« Réaction au rapport de synthèse générale des concertations sur l’éducation » | Par Mouhamadou SY



Je ne peux qu’exprimer mon désaccord avec le rapport de synthèse générale publiée à la suite des concertations sur la prochaine réforme du système éducatif.
S’il faut féliciter une démarche consistant à discuter avec les mouvements des luttes linguistiques du pays, de reconsidérer la question des langues longtemps négligée et étouffée par des gouvernements successifs, il est tout aussi nécessaire de rester vigilent sur la bonne tenue de ces concertations et à veiller sur l’établissement et le maintien d’un équilibre linguistique dans tous les aspects des solutions proposées.
Bâtir un système basé sur les langues que les populations mauritaniennes parlent est un impératif de développement pour des raisons évidentes : notamment, l’élimination de l’obstacle linguistique dans la pénétration des sciences, qui pourra s’opérer plus tôt dans l’âge, plus vite et dans une mesure plus large dans la population. Les bénéfices transversaux au niveau du développement « culturel » de la société sont également nombreux et ont une vertu considérable.
Dans le contexte mauritanien, une dimension importante du problème est celle de la justice linguistique, mère de toutes les autres. Aucun mauritanien épris de justice, et ayant un peu de suite dans les idées, ne peut observer sans réagir la construction d’un système dans lequel les matières scientifiques ne seront apprises qu’en Arabe. Il est évident qu’un tel système occasionnera inévitablement une sélection fortement biaisée des futures générations en faveur des locuteurs du Hassaniya, qui est un dialecte de l’Arabe. Cette sélection anormale, contrairement à celles -tout aussi anormales- auxquelles on est habitué jusque-là, aurait cette fois une base légitimée et elle serait donc inattaquable en tant que telle. En ce sens, nous serions en face d’une programmation, calculée ou fortuite, d’un logiciel discriminatoire qui, même si à l’entrée accepte les mauritaniens de toutes origines culturelles, aura des tendances naturelles à sélectionner les Hassanophones à la sortie.
Et ce rapport dont il est question mentionne de façon peu complexée cette recommandation dangereuse. Même s’il y est écrit ça-et-là, de façon contradictoire et peu convaincante, qu’il faut que tout enfant mauritanien puisse apprendre dans sa langue.
J’attire donc l’attention des mauritaniens sur cette injustice inquiétante que ce rapport laisse entrevoir. Le système qu’il faut aux mauritaniens, pour le bien de sa cohésion et de son vivre-ensemble, est un système juste, qui donne aux filles et fils du pays les mêmes chances de développement culturel et de réussite éducative. Cela passe par une justice linguistique au niveau de nos moyens d’acquisitions des connaissances. Il est une grave erreur de penser qu’une uniformisation linguistique, qui occasionnera de façon structurelle un si grand déséquilibre dans la sélection des nouvelles générations, serait la clé de notre entente nationale. On peut tout au plus espérer parler la même langue lorsque l’on s’entretuera à cause d’une telle idée naïve. Seule la justice linguistique, garantissant les mêmes moyens éducatifs et d’accès aux sciences et à la culture, de façon générale, peut annihiler les frustrations et éliminer tous les biais sélectifs à conséquences discriminatoires. Ainsi, il est non négociable de fournir aux langues Pulaar, Soninké et Wolof les mêmes moyens que ceux attribués à l’Arabe : les matières scientifiques peuvent et doivent être apprises dans ces langues aussi.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=929252524665669&id=100027427912973

✓RÉFORME DU SYSTÈME EDUCATIF : LES ENTRAVES À L’AVÈNEMENT DE L’ÉCOLE RÉPUBLICAINE

Les enjeux de l’école en Mauritanie s’invitent, de nouveau, dans les débats politiques à l’heure où la nouvelle réforme semble prendre sa physionomie. Les ateliers de concertation du mois dernier ont tenté d’explorer les voies et moyens d’une réforme consensuelle et apaisée. L’examen fait lors de ces ateliers a permis de réactualiser les lignes de force et de faiblesse des réformes antérieures. Il a permis également d’esquisser les contours d’une feuille de route qui devrait assoir des bases solides de l’école républicaine à venir. Les résultats des journées de concertation n’ont pas fait l’unanimité, tant il est vrai que d’épineux problèmes sont restés en suspens de crainte de réveiller les vieux démons. Comme on dit « le diable est dans les détails ». A présent la collectivité nationale a les yeux rivés sur les journées de partage qui ont débuté la semaine dernière. Mais si les dés sont déjà jetés, il n’en demeure pas moins que la mise en place de la nouvelle réforme scolaire reste conditionnée par la résolution des dysfonctionnements majeurs suivants.

1°- L’incohérence du système éducatif national

La bicéphalie de l’école que la réforme de 99 a tenté de corriger s’est promptement aggravée au cours de la décade écoulée. On est, en effet, revenu à un enseignement hybride qui ne fait qu’accentuer le fossé qui sépare les composantes de notre tissu social. Le clivage culturel, attisé par les extrémistes de tous bords, est devenu plus marqué et menace de rompre le fragile équilibre social. Pour avoir une idée de la gravité de ce phénomène, il suffit de faire le tour des grandes villes du pays. A Nouakchott qui est la Mauritanie en miniature, la situation n’inspire pas confiance. En effet, nous avons dans la périphérie sud de la Capitale, en plus des écoles publiques, des écoles privées animées et fréquentées exclusivement par des négro-africains. Alors que, dans la périphérie nord de Nouakchott, en plus des établissements officiels, se concentrent des écoles libres où les arabo-berbères sont en surreprésentation. A ce dédale d’écoles est venu se greffer un autre type d’école. Il s’agit des écoles dites étrangères (l’Ecole françaises et les établissements qui lui sont affiliés : le Complexe scolaire « Le Petit Centre », les écoles Sahel, des Nations, des Cadres,… et j’en passe) en plus des Ecoles turques et de certaines écoles privées mauritaniennes qui appliquent impunément le Programme français. Toutes ces écoles qui constituent de vrais Etats dans un Etat demeurent une destination privilégiée pour les élèves issus des milieux aisés en quête d’un enseignement francophone de qualité. Ayant la bride sur le dos, les établissements en question mettent en œuvre des programmes véhiculant des concepts et des idées aux antipodes de notre encyclopédie culturelle. Cet apartheid culturo-linguistique qui nous rappelle l’école à deux vitesses des années 80. Ce qui n’est pas de nature à faciliter la mise en place de l’école républicaine qui devra servir de creuset de la Nation. Pis ! Cette école républicaine risque d’être érigée sur un socle craquelé ; elle qui a pour finalités d’offrir aux enfants du pays les mêmes chances d’égalité, de standardiser notre enseignement et d’être attractive pour assurer le retour, en sein, des « fils à papas » qui désertent aujourd’hui l’école publique pour les écoles étrangères de la place. Pour ce faire, les hauts responsables de l’Etat, le président de la République et le ministre de l’Education Nationale en particulier, doivent prendre le taureau par les cornes et être cohérents avec eux-mêmes en ramenant les enfants à l’école publique. C’est à cette condition, et à cette seule condition, que les mauritaniens pourront pleinement adhérer à leur projet (celui de l’école républicaine). Sinon, celle-ci ne sera qu’un leurre et nous n’aurions fait que prêcher dans le désert.

