Communication du député mauritanien, Biram Dah Abeid, devant le Comité des Droits de l’Homme, de l’Union internationale des parlementaires (Uip), Cession du 19 au 23 janvier à Genève, Suisse.

Honorables, Mesdames et Messieurs, membres du Comité, tout d’abord, je vous préviens, honoranle, que l’état de ma santé, ne permet pas de prester debout. Ensuite, honorables, je m’adresse à vous en qualité de représentant du peuple de Mauritanie. J’ai été élu, à l’Assemblée nationale, dans le courant de l’année 2018, alors que je purgeais une peine de 6 mois de privation de liberté, au motif d’un délit d’opinion.
Grâce à la détermination des franges les plus humbles parmi mes compatriotes, envers et contre les groupes dominants, le racisme et la mentalité prégnante de l’esclavage, j’ai reçu les suffrages de l’espérance, qui sont l’arme de destruction massive, aux mains des activistes de la non-violence.
Mon parcours vous est familier, parce qu’il ne comporte rien d’original en comparaison de milliers d’autres contestataires d’Afrique et du monde arabe, sans cesse privés de la parole, de cadre légal, bref, des droits élémentaires de l’individu. Mes compagnons et moi, dirigions l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) et un parti, le parti Radical pour une action globale (Rag) ; les deux organisations, jusqu’à ce jour non reconnues et toujours persécutées, regroupent une majorité de cadets sociaux, dont des esclaves et descendants appelés Hratin, des autochtone subsahariens et des castes stigmatisées, tels les artisans, les tributaires, les griots ; cependant, nous comptons dans nos rangs, d’intrépides cadres du bloc hégémonique arabo-berbére, qui travaillent à déconstruire la domination et asseoir l’égalité ; en somme, nous représentons la majorité des exclus ; leur réveil entrainera l’éradication des privilèges de naissance et l’avènement d’une société du mérite où la supériorité raciale et le chantage à la religion auront disparu, à jamais. De nos jours, la torture y relève de la banalité, de même que le mépris envers les noirs. Mon pays en a déporté, spolié, humilié, par milliers et massacré des centaines, impunément. Une loi de 1993, protège les tortionnaires de la moindre poursuite. Une version ultra conservatrice et liberticide de l’Islam, y sert de paravent, de bouclier et d’alibi, à cette monumentale entreprise de prédation et d’exclusion ; l’essentiel des richesses du pays revient à une ultra-minorité, issue de l’ethnie arabo-berbère, celles de nos anciens maitres. Je vous parle, ici, de la République islamique de Mauritanie, un Etat, ébauche d’une modernité de façade mais encore sous l’emprise d’un obscurantisme séculaire. Depuis 1978, date du premier putsch militaire, nous combattons, d’une génération à la suivante, et souvent seuls, à mains nues, des oligarchies de prétoriens qui se transmettent le pouvoir par les coups d’Etat, devenus, de facto, le sport national de nos élites. L’essentiel du commandement militaire, de la fonction publique, de l’économie et du magistère religieux demeure le terrain de jeu de la répartition tournante entre tribus. Pire, de jour en jour, l’extrémisme gagne du terrain et façonne la société, grâce à la connivence de nos dirigeants, lesquels, pourtant, s’affichent alliés du Monde libre. D’ailleurs, nombre des vieilles démocraties, notamment en Europe, se laissent ainsi tromper, souvent sur leur sol, préférant – lâcheté ou paresse – accorder foi à une seule face du double visage de Janus. Certaines de nos lois n’ont rien à envier à celles du projet jihadiste mondial, tel, par exemple, le nouvel article 306 du code pénal qui punit de mort immédiate et sans faculté de repentir, le blasphème et l’apostasie, comme à l’époque sinistre du Saint office et de l’Inquisition. Nous sommes l’un des rares pays dont le droit prétend protéger Dieu. La Mauritanie est devenue, après la Somalie et devant le nord Nigeria, l’espace le plus mûr à l’émergence d’un Daesh en Afrique. La progression du fanatisme résulte, en l’occurrence, d’une dynamique non armée ; celle-ci procède d’idées et de préceptes sans concurrence ni contestation possible car le droit réprime l’esprit critique et protège l’enseignement de la haine ; au bout de 40 ans de financement du culte par les pétrodollars, la misogynie, l’effacement de la diversité culturelle, l’uniformisation du mode de vie sur le modèle puritain et la guerre aux langues étrangères constituent, désormais, les rouages de la fabrique de jihadistes qui tournent à plein régime. Nous n’avons encore rien vu !
Honorable assistance, malgré l’ampleur des défis et le caractère répétitif des épreuves, des emprisonnements et sévices infligés à mes camarades et moi, en dépit des privations de soins et de salaire, je me suis porté candidat à l’élection présidentielle du 22 juin 2019. Les résultats officiels, à l’image de la plupart des scrutins dans l’hémisphère sud, consacrèrent le paradoxe de l’adage inversé « qui gagne perd ». Il me fut reconnu, à contrecœur et au terme des tripatouillages habituels, le statut de deuxième, en nombre de voix, soit 18,58 % des suffrages exprimés. Pars souci de la paix et de la cohésion sociale, j’ai accepté le verdict frauduleux et tourné la page. Par expérience, j’étais instruit de l’épilogue prévisible.
Mesdames et Messieurs, nobles représentants de la conscience de l’humanité qui refuse l’oubli et s’interdit l’insouciance, petits-enfants de Treblinka et de Stalingrad, rescapés de la colonisation et du communisme, héritiers de l’Apartheid, du génocide rwandais et de la dispersion des palestiniens, aujourd’hui en butte à la barbarie du jihadisme et aux dérèglements du climat, me voici, debout, devant vous. En homme libre, je lutte au nom de ce qui nous unit, pour toujours, c’est-à-dire l’appartenance à l’espèce humaine, selon la formule tragique de Robert Antelme, rescapé des camps de la mort.
Universaliste et partisan du devoir d’ingérence face à l’oppression, je conteste la souveraineté des Etats quand elle couvre le crime. Arrêtons de conclure des trêves avec les dictatures et les marchands de paradis post-mortem. Réapprenons à vivre dans un monde d’affrontement perpétuel entre la volonté et la fatalité. Apprenons, à nos enfants, le maniement des idées de générosité, de partage mais aussi de dureté envers la tyrannie ! Sinon, nous finirions assujettis par d’autres, vous et nous, esclaves du plus fort. Nul n’est à l’abri de perdre sa dignité. Aussi, je nous invite, aujourd’hui, à réinventer, ensemble, un plan, de survie collective, qui conjugue riposte idéologique, sens de la subversion et prosélytisme de la démocratie. Cessons de ménager la Bête immonde, qui a fait des petits, dans notre dos !

