● La Mauritanie et le trafic de drogue, une longue histoire d’intrigue qui enflamme l’actualité

L’Authentique – La toile s’affole depuis quelques jours face à l’ampleur du trafic de drogue en Mauritanie que d’aucuns qualifient déjà de plaque tournante de stupéfiants et de paradis pour le blanchiment de l’argent sale au Sahel.

Si l’impunité semble couvrir les cartels qui se sont développés d’une manière spectaculaire ces dernières années, le couperet des autorités s’abat souvent sur les lanceurs d’alerte, journalistes, blogueurs et activistes des réseaux sociaux qui dénoncent l’ampleur du mal plutôt que sur les barons.

Depuis quelques jours, il n’est question que du journaliste, blogueur et lanceur d’alerte, Abderrahmane Ould Wedadi. Au cours d’un live sur les réseaux sociaux, largement partagés et suivis par près d’un million de followers, il a fait une analyse jugée pertinente sur l’origine de la fortune soudaine et suspecte d’une famille soufiste.

Il s’agit d’une famille, dépositaire d’un ordre religieux dont les adeptes à travers l’Afrique de l’Ouest se comptent par millions.

On musèle les lanceurs d’alerte

Abderrahmane Ould Wedadi n’est certes pas le seul à se poser des questions sur cette soudaine émergence de cette famille qui en l’espace de deux ou trois ans est devenue la plus riche en Mauritanie. Ce sont des milliards d’ouguiyas qui ont été en effet dilapidés par cette famille en dépenses de privilèges au cours de cette courte période. Des centaines de voitures de haute marque, des dizaines de villas, des cadeaux à coups de millions, ont été en effet distribués comme de petits bonbons à des artistes, des journalistes, des troubadours, des poètes courtisans, des hommes politiques, à leurs épouses et à leurs progénitures.

Mieux, et contrairement à la tradition puritaine de cette respectable famille religieuse, la famille dont il est question a brisé un tabou en s’impliquant avec force dans le jeu politique, à coups de centaines de millions, voir un milliard versé lors de la dernière campagne présidentielle.

D’aucuns, dont Abderrahmane Ould Wedadi, soutiennent que cette générosité excessive envers les tenants du pouvoir n’a pour objet que l’achat du silence des autorités.

En aucun moment en effet, les autorités mauritaniennes n’ont levé le plus petit doigt pour s’interroger sur ces milliards subitement sortis du néant, bien que ces fonds colossaux transitent pour la plupart par la Banque centrale et effeuillent le marché noir des devises.

C’est pour avoir lié l’origine de la fortune colossale et subite de la famille religieuse au trafic de cocaïne, qu’Abderrahmane Wedadi a été interpellé par la gendarmerie le samedi 14 août 2024 sur une plainte déposée contre lui par l’un des fils de la famille.

L’impunité face aux milliards de la drogue

Il faut dire que l’histoire de la drogue en Mauritanie défraie la chronique depuis plusieurs années, sans que le sort des dizaines de tonnes de stupéfiants saisis n’ait jamais été élucidé, et sans que les nombreux suspects soient restés longtemps en prison ou inquiétés. Entre des coups d’éclats entourant les saisies de quantités énormes de stupéfiants et les centaines d’arrestations opérées par la police ou la gendarmerie et l’impunité des auteurs qui s’en suivent, la question de la drogue en Mauritanie se perd entre des procès sans issus, des évasions spectaculaires de présumés auteurs et des libérations suivis de classement des dossiers sans raison juridique valable.

La Mauritanie n’est pas certes le seul pays au monde où la maffia de la drogue tisse ses toiles, inondant de ses tentacules le monde politique, celui des affaires et de la haute finance.

Quelqu’un a affirmé que certaines grandes familles mafieuses mauritaniennes ont leurs propres banques pour faire circuler leur argent, pour le blanchir er le réinvestir dans l’économie. Il suffit de voir comment les villas et les hôtels poussent comme des champignons dans les grandes villes, comme à Sahraoui à Nouakchott ou le quartier Dubaï à Nouadhibou. Combien fleurissent les usines frigos dans la zone industrielle de la Baie de Repos, les banques sur l’Avenue Médian et sur l’Avenue Mokhtar Ould Daddah. Maintenant, les cartels de la drogue mauritaniens investissent dans l’immobilier aux Iles Canaries, au Maroc, en France, etc. Il suffit juste de se promener sur l’Avenue Mesa Y Lopez en Espagne pour voir où est passé l’argent de la drogue. La lutte contre l’argent du crime organisé en Mauritanie ne peut se faire tant que certains responsables continuent de faire le jeu des gros barons de la drogue.

