins d’une semaine, une proposition de dialogue et de concertation par thématique »
Le Rénovateur : Après les élections présidentielles de 2019, votre mouvement continue-t-il sur la même dynamique de contestation et de dénonciation des violations des droits de l’homme en Mauritanie ?
Biram Dah Abeid : Je vous remercie infiniment. En effet , notre mouvement IRA -MAURITANIE est toujours animé des mêmes objectifs et de manière inlassable, objectifs qui sont : la fin du racisme domestique et d’ Etat, la fin de l’esclavage , la rupture avec les violations de droits de l’homme et avec tous les anachronismes, tous les restes de l’arbitraire au sein de l’appareil d’Etat mauritanien. Donc nous restons sur cet objectif, sur ce programme, sur cette ligne. Néanmoins, le pouvoir a changé de fusil d’épaule. Comment le pouvoir a changé de fusil d’épaule ? : Du temps d’Aziz c’était l’attaque frontale, la violente physique morale politique et sociologique contre les défenseurs des droits de l’homme que nous sommes, contre le parti Rag. Depuis son arrivée au pouvoir, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a adopté une nouvelle approche dans ses rapports avec nous. Il dit mettre fin aux campagnes de diabolisation dont son prédécesseur faisait tous azimuts contre IRA et contre le parti Rag. IRA n’est plus traité dans le discours officiel comme ennemi de la République, de l’islam, de la nation, un valet des juifs et des impies, comme 5ème colonne de l’occident. IRA et le parti Rag , leurs dirigeants et leurs militants ne sont plus traités et considérés comme des pyromanes , des racistes, des violents, des criminels, dans le discours officiel . Il l’a été mis fin aux arrestations, aux harcèlements, à la torture des gens de IRA du moins jusqu’à présent, jusqu’à preuve du contraire. Il a été mis fin à la privation de IRA, du parti Rag, et de leurs militants de se réunir , du droit de contact avec leurs partisans à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Comme vous le savez, nous étions interdits de déplacement à l’intérieur du pays sous l’ancien régime, sauf pendant les moments d’élections. Maintenant IRA et le parti RAG se réunissent au grand jour , tiennent leurs conférences de presse au grand jour où ils veulent et quand il veulent ; ceci tranche beaucoup avec le temps de l’arbitraire ; Et aussi nous sommes entrés dans une phase de règlement des tares de la gouvernance démocratique et en concertation avec le pouvoir. C’est pourquoi on a discuté avec le pouvoir et on a réussi à obtenir le système déclaratif pour les associations. Désormais il n’y aura plus d’organisations non reconnues dès que cette loi qui a déjà passé par le parlement, entre en vigueur. Avec la même démarche, on va apporter au régime des partis politiques la même dose et le même apport pour normalise la situation de tous les groupes et mouvements politiques et des droits de l’homme. Donc cette phase va inaugurer le règlement et la normalisation de la situation de tous les partis et mouvements qui étaient interdits ou non autorisés ou non reconnus.
Le Rénovateur : Par rapport à ce que vous venez dire au sujet de cette reconnaissance dont vous vous réjouissez, est ce qu’on a espoir que bientôt IRA , Rag et toutes les autres organisations politiques , associations non reconnues pourront l’être très bientôt ?
BDA : Ah oui très bientôt, avec le système déclaratif qui a été voté en faveur des associations, IRA, ne touche pas à ma nationalité et toutes les autres associations des veuves, des rescapés, d’orphelins vont profiter de cette reconnaissance de fait et vivre désormais dans un cadre cadre légal. Et après cette phase, on va attaquer une autre phase de discussions avec le pouvoir sur le règlement de la situation des partis politiques comme le Rag et le FPC et d’autres pour qu’ils trouvent aussi dans cette nouvelle phase de gouvernance plus démocratique, sous ce nouveau régime législatif, une nouvelle vie dans l’apport militant et la compétition politique. Dans ce cadre de normalisation de l’Etat de droit, notre situation qui n’est plus une situation de confrontation physique et juridique avec le pouvoir. Le pouvoir d’avant Ould Ghazouani était dans une logique de confrontation physique et juridique avec nous, maintenant la situation tant vers l’apaisement, la concertation et le respect réciproque. Avant on n’avait pas le droit de se réunir, c’est la répression de toutes les réunions, de toutes les manifestations, la tendance même à éradiquer notre existence physique. Et maintenant ce n’est plus le cas. Notre confrontation avec le pouvoir en place, s’inscrit dans une confrontation d’idées et de programme politique comme en toute démocratie; Mais il faut dire que sur les questions de fond , le pouvoir actuel n’a pas encore bougé sur les questions de l’esclavage , du racisme domestique et d’Etat sur le passif humanitaire , la situation des déportés au Sénégal, au Mali , l’état de la diaspora mauritanienne constituée surtout de negro-mauritaniens qui ont quitté la Mauritanie sous le poids des pesanteurs, contraintes et menaces du racisme d’Etat pendant les années de braise et d’exclusion. Ces situations requièrent l’application des remèdes importants proposés dans notre programme politique, dans notre projet de société pour la Mauritanie de demain. Donc sur la question de la forme de la démocratie nous sommes en train de normaliser nos relations avec le pouvoir et ses rapports toutes les autres communautés politiques et des droits de l’homme qui étaient en conflit avec le régime précédent et dont les droits d’existence étaient mis en cause , de même que leur sécurité.
LR : Tout récemment certains milieux politiques ont prêté au Président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani une offre de dialogue social au lieu d’un dialogue politique. Si oui, pensez vous que le jeu en vaut la chandelle ?
BDA : Ecoutez, une voix autorisée du pouvoir du président Mohamed Ahmed Cheikh El Ghazouani a récusé ce terme de dialogue social en se défendant que le régime en est l’instigateur de cette formule. Néanmoins le président avait évoqué avec nous un dialogue par thématique, une concertation thématique plutôt. Il récuse le mot dialogue … Pour notre part , on n’y voit pas d’inconvénients dès lors que toutes les thématiques importantes et déterminantes soient inclues telle que la thématique de l’unité nationale, à savoir l’esclavage et ses séquelles, la cohabitation et le passif humanitaire y compris la question des déportations, les disparitions forcées, les expropriations des biens notamment terriens … On peut néanmoins escompter de manière imminente selon les échanges que j’ai eus avec les hautes autorités politiques du pays qu’il y aura une proposition de dialogue et de concertation par thématique qui inclut non seulement la gouvernance démocratique : c’est a dire le recensement, la liste électorale , le code électoral, le découpage électoral , la commission électorale nationale indépendante etc… Mais aussi une autre thématique qui concerne l’unité nationale, la question des passifs et actifs lourds, constitués des disparations forcées , des déportations , des expropriations des terres, de la problématiques des langues etc, il y aura aussi des thématiques sur l’indépendance de la justice, sur l’environnement, l’écologie , les industries extractives , les richesses du pays , l’extraction et la distribution des richesses . Bientôt de manière très imminente, dis- je, dans moins d’une semaine il y aura le déclenchement d’une proposition en ce sens.
LR : Combien de fois aviez été reçu par le président de la République depuis son arrivée au pouvoir et sur quoi ont porté vos discutions ?
BDA : J’ai été reçu trois fois par le président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani. La première fois après son installation, deux ou trois mois après son investiture je me rappelle bien avoir fait une conférence de presse pour rendre compte aux médias. Mais après cette rencontre, (le chat échaudé craint le froid), j’ai cru déceler la continuité de la même gouvernance arbitraire exclusionniste raciste, sectariste anti-droit de « l’hommiste » et anti-démocratique. C’est pourquoi les 17 et 18 février 2020 à Genève lorsque je recevais le prix du courage de la conférence de Genève sur les droits de l’homme et la démocratie, j’ai attaqué de manière acerbe le pouvoir et son développement à mes yeux qui représentaient un redéploiement du racisme d’Etat qui se conjuguent avec l’apartheid. Après cette véhémente sortie qui vient du cœur, sans calcul, le contact a été renoué entre le Président de la République et moi. On s’est beaucoup expliqué et le Président m’a démontré qu’il veut faire des pas en avant concernant la déconstruction de l’arbitraire dans le domaine démocratique. Evidemment, ma principale revendication n’est pas que le président Ghazouani substitue mon projet de société au sien. Loin s’en faut ! Ma revendication majeure est que la compétition démocratique entre nous et eux , entre nous en tant qu’opposition de principe , opposition de programme à ce pouvoir soit garantie pour que nous ayons aussi des partis et des organisations reconnues qui peuvent competir légalement, mais aussi que les institutions d’arbitrage de la démocratie soient revues et refondées comme le recensement des populations, le recensement électoral, le code électoral, la CENI, le conseil constitutionnel le découpage électoral … Si on obtient à refonder tous ces paliers sur lesquels se greffe l’arbitraire démocratique, si on réussit à lessiver tous ces niveaux de la chaine de l’arbitrage démocratique, pour en faire de véritables institutions d’arbitrage, personnellement, je pense que dans une compétition légale et démocratique, nous allons gagné et nous allons prendre le pouvoir de manière démocratique par les urnes. Donc c’est sur ces points que nous nous sommes focalisés dans nos échanges et nos négociations avec le pouvoir au lieu de se focaliser sur les questions des programmes politiques des uns ou des autres. De toutes les façons notre programme et le leur sont opposés et sommes sûrs que le notre aura la victoire si on fait une compétition sur un terrain de neutralité démocratique ouvert. En prenant l’exemple de Mandela qui a exigé du pouvoir de l’Apartheid d’accepter d’introduire un principe majeur :« un homme une voix », l’ANC balaya le pouvoir ségrégationniste sans coup férir.
