Sur la Place de l’hôtel de ville à Montreuil-Sous-Bois , l’exposition « Y’a pas bon les clichés » attire du monde au passage. Montreuil, parmi les 6 villes les plus peuplées de la région parisienne, est sous la commande municipale (PCF) d’un jeune et dynamique Maire Mr Patrice Bessac. Encartée traditionnellement à gauche dans le schéma politique français, cette ville du 93 (Seine-Saint-Denis) accueille des habitants aux origines diverses. L’actuel maire, un humaniste convaincu incarne une bienveillance par ses sorties publiques sur la situation d’hébergement et d’accueil des migrants et des personnes vivant dans la précarité. On peut se rappeler de sa mobilisation déterminante autour de la résidence délabrée « Foyer rue Bara » , pour demander sa fermeture et le relogement de ses occupants « Migrants d’origine africaine » .
Aujourd’hui par cette exposition dans la ville, il décrit via un post Facebook l’engagement de Montreuil contre les clichés tenaces qui portent le racisme et l’antisémitisme :
« 🔴 Montreuil ré-affirme son engagement contre le racisme et l’antisémitisme !
Vous l’avez peut-être vue, une exposition appellée « Y’a pas bon les clichés » est installée sur la place de l’hôtel de ville. Son but : déconstruire les stérotypes et les clichés racistes et antisémites.
Dans une période où parfois se développent dans notre pays ou dans d’autres pays des climats de haine, de rejet, de peur, nous sommes fiers avec Halima Menhoudj et la Ville de Montreuil de nous mobiliser contre toutes les discriminations !
Ces derniers mois, il y eut une succession de concours de recrutement à la fonction publique avec à chaque fois une étonnante constante: l’absence ou presque des négro-africains dans la liste des admis.
Après les officiers et les juges, c’est au tour , ce mois de mars, du concours pour le recrutement d’inspecteurs de police d’illuster cette discrimination ethnique flagrante. Peut importe qu’elle soit délibérée, planifiée ou non. Le fait est là dans toute sa laideur et cela concerne l’un des corps piliers de l’appareil d’Etat.
Sur 30 admis pas un seul négro-africain! C’est une dérive discriminatoire très grave, un nouveau coup porté contre notre unité nationale. Comment s’étonner alors qu’il avive les sentiments d’exclusion ou de révolte ? Qui en est responsable?
Le concours, pourront dire certainement et en même temps les plus cyniques et les plus naïfs.
Autrement dit, admettre l’absurdité raciste dans sa forme la plus exécrable selon laquelle les négro-africains sont moins intelligents que leurs autres compatriotes.
La faute donc ne peut être au concours. Elle doit être recherché ailleurs.
D’abord en amont. Peut-être pour justifier l’injustifiable on prétendrait que les négro-africains ne se sont pas présentés au concours ou en si petit nombre. Si c’était le cas cela en soi est un fait à charge qui révèle un obstacle discriminant.
Les jeunes négro-africains comme tous les autres jeunes qui souffrent du chômage sont portés à se précipiter par centaines, voire par milliers à la moindre offre d’emploi. Il y aurait donc un obstacle discriminant dans la conception des concours qui décourage leurs cadidatures ou les élimine d’avance.
Le problème peut être aussi en aval. Au niveau de la correction des épreuves ou de la production des résultats. Et à ce niveau, fréquemment des voix s’élèvent à tort ou à raison pour dénoncer l’interventionnisme et autres manipulations dans les concours organisés par la fonction publique.
Dans tous les cas, il est inadmissible que les autorités continuent de laisser-faire une telle dérive discriminatoire.
Le fait est trop grave pour ne pas mériter un examen profond et urgent sur la base d’une enquête objective qui en révéle les causes réelles et la mise en oeuvre des rectifications nécessaires.
Ce lundi 29 mars 2021, le leader abolitionniste et député mauritanien Biram Dah Abeid a effectué visite publique dans un centre d’état civil à Teyaret (Quartier de Nouakchot) . Le président des Réseaux IRA-Mauritanie s’est entretenu avec le public et a relevé comme il y a quelques jours les dysfonctionnements inadmissibles qui freinent l’accès aux documents d’état civil pour d’innombrables mauritaniens. Une situation apatridie qui cause divers problèmes graves aux citoyens et leurs droits fondamentaux (Éducation des enfants, blocage aux soins, l’impossibilité de voyage, bannissement administratif et d’autres)
• Ci-dessus un extrait de sa prise de parole devant les médias.
