L’Afrique est devenue subrepticement un enjeu stratégique « de haute importance » depuis que la Russie est intervenue en République Centrafricaine. En effet, pour les Africains, il est désormais clair que l’Occident veut endiguer l’influence russe qui va à l’encontre de ses intérêts immédiats et futurs. Dés lors, la Centrafrique est devenue un terrain de jeux politiques et militaires complexes. Les groupes « islamiques » s’opposent aux groupes « chrétiens », les pro-occidentaux contre les pro-Russes, les autres prédateurs se montrent discrets, voire invisibles ; cependant, ils agissent tous sans se préoccuper de la vie et des intérêts des populations africaines. L’histoire de la période esclavagiste risque de se répéter et se transformer cette fois-ci en guerre de religion et guerre politico-économique où chaque camp de prédateurs organisera ses alliances sur le dos des Africains, mais tous utiliseront les peuples africains comme chair à canon comme ils l’ont déjà fait de par le passé pour dominer l’Afrique et déporter ses meilleurs fils et filles. La guerre en Ukraine n’est que le prélude à une guerre qui se déroulera en Afrique. En effet, dès le début de cette guerre, les USA ont clairement affirmé sans s’embarrasser de circonlocutions « qu’il faut briser les reins de la Russie pour qu’elle ne recommence plus jamais ». On peut ajouter : pour qu’elle échoue en Afrique où elle menace directement leurs intérêts stratégiques. La guerre en Ukraine c’est l’arbre qui cache la forêt de la guerre en Afrique, une vaste confrontation qui sera autrement plus décisive au plan mondial que la guerre en Ukraine. Un conflit dont les Africains risquent d’être les spectateurs et les premières victimes, s’ils n’y prennent garde. Pour répandre leur influence culturelle (de domination des têtes) les pays arabes préparent le terrain depuis longtemps à travers les Conférences islamiques jusqu’aux prêts soi-disant sans intérêts, etc. Ils ont opté pour la domination culturelle en agissant par la religion et l’argent et non par la domination politique directe ou indirecte comme le font les Occidentaux… Les forces extérieures (les prédateurs) sont déjà en place, mais elles ont toutes besoin de chair à canon et de « guides » africains sur le terrain… Les Africains n’ayant pas collectivement esquissé leurs propres projets existentiels, risquent d’être « LES JOUETS SOMBRES AU CARNAVAL DES AUTRES ». Ce sera pire que durant les treize siècles et demi d’esclavage continu. Nous avons une chance inouïe de nous en sortir face aux guerres politico-religieuses et culturelles encore fomentées de l’extérieur qui s’annoncent. Unissons nos intelligences et nous vaincrons ! Dénonçons toutes les interventions extérieures et tous les facteurs intérieurs de guerre et de troubles, il est encore temps ! Cessons d’être les tirailleurs des uns et des autres ! Cessons d’être les acteurs de notre propre malheur. L’Afrique ne sera plus jamais le terrain du « jeu de la mort et de la déportation » mais de la vie, de l’espoir et de l’avenir de l’humanité.
Il a été interpellé après plusieurs jours à tenter de fuir les autorités sénégalaises.
Juan Branco, avocat français de l’opposant politique Ousmane Sonko, a été arrêté au Sénégal, a appris ce samedi la Rédaction internationale de Radio France auprès de la présidence sénégalaise, confirmant une information de l’AFP. Il a été interpellé après plusieurs jours à tente de fuire les autorités sénégalaises. Ousmane Sonko, lui, a été placé en détention, lundi.
Me Branco s’est fait un nom au Sénégal en prenant part à la défense d’Ousmane Sonko, opposant engagé depuis 2021 dans un bras de fer avec le pouvoir et la justice. Laconfrontation a donné lieu depuis plus de deux ans à plusieurs épisodes de violences meurtrières.
Une enquête ouverte par le parquet sénégalais en juillet Il a suscité beaucoup d’attention en annonçant une plainte en France et une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye contre le président Macky Sall pour « crimes contre l’humanité » en juin, alors que le pays venait de connaître ses pires troubles depuis des années. Le parquet sénégalais a annoncé le 14 juillet avoir ouvert une enquête judiciaire et requis un mandat d’arrêt contre lui en s’appuyant sur ses écrits et ses propos.
