Mauritanie : Le pouvoir judiciaire et l’occasion en or

La Commission d’Enquête Parlementaire (CEP) a remis  son rapport à l’Assemblée nationale qui, comme à son accoutumée, l’a «instantanément» transmis au ministère de la justice,  sans même en corriger les coquilles et autres fautes de syntaxe, et ce pour engager, au plus vite,  les poursuites judiciaires contre les personnes « impliquées » dans les dossiers de corruption présumée.
De nombreuses incongruités ébranlent la crédibilité dudit rapport:


1. Au départ,  la CEP fut proposée par l’opposition aiguillonnée par les « Frères musulmans » (14 députés sur les 24  qui avaient parrainé cette initiative). En démocratie,  ce type de manœuvre politique est assez « standard », il relève d’une tactique de harcèlement médiatique et populaire du pouvoir, régulièrement réactivée par l’opposition pour rappeler qu’elle existe et tester, au passage,  la cohésion politique de  ses adversaires.
En général, de telles manœuvres ne font pas long feu, vite oubliées à la faveur d’un échange de vaines salves oratoires. On comprend alors que la création de la CEP ne visait nullement un objectif d’enquête sérieuse et n’avait –a priori- aucune chance de réussir.
Si la CEP avait été  «naturellement» proposée par la majorité parlementaire, les choses auraient été complètement différentes…


2. L’aval de la majorité en faveur de la CEP, est venu alors que cette majorité était empêtrée dans le débat acrimonieux, au sein du parti au pouvoir,  au sujet de la  « référence ».  On peut ainsi estimer que cet aval faisait partie intégrante de la panoplie de mesures visant à trancher, dans le vif et au plus vite, un tel débat,


3.  La plupart des parlementaires qui ont soutenu, sur le tard,  l’initiative de la CEP, avait  défendu –mordicus- les projets autour desquels planent aujourd’hui des soupçons de corruption, et avait unanimement légiféré dans ce sens,


4. La majorité des parlementaires actuels a pathétiquement  milité (hier par écrit)en faveur du renouvellement du mandat présidentiel, en violation des dispositions pertinentes de la Constitution du pays ; en somme, ils ont tenté d’octroyer une nouvelle « décennie de gabegie », en sus de celle qu’ils critiquent en chœur aujourd’hui et  de manière si véhémente!


5. La commission parlementaire comprenait des membres connus pour leur hostilité déclarée à l’endroit de  l’ex-président de la République; bien entendu cette observation confirme à nouveau le point n ° 2,


6. C’est notoire, certains membres de la CEP elle-même, disposent  de lourds « dossiers » en matière de corruption et de gabegie, du temps où ils exerçaient des charges publiques,


7. Les dossiers d’inspection ont été choisis de manière sélective,  visant principalement à incriminer l’ex-président de la République et certains de ses anciens collaborateurs, en épargnant d’autres, et ce  parfois de manière vulgaire, invraisemblable et sur la base de calomnies vite démenties par leurs auteurs,


8. La  CEP  a fait appel à trois bureaux d’études (tous étrangers) pour contrôler des faits, en rapport avec la souveraineté du pays, sans expliquer nulle part les précautions techniques en matière de sécurité politique. La probabilité d’une « influence intelligente» (extérieure ou intérieure) ne peut plus être entièrement écartée,


9. Dans son rapport, la  CEP a critiqué « vertement » tous les organes officiels de contrôle, à l’exception notable du parlement, dont la plupart des membres actuels avait approuvé les projets et  accords «suspects» et dont  est issue la commission,


10. On est fondé de s’inquiéter du nombre limité de dossiers arbitrairement sélectionnés par la CEP, car cela pourrait consister en  une tentative par les adeptes  de le corruption et de la gabegie,  durant la «décennie», «la vingtaine» et la  «trentaine», visant à incriminer  un nombre limité de responsables, en victimes expiatoires, au moindre coût,   d’un profond problème de société, permettant ainsi à ces adeptes de s’adonner sans risque à leur activité nocive favorite, du moins sur le court terme.
Acteurs politiques partiaux
 