Pour Biram Dah ABEID, les prochaines échéances électorales en ligne de mire, c’est maintenant. En conférence de presse ce mercredi 24 mars, à Nouakchott, il a annoncé une tournée à l’intérieur du pays et un congrès du parti RAG, récemment reconnu par les autorités mauritaniennes.
« Nous sommes les porteurs de l’alternance et du changement », a avancé devant les médias Biram Dah ABEID, arrivé à deux reprises deuxième aux élections présidentielles de 2014 et 2019.
« Nous allons écouter les mauritaniens, expliquer notre projet de société et préparer notre implantation à l’intérieur du pays », a-t-il ajouté, rappelant que le changement ne peut se faire qu’à travers la démocratie.
Lors de cette conférence de presse, Biram Dah ABEID a chargé l’ancien président Aziz pour avoir confisqué les libertés publiques, tout en saluant l’ouverture et les concessions faites par l’actuel président Mauritanien, Mohamed Cheikh Ghazouani, à l’opposition.
M. Dah Abeid s’est également prononcé sur les expropriations des terres dans la vallée notamment à Ferralah, dans la moughataa de Mbagne et dans d’autres localités du pays, tout en invitant les autorités mauritaniennes à « soigner ce cancer qui guette notre unité nationale » et d’avoir le courage de prendre à bras-le-corps les questions de fond comme la cohabitation, la discrimination raciale, la question des déportés ou encore le passif humanitaire.
Notre identité haratine c ‘est nous qui la déterminons et je ne dirai pas plus que ce qu’avait dis mon grand frère Izmane Ould Bidiel, une fierté de la communauté et de la république. Notre identité qui fut de tout temps malmenée par le segment dominant actif dont le seul soucis est de s’imposer démographiquement. Celui qui lirait la charte d’Elhor, l’l’idéologie Iraouite et le manifeste pour les droits politiques, économiques et civiques des Haratines saurait que cette communauté qui a beau souffrir le martyr et la sévérité de l’esclavage commence a s’affirmer en développant sa propre identité se manifestant par une prise en compte affichée volontariste de sa problématique tant ignorée par ceux qui les exploitaient et qui veulent a tout prix les diluer aujourd’hui par dessin politique en leur sein, ce qui est a peine perdu, car la conscientisation des enfants de la périphérie excédée que nous sommes s’est répandue Elhamdoulillah. Notre identité n’est plus a démontrer, nous sommes ce que nous sommes, mais aussi d’origine negroide. Tous ceux qui sont sincères de cette communauté martyrisée l’affirment haut et fort, parmi eux et pas le moindre Mohamed yahye ould Cire. Aussi je pense avoir lu Messaoud Ould Boulkheir, dans son document publié lors de son initiative en 2013, dans la partie traitant des composantes que les Haratines faisaient partie des Noirs de Mauritanie au même titre que les Soninke, Poular et Wolof. Aujourdhui par leur poids démographique, leur spécificité culturelle et la souffrance vecue, l’entité officielle haratine est née avec son identité spécifique.