Proche de La France insoumise, Juan Branco, 31 ans, a par ailleurs été l’avocat de l’artiste russe Piotr Pavlenski dans l’affaire de la sextape de Benjamin Griveaux. Il a également défendu Christophe Dettinger, le boxeur filmé en train de frapper deux gendarmes lors de l’acte 8 des « gilets jaunes », ou encore le « gilet jaune » Maxime Nicolle, alias Fly Rider. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont un essai publié en 2019 sur son blog du monde, Crépuscule, dans lequel il critique les conditions d’accès au pouvoir d’Emmanuel Macron.
• Pourquoi ce genre de conflit n’arrive qu’en France ?
Voici une question sur laquelle je suis tombée en picorant l’actualité sur mon fil d’actualité sur les réseaux sociaux. Cette question à la tournure un peu innocente, est pourtant à mon sens, d’une grande pertinence. D’ailleurs, depuis le début des événements, je la trouve la plus pertinente, si ce n’est la question centrale.
Dans cet article, je souhaite donc, avec un peu de recul, partager quelques bribes de réflexions que j’ai pu enrichir au contact de mes fréquentations et de mes échanges depuis le décès du jeune Nahel et le début de la révolte des jeunes des banlieues françaises. Toute ma gratitude et reconnaissance au passage, aux proches, amis et aux collègues avec qui j’ai échangé depuis le début de ces événements malheureux. Merci à chacune et à chacun pour vos éclairages, vos avis et autres points de vue.
Je me sens torturée, pour ne pas dire révulsée par les évènements récents, comme j’ai pu l’être d’ailleurs quand des faits similaires se sont produits dans notre pays. Pour autant je n’arrive pas à cerner véritablement, ce qui me gêne le plus dans tout ce qui se déroule sous nos yeux ces derniers moments. J’ose croire que les problèmes pour ne pas dire « le mal français », sont souvent bien plus profonds qu’on ne veille le reconnaitre. Nous avons juste accès à la partie visible de l’iceberg. C’est la raison pour laquelle ce « mal profond » n’est pas perceptible de prime abord.
• Tentons donc de sonder la racine du mal qui touche notre pays et trouble particulièrement notre jeunesse par l’ampleur de ses conséquences.
L’analyse qui suit n’est pas le fruit d’une simple réflexion personnelle mais l’aboutissement de réflexions contradictoires et d’échanges soutenus avec mon entourage proche.
Ces événements récents nous imposent à tous, de répondre ou d’essayer de répondre à plusieurs interrogations. En effet, comment sommes-nous arrivés à une situation aussi explosive et presque ingérable ? Pourquoi nos autorités semblent dépasser par les événements ? Quelles sont les causes profondes de la colère des jeunes de la banlieue ? Que revendiquent-ils au juste ? La colère justifie-t-elle les violences auxquelles nous avons été tous témoins ces derniers jours ? Y’a-t-il possibilité de renouer un dialogue et une relation de confiance entre la jeunesse des banlieues et les autorités notamment la police ?
Il faut reconnaitre d’emblée, qu’il serait prétentieux de répondre à toutes ces problématiques dans le cadre d’un simple article de blog. Toutefois, nous allons tenter de comprendre la situation globale et de proposer des bribes de solution tout en se désolidarisant de tous discours haineux qui n’invitent pas à la réflexion mais l’embolisent.