Contrairement au pouvoir exécutif au sein duquel  un « PNP », n’ayant jamais travaillé pour l’Etat, peut  miraculeusement occuper les postes les plus prestigieux de l’administration publique,  et agir, à son tour,  dans cet esprit sur le double plan financier et administratif, ou  au pouvoir législatif dont l’accès n’exige  que moins de deux semaines de campagne électorale, au cours desquelles, en plus de l’argent sale, les « leviers » sordides de tous les particularismes (tribalisme, régionalisme, « ethnicisme », sectarisme …) sont actionnés à tout bout de champ, contrairement donc aux deux pouvoirs précédents, le  pouvoir judiciaire n’est accessible que via des concours en bonne et due forme, exigeant de  vraies qualifications professionnelles.  Ce pouvoir est, fort heureusement, indépendant des deux pouvoirs exécutif et législatif.
Il me semble que ce pouvoir judiciaire dispose, aujourd’hui, d’une occasion en or susceptible d’aider le pays à porter un coup décisif à la culture de la corruption et de la gabegie, une culture qui a régulièrement freiné les efforts publics en faveur de la lutte contre la misère et l’atténuation significative  des écarts sociaux. Ce pouvoir peut considérer le rapport remis par le parlement et rédigé par trois bureaux d’études étrangers, sous l’influence d’acteurs politiques partiaux, comme une notification formelle au sujet d’une présomption d’existence d’actes illicites dans la gestion publique, et procéder, sur cette base, au prélèvement d’un nouvel échantillon aléatoire parmi les départements ministériels, les institutions publiques et les grands projets de développement, conforme aux procédés statistiques rigoureux en matière de contrôle et de vérification, « lissant » ainsi les données comprises dans un rapport notoirement politique et donc subjectif. Ceci aura l’avantage de mesurer avec une grande précision l’ampleur du phénomène au sein de l’appareil de l’Etat, sur une base professionnelle, impartiale et donc indiscutable ;  ceci serait  en phase avec les méthodes et procédures d’investigation judiciaire, étroitement encadrées par les textes légaux et déontologiques. Ceci aura enfin  l’avantage de rassurer, demain,  les coupables éventuels à propos des raisons de leur condamnation, de préserver l’image extérieure du pays et la dignité de ses fonctionnaires.
Si, en plus,  le pouvoir judiciaire pouvait éclairer, à titre comparatif et en respectant naturellement les normes juridiques de prescription,  les lanternes des citoyens mauritaniens sur la manière dont les affaires publiques étaient gérées avant la « décennie »,  ce serait, sans nul doute, «le gâteau sous la cerise»…

 

Dr IsselkouOuld Ahmed Izidbih

Source : Le Calame

©️ Crédit source: https://kassataya.com/2020/08/04/le-pouvoir-judiciaire-et-loccasion-en-or/

Mauritanie – politique : Reconnaissance des partis politiques RAG et FPC pour le renforcement de la scène politique (Forum)

Tawary – Les participants au forum organisé, à Nouakchott, ce dimanche 02 Août 2020, ont demandé aux autorités de reconnaitre les partis politiques RAG et le FPC pour le renforcement de la scène politique nationale.

Selon l’ancien président du parti Tawassoul, M.Mohamed Jemil Mansour, l’ouverture du dialogue politique exige la reconnaissance de tout parti politique qui a une représentation populaire et un projet politique qu’il veut exploiter.

La reconnaissance des deux formations politiques dont leurs dossiers ont été déposés au ministère de l’intérieur et de la décentralisation encourage la décrispation de la scène politique, a-t-il expliqué.

Pour sa part, le député du RFD, Me El Id Ould Mouhameden, a dit qu’il est nécessaire d’autoriser les deux partis politiques (RAG et FPC). Il a aussi souligné qu’il est important de tenir un dialogue inclusif pour résoudre les problèmes liés à l’esclavage tels que ses séquelles.

Me El Id a jugé opportun de revoir la situation politique, économique et social du pays afin d’y apporter des solutions adéquates et définitives.