Il est des moments dans la vie où il faut faire le choix de donner un sens à sa vie. Ce don est destiné à relever le défi d’être au côté des masses vulnérables, celles-là même qui ont besoin d’un homme de la trempe du Président Biram Dah ABEID. Oui j’invite la jeunesse mauritanienne à joindre sa force à celle de notre leader, notre Zaim pour faire face à une injustice, j’interpelle cette jeunesse qui ose. Biram n’est pas un Homme qui se laisse impressionné ; non c’est un homme qui a le sens de la stratégie aigue dans le combat contre toute forme d’injustice : esclavage, racisme, exclusion. Il a été de toutes les batailles. Nous devons savoir ce que nous voulons, faire avancer les choses consiste à voir les objectifs à atteindre dans ce combat et non écouter ceux qui ont échoué, surtout ceux qui lui en veulent d’oser de n’avoir d’état d’âme dans ce combat ou seule une endurance longue et laborieuse peut être déterminante pour la victoire effective de la justice. Point d’illusion Birama est un homme et la perfection est divine et non humaine. Nous devons oser affronter les défis avec courage et dignité. Nous ne démissionnerons pas et nous resterons avec Biram, nous lui renouvelons notre confiance quant aux défis auxquels il est confronté. Donner le sens à sa vie, c’est à travers le combat que mène Biram, lui renouvelé notre engagement et notre confiance. Nous ne sauterons pas à chaque évènement, non tels des soldats de la cause nous marcherons sans peur, sans trembler pour que les laissés pour compte gagnent leur droit d’exister dignement. Frantz FANON disait que : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, affronter sa mission : la remplir ou la trahir « .
SOYONS CETTE JEUNESSE QUI AFFRONTE ET REMPLISSE SA MISSION EN SOUTENANT NOTRE LEADER CHARISMATIQUE MONSIEUR LE PRÉSIDENT BIRAM DAH ABEID
Au cours de sa session extraordinaire tenue le lundi 8/3/2021, le Bureau exécutif de APP a examiné dans son ordre du jour une note relative à la réunion des partis et forces de l’opposition démocratiques en date du 18/1/2021 à Tevragh Zeina au domicile de Monsieur Messaoud ould BOULKHEÏR, Président de APP et à l’initiative de celui-ci, afin de rassembler les forces de l’Opposition, pour échanger sur les réalités du pays, dégager une commune vision autour d’une feuille de route précise servant de guide aux forces de l’Opposition dans leur rapport avec les visées du Pouvoir dans ce qu’il montre de bonnes dispositions pour un dialogue national sur les questions importantes du pays conduisant à un débat politique sur les principaux thèmes.
Dans ce cadre, le Bureau exécutif :
1) apprécie hautement l’initiative du Président du Parti, Messaoud O/ BOULKHEÏR qu’il qualifie d’historique, et qui vient à point nommé;
2) note avec satisfaction la bonne réaction et unanime rarement relevée à cette initiative, des forces et partis politiques de l’Opposition, dont en témoignent leurs hauts degrés de représentation par les présidents de partis et les hauts cadres dirigeants ;
3) confirme l’attachement de APP au dialogue comme unique recours face aux défis et dangers qui assaillent le pays ;
4) estime nécessaire que ce dialogue soit un dialogue politique national inclusif où participeraient toutes les composantes politiques, et qu’à son ordre du jour figurent les questions vitales que vivent les Mauritanien, notamment :
la révision de la constitution ;
nature du pouvoir politique
démocratie et bonne gouvernance ;
répartition équitable de la richesse et les questions de l’unité nationale ;
l’esclavage, ses séquelles et le passif humanitaire
les questions de Droits de l’Homme en général.
5) recommande la formation d’un comité regroupant les partis et forces de l’Opposition, chargé de préparer la feuille de route précisant la vision de l’opposition par rapport aux points du Dialogue afin de faire converger leurs points de vue sur ces questions.
6) apprécie hautement les convergences de vue notées entre les partis représentés au Parlement, qui figurent au document final à l’issue de leur rencontre en date du 24/2/2021, et recommande d’élargir des contacts à ce propos entre les forces et partis de l’Opposition démocratique pour parvenir à une vision commune.
Al-akhbar – Identités des 15 principales personnalités appelées à se présenter ce mardi 9 mars 2021 devant le parquet général.