Je vous remercie.
Genéve le 20 janvier 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Hommage au président Ould El- Ghazouani dans le rapport 2020 de Human Rights Watch

Dans son Rapport mondial 2020, Human Rights Watch a félicité le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, pour avoir dépassé les principales erreurs ,commises par l’ancien président du pays, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le rapport de l’organisation internationale publié mardi, stipule qu’avec l’arrivée d’Ould Ghazouani au palais présidentiel de Nouakchott, la Mauritanie a vécu la première transition présidentielle en Mauritanie aprés une décennie.

Une transition indique le rapport ,qui a fait naître l’espoir, que le nouveau chef de l’Etat, Mohamed Ould Ghazouani, garantirait la protection des droits de l’homme à tous les Mauritaniens.

Ould Ghazwani – selon le rapport – devrait donner la priorité à l’abrogation des lois répressives restreignant la liberté d’expression, garantir les droits des femmes et donner aux forces de sécurité des instructions pour respecter le droit de manifester pacifiquement.

Pendant le mandat du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, les autorités ont utilisé les lois pénales sur la diffamation et la loi antiterroriste pour poursuivre et emprisonner les défenseurs des droits de l’homme, les militants, les journalistes et blogueurs des réseaux sociaux et les opposants politiques. Deux blogueurs, Abderrahmane weddady et Cheikh Ould Jeddou, ont été détenus pendant trois mois ,pour avoir publié sur des sites de réseaux sociaux ,des critiques de corruption en Mauritanie, avant que les charges retenues contre eux ne soient abandonnées.

Eric Goldstein, directeur exécutif par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a déclaré: «Le président mauritanien Ould Ghazouani doit donner la priorité à la réforme tant attendue de la sévère loi pénale prévoyant la peine de mort dans les cas hérétiques, qui est effectivement utilisée pour réduire la liberté d’expression. Le nouveau président doit également prendre des mesures décisives pour garantir que les femmes et les filles victimes de violence obtiennent le soutien dont elles ont besoin pour vivre. »

Dans son «Rapport mondial 2020» de 652 pages, dans sa 30e édition, Human Rights Watch passe en revue les pratiques des droits de l’homme dans près de 100 pays. Dans son éditorial, le directeur exécutif Kenneth Roth dit que le gouvernement chinois, qui s’appuie sur la répression pour rester au pouvoir, a mené l’attaque la plus meurtrière contre le système mondial des droits de l’homme depuis des décennies. Il a constaté que les actions de Pékin encourageaient les populistes autoritaires du monde entier et avaient leur soutien en même temps, tandis que les autorités chinoises utilisaient leur poids économique pour dissuader les critiques des autres gouvernements. Il est urgent de résister à cette attaque, qui menace des décennies de progrès en matière de droits de l’homme et notre avenir.

Le droit pénal mauritanien prévoit la peine de mort en cas d’hérésie. Le 29 juillet 2019, quatre jours avant la prise de fonction de Ould Ghazouani, les autorités ont libéré Mohamed Cheikh Ould M’khaitir, un blogueur qui a été emprisonné pendant cinq ans et demi dans l’affaire Zindaqah; Il a d’abord été condamné à mort. Bien que la cour d’appel ait réduit sa peine à deux ans de prison, les autorités l’ont détenu arbitrairement à l’isolement, pendant 21 mois supplémentaires, sous prétexte de le protéger. Ould Mkhaitir a demandé l’asile en France aprés sa libération.