Au cours de cette rencontre, plusieurs participants ont exposé des sujets allant dans le sens du renforcement de la démocratie et de l’unité nationale dans le pays.

Nous rappelons que ce Forum tenu sous le slogan « Paysage politique mauritanien de la rupture au partenariat compétitif » a été organisé après la fin de la première année du quinquennat du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir.

©️ Crédit source: post Fb Page Mauritanie https://www.facebook.com/Mauritanie28111960/photos/a.297528047042621/2958795040915895/?type=3

Mauritanie/ Rapport CEP : La réaction du juriste Lo Gourmo

Le rapport de la commission d’ enquête parlementaire est déposé devant l’ Assemblée Nationale. C’ est une première dans l’histoire politique et institutionnelle du pays. Cette commission a été constituée à l’instigation des partis de l’opposition démocratique, toutes obédiences et nuances confondues. Pas un seul parti d’ entre eux, pas un seul, représenté au parlement, n’ a fait défaillance. Depuis le coup d’ Etat de 2008, et au gré des scandales économico-financiers multiples, variés et retentissants qui ont émaillé le règne du  » Président des Pauvres » devenu sans doute ( de son propre aveu!) un « homme riche » ( et c’ est un euphémisme), cette opposition, à côté des autres revendications politiques et sociales, a toujours fait de l’ exigence de transparence dans la gestion des maigres ressources financières du pays et de ses richesses, l’ un des aspects essentiels de son combat. Du fait d’ erreurs politiques enfantines, dues à son arrogance et au sentiment de surpuissance que procure fatalement toute longue jouissance sans partage du pouvoir, l’ ancien Chef de l’ Etat s’ est aliéné, EN DIRECT , et brutalement, tout soutien, toute sympathie de la part de son camp naturel, devenu par son fait, celui de ses pires ennemis. Voilà le secret de la création miraculeuse de cette commission parlementaire, fruit d’une demande générale de solder les comptes de l’incroyable gouvernance Aziz et d’un besoin impératif que rendent ces comptes, tous ceux sur qui le Général a pu s’ appuyer pour ses ténébreuses et tres lucratives affaires. Que l’ on ne nous raconte donc pas des sornettes. Ceux qui ne sont pas, absolument pas, interessés à la chose, pour savoir oû sont passés ces ressources et ces richesses du pays, ont sans doute leur raison. Mais de gràce, on est en Mauritanie et tout le monde se connaît. Le tintamarre sur l’ air du  » tous pourris, tous pareils » ne pourra jamais étouffer le bruit des casseroles qui traînent. L’ histoire ne s’ arretera pas à ces enquêtes car le besoin de vérité ne s’ arrête pas à la décennie Aziz ni aux dossiers exhumés à cette occasion. Mais il y a un début à tout et les ruses de l’histoire sont surprenantes. Que ceux qui veulent plus en matière d’ enquêtes le demandent avec force mais nul ne devrait refuser ce que la bonne providence et la bonne occasion offrent à notre soif de justice. Et c’ est le cas avec le rapport de la commission d’ enquête.


Gourmo Lô, Facebook 28 juillet 2020

©️ Crédit source: Reçu GR Réseau whatsapp Enjeux mauritaniens.

Allocution de l’honorable députée Coumba Dada Kane lors de la plénière du 27 juillet 2020 à l’assemblée nationale de Mauritanie.



La Haute cour de justice qui a pour compétences de juger, le président de la république a disparu de l’architecture juridique du pays par la volonté de beaucoup d’entre nous ici présents.

Monsieur, le président et chers collègues députés!

Dans cette auguste Assemblée siègent encore des élus qui ont défendu lâchement et sans état d’âme la suppression de cette juridiction.
C’était pour faire plaisir à l’ancien Président de la République qu’ils croyaient éternel et qu’ils avaient présenté comme le messie, le sauveur du peuple mauritanien, le bâtisseur jamais égalé dans l’histoire politique de notre nation.

