Biram Dah Abeid, longtemps absent du pays, d’abord pour des raisons de santé, puis suite à la fermeture des frontières et au confinement imposé par la pandémie du coronavirus, est arrivé ce jeudi 18 juin 2020 à l’aéroport international de Nouakchot-Oumtounsi. Les militantes, les militants, les sympathisants et les sympathisantes du Mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE, assoiffés de voir leur leader avaient, en nombre imposant, fait le déplacement à partir des trois Wilaya , des neuf Moughataa et de tous les quartiers de Nouakchott. C’etait pour lui réserver un accueil motorisé dont toutes les mesures à cette fin ont été prises dans le cadre du respect scrupuleux des recommandations relatives à la lutte contre la propagation du covis_19 (port du masque, de gants, deux personnes au maximum par véhicule, observer une distance de cinq à dix mètres entre deux voitures qui se suivent , interdiction de sortir des voitures, et dispersion des véhicules au terminus du trajet). Mais, deux à trois heures avant l’atterrissage de l’avion de la compagnie Air France, huit groupes de forces de l’ordre bien armés s’étaient positionnés tout au long de la route de l’aéroport Nouakchott Oumtounsi. Ainsi la première vague de militants venus à l’accueil s’est trouvée bloquée au premier barrage avant même la sortie de Tevragh Zeina. Il a fallu presque une heure de négociation pour arriver à libérer le passage à un vehicule devant ramener chez lui le président , l’honorable député Biram Dah Abeid. Aux yeux du plus humble des mortels, les huit barrages sur la route Nouakchott-Aéroport le blocage des militants dès le premier barrage, militants très assoiffés de voir leur leader, et retenir pendant longtemps la voiture de l’honorable député constituent une forme élaborée de provocation. Heureusement discipliné, tout le monde bloqué à la première passe, a simplement rebroussé chemin mettant ainsi en échec les mauvaises intentions des forces de l’ordre et du coup, respecter les consignes de leur chef Biram Dah Abeid, à savoir, ne pas répondre à la provocation. Une fois encore, le président , Honorable député et son mouvement abolitionniste Ira-M ont montré devant cette épreuve combien difficile, un haut degré de responsabilité. En effet, tout le monde sait que les militants de Ira-M ont depuis toujours été battus, blessés, emprisonnés, traînés par terre par les forces répressives chaque fois qu’ils réclament le plus simple droit . Ce soir du 18 juin 2020, plaçant au-dessus de tout la situation dans laquelle le pays est plongé par le coronavirus, ces militants dont tout le monde témoigne de l’engagement ont été empêchés d’accueillir leur leader, et donc auraient pu, céder au soucis de confrontation qui animent les forces de l’ordre vu l’importance de l’événement et l’énormité de la provocation. À ceci s’ajoute l’agression protocolaire, zéle et abus de pouvoit qui ont consisté à retenir l’honorable député et opposant le plus légitime, pendant cinq heures d’horloge sous pretexte de test pour covid_19 alors que la compagnie Air-France et la mission diplomatique de Mauritanie à Paris avaient exigé et obtenu du président et son épouse, un test datant de moins de 72 heures, réalisé à Paris et qui s’est avéré négatif Dieu merci. Toute cette patience et tout ce sang froid face à ces manoeuvres, qui se sont malgré tout soldés par plusieurs blessés dans les rangs de Ira-M et des véhicules immobilisés par la police, sont des leçons de sagesse et une preuve de l’intérêt national accordé au pays par le mouvement abolitionniste Ira-Mauritanie; et ce contrairement à l’idée que ses détracteurs de tous bords s’évertuent à créditer.
Nouakbhott le, 19/06/2020 Président du parti Rag Ancien sénateur Ancien ministre Oumar Yali
Depuis le début de 2020, le sort des blogueurs et lanceurs d’alerte, déjà préoccupant sous la gouvernance de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, ne cesse de se détériorer.
I. Une suite sans fin
Le 2 juin, la police procède à l’arrestation Salma Mint Tolba, biologiste et auteure présumée d’une série d’audio remettant en cause des aspects de la riposte sanitaire du gouvernement ; elle accusait, ce dernier, de gonfler le chiffre des contagions, pour mieux capter l’aide extérieure. Dans la foulée, deux autres personnes, qui auraient participé à la diffusion de tels document la rejoignent : il s’agit de Mohamed Ould Semmane et Sidi Mohamed Ould Beyah. Quelques jours plus tôt, un communiqué du gouvernement annonçait l’ouverture d’une enquête sur de telles allégations. La virulence de la réaction aux fauteurs de doute et de panique, laissait entrevoir la fermeté de la réaction officielle. Mohamed Abdallahi Ould Bounenna est capturé par les forces de l’ordre qui le conduisent dans un lieu secret ; le lendemain l’y suit un autre écrivain en ligne, Mohamed Salem Ould Soueid Ahmed.
Le 3 juin 2020, le journaliste et influenceur Eby Ould Zeidane reprend le chemin du Commissariat de police, quelques mois après son interpellation durant plusieurs jours, en février. Il subissait alors un interrogatoire en compagnie d’un groupe éclectique de militants de la laïcité, de féministes et de promoteurs des droits de l’individu. Les interrogateurs, d’un niveau de culture général qui témoigne assez de l’effondrement du savoir, opposent, aux prisonniers, des accusations dont le cumul paraîtrait absurde du point de vue de la rationalité : blasphème, apostasie, conversion aux christianisme ou judaïsme, prosélytisme évangéliste, athéisme viennent assaisonner l’appartenance à l’Alliance pour la refondation de la Mauritanie (Arem), une association non-autorisée. A défaut d’assumer, face aux partenaires du pays, la répression contre des jeunes défenseurs de la laïcité dont les mots constituent l’unique arme, l’Etat met en avant le crimes d’«atteinte au sacré», une infraction improbable dans la réalité, puisque d’essence immatérielle. D’ailleurs, la majorité des motifs de peine de mort en Mauritanie renvoie à des griefs sans prolongement physique, donc des opinions.
•Les raisons inavouables
Eby Ould Zeidane, contradicteur « systémique » des islamistes, réussit, lors de sa première arrestation, à recouvrer la liberté, en même temps que d’autres détenus de la période, à l’exception de 6 majeurs auxquelles manquait le soutien d’une tribu. Tous seront oubliés dans les méandres de l’univers carcéral. Ahmed Mohamd Elmokhtar, Abderrahmane Haddad, Othmane Ould Boubacar, Mohamed Ould Jeddou, Mohamed Ould Amar et Mohamed Ould Hayda croupissent en maison de correction, à Dar Naim, co-pensionnaires de délinquants à machette, d’assassins et de jihadistes ; au moment d’investir leurs cellules, ils achevaient 15 jours de garde-à-vue, dans le local de la Direction de la sûreté de l’Etat (Dse). A la fin du mois de mai 2020, Eby ould Zeidane publie de nouveaux textes sur Facebook ; il y critique le dogmatisme des sociétés islamiques, la validité de la polygamie et celle du jeûne du Ramadan, au regard du cycle de la lune. Selon lui, ses coreligionnaires ont beaucoup dévié de la voie du Prophète Mohamed. Dans ses commentaires, il argumente que les musulmans ont déformé le message de l’Envoyé et escamoté des passages explicites du Coran ; le 3 juin, la police se saisit de sa personne et lui impute des faits d’apostasie et de blasphème, punissables d’élimination du corps, sans délai ni repentir, si l’on considère l’article 306 nouveau, du code pénal.
Déjà, le 30 janvier, des garçons et une fille, invités à une fête d’anniversaire, se retrouvent inculpés d’imitation des femmes, d’après le réquisitoire du procureur, incapable de prouver l’homosexualité des susdits, passible, elle, de l’exécution. Le Parquet évoquera la célébration de la date de naissance comme une attestation d’hérésie car elle prend les mécréants pour modèle et leur impose une peine de deux ans d’incarcération, assortis de rabaissement moral. Le reste de leur existence portera le sceau de l’infamie.
