● Niger | Le président Bazoum face à une tentative de coup d’état

Au pouvoir depuis son élection au mois de février 2021, Mohamed Bazoum risque de tomber selon plusieurs sources médiatiques de ce jour 26 juillet 2023. Issu de la minorité arabe du Niger, le président Bazoum avait succédé à l’ancien président Issoufou qui s’était limité à ses 2 mandats présidentiels. Encarté proche de la vision française concernant les affaires politico sécuritaires dans le sahel, il a connu quelques clashs verbaux avec la junte militaire au pouvoir au Mali, pays limitrophe du sien.

À l’heure actuelle, son régime est sous menace, et la garde présidentielle serait instigatrice de remous en coulisses. Le président et d’autres personnalités sont retenus. La CEDEAO, l’organisation sous-régionale publie un communiqué de soutien au président et demande sa libération. Ci-dessous l’élément médias :

La situation reste confuse et les prochaines heures nous édifieront davantage.

✍️🏿KS pour le BLOG

● Controverse autour de la suppression d’une intervention parlementaire pour insulte présumée à l’égard du Prophète Mahomed

Le Quotidien de Nouakchott – « L’autorité suprême de la presse et de l’audiovisuel « Hapa » ordonne la suppression du discours d’un député parlementaire qui a suscité une large controverse depuis hier soir.

Dans le même contexte, la chaîne parlementaire, détentrice des droits exclusifs de diffusion des séances parlementaires, a interrompu la diffusion en direct de la session de débat sur le programme gouvernemental, au cours de laquelle le député a pris la parole.

La chaîne parlementaire a interrompu sa diffusion en direct samedi soir, quelques heures avant la publication de la décision de l’autorité, datée du 23 juillet 2023, qui l’obligeait à supprimer « le passage offensant ».

Le député Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a déclaré dans un post sur son compte Facebook que l’autorité suprême l’a obligé, par sa décision numéro 040/2023, à supprimer son intervention et à présenter ses excuses à ses abonnés pour avoir « partagé du contenu offensant envers le Prophète Mahomet, que la paix soit sur lui ».

De son côté, la chaîne parlementaire s’est contentée de publier une image de la décision de la commission sur son compte Facebook, jusqu’à six heures du soir aujourd’hui, dimanche.

Dans son discours, ce samedi, le député parlementaire Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a évoqué une insulte proférée par une candidate au baccalauréat, en remplaçant les noms dans l’insulte par des termes donnant l’impression qu’elle était dirigée contre le régime et son président Mohamed Ould Ghazouani.

Ould Cheikh Mohamed Fadel a considéré que son intervention était une « dénonciation » dont le but était de mettre en évidence le niveau de l’insulte et le danger du silence à son égard, ainsi que la complaisance à punir l’élève concernée. »

• Lien source https://cridem.org/C_Info.php?article=766985

● Ghamou Mint Achour Ould Salek, de la « Gazra d’Arafat » à la chambre des députés

Elue pour le compte de la coalition RAG/SAWAB, à l’issue des élections législatives, communales et régionales de mai 2023, Ghamou Mint Achour est un député atypique, car elle ne répond pas au profil-type du député mauritanien, grande famille, forte tribu, richesse et influence. Epouse d’un manœuvre, sans travail, avec une instruction moyenne, Ghamou Mint Achour habite dans une « Gazra » (squat) fraichement lotie. Elle est issue du bas-peuple et d’une famille très pauvre. Seul son combat de militante chevronnée du mouvement IRA pouvait la hisser au sommet de la République. Portait.

Députée Ghamou Mint Achour – Crédit IRA (avec son autorisation)

La taille frêle, les yeux enfoncés mais pleins d’énergie, Ghamou Mint Achour est une femme endurcie de la communauté Harratine, avec les stigmates de bucheuse qui s’est forgée à contrecoups, face aux vicissitudes de la vie. C’est une mauritanienne porteuse de toutes les valeurs de la société, de ses rêves et de ses ambitions légitimes. Elle est décrite par son entourage comme pas très caractérielle, calme habituellement, mais vindicative quand il le faut, colérique parfois. Elle est membre active et engagée dans le combat de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA).

Son élection comme députée, son écharpe frappée aux couleurs nationales, tout cela ne lui est pas monté à la tête. Elle ressent cependant une immense fierté. « Mes impressions sont indescriptibles aujourd’hui ; c’est presque un rêve car sans moyen financier, issue d’une famille très pauvre, je me voyais mal accéder au Parlement » témoigne-t-elle.

Tout cela, selon elle, est l’œuvre de son leader, Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA. « Je remercie mon leader Birame Dah Abeid qui a permis une telle révolution, car d’habitude n’accèdent au parlement que les gens riches ou issus de familles riches, soutenues par une force tribale ou des forces de pression très fortes. Devenir parlementaire, sans un sou, et être choisie parmi des centaines de militants, ne peut que me rendre fière de mon combat au sein de IRA et rendre grâce à Allah puis à mon président Birame » a-t-elle soutenu.