LR : Tout dernièrement vous avez qualifié de non événement la dissidence d’un groupe au sein de votre mouvement pourquoi une telle qualification ?
BDA : En vérité ça ne constitue pas un événement au sein de IRA parce que vous pouvez bien vous rappeler en tant que journaliste que le premier président du parti Rag a fait défection avec son secrétaire général en 2014. Est- ce que cela a diminué les forces d’IRA dans les compétitions démocratiques qui ont suivi ? Plusieurs présidents , vice –présidents de IRA, dans l’histoire militante de notre mouvement, ont fait défection et ont apporté de l’eau au moulin de Aziz dans les temps forts de sa compétition avec nous, de son acharnement contre nous. Vous pouvez les compter ils sont plus de 4 ou 5. Est ce que ça a diminué la force de IRA? son rayonnement à l’intérieur et à l’extérieur ? où jusqu’ en 2020 chaque année IRA récolte un ou deux grands prix internationaux! et en 2019 la mouvance IRA/RAG a battu toutes les coalitions des partis dans la consultation électorale présidentielle . Imaginez vous le parti Tawassoul, un parti d’envergure au parlement avec toute son audience nationale et internationale. Vous savez que le candidat du partit RAG et de IRA ont battu à plate couture tous les candidats des différentes coalitions de l’opposition et mis en échec le candidat du pouvoir!!! Des coalitions qui sont soutenues par les plus grands argentiers du pays, par tous les mouvements de gauche, les mouvements identitaires ou de revendications citoyennes comme, Elhor, Flam, Touche-Pas-Ma-Nationnalite, le Manifeste Hratin, les grands partis politiques historiques: Rfd, Ufp, App, Ajd-Mr, toutes ces grandes coalitions ont été dépassées et parfois de très loin par la force charismatique, populaire et organisationnelle de Ira-Rag! Donc il est ridicule que nous nous attardions à répondre à de petites manigances insignifiantes d’un argentier ivre de de soif du pouvoir et de maladresses juvéniles mortelles. Est ce que les tâtonnements amateurs de Bouamatou peuvent constituer un événement plus que les coups fourrés de son cousin Aziz ?quand les départs de IRA se comptent par dizaines, de grands dirigeants ? C’est moins et plus maigre que du déjà vu , c’est un non événement.
LR : Aujourd’hui est-ce vous pensez que la bipolarisation politique, c’est-à-dire le pouvoir contre l’opposition, l’opposition contre le pouvoir, s’est effritée depuis l’arrivée du président Ghazouani ?
BDA : Moi je considère que c’est une veillée d’arme. Je pense qu’il y a partis d’opposition et partis d’opposition donc les oppositions ne sont pas les mêmes; Il y a des partis qui étaient d’opposition mais opposition par rapport à quoi ? Beaucoup de partis d’oppositions ne sont pas des ’oppositions de programme politique. J’avais toujours dit que la majeure parti des formations d’opposition sont des cousins germains du parti au pouvoir parce que leur opposition est une opposition dans le système mais ce n’est pas une opposition contre et en dehors du système. Nous et peut être un autre courant, nous sommes une opposition contre le système et en dehors du système. Mais la majorité des partis d’opposition épousent les mêmes principes, les mêmes dogmes que le système. Par exemple cette opposition qui n’est pas contre l’esclavage, qui ne sent pas qu’il y a du racisme en Mauritanie, une opposition qui s’émeut de l’incinération des livres comme s’en émeut le pouvoir. Une opposition qui considère le discours anti-esclavagiste et le discours anti-raciste comme un appel a la guerre comme un appel au racisme comme de l’extrémisme gratuit. Donc cette dernière opposition qui est cousine germine du pouvoir elle s’est effritée bien sûr parce qu’elle ne dira pas mieux que ce que dira Ould Gazouwani et les gens qui sont avec lui. C’est pourquoi elle n’est plus une opposition. Mais notre opposition à nous et l’opposition de notre courant sont des oppositions de principe, d’idées, de programme, de vision opposés au pouvoir en place. Je considère que nous sommes dans une veillée d’armes, dans une période de concertation et d’accord sur les questions de la démocratie et de la forme de la démocratie. Nous nous concertons avec le pouvoir, sur les outils l’arbitrage démocratique. Mais quand on revient aux questions de fond, il y aura une confrontation politique entre nous et le pouvoir en place, parce que nous sommes pas d’accord sur les questions de fond .
LR : Vous pensez qu’aujourd’hui comme vous venez de le dire le pouvoir ne s’est pas encore réellement attaqué a ces questions de fond l’esclavage, avec tout l’arsenal juridique qui est mis en place , le racisme , les inégalités dans l’emploi , les disparités sociales ….toutes ces questions demeurent entières ?
BDA : Toutes ces questions de fond comme la question de l’esclavage et de ses séquelles, la question du racisme et du passif humanitaire, la question des disparités sociales, la question de l’injustice sociale, la question de l’exclusion économique, l’exclusion de l’emploi. Ces questions restent en l’Etat sauf de légères avancées dans la question de l’emploi des jeunes déshérités qui commencent à bouger. D’ailleurs avec nos incessantes demandes et propositions et nos incessants appels et tentatives d’avancer. Sur ce point, il y a de légères avancée sur la question de l’emploi des jeunes des communautés exclues mais toutes les autres grandes questions restent en l’Etat .Je pense que le pouvoir ne s’est pas encore attaqué à ça et je doute que le pouvoir va exceller dans le règlement de ces questions. Mais le fait d’ouvrir le champ de la compétition démocratique nous permettra de prendre le pouvoir et de les régler.
LR : une certaines opinion dit que ces derniers temps vous n’êtes pas trop loquace vous ne parlez pas beaucoup, vous ne voyagez pas beaucoup, qu’en est-il ?
BDA : C’est vrai que je ne voyage pas beaucoup notamment à cause du covid 19 et la difficulté des déplacements des voyages internationaux, la fermeture des aéroports internationaux. Mais ce qui est en jeu maintenant est une situation qui requiert de l’avancement sur le chantier de la reconstruction de la confiance entre les partis, entre les différents segments politiques du pays qu’ils soient celui du pouvoir ou celui de l’opposition et je pense qu’à notre niveau, nous sommes en perpétuelles échanges et discussions avec les autorités du pays. Donc nous devrions être ici dans le pays pour suivre et pour pousser les choses à l’avant par notre présence, par nos interventions par les discussions que nous animions avec les autres, Euh, je pense aussi que cette période est une période d’expérimentation d’une autre posture qui n’est pas la posture de confrontation systématique avec le pouvoir pendant la décennie passée. IRA et RAG et nous-mêmes, avons excellé dans la confrontation systématique avec le pouvoir jusqu’a ce que les mauvaises langues disaient : « les gens de IRA ne peuvent être utiles que dans le domaine de la confrontation. » Dans le cadre de l’apaisement ils n’ont pas d’idées ils sont limités. Des mauvaises langues, c’est- à- dire toutes ces personnes qui sont en échec toujours dans leur vie et qui sont incapables de créer eux- mêmes autour d’eux une existence politique , une existence publique réelle et qui s’adonnent aux ragots et aux médisances, aux critiques, ils ont déjà avancé a plusieurs reprises cette critique. Et Bien, nous, nous sommes capables de bien vivre et de bien tiré notre épingle du jeu dans toutes les postures que ce soit dans la posture de la confrontation parce que nous somme courageux, nous sommes déterminés et nous sommes animés de l’esprit de sacrifice nécessaire. Nous pouvons aussi tirer notre épingle du jeu dans les situations d’apaisement et de dialogue, parce que nous sommes intelligents parce que nous sommes subtiles, nous avons les idées, l’esprit de création et l’esprit de proposition.
LR : Autrement c’est un changement de stratégie ?
BDA : C’est un changement de stratégie face aux stratégies du pouvoir. Nous ne pouvons pas rester dans le carreau, le pouvoir ne peut pas être subtil et élégant devant une opinion publique nationale et internationale, et nous, nous restons, et nous démontrons notre idiotie et notre manque de créativité ! Il faut à chaque situation, sa réponse qui lui est conforme.
LR : Si vous avez à comparer Ghazouani et Aziz, quels sont les critères sur lesquels vous allez vous fonder pour établir cette comparaison ?