• Tuer, par raccourci
Il y a lieu de le souligner, les agents en charge de l’enquête ont pu, à chaque fois, récupérer les téléphones portables des prévenus, extraire le contenu et le diffuser, à grande échelle, sur les messageries instantanées et les groupes de discussions de Facebook. Les fuites occasionnent, alors, la révélation de l’identité des victimes ; dès le début des fuites, les familles s’empressent de les abandonner et une partie du peuple, fanatisé par le wahhabisme périphérique et celui des institutions de l’Etat, les agonit d’injures et de menaces de pendaison, d’égorgements et autres civilités de rigueur parmi les gardiens de la foi pure. Bien entendu, les prévenus comparaissent brièvement devant un juge, avant de recevoir la sentence. A Dar Naïm, ils cessent de bénéficier de soins et s’enfoncent dans la honte et l’isolement, en perpétuelle peur de se faire poignarder. Leur survie rime avec le danger, chaque jour, en particulier ceux justiciables d’infractions à incidence confessionnelle. La propagation de l’apologie du meurtre pieux et sa banalisation ont produit, au sein de la population des villes, un état mental de prédisposition à tuer pour Dieu, sinon emprisonner, torturer et bannir en son nom. A l’inverse, les élus peinent à légiférer contre le viol, au prétexte que l’homme disposerait, en vertu de la chari’a, d’une supériorité ontologique sur la femme.
• Aux sources d’une faillite
Certes, les vagues d’arrestations illustrent une option autoritaire au sommet de l’Exécutif. Cependant, à l’examen des circonstances l’actuel gouvernement n’abrite même pas le semblant d’une idéologie de l’ordre qui occasionnerait un usage excessif de la brutalité. De facto, les violations constatées de la dignité des gens découlent, plutôt, de l’absence de technicité, de l’ignorance et de l’incompétence, à tous les échelons de l’appareil sécuritaire. A l’improvisation s’ajoute le degré d’infiltration de la police et de l’administration par l’extrémisme religieux et les zélateurs de la négrophobie. Cette évolution aggrave l’incurie et explique, la succession de plus en plus rapprochée, des alertes. A aucun moment, les autorités ne semblent avoir perçu le dilemme où elles se débattent, de combattre le terrorisme dans le cadre de la coalition du G5 Sahel et d’appliquer, au pays, le programme de Daesh, grâce à l’appui de fractions de l’opinion favorables à l’avènement d’un Etat jihadiste sur le sol de la Mauritanie. La plupart des organisations de la société civile, les partis reconnus, le Parlement et les ambassades accréditées à Nouakchott, s’aveuglent face à l’évidence du lien entre le takfirisme ambiant, la perte de la qualité des services de justice et la facilité du recours privé à la violence.
Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Quand nous verrons cette locution, ou son équivalent, écrite dans nos langues nationales aux frontispices des tribunaux et des facultés de droit, et quand l’exercice du droit et son application s’en suivent, nous aurons honoré la Mauritanie.
Il est impossible d’avoir peur de Dieu et d’un autre Individu à la fois ; surtout dans l’exercice de ses fonctions. Pour certains, le choix est fait. D’autres ont peur de ne pas enfreindre l’Éthique.
La loi reste méconnue de beaucoup d’individus. Son Utilité, sa pratique et sa définition sont désapprouvées par ceux qui l’appliquent. Il y a un problème de contenu mais aussi de représentativité. Dès lors que la personne en charge de faire respecter le droit, ne sait pas qu’il en est juste un représentant et non pas l’incarnation, le problème d’abus se pose.
Étant une norme ou une règle générale, la loi, dans un environnement démocratique, émane d’un pouvoir législatif : le parlement sous forme de texte. Les lois adoptées par le Parlement sont promulguées soit par le Président de la République, soit sur proposition de parlementaires (députés dans le cas de la Mauritanie), soit à partir d’un projet déposé par le gouvernement dans tout État démocratique.
Ne respectons pas seulement la Loi (l’autorité), mais les Lois qui englobent des conventions, des codes, des règles, et qui régissent la vie sociale. Ayons ces lois expressives ! Elles s’appliquent à tous. Civil ou militaire, personne ne doit être au-dessus de la loi.
Nous devons avoir une SOCIETE où l’on n’est pas obligé de s’aimer mais de se respecter et respecter les lois. « Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer, mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher » affirmait Martin Luther King. On sera tous d’accord que chaque État doit faire valoir cela pour la liberté et la protection des uns contre les autres si besoin par l’usage de la force.
Hannah Arendt pense que si la force est utilisée, c’est que l’autorité a échoué. Comment faire valoir l’autorité avec la raison sans bafouer les principes universels ? On ne peut en aucun cas connaitre la législation sans être passé par des études. La législation est l’ensemble des lois et des règlements en vigueur dans un pays. Il est alors fondamental de demander s’il y’a une législation mauritanienne car, deux cas de législation sont en concomitance.
De la NECESSITE d’une législation unique.
Sans s’aventurer dans ce champ lexical de juriste, il est bon de savoir que la loi a pour « bon ami » le droit, si exact est le propos. Le droit est la capacité de jouir de quelque chose, de faire une action. Le droit est aussi « l’ensemble des règles et des normes générales qui régissent les rapports entre les individus et définissent leurs droits et prérogatives ainsi que ce qui est obligatoire, autorisé ou interdit ». Il peut s’appliquer de façon contraignante par l’intervention de la puissance publique, c’est-à-dire de l’État. Tenons-nous au DROIT moderne qui permet une condition d’HOMME pour une ouverture au monde moderne. Pour nous qui avons hérité la dimension de la culture abrahamique, tachons de ne pas oublier la bonne moralité. Ce que la morale réprime, le droit ne l’interdit forcement pas. Ce que le droit réglemente, la morale n’approuve pas forcement. La bonne moralité est différente de la bonne conduite citoyenne d’où la nécessité de parler de règle morale et règle de droit pour ne pas aller à l’encontre de la LOI.
Pour en venir au droit (ENSEIGNEMENTS), il est segmenté en plusieurs sous-ensembles. Il existe alors le droit civil, le droit pénal, le droit international, le droit commercial, le droit des affaires, le droit du travail, le droit privé et enfin le droit public. Ces différents sous-ensembles correspondent chacun alors à « un domaine de la législation ». In situ, il est nécessaire d’apprendre le droit en Français en Mauritanie et ce, depuis les petites classes pour construire le citoyen moderne. Et, s’il le faut, traduire les textes juridiques (textes de lois) dans nos langues maternelles.
La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule que : « L’exercice des droits naturels de chaque Homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits ». En parallèle, la jouissance de ces droits (« faculté de réaliser ») entraîne des responsabilités. Elle entraine aussi des devoirs tant à l’égard de soi-même qu’à l’égard des personnes ; des futures générations. Les droits supposent des devoirs ! Les devoirs sont ce à quoi la bienfaisance, la loi, et les règles nous demandent d’honorer.
On ne peut pas parler de LOI, de Droit, de DEVOIRS sans parler des libertés : choses essentielles dans la vie de L’humain.
La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d’un système politique ou social, sans porter préjudice aux autres et à la SECURITE PUBLIQUE.
Par contre, les patrouilles nocturnes intempestives ne permettent pas cette acquisition dans les quartiers défavorisés à Nouakchott.
L’insécurité aussi fait obstacle à la capacité de profiter pleinement de sa liberté. L’insécurité est liée au manque criant d’éducation. Cela conduit souvent les jeunes délaissés et défavorisés à se livrer à la délinquance. Il existe une très forte corrélation entre le manque d’éducation et la délinquance. En ce sens, «la liberté commence où l’ignorance finit ». La liberté s’exprime sous plusieurs formes : – Il y a la liberté naturelle (droit naturel) – La liberté civile qui est celle du respect des lois – La liberté politique : voter librement. Il y’a, en outre, l’expression des libertés fondamentales appelées aussi « droits fondamentaux » qui ne sont autres que les « droits primordiaux » subjectifs de l’individu comme les Droits humains et les libertés publiques… La LIBERTE peut alors s’appliquer comme liberté de conscience (choix de croire en une religion ou pas en occident surtout), liberté d’opinion ou d’expression, liberté de presse, liberté de mouvement, au syndicalisme, même en économie…
La loi, comme ensemble de moyens de maintiens de l’ordre, du droit, de l’expression de la liberté, doit être aussi la « RED LINE », ligne rouge à ne franchir. Elle doit être le choix voulu par la « volonté générale ».