Human Rights Watch a déclaré que la Mauritanie devrait abroger les lois pénales en matière de diffamation et d’apostasie et œuvrer à l’abolition de la peine de mort dans tous les cas. Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances en raison de sa cruauté inhérente.

En octobre 2019, la police a utilisé la violence pour disperser les manifestations étudiantes à Nouakchott contre une condition empêchant les étudiants qui avaient atteint l’âge de 25 ans de s’inscrire pour la première fois, dans les universités publiques. En novembre, le gouvernement a suspendu cette règle discriminatoire.

En vertu de la législation actuelle, toutes les relations sexuelles en dehors du mariage sont criminalisées et il n’y a pas de loi contre la violence sexiste, malgré la forte prévalence de cette violence en Mauritanie. Les femmes et les filles sont confrontées à de nombreux obstacles pour accéder à la justice. Par exemple, les femmes qui déclarent avoir été violées courent le risque d’être poursuivies pour avoir eu des relations sexuelles en dehors du mariage (adultère) si elles ne peuvent pas prouver que des relations sexuelles ont eu lieu sans leur consentement.

Human Rights Watch a déclaré que le gouvernement devrait cesser les poursuites et la détention dans les affaires dites d’adultère, les dépénaliser et adopter une loi sur la violence sexiste conforme aux normes internationales. Les autorités devraient également créer des unités spécialisées au sein du ministère public pour aider les victimes de violences basées sur le genre, assurer un meilleur accès aux soins médicaux et fournir des services de soutien directs aux survivantes.

Source : https://www.anbaa.info/?p=54418

Traduit par adrar.info

©️ Crédit source : repris via adrar.info

Mauritanie/ Droits Humains : L’expulsion de l’activiste français Jean-Marc Pelenc – le communiqué du commissariat aux Droits de l’homme.

CDH – L’ expulsion de l’activiste français Mr Jean Marc Pelenc le 10 janvier 2020 après l’obtention de son visa d’entrée en Mauritanie, est un acte isolé qui ne s’inscrit pas dans la logique et l’esprit du dialogue et d’ouverture suivi depuis l’alternance démocratique consécutive à la présidentielle de juillet 2019.

Cet événement traduit la persistance de dysfonctionnements administratifs dont la prise en charge constitue un axe majeur de la politique du Gouvernement.

La République Islamique de Mauritanie, terre de rencontres, de brassage et d’hospitalité est ouverte aux visiteurs quelque soient leurs opinions,origines ou religions.

Nouakchott, le 13 janvier 2020

Mohamed El Hassen Ould Boukhreiss

Commissaire aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et des relations avec la société civile

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

IRA – MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE

1. Tard en soirée du 13 janvier courant, Madame Mariem Aoufa, Directrice du département Amérique et Asie au ministère des affaires étrangères et de la coopération, publiait un avis de démission, sur son compte twitter ; l’avant-veille, elle y soutenait l’expulsion d’un Français, Jean-Marc Pelenc, chef d’une section, dans son pays, de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; elle le qualifiait alors de « ce juif » et l’exposait ainsi au risque d’atteinte à l’intégrité physique, en lui imputant une relation – d’ailleurs fictive- avec le journal Charlie Hebdo, victime, en 2015, d’une tuerie terroriste, à Paris.
Par la même occasion, Madame Aoufa dit respecter peuples et religions, reconnait l’erreur et présente des excuses, aux personnes que son propos blesserait.

2. Ira Mauritanie prend acte de la contrition et salue le courage de l’auteur, dans un environnement mental où l’impunité et l’extrémisme religieux favorisent plutôt la banalisation du fait accompli. Un cas similaire mérite mention : à la fin de l’année 2019, le juge d’instruction du 1er cabinet près la Cour criminelle de Nouakchott Sud, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud, renonçait à sa charge ; quelques semaines auparavant, en septembre, il livrait une mineure victime d’esclavage, à ses maitres et annulait leur détention, pourtant réclamée par le Parquet. Les deux évènements augurent d’une dynamique qualitative vers l’Etat de droit, malgré la sédimentation du passif et du déni, devant l’évidence de crimes aggravés de racisme.

4. En conséquence, l’Ira-M, Ong toujours interdite, félicite le gouvernement, sans doute vecteur d’un tel dénouement et l’encourage à une réforme, en profondeur, du personnel de l’Etat ; il importe d’y vérifier les diplômes, les aptitudes, le niveau de formation et surtout les causes indues de recrutement. Il n’est pas superflu de réaliser un tel audit, lequel implique la restauration du mérite, la fin des discriminations fondées sur l’ethnie et la langue, l’enseignement de la déontologie, du protocole et du savoir-vivre moderne. La composition des agents du ministère des affaires étrangères et de la coopération, en dépit de la diversité de leurs talents, témoigne d’inégalités et de privilèges, incompatibles avec les rudiments de la citoyenneté. Le grief n’épargne d’autres secteurs de la fonction publique mais il revêt, chez nos diplomates, un degré inouï d’injustice. Il appartient, au nouveau Président de la république, d’insuffler les réformes, jusqu’ici différées sous le prétexte de « laisser le temps au temps », la fameuse devise de la stagnation. Les nominations en Conseil des ministres attesteront du renouveau escompté ou l’infirmeront, assez vite.