BDA : Je pense que Aziz était un dictateur il ne donne le pouvoir ni a la police ni aux juges ni aux ministres ni aux directeurs des sociétés d’Etat, il intervenait dans tout, décidait de tout à tous les échelons ; je pense que Ghazouani est tout a fait le contraire. Il laisse à tout un chacun dans chaque secteur, qu’il soit ministre ou autre fonctionnaire, il leurs laisse la liberté de gérer, de décider et d’agir. Et c’est la une différence fondamentale. L’autre différence est qu’Aziz utilisait dans sa gestion quotidienne le principe que celui qui n’est pas soumis à moi est contre moi et je suis contre lui ; je vais le charger et l’enfoncer. C’est pourquoi Aziz passait tout son temps à charger tout le monde, à mettre les bâtons dans les roues pour tout le monde. Il se créait des ennemis partout ; il ne peut pas souffrir qu’il a un adversaire et que cet adversaire n’est pas un ennemi. Aziz ne peut pas souffrir ça, il ne peut pas supporter ça. Contrairement à Aziz, Ghazouani pense que ses adversaires ne sont pas ses ennemis. Il pense que ses adversaires politiques n’ont aucun problème personnel contre lui et il n’a aucun problème personnel contre eux, Il n’a pas à se venger d’eux…
Conter un jour peut compter en témoignage dans le futur. Ainsi à travers cet élément, je mettrai quelques clichés d’un bref voyage – visite au sein de mon pays, la Mauritanie.
Le départ, c’est Maintenant. Vue aérienne – Conakry (Guinée)Instant Marché – Nktt Instant Marché – Nktt Instant Marché – Nktt Instant éleveur Endroit – Mosquée de Quartier Vue – Grande Mosquée de Dafort Une vieille machine à coudre dans une autre vie (point d’accroche)La fourrière légendaire – Dafort Une école historique – nos premiers mots d’instruction c’est par là. Il mérite beaucoup d’honneur pour services rendus. Beaucoup de souvenirs… ici parmi les premiers points d’accès public à l’internet fin des années 90 – début 2000. Une école bien nommée « LA GÉNÉRATION ATTENDUE »Un institut d’études islamiques chez Prof Moussa Diarra Pour ne pas les oublier !Frigo naturel et écolo Instant Bourgade de bergers. Un fidèle paisiblement Tracé visuel d’un avion – Zone Dafort Place d’accueil officiel – Zone de la Mairie Dafort Briques en banco L’engrais naturel – instant Jardin Vi.(e).t naturellement Pour ne pas oublier. Point robinet public – Dafort Poste de Santé – Dafort Inscription Interrogative : Favela à Dafort ?Vue Mosquée saoudienne – Nktt Chien Aide contrôleur des produits droguant – Route Nktt Vue Nktt Chez Docteur Yassa A Coulibaly – Maurilab Bazins et tissus au top Nktt, chez Samba Bosso Traoré, Tél +222 46 93 37 90Chez Un poulailler , l’ingénieux entrepreneur Camara Sikhou Moussa Tél +222 27 03 10 48Chez Moussa Optical. Un grand-frère au grand cœur. Chez le grand-frère d’Optikos, Bakary Ali Sidibé L’homme de médias , Lassana Camara Une animation Marché des Poissons au bord de la Mer Nktt Du bon poisson tout frais – Nktt Le président Biram, Respects. Zone – Jardins environ Sebkha Aéroport International Oum Tounsi – NkttCarrefour Nouadhibou – NkttLe retour, c’est maintenant.
Les événements qui marqueront l’histoire d’une nation n’ adviennent presque jamais avec leur certificat d’authenticité. C’est à ceux qui vivent de tels évènements de prendre la mesure de leur portée véritable en saisissant le sens profond de leur opportunité…pour ne pas la perdre précisément. Le dialogue que 14 partis du pouvoir et de l’opposition entendent mener, hors de toute pression et dans l’apaisement releve sans aucun doute de cette opportunité historique qu’aucun sentimentalisme petit-bourgeois ou qu’aucun subjectivisme petit feodal ne devraient faire perdre de vue. Il faut lire et bien lire ce passage de leur Déclaration du 24 février 2021 et en comprendre la portée historique potentielle : « La coordination des Partis représentés au Parlement considère que le moment est venu d’engager un DIALOGUE, réunissant la classe politique nationale dans son ensemble, partis et acteurs politiques, en vue de jeter les bases d’un PACTE REPUBLICAIN, fondé sur les principes d’ équité, de justice et d’ égalité, qui protège les libertés individuelles et collectives. Un Pacte qui sert de fondement à un SYSTEME DEMOCRATIQUE solide et bien enraciné et contribue, de manière constructive, au maintien de la paix sociale et au renforcement de l’unité nationale, loin de considérations étroites, à caractère racial, ethnique, tribal ou régional« . Voilà le cadre global dans lequel cette initiative ABSOLUMENT sans précédent voudrait s’inscrire. Nous sommes en face de notre Histoire. Ne ratons pas encore cette opportunité…
Depuis sa guerre ouverte contre l’omnipotent et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, le nombre de snippers braqués sur Birame Dah Abeid a augmenté d’une manière vertigineuse comme les prix des denrées de première nécessité. Par les temps qui courent, et au vu de la conjoncture assez difficile, les primes offertes attirent de plus en plus de plumitifs désargentés et déshumanisés.
Heureusement que Birame préfère que les « chiens aboient et que la caravane passe », sinon beaucoup de ces diffamateurs seraient en train de moisir aujourd’hui en prison. Et c’est pour cela certainement que la hardiesse des tireurs de marrons s’en est trouvée décuplée, les poussant à rivaliser en insanités et en mensonges mal ficelés pour s’en prendre à un homme politique dont l’ascension gêne quelque part quelques ambitieux qui préfèrent baliser leur marche vers la présidence sur un tapis d’insanités, de ragots infondés et d’insultes, l’arme des faibles.
Birame a-t-il bradé les caisses de l’Etat ? A-t-il escroqué quelqu’un ? Les services de renseignement ont-ils trouvé au cours des multiples assauts et emprisonnements qu’il a subis, la moindre preuve de malversation financière ? Quelqu’un a-t-il jamais porté plainte contre lui pour escroquerie ? Détient-on contre lui des preuves d’enrichissement illicite ? Nada.
Le problème est que Birame dérange beaucoup de milieux. C’est l’opposant qui a reçu le plus de coups d’adversaires aussi divers qu’inattendus. Ceux qu’il a défendus corps et âmes quand ils étaient mal en point, ceux qu’il a soutenus dans leurs moments d’isolement, lorsque même leurs tribus, amis et proches les fuyaient, sont ceux-là même qui se retournent aujourd’hui contre lui. Il n’y a pas attitudes plus ingrates que celles-là.
Ce qui est sûr, de tout ce qui se dira ou se manigancera dans les rangs de ses sympathisants ou de ses soutiens, rien n’affectera le destin qu’Allah lui a tracé. Il est de coutume que les grands hommes dans l’Histoire de l’Humanité soient ceux-là même qui se sont faits le plus d’ennemis et ceux qui ont rencontré sur leur chemin le plus d’embûches et d’obstacles.
Hacen Lebatt – Jeudi dernier, le 7 janvier, le président de l’UPR Sidi Mohamed Ould Taleb Amar réunit ses cinq adjoints : Mohamed Yahya O. Horma, Djindah Bal, Yahya O. Waghf, Salka Bilal Yamar et Khalil O. Tayeb, en plus de Sid’Ahmed O. Rayès, le responsable des relations avec les autres formations politiques.
Selon l’agence Al Akhbar, le président du parti informe ses plus proches collaborateurs que l’idée d’un dialogue, à caractère social, est actuellement en discussion, sans en préciser les contours et encore moins le calendrier. Il leur demande de garder le secret.
Le lendemain, le site en question dégoupille la bombe quand il évoque « la volonté du Président de la République d’organiser un débat social » fin de citation.
Il va de soi que si le Président souhaitait mener une telle ouverture, il allait l’annoncer par le canal habituel, à savoir le ministre secrétaire général de la présidence ; s’il s’agit d’une concertation thématique, alors l’annonce reviendrait soit au ministre de l’enseignement supérieur, porte-parole du gouvernement, soit au département concerné, en l’occurrence le ministère des affaires sociales. Cependant, le parti au pouvoir – tout au plus un partenaire parmi d’autres du dialogue – n’est nullement habilité à en proposer ni prédire la tenue.
L’UPR doit d’abord revoir ses mécanismes de décision, ensuite se pencher sur la légitimité de son directoire. En effet, ce parti est dirigé par des personnes certes méritantes pour la plupart mais dénuées de la moindre forme de légitimité populaire. Il est d’usage qu’un parti politique moderne se dirige d’abord vers la base, afin d’y asseoir une implantation saine ; la disponibilité des adhérents, à occuper les échelons de la direction fait l’objet d’une communication contradictoire, avant le dépôt des candidatures et, enfin, le vote des adhérents.