Une longue histoire entre la Mauritanie et la drogue

Le 12 août 2024. La police arrête 5 personnes dont 3 étrangers pour détention de cocaïne et plus de 6 tonnes d’alcool. Un officier de police connu pour son engagement, parmi ceux qui ont été à l’origine de cette saisie, est interpellé pour avoir dénoncé dans une vidéo l’implication de policiers dans la protection des trafiquants.

Le 10 octobre 2023. Une importante quantité de drogue, 15,5 kilogrammes de drogue, est saisie par la police à Bababé dans la Wilaya du Brakna.

14 août 2023. Le chef du bureau national chargé de la lutte contre le trafic de drogue et les produits psychotropes, l’officier El Hacen Ould Samba a déclaré au cours d’un entretien avec l’Agence mauritanienne d’information (AMI), que l’approche sécuritaire mise en place a permis, au cours des 6 premiers mois de cette année, à démanteler quatre cellules de vente de drogue et l’élaboration de 101 procès-verbaux pour le déferment devant la justice de 156 suspects dont 133 mauritaniens, la saisie de 12.023 grammes de haschisch et 7089,48 g de résine de cannabis.

23 juin 2023. Le procureur de la République de Nouakchott-Ouest, M.Ahmed Abdallahi El Moustapha, a annoncé que la marine nationale a pu, après des opérations de repérage, de suivi et de surveillance de quelques jours, détecter, intercepter et arrêter un navire dans les eaux territoriales mauritaniennes transportant une cargaison de drogues à haut risque de 1 218 kilogrammes de cocaïne.

12 avril 2020. L’armée mauritanienne annonce avoir intercepté une bande de trafiquants d’armes et de drogue qui se déplaçait sur la frontière avec le Mali. L’opération avait permis la destruction de deux voitures Toyota Land Cruiser, l’arrestation de sept trafiquants, la confiscation d’une Toyota Land Cruiser, d’une arme Kalachnikov, de quatre chargeurs Kalachnikov munis de munitions, un Téléphone Thuraya, trois téléphones portables et 700 kg de drogue.

1er avril 2019. Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la grande délinquance financière (OCRGDF) avaient démantelé à Paris, un nouveau réseau de collecteurs, maliens et mauritaniens, qui blanchissait l’argent de la drogue en écoulant des médicaments en Mauritanie.

25 février 2016. Alakhbar rapporte que durant la période 2014-2015, des Mauritaniens et un Vénézuélien ont été arrêtés en Mauritanie. Le réseau disposait de bateaux, de pirogues et d’avions pour transporter la drogue de la Colombie ou du Venezuela, en Amérique latine, vers la Mauritanie, la Guinée Bissau et le Nord du Mali, en Afrique de l’Ouest. Carlos, un vénézuélien de 72 ans, interpelé en Mauritanie à la veille de la célébration de l’indépendance du pays, serait l’une des principales figures du réseau. Il avait déjà effectué un premier séjour de deux mois en Mauritanie, en mars 2014, sur invitation d’un membre du réseau, un Mauritanien du nom de Maloum Ould Ahmed. Ce dernier se rendait en Colombie pour préparer des cargaisons de drogue à acheminer vers la Mauritanie. Carlos, ce pilote vénézuélien à la retraite coordonnait l’acheminement de la drogue de la Colombie vers la Mauritanie et touchait jusqu’à 200 Mille Euros de commission. Parmi les autres figures du réseau on note, Amar Al-Azwadi, accusé par Sidi Mohamed Ould Haidalla de vouloir l’impliquer dans la récente affaire de trafic de drogue dont l’éclatement a abouti à une dizaine d’arrestations. Il y avait aussi, parmi les membres du réseau, Mohamed Yedali, Mohamed Bouya Ould Ledhem, et un deuxième Vénézuélien du nom de Lotcher. Et on compte dans le réseau Barkall Ould Ikrimeckh qui a été gracié, en 2011, par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

28 décembre 2016. La Sûreté régionale du Brakna démantèle un réseau menant des opérations d’infiltration et de trafic de drogue auprès des populations carcérales au niveau de Nouadhibou et du Brakna. Neuf personnes sont arrêtées à Bogué et à Nouakchott.