Le procureur de la République près du tribunal régional de Nouakchott Ouest, s’apprête à émettre des accusations contre un certain nombre de personnalités, dans le cadre des dossiers de corruption les plus célèbres de Mauritanie, dont en tête l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ci-après la liste des personnalités les plus en vue devant comparaître devant le parquet ce mardi 9 mars 2021 :
1- l’ancien président MohamedOuld Abdel Aziz,
2- L’ancien Premier ministre Yahya Ould Hademine,
3- l’ancien Premier ministre Mohamed Salem Ould Bechir,
4- L’ancien ministre des Finances Moctar Ould Diay,
5- L’ancien ministre des pêches Nany Ould Chrougha,
6- L’ancien ministre du Pétrole Mohamed Ould Abdel Vettah,
7- L’ancien ministre Justice Dia Moctar Malal,
8- L’ancienne ministre de l’habitat Amal Mint Maouloud
9 – L’ancien ministre de l’équipement et des transports, Mohamed Abdallahi Ould Oudaa,
10 – L’ancien ministre du Commerce Ba Ousmane,
11- L’ancien ministre de la Santé Ahmed Ould Jelvoune,
12- L’ancien ministre -secrétaire général du gouvernement, Niang Djibril
13- Le Directeur Général d’ATTM, Ely Ould Veirick
14 – L’ex Directeur Général de la SOMELEC Mohamed Salem Ould Ahmed, dit (Merkhi)
15- Le gendre de l’ancien président Ould Abdel Aziz Mohamed Ould Msamboue.
L’élimination d’opposants politiques de la course aux élections présidentielles est une constante de la scène politique ouest-africaine. Les moyens sont hélas bien connus : accusation de détournement de deniers publics ou de fraude fiscale, remise en cause de la nationalité du candidat, exils, bannissements, emprisonnements, mandats d’arrêt internationaux, instrumentalisation de la justice et du parlement. La panoplie est vaste et l’imagination de nos gouvernants en ce domaine est fertile.
Sous nos latitudes, lorsque l’on accède au pouvoir, on le garde. On révise la constitution pour rester plus de mandats que prévu ; à défaut, on ne la respecte pas, on en tort l’interprétation à l’aide de juristes vénaux ou de conseils constitutionnels aux ordres. On inféode les contre-pouvoirs. De la démocratie, on ne retient que les formes institutionnelles et l’on s’empresse d’en évacuer le sens et la substance. On achète quand on peut certains organes de presse pour museler l’expression libre, on entrave le droit à la manifestation des citoyens pourtant garanti par la constitution, on restreint l’espace publique et les libertés individuelles, on intimide les voix dissonantes. Au lendemain d’élections formelles, scrutées par des observateurs nationaux et surtout internationaux (lorsqu’on les a admis), on quête le satisfecit de la communauté internationale sur la validité et la transparence du processus. Une fois ce blanc-seing en poche, l’on s’en retourne affamer la population, entretenir ses clientèles politiques, jouir du pouvoir et de ses démesures, trahir le contrat social du bien-être partagé, d’égalité des chances et de justice sociale au nom duquel on a été élu. À quelques exceptions près, l’on ne se prête au jeu de la compétition électorale qu’une fois que l’on s’est assuré que l’on a assez maitrisé la machinerie électorale et/ou que les adversaires les plus sérieux ont été éliminés du jeu. L’adage est connu, sous nos cieux, quand on a le pouvoir, on n’organise pas les élections pour les perdre, a moins de s’être assuré d’une succession qui vous absout de la redevabilité nécessaire de l’action publique, une fois redevenu un citoyen normal.