Or, le 28 décembre 2019, l’UPR a convoqué un congrès au cours duquel une foule aussi docile que pathétique et de bonne foi écoutait des discours creux, toute la journée ; les délégués se sont séparés et répartis en ateliers thématiques dont la qualité oratoire laissait à désirer. A 17h, ils apprenaient qu’un nouveau venu serait parachuté à leur tête ; la plupart d’entre eux n’en avaient jamais entendu parler.
Jusque-là, l’UPR n’arrivait pas à remplir sa mission et tout le monde semble s’accommodait d’un tel relâchement. Après tout, murmurait-on, ils se font discrets et évitent le culte de la personnalité, que demander de plus ? A présent l’UPR devient un problème, en soi, puisqu’elle parasite l’action du Président de la République et ce n’est pas le démenti tardif de ce matin qui viendrait réparer autant de bévues sédimentées.
Initiatives News – L’ouverture d’un dialogue national sur les grandes questions pendantes en Mauritanie avait été l’une des principales revendications de l’opposition qui l’avait demandé à cor et à cri tout au long de la décennie écoulée marquée par une crise politique qui avait asphyxié le pays.
L’arrivée au pouvoir du président Ghazwani a permis un dégel miraculeux qui a tourné à l’union sacrée, la crise de la Covid aidant. L’opposition était redevenue fréquentable et le tapis rouge lui était étalé au palais présidentiel et au niveau des autres instances de l’Etat.
Cette normalisation des rapports entre le pouvoir et l’opposition permet désormais aux deux protagonistes de jouer carte sur table et d’accorder leurs violons dans l’intérêt supérieur de la nation.
C’est dans ce contexte fort propice que va se tenir le dialogue social tant attendu, un dialogue qui intervient après une large concertation entamée par leprésident Ghazwani qui a reçu et qui continue à recevoir tous les acteurs de la scène politique et sociale.
Ce dialogue en vue qui se veut purement social devrait plancher sur la question lancinante de l’unité nationale. Il s’agira notamment d’en définir clairement les contours et d’en consolider les bases.
Et pour ce faire il serait impératif de jeter des bases solides d’une école mauritanienne profondément ancrée dans les réalités nationales et qui sera le garant de l’unité et de la citoyenneté, une école qui produira des citoyens égaux en droits et en devoirs.
Autre point fondamental à régler au cours de ce dialogue, celui du passif humanitaire qui continue à menacer dangereusement l’unité nationale.
Il y a aussi le problème de l’esclavage qui serait au menu, une autre tare qui a fait très mal à l’image du pays et aux victimes elles mêmes.
Les questions de l’exclusion, des inégalités, du partage des ressources et de la bonne gouvernance auront aussi leur place dans ce dialogue social qui devrait établir une feuille de route permettant au pays de sortir de la léthargie et de rattraper le temps perdu après 60 ans d’indépendance.
Il y a lieu par ailleurs de convoquer toutes les forces vives et de faire en sorte que les résultats obtenus, les recommandations soient immédiatement appliquées et n’atterrissent pas dans les tiroirs pour de bon.
En effet, la Mauritanie a besoin d’un nouveau décollage ou voire même d’une refondation. Il est grand temps que les immenses ressources dont regorge le pays et le génie mauritanien tant vanté par nos poètes permettent à nos dirigeants de se surpasser pour mettre le pays sur de bons rails.
En tout cas, l’occasion qui s’offre à nous actuellement est trop belle pour qu’on la gâche. La volonté politique et l’esprit d’ouverture affiché par le président de la République sont des gages de réussite et il appartient à chacun de jouer sa partition.
Les élections au Niger ne doivent pas être source de tension ou de profondes inquiétudes pour entraîner le pays dans le K.O mais doivent servir comme des outils de lectures et de quiétudes.
Le défunt président Mamadou Tandja décédé, mardi 24 novembre 2020, à l’âge de 82 ans à Niamey a été évincé suite à un coup d’État militaire, le 18 février 2010. Il a été libéré en mai 2011. L’ancien président nigérien avait dirigé le pays de 1999 à 2010. Beaucoup de journaux africains et ailleurs nous disent qu’il a été évincé car il voulait modifier la constitution.
Certains observateurs notent avant ce putsch orchestré par Salou Djibo d’importantes négociations sur les accords miniers. Suite aux élections législatives, le militaire Salou Djibo transfert le 07 avril 2011 le pouvoir à l’ancien directeur technique de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR, filiale d’AREVA, Mahamadou Issoufou. Ce dernier est pourtant investi candidat de son parti, le PNDS, le 6 novembre 2010. Il gagnera au second tour face au candidat Seyni Oumarou du MNSD (le parti de Tandja) qui avait obtenu 23,24 % des voix au premier tour. Le président élu fera deux mandats avec sa deuxième victoire électorale en 2016.
Aujourd’hui, le Niger connaît des élections qui débouchent au second tour entre « M. Bazoum, bras droit du président sortant Mahamadou Issoufou, [qui] comptait 1,4 millions de voix, devançant l’ancien président Mahamane Ousmane (675.000 voix) soutenu par le principal opposant Hama Amadou, dont la candidature n’a pas été retenue en raison d’une condamnation par la justice» selon AFP. Pour noter la complexité des politiques en Afrique, Hama Amadou a été un soutien de taille à Mahamadou Issoufou. Cela pousse à dire que le correspondant de RFI à Niamey, Moussa Kaka aura beaucoup de choses à dire concernant ce second tour qui opposera deux figures politiques nigériennes, « issues de la même région malgré les parcours qui diffèrent » dans une bataille politique qui sera rude. Les enjeux et défis sont nombreux comme la sécurité, l’éducation, la santé et l’insertion professionnelle,tutti quanti, dans un pays avec 7,6 enfants par femme.
In fine, on note que depuis 2010, le Niger connaît d’innombrables attentats. Samedi 02 janvier 2020, un attentat aurait fait 56 morts, du côté civil. Et là où les militaires s’attachent au pouvoir dans la région sahélienne, la protection des citoyens n’est plus une priorité car le combat est de monopoliser le fauteuil présidentiel en tant que chef d’Etat. Il faudrait alors des armés républicaines et des politiques qui prennent en mains les destinées africaines. Selon la demande du Juge Feu Keba Mbaye : « le pouvoir est fait pour servir ».
Ne faut-il pas alors des forces africaines pour juguler ce banditisme et terrorisme qui gangrènent les États en Afrique et particulièrement au Sahel? Est-il possible pour un candidat africain de gagner des élections sans que sa communauté ne soit au commandement des forces armées? Machiavel dit que la force est l’essentielle du pouvoir politique. Compte tenu de l’état de la maturité démocratique en Afrique, peut-il y avoir des élections sans intervention des armes, de puissances étrangères et multinationales? Où pourront aller le Niger et le reste de l’Afrique si la tribu, la communauté et l’appartenance ethnique sont des marqueurs de taille pour les élections?
Il reste tout de même à savoir si Mahamadou Bazoum aura le dessus avec un K.O au second tour comme l’on voit écrit noir sur blanc dans la presse. L’homme politique cherche à accéder au pouvoir: c’est sa vocation.
« Nos vies commencent à finir le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent ». Martin Luther King.
« Ceux qui aiment la paix doivent commencer à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre ». Martin Luther King
Ainsi donc disais-je à la fin de la deuxième partie de ma réflexion, que l’endogamie est ce qui renforce le mieux, tout en le pérennisant, le système des castes, ainsi que l’esprit féodal qui sous-tend son détournement social et politique.
En réalité, la question du mariage est centrale chez les Haalpulaar’en. Elle est la clé de voûte qui permet de maintenir intactes les deux institutions les plus conservatrices de notre société : le système des castes et le patriarcat. Car si le mariage préférentiel est un moyen efficace de contrôle du sang et du rang (donc de la reproduction de la logique des castes), il est avant tout un moyen efficace de contrôle de la femme et de sa mobilité dans la société (donc du maintien du patriarcat dans toute sa rigueur). Et le Haalpulaar’en, quelle que soit son extraction sociale, est éduqué dans le sens de ce conservatisme séculaire. Les personnes issues de castes dites inférieures elles-mêmes, qu’elles furent hommes ou femmes, et quel que soit par ailleurs leur degré d’engagement contre l’esprit féodal, auront tendance à vouloir maintenir une forme de prépotence sur la femme, sans forcément faire le lien que je tente d’établir plus haut avec le patriarcat et avec le système des castes…Les conséquences logiques à tirer d’un tel combat sont si douloureuses en termes de renonciation à des parcelles de pouvoir pour l’homme haalpulaar, qu’elles impliquent une grande rigueur avec soi-même d’abord.