16 septembre 2011. Le président de la Cour d’appel de Nouakchott a été radié et quatre magistrats ont été sanctionnés, après avoir fait libérer des personnes condamnées pour un très important trafic de cocaïne. La Cour suprême a annulé cette décision et ordonné la remise en prison de prévenus. Mais entretemps, trois d’entre eux ont fui : deux Mauritaniens, l’homme d’affaires Mini Ould Soudani et le commissaire de police Sid’Ahmed Ould Taya, ancien correspondant d’Interpol en Mauritanie et un franco-africain, Eric Walter Amegan, au parcours pour le moins surprenant. Ces personnes ont été arrêtées après la découverte d’un minibus contenant 760 Kilos de cocaïne en août 2007. Pourtant, à l’issue de leur procès en 2010, Eric Walter écope de 15 ans de prison puis est acquitté en juillet 2011 par la Chambre criminelle de la Cour d’Appel de Nouakchott.

Janvier 2009. La brigade maritime de gendarmerie de Nouadhibou trouve à bord d’un bateau de pêche 9,6 kilos de cocaïne destinée à une personne résidant en Espagne.

Le 31 mai 2007. Saisie de 630 kilos de cocaïne d’une valeur de 20 millions de dollars dans la nuit du 1er au 2 mai 2007 déchargés d’un avion de tourisme en provenance de Venezuela sur le tarmac de l’aéroport de Nouadhibou. L’équipage est parvenu à s’enfuir délaissant leur marchandise qui devait être stocké dans une villa à Nouadhibou avant son transbordement vers l’Europe. Sept personnes, des Mauritaniens, deux Français et un Marocain avaient été arrêtés mais pas le cerveau du groupe, Mohamed Ould Haidalla qui a été mis en cause par les enquêteurs, dont des membres d’Interpol. Dans cette affaire, un éminent homme politique avait été longtemps interrogé puis relâché, tandis qu’on évoquait l’implication du président du patronat mauritanien de l’époque. Un directeur de journal qui avait parlé de l’affaire a été poursuivi pour diffamation.

19 mai 2007. Les autorités judiciaires ont annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic de drogue et la saisie de 1,5 tonne de stupéfiants. La quantité saisie est du chanvre indien, introduite en Mauritanie à l’aide d’une pirogue, depuis l’Océan Atlantique. Ont été arrêtées 6 personnes, y compris le cerveau du réseau, de nationalité étrangère.

En 2006, un groupe de jeunes Mauritaniens a détourné en pleine mer un cargo colombien contenant plus de huit tonnes de cocaïne. Personne n’a jamais été condamné dans ces affaires.

En 2002, partie de Nouadhibou, son port d’attache, une puissante vedette était interceptée par une patrouille franco-espagnole, alors qu’elle s’apprêtait à récupérer deux tonnes de cocaïne d’un navire en provenance d’Amérique latine.

En 1996, signalé par Interpol, un navire danois transportant près de 7 tonnes d’héroïne, pour un montant de 500 millions de dollars, avait été arraisonné dans le port de Nouakchott, la capitale.

Cheikh Aïdara

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● Sélibabi : arrestation du directeur et du comptable de l’agence de Société Générale [InfoPlus]

La police de la ville de Selibabi, la capitale du Guidimagha a mis aux arrêts le directeur et le comptable de l’agence de Société Générale en service au niveau de la wilaya.

Une interpellation qui intervient à la suite de la disparition de près de 30 millions du compte de l’un des clients, ont rapporté des sources concordantes.

Ayant constaté que son compte a été débité à son insu d’une aussi importante somme, le client a immédiatement informé la police, laquelle, a arrêté sur le champ les deux responsables avant d’ouvrir une enquête sur le « braquage » sans intervention physique ni d’armes.