5. Enfin, Ira-M, au nom de son ancrage universaliste, continue à diffuser et promouvoir les valeurs d’hospitalité, de tolérance et de xénophilie, gages d’unité de l’espèce humaine, envers et contre les passions de la supériorité et les démons du différentialisme. L’adhésion à une organisation de défense de la dignité de l’individu dépasse les obstacles de nationalité et de frontière.

Nouakchott – 14 Janvier 2020

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

L’entretien avec le mathématicien Mauritanien Toka Diagana, par Initiatives News

Initiatives News – Chef de Département Mathématiques du “University of Alabama” aux États-Unis d’Amérique, Toka Diagana, le mathématicien mauritanien a séjourné à Nouakchott en décembre.

Il a dispensé des cours de mathématiques à l’Université de Nouakchott en marge de la première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France).

Professeur Toka Diagana revient dans cet entretien avec Initiatives News sur ce séjour.

🔹️Initiatives News : Professeur Toka Diagana, vous avez séjourné en Mauritanie en décembre dernier. Quel était le but de ce séjour ?

Toka Diagana : Permettez-moi ; toutefois de vous présenterainsi qu’à tous vos lecteurs mes meilleurs vœux à l’occasion de la nouvelle année.

Pour en revenir à votre question, ma récente visite en Mauritanie avait trois principaux objectifs. Le premier consistait à enseigner à l’université de Nouakchott un cours de 3ème cycle intitulé « Evolution Equations and Their Applications to PDEs » dont le but est de familiariser les étudiants de 3ème cycle avec les outils de base pour la résolution d’équations différentielles dans des espaces abstraits en utilisant l’approche des semigroupes et ensuite faire usage de tels résultats abstraits pour résoudre certaines équations aux dérivées partielles (l’équation de la chaleur, l’équation des ondes, etc.).

Plusieurs étudiants et enseignants ont participé à ce cours qui du reste a été dispensé de façon accélérée faute de temps. Il fallait que je rentre aux Etats-Unis avant le 1er janvier pour préparer mon département à notre rentrée universitaire qui était prévue pour le 6 janvier.

Le deuxième objectif de ma visite consistait à participer àla première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France), et moi-même. Ce fut une réussite totale dans la mesure oùcette conférence nous a permis de communiquer et d’échanger avec nos collègues de l’Université de Nouakchott et ainsi que les étudiants.

Enfin, comme troisième objectif, j’ai profité de mon séjour à Nouakchott pour travailler avec une étudiante en Thèse de doctorat que je co-encadre depuis un an.

Ce qu’il faut noter c’est que j’ai l’habitude de passer les mois de décembre en Arabie Saoudite pour enseigner ou donner des conférences notamment au King Fahd University of Petroleum and Minerals (KFUPM) a Dahran où je suis « Adjunct Professor ». Mais en décembre passé; j’ai décidé de rentrer en Mauritanie pour y apporter ma très modeste contribution à la formation de la jeunesse. C’est aussi une façon à moi de rendre à ce pays un tout petit peu de tout ce qu’il m’a donné ; notamment en finançant mes études en Tunisie et en France.

🔹️Initiatives News : Beaucoup d’étudiants ont apprécié votre présence à l’Université de Nouakchott. Vous incarnez un idéal pour ces jeunes qui sont pourtant exposés au risque de chômage dans un pays où les études sont de plus en plus difficiles à supporter…

Toka Diagana :J’ai eu beaucoup de feedbacks notamment de la part des étudiants. Et ce, après mes cours et ma conférence plénière à l’université de Nouakchott. Nos jeunes n’ont qu’une seule ambition, c’est de pouvoir continuer leurs études pour de meilleurs lendemains. Nous devons absolument leur fournir cette opportunité. Cela peut absolument se faire sur place en Mauritanie même si la plupart de ces jeunes veulent aller continuer leurs études hors des frontières mauritaniennes notamment aux Etats-Unis.

Pour donner l’envie aux jeunes de continuer leurs études en Mauritanie, nous devons opérer quelques changements profonds dans le système éducatif actuel. Je ne crois pas une seconde que nos voisins Marocains ou Tunisiens soient plus intelligents que nous. La différence entre eux et nous, c’est que nos voisins ont compris depuis très longtemps que l’éducation est la clé de leur réussite pendant que nous mauritaniens continuons à tergiverser sur des problèmes inutiles.

Ce qu’il nous faut, c’est un système éducatif juste auquel les Mauritaniens ont confiance. Nous devons investir dans l’éducation mauritanienne pour de meilleurs retours d’ici quelques années. Une fois que l’on offre une bonne éducation a quelqu’un ; il faut également lui offrir l’emploi qui lui sied.

Ce qu’il faut en Mauritanie c’est dans un premier temps identifier les secteurs où le pays a le plus de besoins et par la suite former les étudiants en fonction de cela.