Pour commencer, rien de mieux que de nous référer au passé pour mieux comprendre le présent. L’histoire a, en effet, beaucoup à nous apprendre. Spontanément je pense à la prise de la Bastille, symbole de la révolution française dont l’histoire nous conte de façon héroïque comment le peuple a su renverser l’ordre monarchique, afin d’arriver à plus d’égalité. En effet, lorsque LOUIS XVI, roi de France accède au trône en 1774, succédant à son grand père LOUIS XV, il a instauré une monarchie absolue, donc une société inégalitaire construite autour de trois ordres : en dessous de la noblesse et du clergé, on avait le tiers état composé des paysans, d’artisans, de bourgeois et de domestiques. Ce tiers Etat ne bénéficiait pas des privilèges des deux autres ordres. Louis XVI tente des réformes, proposées par ses ministres et inspirées de l’esprit des Lumières, mais hésite de les mettre en œuvre. Il butte en réalité devant la résistance des privilégiés, de la cour et du Parlement de Paris. Ainsi, les origines de la révolution française ont été multiples. Elles sont d’ordre social, économique et politique. Les événements de 1789 furent de fait une conjonction de plusieurs facteurs conjoncturels et structurels. Les années qui ont précédé la révolution sont marquées par un climat social tendu ainsi qu’une défiance croissante du peuple à l’égard de la monarchie absolue. C’est, ce à quoi nous assistons aujourd’hui, si l’on ose faire un tel parallèle.
A l’instant où j’écris ces lignes, notre pays va mal économiquement, socialement et politiquement. Les catégories les plus touchées par cette crise généralisée restent celles des zones populaires. Les révoltes violentes que nous avons observées ces derniers temps, sont en partie, le résultat ou les conséquences de la détresse, de la misère et du désespoir incarnés par une inflation galopante qui désoriente chaque jour un peu plus.
Pour autant, tout saccager sans discernement, est-il la solution ou simplement ajoute des maux aux maux ? Même si, au demeurant, on peut comprendre que lorsque la situation devient intenable, le désespoir nous conduit à des actes irrationnels. C’est la seule explication possible à cette violence insensée des jeunes dans la mesure où elle ne fait qu’empirer leur situation déjà déplorable.
En revanche cette fois, nous avons l’impression qu’en plus de la misère aggravée par une conjoncture inflationniste, une crise identitaire vient amplifier le caractère dramatique de la situation à l’image de l’enfant qui se fait remarquer par ses parents en commettant des bêtises. Les enfants de la République rappelle à l’ordre, avec une colère qui s’est muée en violence, la mère patrie à ses responsabilités. En effet, il faut reconnaitre que le passif dure depuis presque trois générations. Ces jeunes des quartiers populaires marginalisés rappellent ainsi à la république, de manière maladroite, qu’ils ne peuvent ou ne veulent plus être considérés comme ses enfants illégitimes.
Il est temps, que tous ensemble, nous déplorons la violence sous toutes ses formes et qu’ensemble nous nous engageons à réparer ce qui peut encore l’être. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dangereusement côte à côte, une situation, qui pourra à terme se muer en face à face. Cette frange révoltée de la jeunesse est en quête de reconnaissance. Au même titre que l’on peut être excédé par un enfant turbulant, nous allons utiliser le procédé de l’éducation bienveillante en interrogeant ce que ces actes viennent bouleverser en nous.
Dans une république démocratique, il est inacceptable de tolérer des inégalités injustes. Cette manière de faire met à mal et ébranle l’édifice de notre système de valeurs. Pour ma part, cette incohérence avec les valeurs et les soubassements de la nation est absolument grave. Mon désir d’ordre et de respect de la loi sont bouleversés en profondeur. Cela reste mon ressenti.
Poussons un peu loin notre analyse de la précarité qui touche nos jeunes des milieux populaires et qui les perturbe profondément. Nous pensons que certains de ces jeunes considèrent même leur vie comme sans valeur et sont convaincus qu’ils n’ont aucun avenir dans une république qui ne veut pas d’eux. Nous percevons cette réalité dans certains de leurs discours et de leurs chansons de Rap qui dénoncent pêle-mêle les injustices qu’ils subissent au quotidien.
• Quelles sont les moyens et les pistes qu’il faut privilégier pour dénouer les crises qui se suivent et se ressemblent d’ailleurs depuis 2005, et créer un climat d’apaisement dans les banlieues ? Il est impératif, dans un premier temps de travailler de façon apaisée sur le passé douloureux que nous avons en commun. En effet, il va falloir reconnaitre et accepter que les conquêtes coloniales se sont réalisées dans la violence et parfois, n’ayons pas peur des mots, dans une forme de barbarie. Reconnaitre cela, ce n’est pas humilier la république, c’est un acte de responsabilité et c’est contribuer à pacifier notre passé commun. Reconnaitre ce qui fait mal au concitoyen à travers sa mémoire, c’est une forme de réparation symbolique. Ces descendants de l’ancien colonisé n’ont pas choisi de naitre sur le territoire de la république ; c’est la république qui est allé chercher leurs parents. Il s’agit là d’un fait qu’il ne faille jamais oublier.