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● Passif humanitaire : Ould Diay admet l’inadéquation des précédentes tentatives de règlement

Le Calame – Le dossier épineux du passif humanitaire s’est invité de nouveau au parlement, lors de la plénière consacrée aux questions adressées au premier ministre, après sa déclaration de politique générale.

Les députés sont revenus sur la nécessité d’un règlement définitif sur des bases claires et saines de la question des exactions extra-judiciaires, des déportations massives au Sénégal et au Mali, lors des années de braises.

Ils ont rappelé l’échec des tentatives non fondées sur des principes de justice avec l’absence d’enquêtes, de reconnaissance des exactions par l’Etat et les bourreaux, de leurs poursuites.

Face aux tonnerres de questions, Mokhtar Ould Diay s’est démarqué de ses prédécesseurs. En guise de réponse, le chef du gouvernement a indiqué que « le pays est passé par des étapes qui ne sont pas tolérées par la loi, et que ce gouvernement, sous les instructions de Son Excellence le Président de la République, est plus que jamais prêt à régler cette question en satisfaisant toutes les parties concernées, loin de la complexité du dossier ».

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● Crise des réfugiés au Soudan : « La guerre a détruit tous nos rêves » | [BBC Afrique]

Mariam Hussein est assise sur un tapis de sol dans sa modeste cuisine en paille, fixant la photo de son fils aîné Mohamed, qu’elle n’a ni vu ni entendu depuis sept ans.

Les larmes aux yeux, elle nous raconte la lutte désespérée de Mohamed pour atteindre l’Europe, croyant que cela changerait le destin de sa famille.

Il a quitté leur maison dans l’État du Darfour occidental, au Soudan, pour entreprendre le périlleux voyage à travers le désert du Sahara.

« Lorsqu’il est arrivé en Libye, il a été kidnappé deux fois », raconte Mariam.

En avril 2023, la guerre a éclaté entre les factions rivales de l’armée soudanaise, forçant Mariam à fuir vers l’est du Tchad avec son fils cadet, Ahmed.

Ils vivent désormais dans le vaste camp de Farchana, qui accueille environ 42 000 civils soudanais ayant fui deux époques de guerre – la deuxième guerre du Soudan au début des années 2000 et le conflit civil d’avril 2023.

Les huttes en bâche d’un blanc éclatant, nichées dans le paysage rocheux, ont peut-être permis d’échapper à la brutalité de la guerre, mais les mauvaises conditions de vie, la nourriture insuffisante et le manque d’opportunités désespèrent des jeunes comme Ahmed.

Lassé de vivre dans des conditions aussi horribles, il veut suivre les traces de son frère.

Il prépare un plan pour quitter Farchana avec ses amis et tenter le dangereux voyage vers l’Europe, en passant par la Libye et la Tunisie.

« Lorsque nous étions au Soudan, j’allais à l’université et je pouvais rêver de mon avenir. Mais à cause de la guerre, j’ai tout perdu », raconte-t-il en se remémorant ses années d’études en gestion d’entreprise.

Le pire cauchemar d’une mère
Mariam est maintenant confrontée au pire cauchemar d’une mère – le spectre redoutable de la perte de deux fils dans le désert du Sahara.

« Je lui ai demandé de ne pas partir parce que j’ai vu mon autre fils se perdre dans le processus, alors j’ai peur qu’il lui arrive la même chose », dit Mariam d’un ton pensif.

Mais Ahmed est catégorique, affirmant que ses perspectives d’avenir sont faibles s’il vit au Tchad.

« Oui, ma mère a refusé que je parte, mais je ne peux pas rester au Tchad. Il n’y a pas de programme d’éducation ou quoi que ce soit d’autre », explique Ahmed.

« La guerre a détruit tous nos rêves. Chaque fois que je parle avec mes amis, nous rions et nous jouons, mais lorsque nous regardons des programmes d’éducation à la télévision, sur Facebook et sur Instagram, nous voyons des personnes éduquées à l’université et cela nous fait nous sentir si mal. »

« Nous nous comparons à eux et nous voyons l’énorme différence… Je ne peux pas finir de cette manière. »

Sa déclaration souligne qu’Ahmed et ses amis ne sont pas différents de millions de jeunes à travers le monde, et constitue un rappel brutal de la détresse que la guerre a provoquée chez les civils soudanais.