J’ai, lors de ma rencontre avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports Mr Taleb Ould Sid’Ahmed, eu une discussion très intéressante à ce sujet. J’ai surtout été très impressionnéde noter qu’il prend le chômage des jeunes à bras–le–corps et qu’il a l’ambition decréer des milliers d’emplois notamment à travers les formations professionnelles appropriées. C’est en effet ce genre de « mindset » dont a besoin en Mauritanie pour contrecarrer le chômage des jeunes.

🔹️Initiatives News : Justement, vous avez rencontré le ministre de l’emploi, de la jeunesse et des sports. Vous avez également été reçu par le Président de la République. Sur quoi ont porté vos discussions ?

Toka Diagana :J’ai en effet été reçu par le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports M. Taleb Ould Sid’Ahmed. J’ai franchement été très séduit par son humilité, son dynamisme, et son constant souci de vouloir mettre fin au chômage des jeunes en Mauritanie. Nous avons longuement discuté de quelques pistes qu’il est en train d’explorer dans ce sens.

C’est quelqu’un qui veut vraiment faire bouger les lignes. J’espère simplement qu’il est bien soutenu dans son action car il en va de l’intérêt de la Mauritanie. Bon, c’est également la première fois que je rencontre un Ministre qui parle toutes les langues mauritaniennes. Oui, nous avons parlé Soninké !

J’ai été reçu également par le Chef de l’Etat Mr. Ghazouani le 31 décembre 2019 pour un entretien qui a duré environ une heure. Nous avons discuté d’une dizaine de questions d’intérêt national dont celles relatives à la double-nationalité, le vote des Mauritaniens de l’étranger, etc. Là encore, j’ai trouvé un Président de la République posé et à l’écoute. Il a pris notes lui-même ; cela montre clairement que ce dernier est intéressé à résoudre les problèmes auxquels les Mauritaniens sont confrontés. Nous avons longuement discuté de mes propositions. Je ne rentrerai pas dans les détails de nos délibérations et de ses promesses mais je qualifierai notre rencontre de porteuse d’espoir pour la résolution d’un certain nombre de questions de portée nationale. Je profite de l’occasion pour remercier tous ceux et celles qui sont à l’origine de l’idée d’une rencontre entre le Président de la République et ma très modeste personne et qui par la suite ont travaillé d’arrache-pied pour qu’une telle rencontre puisse avoir lieu. Enfin, je remercie le Président Ghazouani d’avoir accepté de me rencontrer et d’avoir pris le temps de m’écouter et de discuter de mes propositions.

Pour en revenir à votre question, mes rencontres avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports et le Chef de l’Etat ont suscité beaucoup d’espoir chez moi. Chez l’un comme chez l’autre, j’ai noté un souci constant de vouloir résoudre les problèmes des Mauritaniens et ce, dans l’humilité et sans tambour ni trompette.

Au cours de mes discussions avec le Chef de l’Etat. J’ai attiré son attention sur le problème des retraites car comme nous le savons tous; les retraites en Mauritanie sont dérisoires.

En effet, beaucoup de Mauritaniens qui au cours de leur vie active gagnaient bien leur vie se retrouvent dans la pauvreté lorsqu’ils commencent à toucher leurs pensions de retraite. Cette situation n’est pas acceptable. Lorsqu’on cotise toute sa vie ; on doit percevoir une retraite digne. A mon humble avis ; toute lutte contre la pauvreté en Mauritanie doit nécessairement passer par une revalorisation des retraites. J’ai eu un débat intéressant avec le Président sur là-dessus.

Le Président m’a surpris en partageant avec moi quelques éléments d’un dossier sur les retraites sur lequel il était en train de travailler. Oui tout cela me rend optimiste !

Propos recueillis par Kissima Diagana.

©️ Crédit source : Initiatives News via cridem.org

Mauritanie : l’Etat infiltré ( IRA-MAURITANIE)

Initiative pour la Résugence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.(IRA-M)

Mauritanie : l’Etat infiltré

✅Note d’alerte

🔹️Contexte

Le 10 janvier 2020, à l’aéroport de Nouakchott, la police cautionne puis avalise l’entrée, dans le territoire, d’une délégation de la section France de l’Ong interdite Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Quatre personnes la composent. Jean-Marc Pelenc dirige la mission d’information. Au moment où ce dernier s’apprête à rejoindre la ville avec le comité d’accueil local, les hommes en uniforme l’interpellent sur le terrain de stationnement des véhicules et lui signifient son expulsion, par le premier avion, à destination de Marseille. D’après les autorités en charge de la conformité du séjour des étrangers, il figurerait sur une liste de « persona non grata ». Le document demeure confidentiel. Jean Marc Pelenc rentre chez lui ; sa brève visite provoque, en Mauritanie, l’embarras du gouvernement, incapable, pour l’instant, de solder les pratiques liberticides et l’influence du Président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, sur les services de sécurité. Il y a lieu de reconnaitre, au leader de la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), maître Ahmed Salem Ould Bouhouboiny, la diligence de dénoncer l’abus, aux prémices de sa mise en œuvre.
La persécution des militants de l’égalité et des droits de l’individu se poursuit manifestement, en dépit de l’élection d’un nouveau Président de la république, dès juin 2019. Cependant, signe d’un renouveau, le Ministère des affaires étrangères rassure l’Ambassadeur de France sur une « erreur », tandis que Monsieur Pelenc est invité à revenir, sans frais supplémentaires pour lui. L’incident semblait clos, jusqu’à l’entrée en scène de Madame Mariem Mint Aoufa, diplomate et fonctionnaire statutaire, par ailleurs ex-ambassadrice de Mauritanie à Rome.