La France doit reconsidérer son histoire coloniale. Rouvrir les archives ne se fera pas sans mal, mais il s’agit pourtant d’une nécessité absolue.
Certains se posent la question suivante : « pourquoi la France subit un tel retour de bâton et pas les autres pays comme l’Angleterre, l’Italie, la Belgique, qui eux aussi, ont colonisé » ?
Une réponse possible est que : « peut-être la France est la seule à ne pas avoir quitté véritablement l’Afrique et en profite encore à travers le fameux système de la « françafrique ». Le franc CFA, toujours en vigueur dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest est une belle illustration. Nous n’avons pas connaissance de l’équivalent de cette monnaie dans les autres nations qui ont colonisé par le passé. Avec la France, nous avons l’impression que la colonisation est un passé encore trop présent. Elle se sent toujours en position de force dans certains pays, et est directement encore impliquée dans la politique intérieure de quelques pays dits stratégiques comme le Tchad où le fils Déby a pris la place du père assassiné, et qui s’est vu félicité par le président français actuel, pour ne citer que cette situation. »
Pour conclure, à travers tout ce qui vient d’être relaté, j’oserais parler de mal-être transgénérationnel qu’il va falloir enrailler. A défaut, le conflit larvé restera encore vif dans la mémoire collective et les crispations seront toujours présentes et vivaces. Ce qui ne va guère dans le sens de la cohésion sociale tant souhaitée par nos politiques et d’un mieux vivre ensemble.
Le chef de la garde présidentielle a annoncé vendredi 28 juillet à la télévision nationale avoir pris la tête du Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a renversé le président Mohamed Bazoum deux jours plus tôt.
Le général Abdourahamane Tchiani, le commandant de la garde présidentielle, s’est exprimé à la télévision nationale ce vendredi 28 juillet à la mi-journée. Il s’est présenté comme le président du Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP), la junte qui a destitué le président Mohamed Bazoum deux jours plus tôt, et a justifié le coup d’État par « la dégradation de la situation sécuritaire » dans le pays.
Dans la foulée de son allocution, un autre communiqué du CNSP a annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution des institutions et la proclamation du général Tchiani comme nouveau chef de l’État. Le texte précise que le CNSP exerce « l’ensemble des pouvoirs législatifs et exécutifs » en attendant « le retour à l’ordre constitutionnel normal »
« Mes chers compatriotes, de toute évidence, les autorités déchues se sont engagées à mettre en place une sorte de milice pour leur seul intérêt », a déclaré le nouvel homme fort du pays. Leader des putschistes, le général Tchiani n’avait pas encore pris la parole publiquement.
Appelant à la « sérénité », au « calme », à la « vigilance » et à un « sursaut patriotique » pour « relever les défis sécuritaires, économiques et sociaux », le tombeur de Mohamed Bazoum a tenu à réaffirmer la volonté du CNSP de « respecter tous les engagements internationaux souscrits par le Niger ».
« Le gouvernement déchu a montré ses limites » Pour justifier sa prise de pouvoir par la force, le général Tchiani a expliqué vouloir lutter contre « le détournement des deniers publics, contre l’impunité, la corruption sous toutes ses formes et le népotisme, « face auxquels, selon le commandant de la garde présidentielle, « le gouvernement déchu a montré ses limites ».
« Enfin, le CNSP, par ma voix, demande aux partenaires et amis du Niger, dans cette étape cruciale de la vie de notre pays, de faire confiance à nos Forces de défense et de sécurité, garantes de l’unité nationale, de l’intégrité du territoire et des intérêts supérieurs de notre Nation », a conclu le général Abdourahamane Tchiani.