2°- La valorisation du métier de l’enseignant

La qualité de l’éducation que recevront nos élèves sera toujours tributaire de la qualité de l’enseignement dispensé par les enseignants. En effet, l’efficacité de l’éducation passe par le renforcement de la motivation des personnels de l’éducation, ainsi que par une réforme des formations initiales de ces personnels et de leur encadrement. Comme on le sait, les contraintes budgétaires imposées au pays au début des années 90 ont conduit celui-ci à revoir à la baisse les exigences de recrutement et les conditions d’emploi du personnel enseignant. En conséquence, les écoles normales (les ENIs, l’ENA et l’ENS) ont vu leur capacité d’accueil se rétrécir et le temps de leur formation se raccourcir. Pour venir à bout de la pénurie d’enseignants, les processus de formation, de recrutement, rémunération et d’encadrement du personnel enseignant requièrent, de la part de l’Etat, une attention particulière.

En ce qui concerne la formation initiale des enseignants, elle demeure le garant de l’amélioration de la qualité de l’éducation et un facteur indispensable à l’amélioration des apprentissages des élèves. En effet, ce qui compte, par-dessus tout, en matière d’éducation, c’est la qualité de cette formation initiale. A l’heure actuelle, le contenu de cette formation mérite un réexamen, pour prendre en compte les nouvelles réalités éducatives : une pédagogie adaptée aux nouveaux modes d’organisation des classes, les techniques de la gestion de l’espace classe et les relations écoles-communautés,

Pour ce qui est de la formation continue, elle ne bénéficie pas encore de l’attention qu’elle mérite ; bien qu’elle soit indispensable à tout enseignant préoccupé de suivre l’évolution de la société et ses répercussions sur la vie scolaire. Plus encore, dans un contexte où les contraintes budgétaires poussent au recrutement de professeurs ayant une formation initiale courte, voire n’ayant pas de préparation spécifique au métier d’enseignant, elle revêt une importance cruciale. Le but de la formation continue est corriger défaillances de la formation initiale. Mais, dans notre pays, elle ne constitue pas encore une priorité pour nos responsables éducatifs. Les enseignants peuvent, en effet, rester plusieurs années sans avoir l’occasion de se perfectionner.

Aujourd’hui, la mise à niveau et l’accompagnement prévus pour pallier les lacunes de la formation initiale des nouvelles recrues font cruellement défaut. Il est impérieux de trouver des solutions aux nombreux problèmes soulevés en matière de formation continue des enseignants (mauvaise adaptation aux besoins manifestés par le personnel enseignant, absence de prévision pour les remplacements des enseignants, faiblesse des moyens logistiques pour un suivi régulier des enseignants, entre autres). Les enseignants doivent être outillés pour faire face aux nouvelles réalités pédagogiques : pédagogie de la maitrise, gestion des classes multigrades, pédagogie des groupes, nouvelles philosophies et techniques d’évaluation. Cela suppose que des activités consistantes de formation continue soient mises en œuvre, non seulement à l’intention des enseignants débutants, mais aussi pour les enseignants expérimentés.

Pour réaliser l’indispensable revalorisation de la formation enseignante, plusieurs actions s’imposent : amélioration de la formation initiale ; leur fournir une formation continue plus consistante ; instaurer des mécanismes visant à réduire la précarisation des enseignants ; accroitre leur participation aux décisions qui concernent autant l’orientation des politiques éducatives que la vie des établissements.

3°- La mise à disposition du livre

La disponibilité des manuels scolaires fait partie des éléments clés en matière de qualité de l’éducation. Le fait de disposer d’un livre se répercute positivement sur les performances des élèves. En conséquence, compte tenu de son coût relativement faible, doter chaque élève de manuels scolaires peut être considéré comme le moyen le plus efficace d’améliorer les acquis des apprenants. Cette mesure s’avère particulièrement profitable aux élèves les plus pauvres. Le renouveau pédagogique, sur lequel on mise pour améliorer les acquis des élèves et leur capacité à transférer leurs savoirs, doit pouvoir s’appuyer sur des manuels scolaires de qualité. Comment des enseignants contraints d’écrire au tableau ou de dicter des textes à des élèves dépourvus de manuels peuvent-ils avoir recours à une pédagogie active qui développe l’autonomie de l’apprenant, qui plus est s’ils ne disposent, eux-mêmes, ni des programmes, ni de guides pédagogiques requis ? L’élaboration de manuels scolaires doit s’appuyer sur une réforme harmonisée des currucula ; l’accessibilité gratuite aux manuels pour le plus grand nombre d’élèves, le développement de l’industrie du livre dans le pays. Les manuels scolaires élaborés selon la nouvelle approche « Vision holistique », n’ont pas été élaborés et édités à temps. Ce qui montre l’impérieuse nécessité de fusionner, pour plus de convenance, l’Inspection générale de l’éducation qui conçoit les programmes et l’Institut pédagogique national qui à revient la tâche d’élaborer et éditer les manuels scolaires. En tout cas, la nouvelle réforme risque d’avoir du plomb dans les ailes, si l’IPN tarde à l’accompagner. En effet plusieurs niveaux, aussi bien du premier cycle que du second cycle, manquent, jusqu’à présent, de livres-supports. Nos élèves doivent patienter car ces livres sont encore sous presses. Ce qui rend aléatoire la réussite de la nouvelle réforme qui, dès sa mise sur rails, a commencé à claudiquer. Cette infirmité risque d’impacter négativement l’appropriation des nouveaux programmes par les élèves et de perturber leur mise en œuvre par les professeurs.

Des infrastructures scolaires ne répondant pas aux normes

Autant à Nouakchott que dans les provinces, les infrastructures d’accueil de nos élèves demeurent majoritairement dans un état piteux. Les élèves mauritaniens continuent malheureusement à étudier dans un environnement peu accueillant marqué par la vétusté des bâtiments, la massification des effectifs, le manque cruel des tables-bancs, d’eau et d’électricité, de clôtures, de sanitaires fiables, de bibliothèques où les apprenants peuvent se documenter, de laboratoires qui en respectent le modèle et de matériel didactique approprié, de salles de permanence pour retenir les élèves pendant les heures creuses, de cloches ou d’avertisseurs automatiques pour signaler le passage d’un créneau horaire à l’autre au lieu des jantes cabossées qu’utilisent nos établissement actuellement. Aussi nos établissements manquent-ils cruellement d’espaces verts, de potagers, d’infirmeries capables d’offrir les soins de première nécessité à une population écolière pouvant, au niveau de certains établissements scolaires, dépasser le nombre d’habitants de certains de nos villages, d’infrastructures sportives pouvant contribuer à l’épanouissement de la personnalité de nos apprenants et favoriser leur brassage. Dans ces conditions, que peut-on attendre de nos professeurs qui sont souvent mal formés, désarmés et très peu motivés ? Et quels avantages pourront tirer nos élèves de cette situation ? Les dysfonctionnements doivent corrigés illico, car leur persistance constitue de graves entraves à la mise en place de l’école républicaine. A bon entendeur, salut !