🔹️Avatar

Le lendemain, à 14 heures, en dehors de la moindre instruction reçue de la tutelle – qui dispose d’ailleurs d’un porte-parole – Son Excellence, la Directrice du département Amérique-Asie-Pacifique, publie un tweet, ainsi libellé : « Il est louable ce que les autorités ont fait, en expulsant le juif Jean Marc du journal Charlie Hebdo qui offense la religion islamique en général, le Saint Coran et le Grand Messager, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix en particulier, en essayant d’entrer, dans notre pays, par l’aéroport Oum Tounsi. Il est donc bien naturel de chasser la malveillance et ses adeptes, de la terre de lumières et des Almoravides ». La réaction ne comporte rien de bien original si l’on considère la banalité de tels propos, dans un environnement social où l’islamo-arabisme, ses fantasmes, raccourcis et facilités tiennent lieu d’idéologie, de savoir et de rapport au monde. Si l’auteur n’était un membre du personnel de l’administration publique, le propos se noierait certainement dans la banalité et l’impunité des justification du « négrocide », de l’esclavage, du système de caste et de l’infériorité de la femme.

🔹️Interprétation

La judéophobie, réflexe hérité en Mauritanie, se double, ici, d’une promotion du Jihad, de la part d’une employée de l’Etat, dans le domaine, ô combien, stratégique de la diplomatie. Le gouvernement qu’elle représente participe à la force conjointe G5 Sahel et compte, parmi ses alliés, d’Afrique, du Monde libre et de l’ensemble arabo-musulman, des puissances qui collaborent dans le cadre de résistance à la terreur au nom de la foi. L’honorable Mariem Aoufa approuve, in fine, l’attentat contre Charlie Hebdo parce qu’elle adopte les arguments des frères Kouachi, exécutants de la tuerie du 7 janvier 2015, à Paris. Elle l’agrémente d’une incitation à la haine raciale qu’un nazi ne désavouerait et où n’importe quel illuminé trouverait la raison évidente d’assassiner Jean-Marc Pelenc et tout hôte, membre ou sympathisants de l’Ira-M. L’incident révèle – disons confirme plutôt – le noyautage de l’appareil de décision par des zélateurs de la violence religieuse. Ceux-là agissent et s’expriment, au grand jour, parfois avec la complicité de terroristes « repentis ».

🔹️Conséquences

Les mots de Madame Aoufa interrogent la crédibilité extérieure du pays ; le problème se présente sous des auspices d’autant moins rassurants que le parti au pouvoir, si l’on en croit son congrès du 28 novembre 2019, abritait un contingent de délégués âpres à réclamer une revanche contre le Français. A divers niveaux de sensibilité sécuritaire, notamment la police criminelle, la magistrature, la diplomatie et les renseignements, la Mauritanie abrite des sympathisants spontanés de l’extrémisme, produits de trois décennies d’hostilité aux langues étrangères. La menace vient, à présent, du cœur de l’entité en charge de protéger, sur le sol national, les citoyens et les ressortissants d’ailleurs. Aujourd’hui, il convient d’admettre la faille et la traiter, sans atermoiement ni paranoïa, avant de devoir payer le prix lourd de sa duplication. Le nouveau gouvernement dispose des outils d’enquête et ne saurait donc s’exonérer de l’action requise, au prétexte de n’avoir su, à temps. L’histoire rappelle à quel degré de ruine mènent le racisme et la répulsion envers un humain, du seul fait de sa différence. Les grandes tragédies commencent souvent en petites phrases.

IRA-M, 13 Janvier 2020

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie/ Droits de l’Homme – OULD BOUHOUBEÏNI : l’expulsion d’un militant français des Droits de l’Homme était une erreur et l’intéressé a été informé de la possibilité d’un retour .

Le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini, a qualifié l’expulsion d’un militant français des droits de l’homme ,par la police tôt ce matin ,comme une erreur, soulignant que le militant français des droits de l’homme Jean-Marc Polenc a été informé et qu’il pourrait retourner en Mauritanie à tout moment.

Dans une déclaration à Aahbar.info , Ould Bouhoubeini a affirmé que la détention et l’expulsion du militant des droits de l’homme étaient incompatibles avec la dynamiqueque connait actuellement le dossier des droits de l’homme en Mauritanie et l’ engagement positif constaté au cours de la période récente.