Après l’intervention du président du CNSP, un autre de ses communiqués a mis en garde contre « toute intervention militaire étrangère ». « Certains anciens dignitaires terrés dans des chancelleries, en collaboration avec ces dernières, sont dans une logique de confrontation », a estimé la junte, évoquant une « attitude belliqueuse, dangereuse et périlleuse » qui « n’aura d’autre résultat que le massacre de la population nigérienne et le chaos ». Le CNSP « prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences qui découleront de toute intervention militaire étrangère », ont prévenu les militaires.
De son côté, le président Mohamed Bazoum, toujours séquestré par les militaires putschistes à Niamey, n’a pas formellement démissionné.
C’est comme l’impression qu’ils font des écoles militaires pour juste préparer des putschs et non sécuriser leurs pays. Alors que les problèmes sont sur le terrain pas dans les bureaux climatisés.
La crise effective de la démocratie est définitivement consommée en Afrique de l’Ouest car le peu de régime démocratique élu qui reste ne va plus rester encore longtemps.
Si les Gardes Présidentielles qui sont censées de garder les chefs d’États s’organisent entre elles pour perpétrer des putschs (crime indescriptible) alors à quoi ça sert d’organiser des élections pour être renversé par la suite ? Un Président qui a peur de faire des changements de postes.
Il est essentiel de reconnaître que les coups d’État ne sont pas la voie appropriée pour résoudre les problèmes politiques et sociaux. Ils sont contraires aux principes fondamentaux de la démocratie et du respect des droits de l’homme.
Au lieu de renforcer la gouvernance et la paix, les coups d’État ont souvent entraîné des violations des droits humains, une détérioration des institutions démocratiques et des périodes d’instabilité prolongée.
Au pouvoir depuis son élection au mois de février 2021, Mohamed Bazoum risque de tomber selon plusieurs sources médiatiques de ce jour 26 juillet 2023. Issu de la minorité arabe du Niger, le président Bazoum avait succédé à l’ancien président Issoufou qui s’était limité à ses 2 mandats présidentiels. Encarté proche de la vision française concernant les affaires politico sécuritaires dans le sahel, il a connu quelques clashs verbaux avec la junte militaire au pouvoir au Mali, pays limitrophe du sien.
À l’heure actuelle, son régime est sous menace, et la garde présidentielle serait instigatrice de remous en coulisses. Le président et d’autres personnalités sont retenus. La CEDEAO, l’organisation sous-régionale publie un communiqué de soutien au président et demande sa libération. Ci-dessous l’élément médias :
La situation reste confuse et les prochaines heures nous édifieront davantage.
Le Quotidien de Nouakchott – « L’autorité suprême de la presse et de l’audiovisuel « Hapa » ordonne la suppression du discours d’un député parlementaire qui a suscité une large controverse depuis hier soir.
Dans le même contexte, la chaîne parlementaire, détentrice des droits exclusifs de diffusion des séances parlementaires, a interrompu la diffusion en direct de la session de débat sur le programme gouvernemental, au cours de laquelle le député a pris la parole.
La chaîne parlementaire a interrompu sa diffusion en direct samedi soir, quelques heures avant la publication de la décision de l’autorité, datée du 23 juillet 2023, qui l’obligeait à supprimer « le passage offensant ».
Le député Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a déclaré dans un post sur son compte Facebook que l’autorité suprême l’a obligé, par sa décision numéro 040/2023, à supprimer son intervention et à présenter ses excuses à ses abonnés pour avoir « partagé du contenu offensant envers le Prophète Mahomet, que la paix soit sur lui ».
De son côté, la chaîne parlementaire s’est contentée de publier une image de la décision de la commission sur son compte Facebook, jusqu’à six heures du soir aujourd’hui, dimanche.
Dans son discours, ce samedi, le député parlementaire Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a évoqué une insulte proférée par une candidate au baccalauréat, en remplaçant les noms dans l’insulte par des termes donnant l’impression qu’elle était dirigée contre le régime et son président Mohamed Ould Ghazouani.