Sidi Mohamed Ould Ismail

Le Calame

©️ Repris via http://adrar-info.net/?p=72253

« Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. » | Par Mohamed El Mounir

A mes compatriotes arabophones,

L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 (Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 portant Amnistie) n’est pas une menace, ni pour l’Etat, ni pour une communauté bien précise. Elle ne peut être une menace que pour les criminels qui ont commis des atrocités à l’encontre d’une frange de notre population. Nous ne devons pas nous identifier aux criminels.

Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. C’est une cause juste et une cause de tous les mauritaniens, ce n’est pas la cause de certaines organisations ni la cause d’une communauté. Son abrogation va faciliter la réconciliation, en permettant de clôturer définitivement ce dossier qu’on traîne comme un boulet. Un véritable serpent de mer.

L’abrogation de cette loi scélérate et l’engagement d’un processus de justice transitionnelle ne signifie pas nécessairement un règlement de comptes, mais une juste reconnaissance des fautes et des crimes commis et une réparation équitable et surtout des mesures de non répétition.

Il revient à l’Etat de dégager sa responsabilité, en demandant pardon, parce que le régime incarnait l’Etat à un certain moment et en dédommageant les victimes, en créant les conditions d’un dialogue qui permet de tirer au clair ce qui s’est passé, de situer les responsabilités et de prendre des mesures destinées à éviter la répétition de tels actes.

Il existe deux niveaux de responsabilité, un niveau politique qui relève du chef de l’Etat de l’époque, qui n’a pas nécessairement donné les ordres, mais qui créé le contexte propice aux exactions et surtout n’a pas agi pour en punir les coupables ; et un niveau de responsabilité personnelle, qui incombe aux exécutants et aux donneurs d’ordre, qu sont plus ou moins connus.

Un tel processus ne signifie nullement de s’attaquer à l’armée nationale. Si l’Etat doit être tenu pour responsable, à titre politique, il serait faux et abusif de considérer que l’institution militaire serait responsable en tant que corps. Les exactions commises ont été très localisées (essentiellement dans trois bases militaires) et n’ont impliqué qu’un nombre limité de donneurs d’ordre et d’exécutants, à telle enseigne que longtemps durant la très grande majorité des militaires ignorait complètement ce qui s’était passé. Ce serait aussi un abus de penser que l’armée nationale est solidaire d’une petite poignée de tortionnaires.

Toutefois, certaines acteurs cultivent délibérément la confusion et l’amalgame. Ils devraient pourtant savoir que ce processus ne passe pas par la justice ordinaire. Il s’agit d’une problématique politique qui ne peut être résolue à travers un processus judiciaire ordinaire, encore moins au niveau des instances internationales. L’activisme dans les sphères internationales, même s’il peut accélérer la prise de conscience de la nécessité d’une solution, parasite fortement un tel processus et empêche l’émergence d’un consensus national sur la question. C’est pourquoi il serait recommandé d’avoir recours à la justice transitionnelle qui met en place des mécanismes adaptés pour prendre en compte la dimension politique du problème.

Pour autant, la gravité des actes commis est telle qu’elle continue de miner la cohésion nationale. Le pays ne pouvant s’accommoder de la persistance d’un contentieux non résolu ni d’approches partielles qui ont prévalu depuis ces tristes événements, seul un processus associant l’ensemble des parties prenantes, y compris les ayants droits des victimes, l’armée, les partis politiques, la société civile…permettrait de faire lumière sur ce qui s’est réellement passé et de jeter les bases d’une réconciliation durable. Le processus de dialogue qui va s’ouvrir incessamment est l’opportunité idéale pour clore définitivement ce dossier.

NB : Ce texte, en cours de traduction, sera publié en arabe, incha Allah.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4742928155728059&id=100000327634741

« La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes » | Par Lô Gourmo

Comment oser qualifier de « sommet » franco-africain la rencontre conçue, financée et organisée par Paris, entre le président de la République Française et des citoyens africains même de renom ou de grande pertinence oratoire? Le plus inacceptable est l’accueil jubilatoire fait dans beaucoup de milieux surtout des jeunes africains, éblouis par la scène d’un Macron sommé de répondre à de graves questions posées parfois avec audace par ces derniers. Tellement éblouis que l’essentiel dans l’exercice les a sans aucun doute échappé: une nouvelle mise en cause de la souveraineté formelle des Etats africains. Au nom de quoi et de qui ces africains parlent-ils ? Questions essentielles qui déterminent précisément la qualité de « sommet » de cette rencontre informelle, au propre comme au figuré. La France est libre d’inviter qui elle veut, chez elle. Mais elle ne choisit pas ses interlocuteurs africains. Et voilà en quoi, par là même, l’objectif affiché de cette rencontre est dementi par la rencontre elle même, s’il est vrai qu’il s’agissait d’une rupture avec le neocolonialisme traditionnel, c’est à dire le choix des dirigeants africains et de leurs options ailleurs qu’en Afrique. En chambardant les règles élémentaires de la représentation diplomatique par le recours à une représentation d’interlocuteurs africains tirés on ne sait comment d’ une « société civile » africaine fumeuse, se rajoute au chaos politique un chaos diplomatique bien pire. La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes. Ce qu’ils veulent c’est tout juste un traitement normal des rapports franco-africains, la fin de l’infantilisation et des cris de cœur hypocrites portés à leur paroxysme par N. Sarkozy (« Discours de Dakar ») et poursuivis et theâtralisés dans la même veine par M. Macron ( Discours de Ouagadougou et maintenant à Paris). Il faut arrêter ces simagrées pour changer pour de vrai.

©️ Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=382772670244277&id=100055346415293

✓RÉPONSE À LA DERNIÈRE PUBLICATION DE MOHAMED EL MOUNIR SUR LES HRATINES, L’ESCLAVAGE ET BIRAM | Par Béchir Fall


Par un accès de délire obsessionnel, Mohamed El Mounir se lance dans une violente diatribe contre Biram Dah Abeid. Mohamed El Mounir promettant de traiter de la situation des hratines et de l’esclavage décide, dès le début de son long pamphlet, de mettre en œuvre une vaine entreprise de calomnie du leader charismatique des citoyens hratines, laissés en rade par tous les régimes successifs de la République.