Des ruelles de Satara à la « Gazra d’Arafat »

Ghamou Mint Achour est née en 1979 à Satara, quartier populaire de Rosso dans la région du Trarza. Son père, Achour Ould Saleck, gère une petite boutique. A l’âge de 8 ans, Ghamou assiste au divorce de ses parents. Sa mère, Selemha Mint Mahmoud, s’installe à la « Kebba » de Nouakchott (bidonville) et se lance dans le commerce de légumes et de poissons au marché marocain. La petite Ghamou reste avec sa tante et sa grand-mère à Rosso, puis rejoint en 1990 sa maman à Nouakchott. La famille squatte plus tard un espace à la « Gazra d’Arafat » au milieu d’autres familles pauvres qui n’ont pas les moyens de s’acheter un terrain ou de louer une maison. Leur demeure est faite de plaques de bois et de zincs.

Ghamou entre à l’école à l’âge de 11 ans, fréquente le collège des Jeunes Filles, elle et sa grande- sœur, Jemal Mint Achour. En 3ème année, elle rate le brevet et ne peut plus poursuivre ses études. Sa mère s’était remariée et il fallait quelqu’un à la maison pour s’occuper des enfants, de la cuisine et des travaux domestiques. Pour renforcer les revenus de la famille, sa grande sœur interrompt elle aussi ses études et se lance dans le commerce de légumes et de poissons comme sa mère.

En 1999, Ghamou se marie avec un manœuvre, le père de ses huit enfants. Sa fille aînée est aujourd’hui mariée et les autres sont encore enfants. Pour s’occuper, elle coud des habits et les vend. Puis, elle est embauchée par la société Pizzorno, société française chargée de la collecte et du traitement des déchets solides à Nouakchott. Elle perçoit un salaire mensuel de 28.500 UM (anciennes). En 2014, le contrat de Pizzorno est rompu par le gouvernement mauritanien. Ghamou Achour se rend alors en Arabie Saoudite pour un travail de domestique. Elle n’y reste que 3 mois avant de revenir au pays. Les Saoudiens la traitaient comme une esclave avec un travail dur et sans répit.

IRA, un combat pour les droits humains

« J’ai rejoints le mouvement IRA en 2011, mais mon véritable engagement date de 2012, lorsque Birame a brûlé les livres qui justifient les pratiques esclavagistes et qui régentent la pratique religieuse dans le pays » explique-t-elle.

La première fois qu’elle a pris contact avec Birame et le mouvement IRA, c’est lorsqu’elle était encore employée à Pizzorno. Toute une famille l’avait bastonnée quand elle leur a demandé de ne pas jeter des ordures alors qu’elle venait juste de nettoyer. L’affaire est portée à la police et la famille agresseur ameute toute la tribu. Ghamou allait perdre la bataille à cause de la forte influence de ses adversaires. Mais l’intervention des activistes d’IRA va faire tout basculer. La justice condamne ses agresseurs. Elle emporte le procès. Cette affaire va bouleverser toute sa vie. Elle et sa famille intègrent le mouvement IRA et participent depuis, à tous ses combats. Quelques mois plus tard, c’est l’autodafé de Riadh (département de Nouakchott appelé aussi PK) et l’incinération des livres de référence islamiques en Mauritanie.

Ghamou, un symbole pour les droits humains

Ghamou Mint Achour s’est forgé un nom au fil des manifestations. Son courage devient le symbole de la lutte pour les droits humains au sein du mouvement IRA. Elle gagne des galons dans la hiérarchie des combattants de la liberté. C’est surtout cette image virale d’elle, le bras sous un plâtre qui en fera l’icône de la lutte IRA. Ghamou et sa sœur ont eu en effet le bras cassé suite à une charge violente des forces de police lors d’une manifestation.

« J’ai subi beaucoup de violences policières et plusieurs arrestations, la dernière, c’était à Kiffa, il n’y a pas longtemps ; je suis restée six jours à la brigade de gendarmerie » témoigne-t-elle.

Ghamou et les ambitions d’une Mauritanie réconciliée

Ghamou estime que le peuple mauritanien aspire à être dirigé par un gouvernement civil et républicain. « Ce changement-là, c’est l’objectif de notre mouvement. Nous œuvrons pour l’égalité entre les Mauritaniens, que tous les enfants puissent jouir des mêmes opportunités d’études et qu’ils puissent également accéder à des emplois d’une manière équitable. Nous luttons pour l’égalité et la justice pour que tous les citoyens mauritaniens soient soumis aux mêmes règles de droit » explique-t-elle.

A propos de la trêve entre Birame et Ghazouani

Suite à la forte campagne menée contre Birame Dah Abeid, après le deal qu’il aurait passé avec Ghazouani et qui a provoqué le départ de plusieurs cadres du mouvement IRA, Ghamou assène sans ambages : « ils ont menti ».

Selon elle, la plupart des départs a été suscité par les Renseignements Généraux (RG) à travers le pouvoir de la corruption et l’appât du gain. « Ce qui s’est passé, souligne-t-elle, c’est un apaisement voulu par le président Ghazouani qui a invité Birame, et d’autres leaders de l’opposition, à discuter des problèmes du pays pour leur trouver des solutions ».