Tentatives infructueuses
La frustration d’Ahmed trouve un écho profond chez Sidik, 28 ans, un autre réfugié soudanais qui vit à Farchana depuis deux décennies.

Il a tenté à trois reprises, sans succès, de passer en Europe depuis la Libye et la Tunisie.

« La situation ici est très difficile. Il n’y a pas de travail fixe pour moi, c’est la raison pour laquelle j’ai essayé plusieurs fois de passer par la Libye », explique-t-il.

Il a fui au Tchad avec sa famille alors qu’il n’avait que sept ans et a abandonné l’école en raison des ressources limitées. Comme Ahmed et de nombreux autres habitants de Farchana, il pense que cela vaut la peine de risquer sa vie pour que sa fille et son fils puissent avoir une vie meilleure.

« Le plan est en cours et nous ne nous arrêterons pas parce que nous ne pouvons pas continuer à vivre de cette façon », révèle-t-il.

Le désert du Sahara est considéré comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que 161 migrants sont morts en tentant la traversée vers l’Europe par cet itinéraire pour la seule année 2023.

L’OIM et ses partenaires internationaux ont mis en place des programmes de migration légale pour les réfugiés au Tchad.

Entre 2017 et 2019, ils ont facilité la relocalisation de près de 2 000 réfugiés du Tchad vers la France.

Ying Hu, Associate Reporting Officer au bureau du HCR à Farchana, indique que certains programmes de réinstallation peuvent devenir disponibles pour les réfugiés en fonction de la disponibilité des ressources.

« Nous avons également des programmes réguliers tels que les visas humanitaires, le regroupement familial, les programmes de bourses pour les personnes qui souhaitent poursuivre leurs études universitaires à l’étranger », révèle-t-elle.

Cependant, la plupart des fonds disponibles étant consacrés à l’aide vitale aux personnes déplacées par les combats en cours, les ressources disponibles pour les programmes de réinstallation sont limitées.

L’incertitude quant au temps qu’ils devront attendre pour que ces voies légales s’ouvrent à eux laisse Ahmed et ses amis rivés sur la périlleuse route du Sahara.

« Nous irons », dit-il avec détermination.

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● Trafic de migrants : 3 gendarmes mauritaniens et 10 Sénégalais interpellés | [Seneweb]

Seneweb – En Mauritanie, une enquête ouverte dans la cadre de la lutte contre le trafic de migrants a abouti à l’arrestation de 13 personnes.

Il s’agit, détaille Enquête, qui donne l’information, de trois gendarmes mauritaniens (un capitaine du nom de Yadaly, chef de poste de la gendarmerie de Tiguinti, un adjudant du nom de Cheikhani, chef de poste de la gendarmerie de Keur Massène, et un maréchal des logis-chef du nom de Tayib, chef de poste premier – porte de sortie Rosso-Mauritanie en direction de Nouakchort), et 10 Sénégalais dont 7 chauffeurs de la gare routière de Rosso-Mauritanie, un piroguier nommé Assane, et deux passeurs (Ousmane Thieddo et Mbaye Lo).

Le journal rapporte que 8 des 10 Sénégalais, blanchis par l’enquête, ont été finalement libérés.

Les deux autres, qui n’ont pas eu la même chance, sont retenus pour la suite des investigations. Les trois gendarmes sont en garde à vue à la Brigade de recherches de Rosso.

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● Une pirogue, contenant 14 cadavres originaires du Sénégal et de Mauritanie, retrouvée en République dominicaine

InfoMigrants – Une embarcation avec 14 corps « en état de décomposition avancée » à été découverte près des côtes de la République dominicaine, dans la mer des Caraïbes. Selon les premiers éléments retrouvés à bord, dont des documents d’identité mauritaniens et sénégalais, la pirogue avait pris la route des Canaries avant de dériver de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est un drame migratoire qui s’est joué à près de 6 000 kilomètres de son point d’arrivée programmé. Mardi 6 août, une pirogue avec 14 cadavres a été retrouvée au large de la République dominicaine, en mer des Caraïbes.

Sur des photos diffusées dans la presse, on peut voir des blouses mortuaires blanches alignées sur une plage de Río San Juan, dans le nord du pays, aux côtés d’une pirogue en bois blanche, rouge et bleue.