La « volonté générale » doit être l’expression d’une compétence extraordinaire (magistrats) qui domptera l’arsenal juridique. Elle est aussi celle du parlement ou la chambre des représentants du peuple (pour faire comprendre l’utilité d’un député), et des projets gouvernementaux. In fine, il est évident de remarquer que la loi est législation (science de la connaissance des lois) et elle est aussi le droit écrit. Elle comprend la Constitution, les lois édictées par les parlementaires, ainsi que les décrets, les arrêtés et, dans une certaine mesure, les circulaires qui émanent du pouvoir exécutif à savoir le gouvernement.
L’obligation de LA SEPARATION DES POUVOIRS est nécessaire car, la CONCENTRATION des pouvoirs dans la main d’un seul individu est dangereuse. D’autant plus que la macrocéphalie gouvernementale est dangereuse, autant il est dangereux d’avoir en Mauritanie des députés qui appellent à la violation de la plus grande norme en droit comme nous avons eu récemment à le voir : LA CONSTITUTION. La loi doit être dure à leur égard puisqu’il en va de la Survie de L’État et du pays. La revendication de la scission entre l’État et le « Clergé » est plus que nécessaire pour que les lois puissent être appliquées à tous. Cette séparation est fondamentale à tout état qui se veut démocratique. L’État doit œuvrer à faciliter l’exercice de la foi et protéger le lieu de culte mais ne doit pas faire l’objet d’instrumentation de la religion ou par celle-ci. Il faut que l’on parle d’institutions judiciaire et plus d’appareil judiciaire. Par la suite, l’engrenage de la culture du droit, des lois sera effectif.
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », Article premier, Déclaration universelle des droits de l’Homme. De ce fait, ester une personne en justice ne sera plus mal vu mais sera d’une responsabilité et d’une maturité citoyenne à travers l’acquisition et la compréhension du droit. Les procédés culturels resteront un moyen toujours envisageable. La protection des individus, leurs libertés, et leurs intégrités contre les abus sera plus assurée. Et plus les institutions juridiques seront fermes, plus il y aura prise de conscience et moins de violences jusqu’à la moralisation de l’économie citée par Thierno Souleymane Bal comme le fait de ne pas s’enrichir illégalement pendant l’exercice de ses fonctions.
Les lois doivent effacer le conditionnement citoyen archaïque qui est le fruit de l’ignorance, et qui se manifeste encore par les castes. Nous avons besoin de citoyens égaux et ayant une culture du droit. Les lois n’ont pas pour but de discriminer, de marginaliser ou de spolier des terres à partir de reformes.
Des LIBERTES PUBLIQUES pour un ETAT DE DROIT !
L’État de droit préconise le pouvoir soumis au droit par le respect de toutes les normes et recommandations. Dans un État de droit un individu peut contester ou poursuivre « la puissance publique », les actions d’un politique s’il les considère comme illégales ou une entreprise. L’État est considéré comme une entité morale voire personne morale. Hans Kelsen définit l’État de droit comme un « État dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée ».
La Loi est alors régisseur des comportements et elle punie les manquements d’ordre juridique. Le plus haut gradé de l’armée doit répondre de ses actes et doit être inquiété pour toute atteinte et excès même dans l’exercice de ses fonctions. Pour finir, il est inéluctable de dire qu’un État de droit est caractérisé par « une hiérarchie des normes » à savoir le classement hiérarchisé des normes du système juridique pour en garantir le respect et la cohérence comme la rigueur. Il faudra donc une séparation entre les différents pouvoirs : pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire. – L’égalité des personnes face aux règles – La responsabilité des politiques face à leurs actes – La soumission de l’exécutif au droit. Il n’est pas possible de faire fonctionner les rouages de L’État sans LOI ORGANIQUE. Optons pour cela en Mauritanie. Optons pour la fraternité dans le respect de nos lois. Optons pour plus de justice et de justesse.
Ils ont tué un autre fils de la vallée ou un autre « Binngel Kummba » comme aimait dire le grand érudit Foutanké feu Thierno Younouss. Ce jeune père de famille de 35 ans était un charretier et avait transporté les marchandises d´un commercant maure sur les berges du fleuve. C´est un crime et il fallait l´assommer par un tir de sommation. Un tir de sommation ….à bout portant qui se retrouve dans sa poitrine!!! Le propriètaire de la marchandise lui fut simplement arrêté et conduit à Aleg. Le pauvre Abass Rougui Diallo ne savait pas que c´est un crime d´être noir au pays des chauvins racistes panarabistes plus chauvins que Derek Chauvin le meurtrier de George Floyd à Minneapolis. Il pensait seulement à avoir sa dépense quotidienne, nourir sa famille en prenant ce petit risque en cette période de pandémie. Rien ne peut justifier encore ce crime de plus. Paix à son âme!
Ce meurtre me rappelle aussi celui du jeune Lamine Mangane, un jeune de 17 ans, tué le 27 septembre 2011 à Maghama. Lamine n´avait commis comme seul crime que de crier haut et fort comme les jeunes de sa génération : ”Touche pas à ma nationalité” pour s´ínsurger contre le génocide biométrique initié à l époque par le multi-récidiviste putschiste Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Une balle d´un petit gendarme est venue pour le faire taire et voler son innocence et sa jeunesse à jamais. Paix à son âme. Lamine Mangane nous n´oublierons pas.
Un autre meurtre de l´armée mauritanienne m´est revenu encore en mémoire c´est celui de Amadou Kane dit Amadou Likseyba en août 2003. Certains l´ont certainement oublié mais les parents de la victime non. Ce jeune avait oublié de se promener avec sa « carte d´identité « . Il avait oublié son identité Négro-africaine mais aussi son statut de citoyen de seconde zone. Il n´avait pas 18 ans mais il lui fallait ce précieux césame pour circuler « dignement » et « librement « dans cette prison des Noirs qu´est devenue la Mauritanie. Amadou Likseyba ne savait pas que sa vie est moins que rien.Tuer un nègre équivaut à tuer une mouche. Cela ne saurait entrainer de sanction. La chambre d´enregistrement que certains appellent pompeusement « assemblée nationale » est d´ailleurs là pour laver plus blanc. Elle votera, nombre de fois que le pouvoir le voudra des lois d´auto-amnistie et d´amnésie forcée comme une lettre à la poste. C´est la Mauritanie, notre Mauritanie, leur Mauritanie. Il n´avait tué personne,il n´avait même pas repondu aux insultes des policiers et il ne devait même pas voter pour les élections de 2003 contre Haidalla le challenger de l´époque du colonel-président Ould Taya mais sa silhouette noire et son nom trop pulaar dérangeaient les policiers haineux et racistes. A qui la faute? Certainement pas au régime despotique de Taya mais aux parents du pauvre disparu. Ils avaient oublié eux aussi, certainement distraits par « le processus de démocratisation » ou du ”changement dans la stabilité”, slogans de l´époque, de « pratiquer sur leurs fils « une transfusion de mémoire » sur les années de braise du régime mais surtout sur la nature du Système qui gére le pays.
Abass Diallo, Amadou Kane, Lamine Mangane ne sont pas le premiers négro-mauritaniens à tomber sous les balles du régime mauritanien et il ne seront pas aussi les derniers tant que ce Système ethno-génocidaire et esclavagiste restera en rigueur et en vigueur.