Cette négociation ne s’est pas faite sous la table, d’après Ghamou, qui ajoute que Birame a été très transparent dans sa démarche. Elle précise qu’il a consulté tous les militants du mouvement IRA et du parti Refondation pour une Action Globale (RAG) en gestation, pour leur demander leur avis sur cette trêve souhaitée par le régime de Ghazouani qui venait d’être élu suite à la présidentielle de 2019.

Ce que Ghazouani a mis sur la table, avance Ghamou, personne ne pouvait être contre, améliorer les conditions de vie des populations, engager de grandes réformes de développement, lever l’interdiction contre la reconnaissance des associations et des partis politiques.

Elle explique que malgré tout, Ghazouani a son projet de société comme Birame a le sien, en plus de ses ambitions présidentielles. Selon elle, ils ne pouvaient converger que dans le cadre d’une vision basée sur la justice, l’équité et l’égalité entre tous les Mauritaniens, sur la jouissance des droits fondamentaux, la fin des emprisonnements abusifs, entre autres. « C’est sur cette base que Birame, comme d’ailleurs tous les leaders de l’opposition, se sont entendu avec Ghazouani. » ajoute-t-elle précisant que cela ne doit pas être avancé comme raison pour quitter le mouvement IRA. « Nous ne sommes pas dupes et nous savons les raisons de tant de dissidence » susurre-t-elle.

Membre de la Commission Affaires Islamiques

Au sein du Parlement, Ghamou est membre de la commission des affaires islamiques où elle compte jouer un rôle par rapport à tous les avis qui seront portés sur les textes de loi qui passeront devant cette commission. Elle s’engage ainsi à faire ressusciter tous ces projets de loi qui dorment dans les tiroirs, à contribuer à la réforme du système éducatif et de santé, ainsi qu’à consolider la place de la société civile.

Cheikh Aïdara

©️ Crédit source : https://aidara.mondoblog.org/2023/07/10/ghamou-mint-achour-ould-salek-de-la-gazra-darafat-a-la-chambre-des-deputes/?fbclid=IwAR2sxTytfoM5eg3jYvKbByr1H3ISYnIRQmB94bP7Yh3wWWO_qToTBxv_Zfg

● Éditorial : Une déroute salutaire? | Par Ahmed ould Cheikh

Le Calame – Les élections municipales, législatives et régionales ont vécu. Et, comme celles qui les ont précédées, ont apporté leur lot de tintamarre, vacuité des discours, promesses intenables, alliances contre-nature, achat des consciences, fraude à ciel ouvert et autre parti pris flagrant de l’Administration au profit de qui vous savez.

Elles ont donné lieu également à d’énormes surprises : des partis de rien se sont retrouvés, par un de ces miracles dont seules les élections en Mauritanie ont le secret, avec plusieurs députés, tandis que des formations politiques ayant accompli toute leur « carrière » dans l’opposition n’ont pu décrocher le moindre strapontin.

Un véritable tsunami électoral dont on n’a apparemment pas pris toute la mesure. À qui la faute ?

À une relation apaisée, sinon complaisante, avec le pouvoir en place depuis 2019, après avoir été extrêmement tendue avec celui qui l’a précédé ? À un discours jugé trop modéré au moment où les citoyens s’attendaient à de franches prises de position face aux problèmes de l’heure ? À une érosion naturelle de l’électorat désormais plus réceptif à des discours plus virulents véhiculés par les réseaux sociaux? À l’éclosion de nouveaux pôles de l’opposition ?

Il y a sans doute un peu de tout de cela dans la déroute de l’opposition traditionnelle à qui il ne reste plus, non pas à se faire hara-kiri, mais à se remettre en cause, « faire son autocritique », pour reprendre une formule chère aux Kadihines des années 70.

Et peut-être à inventer, enfin, la démocratie spécifique à la Mauritanie ; un système viable, compréhensible à tous et toutes, vraiment révolutionnaire en ce qu’il serait vraiment respectueux de nos plus profondes traditions…

Ahmed ould Cheikh

©️ crédit source – https://cridem.org/C_Info.php?article=766574

● [Info Cridem] – Liste des membres du nouveau Gouvernement nommés, ce mardi 4 juillet 2023



Ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoullah Ben Boya,

Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, Mohamed Salem Merzoug,

Ministre de la Défense nationale, Hananna Ould Sidi,

Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine,

Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel, Dah Ould Sidi Ould Amar Taleb,

Ministre des Affaires économiques et du Développement durable, Abdessalam Ould Mohamed Saleh,

Ministre des Finances, Isselmou Ould Ahmed M’Bady,

Ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, Moctar Ould Dahi,

Ministre de la Santé, Naha Mint Hamdy Ould Mouknass,

Ministre de la Fonction publique et du Travail, Sidi Yahya Ould Cheikhna Ould Lemrabott,

Ministre de la Transformation numérique, de l’innovation et de la Modernisation de l’Administration, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly,

Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines, porte-parole du gouvernement, Nany Ould Chrougha,

Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Moctar Alhousseyni Lam,

Ministre de l’Agriculture, Moma Ould Beibate Hamahoullah,

Ministre de l’Elevage, Hmedeît Ould Cheine,

Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme, Lemrabott Ould Bennahi,

Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zeynebou Mint Hmidnah,

Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Sid’Ahmed Ould Mohamed,

Ministre de l’Equipement et des Transports, Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed,

Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Ismaêl Ould Abdel Vettah,

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Niang Mamoudou,

Ministre de la Culture, de la Jeuness, des Sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Sid’Ahmed Dié

Ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, Savia Mint N’Tahah,

Ministre de l’Environnement, Lalya Kamara,

Ministre Secrétaire générale du gouvernement, Aîssata Ba Yahya,

Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur chargé des Mauritaniens de l’extérieur, Mohamed Yahya Ould Saaîd.

©️ Crédit source – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=291764126728813&id=100076856828479

● 10 juin 2023 – Mauritanie | À Sélibaby, l’investiture du conseil régional du Guidimagha

En photo 📷 le président sortant réélu (Insaf) Dr Issa Coulibaly et M. Waly Diawara (Udp) élu ce jour premier vice-président de l’institution régionale.

Eywa, comme dira l’autre, les temps politiques sont révolus, chers messieurs, les populations vous attendent à fond…!

Les enjeux sont colossaux en matière de développement multidimensionnel dans notre région.

Urgemment faites « quelque chose » contre les 3A comme arnaques qui affectent plusieurs de nos localités :

A1Arnaque liée à un sabotage criant du champ éducatif. Les bâtiments (écoles et établissements) existent mais la substance qualitative (niveau, enseignants, l’organisation…) relève du NÉANT. Une école de qualité….il est temps !

A2Arnaque liée au rackettage systémique de nos populations par les opérateurs de téléphonie mobile de nombreuses années durant. Un service sérieux et une couverture optimale du réseau de téléphonie, sinon vous donnez ordre aux populations de virer ces antennes fake gênent notre paysage visuel…il est temps !

A3Arnaque liée à la gestion opaque et à la distribution discriminatoire des aides sociales (numéraire et matériel) de l’Etat et les initiatives humanitaires (coopératives, associations) venant des ONG dans nos localités (plusieurs villages sooninkés concernés). Il faut qu’il y ait plus de transparence en la matière et de fermer les tuyaux d’arnaque mis en place par certains individus à la solde de l’ordre féodalo-esclavagiste communautaire… il est temps !

Ainsi le compte à rebours démarre ce jour…⌛️ au rendez-vous électoral de 2028

Vous souhaitant une bonne et fructueuse mandature…!

Fraternellement.

✍️🏿KS

● CETTE VERITE QUE L’ON NE SAURAIT CACHER | Par BOUBACAR BORIS DIOP, FELWINE SARR ET MOHAMED MBOUGAR SARR

EXCLUSIF SENEPLUSLa situation en cours résulte de la dérive autoritaire du président. L’hubris d’un pouvoir qui emprisonne ou exile ses opposants les plus menaçants, réprime les libertés et tire sur son propre peuple avec une révoltante impunité

Il convient, tout d’abord, de nous incliner devant nos morts et d’avoir une pensée pour leurs proches endeuillés. Ils sont une vingtaine, à l’heure où nous écrivons cette tribune, à avoir déjà perdu la vie. Ce décompte lugubre pourrait croître dans les jours qui suivent.

Les événements en cours exigent de chacun qu’il prenne ses responsabilités. Nous affirmons que la situation que vit actuellement notre pays résulte de la dérive autoritaire du président Macky Sall. En 2012, notre confiance l’a placé à la tête de l’État sénégalais. Mais mû par son désir de se maintenir à tout prix au pouvoir, il s’est promis de « réduire l’opposition à sa plus simple expression ». Le président Macky Sall a ainsi semé les graines de la discorde et de la violence dans notre pays. Sa responsabilité devant le peuple sénégalais est sans appel. L’Histoire retiendra que c’est lui qui nous a entraînés dans cette crise politique sans précédent, fragilisé notre tissu social et affaissé nos Institutions. Il a de surcroît imprudemment libéré les monstres qui sommeillent en chaque groupe humain et qu’il convient de toujours brider par une pratique de la justice, de l’égalité des citoyen.ne. s et de la paix sociale.

Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que nous, le peuple sénégalais, n’avons pas assez réagi quand le régime en place s’est mis à traquer les militants et les cadres de Pastef en plus bien évidemment de son leader, Ousmane Sonko. Il y a pourtant eu des signes avant-coureurs – que nous n’avons hélas pas su décrypter – de cette campagne de répression systématique et sans précédent au Sénégal.

Depuis quelque temps, en effet, tous ceux qui osent élever la voix contre une troisième candidature du président sortant en font immédiatement les frais. Peu à peu, les interdictions de marches pacifiques sont devenues la règle ; les arrestations et emprisonnements arbitraires se sont multipliés. Dans un tel contexte de brutale fermeture de l’espace politique, les procès aux verdicts ubuesques et la séquestration illégale d’un dirigeant de l’opposition en sont venus à paraître d’une inquiétante banalité.