Ces personnes sont connues. Elles n’ont pas besoin d’être nommées. D’ailleurs, nos regards se croisent en ce moment même dans la salle. Ils ont aujourd’hui le courage et l’audace de demander le rétablissement de la Haute Cour de justice.
Ces élus-là font honte à la République et déshonorent notre prestigieux statut consacré par le pouvoir législatif, un maillon essentiel de notre système démocratique.
Il y a quelques mois seulement, ces mêmes gens défendaient contre vents et marées le troisième mandat de l’ancien Président de la république, Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ils rivalisaient d’ardeur pour mobiliser et manipuler les foules afin d’inciter Mohamed Ould Abdel Aziz à violer sans coup férir la constitution.
Quelle hypocrisie ! Quel désaveu et quelle couardise !
Un député, c’est un élu du peuple sous d’autres cieux .C’est un représentant du peuple fort de sa légitimité.
Cette fonction honorable est incompatible avec le mensonge, la recherche efreinée du gain mal acquis et l’opportunisme. Un élu du peuple est une caution morale qui exige de la hauteur, de la retenue et de la responsabilité d’une part mais aussi de la redevabilité d’autre part.
Notre vocation, faut-il le rappeler, c’est de défendre l’intérêt du peuple. C’est un sacerdoce.
Nous ne sommes ni des ennemis du Gouvernement ni les amis du Gouvernement mais un train d’union entre l’Etat et le peuple avec un certain penchant pour le peuple souverain qui a besoin de connaitre la vérité sur la gestion de ses ressources.

Mes chers collègues députés! Supprimer la Haute cour de justice puis la rétablir, cela est caractéristique d’un enfantillage et de la faiblesse de nos institutions à la merci de nos gouvernants.
Le rétablissement de la Haute Cour de Justice, qui cristallise les débats à l’Assemblée nationale et même au-delà ne réglera pas pour autant l’impunité et le manque de justice que connait notre pays depuis plusieurs décennies.
Notre système judiciaire protège les plus forts et écrasent les plus faibles ou les stigmatise.
C’est une justice aux ordres, partiale, accusatrice et broient sans pitié les plus vulnérables.
La Haute cour de justice pour quoi la rétablir ? Juste pour juger l’ancien Président de la république ? Cela ressemble fort à un règlement de comptes entre deux individus. Mais où se situe alors l’intérêt du peuple mauritanien ? C’est à mon avis le plus important.
Que dalle !
Pour caricaturer, le jour où les deux personnes en hostilité arriveront à aplanir leur différend, le peuple si enthousiaste pour un procès de l’ancien chef de l’Etat comprendra qu’il a été dupé pour la énième fois. C’est une supercherie !
D’ailleurs, certains juristes de haute facture pensent que l’ancien Président est un citoyen ordinaire et donc un justiciable comme un autre. Il ne peut être jugé que par une Haute Cour de justice en cas de haute trahison.

Je laisse ce débat aux Hommes du droit. Mais une chose est sûre.
Le peuple mauritanien a déjà fait le procès de tous ceux qui l’ont dépouillé de ses richesses et semé la haine en son sein pour briser son harmonie et sa concorde ,toutes choses qui occasionnent sa fracture, sa désunion pour servir des desseins démoniaques et machiavéliques.
Monsieur le président et chers collègues députés!
Le mal de notre justice est plus structurel que conjoncturel.
Redonner vit à la Haute Cour de Justice ne saurait être la solution.
Notre système judiciaire notamment dans ces textes et lois est cosmétique pour faire plaisir à l’Occident.
Souvent inadaptés, incompatibles d’avec nos réalités socio culturelles, nos textes ne sont jamais appliqués. Or une loi n’a de sens et d’existence que lorsqu’elle est effective.
Si non à quoi bon de voter des lois, alors que tout le monde ,y compris le législateur, laisse volontairement des voies de contournement comme pour inciter à violer la loi.
Ainsi alors, le débat sur le rétablissement de la Haute cour de Justice est celui du procès de notre système judiciaire qui manque de soubassement, pêche par son inconstance et son manque de vision et de perspectives.