L’embarcation à la dérive a d’abord été repérée par un pêcheur à une trentaine de km de la côte, qui a prévenu les secours. Sur place, les sauveteurs découvrent les corps en « état de décomposition avancée », à l’état de squelettes, comme le montrent des photos publiées par la presse locale. Tous sont actuellement en cours de transfert à l’Institut national scientifique (INACIF) pour y être identifiés.

D’après le représentant de la Défense civile de la province d’Espaillat, Víctor Alfonso Vázquez, les documents d’identité retrouvés à bord appartiennent à des ressortissants de la Mauritanie et du Sénégal, âgés de 24 à 33 ans.

Des téléphones portables et objets personnels ont également été découverts, ainsi qu’un sac à dos « contenant des paquets d’une substance proche de la cocaïne ou de l’héroïne ». Saisis, ils ont été « remis à la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD) pour analyses », précise la Marine nationale dans un communiqué.

Pour Helena Maleno, présidente de l’association Caminando Fronteras, l’origine des passagers atteste bien de la destination initiale qu’ils avaient envisagé : les îles Canaries, « la route migratoire la plus dangereuse au monde », s’insurge-t-elle sur X. Outre les documents d’identité retrouvés, ce sont les caractéristiques de l’embarcation – une pirogue en bois typique de l’Afrique de l’Ouest – qui penchent le plus pour cette hypothèse. Dans son communiqué, la Marine dominicaine décrit un « navire d’origine et de fabrication inconnues » dans la région.

Elle a par ailleurs indiqué « poursuivre l’enquête sur cette découverte en collaboration avec le Ministère public pour déterminer les causes et l’origine de cette tragédie maritime d’origine étrangère ».

Cette route des Canaries est particulièrement meurtrière. Si par malheur, une embarcation dévie trop de sa trajectoire initiale le long des côtes africaines – à cause des forts courants marins – et se retrouve au large, c’est la mort assurée. Dans l’immensité de l’océan Atlantique, les pirogues n’ont presqu’aucune chance d’être retrouvées. Les passagers sont condamnés à mourir de soif et de faim.

Morts de faim et de soif

Ce n’est pas la première fois qu’une embarcation destinée à rejoindre les Canaries, à l’ouest du Maroc, est retrouvée de l’autre côté de l’Atlantique. Mi-avril, neuf corps de migrants ont été retrouvés par des pêcheurs au large du Brésil à environ 6 000 km là aussi des côtes africaines. La pirogue avait pris la mer depuis les côtes mauritaniennes avec une vingtaine de passagers. Aucun d’eux n’a été retrouvé.

« Nous avons retrouvé des documents indiquant que l’embarcation est partie de Mauritanie […]. Sans aucun doute, le bateau est resté à la dérive pendant une longue période », avait indiqué à l’époque José Roberto Peres, chef de la police fédérale du Pará, où avait été découverte l’embarcation.

Cette sommaire barque en bois de 13 mètres de long ne possédait ni moteur, ni voile, ni gouvernail. L’hypothèse la plus probable est donc que le bateau se soit fait emporter par un courant marin qui l’aurait dévié de son itinéraire. Les passagers seraient ensuite progressivement morts de soif.

Des naufrages en nombre

Ces candidats à l’exil qui risquent leur vie en mer fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives dans leurs pays. Ils embarquent clandestinement depuis la Mauritanie, le Sénégal ou la Gambie moyennant finances sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.

Conséquence, sur la route des Canaries, les naufrages sont fréquents. Début juillet, les corps de 89 personnes ont été retrouvés dans un grand bateau de pêche traditionnel au large de la Mauritanie.

Mi-juin, les sauveteurs espagnols ont retrouvé six cadavres dans un canot à 800 km au large de l’île canarienne de Tenerife. Plus de 80 personnes sont toujours portées disparues après cette découverte. Le canot surchargé avait quitté Nouakchott, en Mauritanie, le 30 mai dernier.

Au total, plus de 4 800 migrants ont péri au cours des cinq premiers mois de 2024 en tentant de rallier les Canaries, estime l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Dans le même temps, près 21 500 personnes ont débarqué dans l’archipel jusqu’ici cette année, selon le ministère de l’Intérieur.