Il n’aura donc pas échappé au lecteur que les injustices que je tente de dénoncer dans notre société Haalpulaar sont systémiques. Elles se maintiennent toutes en raison d’une vision globale de l’humain et de sa place parmi ses semblables. C’est donc une réforme en profondeur de la société qu’il faudrait, à l’image de celle que nous avons hélas ratée en 1776 avec Ceerno Sileymaani BAAL et Abdul Kader KAN. Que les descendants d’Almamys n’y voient aucune insulte, il ne s’agit là que d’une critique historique des politiques conduites. L’homme qui écrit ces lignes est lui-même un descendant direct de l’Almamy Moustapha BA de Hoore Foonde, et n’accepterait aucune insulte à sa mémoire, mais pour rien au monde ne tiendrait pour sacrée l’action à laquelle son nom est associé. La critique de notre société, même de ses géniales trouvailles, n’est pas une déconsidération des anciens, mais leur nécessairement dépassement.
Une fois que l’on a dit tout cela, que nous reste-t-il comme perspectives de solution? Quelles mesures pour le court-terme, et quelles mesures pour le long-terme ? Que répondre à ceux qui pensent qu’introduire ce débat est contre-productif, et aurait pour seul effet d’introduire des divisions dans la société Haalpulaar légitimement préoccupée par l’oppression qu’elle vit au plan national ? Il est évident que la mentalité populaire que j’ai tenté de décrire tout au long de mon propos ne se combat pas seulement à coup de décrets et de lois. La détricoter suppose un travail de longue haleine. Mais la pire des postures serait que sous ce prétexte, nous ne le commencions pas dès aujourd’hui. L’attentisme qui caractérise certaines réactions consistant à sous-traiter au temps ce qui relève de la responsabilité des hommes contemporains, est une reculade devant l’Histoire. Il n’est pire arrogance que l’appel à la patience des dominants.
S’il appartient à chacun de prendre ses responsabilités face à l’Histoire, la responsabilité des cadres et intellectuels Haalpular’en issus de la féodalité me parait encore davantage engagée que celle des autres. Car la lutte des dominés elle, va de soi. Mais l’engagement des personnes issues de la féodalité, dans l’optique de réformer un système qui les privilégie, est le signe d’une société qui va plutôt bien. Commençons donc par là. Que chacun rejoigne ce combat nécessaire, au sens de la nécessité morale et historique, pour se reformer et reformer par là même notre société. Cela suppose d’abord d’accepter que ce débat est utile, et d’y apporter sa contribution. Rien n’oblige évidemment d’être d’accord sur tout, la seule éthique à tenir étant de ne pas s’opposer au principe sacro-saint de l’égalité des humains.
Parmi les mesures à court-terme pouvant être prises par l’Etat, garant par ailleurs de l’égalité des citoyens devant la loi, il y a celle qui consisterait à démocratiser la question du mariage. La puissance publique devra permettre que des règles dissuasives découragent ceux qui seraient tentés d’empêcher deux personnes qui s’aiment, de se marier hors considération de castes. Il faut que ceux qui en seraient empêchés à ce titre, puissent trouver un moyen de recours judiciaire. Mais cela suppose naturellement que les lois concernant la condition générale des femmes évoluent au même rythme ; car les deux questions sont intrinsèquement liées. Rien de ce point de vue n’est imaginable dans une société où la femme n’est pas reconnue souveraine dans ses choix. Vous aurez donc compris la révolution sociale et le courage politique que cela suppose…
Le même effort de démocratisation devra être fait sur la question foncière. Une réforme générale du foncier consistant dans l’esprit, à remettre les exploitants agricoles au centre de la propriété est nécessaire. Mais pour cela, il y a d’abord à renoncer à la politique d’expropriation actuelle qui consiste à déposséder les communautés villageoises au bénéfice des agro-business men du système. Et dans le même temps, au sein des communautés villageoises elles-mêmes, d’entreprendre une opération de réparation des injustices nées du Feccere Fuuta que nous avons évoquées dans les précédentes parties.
Il y a également à envisager des actions pour le long terme ; tant de la part de l’Etat et de la société civile, que de la part des simples citoyens que nous sommes. Du côté de l’Etat, l’éducation nationale, dans une démarche globale de faire émerger le citoyen de demain, devra faire l’objet d’une réforme de fond. Pour qu’elle aboutisse à ce que nous souhaitons, cette réforme devra être largement concertée. L’émergence de la citoyenneté moderne ne peut se passer de la question de l’égalité dans toutes ses déclinaisons : égalité des « races », des « castes », des genres, etc. Les mécanismes de production des injustices et des humiliations au sein de nos sociétés doivent être enseignés à nos enfants afin qu’ils s’en affranchissent. Seule une volonté politique réelle, affranchie de toute forme d’influence de nature conservatrice, notamment cléricale, peut conduire à de telles réformes.
Du côté de la société civile et des citoyens, il s’agit de nourrir courageusement un tel débat dans les différents médias de la société. Cela passe par tous les acteurs de notre quotidien (journalistes, artistes, intellectuels, religieux, etc.), et notamment par une jeunesse subversive, qui ose rêver et bousculer la société pour tenter de réaliser ses rêves. Une jeunesse qui ne rêve pas de justice sociale et de révolution est une jeunesse éteinte.
Et c’est peut-être finalement cela, et au-delà de tout, l’enjeu principal de notre débat de société : avons-nous encore une jeunesse suffisamment passionnée d’avenir pour ne pas se résoudre à singer machinalement ses ancêtres qu’elle a le droit d’aimer malgré tout ? Car comme j’ai pu le dire dès l’entame de mon propos, il est question dans ce débat de l’avenir de nos jeunes. Comment interpréter dès lors leur désintérêt manifeste pour cette question qui les concerne au premier plan ? Quel est notre rôle auprès d’eux afin qu’éclose une conscience de lutte ? Sans doute un autre débat…
À suivre ci-après en exclusivité l’interview avec le président de L’EED (Ensemble pour l’espoir et le développement), monsieur Waly Diawara.
●Question 1 : Bonjour monsieur Waly Diawara, pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ?
Waly Diawara : Je suis Franco-mauritanien, natif du village de Boully au Guidimakha en Mauritanie.
Âgé de 44 ans, je suis père de 3 enfants et vis actuellement entre le Sénégal, la Mauritanie et la France.
Diplômé d’un DUT en Logistique et Transport, j’ai orienté mes études vers une Maitrise en transport et un troisième cycle en Management de la fonction Achats de l’école de commerce de Grenoble. J’ai par la suite occupé diverses fonctions en France dont celle de Directeur des Services et Moyens Généraux à l’Afpa.
En parallèle de ma fonction de Président de l’association L’EED, je suis PDG de l’entreprise « Les Vergers du Sahel Mauritanie ». L’entreprise est spécialisée dans l’élevage, l’agriculture, l’agroalimentaire et la transformation. J’ai décidé de rentrer au Pays, pour être au plus près des projets, et apporter de façon directe ma contribution au développement du Pays.
●Question 2 : Quelle a été la genèse de l’association L’EED (Ensemble pour l’Espoir et le Développement) que vous dirigez ?
WD : L’EED, Ensemble pour l’Espoir et le Développement est une association que nous avons créée en 2015. L’idée est née du constat déplorable du manque de structure et de moyens dans les domaines phares sociales, économiques et sanitaires. Malgré, la présence de plusieurs associations dans chaque village voulant endiguer ces maux, le développement local ne peut perdurer sans une cohérence globale. Dans la mesure où, toutes les associations et toutes les localités partagent les mêmes réalités socioéconomiques, il fallait mettre en œuvre une organisation qui rassemble et massifie les ressources et les moyens. Nous devons sortir des logiques communautaires si nous voulons cheminer vers le développement. Le développement doit se faire à l’échelle d’une coopération entre les localités et les populations sans aucune autre considération. Pour faire court, le développement est possible uniquement si nous œuvrons ensemble dans ce but.
C’est à partir de là, que nous avons décidé de créer en Aout 2015 une association qui a pour objectif de mobiliser les ressources techniques, intellectuelles et économiques de toutes les bonnes volontés et citoyens à travers le monde pour contribuer à l’amélioration des conditions de ses bénéficiaires dans les territoires d’intervention de L’EED (France, Mali, Mauritanie, Sénégal). Notre ambition est de fédérer toutes les personnes autour d’engagements communs de solidarité et de mutualisation pour un véritable développement endogène. L’EED repose sur un modèle économique participatif où tous les acteurs contribuent et sont acteurs du développement.
Uniquement présent en Mauritanie et en France, L’EED a repoussé les barrières des frontières en intervenant au Mali et au Sénégal depuis 2019.
Aujourd’hui, L’EED intervient dans le domaine de la santé, l’éducation, l’agriculture, le développement durable et l’accompagnement social pour le développement et l’autonomisation. Nous comptons plus de 20 000 membres dans le monde et avons reçu la confiance de l’État, des collectivités territoriales, des associations locales, de la population locale, des populations originaires des régions mais habitant à l’étranger, des agences de développement, des coopératives pour ne citer qu’eux.
● Question 3 : Après quelques années d’activité L’EED, pouvez- vous nous présenter quelques réalisations phares et en projets, et également les difficultés rencontrées ?
WD : L’EED s’attache à améliorer les conditions de vie dans ses zones d’intervention. La santé est l’élément primordial, comme le dit si bien un proverbe oriental : « la santé est le trésor de la vie ».