Mme Coumba Dada KANE
Vice-présidente IRA-MAURITANIE
Députée à l’Assemblée Nationale Mauritanie

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Événement – Reconnaissance : Le sacre des vivants

Mr Samba Thiam
Mr Ibrahim Sarr

Un regroupement d’hommes et de femmes apolitiques baptisé « Initiative Citoyenne », a initié un Prix de Reconnaissance pour magnifier le sens de l’engagement désintéressé, de l’abnégation et de la constance dans notre pays.

Cette reconnaissance est destinée à consacrer des hommes et femmes, de leur vivant, pour leur quête inlassable de l’unité nationale et une plus grande justice pour tous les enfants de la Mauritanie. En effet, nous avons la chance de compter, parmi les acteurs de notre histoire contemporaine, des monuments dont la constance est à saluer et le désintéressement à honorer. L’objectif fondamental de cette initiative étant donc de faire prendre conscience qu’un tel patrimoine doit être préservé, entretenu et mis en valeur.

Peu importe notre origine, peu importe nos opinions politiques , s’il y a lieu, il va sans dire que nous devrions tous pouvoir nous retrouver à travers certains idéaux, certaines valeurs prônées par la religion islamique, ciment entre les différentes communautés du Pays.

Pour cette première édition, le choix a donc porté sur Ibrahima Moctar Sarr et Samba Thiam, en raison de leur engagement national.

Une délégation composée de chefs religieux, de communicateurs traditionnels s’est rendue ce dimanche 26 juin au domicile de chaque lauréat pour la remise des trophées.

Cette délégation conduite par le Doyen Souleymane Kane a transmis le message aux récipiendaires, qui ont été très honorés par cette distinction, et ont remercié chaleureusement l’ensemble des participants à cette noble initiative.

Le comité de pilotage, qui n’a ménagé aucun effort pour la réussite de cette grande première, remercie l’ensemble des participants, sans lesquels, rien n’aurait pu se faire.

Nous formulons enfin le vœux que cette grande première suscite une émulation et permette une prise de conscience sur le fait que nous gagnerions tous, autant que faire se peut, à préserver et à sublimer nos valeureux hommes et notre patrimoine culturel et historique.

La cellule de communication

©️ Crédit source : https://kassataya.com/2020/07/27/le-sacre-des-vivants/

Mauritanie – Politique : Intervention du président et député Biram Dah Abeid au cours de la conférence de presse animée par le président du Parti Rag Omar ould Yali.



Mesdames et messieurs de la presse

Bienvenue à vous !

Nous avons souhaité nous adresser à vous, après un cumul exceptionnel de dysfonctionnements dans la gouvernance d’Etat. Parmi les évènements portés à votre connaissance, je souligne le détournement de fonds au siège de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm), la découverte présumée d’un lot de faux dollars et les tentatives de cambriolage de bureaux de la Direction du budget et de la Cour suprême (Csm) ; à ces incidents – je n’en minore la gravité – s’ajoutent les contentieux de corruption en examen par la Commission d’enquête parlementaire (Cep). Selon toute probabilité, des scandales de même facture pourraient rajouter au discrédit d’une gestion publique, en panne dès le lendemain du 10 juillet 1978.

Notre propos, ici, ne consiste ni à exagérer la critique fût-elle légitime d’ailleurs, ni à démonter la faillite de l’hégémonie ethno-tribale. A cet égard, l’essentiel a été dit, réitéré et prouvé ; les derniers évènements confirment nos constats, de jour en jour. Vous vous souvenez avec quel scepticisme, une frange de l’opinion accueillit mon projet, formulé durant la campagne électorale en 2019, de confier, à une instance permanente de contrôle, le soin de vérifier et authentifier les diplômes et qualifications du personnel de l’Etat. A l’époque, je pressentais combien le pays s’enracinait dans la culture du faux, généreusement servie par la négligence, l’impunité, les ententes de clan, la pression des clientèles et le cynisme ambiant. L’autorité de l’Exécutif étant devenue une entreprise de prédation, elle ne produit plus que des passe-droits, des indulgences et des distributions rotatives de rente, sans se soucier de réduire les inégalités hérités, métastase de la gouvernance en Mauritanie. La clochardisation de la fonction publique et de ses bâtiments témoigne de la ruine. Oui, le modèle a dépassé ses limites et sa péremption menace les fondements de la cohésion sociale, du moins ce qu’il en subsiste.