Ould Cheikh Mohamed Fadel a considéré que son intervention était une « dénonciation » dont le but était de mettre en évidence le niveau de l’insulte et le danger du silence à son égard, ainsi que la complaisance à punir l’élève concernée. »
Elue pour le compte de la coalition RAG/SAWAB, à l’issue des élections législatives, communales et régionales de mai 2023, Ghamou Mint Achour est un député atypique, car elle ne répond pas au profil-type du député mauritanien, grande famille, forte tribu, richesse et influence. Epouse d’un manœuvre, sans travail, avec une instruction moyenne, Ghamou Mint Achour habite dans une « Gazra » (squat) fraichement lotie. Elle est issue du bas-peuple et d’une famille très pauvre. Seul son combat de militante chevronnée du mouvement IRA pouvait la hisser au sommet de la République. Portait.
Députée Ghamou Mint Achour – Crédit IRA (avec son autorisation)
La taille frêle, les yeux enfoncés mais pleins d’énergie, Ghamou Mint Achour est une femme endurcie de la communauté Harratine, avec les stigmates de bucheuse qui s’est forgée à contrecoups, face aux vicissitudes de la vie. C’est une mauritanienne porteuse de toutes les valeurs de la société, de ses rêves et de ses ambitions légitimes. Elle est décrite par son entourage comme pas très caractérielle, calme habituellement, mais vindicative quand il le faut, colérique parfois. Elle est membre active et engagée dans le combat de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA).
Son élection comme députée, son écharpe frappée aux couleurs nationales, tout cela ne lui est pas monté à la tête. Elle ressent cependant une immense fierté. « Mes impressions sont indescriptibles aujourd’hui ; c’est presque un rêve car sans moyen financier, issue d’une famille très pauvre, je me voyais mal accéder au Parlement » témoigne-t-elle.
Tout cela, selon elle, est l’œuvre de son leader, Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA. « Je remercie mon leader Birame Dah Abeid qui a permis une telle révolution, car d’habitude n’accèdent au parlement que les gens riches ou issus de familles riches, soutenues par une force tribale ou des forces de pression très fortes. Devenir parlementaire, sans un sou, et être choisie parmi des centaines de militants, ne peut que me rendre fière de mon combat au sein de IRA et rendre grâce à Allah puis à mon président Birame » a-t-elle soutenu.
Des ruelles de Satara à la « Gazra d’Arafat »
Ghamou Mint Achour est née en 1979 à Satara, quartier populaire de Rosso dans la région du Trarza. Son père, Achour Ould Saleck, gère une petite boutique. A l’âge de 8 ans, Ghamou assiste au divorce de ses parents. Sa mère, Selemha Mint Mahmoud, s’installe à la « Kebba » de Nouakchott (bidonville) et se lance dans le commerce de légumes et de poissons au marché marocain. La petite Ghamou reste avec sa tante et sa grand-mère à Rosso, puis rejoint en 1990 sa maman à Nouakchott. La famille squatte plus tard un espace à la « Gazra d’Arafat » au milieu d’autres familles pauvres qui n’ont pas les moyens de s’acheter un terrain ou de louer une maison. Leur demeure est faite de plaques de bois et de zincs.
Ghamou entre à l’école à l’âge de 11 ans, fréquente le collège des Jeunes Filles, elle et sa grande- sœur, Jemal Mint Achour. En 3ème année, elle rate le brevet et ne peut plus poursuivre ses études. Sa mère s’était remariée et il fallait quelqu’un à la maison pour s’occuper des enfants, de la cuisine et des travaux domestiques. Pour renforcer les revenus de la famille, sa grande sœur interrompt elle aussi ses études et se lance dans le commerce de légumes et de poissons comme sa mère.
En 1999, Ghamou se marie avec un manœuvre, le père de ses huit enfants. Sa fille aînée est aujourd’hui mariée et les autres sont encore enfants. Pour s’occuper, elle coud des habits et les vend. Puis, elle est embauchée par la société Pizzorno, société française chargée de la collecte et du traitement des déchets solides à Nouakchott. Elle perçoit un salaire mensuel de 28.500 UM (anciennes). En 2014, le contrat de Pizzorno est rompu par le gouvernement mauritanien. Ghamou Achour se rend alors en Arabie Saoudite pour un travail de domestique. Elle n’y reste que 3 mois avant de revenir au pays. Les Saoudiens la traitaient comme une esclave avec un travail dur et sans répit.