Brièvement je vais vous citer quelques-unes de nos réalisations :
Le Dispositif Aide Médicale appelé DiAiMe de L’EED permet l’accès aux soins de qualité pour les populations de nos territoires d’intervention en supprimant les barrières pour les personnes les plus nécessiteuses, grâce à la solidarité de toute la population. Son originalité s’inspire du système d’assurance santé français. Ce modèle économique inclusif consiste à impliquer le citoyen y compris le bénéficiaire. DiAiMe répond en premier lieu à un principe humanitaire, mais aussi à un objectif de santé publique et de pertinence de la dépense collective.
97 389 actes de soins individualisés ont été réalisés en 2019 dont 45 773 femmes (47%), 37 982 enfants (39%) et 13 634 hommes (14%). Ce dispositif d’accès aux soins pour tous permet à L’EED de prendre en charge :
Les évacuations sanitaires d’urgence pour tous les patients,
Un « Pass_grossesse » pour toutes les femmes composées des prestations suivantes : échographie, prise de tension, pesée, analyse d’urine, mesure de la hauteur utérine, pharmacie… autant de gestes auxquels s’ajoutent des questions permettant de vérifier le bon déroulement de la grossesse pour toutes les femmes.
Carte santé de prise en charge des frais de pharmacie pour les populations défavorisées permettant ainsi de corriger les injustices sociales, face à la santé des populations
Dans le secteur de la santé, L’EED a, en plus, financé les formations de 10 Sages-femmes dans les écoles de santé publique de Sélibaby, Kiffa et Néma qui exercerons dans le futur centre de santé mère et enfant de L’EED à Sélibaby et organisé un dispositif de formation en France au sein de la clinique de l’Estrée à Stains et de l’hôpital privé de Vitry sur Seine pour 19 infirmiers et sages-femmes mauritaniens.
Dans le domaine de l’éducation, 53 enfants ont bénéficié du programme annuel de voyage scolaire en France. En 2020, nous avons signé avec le Ministère de l’éducation nationale français et mauritanien, une convention pour la formation des enseignants et des directeurs d’école à travers une immersion dans les établissements scolaires de l’académie de Créteil dans un but de partage d’expérience.
Depuis 2018, 2600 enfants bénéficient des services d’une cantine scolaire, en phase expérimentale.
L’accès à l’eau potable, est un engagement pris par L’EED : L’EED vient en aide aux populations de plusieurs localités périphériques de Nouakchott (communes de Dar Naim, Touzenine…) qui manquent cruellement d’eau. Grâce à nos partenaires, plusieurs localités bénéficient désormais d’une distribution quotidienne d’eau potable pouvant atteindre 3 citernes de 8000 litres par jour : 8 760 000 litres d’eau ont été distribuées en 2019 pour un coût financier de 27 555€.
Accompagnement social : L’EED a mis en place depuis 2015, avec le soutien de la ville d’Aubervilliers, une permanence d’accompagnement social située au 35 rue Heurtault 93300 Aubervilliers. Les samedis et dimanches, les bénévoles recherchent des solutions pour favoriser l’insertion et l’intégration en France des étrangers en France. Depuis le 1er Août 2019, un adulte relais a été recruté pour accomplir des missions de médiation au sein de la ville d’Aubervilliers grâce à une subvention de la ville d’Aubervilliers et la préfecture de la Seine-Saint-Denis
Dans le domaine de l’agriculture, je cite quelques réalisations non-exhaustives :
Exploitation d’un champ agricole à Boully
En 2019, l’action de L’EED a été consacrée à la sécurisation des productions et des champs à hauteur de 10km de grillage distribué à 12 coopératives agricoles pour permettre aux agriculteurs et aux coopératives agricoles de bénéficier de protection pour sécuriser les champs et jardins maraichers
120 machines agricoles ont été mises à disposition des agriculteurs depuis 2017.
Une boutique de distribution de semences est opérationnelle depuis 2017 à Sélibaby
En 2020, lors du Forum International de Développement Solidaire, un jury composé de Chefs de villages, de Maires, de représentants de l’état et de spécialistes sectoriels a été chargé de sélectionner les meilleurs projets des coopératives féminines ayant une existence réelle et une opérationnalité. Les gains des lauréats sont les suivants :
Une dotation financière pouvant atteindre 200 000 MRO par projet sur une enveloppe globale de 2 500 000 MRO
Un lot de grillage ou un financement de grillage pour la protection des champs et productions maraichères pouvant protéger jusqu’à 1 hectares pour 10 lauréats de coopératives féminines.
Dans le volet environnemental, L’EED a reçu un financement à hauteur de 106 000 euros en partenariat avec la ville de Paris. Nous avons déployé un dispositif complet de gestion des déchets : du ramassage au tri et à la valorisation avec une installation d’une plateforme de tri. Le but de ce dispositif est d’éliminer l’insalubrité qui compromet la santé des habitants, dégrade leur environnement et génère une obstruction des canaux d’évacuation des eaux (provoquant des inondations, la propagation des maladies, destruction de la faune et la flore).
En 2021, la vague d’implantation des plateformes de gestion et de valorisation des déchets va se poursuivre dans la région du Guidimakha.
Durant nos différents projets, nous devions nous assurer que nous n’étions pas là pour prendre la place de quelconque association ou organisation mais bien au contraire travailler conjointement avec elles. Au niveau de la population locale, nous n’avons pas rencontrées de difficultés particulières car les populations ont la volonté d’aller de l’avant. Bien au contraire, l’accueil des projets pensés conjointement avec eux a été très bien reçu.
● Question 4 : Courant 2020, dans la communauté soninké du Guidimakha et celle de la diaspora en France, différentes polémiques s’éclatent à propos de L’EED, pouvez- vous nous clarifier brièvement sur les tenants et les aboutissants ?
WD : Je n’aime pas les ambiguïtés, vous connaissez tous les programmes de développement de L’EED, mais vous vous nourrissez et vous délectez de sensationnel même si vous connaissez la vérité, c’est la nature humaine. Beaucoup se divertissent de propos diffamatoires et mensongers, c’est la réalité de notre époque à cause des réseaux sociaux qui offrent cette possibilité. Je vais vous parler de 2 polémiques.
Comme vous le savez déjà, un groupe d’individu a décidé de nuire à L’EED en proférant publiquement des mensonges. Je ne reviens pas sur les polémiques stériles créées de toutes pièces par des personnes dont les intentions sont connues de tous, afin éviter d’alimenter un débat décousu et dépourvu de sens. Beaucoup de ces gens confondent une association avec un parti politique. L’EED ne définit pas la politique de la nation, elle conduit avec ses moyens et à son échelle un programme de développement. Qu’avons-nous fait pour mériter une telle animosité gratuite ?
Les polémistes sont connues de tous, L’EED n’est pas la seule victime de leurs démarches. Ils n’ont ni la capacité intellectuelle, ni morale de reconnaître nos réalisations. Ils ne sont animés que par des intentions malsaines et ont juste la velléité de détruire le peu que L’EED apporte aux populations. Ils déploient une énergie folle pour mettre à néant les acquis. La vraie question est pourquoi L’EED les dérange alors qu’ils ne sont ni adhérents, ni membre de nos clubs de réflexion. Le monde associatif est libre, nous avons tous le choix d’adhérer ou pas à une association si on en partage les valeurs et nous avons également tous le droit de créer une association.
Malheureusement, nous constatons que certaines personnes pensent que la vie associative est un lot de consolation puisqu’ils peuvent s’attribuer des titres comme s’il s’agissait d’une nomination à un gouvernement d’un État. Ces caprices sont dangereux car ils donnent de faux espoirs aux bénéficiaires.
Les personnes mal attentionnées voient noirs partout et cherchent absolument à ternir l’image des autres. On ne peut briller en éteignant la lumière des autres. L’important est de penser par soi-même et se faire sa propre analyse, il ne faut surtout pas se presser à condamner une personne sans avoir au préalable rechercher par soi-même la vérité.
Donner le meilleur de soi, vouloir le meilleur pour les autres tel est le chemin emprunté par L’EED. Y a-t-il une autre récompense du bien pour le bien ou le mal pour le mal.
Les personnes qui critiquent se donnent malheureusement des rôles qu’ils n’ont pas. Certains pensent qu’ils sont divinement investis d’un pouvoir de contrôle, de remise en cause, de jugement, en s’érigeant garant de l’ordre et la morale. On ne peut être célèbre en proférant des mensonges et en se disant révolutionnaire, tout en passant sa vie dans l’inaction a commenté les actions et les projets des autres. Ne perdons pas de temps avec les bavardages, elles ralentissent les actions. Nous sommes victimes des commentateurs mais nous avons décidé nous d’agir sur la vie des personnes en leur donnant de la dignité. Les personnes qui tentent de spéculer sur les actions de L’EED pendant que nous aidons les femmes enceintes de nos régions, devraient sérieusement se remettent en question.