Son texte d’une longueur excessive, 21 paragraphes, aboutit à un vide sidéral. Aucune innovation, ni idée créatrice, ni amorce de paradigme, pouvant servir d’amélioration de la condition sociale de ces citoyens qu’une honteuse exploitation par des esclavagistes sans foi a réduit à des citoyens de seconde zone. Une cruelle réalité historique incontournable. Mohamed ne dit aucun mot sur l’esclavage, ses crimes et ses conséquences dramatiques. Il en parle au présent en occultant le rôle criminel des esclavagistes. On a l’impression à le lire que ces derniers sont des extraterrestres. Or leurs rejetons, dont il pourrait faire partie lui-même, sont justement là pour continuer l’œuvre de déni, en cherchant par tous les moyens à mettre en cause le seul leader qui s’est dressé courageusement contre les esclavagistes responsables du génocide des hratines.

Mais observons plus en détail ce qu’écrit Mohamed. Il est, à mon avis, ridicule quand il parle de brassage et de métissage des populations. A le voir en tout cas, on ne perçoit aucun signe de métissage chez lui. Je pourrais cent fois lui donner des leçons sur ce registre qu’il méconnaît entièrement. Étant moi-même partagé, et c’est une réalité, entre les communautés bidhan, hratine et même negroafricaine. Père hartani, mère bidhaniya, épouse negroafricaine. Un mauritanien arc-en- ciel qui hait l’injustice sous toutes ses formes. Autre point de discorde. L’insistance inacceptable de Mohamed « sur les radicaux hratines et extrémistes negroafricains qui constituent les soutiens de Biram » le discrédite davantage. C’est cela stigmatiser gratuitement des citoyens et ne pas admettre qu’ils puissent avoir une opinion contraire à la sienne. Il s’arroge le pouvoir de distribuer des bons et mauvais points aux Noirs de notre pays. À quel titre et sous quel dessein ? C’est rien moins qu’une attitude discriminatoire et de profond mépris de ses compatriotes.

Sa déclaration sur les jeunes negroafricains qui seraient, selon lui, non solidaires de Biram est une flagrante contre-vérité. C’est justement le contraire. Les vieux sont restés fidèles à CVE alors que les jeunes ont déserté ce parti en masse. Il faut revoir les meetings de Kaedi et Selibaby pour s’en convaincre et la colère à peine dissimulée de Coumba Ba de l’UPR lors de la campagne présidentielle. Le comble est atteint dans son texte quand il pérore avec emphase qu »il faudrait coopter des dirigeants pour….. les hratines ». Quelle absence de tact, quelle suffisance ! Il met directement en cause le scrutin électoral qui légitime Biram. Ainsi que la forme démocratique des institutions. Il recommande une forme de dictature pour changer les dirigeants hratines actuels. Mohamed perd franchement les pédales et reste aveuglé par sa haine féroce contre Biram. J’en suis déçu et peiné. Dans sa vision politique de ce que doit être la cohabitation, somme toute très pacifique, de nos populations. N’aggravons pas toute cette belle cohésion par d’inutiles et insignifiantes dissensions.

© Facebook – Post de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5110762958939958&id=100000189140519

✓L’UNIFORME SCOLAIRE EST UNE ÉTAPE DANS L’INTENTION DE RÉFORME | Par Aïcha Amar

L’adoption de l’uniforme scolaire comme tenue intra institutions éducatives publiques est une étape dans l’intention de réforme.
Une décision à portée sociale importante.
Mais, il n’en demeure pas moins que l’insatisfaction à l’égard de l’école reste grande et incommensurable.
Concédons malgré tout, que c’est un premier pas..
Et, .. Souhaitons aux initiateurs bonne route.
« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » disait le sage Lao-Tseu


Aicha Amar

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=71854

Racisme et féodalité : l’addition est trop salée | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Il m’a été demandé de réfléchir dans une approche comparative voire dialectique sur les mots racisme et féodalité.
J’avoue que j’étais gêné et même quelque peu embarrassé par l’offre.
En effet, dans le tréfonds de la sagesse Soninké, il existe une inspiration rationnelle exprimée dans les proverbes et dictons, qui s’est émancipée du primat et diktat de la pensée et de la philosophie dominantes de l’asservissement.
Ainsi, on a l’habitude de dire chez les Soninké « qu’il ne faut pas comparer deux grains de sel : la différence est dans le poids et non pas dans la saveur ».
N’est-ce pas une sagesse !
Du coup, j’ai trouvé le sujet sans intérêt. Mais au fur et à mesure de la réflexion, il m’est apparu intéressant et à la fois pertinent. Même si la morale soutient qu’il ne faut pas comparer deux maux, il faut plutôt les combattre : ils se valent quel qu’ils soient.
Cependant, ce n’est nullement du cynisme que de vouloir mettre en opposition ces deux concepts.
J’entends ainsi les combattre en les mettant à nu, comme des voleurs qu’on mettait à poil au milieu de la journée à la place publique, autrefois quand j’étais enfant, au temps où le vol était un acte répréhensible.
Appartenant à un pays multi-ethniques et multiculturels, cette comparaison m’est apparue problématique, irrésistible et envoutante à la fois : je suis contrarié et pris dans un dilemme. En effet, il s’agit de parler de deux maux, deux malédictions, deux abominations.
A présent, je suis gagné et vaincu par le mal de ma profession : l’autocensure.
J’en viens à mesurer aussitôt la « dangerosité » du sujet : deux maux comme deux grenades dans mes mains et qui peuvent être dégoupillées à tout moment.
C’est un acte suicidaire. Il faut du courage et beaucoup de courage pour traiter ce sujet.
Je prends l’avis d’un camarade de promotion, plus brillant et plus courageux : naturellement sa réponse est un encouragement.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Après moult hésitations, c’est le oui qui finit par l’emporter comme dans un référendum.
Et voilà ! Je me décide maintenant, chers compatriotes à livrer ma réflexion sur ce sujet pour servir l’intérêt général et agissant désormais sous la légitimité et la légalité référendaires de la victoire du « oui ».

Le racisme pour faire simple est une idéologie qui repose sur le postulat selon lequel, l’espèce humaine est constituée de plusieurs races ou catégories dont certaines sont intrinsèquement supérieures à d’autres, sur la base d’une différence liée à la couleur de la peau, à la culture, ou encore à l’ethnie etc.