Je me souviens encore du meurtre d´un autre Amadou, un jeune cousin à moi, Amadou Sall de Jowol c´est son nom, il avait le même âge que notre Amadou Kane, moins de 17 ans, lui aussi avait rendu l´âme aprés quelques séances de sadisme et de cruauté sur son corps. Son crime? Il avait refusé de puiser de l´eau pour les militaires qui se comportaient en territoire conquis dans la vallée des larmes. Il ne savait pas qu´un noir est fait pour exécuter les desidératas du bidasse occupant comme sur les terres du Gaza.
Je me souviens aussi d´un autre jeune victime de cette terreur raciste . Mamadou Moussa Ndiaye, il avait à peine 15 ans, il était aussi de chez moi, Jowol, une ville martyre pendant ces années de braise, il n´avait pas eu droit aux tortures c´était des tirs de gâchette pour lui enlèver l´âme . Vous me demanderez certainement encore son crime? le péché de Mamadou Moussa est qu´ il était sur les bords du fleuve natal pour pêcher le ”mbardi haako” avec son oncle à l´heure de l´état de siége non déclaré, à 17 heures, heure de Taya. Il devait être au lit, il ne le savait pas, personne ne lui avait notifié la nouvelle situation. Lui et son oncle Abdoul Boucka Ndiaye ancien militaire radié suite aux évènements de 1987 seront tués à bout portant par les amis du lieutenant- flingueur Ghaly Ould Souvy et enlacés dans leurs filets par les forces d´occupation et jetés comme des chiens derrière le village. Paix à leurs âmes!
Ils n´étaient pas les seules victimes de la terreur de la soldatesque du Système dans la vallée du fleuve. Je me souviens aussi de l´assassinat du vieux Hamadi Dioumo Ba, qui est aussi de mon Jowol natal. Il était parti aux champs avant le « réveil » du soleil. C´était un crime. Baba Hamadi ne le savait pas, il était un pauvre cultivateur, il ne pensait qu´à ses champs, il voulait seulement nourrir sa petite famille et ce sont des tirs en rafale pour lui rappeler qu´il était interdit de circuler avant le lever du soleil. Paix à son âme.
On se souvient encore d´un autre Amadou, qui avait défrayé la chronique dans la presse mauritanienne en 1994, Amadou Pamarel Sow de Fondou mais aussi Ousmane Dia le postier de Maghama, Kodda Diangua, tous tués arbitrairement par l´armée d´occupation qui faisait la pluie et les larmes dans la vallée. La liste n’est pas exhaustive mais c´était juste quelques petits rappels.
Je n´oublie pas l´exécution sommaire et tragique des 28 notables de Mouta-Alla (Guidimaxa) à leur tête le chef du village Goumbo Diawo mais aussi avec eux un autre déficient mental originaire de Tissel Angara (Guidimakha) et qui répondait au nom de Ngadiari Barry. On pouvait certainement reprocher aux notabilités et les jeunes de Mouta Alla de haïr le régime qui a déporté leurs familles entières au Mali mais que peut-on reprocher à un handicapé mental ? Sinon leur haine à tout ce qui est NOIR dans ce pays !
Les évènements tragiques de Sylla Rindiaw, Fonndou, Ndiorol, les charniers de Sori Malé, Le puits de l´horreur de Wuro Jeeri ( Maghama), les charniers de Wothie, la prison mouroir de Oualata, L´Enfer d´Inal, les camps de concentration de N´beyka, Azlat, et Jreïda sont là pour nous rappeler que les professions de foi démocratique de nos putschistes ne sont que des leurres. Rien dans le discours et dans la pratique ne nous donne à penser que le Système ait changé, ni même qu´il le souhaite sur ce point comme sur d´autres. Ce que vous faites m´empêche d´entendre ce que vous dites, disait quelqu´un.
A quand la fin de l´impunité, à quand le temps de rédemption des opprimés et des exclus? Il est évident qu´aujourd´hui le virus du racisme est plus ravageur que la pandémie du Covid-19 en Mauritanie. Patriotes du pays, indignez-vous et levez-vous pour sauver notre pays du démembrement avant qu´il ne soit tard.
Les sorties tonitruantes du trublion de la diplomatie mauritanienne lui ont valu d’être relevé de ses fonctions juste après une promotion. La cause, une dénonciation légitime (même si on peut discuter de la manière) des discriminations que subissent les Halpularénes. Le ministère des affaires étrangères, dans une forme de fourberie sans nom, le remplaça par un de ses amis dont il a dénoncé la marginalisation.
Si les sorties sur les RS de l’intéressé ont fait sensation avec un élan de soutien large. Elle a aussi était l’occasion pour certains, à l’insulte facile, de jeter l’opprobre sur son remplaçant. Se faisant, les soutiens du diplomate déchu ont voué aux gémonies son remplaçant, tombant ainsi dans le piège sciemment orchestré par l’administration. Et il est désolant de voir des personnes aguerris politiquement et baigné dans l’histoire, affubler un de leurs semblables de Négre, ce substantif utilisé péjorativement dans la lutte contre l’émancipation des Noirs.
Ainsi les militants 2.0 en manque de repère ont trouvé en ce diplomate déchu un Héros, un Martyr vivant au service de la cause! Pourtant le récit héroïque qu’on veut nous imposer avec cette figure de l’homme qui se sacrifie pour les Noirs de Mauritanie est plus complexe qu’il n’y parait.
Car cohérence pour cohérence, dans sa dénonciation légitime de manque de diversité dans les dernières nominations au niveau du ministère des affaires étrangères, l’homme ne s’intéresse qu’aux Halpularenes, sa communauté d’extraction oubliant au passage l’ensemble des autres communautés qui sont victimes de marginalisation !
Cohérence pour cohérence, pourtant celui que vous érigez en héros aujourd’hui, était un fervent soutiens du régime actuel durant la campagne présidentielle précédente !
Cohérence pour cohérence, votre héros du jour, il y’a de cela un an traitait la CVE de coalition de toorobbés, invitant vos militants à quitter le navire, preuve à l’appui.
Cohérence pour cohérence, votre héros a fait le choix de dénoncer cette marginalisation sans concertation avec les intéressés. En les citant nominativement, il implique ainsi des gens dans une affaire (légitime soit-elle) sans leurs consentements. Ces derniers découvrent cela sur les RS.
Face à une politique structurelle de marginalisation communautaire, on ne peut opposer une dénonciation de circonstances, au risque que cela s’apparente à une action spectacle.
Les lanceurs d’alertes restent généralement dans les lambris dorés du pouvoir ( pas pour en profiter) afin transmettre à des relais extérieurs des informations pour alerter l’opinion…
Dire cela n’est pas une forme remise en cause du fond, à savoir le combat légitime pour mettre fin à cette saignée dont on est victime dans nos administrations.
Cette petite contribution qui se veut factuelle, n’emportera probablement l’adhésion de beaucoup et tant mieux. Cependant l’auteur que je suis vous invite à porter la contradiction sur le terrain de l’argumentation rationnelle au détriment des diatribes émotionnelles qui me laissent de marbre.
L’Authentique – Lorsque les officiers de l’armée mauritanienne se sont emparés du pouvoir de Maître Mokhtar Ould Daddah le 10 juillet 1978, la raison avancée pour justifier ce coup d’état était de mettre fin à la guerre du Sahara.
Mais l’objectif inavoué des initiateurs du coup d’état était de faire de la Mauritanie, pays peuplé de berbères Sanhadja se faisant improprement appeler maures, de peuls, de soninké, de haratine, de wolof et bambara, un pays arabe comme les pays du Maghreb se considérant comme arabes mais dont les populations sont majoritairement des berbères.
Pour atteindre leur objectif, ils ont aussitôt créé une organisation appelée l’Avant-garde civilo-militaire. Cette structure était composée d’idéologues civils et militaires, constituant une minorité de la composante berbère Sanhadja qui se sont imposés au peuple mauritanien par la force des armes et se relaient au pouvoir jusqu’à nos jours.