La nature socratique du verdict du procès d’Ousmane Sonko a fini par convaincre que ce n’était pas la manifestation de la vérité qui était visée, mais bel et bien l’élimination d’un opposant politique dans la perspective des prochaines élections présidentielles. Elle pose surtout le problème de notre appareil judiciaire dont la fragilité et la fébrilité sont apparues au grand jour.

En vérité nous sommes tous témoins, depuis plusieurs mois, de l’hubris d’un pouvoir qui emprisonne ou exile ses opposants les plus menaçants, réprime les libertés (notamment celles de la presse) et tire sur son propre peuple avec une révoltante impunité. Nous sommes aussi tous témoins des errements d’un État désireux de rester fort à tout prix – ce prix fût-il celui du sang, de la dissimulation, du mensonge -, oubliant qu’un État fort est un État juste, et que l’ordre se maintient d’abord par l’équité.

A cette réalité brute, l’appareil idéologique du régime en place a répondu que rien ne se passait ; et que ceux qui se trouvaient en prison étaient des individus qui avaient contrevenu aux règles, violé la loi, ou mieux, n’avaient pas respecté les règles de l’État de droit. Par un étrange renversement de perspective, ceux qui ont affaibli et décrédibilisé les Institutions de la République – notamment la Justice, devenue partisane -, les mêmes qui ont rompu l’égalité des citoyens devant la loi, sont ceux qui s’en proclament les gardiens.

Aux citoyen.ne.s dénonçant cet état de fait, on oppose une batterie de chefs d’inculpation allant de la diffusion de fausses nouvelles au discrédit jeté contre les Institutions, en passant par l’appel à l’insurrection, pour justifier l’appareil répressif mis en place contre eux. Par ces actes, c’est toute la conscience démocratique de la société civile sénégalaise qui est réprimée, sommée de rentrer chez elle et de baisser pavillon. Ce désir d’instiller la peur chez les citoyens et d’inhiber ainsi toute velléité de protestation par le langage et le discours a cependant quelque chose de profondément anachronique : les Sénégalais.e.s sont attachés à leur liberté de parole et ils n’y renonceront pas.

Un autre déni majeur est celui de la demande de justice sociale et de justice contentieuse de la part d’une jeunesse qui représente 75 % de la population sénégalaise. Cette jeunesse, en plus de manquer de perspectives, n’a pas d’espace d’expression politique et voit ses rêves d’une société plus équitable hypothéqués. Nous voyons enfin des populations, déjà précaires et laissées à elles-mêmes, aux prises avec les problèmes élémentaires du quotidien le plus rude. Elles observent avec tristesse et impuissance la frénésie accumulatrice d’une caste qui s’enrichit illicitement, cultive un entre-soi indécent et répond, quand on l’interpelle ou lui demande des comptes, par le mépris, la force ou, pire, l’indifférence. Une caste que rien ne semble plus pouvoir affecter, ni la misère sociale, ni sa propre misère morale : voilà le drame.

Aujourd’hui, comme hier, le langage, lieu primal de la lutte de la vérité contre le mensonge, demeure fondamental. La première des compromissions consiste à ne pas nommer ce qui est, à l’esquiver, à l’euphémiser, à le diluer par des tours de passe-passe sémantiques, ou à tout bonnement travestir la réalité. La première des oppressions qui nous est faite est d’avoir tenté par moult opérations de nous obliger à prendre le mensonge pour la vérité. Pour cela, l’appareil idéologique de l’État a tourné à plein régime en produisant des discours ayant pour objectif de voiler le réel.

Nous tenons à alerter à travers cette tribune sur l’usage excessif de la force dans la répression du soulèvement populaire en cours. Symbole de la violence de l’État contre la société, cette répression prend aujourd’hui une forme nouvelle et particulièrement inquiétante. Il s’agit, ni plus ni moins, de la « dé-républicanisation » des forces de défense et de sécurité auxquelles ont été intégrées des milices armées opérant au vu et au su de tous. En agissant de la sorte, le régime actuel est en train de faillir à son devoir de protéger le peuple sénégalais.

Une autre dimension de l’oppression est le gouvernement par la violence et la peur que le régime actuel a méthodiquement mis en œuvre depuis un certain temps. L’intimidation des voix dissidentes, la violence physique, la privation de liberté ont été une étape importante du saccage de nos acquis démocratiques.

Nous n’ignorions pas, après 1963, 1968, 1988, 1993, 2011 et 2021, que l’histoire politique du Sénégal charriait sa part obscure de violence. Mais de toutes les convulsions qui ont agité l’histoire moderne de notre pays, celle qui se déroule sous nos yeux nous semble être la plus simple à résoudre et, par ce fait même, la plus tragique en ses conséquences actuelles. Il suffirait qu’un homme dise : Je renonce à briguer un troisième mandat qui déshonorerait ma parole d’homme, mon pays et sa Constitution, pour que la colère qui s’exprime dans les rues sénégalaises en ce moment même, sans disparaître tout à fait, s’atténue. Cet homme, c’est le président de la République. Qu’il annonce que les articles L29, L30 et L57 du Code électoral seront révisés, que le parrainage sera aboli afin de rendre les élections inclusives et que tous les prisonniers politiques et d’opinion seront libérés pour que la tension baisse, et que la paix ait une chance de revenir.