Source : https://www.alakhbar.info/?q=node/22541

Traduit par adrar.info

©️ Crédit source : adrar.info

Mauritanie : Violations des droits économiques et sociaux, sur fond de discrimination (IRA-MAURITANIE)

🔹️Note d’information

La brigade de gendarmerie en charge de la zone aurifère de Chami (Wilaya de Dakhlet Nouadhibou) arrêtait, le mardi 7 janvier 2020 à 15 heures, le nommé Mohamed Mohamed Lemine, descendant d’esclave, militant du mouvement de résurgence abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) et son représentant au niveau local.

L’interpellation de Monsieur Mohamed Mohamed Lemine intervenait à la suite d’un échange de propos entre celui-ci et le gendarme de quatrième échelon, Mohamed Salem, proche collaborateurs du capitaine Haddi Kleib nouvellement affecté au maintien de l’ordre sur le périmètre. La discussion des deux hommes tournait autour du défaut d’équité dans attribution de parcelles d’orpaillage ; en effet, le grief nourrit le ressentiment de milliers de chercheurs, d’extraction humble, devant les concessions et facilités accordés aux miniers et spéculateurs bidhane. La différence de traitement prolonge le privilège tribal et vient consacrer le passage, parmi les travailleurs manuels, de la condition de serviteur dès la naissance, à celle d’esclave moderne. Naguère comme aujourd’hui, la division sociale de la souffrance n’évolue ; mêmes misérables et soumis à l’épreuve du soleil et de la soif, le maitre d’antan et l’ancien captif vivent l’expérience perpétuelle de la différence, face à l’Etat. Malgré la ratification d’instruments du droit international qui protègent, la personne, de la précarité et du travail indécent, la Mauritanie rechigne à les appliquer, d’abord du fait de leur concours à la citoyenneté de pleine jouissance.

La connotation des termes proférés par le soldat, révèle l’usage d’expressions appartenant au registre du mépris, voire de la haine, tous déclinés en raison de la naissance ou de la race. Mohammed Mohamed Lemine subit la logique de l’affront et de l’exaction qu’endurent les membres d’ IRA – Mauritanie et la majorité des noirs de Mauritanie, à cause de leur engagement contre les inégalités, le déni de justice et l’occultation du crime.

Victime du zèle des forces de sécurité, Mohamed Mohamed Lemine n’échappe à sa condition, d’ouvrier fossoyeur, sans le sou, qui creuse son salut loin dans la rigidité du sol ingrat. Il ne dispose de secours, de soutien ni d’un avocat pour le soustraire au fardeau hérité de siècles d’arbitraire et d’impunité.

Nouakchott, le 9 janvier 2020
La commission de communication

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

L’édito Cri Osé : Ces extrémistes féodalo-esclavagistes soninkés désarçonnés qui veulent se faire du BIRAM. Quelle tristesse !

Le 20/12/2019, j’écrivais ce post et en ces débuts 2020, je le réitère parce que certains milieux soninkés n’arrivent pas à digérer l’exposition médiatique à l’échelle nationale et internationale de la question de l’esclavage coutumier par ascendance ancré dans la communauté. Ils essaient de « TOUT » mettre sur le compte du président Biram Dah Abeid, et par une cabale diffamatoire abjecte. Le prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains, serait le diviseur de soninkés, ils oublient au passage que l’hermétique système de castes dans la communauté est basé sur une stratification sociale où LA SÉGRÉGATION ET LA DISCRIMINATION SONT ÉRIGÉES EN VALEURS DIVINISÉES QUI DIVISENT ET SUBDIVISENT LES ÊTRES HUMAINS EN « PURS ET IMPURS » SOCIALEMENT.
Aujourd’hui l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké, est assumé et mené OUVERTEMENT et DIGNEMENT par des vieux soninkés, des femmes soninkés, des enfants soninkés, des hommes soninkés à travers le monde depuis 2010. Et même si l’effet Whatsapp à partir d’octobre 2016 via les plateformes Réseaux #GANBANAAXUN_FEDDE, est remarquable.

Au passage, je rappelle à CEUX qui ont un train de retard de suivi d’observateur ou de « partisan » de l’engagement abolitionniste du président des Réseaux IRA-MAURITANIE , qu’un certain 18 octobre 2014 (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=662175), Monsieur Biram Dah Abeid s’était déjà exprimé sur cette problématique avec des termes vifs lors d’une rencontre organisée par UVDS à Nouakchott.

✅ l’esclavage et la féodalité : entre paradoxes et hypocrisies! (20/12/19)

Certains communautaristes « cerveaux attardés » foncièrement biberonnés aux références féodalo-esclavagistes, s’attaquent honteusement via whatsapp en soninké au président Biram Dah Abeid. Pour cause, ils ne supportent pas qu’il s’intéresse aux contentieux liés à la culture apologétique de l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké notamment via certains groupuscules connus et leurs complicités diverses. Ceux-là même qui peuvent « chanter » Biram en « champion des Noirs de Mauritanie » hier pour assouvir leurs tréfonds racistes et anti- baydhane, l’accusent aujourd’hui par des méthodes lâches et diffamatoires . La Justice et la demande du Droit ne s’appliquent pas par compromissions communautaristes et les faux-semblants.