Ils ont importé de l’Iraq la pensée unique arabe. Les éléments de l’avant-garde civilo-militaire se considérant comme arabes, la pense unique arabe a pour objet de faire des populations non arabes, c’est-à-dire soninké, peul, wolof et bambara des arabes. En cas de refus de la part de ces communautés les combattre de la manière suivante : 1/3 est expulsé hors du pays, 1/3 exterminé et le 1/3 est dépossédé de ses moyens de subsistance (salaires, maisons, terres de culture et autres) et devient pauvre et anéanti c’est cette politique qui a été appliquée lors des événements tragiques de années 89-90-91.
L’avant-garde civilo-militaire a placé ses éléments chargés d’appliquer leur politique d’arabisation, et d’éliminer des composantes négro-mauritaniennes dans tous les points stratégiques de l’état.
Ainsi, les services des examens, la Direction de la fonction publique, la commission nationale des concours, la Télévision, la Radio Mauritanie ont été tous confiés à des personnes ayant adhéré à leur idéologie.
Le service des examens de tous les échelons de l’enseignement était chargé de filtrer et d’éliminer les négros-Mauritaniens admis, aux différents examens et concours. La Direction de la fonction publique était quant à elle chargée de précipiter le départ à la retraite de tous les cadres négros-mauritaniens. Les programmes de la télévision étaient dominés par ceux de la composante berbère Sanhadja (Maure).
C’est l’avant-garde civilo-militaire qui a dirigé le pays depuis le 10 juillet 1978 à nos jours. Tous les présidents qui se sont succédés au pouvoir ont gouverné sous la direction de cet avant-garde en appliquant la politique de la pensée unique arabe à l’exception de cinq d’entre eux. Il s’agit des présidents : Moustapha Ould Med Saleck, Ahmed Ould Bousseif, Mohamed Mahmoud Ahmed Louly, Mohamed Khouna ould Haïdala, Sidi Ould Cheikh Abdallah.
Ely Ould Mohamed Vall était chargé de la transition, pour préparer les conditions d’un retour à un pouvoir civil et ne pouvait en aucun cas adhérer à une telle théorie. Tous les postes de responsabilité au plan régional, départemental ainsi qu’au niveau de l’administration générale des forces armées et de sécurité sont confiés à des personnes qui adhèrent à la politique de la pensée unique arabe et acceptent de l’appliquer dans leur domaine de compétence.
Le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya lui aussi avait au début refusé d’appliquer la politique de la pensée unique arabe. Pour l’amener à adhérer à leur politique, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont poussé les militaires négro-mauritaniens à faire un coup d’état contre lui sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Le coup d’état de 1987 ayant donc échoué, Maaouya a fait exécuter 3 des auteurs du coup d’état.
Pour les éléments de l’avant-garde, le président Maaouya devait profiter de cette occasion pour exterminer tous les militaires et civils négro-mauritaniens du pays – Maaouya n’ayant pas fait ce qu’ils voulaient, ces derniers se sont retournés contre lui, en organisant à leur tour un coup d’état en 1988 pour réaliser leur souhait, mais ce coup d’état a lui aussi échoué.
A cette occasion, Maaouya, n’a exécuté aucun élément des auteurs du coup d’état, mais radié des forces armées et de sécurité 400 officiers, sous-officiers et hommes de troupes tous de la composante berbère Sanhadja. Le coup d’état des militaires négros-mauritaniens de 1987 ayant convaincu Maaouya pour l’application de la politique de la pensée unique arabe, les éléments de l’Avant-garde se sont organisés pour préparer les événements des années 1989,90-91.
Evénements au cour desquels, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont mis en application leur théorie en expulsant 1/3 de la population négro-mauritanienne vers le Sénégal et le Mali, exterminant 1/3 et le 1/3 restant réduit au néant. Seuls Maaouya et Mohamed Ould Abdel Aziz ont accepté d’appliquer aux négros-mauritaniens la politique de la pensée unique arabe parce qu’ils tenaient à rester au pouvoir. Ce qui justifie leur durée au pouvoir. Tous les autres présidents qui ont refusé ont été demis de leur fonction.
Si les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont pu contrôler et imposer leur politique aux différents régimes, c’est parce qu’ils tiraient leur force de l’appui qu’ils recevaient des régimes d’où ils ont importé la pense unique arabe, avant que ces derniers ne tombent en disgrâce. A partir de l’année 2017, quand ces régimes ont connu des difficultés, pour ne pas dire tombés en déliquescence, les éléments de l’avant-garde durement affaiblis, le président Mohamed Ould Abdel Aziz enfin de règne a commencé à les combattre. Il y a eu donc divorce entre lui et l’avant-garde civilo-militaire. Les points de divorce que j’ai constatés sont les suivants :
1. Les articles de l’un de leurs membres influents pour ne pas dire leur chef critiquait le régime du président Aziz.
2. Le fait que le parti Sawab ait parrainé la candidature de Monsieur Birame Ould Dah Ould Abeid qu’ils considèrent comme un ennemi du président Aziz.
3. La mise en place des commissions départementales, communales de recensement des populations.
4. La marche organisée et dirigée par le président Aziz le 9 janvier 2019 contre le racisme et le discours violent.
5. Le fait de débaptiser l’avenue Gamal Abdel Nasser quand on sait ce que représente le président Nasser pour le monde arabe et le continent africain.
6. Le soutien apporté par les éléments de l’avant-garde à Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar contre le candidat de Monsieur Abdel Aziz lors des élections présidentielles de juin 2019.
Ce sont ces points que mon analyse de la situation politique du pays m’a amené à considérer comme des points de divorce entre Mohamed Ould Abdel Aziz et ses complices d’hier. Il reste à les confirmer ou à les infirmer.
Je dirai aux membres de l’Avant-garde civilo-militaire qu’Allah nous a enseigné, et l’histoire passée et présente nous l’a prouvé que les hommes qui se considèrent supérieurs à d’autres communautés comme c’est leur cas, soit par leur naissance, ou leur puissance financière où militaire, finiront toujours par s’autodétruire ou à être détruits – les exemples des hébreux (peuple élu), d’Hitler, du Rwanda dans le passé et ceux de l’Iraq, de Syrie, de la Libye, du Yemen, de l’Egypte, de la Tunisie, du Soudan et de l’Algérie aujourd’hui en sont une preuve éclatante. Ces exemples sont à méditer.
Toute cette histoire, désormais appartient au passé de notre pays. Tournons nous maintenant vers l’avenir.
Nous espérons et souhaitons qu’avec l’arrivée du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir, ce sera l’occasion pour lui de rompre et de tourner de façon définitive cette page douloureuse et sombre de l’histoire notre pays.
Si le président Mohamed Cheikh El Ghazouani arrive à se libérer du contrôle de son régime par les éléments de l’avant-garde civilo-militaire comme l’a commencé le président Mohamed Ould Abdel Aziz et qu’il instaure une politique de justice et d’égalité entre les composantes de notre pays, il réconciliera le peuple mauritanien. Je suis convaincu que si nos potentialités économiques que sont le poisson, le cheptel, le fer, le cuivre, l’Or, la bauxite, le gypse, le pétrole, le gaz, l’agriculture, le sable, le soleil, les dattes, les marbres, etc. sont exploités judicieusement et distribuées de manière juste et égalitaire aux 3.500.000 citoyens, chaque famille pourra être logée, nourrie, soignée, éduquée, et bénéficier de l’eau et de l’électricité gratuitement.
Si par contre nous continuions sur la même lancée, l’homme qui arrive au pouvoir avec sa famille et ses alliés une minorité ne représentant même pas 10% de la population se partagent les 90% de ces richesses, ne laissant au 90% de la population que les 10% de ces richesses je crains que cela ne conduise à terme notre pays vers une guerre civile.