Quoi que tu fasses, un voleur, pense que tout le monde est un voleur, un menteur pense que tout le monde est un menteur. Les personnes qui parlent de L’EED, en pensant qu’il s’agit d’un état ou d’une grosse arnaque sont en général celles et ceux qui n’ont pas compris l’esprit de L’EED et les invitons à s’informer de plus près.
La vie associative n’est pas du commerce où nous avons besoin d’avoir le monopole. Nous mettons en jeu beaucoup de notre temps, énergie et contribuons financièrement de façon personnelle quand on s’engage dans L’EED. Je rappelle que nous ne sommes rivaux ni concurrents d’aucune initiative, qu’elle soit en France ou ailleurs dans le monde si celle-ci prône le développement, bien au contraire, ce sont nos potentiels partenaires.
J’invite toutes ces personnes à déployer leur énergie à travailler. Si cette énergie était déployée pour construire, j’ai la ferme conviction qu’ils auraient pu apporter beaucoup plus que L’EED. Je reconnais volontiers qu’ils ont un certain talent car ils arrivent à faire croire aux gens que L’EED n’a rien fait depuis 5 ans, voire même pire, que L’EED est une arnaque. Il faut oser publiquement porter de telles calomnies alors que les réalisations de L’EED sont de notoriété publique (demandez aux 53 enfants et leurs parents qui sont partis en France, les infirmiers du Guidimakha ayant bénéficier d’une formation, aux 10 sages-femmes formées dans les écoles de santé publiques, aux patients dans nos villages, aux coopératives agricoles, aux résidents qui bénéficient de notre accompagnement social en France …). Leur talent, doit être canaliser dans une construction.
Heureusement, que nous arrivons à prendre de la hauteur et de la distance face à toutes ces polémiques. Ainsi, nous ne les prenons pas personnellement et d’ailleurs je n’ai pas d’ennemis et je n’en aurais jamais car même ces polémistes savent au fond quel type de personne je suis. Je ne peux détester une personne ça demande beaucoup d’énergie. La vie est si courte, l’homme est tellement si vulnérable que je conseille à toutes et tous de se concentrer sur la construction et non la déconstruction car nous répondrons de nos actes devant Dieu.
La perfection est à Dieu. J’acceptes que nous ne soyons pas les meilleurs, j’admets que nous ferons de erreurs, je demande aux gens de nous détester en silence. Je préviens qu’ils vont avoir du travail car L’EED est dans une dynamique de croissance pour le bonheur des populations.
Une autre polémique, pour le coup plus gigantesque et grave est née à l’issue d’un communiqué de L’EED en septembre 2020 à la suite d’une réunion de lancement du FiDéS à Tachott. Cette réunion conduite par nos équipes de L’EED Mauritanie accompagnées du Porte-Parole de l’Organisation Monsieur Oumar dit Boye SOUMARE et les cadres des deux localités : Tachott Berané et Tachott Botokholo.
Des individus qui n’ont jamais caché leur aversion aux projets que porte L’EED, ont fait croire que nous avions décidé d’organiser unilatéralement l’évènement sans consulter les populations des localités. Or c’est en 2019 que j’ai personnellement chargé le Maire de la commune de transmettre aux deux chefs de village notre souhait d’organiser l’évènement chez eux. En Février 2020, j’ai demandé à un membre de la direction de L’EED Mauritanie de se rendre à Tachott pour demander au Maire le résultat de cette consultation. Le Maire, confirme alors que les deux chefs de village acceptent et souhaitent à L’EED et à ses délégations la bienvenue. À partir de ce moment, 4 missions dont l’une a été conduite par la direction de L’EED Mauritanie est allée à Tachott Botokholo pour échanger sur le sujet, suivi d’une mission du Coordinateur National, puis du Vice-Président de L’EED Mauritanie et enfin par un superviseur de L’EED au Guidimakha.
Malgré toutes ses missions, nous avons été estomaqués d’entendre sur les réseaux que L’EED avait pris une décision en dehors de toute consultation des notables de Tachott. Naïvement, nous avions pensé qu’un mensonge ne pouvait cheminer. À notre grande surprise, nous entendons des hauts représentants de cette localité affirmer avec certitude que L’EED n’a jamais évoqué ce sujet et n’a pas obtenu le feu vert.
À cette période, je me trouvais en Asie. J’ai demandé à mes équipes de France et de Mauritanie d’aller à la rencontre des notables des villages en France et à Nouakchott pour comprendre le phénomène. À notre grande stupeur, c’est à ce moment que nous avons compris que derrière se cachait en réalité des personnes influentes qui veulent contrecarrer le développement de L’EED au Guidimakha. Une manœuvre d’une grande ampleur est organisée par ces personnes ! Le Chef de village de Tachott Botokholo et le Maire ont refusé de participer à l’évènement. Nous avons alors pris acte de ce refus et décidé alors d’organiser l’évènement dans l’autre rive qui eux étaient prêts à nous accueillir. Il faut savoir que Tachott Berané pilote indépendamment son Comité de pilotage L’EED et bénéficie des activités de L’EED depuis 2017 (dispositif de soins gratuit, formation de leur infirmière, prise en charge financière de leur personnel de santé, participation de plusieurs enfants aux voyage scolaires) alors que Tachott Botokholo dispose des mêmes dispositifs mais depuis 2018.
Nous avons alors entrepris de démarches pour l’organisation de l’évènement à Tachott Berané avec l’accord du village et de l’association du village. Des cadres du village ont même fait le voyage depuis la France et Nouakchott pour participer aux travaux d’organisation de l’événement. Dès lors que nos détracteurs ont compris que nous allions réussir à organiser notre événement, ils ont entrepris des manipulations envers certaines personnes du village de Tachott Berané pour créer la division. Malgré ces manœuvres, les populations de Tachott Berané ont accepté de maintenir l’évènement. C’est à ce moment, que les hommes politiques ont décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir une décision administrative d’annulation de notre événement en évoquant aux autorités qu’une guerre civile se préparait et qu’il n’était pas possible d’accéder à la demande de L’EED alors même que, L’EED disposait d’une autorisation signée du Gouverneur de la région datée du 26 octobre 2020.
Au-delà de cette autorisation les ministères partenaires avaient confirmé leurs participations à l’évènement avec la présence confirmée en ma propre présence de deux autres Ministres.
Le 20 novembre 2020 à 4 jours de l’évènement, je me suis rendu à Sélibaby pour rencontrer le gouverneur. Ce dernier m’explique qu’il n’était plus possible d’organiser l’évènement à Tachott à cause d’une possible insécurité si l’évènement ait lieu. Il m’expliqua que les deux chefs de village ont refusé l’événement. Le 21 novembre, j’ai demandé une médiation à un Maire afin qu’il puisse faire comprendre au gouverneur que cette situation résulte d’une manipulation politique dont nous connaissions les auteurs. Le gouverneur me demanda personnellement de me rendre à Tachott Berané pour amener le chef de village et des notables chez le chef d’arrondissement afin qu’ils confirment leur accord. Au moment où je me rendais chez le chef d’arrondissement en compagnie des notables, le chef d’arrondissement me contacta via le téléphone portable d’un habitant de Tachott Berané pour dire qu’il annulait notre entretien pour cause de COVID 19. J’ai alors compris que la manipulation avait atteint un degré très important et que par conséquent, cette affaire devait être portée au plus haut sommet de l’État. Je me suis rendu à Nouakchott dans la foulée pour porter l’affaire devant les autorités compétentes via des intermédiaires. J’ai alors eu confirmation de la machination orchestrée pour contrecarrer L’EED.
À ce moment, nous avions un budget de plus de 53 000 euros pour la mise en place dans cette localité d’un dispositif de gestion et de valorisation des déchets. Tout cela, a été anéanti parce qu’une personne avait décidé d’entreprendre des initiatives pour réduire la progression de L’EED. Des milliers de participants ont été empêchés de participer à l’événement qui permettait aux populations de bénéficier de soins médicaux gratuits par un personnel de santé qui a fait le déplacement pour l’évènement (Médecins généralistes, spécialiste, infirmier, sages-femmes) durant le 3 jours de l’évènement, de financer à hauteur de 2 500 000 UM les projets des coopératives féminines, et le déploiement d’un projet de gestion des déchets financé par la ville de Paris. Nous n’acceptons pas de donner cette image de notre pays aux bailleurs et financeurs étrangers. Par le simple vouloir d’une seule personne, on peut empêcher le déploiement des projets.
Comment pouvons-nous encore au 21ème siècle vivre tout ça. Empêcher qu’une ONG dirigée par les enfants du Pays, apporte assistance aux populations. Une situation inconcevable dans notre conception de ce que peut être l’engagement citoyen.
Nous avons été contraints d’organiser l’événement à Diadjibiné, une localité d’intervention de L’EED située dans la région du Grogol. Permettez-moi de rendre hommage au Maire de Diadjibiné, au Chef de village et à l’ensemble des notables, des résidents de Diadjibiné en France à Nouakchott et partout dans le monde ainsi les populations pour la démonstration de leur engagement pour le développement. Je n’oublie par l’engagement des Tachottois des deux rives victimes d’une machination, je vais leur dire que nous ne les abandonnerons jamais. Je ne peux passer sans remercies toutes les personnes qui ont compris et se sont engagées.