IRA, un combat pour les droits humains
« J’ai rejoints le mouvement IRA en 2011, mais mon véritable engagement date de 2012, lorsque Birame a brûlé les livres qui justifient les pratiques esclavagistes et qui régentent la pratique religieuse dans le pays » explique-t-elle.
La première fois qu’elle a pris contact avec Birame et le mouvement IRA, c’est lorsqu’elle était encore employée à Pizzorno. Toute une famille l’avait bastonnée quand elle leur a demandé de ne pas jeter des ordures alors qu’elle venait juste de nettoyer. L’affaire est portée à la police et la famille agresseur ameute toute la tribu. Ghamou allait perdre la bataille à cause de la forte influence de ses adversaires. Mais l’intervention des activistes d’IRA va faire tout basculer. La justice condamne ses agresseurs. Elle emporte le procès. Cette affaire va bouleverser toute sa vie. Elle et sa famille intègrent le mouvement IRA et participent depuis, à tous ses combats. Quelques mois plus tard, c’est l’autodafé de Riadh (département de Nouakchott appelé aussi PK) et l’incinération des livres de référence islamiques en Mauritanie.
Ghamou, un symbole pour les droits humains
Ghamou Mint Achour s’est forgé un nom au fil des manifestations. Son courage devient le symbole de la lutte pour les droits humains au sein du mouvement IRA. Elle gagne des galons dans la hiérarchie des combattants de la liberté. C’est surtout cette image virale d’elle, le bras sous un plâtre qui en fera l’icône de la lutte IRA. Ghamou et sa sœur ont eu en effet le bras cassé suite à une charge violente des forces de police lors d’une manifestation.
« J’ai subi beaucoup de violences policières et plusieurs arrestations, la dernière, c’était à Kiffa, il n’y a pas longtemps ; je suis restée six jours à la brigade de gendarmerie » témoigne-t-elle.
Ghamou et les ambitions d’une Mauritanie réconciliée
Ghamou estime que le peuple mauritanien aspire à être dirigé par un gouvernement civil et républicain. « Ce changement-là, c’est l’objectif de notre mouvement. Nous œuvrons pour l’égalité entre les Mauritaniens, que tous les enfants puissent jouir des mêmes opportunités d’études et qu’ils puissent également accéder à des emplois d’une manière équitable. Nous luttons pour l’égalité et la justice pour que tous les citoyens mauritaniens soient soumis aux mêmes règles de droit » explique-t-elle.
A propos de la trêve entre Birame et Ghazouani
Suite à la forte campagne menée contre Birame Dah Abeid, après le deal qu’il aurait passé avec Ghazouani et qui a provoqué le départ de plusieurs cadres du mouvement IRA, Ghamou assène sans ambages : « ils ont menti ».
Selon elle, la plupart des départs a été suscité par les Renseignements Généraux (RG) à travers le pouvoir de la corruption et l’appât du gain. « Ce qui s’est passé, souligne-t-elle, c’est un apaisement voulu par le président Ghazouani qui a invité Birame, et d’autres leaders de l’opposition, à discuter des problèmes du pays pour leur trouver des solutions ».
Cette négociation ne s’est pas faite sous la table, d’après Ghamou, qui ajoute que Birame a été très transparent dans sa démarche. Elle précise qu’il a consulté tous les militants du mouvement IRA et du parti Refondation pour une Action Globale (RAG) en gestation, pour leur demander leur avis sur cette trêve souhaitée par le régime de Ghazouani qui venait d’être élu suite à la présidentielle de 2019.
Ce que Ghazouani a mis sur la table, avance Ghamou, personne ne pouvait être contre, améliorer les conditions de vie des populations, engager de grandes réformes de développement, lever l’interdiction contre la reconnaissance des associations et des partis politiques.
Elle explique que malgré tout, Ghazouani a son projet de société comme Birame a le sien, en plus de ses ambitions présidentielles. Selon elle, ils ne pouvaient converger que dans le cadre d’une vision basée sur la justice, l’équité et l’égalité entre tous les Mauritaniens, sur la jouissance des droits fondamentaux, la fin des emprisonnements abusifs, entre autres. « C’est sur cette base que Birame, comme d’ailleurs tous les leaders de l’opposition, se sont entendu avec Ghazouani. » ajoute-t-elle précisant que cela ne doit pas être avancé comme raison pour quitter le mouvement IRA. « Nous ne sommes pas dupes et nous savons les raisons de tant de dissidence » susurre-t-elle.