Aussi, mon propos, ici, se résume en une injonction unique : l’heure impose d’oser la rupture, pour survivre, en paix.

L’objectif vital requiert d’abord la sincérité à l’application du droit, la réhabilitation de la justice, le nettoyage de la corporation des magistrats et l’avènement d’une transparence, tous azimuts. Ainsi quand tout semble perdu, un pouvoir légitime ou ambitieux de l’être gagne la confiance des gouvernés ou s’expose à l’insurrection. Or, à présent nos compatriotes ne croient plus à leurs dirigeants et regardent l’ensemble de l’élite, avec suspicion et impatience.

L’ampleur du défi exige une concertation nationale sur le devenir du pays, débat dont nul thématique ou acteur ne devrait s’exclure. Cette refondation, notre Parti radical pour une refondation globale (Rag), ne cesse de la réclamer, depuis longtemps, comme d’autres organisations interdites.

Aujourd’hui, le Président de la république et le Parlement ne sauraient éluder ni différer davantage l’instant de vérité, qui est le temps des réformes, à la racine et vite. Il lui appartient de prendre la population à témoin, d’en susciter la confiance puis le concours, sur la base d’un inventaire franc, qui n’esquive les fautes, les insuffisances, les erreurs, encore moins les crimes. Le moment est venu de reconnaitre, juger, présenter des excuses, réparer ; la part symbolique de l’exercice concerne, d’abord, les protagonistes actuels de la faillite. A force d’amnisties dénuées de raison juridique et de consensus, nous avons appris à banaliser le vol, l’usage de faux, les nominations pour faire plaisir, toujours aux mêmes. Je reviens, ici, sur la nécessité d’abroger la loi scélérate du 14 juin 1993, qui insulte la mémoire et le sentiment d’une composante de la communauté de destin.
Jusque-là, la Mauritanie se singularisait par le racisme et l’esclavage ; la voici atteinte au cœur de la crédibilité de ses institutions, ; les incidents que j’ai cités plus haut attestent d’une dérive vers l’Etat-voyou. Sortir de l’engrenage, a un prix, un seul : il faut aller loin, privilégier la générosité et le courage, bref oser mieux que des ravaudages de grand-mère, des demi-mesures et la sagesse fataliste du laisser le temps au temps.
Si le gouvernement et le Chef de l’Etat s’engage sur la voie du discernement et de l’équité, il mériterait notre soutien vigilant. En revanche, nous continuerions à combattre le maintien du statu quo, grâce au surcroit d’ardeur que commande l’urgence. Mon camarade Oumar Yali et moi n’avons failli au devoir de l’avertissement et de la proposition.
Tous deux, nous vous remercions d’accorder votre attention à notre propos liminaire.

Nouakchott, le 9 juin 2020

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE

TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

Mauritanie – Tribune : Impuissance ? Par AOC

Biram est rentré la semaine dernière au pays. Frais émoulu après plus de trois mois de confinement en Europe. Et ne s’est pas fait prier pour dire tout haut ce que le reste de l’opposition pense tout bas : il est temps pour le pouvoir de se ressaisir. Presqu’un an d’exercice et ses promesses de normaliser la scène politique, en autorisant les organisations et les partis non reconnus, n’ont connu aucun début d’exécution. Pire, les symboles de la décennie honnie sont encore aux premières loges, gouvernails de l’économie en mains : fer, pétrole, gaz et énergie ; alors que le pays pensait avoir tourné pour de bon la sombre page. Ceux qui le narguaient hier, privilégiant les intérêts d’un clan au détriment de ceux du peuple, et dont les noms sont quotidiennement cités dans des dossiers sulfureux, marchés douteux et malversations en tout genre, sont maintenus contre toute logique en des postes sensibles. Comme si le pays ne pouvait pas se passer de ces (in)compétences ! Biram l’a dit, le peuple le répète à longueur de journée : cette situation est intenable ! Les grandes réformes passent d’abord par les hommes qui vont les mettre en valeur et ce n’est pas avec du vieux pourri jusqu’à la moelle qu’on pourra faire du neuf. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire qui sera rendu dans quelques semaines sera-t-il le déclic susceptible de séparer enfin le bon grain de l’ivraie ? Prions que la montagne n’accouche pas d’une souris… qui serait évidemment impuissante à contenir le flot grandissant des amertumes populaires.