Au regard de cette définition, le racisme reste fondamentalement une façon d’agir et de se comporter, foncièrement nocive, par ce que se fondant sur une idéologie par essence dogmatique, extrémiste, ségrégationniste et intolérante du fait qu’elle refuse et réprouve la différence.
Ainsi, le mot racisme traduit avec euphémisme haine, mépris, diabolisation, répugnance et préjugés : toute une construction hégémonique et suprématiste aux relents fascistes ou nazis.
La féodalité, qu’est-ce que c’est ?
Dans le contexte africain qui nous intéresse, la féodalité résulterait de la division sociale du travail.
Dans cet esprit, elle est plutôt perçue comme une stratégie de gouvernance, de gouvernement et de gestion de la collectivité en vue de survivre et de dominer la nature à une époque où « l’homme était un loup pour l’homme ».
Expliquée de cette manière, la féodalité découle de la stratification sociale, un mode d’organisation social pyramidal où tous les membres ne sont pas logés dans la même enseigne. Ce qui explique l’existence de plusieurs statuts sociaux à valeurs inégales qu’on peut caricaturer d’ascendants ou descendants, valorisants ou dévalorisants ou encore intermédiaires, médianes auxquels sont affectés des rôles sociaux et des personnalités dans un ensemble territorial, socioculturel et historique cohérent.
C’est un système parfaitement adapté au mode de travail, d’organisation et de production des sociétés traditionnelles pour ne pas dire primitives.
Ainsi définie, on comprend aisément que la féodalité est historiquement une valeur, une tradition et une coutume qui a fait l’âge d’or des sociétés ancestrales africaines avec ses hauts et bas, comme tout système.
Elle est certes inégalitaire du fait que la naissance détermine la trajectoire sociale de l’individu : aucune autre ascension n’était envisageable en dehors du statut hérité et imposé.
Cependant avec le temps et les mutations sociales, les velléités de liberté, d’émancipation et de démocratie, de respect de la dignité humaine, la féodalité est passée de valeur à anti valeur ou contrevaleur.
Chaque personne entend désormais s’épanouir et chercher lui-même son chemin en dehors du conformisme familial et communautaire : le « père et l’héritage » ne sont plus immuables et vénérés. .
Le temps étant plus fort, agissant silencieusement mais sûrement et résolument telle l’action de l’érosion sur la pierre, le système féodal est à bout de souffle et connaît des entailles fatales.
Le temps a eu le dernier mot.
Conséquence, le conflit des générations est inévitable.
C’est une crise que connaissent toutes les sociétés. Mais c’est seulement, les plus fortes et celles qui ont eu la clairvoyance et la lucidité de confier la gestion de cette crise à des dirigeants éclairés qui réussissent en sortir indemnes.
Cette comparaison n’est pas terminée ou dit moins, elle est restée jusqu’ici superficielle.
En effet, on s’est limité à étudier séparément ou de manière désarticulée nos concepts objet de notre réflexion.
Le racisme tant décrier dans le monde semble à nos yeux moins dangereux que la féodalité. C’est presque de la provocation que de soutenir une telle assertion.
Mais dépassionnons le débat.
Finalement, je présente toutes mes excuses aux racistes que j’ai tant combattus et dénoncés depuis ma tendre enfance.
On m’a vite appris à détester l’Afrique du Sud sous l’apartheid, l’Amérique suprématiste blanche, le colonisateur blanc etc.

Dans cette démarche, je n’ai pu m’empêcher d’aller me recueillir sur les hauts lieux de la traite des noirs sur le continent : Gorée au Sénégal et El Mina au Ghana.
Mais au fait, l’enfer c’est toujours l’autre disait le philosophe.
Nous sommes tendres avec nous-mêmes et trop exigeants avec les autres.
Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit.
Ne tronquez surtout pas mes propos.
Si vous devriez me reprendre, citez-moi dans le respect des conventions académiques et universitaires.
Dans mon analyse, j’en viens à conclure que le racisme est victime de sa surmédiatisation : Il n’est peut-être pas si mauvais qu’on le pense.
En effet, il se nourrit en grande partie des préjugés et de la peur de l’autre souvent présenté à tort comme malédiction et démon.
L’ignorance aidant, le raciste se croit supérieur et regarde son vis -à- vis avec une certaine condescendance.
Cependant, ses idées ou constructions préétablies et préconçues se délitent petit à petit dès qu’il a l’occasion de côtoyer l’autre.
Il en vient au regret et même des fois au mea-culpa : on m’a dit. J’ai appris que … Il paraît que etc. On comprend alors que c’est la distance qui nourrit et entretient le racisme.
Le refus d’aller à la rencontre et à la découverte de l’autre. Un éloignement qui n’est pas forcément territorial mais lié à la différence de culturel, de couleur etc.
Dès lors une méfiance trop exubérante et excessive entretenue avec une autre communauté risque d’être assimilée à du racisme. Or, nous sommes tous des hommes, l’étranger dans la plupart de nos sociétés fait toujours jaser et est objet de suspicion : la peur de l’inconnu.
Mais une fois intégré, l’étranger est assimilé, accepté et regardé avec humanité.

C’est le dénouement d’un long processus de schizophrénie basée sur la stigmatisation de l’autre par ce que différent.
Pour preuve, tous les systèmes racistes à travers le monde ont fini par se ramollir : les mariages mixtes autrefois impossibles et même regardés comme des liaisons contre-nature sont devenus un phénomène de mode. Une précision me semble essentielle.
Le racisme, ce n’est pas toujours la caractéristique du blanc.
C’est malheureusement, l’idée qui habite la plus part d’entre nous.
Il existe aussi des noirs racistes nourrissant une haine viscérale vis-à-vis de tout ce qui est blanc ou différent.
L’antidote du racisme, c’est à mon sens la tolérance.

L’intolérance conduit à tous les excès et abus : égocentrisme, nombrilisme, xénophobie etc.
A contrario, le féodal et sa « victime » appartiennent à la même entité géographique et socioculturelle.

Ils parlent souvent la même langue. Ils présentent des similitudes évidentes comme des vrais jumeaux avec des traits physiques et culturels identiques comme deux gouttes d’eau.
La nature n’a pas voulu qu’ils soient différents. Mais, ils s’imposent une différence qui n’existe pas. Une différence qu’ils sont les seuls à voir juste pour asseoir des désirs hégémoniques.

A quelque chose, malheur est bon.
Heureusement ! Le raciste les ramène toujours à la raison: il les traite et considère de la même manière. Ils sont logés dans la même enseigne pour lui.
D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’en rire, tellement c’est absurde pour lui.
En effet, “noble et l’esclave ” dans l’empire féodal présentent et dégagent les mêmes visages et ressemblances.
Ce sont deux frères sans fraternité, qui se côtoient et occupent le même espace communautaire stratifié et inégalitaire.
Ils entretiennent des relations complexes réglées par la naissance valorisante pour l’un et dévalorisante pour l’autre.
Ils ne peuvent jamais être des parents.
Ils ne se “marient jamais ensemble”. Ce sont deux mondes qui se côtoient mais ne se rencontrent jamais.
Les places, les statuts, le rang, le classement, sur l’échiquier communautaire sont du ressort de l’héritage. Aucune perspective de réhabilitation, de reclassement et même de rectification n’est envisageable pour ceux qui sont placés depuis des générations au bas de l’échelle.
Tout est fait pour maintenir chacun dans sa classe. Tout est reproductibilité, calque, fidélité et nostalgie du génie ancestral.
Imaginez, une société où le travail, la compétence, l’érudition, la réputation, la probité, la vertu et la sagesse par opposition à la « noblesse héritée » ne sont pas considérées comme des vecteurs d’accession au nom du respect d’une tradition.
En dépit de leur pluralité et diversité culturelles, les sociétés humaines sont par essence dynamiques.
Elles ne peuvent pas être figées. En effet, l’homme est désir de perfectibilité : il cherche toujours à changer de situation, à s’améliorer et à s’adapter.
Le temps, l’environnement, le contexte autant d’éléments endogènes et exogènes imposent leur rythme et cadence.
Une musique qu’il faut apprendre à danser au risque de disparaitre, d’être frappé d’anachronisme ou de se faire passer pour un plaisantin.