La vague de violence qui secoue le Sénégal depuis plusieurs jours n’est pas seulement liée à une conjoncture politique passagère : elle est aussi structurelle, profonde, ancienne. Elle traverse tous les pans de la société sénégalaise, et traduit une foi perdue dans l’État de droit ainsi que le désir d’une plus grande justice (sociale), que garantirait un pacte démocratique renouvelé. Toute la question est de savoir si le pouvoir actuel a encore le temps, la latitude, la volonté de mettre un terme à une spirale de violence dont il nous semble qu’il est, tout compte fait, le principal responsable. La voie royale vers une paix durable est cependant dans la réhabilitation de la Justice et dans l’édification, cette fois-ci, d’une société véritablement démocratique. Il s’agira après la tempête, de refonder le pacte Républicain, de construire d’authentiques contre-pouvoirs, de reformer en profondeur nos Institutions, de sortir de notre hyper-présidentialisme afin de ne plus conférer à un seul individu un pouvoir sans limites et sans contrôle.

©️ Crédit source : https://www.seneplus.com/opinions/cette-verite-que-lon-ne-saurait-cacher

● Élections générales de 2023 en Mauritanie | Retour d’expérience militante de KS [+Photo-reportage]

● Sur les gagnant.e.s

Mes félicitations fraternelles et citoyennes aux compatriotes ayant été élus ou reconduits dans leurs mandats respectifs (les Mairies, le Conseil régional et le parlement). Également aux perdant.es qui sont gagnant.es à bien des égards dans cette aventure civique qui révèle « humanités » et « personnalités » que renferment nos identités brutes. Aspirer à mener la direction des affaires publiques est très louable, on s’y fait une certaine violence intime. Ainsi je clame BRAVO aux un.e.s et aux autres !

Le coup de maître inédit à signaler désormais dans les annales politiques du Guidimagha, est du fait d’un génie stratège dénommé Waly Diawara et ses camarades. Sous un étiquetage politique de « circonstances » du parti Udp (Union pour la Démocratie et le Progrès) l’inoxydable de Naha Mint Mouknass, le groupe de M. Diawara a raflé plusieurs mairies, 4 postes de députés sur 8 possibles et plusieurs conseillers régionaux, surtout a raté de peu la très prisée présidence du conseil régional du Guidimagha. Les représentants locaux du parti principal encarté majorité présidentielle « Insaf », ont été bousculés (ballottages serrés) et mis à l’écart (battus sèchement au 1er ou au second tour) pour certains. Le cas du département de Ould yengé est significatif dans ce sens, au deuxième tour des législatives, les candidats Udpéistes écrasent les Insafistes (avec un candidat ancien ministre) avec un écart de quelques milliers des voix (11 088 contre 6 982). Dans la commune de Dafort, une ingénieuse candidature iconoclaste sous la couverture d’Udp a délogé une direction municipale en place depuis quasiment 3 décennies. À noter les candidatures du pôle de l’alternance (sous la couverture légale Sawab) dans les données électorales d’équilibre et de positionnement comme « faiseur de roi » au second tour dans certaines zones.

Sur Le Parti RAG-France 

Cette instance politique est âgée d’à peine 7 mois (sa première réunion organique date du 10 décembre 2022 à Montreuil). Le Parti RAG (Refondation pour une Action Globale) est l’aile politique émanant des rangs militants et simpatisants du mouvement antiesclavagiste mauritanien IRA-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste fondée en octobre 2008 et très tardivement reconnue par les autorités en fin 2021) et du député national M. Biram Dah Abeid. La section du parti RAG a été formée par différents militants proches d’IRA-France et des soutiens politiques historiquement encartés du leader abolitionniste mauritanien. Et je m’identifie dans cette dernière catégorie et depuis l’échéance présidentielle de 2014, mes frères et camarades Brahim Ali  et Mohameden Zahaf  sont l’un ou (et) l’autre de relais sûrs sur lesquels j’adossais mon expression militante contributive pour les thèses droit-de-lhommistes et politiques défendues vaillamment par Biram. L’école politique Biramiste a été (est) une source d’inspiration porteuse de principes fondamentaux qui correspondent à la vision que j’aspire en matière politique (emprise directe citoyenne avec les populations, universalisme, progressisme, droit-de-l’hommisme….). En résumé un paradigme dé-communautariste d’un militantisme cohérent et transversal qui sanctifie la qualité Citoyenneté sur toutes autres considérations raciales ou tribales. Ainsi la section RAG France s’est hissée aux défis en face (internes et externes) pour participer aux législatives (poste de député de la circonscription Zone Europe). Avec un arbitrage confié à notre direction de l’intérieur et ses partenaires (coalition de l’alternance), un ticket de candidature a été choisi. Le camarade Dr Ba Boubou , juriste de formation a été désigné et la camarade Madame Salamata LÔ lui a été adjointe comme suppléante. Par une dynamique campagne électorale menée en équipe sous la direction de notre Top investi secrétaire général M. Elhadj Fall , nos candidats sous la couverture légale du parti Sawab arrivent à la deuxième position derrière les représentants du parti du gouvernement Insaf. Mes salutations citoyennes à nos compatriotes qui nous ont fait confiance avec 729 voix (18.40% au premier tour) avec une participation pointée à 73.11% . Au second tour tenu le 27 mai 2023, cette dernière a chuté de plus de 20 points (51.63%) et le candidat Insaf M. Diawara Issa a été élu avec 57.79% contre 40.38% (1211 voix) pour notre camp. Mon amicale reconnaissance et mes vifs encouragements à notre Team RAG-France et d’autres compatriotes (familles et proches de nos candidats) investis vaillamment dans cette aventure politique et je réitère ma fierté pour y avoir pris part avec nos moyens très serrés dès le départ. Je cite et loue ici l’implication notable de notre mère et tante à tous, Néne Daya connue Mme Thioye Kadiata, la mère de notre camarade suppléante Salamata LÔ.