Pour mieux comprendre cette histoire qui reflète bien de choses malsaines dans notre pays, je laisse les personnes habitées à mener une enquête pour établir la vérité et empêcher désormais toute velléité des personnes se croyant au-dessus des lois, de priver les populations d’un accompagnement nécessaire pour leur développement. Nous n’abandonnerons jamais.
Je préviens que nous sommes au début de notre combat pour permettre aux mauritaniennes et au mauritaniens de vivre dignement, de prendre conscience que leur développement passe par leurs propres engagements. Nous nous battrons au côté de l’État pour la dignité de nos compatriotes à travers des projets qui participent à leur donner confiance.
L’EED travaille toujours et depuis le début de son implantation en Mauritanie en parallèle avec les administrations du Pays dans une cohérence globale et coordonnée. Je remercie au passage, les forces de l’ordre du Guidimakha qui ont mis tout en œuvre pour faciliter la tenue de l’évènement à Diadjibiné.
●Question 5 : L’émergence de l’association L’EED coïncidait avec la résurgence de l’engagement porté par Ganbanaaxu FEDDE contre les mentalités féodalo-esclavagistes au sein de la communauté soninké, d’aucuns de part et d’autre voyaient en L’EED comme une caisse de résonance en faveur des réactionnaires soninkés pour contrer l’éveil abolitionniste, que pensez-vous de ces allégations ?
WD : Je rappelle que L’EED a été créé le 16 Août 2015. Si j’ai bonne mémoire, Ganbanaxu a été créé le 05 Octobre 2016. Soit, nous sommes devin soit nous sommes dans les secrets des dieux. Ceux qui pensent comme ça, ne méritent pas d’être cité.
Vous pensez sincèrement que nous avons créé L’EED pour permettre la continuation d’un système sociétale quelconque ? Je défie quiconque de trouver un début de commencement de la moindre invective à l’endroit de qui que ce soit depuis la création de L’EED. Si vous pensez que le fait d’apporter une justice sociale en améliorant l’accès à la santé, à l’éducation et de développer nos filières agricoles pour notre autonomisation est un acte permettant la continuation d’un système sociétale, c’est que nous ne vivons pas sur la même planète.
Dans quelle société vivons-nous ? La critique est bonne quand elle est là pour nous servir à améliorer les choses et ne pas répéter les mêmes erreurs, mais si elle est là pour détruire ce qui a été mise en place, ça s’appelle avoir le cerveau embrumé. On donne du crédit à n’importe qui de nos jours et c’est bien dommage.
Si vous êtes honnêtes avec vous-même et que vous disposez d’un sens critique, d’analyse et de réflexion, vous reconnaitrez volontiers le bilan de L’EED en seulement 5 ans au Guidimakha et son détachement sur ces questions en dehors de son scope. Notre objectif est de rassembler autour des questions fondamentales de notre développement pour donner à chaque personne son autonomie et rehausser notre dignité collective et individuelle.
Combien de membres de Ganbanaxu ont été membres de l’exécutif de L’EED ? Demandez-leur leur avis sur cette accusation fantaisiste et à mon sens dénoué de tout sens critique. C’est de la bêtise humaine de penser ça.
Personnellement, je suis connu pour mes positions en faveur de l’égalité parfaite entre les êtres au-delà même des ethnies et de toute autre considération néfaste à la cohésion et au mieux vivre ensemble. Je rappelle à chacun de mes discours, que nous partageons le même espace et donc nous sommes condamnés à nous respecter mutuellement, à partager et à vivre ensemble.
Ce sont sincèrement des allégations qui n’ont pas besoin de réponses, car les faits parlent pour L’EED :
Le système de santé (prise en charge des évacuations sanitaires d’urgences, des personnes vulnérables, des femmes) a été mis en place sans aucune considération ethnique ou autre.
Lorsqu’on s’intéresse de près aux bénéficiaires du voyage scolaire des enfants en France, on se rend compte de la diversité sociale des bénéficiaires (peul, soninké, maure) sans aucune distinction liée à des considérations spécifiques,
Le financement des coopératives féminines permet également de faire bénéficier à toutes les couches de la société des financements.
Il faut qu’on sorte de cette société où tout le monde est devenu journaliste d’investigation. C’est un métier le fait d’informer les gens. Il faut faire des investigations pour informer de façon objective. Je dois être idéaliste en pensant que les gens sont en capacité de reconnaitre naturellement les faits.
● Question 6 : Certaines voix semblent reprocher à L’EED, qu’une gouvernance personnelle serait mise en place autour de votre personne à vie et avec des éléments dociles suiveurs, que vous leur répondez ?
WD : L’égoïsme et l’égo sont incompatibles avec la vie associative. Il faut remettre les choses dans leur contexte, nous parlons d’une association. L’engagement associatif n’est pas un amusement bien au contraire, les associations ont un rôle d’intérêt général. Diriger une association requiert des compétences et une totale disponibilité. Pour tous types de management associatif, il est primordial d’avoir diverses compétences telles qu’avoir un rôle fédérateur, être capable de manager des équipes multiculturelles, maintenir une vision et des orientations, avoir la capacité à incarner quelque chose tout en ne décevant pas les bénéficiaires. Il faut être capable de se sacrifier pour se mettre au service des autres.
Notre seul objectif est de mettre fin aux maux de nos zones d’intervention, qu’importe qui le fait. Nous prônons le refus du statut d’observateur mais plutôt l’engagement comme acteur du changement. Nous souhaitons alors à toutes les personnes, qui ont des initiatives associatives, toute la réussite dans leurs projets. Je peux affirmer ici, que nous serons aux côtés de toutes les associations de développement en particulier celles de nos territoires d’intervention. Nous faisons même appel à une coordination des ONG et associations au Guidimakha pour mieux porter les programmes de développement dans une cohérence globale à travers des états généraux que nous organisons à Sélibaby.
Pensez-vous réellement que tous les cadres de L’EED, qui sont bénévoles, prennent de leur temps libre pour me suivre aveuglément. Il faudra arrêter d’insulter cette belle intelligence collective qui fait du bien à nos territoires d’intervention.
Si les gens veulent diriger alors qu’ils s’impliquent dans nos projets. Nous ne pouvons pas être leader d’une organisation tout en étant en dehors de cette organisation.
Je préviens que je suis là pour longtemps et je confirme que les choses se feront de la manière qui a été définie avec mes équipes pas de la manière dont voudraient les nouveaux « sages ».
● Question 7 : Quels sont vos rapports de travail et de coopération avec les associations villageoises qui investissent le même champ que vous autour du développement multidimensionnel dans nos terroirs d’origine en Afrique ?
WD : Pour illustrer vos questions, je vous donne juste un exemple : lorsque nous avons obtenu le financement de la gestion des déchets à Diadjibiné. Nous avons travaillé avec l’association locale APD a qui nous avons délégué en lien avec la Commune, la gestion et le pilotage de l’activité de ramassage, de tri, de valorisation des déchets ainsi que les aspects de sensibilisation.
Nous souhaitons sous-traiter des activités aux associations locales et aux coopératives féminines dans un cadre formel exigeant. Le développement ne peut se faire que si nous travaillons tous ensemble de concert.
●Question 8 : En France, L’EED porte assistance à certains de ses adhérents ou non, concernant des régularisations au niveau fiscal, des rumeurs laissent entendre que des responsables de L’EED en font un service lucratif et pécuniaire, pourriez-vous nous édifier davantage ?
WD : L’EED conduit depuis 2015, une activité d’accompagnement social accessible à tous, adhérents ou non-adhérents à Aubervilliers en permettant aux résidents étrangers de bénéficier d’une régularisation, de la naturalisation, d’une médiation socio-familiale, d’aide à la recherche d’emploi, de logement, d’appui à la déclaration d’impôt et autres. Cette activité d’accompagnement s’effectue sans aucune contrepartie.
L’EED vit essentiellement des contributions de ses adhérents, des dons, des subventions et des activités génératrices de revenus en lien avec son objet social.
Nous exposons, à chaque usager qui se rend au bureau d’accompagnement social de L’EED, une présentation des programmes de L’EED, comme nous le faisons dans nos compagnes de sensibilisation dans les foyers de migrants et à l’occasion du tournoi de football annuel. Cette présentation aboutit souvent à une adhésion ou à une contribution individuelle ponctuelle.
Dès lors que les bénévoles de L’EED rendent des services (aide à la constitution de dossiers administratif pour demande de logement, de titre de séjour, rédaction de CV, lettre de motivation, naturalisation, déclaration d’impôt et autres), et après avoir pris connaissance des activités de L’EED, les usagers décident soit d’adhérer ou effecteur un don à L’EED. Chaque adhésion et don se fait via un formulaire signé par le donateur.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.