Ainsi, le raciste au contact avec la réalité à mille et une chances de se repentir.
Au contact de la vérité, les préjugés s’effondrent et s’écroulent.
En revanche, le féodal est partisan de l’éternel statuquo, de la continuité d’un patrimoine tombé du ciel, sans jamais chercher à comprendre l’origine et la source, la moralité ou l’immoralité, la pertinence et la justesse.
Je m’en tiens à mon acquis. C’est tout !
C’est de l’égoïsme surdimensionné doublé de narcissisme.
Dans le contexte de notre pays, on critique vertement à longueur de journée et ce de manière infatigable « le racisme blanc » qui résulterait de la peur, de la différence et des conflits inhérents à une scène nationale traversée par plusieurs intérêts et parfois des réalités opposés, divergents ou contradictoires qui peinent souvent à s’accommoder.
Normal quand on est différent !
Mais comment expliquer qu’un descendant d’esclave noir ait plus de chance à épouser « une blanche » qu’une femme de sa propre communauté au nom d’une tradition ? Sachant qu’ils parlent la même langue, appartiennent à la même entité géographique, socioculturelle et historique. Soyons logique.
Arrêtons de jeter la pierre sur l’autre.
Le combat pour la liberté est global, systémique et cohérent.
Il ne peut intégrer des cas particuliers. C’est une règle qui n’admet pas d’exceptions.
La féodalité qui crie au racisme, c’est courant dans mon pays. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
A l’école primaire, l’une des nombreuses chansons que j’apprises disait : “Jamais l’on verra la queue d’une sourie dans l’oreille d’un chat». Cette phrase résume à elle seule le conflit sans fin entre chat et sourie.
Qui ne connaît pas le malin plaisir du chat à terroriser la sourie?
Mais pourtant, ces deux animaux élevés ensemble deviennent des amis et même des complices au point de voir la queue de la sourie dans la gueule du chat sans risquer de se faire manger.
Les bêtes arrivent à apprivoiser leur côté grégaire, sauvage et bestial pour s’adapter aux conditions imposées par l’élevage.
Or, dans les sociétés féodales, « le noble et l’esclave » ont dans la plus part des cas grandi ensemble. Ils se sont partagés et même échangés” les choses les plus intimes” mais ils ne peuvent envisager une relation plus humaine.
Il leur est impossible d’envisager une amitié d’homme à homme, une véritable parenté : leur rapport reste celui de dominant et de dominé, d’inférieur et de supérieur. En effet, dans cette relation l’un des acteurs est incapable de tendre la main à son « alter égo », de se mettre à sa place, de comprendre ses préoccupations, par ce que trop attaché au prestige et à un statut évanescent qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dessert la communauté au lieu de la servir.
Le dialogue, la concertation ou la consultation entre les leaders politiques en gestation doit intégrer cette question- à mon sens fondamental- afin que ces assises ne soient pas juste une occasion pour certains hommes politiques de se donner une nouvelle virginité politique en vue de revenir au-devant de la scène politique nationale.
Je vous en prie. Dans votre déballage des problèmes de notre pays, osez parler de l’esclavage, de la féodalité plus discriminante que le racisme souvent accusé de plomber les ailes de la nation mauritanienne.
Cette comparaison, à la limite de la provocation est loin d’être insensée.
Elle m’a amené à la conclusion que le racisme et la féodalité sont tous porteurs des germes de divisions : ils n’ont point de place dans notre république islamique.

Seyré SIDIBE Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/

✓Débat autour de la transcription des langues nationales en Mauritanie | « Let’s be real, Mister Sakho ! » Par Mahamadou SY



Ainsi donc rouvre le débat sur la transcription des langues non arabes de Mauritanie. Un débat conclu et clos depuis bientôt soixante ans, mais qu’une classe d’idéologues, en Mauritanie, continue de soulever pour la simple raison que la conclusion, pourtant basée sur une expertise bien solide, ne satisfait pas son idéologie conquérante.

Il y a moins de deux ans, Pr Ely Moustapha soulevait la même question et prônait, avec beaucoup de méprises sur l’histoire récente de ces langues et leur lutte, et surtout du mépris, volontaire ou par mégarde, à l’égard des communautés concernées et les acteurs de cette lutte, la transcription des dites langues en caractères arabes plutôt que les caractères latins adoptés à la conférence de Bamako. Il y a quelques jours l’on a appris qu’une commission gouvernementale a été mise en place pour veiller à l’application de l’article 6 de la constitution. Le contenu de cet article définit les langues Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof comme nationales et promeut l’Arabe à un statut officiel exclusif. À la tête de cette commission se trouve Monsieur Abou Sow, ancien ministre et fervent défenseur de la transcription des langues nationales en caractères arabes. Ce qui frappe dans cette commission c’est déjà l’absence des acteurs reconnus, pour leur compétence et leur dévouement, de la promotion des langues nationales, à commencer par ceux liés de près ou de loin au défunt institut des langues nationales. Comment pourrait cela s’expliquer si ce n’est par un souci de faire passer sans résistance aucune un projet d’empoisonnement de la lutte des langues non arabes du pays ? Il y a plusieurs choses à dire sur cette commission et sur l’article 6 lui-même et son injustice primordiale de laquelle découlent toutes les autres, mais nous y reviendrons une autre fois.
La question de la transcription a ainsi inévitablement refait surface à la suite de l’annonce de cette commission et de son programme. Et cette fois, c’est Monsieur Moctar Sakho, dont je viens d’entendre le nom – et je ne le précise que par souci d’exactitude – qui dit nous appeler au « pragmatisme », à la « franchise » et au « réalisme », notamment par la formule « Let’s be real » martelée en point final de son texte. S’il n’y voit pas d’inconvénient, je me permets de la réutiliser. Car en effet, il faut bien être tout cela et regarder la question en face. Sur ce point, Monsieur Sakho, nous sommes vraiment d’accord. Et, il faut surtout analyser les données du problème de façon objective et méticuleuse et non se limiter aux impressions impulsives.

Le texte de Monsieur Sakho recycle principalement le fameux argument coranique, dans une saveur qui se veut nouvelle.