AOC

©️ Crédit source: http://lecalame.info/?q=node/10544

Mauritanie – Politique: La conférence de presse du député et président Biram Dah Abeid,Nouakchott, le 19 juin 2020

Commission Communication Initiative de Résurgence Abolitionniste(Ira-M) de la conférence de presse du député et président Biram Dah Abeid,
Nouakchott, le 19 juin 2020

  1. Comme docteur Martin Luther King, nous n’acceptons pas de nominations à des postes officiels ou semi, qui nous éloigneront d’une lutte inachevée. D’autres aînés ont éxpérimenté ce chemin sans landemain avant moi.
  2. Nous n’avons connaissance d’une seule condamnation d’arabo-berbères auteurs des crimes de génocide, d’esclavage ou de viol contre les populations d’ascendance noire africaine, tels les bambara, wolof, soninké, pulaarophones, les hratin et immigrés subsahariens…
  3. A l’exemple des afro-américains pendant les décennies antérieures à la conquête des droits civiques, nous sommes privés de l’enrôlement électoral, donc de la faculté de voter ; à ce titre, les nôtres sont empêchés de s’organiser comme le démontre l’interdiction des mouvements capables de vaincre l’hégémonie ethno-tribale, dans les urnes. Je citerai, ici, Ira-M, le Rag, les Fpc…
  4. La privation foncière frappe les noirs de plein fouet, souvent par la spoliation de leurs terres de culture et espace de pâture, au profit d’autres mauritaniens privilégiés, des multinationales de l’agrobusiness et des vendeurs de charbon de bois. Arrachés au sol nourricier dont la qualité se dégrade, ils s’exilent vers les villes et en deviennent le prolétariat corvéable, à vie.
  5. Cette discrimination d’Etat exacerbée qu’ont vécu les Usa après la fin de l’esclavage, se manifeste de nos jours en Mauritanie ; l’exclusion des afro-Mauritaniens du personnel civil et militaire de l’Etat en est la manifestation la plus courante…Le processus a été entamé au début des années 1980 et atteint son achèvement aujourd’hui, tant et si bien que les nominations monochromes se banalisent.
  6. Nos mouvements non-violents et légalistes sont accusés de racisme et de violence par le bloc conservateur où se retrouvent le pouvoir, des syndicats, des corporations d’imams, de blogueurs, de journalistes, d’hommes d’affaires, de dignitaires tribaux, etc. Le matraquage de l’opinion sous les discours de haine et de diabolisation des courants abolitionnistes, enracine, dans la société, le mépris du nègre, que la culture enseigne et reproduit, parfois sous couvert de religiosité. Ainsi, sommes-nous accusés de vouloir abâtardir l’univers arabo-musulman, d’en adultérer la pureté et la singularité.
  7. Dans le but de mieux nous retarder, distraire et contenir, des organisations prétendument progressistes, des pseudo défenseurs des droits de la personne, issus de milieux afro-mauritaniens, se retrouvent en demeure de nous critiquer au bénéfice du système. Beaucoup sont maintenus aux confins du stress alimentaire qui les expose à la compromission. Plus l’édifice des inégalités vacille, davantage leur nombre augmente et se dévalue.
  8. Le même procédé de diversion-détournement touche la communauté de lutte contre l’oppression de la femme ; l’on se souvient que de tels montages ont été réalisés pour détruire la réputation des pionniers des droits civiques aux Usa. A titre d’illustration, il convient de mentionner l’invention et la contrefaçon de 35 viols de femmes maures, dans la ville de Bassiknou en ce début du mois de juin 2020. Cette forme de propagande sensationnelle et vindicative, a été utilisée par le KKK(le groupe suprémaciste blanc le plus violent de l’histoire de l’Amérique) durant les années 50 et 60 ; elle visait à obtenir le discrédit et la défiance envers le combat des afro-américains; la méthode commence à prendre forme et favorise l’éclosion des premiers embryons du KKK en Mauritanie.
  9. La police de l’Etat mauritanien agit dans le sens de conforter et de rassurer les ultra-racistes arabo-berbères, en faisant régner la terreur au cours des marches pacifiques de Ira-M; il suffit d’observer les scènes de molestation et de torture, infligées aux militantes et militants, notamment l’acharnement symbolique sur les femmes. Les forces de l’ordre inique nous traitent en ennemi, lors d’une guerre, alors que nous sommes désarmés. A l’image du suprémacisme blanc aux Usa, la police agit en gardienne de la domination.
  10. l’Etat est le premier concepteur et producteur de violence -symbolique et physique – à l’endroit des afro-mauritaniens, quand il institue, de facto et selon ses normes, l’ostracisme et le bannissement des mouvements porteurs de la parole d’émancipation raciale, offre l’impunité automatique aux criminels d’esclavage avec le maintien de la loi d’amnistie de 1993, résume le message adressé aux « bons citoyens », en somme les mauritaniens de naissance convenable : « nous, l’Etat, vous protégeons de la justice et de l’étranger ».