Qu’ils boivent un peu de fondé, on ne se protège pas par le NON-DROIT (velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire)

Mon soutien ferme à lui.

Le lien : https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/12/20/lesclavage-et-la-feodalite-entre-paradoxes-et-hypocrisies/

Soninkara – Réflexion : la question épineuse de la Femme soninké et ses Droits en milieux ruraux !

Femme soninke connue par sa bravoure, sa détermination pour le développement. Elle combine à la fois ses tâches ménagères et ses actions économiques (travaux champêtres, petites activités génératrices des revenus….). Elle se réveille tôt le matin aux premiers chants de coq annonçant l’aurore de la journée. Au petit matin, l’enfant collé au dos, elle allume le feu à base des fagots qui dégagent la fumée, soit dans une minuscule chambre, soit en plein air dans un espace venteux ou froid pendant que les autres membres de la famille sont sous la couette attendant qu’ils soient servis tranquillement. Elle fait sa cuisine, sert les plats et faits sa lessive. Après avoir fini les travaux ménagers, elle prend le chemin de la brousse enfant au dos pour faire des kilomètres à pied afin de mettre en valeur ses champs sous un soleil à plomb sources de ses revenus aléatoires. Au soir elle rentre à la maison fagots à la tête et on entend le crépitement des pieds dans un espace caillouteux pour finir les travaux ménagers nocturnes. Elle sert le dîner et fait encore sa lessive entourée des marmailles qui se plaignent pour chaque acte. Ainsi, elle va se doucher tardivement sous une lumière peu éclairée de la lampe tempête. Elle est à la fois la première à se réveiller très tôt et la dernière à se coucher dans le foyer.

Vu les multiples occupations quotidiennes de la femme soninké, qu’est-ce que soninkara lui a réservé ?
Soninkara n’a rien trouvé que de la tenir dans l’illettrisme total et dans la marginalisation. Elle est écartée de toute prise de décision familiale ou communautaire. Dans certains milieux ruraux soninké, par volonté de domination masculine, la femme soninké est privée ou très passablement orientée vers une instruction religieuse et scientifique. Ce Soninkara caractérisé par l’envie de l’émigration, a oublié que le socle de la communauté repose sur l’épaule de ces braves et dynamiques femmes. Les hommes sont appelés traditionnellement à cause d’une certaine pression sociale de divers ordres à émigrer d’une ville à une autre voire d’un pays à un autre par tous les moyens disponibles laissant derrière eux des femmes et des jeunes quasiment illettrés. Malgré les conditions difficiles décrites de son environnement social, cette femme se bat pour donner le meilleur d’elle-même sur le plan éducatif et social. Ce brassage socio-culturel à travers l’émigration n’a pas pu apporter des réformes sociétales. Ainsi, cette communauté (soninkara) se plaint de la dégradation de l’éducation, de la malversation économique voire la dépravation des mœurs bâties depuis des belles lurettes à travers la fameuse phrase « soninkaxu maintaa », ce qui renvoie à la vision obscurantiste qui se croit au centre du monde. Cet esprit d’arrogance, qui écarte toute forme de remise en question a poussé soninkara à marginaliser la femme soninké de l’instruction et d’accès au savoir par divers canaux.
Par le biais de cette migration les hommes découvrent sous d’autres cieux des cultures, rencontrent et épousent des filles cultivées pleines de vie élégante. Ces hommes qui ont par ailleurs privé les filles/femmes du terroir, de leur droit à l’éducation, à s’ouvrir à d’autres cultures voir même leur refuser le brassage par le mariage. La femme soninke se trouve entre le marteau et l’enclume. D’une part soninkara l’a refusé à l’accès au savoir et à la modernité et les hommes la fuient pour aller se marier avec les autres civilisations ; et d’autre part soninkara refuse à ses filles de se marier avec d’autres hommes des cultures différentes d’où actuellement les filles et femmes divorcées ont du mal à trouver des maris.
Cette iniquité de soninkara a laissé des impacts négatifs sur tous les aspects de notre civilisation face à la croisée des civilisations mondiales. Au sein de la même communauté très stratifiée, soninkara refuse le mariage intercommunautaire (mariage endogamique) pour des raisons des castes et d’esclavage statutaire. À l’instant dans beaucoup des contrées des pays d’Afrique de l’ouest et dans la diaspora, ces clivages bloquent nos filles et nos cousines à trouver des maris préférés. Ce même comportement a été transplanté au sein des diasporas soninkés vivant même dans les grandes civilisations dites modernes. Ce repli identitaire sur soi au risque et péril de la jeunesse sur la voie de la dépravation des bonnes mœurs. Cet analphabétisme à grande échelle des femmes a beaucoup impacté la jeunesse qui ne voit leurs pères que quelques mois chaque deux ans ou dix ans suivant les circonstances.

🔹️Par Moussa Diakhité, mauritanien et assistant – conseiller à l’insertion sociale en région parisienne