Tout d’abord, il prétend que l’apprentissage du coran est le point de départ de l’expérience scolaire des enfants mauritaniens, et donc cela peut servir de justification à la décision de changer de transcription en faveur des caractères arabes.
En réalité, Monsieur Sakho, il n’en est rien ! les enfants mauritaniens ne commencent pas leur aventure scolaire par l’apprentissage du coran. Que faites-vous de la matrice culturelle et linguistique qui a accueilli ces enfants, à leur naissance, qui les a vu grandir, et qui a forgé les bases d’un certain nombre de leurs fonctions cognitives fondamentales ? Vous allez à l’encontre d’un nombre considérable de résultats scientifiques sur le développement cognitif de l’enfant et son apprentissage en tenant de tels propos. L’école, dans son sens qui sied à ce contexte, commence donc bien avant le coran ; c’est d’ailleurs ainsi que l’apprentissage même du coran utilise les acquis de cette école primordiale dans sa méthode mnémotechnique bien connue chez nous. Par conséquent, ce sont des enfants qui ont déjà expérimenté les vestiges d’une école traditionnelle et ayant subi l’encadrement de diverses institutions sociales, incluant des notions dans divers métiers, qui arrivent chez le maître coranique.
En omettant cette réalité qui est loin d’être anodine, vous répliquez les erreurs du système qui a produit les échecs scolaires qui semblent vous préoccuper.

Ensuite, vous affirmez, toujours dans le but de défendre une transcription arabe, que ‘notre culture quotidienne est largement arabo-musulmane’. Il faut avouer qu’il y a une certaine ambigüité dans cette affirmation. Mais comme l’on parle des langues non arabes de la Mauritanie, il est logique de considérer qu’elle se rapporte aux communautés non arabes du pays. Elle devient alors tout à fait erronée.
Ce qui fait le socle de leur culture quotidienne n’est en aucun cas d’essence arabo-musulmane, ni linguistiquement, ni sociologiquement. Et dire ceci n’est pas nier les influences bien réelles que la culture islamique a sur ces communautés, mais c’est uniquement le faire avec mesure. Affirmer avec aisance une telle contre-vérité scientifique dont le contraire est vérifiable, autant à l’observation de la société en question qu’à la consultation de la vaste littérature de recherche qui lui est consacrée, est tout juste indigne de quelqu’un qui prétend faire une proposition d’une certaine clairvoyance scientifique.
Vous nous avez appelés à la raison, en utilisant la malencontreuse formule de Senghor. Ce que, personnellement, je trouve très irrespectueux et mal placé. Tout de même, j’apprécie beaucoup l’invitation en tant que telle. Nous sommes ici précisément sur un terrain strictement rationnel. Vous ne serez certainement pas contre que nous adoptions une attitude logique vis-à-vis de la question, vu que vous l’avez vous-même demandé. Donc je suppose que vous êtes à l’aise.

Vous dites avoir basé votre réflexion sur votre propre expérience. Expliquez nous alors comment votre expérience de praticien des langues vous a mené à la conclusion qu’en Mauritanie, toutes les langues devraient utiliser les caractères arabes. Avez-vous déjà été confronté à ces problématiques ? Mieux, avez-vous mené des études dont les résultats l’ont suggérée ? Si de l’expertise il y est, il ne suffirait tout de même pas de réclamer une profession pour la faire s’exprimer ; il faudrait, à la place, fournir des arguments solides qui relient vos observations à la théorie que vous en faites. Tout ceci en gardant à l’esprit que, sans une étude à grande échelle, ces observations personnelles n’auront que la valeur épistémique très limitée qu’un témoignage peut avoir. En tout cas, ce serait ainsi ; si jamais l’on décidait de faire les choses avec raison, comme vous le réclamez.

Maintenant que nous avons discuté de la faiblesse des arguments principaux du texte de Monsieur Sakho, il convient d’exposer ceux qui sous-tendent la position opposée. Contrairement à ce que laisse penser un passage du texte de Sakho, l’argument des partisans de la continuation des caractères latins n’est pas basé sur le seul fait que l’UNESCO les reconnaît. Il y a des raisons de nature scientifique qui font qu’ils sont préférables aux caractères arabes, en plus des raisons culturelles, géographiques et programmatiques bien solides. Il y a deux ans, dans le contexte du même débat, il a été exposé le fait vérifiable, basé sur une analyse comparative des sons fondamentaux du Pulaar et ceux du Français et de l’Arabe, que le Pulaar partageait avec le Français 70,97% de ses sons fondamentaux contre 51,61% de sons partagés avec l’Arabe. Un an plus tard, dans une étude statistique sur l’utilisation relative des lettres Pulaar dans sa production écrite, j’ai pu calculer les fréquences d’utilisation de chaque lettre. Je tiens à préciser que l’étude n’était en aucune manière motivée par ce débat. D’ailleurs, qui l’a déjà lu peut, tout au plus, témoigner des motivations cryptanalytiques. C’est bien plus tard que j’ai fait la remarque évidente que ces données peuvent, en fait, raffiner l’observation basique faite ci-haut sur le rapport des sons. On trouve en fait que les sons du Pulaar extra-latins ne sont utilisés qu’à hauteur de 4,34%, ce qui veut dire que les 70,97% des sons que le Pulaar partage avec le Français expriment déjà 95,66% de la production écrite du Pulaar. La même observation montre que 72,65% de cette production est exprimée par les sons arabes. La différence est donc de 23,01% en faveur du Français, et des caractères latins donc ! Vous vouliez de la raison ? Elle est là exprimée par les chiffres et par la méthode dépourvue des sentiments. Reste à savoir ce que vous voudrez rationnellement qu’on en fasse !
Rien qu’à ce niveau, on voit donc l’avantage phénoménal que les caractères latins ont sur ceux arabes dans le contexte de la transcription du Pulaar. La même conclusion devrait s’appliquer aux autres langues concernées vu leur parenté avec le Pulaar.
Les autres arguments qu’il ne faudrait pas négliger non plus comprennent la standardisation : on ne peut pas sérieusement soutenir que des langues transfrontalières comme celles dont on parle adoptent une transcription différente selon la géographie. Cela constituerait un frein sérieux à leur développement qu’aucune solution nationale ne pourra résorber. Là aussi, let’s be real et pensons convenablement la question. La nature transfrontalière de ces langues et les peuples qui les parlent est un fait qui se passe de toute discussion et vouloir la tronquer pour satisfaire les caprices d’une idéologie est un manque de sérieux inouï qui, dans de conditions normales, ne mériterait qu’un petit sourire.

Je crois que les penseurs africains auront toujours tort de vouloir confiner les réalités de leurs peuples dans les aléas géographiques des frontières insoucieuses de toute réalité culturelle ou économique des populations. Surtout, pas au moment où une nécessité pressante fait que même des frontières construites de façon progressive et reflétant une certaine logique historique sont en train de se fléchir au profit du contact des peuples plutôt que de poursuivre les rigidités nationalistes. La véritable Afrique est celle des peuples et non celle des états dessinés à la va-vite. Notre salut passera par le fait que les états finissent par le comprendre, et qu’ils arrêtent de céder au jeu dangereux qui est celui d’assister sans réagir à la mort des peuples (de leurs langues et cultures) quand ils ne l’accélèrent pas par diverses manipulations et mises en opposition génocidaires de leurs communautés constitutives. Ils ont tout intérêt à mettre l’accent sur ces ponts qui les relient de façon si profonde, et de mener des politiques de développement adaptées.