Nous avons tous été témoins de l’évènement. Une affaire privée opposant un leader politique de l’opposition et une citoyenne sénégalaise dont le théâtre fut l’intimité d’un salon de massage est devenue une affaire d’État. Ousmane Sonko, leader de Pastef est accusé de viol par la citoyenne Adji Sarr. Cette affaire aurait pu (due) être tranchée devant les tribunaux compétents, dans le temps normal de la justice sénégalaise, en respectant les droits des deux parties, dans une sérénité qui nous aurait éloignés de tout soupçon de machination ou de non-impartialité. Au lieu de cela, le domicile du leader du Pastef fut assiégé dès les premiers jours de l’affaire par les forces de l’ordre. Ce qui d’emblée a conféré à cette affaire un caractère politique. L’on s’est empressé de mettre en branle contre lui l’appareil judiciaire avec une célérité que l’on ne connaissait pas à notre justice, tordant au passage quelques règles de droit. L’accusé, Ousmane Sonko, a vu en une dizaine de jours son immunité parlementaire levée. En dépit du fait que les procès-verbaux des auditions des gendarmes, qui ont fuité, induisent chez toute personne censée et impartiale un sérieux doute sur la qualification des faits, le procureur de la République, maître des poursuites, décida de mettre en branle la massue judiciaire, car c’est bien de cela qu’il est question, quand il s’agit d’opposants au régime en place dont on prend au sérieux les prétentions au trône. L’affaire Khalifa Sall est là pour nous édifier. L’extrême impartialité dont il a été l’objet nous a tous laissé un goût amer, mais surtout a allumé dans nos cerveaux une alerte, qui s’est mise à tinter lorsque l’on a vu s’esquisser le même scénario. Un étrange et persistant sentiment de déjà-vu nous a habités. Rappelons juste que l’accusé Ousmane Sonko a obtenu pour une première participation aux élections présidentielles de 2019, plus de 15 % des suffrages des Sénégalais, ce qui fait de lui en l’absence d’une gauche sénégalaise et d’une réelle alternative politique, un candidat sérieux aux prochaines joutes électorales. Il s’agit d’analyser ce que l’évènement nous révèle et la vérité dont il est porteur quant à la nature de notre vie politique nationale. La tournure que prend cette affaire est l’expression d’une crise profonde de notre démocratie, qui par ailleurs, se vante d’être exemplaire en se comparant toujours à moins aboutie qu’elle sur le continent.
Depuis Wade, l’affaiblissement et la corrosion des acquis de la démocratie sénégalaise est une douce pente que nous avons empruntée. N’eût été le sursaut du 23 juin 2011 et du 25 mars 2012 ; notamment le barrage des Sénégalais et des Sénégalaises à sa tentative d’installer un ticket présidentiel ne requérant que 25 % des suffrages pour être élu, et celle de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Une dévolution monarchique du pouvoir nous guettait. Le M23, Y en A Marre, Devoir de résistance, l’opposition, la société civile, les syndicats, les citoyens et les citoyennes sénégalaises, nous en ont préservé.
Les idéaux pour lesquels nous nous sommes battus en 2012 : le raffermissement de notre démocratie par des réformes institutionnelles adéquates, l’équilibre des pouvoirs, la justice sociale, la redevabilité, l’égalité des citoyens devant la loi, l’élimination de la corruption ont été continuellement érodés depuis. Nous avons vu des personnages emblématiques du régime de Wade contre lequel nous nous sommes élevés en 2012, transhumer vers la majorité présidentielle, certains reniant urbi et orbi leurs engagements précédents ; des individus soupçonnés de détournement de deniers publics, certains épinglés par les rapports des corps de contrôles de l’État, retrouver grâce aux côtés du Prince. La déliquescence morale de la vie politique a amené la plupart des citoyens de ce pays à considérer la politique comme le lieu par excellence de l’expression des cynismes et de l’affrontement des opportunités, alors qu’elle doit être cet espace où la communauté configure son destin et œuvre à réaliser ses aspirations les plus élevées. Ceci est aussi dû en partie au fait que nous avons déserté ce lieu, jugeant son air peu respirable. À quoi avons-nous assisté ces dernières semaines ? Des activistes exerçant leur droit de protestation arrêtés et jetés en prison, une chasse des partisans de Pastef, des citoyennes manifestant leur soutien à leur leader, embarquées par la police, des journalistes entravés dans l’exercice de leur profession. D’ailleurs, ces dernières années la couleur fut annoncée ; plusieurs opposants ont fait l’expérience de la prison, l’embastillement récurrent d’activistes exerçant leur liberté de critique (Guy Marius Sagna en est devenu l’emblème. Il est actuellement détenu en isolement au Cap Manuel dans des conditions indignes) ; une Sénégalaise, Oulèye Mané, ayant fait circuler dans son WhatsApp une caricature du chef de l’État, Saer Kébé, un jeune lycéen de 16 ans ayant tenu des propos contre Charlie sur les réseaux sociaux se sont retrouvés eux aussi en prison. Le Sénégal est pourtant le pays d’une liberté d’expression gagnée de haute lutte. Nous sentions bien que liy raam ci nag ba la jëm.