Membre de la Commission Affaires Islamiques
Au sein du Parlement, Ghamou est membre de la commission des affaires islamiques où elle compte jouer un rôle par rapport à tous les avis qui seront portés sur les textes de loi qui passeront devant cette commission. Elle s’engage ainsi à faire ressusciter tous ces projets de loi qui dorment dans les tiroirs, à contribuer à la réforme du système éducatif et de santé, ainsi qu’à consolider la place de la société civile.
Le Calame – Les élections municipales, législatives et régionales ont vécu. Et, comme celles qui les ont précédées, ont apporté leur lot de tintamarre, vacuité des discours, promesses intenables, alliances contre-nature, achat des consciences, fraude à ciel ouvert et autre parti pris flagrant de l’Administration au profit de qui vous savez.
Elles ont donné lieu également à d’énormes surprises : des partis de rien se sont retrouvés, par un de ces miracles dont seules les élections en Mauritanie ont le secret, avec plusieurs députés, tandis que des formations politiques ayant accompli toute leur « carrière » dans l’opposition n’ont pu décrocher le moindre strapontin.
Un véritable tsunami électoral dont on n’a apparemment pas pris toute la mesure. À qui la faute ?
À une relation apaisée, sinon complaisante, avec le pouvoir en place depuis 2019, après avoir été extrêmement tendue avec celui qui l’a précédé ? À un discours jugé trop modéré au moment où les citoyens s’attendaient à de franches prises de position face aux problèmes de l’heure ? À une érosion naturelle de l’électorat désormais plus réceptif à des discours plus virulents véhiculés par les réseaux sociaux? À l’éclosion de nouveaux pôles de l’opposition ?
Il y a sans doute un peu de tout de cela dans la déroute de l’opposition traditionnelle à qui il ne reste plus, non pas à se faire hara-kiri, mais à se remettre en cause, « faire son autocritique », pour reprendre une formule chère aux Kadihines des années 70.
Et peut-être à inventer, enfin, la démocratie spécifique à la Mauritanie ; un système viable, compréhensible à tous et toutes, vraiment révolutionnaire en ce qu’il serait vraiment respectueux de nos plus profondes traditions…
Ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoullah Ben Boya,
Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, Mohamed Salem Merzoug,
Ministre de la Défense nationale, Hananna Ould Sidi,
Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine,
Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel, Dah Ould Sidi Ould Amar Taleb,
Ministre des Affaires économiques et du Développement durable, Abdessalam Ould Mohamed Saleh,
Ministre des Finances, Isselmou Ould Ahmed M’Bady,
Ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, Moctar Ould Dahi,
Ministre de la Santé, Naha Mint Hamdy Ould Mouknass,
Ministre de la Fonction publique et du Travail, Sidi Yahya Ould Cheikhna Ould Lemrabott,
Ministre de la Transformation numérique, de l’innovation et de la Modernisation de l’Administration, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly,
Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines, porte-parole du gouvernement, Nany Ould Chrougha,
Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Moctar Alhousseyni Lam,
Ministre de l’Agriculture, Moma Ould Beibate Hamahoullah,
Ministre de l’Elevage, Hmedeît Ould Cheine,
Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme, Lemrabott Ould Bennahi,
Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zeynebou Mint Hmidnah,
Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Sid’Ahmed Ould Mohamed,
Ministre de l’Equipement et des Transports, Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed,
Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Ismaêl Ould Abdel Vettah,
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Niang Mamoudou,
Ministre de la Culture, de la Jeuness, des Sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Sid’Ahmed Dié
Ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, Savia Mint N’Tahah,
Ministre de l’Environnement, Lalya Kamara,
Ministre Secrétaire générale du gouvernement, Aîssata Ba Yahya,
Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur chargé des Mauritaniens de l’extérieur, Mohamed Yahya Ould Saaîd.
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