La vocation de la Mauritanie, comme celle de tout état africain typique, n’est pas de se matérialiser en un terrain où une culture promue au sommet de l’état assimile -voire assassine – les autres. Il n’est pas question de requérir les mêmes traits culturels, linguistiques ou ‘transcriptifs’ pour garantir la paix dans un pays, surtout pas de le faire en sommant les défavorisés de l’état à rejoindre l’élu. Il est plutôt question d’admettre sa diversité et d’en faire une identité, une force ; d’accueillir l’éventail culturel, linguistique et historique ; d’incuber ces imaginaires dans le plus profond des programmes éducatifs et culturels pour espérer cueillir des créativités diverses. Cela nécessite une dimension dans nos réflexions qui va au-delà des frontières et qui permet de renouer avec notre trajectoire historique authentique.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=878506806406908&id=100027427912973 – 3 septembre 2021

✓Entretien de RMI avec Chebih CHEIKH-MELAININE

• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :

On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.

Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.

Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-chebih-cheikh-melainine/

De la linguistique pour expliquer l’existence ou la persistance de l’esclavage coutumier chez les Soninkés du Guidimakha | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Le lexique d’une langue est un répertoire plutôt une base de données où sont stockés tous les mots de cette langue.

Il s’agit d’un inventaire extensible suivant la compétence et la performance linguistiques du locuteur.

Au-delà d’être une liste infinie de mots dans laquelle puisent tous les locuteurs d’une langue, le lexique reste un marqueur de la vitalité et du dynamisme de la langue.

Par ailleurs, les mots ne sont jamais neutres et «innocents » : ils sont toujours l’expression d’une manière d’être, de penser, de voir, de se représenter, de présenter le monde et la cosmogonie.

Les mots disent plus que ce qu’on entend. Ils sont trop bavards. Il suffit d’avoir la compétence et le génie de les interroger. Ils véhiculent donc toute une philosophie sociale et populaire, culturelle, cultuelle, historique, empirique, d’une société etc.

Ainsi, le lexique reste le référentiel le plus pertinent et éloquent, comme la « boite noire » qui ne cesse de nous surprendre en révélant tous ses secrets suite à un crash d’avion.

Pour ceux qui ne savent pas, la linguistique est une branche des sciences du langage. Elle se veut descriptive et non prescriptive comme la grammaire : du coup, elle essaie de comprendre, d’expliquer et même de « disséquer » la langue, son objet d’étude, avec la rigueur et l’impartialité requises, lesquelles constituent l’idéal scientifique.

Ceci dit, je vous propose ce corpus tiré de la langue soninké dans une approche à la fois diachronique et synchronique.

Les mots utilisés ici ne représentent qu’un échantillon pour illustrer notre propos. Ils correspondent aux différentes manières de nommer les personnes d’extraction servile.

Singulier – pluriel – signification littérale en français

Kome – Komo : Esclave

Fonlenme – Fonlenmu : littéralement petites gens ou encore qui est diminué, inachevé, retardé, incomplet, déficitaire aux sens physique, morale, éducationnel et congénital.

Tunbare – Tunbaru : c’est spécifique aux femmes, l’équivalent d’esclave “Kome” qui s’emploie pour l’homme et la femme.

Kabu – kabunu : signifie le nombre neuf. Autrefois, pour compter les Soninké procèdent par des tas de dix pour après faire le total. Ainsi dix « Tanmu », est complet, correspond à la noblesse par opposition à neuf (en manque).

Liberte – Liberte : vient du français liberté, très usité en ce moment par ce qu’il veut dire un esclave récalcitrant, révolté ou/et insubordonné.

Comme on peut le constater, ces mots sont, aujourd’hui, encore en usage dans la langue et dans la quasi-totalité des contrées du Guidimakha, particulièrement dans le Guidimakha « d’en Haut » par opposition à celui du fleuve (d’en bas) où les populations sont moins réfractaires au changement en raison de l’influence du Sénégal.

Il faut signaler qu’avec le vent d’émancipation et de liberté, l’usage de ces mots tend à devenir marginal et circonstanciel.

Autrefois et encore aujourd’hui, ces vocables traduisent des contenus abjects ; stigmatisants, dégradants, avilissants, déshonorants et méprisables.

Cependant dans un contexte de citoyenneté, de liberté et démocratie : un homme, une voix, ils sortent peu à peu de la normalité.

Seuls quelques irréductibles et nostalgiques continuent encore de les utiliser publiquement.

Ils surgissent néanmoins lors de bagarres pour froisser, diminuer ou humilier une personne d’extraction servile.

Dans les villes, ces « aberrations » sont souvent employées dans les salons ou cercles restreints pour porter atteinte de manière envieuse à la dignité d’une personne d’ascendance esclave qui a réussi socialement et s’est forgée un nouveau statut social plus respectable.

Au regard de ce qui précède, on comprend aisément que les mots ont connu une « dynamique sémantique » imposée par le temps et le contexte qui échappent heureusement ou malheureusement à la féodalité.

Cette évolution du sens dans la façon de nommer les esclaves est en soi un curseur qui montre la nouvelle trajectoire d’un monde plus égalitaire et porteur de valeurs universalistes.

Après avoir démontré par les concepts la persistance de l’esclavage chez les Soninké et sa mutation sous d’autres formes plus subtiles ou sournoises, à l’image de la plupart des sociétés africaines, j’entends dire seulement aux négationnistes qu’ils ont tort de tout nier en bloc.

La pratique a existé. Elle a, certes, fait des mus pour s’adapter en intégrant un autre corps, en perdant de sa vigueur et vivacité. Mais le substrat et la philosophie de la tradition féodale sont restés et s’évertuent vaille que vaille à résister aux appels au changement.

Personne n’a jamais soutenu qu’aujourd’hui au Guidimakha, il existe des marchés aux esclaves, des hommes, des femmes et des enfants traités comme du bétail, taillable et corvéable à merci comme les serfs l’étaient au Moyen-Age par les Seigneurs. Non !

Il s’agit de montrer tout simplement que les descendants d’esclaves sont victimes d’une forme d’injustice et de stigmatisation dans les mots, dans les rapports avec les autres au sein de l’espace public communautaire et dans la gestion des affaires communautaires.

Cela peut également s’appeler discriminations. En effet, les personnes d’extraction servile sont de facto défavorisées par la naissance sur la base du système féodal qui n’est qu’une déclinaison de l’esclavage traditionnel.

Ainsi, l’esclavage tant décrié aujourd’hui chez les Soninkés et même dans la plupart des sociétés africaines ne peut être comparé à la traite transatlantique et orientale, basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sa déshumanisation et sa négation tout simplement.

Heureusement, le contexte ne le permet plus. Mais les ambitions et les velléités de la classe féodale restent tenaces et têtues. Elle feint de ne rien entendre et comprendre, ignorant et méprisant les aspirations légitimes de la « majorité silencieuse », comme un dictateur aux dernières heures de son pouvoir.

Seyré SIDIBE – Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/de-la-linguistique-pour-expliquer-lexistence-ou-la-persistance-de-lesclavage-coutumier-chez-les-soninkes-du-guidimakha/