Le député mauritanien, Biram Dah Abeid s’étonnait le 18 février dernier à Genève de la place de la Mauritanie au sein du conseil des droits de l’Homme des Nations Unies alors que « ce pays est un apartheid implanté en Afrique de l’Ouest ». Cette déclaration de l’activiste des droits de l’Homme était applaudie par les mauritaniens épris de justice, elle avait en même temps choqué les partisans du système politique en vigueur depuis l’indépendance du pays. Le débat formel et informel sur la question de la discrimination de certains mauritaniens, sous ses différents aspects est ainsi relancé.
Il serait anodin pour nombre de mauritaniens de parler de discrimination religieuse dans le pays, l’islam y étant la seule religion. Cependant les autres formes de discriminations apparaissent comme une évidence dans cette nation de moins de 5 millions d’habitants.
Il n’est un secret pour personne que le choix politique est très déterminant dans l’évolution professionnelle en République Islamique de Mauritanie. Le fonctionnaire ou le salarié mauritanien, pour être promu à un poste, doit appartenir dans la majorité des cas au parti au pouvoir. Une bien triste réalité qui a toujours existé, qui perdure et s’enracine au fil des années. La grande majorité des dirigeants des grandes entreprises, la grande majorité des cadres de l’administration territoriale et de l’État central, pour ne citer que ceux là, sont du parti au pouvoir ou des proches du parti au pouvoir.
Dans l’armée, la police et la gendarmerie, c’est la couleur de la peau, la caste et l’appartenance ethnique qui conditionnent le grade et le poste occupé au niveau du commandement. Sauf exception, les noirs, les personnes de castes « inférieures » et les citoyens mauritaniens d’ascendance servile sont toujours au bas de l’échelle dans le régalien et dans l’administration publique de manière plus générale. Aujourd’hui, les généraux de l’armée et les commissaires de polices mauritaniens sont massivement issus de l’ethnie maure, ils sont clairs de peau et ne sont en aucun cas Zenagas, Moualems ou Hartanis. Cette situation s’aggraverait dans les années à venir puisque les actuels élèves de l’école militaire sont quasiment tous maures blancs.
La région ou l’appartenance géographique est également source de discrimination. Si vous habitez le Guidimakha, vous avez surement moins de chance qu’un Taganit ou un habitant de l’Adrar d’occuper un poste stratégique dans les établissements publics et même privés. De mémoire, un natif des régions du Guidimakha, du Gorgol, de l’Assaba et du Brakna n’a jamais été premier ministre de la République Islamique de Mauritanie. Toujours en parlant de l’origine géographique, c’est aussi connu qu’un habitant du 5ème ou du 6ème arrondissement de Nouakchott n’a pas les mêmes chances d’accès à l’emploi que ses frères bourgeois de Tevrag Zeina.
En Mauritanie, d’autres formes de discrimination basées sur l’apparence physique et l’origine familiale existent pareillement. En effet, lorsque vous vous présentez à un entretien d’embauche, habillé en wax ou en « demi-saison », vous auriez moins de chance que celle ou celui qui vient en melhfa ou en boubou blanc sur une chemise repassée ou non. En outre, les concours de l’administration publique, les sélections préalables à l’entrée de l’école militaire et à l’École Nationale d’Administration nécessitent d’avoir le bon nom de famille pour faire partie des effectifs.
Sans être exhaustif, nous allons finir avec le facteur de discrimination liée à la langue maternelle ou la langue parlée. Le Poular, le Soninké et le Wolof sont reconnues par la constitution mauritanienne en tant que langues nationales et pourtant elles ne sont toujours pas enseignées à l’école. Cette discrimination se trouve amarrer dans la constitution de la Mauritanie en son article 6 qui officialise la seule langue arabe alors que les 3 autres langues sont juste reconnues langues nationales… Autre part, les chaines de télévisions et de radios nationales accordent un temps de diffusion en Arabe de loin plus important que celui des trois autres langues réunies.
Le fléau de la discrimination a une grande ampleur en Mauritanie et cela n’est pas sans conséquence dans un pays multilingue, multicolore et multiculturel. Il a façonné et divisé les frères mauritaniens en deux grands groupes loin de ce que la diversité ethnique, linguistique, culturelle et raciale pourrait apporter à la nation : le groupe des bras longs et celui des discriminés. Ces deux grandes catégories regroupent chacune, paradoxalement, à la fois les composantes de toutes les langues, toutes les couleurs, toutes les cultures et de toutes les régions.
Les bras longs sont une élite qui s’est construite progressivement depuis l’indépendance du pays en 1960 et prend de plus en plus de place et d’importance dans les gouvernements successifs. Les membres de ce groupe sont en général richissimes, ont pour doctrine le favoritisme et ou occupent souvent une bonne profession dans une grande administration publique. Lorsqu’ils abandonnent cette position, c’est pour se hisser à la tête d’une grande entreprise ou une grande banque avant de revenir dans une ambassade ou dans un ministère. Ce va et vient des membres de l’élite s’apparente à celui des pions du jeu de dames qui reviennent à chaque fois que le jeu reprend.
L’élite mauritanienne, d’ailleurs de type féodal bénéficie, conserve et défend un certain nombre de privilèges au risque de naviguer à contre courant de la morale et à entraver le développement du pays. Au jour d’aujourd’hui beaucoup de signaux montrent que ce groupe n’est pas encore prêt à partager sa part du lion. Au contraire il voudrait même aller jusqu’au bout de sa domination : depuis quelques années, il a commencé l’expropriation des dernières terres qui restent aux pauvres.
Quant aux discriminés, les seuls parmi eux qui ont encore la chance de s’en sortir sont ceux travaillant avec les organismes internationaux qui privilégient les compétences à la différence des organisations nationales. Quelques tristes réalités caractérisent les discriminés de la Mauritanie : la pauvreté et l’auto exclusion.
Du fait de leur faible taux d’employabilité, de leur pauvreté et de leurs conditions précaires, les discriminés mauritaniens ont de plus en plus du mal à satisfaire leurs besoins, même les plus élémentaires. Contrairement à ce qui est répandu, en Mauritanie il y a encore des ménages qui ne prennent qu’un seul repas par jour et qui habitent des taudis. En outre, ils ont du mal à accéder à des structures de santé et de se faire soigner, les infrastructures de santé du pays étant souvent en très mauvais état de fonctionnement et mal équipées.
Les mauritaniens qui ont de la chance traversent le fleuve pour se faire soigner au Mali ou au Sénégal. Les plus fortunés d’entre eux se font hospitaliser en cas de maladie, au Maroc, en Tunisie, en Espagne et en France. Les rares structures sanitaires opérationnelles se concentrent à Nouakchott et sont inaccessibles car étant privées avec un tarif dissuasif ou exigeant là aussi un bras long. Aujourd’hui, quel mauritanien peut se faire soigner sa carie dentaire ? Quel mauritanien peut passer au scanner ? Quel mauritanien peut se permettre un bilan de santé ? Ce luxe exclut les sans bras longs.
Un autre malheur d’appartenir aux discriminés hélas peu compris de l’opinion est celui lié à la scolarité. Les enfants des discriminés se retrouvent entassés dans des salles de classes vétustes, des bâtiments délabrés sans table-bancs avec des effectifs pléthoriques. À titre d’exemples, une salle de classe du lycée de Selibaby peut compter jusqu’à 100 élèves assis à même le sol ; les écoles des quartiers populaires de Nouakchott tombent en ruine… Dans ces configurations, il est légitime et même obligatoire pour tout bon mauritanien de s’apercevoir que les écoles du pays sont de vraies fabriques d’inégalités. L’employabilité, le niveau de connaissances et la chance d’obtenir le bac chez les élèves scolarisés dans les établissements publiques sont très faibles comparés à ceux de leurs compatriotes dans les écoles privées et ou pouvant s’offrir des cours de soutien scolaire.
Les conditions d’existence des discriminés se révèlent alarmantes mais le plus inquiétant est que les individus de ce groupe s’auto-excluent.