Sur le volet de nombreuses et riches rencontres lors cette campagne, je tiens à noter celle d’Orléans auprès de nos compatriotes et en particulier l’échange émouvant avec notre oncle et doyen Kebé Abdoulaye (ancien gendarme ayant vécu l’emprisonnement sous le régime de Ould Taya). En région parisienne chez l’expérimenté militant multi-casquette M Baba Ould Jiddou (APP Europe), en accompagnant notre candidat Dr Boubou BA, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’intellectuel mauritanien M. Jemal Ould Yessa. Un esprit futé aux mots avisés qui inspire.

« Nous reviendrons » comme dira un certain K. Mbappe, in sha Allah !

Un vote entre plusieurs communautarismes !

Avoir une communauté de vue en speech diplomatique, sonne en creux comme nos positions se retrouvent sensiblement sur tels ou tels sujets ou enjeux. Les enjeux ou les sujets mis en exergue suscitent et conditionnent nos différents positionnements sociaux et politiques. Ainsi Voter ou choisir une personne pour la direction des affaires publiques, est un gros enjeu dans nos milieux où peu sont interpellés par les éléments programmatiques d’un.e candidat.e . L’engagement politique sous nos cieux est pris aux pièges d’une structuration sociale prégnante qui relègue en marge les idéaux portés par de partis et hommes (femmes) politiques . Dans l’électorat ou les électorats, plusieurs communautarismes y composent selon les données d’appartenance raciale, sociolinguistique et statutaire. Lors du scrutin pour l’élection du député de la diaspora mauritanienne Zone Europe au suffrage direct, nous avons constaté en plus de plusieurs candidats en lice, certains positionnements dans l’électorat au premier tour et au second tour. Au final le bloc de l’opposition qu’on croyait majoritaire sur la base des données électorales de la présidentielle de 2019, n’a pas su gagner ce poste de député paraissant pourtant prenable. Les motivations intimes des uns et des autres au sein de l’électorat et certains arguments de campagne diffus en sourdine ont brouillé toutes les données attendues en matière de prédictions logiques. Le camp du pouvoir avec le député sortant y a profité largement au second tour avec l’aide d’une forte abstention. Cette dernière a une certaine motivation qui sous-entend un communautarisme très lisible quand on observe objectivement les données de listes électorales. L’appel à un sursaut républicain lancé par plusieurs candidats et partis politiques en faveur du candidat du pôle de l’alternance, n’a pas eu l’effet escompté. Ainsi, prochainement cette opposition aurait intérêt à un travail militant de concertation et d’unité en amont pour espérer mieux.

1 juin 2023

✍️🏿KS

Photo-reportage :

● Au Guidimagha, le vote sanction est le plus expressif : un charretier élu maire et un renmé moins de 24 ans, député !!! [Adrar Info]

Adrar Info – Les populations de la wilaya du Guidimagha, délaissées, depuis des décennies, à leur propre compte par les pouvoirs publics, n’en peuvent plus de se laisser tromper et endoctriner par les différents partis au pouvoir, en particulier par le plus récent : INSAF.

L’occasion d’exprimer haut et fort ce mécontentement, leur a été offert , lors des élections, régionales, législatives et municipales 2023.

Toutes les couches sociales dans toutes les moughatas et localités de la wilaya, se sont mobilisées, stimulées par l’intense activité du parti UDP que préside Madame Naha Mint Mouknass.
Elles ont décidé de renouveler la classe politique qui sévit depuis plus de 30 ans et qui ne se soucie pas des préoccupations et du vécu des habitants.

Joignant l’acte à la parole, les guidimanko ont élu un charretier, vendeur d’eau comme maire de Daffor, un « Renmé » (enfant) du bled, âgé de moins 24 ans, député de Ould Yengé , et se sont accaparés de la quasi-totalité des autres postes électifs dans la wilaya, sous la houlette du parti UDP réduisant l’Insaf à néant.