Par La rédaction

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● Nouakchott : L’océan Atlantique rejette des corps de migrants et des objets

Essahraa – Des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des corps rejetés par l’océan Atlantique sur les plages de la capitale mauritanienne Nouakchott, probablement ceux de migrants clandestins.

Les images obtenues par Essahraa Online montrent également des effets personnels, des conserves de nourriture et des barils pour garder l’eau.

Aucun commentaire officiel n’a encore été publié jusqu’à l’instant où nous mettons sous presse sur le sujet ni sur le nombre des corps rejetés par la mer.

La mer rejettera les corps de plusieurs migrants irréguliers portés disparus après le naufrage d’une barque au large de la capitale Nouakchott, avaient laissé dernièrement les garde-côtes mauritaniennes, rappelle-t-on.

Au moins 25 personnes avaient péri dans le naufrage d’une pirogue partie de Gambie avec, à son bord, près de 300 passagers qui ont passé sept jours en mer avant de chavirer près de Nouakchott, le 22 juillet 2024.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776360

● Qui sont les passeurs à Nouakchott et quel est leur mode opératoire ?

Les passeurs à Nouakchott sont peu nombreux, environ cinq à six individus bien connus.

Leur activité frôle la légalité, bénéficiant souvent de la complicité de certains éléments de sécurité.

Originellement liés à la pêche, ils ont trouvé dans le trafic de migrants une activité bien plus lucrative.
Un exemple notable est celui d’un célèbre exportateur de poisson frais qui s’est récemment reconverti en passeur.

Les passeurs opèrent de manière clandestine mais très organisée. Ils recrutent des migrants via des réseaux d’intermédiaires, les transportant secrètement vers des points de rassemblement près des côtes.

Les migrants sont souvent logés dans des maisons abandonnées, des entrepôts ou des camps de fortune, situés à proximité des plages pour faciliter l’embarquement. Le quartier de Kouva à Nouakchott est devenu un véritable bastion de l’immigration clandestine.

𝐏𝐚𝐢𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭

Les passeurs exigent un paiement avant le départ.

Le montant était initialement de quatre cent mille MRO, mais avec l’afflux de migrants pakistanais et bangladais, le prix a grimpé jusqu’à 700 mille ouguiya.

𝐂𝐨𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐭𝐬

Les passeurs coordonnent les départs avec des équipes à terre et en mer, utilisant des téléphones portables pour éviter la détection. Les migrants accèdent aux pirogues de nuit, minimisant ainsi le risque de détection par les autorités. Les bateaux partent souvent de plages isolées ou de points moins surveillés. Les départs sont échelonnés pour réduire les risques d’interception.

𝐂𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

Les capitaines des pirogues sont souvent des pêcheurs sénégalais expérimentés en navigation. Ils restent rarement connus publiquement pour éviter les arrestations. Pour éviter d’être interceptés en pleine mer, ils préfèrent naviguer de nuit et changent fréquemment de routes maritimes pour déjouer les patrouilles des garde-côtes.

𝐄́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐦𝐛𝐚𝐫𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬

Il y a quelques années, les pirogues transportaient souvent de petits groupes pour éviter d’attirer l’attention. Cependant, face à une demande croissante, on voit de plus en plus d’embarcations transportant des dizaines de personnes à bord.

Souleymane Hountou Djigo

Journaliste, blogueur

• Lien média https://kassataya.com/2024/07/26/%f0%9d%90%90%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%a2-%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%ad-%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%a9%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ae/

● Mauritanie : au moins 25 morts dans le naufrage d’une pirogue de migrants

La Provence – Au moins 25 personnes sont mortes dans le naufrage lundi 22 juillet d’une pirogue de migrants au large de la capitale mauritanienne, a annoncé mercredi 24 juillet l’Agence mauritanienne d’information.

Les garde-côtes mauritaniens ont « sauvé la vie de 103 clandestins et récupéré 25 corps, suite au naufrage de leur bateau au large de la capitale Nouakchott », rapporte l’AMI, citant un commandant dans la zone, le Colonel Cheikh Maa El Ainine Sidi Haiba.

Un précédant bilan établi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) faisait état d’au moins 15 morts dans ce naufrage.