Très souvent, certains mauritaniens refusent de se présenter à un concours ou de postuler pour un emploi. Pour eux, fournir cet effort minimum n’en vaut pas la peine. Ils perdraient leur temps dans une compétition où les médaillés sont connus d’avance : les bras longs et leurs proches. La conviction des discriminés est que lors des concours, les copies ne sont jamais corrigées avec du sérieux, la liste des admis étant établie avant le jour de la passation des épreuves. Donc se préparer, se présenter et espérer être admis à un concours est synonyme de gaspillage d’une énergie mentale.
Dans ce sens, l’attitude des discriminés mauritaniens joue contre eux et montre bien qu’ils ont intériorisé psychologiquement la discrimination par le développement d’un complexe d’infériorité et d’un pessimisme. Cette conséquence de la discrimination directe donne à l’élite un argument de taille pour s’installer de plus en plus confortablement.
Le constat est fait : la discrimination, sous ses multiples facettes existe en Mauritanie dans divers domaines. Alors le devoir de tout Mauritanien éclairé serait : D’inviter et même d’exiger de l’exécutif et du pouvoir juridique d’avoir une volonté ferme de punir les auteurs d’actes de discrimination quelques soient leurs positions sociales et politiques ; D’appeler l’État à mettre en place une politique de discrimination positive digne de ce nom car le fossé entre bras longs et discriminés est immense ; De condamner le groupe des bras longs socialement et moralement en attirant leur attention sur l’intérêt général et celle de la nation ; De montrer les méfaits de la discrimination en privilégiant l’information et le dialogue car la discrimination ne viendrait pas seulement des intérêts égoïstes mais aussi de l’ignorance et de l’aveuglement de ses auteurs et victimes c’est-à-dire des bras longs et des discriminés dans le contexte mauritanien.
Une société mauritanienne meilleure et riche de sa diversité est pourtant possible.
DIOUM Ibrahima Enseignant d’économie-gestion Académie de Paris
Le débat à l’Assemblée nationale sur un projet de loi portant sur la protection des consommateurs a donné l’occasion de rouvrir le debat sur l’usage du français dans le pays. Un député ( de la majorité) a proposé que soit purement et simplement supprimée du projet, la mention portant sur l’ étiquetage des produits dans une autre langue que l’ arabe, sauf pour la langue de leurs pays d’origine. En clair, la proposition d’ amendement du député consistait à rejeter, dans la loi sur la protection des consommateurs, l’usage du français sans le dire explicitement. A nouveau, à l’ Assemblée Nationale, se posait la question du statut de la langue française dans le pays, c’ est à dire l’usage qui pouvait en être fait, officiellement . Un débat serein et riche fut ouvert. Intervenant le premier aprés le dépôt de l’ amendement sur la question, le député et Président de l’ UFP, Mohamed Maouloud, eut l’occasion de clarifier la position du parti sur la question, en rappelant l’ exigence de protection de manière égale, des locuteurs de toutes les langues utilisées dans le pays, sans discrimination. En conséquence, il demanda le rejet pur et simple de l’ amendement.Cette ferme position entraîna le ralliement massif de la grande majorité des députés dans le rejet de cet amendement dont l’ adoption aurait ajouté une couche de plus dans le processus d’ exclusion des » non arabisants » dans le pays. Il est important de noter que ce rejet provenait à la fois des députés de l’opposition et de la majorité et constitue un véritable consensus dans l’interprétation que l’ Assemblée nationale se fait de l’ égalité formelle des locuteurs des langues en usage dans le pays. C’ est un signe positif du climat qui règne en ce moment au sein de l’ Assemblee pour la première fois depuis des décennies. Il serait judicieux pour une question de société comme celle là, que tous les députés patriotes se départissent de toute étroitesse d’ esprit et acceptent d’ouvrir plus largement le débat sur la question nationale, en reconnaissant plus ouvertement ce qu’ils viennent de reconnaître implicitement : l’ égalité complète des locuteurs des langues nationales du pays ( devant être toutes officialisées) et des langues officiellement en usage dans le pays ( arabe et français , comme langues officielles d’ enseignement actuelles du pays) et leur droit à un traitement égal vis à vis des pouvoirs publics. Ce serait un pas important accompli par l’ Assemblée pour sa réhabilitation historique, après la mise sur pied sans précédent de la Commission d’ enquête sur les crimes économiques et les perspectives de la voir ouvrir d’ autres chantiers de grande importance comme le » passif humanitaire », la cohésion sociale et l’indépendance économique du pays.
Mohameden Fall – Dans le cadre de leurs activités de lutte contre la pandémie du coronavirus en Mauritanie, l’OMS Mauritanie recherchait des Epidémiologistes ou Médecins ayant une expérience avérée de surveillance des maladies au niveau du terrain. C’est dans ce cadre que ma candidature a été sélectionnée sur des critères precis et rigoureux. On a effectué une formation de 2 jours à l’hôtel Nouakchott et 7h de formation en ligne. Le projet avançait, les responsables de l’OMS nous avaient parlés des conditions et de la nature de notre travail, avec notamment l’affectation de chaque candidat dans une moughataa où il sera chargé du suivi des cas suspects de contamination au Covid-19. Ils nous ont même expliqués les grilles de salaires et du type de contrat en tant que fonctionnaire international des Nations-Unies. Dès le début de la formation, le représentant de l’OMS en Mauritanie avait expliqué que dans les règlements de l’organisation il ne peut y avoir de compétition entre le ministère et l’OMS. Donc tous les candidats qui sont fonctionnaires n’ont qu’à se signaler car ils vont envoyer la liste pour vérification au ministère. Même s’il se trouve que le contrat est déjà signé et le candidat affecté, si le ministère confirme qu’il est fonctionnaire, le contrat sera résilié et le candidat retourné à Nouakchott. Il a expliqué ensuite que l’organisation payait beaucoup plus que le ministère et que leur objectif n’était pas de récupérer les fonctionnaires du ministère. Voilà les raisons qui les ont poussés à procéder ainsi, c’était clair dans notre tête et on était tous d’accord la-dessus. Même si ça n’arrangeait pas certains candidats qui sont des hauts cadres du ministère de la santé qui avaient une disponibilité du ministère. Durant une pause café, j’ai entendu un collègue (ancien DRH du MS) dire que ce n’est pas normal que l’OMS fixe des règles comme ça. Mais il a oublié que l’Etat a donné son accord sur le principe et a validé ce programme que l’OMS va financer et piloter. C’était la meuilleure chose d’ailleurs pour le pays car le représentant de l’OMS en Mauritanie est de renommée internationale parmi les meuilleurs experts mondiaux contre les pandémies. En 2018, en pleine pandémie d’Ebola, le directeur de l’OMS l’a appelé pour lui dire que d’après les plus grands experts, il est le mieux placé pour l’endiguer. Il a quitté Nouakchott pour le Congo pour diriger la riposte sur place pendant 8 mois. Cet homme n’est pas un amateur dans la lutte contre les épidémies et pandémies. Un médecin de formation militaire, qui a travaillé aux USA pendant 11 ans et dans d’autres pays, ne peut pas faire des choses sans respecter les lois des pays. Alors voilà après une semaine d’attente, alors qu’on devrait partir depuis, on reçoit un e-mail de l’OMS qui regrette la tournure des événements et nous dit que après des discussions avec le ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’OMS ne gère plus le programme et que désormais pour plus d’informations de se rapprocher de la faculté de Médecine de l’université de Nouakchott. Un groupe de délégués s’est constitué parmi les candidats, qui a rencontré le ministre qui les a promis que le projet va se poursuivre et sera remis à l’OMS et que les 57 candifats qui étaient deja recrutés par l’organisation mondiale de la santé seront reconduits. A cela, il a ajouté que la faculté va recruter quelque trente étudiants de derniere année en plus. En donnant l’assurance que les recrutés de l’OMS seront maintenus et n’avaientt aucun rapport avec le groupe d’étudiant recrutés par la fac. Voilà ce qui s’est passé et aujourd’hui, après 2 semaines de patience et de stress, le ministère de la santé a empêché l’OMS de faire un recrutement normal. Aujourd’hui [04 Mai] à 21h certains qui étaient recrutés par l’OMS ont reçu un mail avec une liste de 90 personnes recrutées dont certains n’ont que un bac+2 (des sages femmes et infirmiers). Aujourd’hui 05 mai 2020 des jeunes Mauritaniens qui n’ont pas voulu faire du bruit pour ne pas gêner l’Etat dans sa démarche sont victimes d’un lobby proche du ministère et de l’appareil d’État qui ont fait que leur décision soit la décision de l’Etat au détriment de toute éthique, équité ou morale et au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui, des jeunes dont je fais partie ont été écartés du groupe parce qu’on observait dans le respect et la bonne conduite la décision du ministre. Aujourd’hui j’ai compris que ce pays est injuste et des gens au plus haut sommet de l’Etat ont créé ce problème pour parasiter le projet de recrutement parce qu’ils ont des proches qui avaient raté l’occasion. Personnellement je savais comment ça marche ce pays, mais en ce mois de ramadan et avec l’avènement du Président Ghazouani je me disais que ce n’etait plus possible. Aujourd’hui j’ai compris comment marche ce pourri système administratif Mauritanien. Mais, Allah est le plus Grand Juge.