Ils entendent ainsi, signifier expressément aux autorités nationales et leur parti Insaf, leur raz-le bol et mécontentement quant à la marginalisation et exclusion dont ils sont victimes.

Comment ces gouvernants et leur bras politique Insaf vont-ils tenir compte et donner suite à ce message, oh combien clair, net et suffisamment parlant?

Rédaction adrar.info

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=765875

● « Ma lettre aux Mauritaniens » | Par le député Biram Dah Abeid

Se ressaisir, avancer, triompher

Ma lettre aux Mauritaniens


D’emblée, je réitère ma position exigeant la reprise du vote du 13 mai 2023 et félicite la totalité des courants de l’opposition – et certains de la majorité – de leur alignement sur la ligne de l’annulation, compte tenu de l’ampleur, sans précédent, de la fraude et des irrégularités. Je les remercie, également, du soutien public et ferme, qu’ils me témoignèrent pendant ma détention. D’un élan commun, ils ont perçu l’étendue de la falsification du verdict des urnes et diagnostiqué l’obstruction brutale à l’attente d’une compétition dans la transparence et la paix. Un tel acharnement constitue une excitation à la « violence libératrice ». En conséquence, notre engagement ne varie contre l’imposition d’un résultat erroné.

Au lendemain du sabotage du scrutin général des 13 et 27 mai 2023 – évènement qui nous vaut une « défaite cuisante » malgré la mobilisation des Mauritaniens en faveur du changement, première étape vers la rupture salutaire – l’heure de l’introspection critique est venue. Par-delà la faillite de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) et en dépit de la distorsion des moyens de campagne au profit du parti-Etat, avatar du Prds et de ses satellites de la mouvance conservatrice, l’opposition, quoique légitime à remplir son rôle de dénonciation, ne peut plus s’exonérer de l’autocritique, si elle entend rehausser et honorer sa mission. Dans la diversité de ses composantes, débarrassée des contingences d’égo, de la discorde par média interposés et des querelles de préséance qui ne cessent d’en miner le parcours, elle ne saurait, à présent, éluder l’impératif d’une refondation sur des bases de confiance, de solidarité, d’innovation et de disponibilité constante et décomplexée à réévaluer son devenir.

L’habitude de la réprobation en paroles, les communiqués de presse, le magistère de la rhétorique audio-visuelle, la paresse consécutive et le réveil saisonnier à l’occasion du suffrage universel consacrent l’échec de méthodes désormais en décalage avec l’ampleur de la tâche. Face à l’essor du tribalisme et devant l’arrogance de l’oligarchie de la prébende, de la prédation et de l’impunité raide, il nous faut observer, ensemble, un moment de réflexion et de remise en cause. Il ne s’agit plus seulement d’un choix de rationalité mais d’un réflexe de survie. Il nous échoit de renouer le lien à la société civile, reconnaître la communauté des blogueurs, convenir de la répartition des tâches, y pourvoir sans relâche, incarner l’espoir, retrouver le chemin de la persuasion et, enfin répugner à nous rabattre, toujours, sur les facilités oratoires de l’imprécation dont la suite en actes se perd – souvent inaudible – dans la tuyauterie de l’instantané et du virtuel.

A défaut de l’élan vigoureux pour se réunir et alimenter la certitude que nous sommes dignes de vaincre par le nombre, voire de restaurer les équilibres fondamentaux de la Mauritanie, notre errance se poursuivrait ; l’un après l’autre, à force de privations et de lassitude, de faim et de faiblesse, nous deviendrions les acteurs d’un pathétique théâtre de marionnettes dont la gent militaire et ses relais marchands ne se lasseraient de rire.

Notre désunion les engraisse, prolonge leur ardeur à garder le pouvoir et, ainsi, amplifie la béance entre le peuple et nous, son avant-garde lucide. Or, le génie mauritanien recèle d’immenses ressources de résistance, de créativité et d’optimisme. J’invite mes compatriotes à revisiter et investir tant d’atouts féconds, plutôt à se les réapproprier, se rassembler et retrouver la voie de la réussite par le mérite qui est l’attestation même de l’égalité si chère aux justes.

Aussi, après « l’insuccès dans les urnes » et avant le cumul de ses vicissitudes potentielles, j’invite, mes compatriotes, à soutenir le projet des Assises de la refondation de la République islamique de Mauritanie, auquel je convie les volontés dont la dignité et la détermination subsistent et prospèrent, encore, à l’abri de la majorité alimentaire, vivier de la médiocratie et point de chute des chefferies fin de race. Je m’engage à mener le travail d’explication, auprès des partis, des associations, des corporations de métiers et des élus qui partagent le devoir d’abroger la résignation et, aspirent, autant, à éradiquer la vanité d’attendre une délivrance venue des cieux.

En toute humilité et disponibilité, je présente l’initiative à mon camp, celui, bien compris, des patriotes émancipés de l’ethnicité, réfractaires à l’Etat-boutique et résolus à exister et mourir, sans jamais courber l’échine ni sacrifier au fait accompli.

Biram Dah Abeid, député et candidat à l’élection présidentielle 2024
Mauritanie / Nouakchott, 30 mai 2023