Voici, en somme, le diagnostic que je me suis toujours fais de la situation de la gouvernance raciale en Mauritanie ; il s’agit du verrou principal qui plombe la citoyenneté, la cohabitation, la démocratie, le développement et surtout la paix bâtie sur un fondement sain.

Après la proclamation plus que discutable d’une prétendue victoire dans les urnes, le Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, recevait le pouvoir, de son prédécesseur, nuitamment, du 22 au 23 juin 2019 ; en trois jours, de concertation avec ses proches conseillers et certains de mes amis proches, j’ai cru devoir désamorcer la situation explosive du moment. Notre franchise et sincérité ainsi que l’amour du pays, attendu de tout mauritanien de bonne foi, devraient inciter le nouveau Chef de l’Etat à comprendre que l’époque devient gourmande en démocratie, droits de l’individu, aspiration à la dignité humaine, y compris pour les noirs. Le 21ème siècle consacre la libération irréversible du descendant d’africain subsaharien. Il est bien temps d’en prendre conscience, en Mauritanie, sous peine de rater le rendez-vous de l’histoire et se retrouver anonyme parmi les vaincus !

Aussi, j’espère qu’avant la fin de sa première année de mandat, le Président de la république va se ressaisir et permettre, à la majorité des mauritaniens, de se sentir fiers de vivre sur une terre des justes.


Nouakchott, 20 juin 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Biram Dah Abeid : La situation du pays est difficile et nous espérons que le président se souviendra de ses engagements (vidéo) (Page Mauritanie FB)



Biram Dah Abaid, membre du parlement (Nouakchott), a déclaré que la Mauritanie connaît des situations difficiles, appelant le président mauritanien Mohamed Ould Ghazwani à se souvenir de ses engagements.

Vendredi, à Nouakchott, le député a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il avait décidé de donner au président mauritanien un délai de deux mois, ajoutant: « Nous espérons qu’il procédera à une véritable réforme dans cette période ».

Il a ajouté qu’il traitera avec le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazwani, selon le niveau de changement et de réforme qu’il entreprend au profit du peuple mauritanien.

Biram , a critiqué la situation dans le pays, ajoutant que la période récente « a vu une restriction des libertés ».

ALAKHBAR


Traduction page Mauritanie

©️ Crédit source : Page Mauritanie FB https://www.facebook.com/297319407063485/posts/2831060473689353/ – 19 juin 2020