De la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini, il s’agit cependant de passer au paradigme. Nous avons vécu ces dernières années une série de dépossessions démocratiques et c’est ce cycle que nous devons arrêter. La démocratie, plus qu’une forme d’État est une figure réelle de la vie politique. Elle nous engage à défendre ce qui fait tenir ensemble la société. Et l’un de ces piliers est la Justice. Dans notre contexte, la question est autant l’exercice du pouvoir, les normes auxquelles ce pouvoir est soumis, que les finalités qu’il se donne. Un pouvoir séparé de l’idée de justice, que rien n’équilibre plus, qu’aucune digue ne retient, ivre du monopole de l’exercice de la force publique, est exposé à toutes les dérives. Et Dieu sait que les tâches auxquelles il doit s’atteler pour les bien-être des populations sénégalaises vulnérabilisées sont nombreuses. Faut-il rappeler à ceux qui l’exercent que c’est nous qui le leur avons confié pour un temps, afin qu’ils s’attèlent aux conditions de notre plus grand bien ? Le leader de Pastef alors qu’il se rendait à la convocation de la justice été arrêté pour troubles à l’ordre public et placé en garde à vue dans les locaux de la section de recherche de la gendarmerie à Colobane.
Le sursaut auquel nous devrons notre salut est aujourd’hui dans le camp de la Justice. C’est à elle de restaurer l’État de droit et de juger les faits par une instruction impartiale. Il lui faut trancher le contentieux Ousmane Sonko et Adji Sarr par un jugement équitable, en dehors de tout agenda politique. Notre salut est aussi dans la vigilance et l’engagement des citoyens et citoyennes, à défendre l’idée que nous nous faisons de ce que la communauté doit devenir. Il s’agit pour nous de ne pas nous laisser déposséder de la capacité de configurer notre destin collectif. Au-delà de la bataille présente pour une démocratie réelle et une justice impartiale, il nous faudra sérieusement nous atteler à construire une véritable alternative sociale et politique et refonder ainsi la nation sénégalaise.
À lire cet élément média https://aidara.mondoblog.org/2017/05/15/de-gouraye-a-nouakchott-lodyssee-dun-indesirable-de-republique/ signé par le journaliste Cheikh Aidara. Une publication de courant mai 2017 sur le traitement scandaleux subi par le président Biram Dah Abeid qui voulait visiter paisiblement le Guidimagha. Arrivé à Gouraye dans la journée du 7 mai, le leader abolitionniste avait été cerné manu militari et expulsé par une escorte de gendarmerie jusqu’à la sortie de la région. Également le même scénario jusqu’à Aleg et finalement mis sous contrôle strict vers Nouakchott.
Dans ce Guidimagha, une délégation RAG- IRA qui voulait initier des implantations de sections, avait été convoquée par les autorités régionales et finalement expulsée aussi. Certains coalisés anti-biram d’aujourd’hui qui considèrent qu’il se serait rallié au régime actuel, étaient silencieux sur ce que lui arrivait et il y en a même qui étaient contre sa visite dans nos localités où la question féodalo-esclavagiste faisait beaucoup de bruit entre les militants abolitionnistes soninkés et les défenseurs d’un statu quo sociétal.
À l’époque, le régime voyait la mouvance militante droit-de-lhommiste et politique comme un ennemi officiel du pays à éradiquer méthodiquement. Aujourd’hui des choses ont changé sensiblement par rapport l’approche du pouvoir actuel sous la direction du président Mohamed Ould CheikhEl–Ghazouani. Le reconnaître sincèrement et ouvertement fait partie d’une maturité dans la mobilisation revendicative pour tout militant doté d’une certaine vision patriotique et pragmatique. L’adaptation dans des nouvelles circonstances ne signifie pas un renoncement sur les principes fondamentaux.
L’édification d’un véritable État de droit dans un pays ne se fait pas comme la construction d’une villa en quelques semaines. Il en faut plus, un processus cadré de concertations sincères en mettant toutes les cartes sur la table entre fils de la Nation. Et le dialogue qui s’annonce pourrait être une occasion historique pour l’instauration d’un Nouveau pacte Républicain où la Confiance mutuelle au sein du Peuple sera l’anse indestructible par la Grâce d’Allah.
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