Les personnes recensées par les garde-côtes mauritaniens, décédées et secourues, comprennent 65 Sénégalais dont six femmes et trois enfants, 52 Gambiens dont trois femmes et trois enfants et un Ivoirien, a ajouté l’officier mauritanien sans donner davantage de précisions. Un autre responsable des garde-côtes mauritanien a dit à l’AFP que la pirogue transportait entre 140 et 180 personnes, en majorité des Sénégalais et des Gambiens. Elle s’est disloquée en pleine mer et le commandant du bateau a pris la fuite, a-t-il ajouté.

Selon l’OIM, environ 300 personnes sont montées à bord d’une pirogue en Gambie et ont passé sept jours en mer avant que le bateau ne chavire près de Nouakchott le 22 juillet 2024. 120 personnes ont été secourues par les garde-côtes mauritaniens, a ajouté l’OIM dans un communiqué.

Parmi les survivants, dix personnes ont été hospitalisées d’urgence et quatre enfants non accompagnés et séparés de leurs familles pendant le naufrage ont été identifiés, souligne l’OIM, qui a fourni une assistance aux survivants. C’est le dernier drame en date sur la route migratoire de l’Atlantique, qui a pour principale destination les Canaries, archipel espagnol et porte d’entrée de l’Europe.

Drames récurrents

Début juillet, près de 90 migrants ont péri lors du naufrage de leur embarcation au large des côtes du sud-ouest de la Mauritanie sur la route de l’Europe et des dizaines d’autres n’ont jamais été retrouvés. Une multitude d’Africains fuyant la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives d’avenir empruntent cette route périlleuse en s’embarquant clandestinement contre de l’argent sur des pirogues ou des embarcations précaires qui peuvent transporter des dizaines de passagers.

Il faut des jours de navigation pour parcourir plusieurs centaines de kilomètres jusqu’aux Canaries dans des conditions décrites comme terribles par des survivants, à la merci de la faim et la soif, de la météo et des avaries. Plus de 19.700 migrants sont arrivés irrégulièrement aux îles Canaries en empruntant cette route du 1er janvier au 15 juillet 2024, soit une augmentation de 160% par rapport à 2023 lorsque 7.590 migrants avaient été recensés, selon l’OIM.

D’autres routes d’Afrique subsaharienne vers l’Europe passent par les terres et la traversée du désert en direction des côtes méditerranéennes. Plus de 5.000 migrants ont péri au cours des cinq premiers mois de 2024 en tentant de rallier les côtes espagnoles, la plupart sur la route des Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras.

Et les tragédies se succèdent. Au moins 26 migrants partis de Guinée ont perdu la vie au large du Sénégal en mai. Au moins 26 autres migrants ont connu le même sort en février, également au large du Sénégal.

Les chiffres sont généralement loin de restituer la dimension de ces évènements. Le nombre des passagers au départ et donc des disparus est difficile à établir.

Par La Provence

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● Coupure des données mobiles d’Internet : une République si fragile ?

Nouakchott Times – Les usagers mauritaniens sont privés des données mobiles d’Internet depuis près de 3 semaines, dans la foulée de la crise post électorale liée au déroulement du scrutin présidentiel du 29 juin 2024. Une mesure dont les conséquences économiques et sociales catastrophiques.

Ainsi, la démarche sécuritaire des autorités pèse de plus en plus sur l’activité économique. Notre République serait elle aussi fragile au point de courir des risques d’effondrement avec le rétablissement des données mobiles d’Internet ?

Difficile de croire à une telle hypothèse, dans un pays du Sahel, région confrontée à une violence terroriste récurrente, dont le territoire échappe aux attentats des barbus depuis le 11 décembre 2011, grâce à la vigilance des services spéciaux.

Pourquoi alors nos autorités craignent-t-elle le retour des données mobiles de l’Internet, envoyant ainsi un mauvais signal aux investisseurs potentiels et même aux simples visiteurs ?

Il est temps que le gouvernement donne des explications face à cette situation qui perdure fait descendre le moral des usagers dans les chaussettes.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776240&fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR3J7kdzBPW2ruxDprMm-0JZGWvoRiNyzzvHTbfxrpyLn3p9uWhgj6HEJGk_aem_h-vRY-xDp7JugiYfRkRl8A