Dans un long article paru dans l’AMI et Cridem, M. Mohamed Yeslem Yarba Beihatt délivre un carton rouge au ministre de la fonction publique qu’il menace au passage d’éviction. Rien de moins. L’intéressé a, à l’occasion du 1er mai, osé prononcer un discours en français. Infamie suprême ! Pour solde de tous comptes, le ministre est en outre gratifié de gentillesses du genre «illettré», « incompétent » dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Lisons plutôt M. Beihatt : « Dites-vous que si vous persistiez à continuer pour tenir vos discours dans une langue autre que l’Arabe, celle officielle de notre pays, vous n’aurez plus droit à rester dans votre poste. Oui, et de la manière la plus simple au monde. Pour motif d’incapacité. C’est-à-dire que, si vous ne pouvez pas prononcer un discours en Arabe, cela veut dire, que, vous êtes incompétent. C’est que vous n’êtes pas digne de la confiance placée en vous. Parce que, en ce moment, la meilleure excuse qu’on peut vous donner, est que vous êtes « illettré ». Et nous qui croyions que les ministres étaient nommés par le Chef de l’Etat sur proposition du 1er ministre ! Le meilleur ou le pire, c’est qu’à suivre le raisonnement de M. Beihatt, le pauvre ministre n’aurait pas non plus le droit de prononcer son discours en Sooninke, sa langue maternelle reconnue pourtant comme une des langues nationales du pays de par une constitution qu’il invoque à tort et à travers. En dehors de l’arabe, point de salut. Qu’on se le tienne pour dit. Grand seigneur, le censeur laisse tout de même une seconde chance au ministre. Celui-ci est sommé fissa d’aller suivre des cours intensifs d’arabe auprès de son excellence, l’ambassadeur France en Mauritanie. Autrement dit, l’ambassadeur français devrait, avec grand plaisir, former en arabe des responsables mauritaniens dans le but de leur permettre de ne plus s’exprimer en français. Logique. Toujours très cohérent, l’inspiré M. Beihatt, n’hésitait pourtant pas, dans un article publié sur Cridem le 23 décembre 2019, en guise de cadeau de Noël sans doute, à étriller le diplomate français. Pour lui, le diplomate ne devrait pas aborder le problème de la langue en Mauritanie au risque de compromettre les intérêts de son pays et de voir l’anglais encouragé à prendre la place de langue de Molière en Mauritanie par représailles. Car, « si vous n’êtes pas encore au courant, dans quel cas, je le regretterais fort – ; je vous le fais savoir : le rapport entre la langue du colon, le français, pour bien nommer les choses, et celle officielle de la République Islamique de Mauritanie, l’arabe ; ce rapport-là, était la cause malheureuse des événements regrettables de 1966 » affirme M.Behatt. Qu’était-il donc reproché à l’ambassadeur ? En réponse à la question suivante d’un média local : « Que pensez-vous du recul de la langue française en Mauritanie ?, le diplomate avait répondu : «Voici une question que l’on me pose en français et à laquelle je répondrais donc avec plaisir en français. Avec la langue arabe et les langues nationales, la Mauritanie possède un patrimoine linguistique de grande valeur, dont elle peut légitimement être fière…». Rien de plus. C’est donc l’ennemi juré d’il y a peu qui est recommandé pour combler les lacunes en arabe du ministre « francophone ». Il serait intéressant au passage de recenser les établissements et pays de formation des membres du gouvernement, académies militaires comprises. Passons. Rappelons également que le nouvel ami ambassadeur était également accusé, en décembre 2019, de chercher à attiser le feu en Mauritanie et était invité à s’occuper de ses patois en Métropole. C’est dire si notre « procureur » excelle dans les raccourcis et les inversions de rôles. Rien n’est trop beau pour faire accepter l’inacceptable. Une constante émerge de ses écrits malgré les ruses et les ficelles plus ou moins grosses : la volonté affichée d’asseoir l’hégémonie d’une composante nationale sur et au détriment des autres. En un mot comme en mille, l’objectif est celui-là. Car au-delà de la langue, c’est bien de domination, d’exclusion économique et de disqualification des autres composantes nationales qu’il s’agit. L’association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie n’en fait pas mystère qui, le 9 septembre 2019, en appelait à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, qualifiant au passage les autres langues nationales, pourtant reconnues comme telles à savoir le Pulaar, le Sooninke et le Wolof de « dialectes des communautés négro-africaines ». Au mépris des compatriotes de la Vallée, l’association enfonçait le clou : «s’adresser délibérément aux gens avec ce qu’ils ne comprennent pas constitue une préméditation qui ressemble à un défi». Ces chantres affichés et déraisonnables d’une Mauritanie exclusivement arabe font mine d’oublier que depuis des décennies, les représentants de l’Etat, de son administration et des services déconcentrés ne s’embarrassent plus guère de soucis d’équilibre puisqu’ils ne communiquent qu’en arabe et bien souvent en se passant allègrement de traduction. Dans le double souci du respect du Vivre ensemble et de la volonté d’ouverture au monde, ils gagneraient à méditer les initiatives positives à l’exemple de celle du Maroc qui vient de mettre en place un Conseil national des langues et de la culture marocaine visant également à la facilitation de l’apprentissage des langues étrangères les plus parlées dans le monde dont le français. Le Maroc dont la population berbère, estimée entre 15 et 20 millions de personnes, vit souvent dans l’Atlas ou en campagne et n’apprend l’arabe qu’à l’école comme les populations de notre vallée, a officialisé la langue amazighe (berbère) en 2011. Une loi généralisant l’usage de cette langue dans les administrations et à l’école a été votée à l’unanimité par les députés marocains le 10 juin 2019. Cette loi permettra la délivrance de cartes d’identité, de passeports ou d’actes de mariages en langue amazighe. Il serait enfin temps de comprendre que les postures idéologiques, les pétitions de principe du genre « Ici c’est la Mauritanie… Ce n’est pas l’Occitanie… Le pays des plus grands savants, « érudits » de la langue Arabe…Ici, c’est la langue arabe qui est la langue officielle…» tiennent plus du coup d’épée dans l’eau. Cela peut faire plaisir mais d’un plaisir sans lendemain. Il suffit d’un sérieux problème de santé-(que nous ne souhaitons évidemment à personne) appelant une évacuation sanitaire pour s’en rendre compte. A propos de la promotion du Tamazigh au Maroc, cf France info Afrique du 13 juin 2019. Une chaîne de télévision, Tamazight TV, est consacrée à la culture berbère. En savoir plus sur la mise en place de ce Conseil http://aujourdhui.ma/culture/conseil-national-des-langues-et-de-la-culture-marocaine-cest-fait-les-attributions-et-missions-publiees-au-bo?fbclid=IwAR05juN3kkZmoH4sPqWQrf3ubbYobEw0Za31h3i2lMlPW9OJMpaXLehUxRM
Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/05/2020
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