● Au-delà de l’assassinat de trois jeunes manifestants à Kaédi | Par Seyré SIDIBE

Depuis, le magistère d’Ould Abdel Aziz et dans la continuité, Ould El Ghazouani, il est évident que l’assassinat de manifestants Noirs dans la vallée est devenu un fait divers, qui ne semble outre mesure offusquer personne (les Autorités), se cachant derrière une prétendue sécurité et maintien de l’ordre, accordent le permis de tuer aux forces de sécurité.

Tuer froidement des manifestants désarmés n’est pas acceptable. Le jeu démocratique ne s’accommode pas avec la violence du pouvoir exercée de manière implacable sur le peuple, et de surcroît les plus vulnérables. Ceux qui n’ont pas encore fini de panser les plaies et les traumatismes des événements des années 90.

Le débat n’est plus de savoir si, le scrutin s’est déroulé dans la transparence, si la CENI a été au rendez-vous de l’indépendance, de la neutralité absolue… Désormais ce que l’histoire retiendra : la réélection de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est entachée de sang des jeunes de Kaédi.

Or, en Afrique, la répression des manifestants dans le sang, revêt une symbolique dans l’exercice du pouvoir politique, et n’est pas sans rappeler de souvenirs macabres, (sorcellerie, fétichisme, animisme et magie noire), qui s’invitent au cœur du pouvoir, une réalité qui a fini par inspirer de nombreux écrivains.

Cependant, gardez-vous de verser le sang de certaines personnes. Cela ne vous servira point. Au contraire, vous serez frappé de malédiction. J’entends déjà, quelqu’un dire, « nous ne croyons pas à ces pratiques, nous sommes musulmans à cent pour cent ». Je réponds non sans être gêné, qu’un musulman ne peut ôter la vie à son frère, surtout dans une situation où ce dernier ne constitue pas une menace. 

Cette banalisation de la mort des jeunes négro-mauritaniens pendant les manifestations est quasi similaire au sort que subissent les jeunes Palestiniens désarmés, lançant des pierres aux soldats Israéliens lourdement armés.

Et s’ensuit, une course-poursuite meurtrière ; une réplique disproportionnée des forces israéliennes. Des méthodes que tous les gouvernements mauritaniens ont condamnées, au point que la question palestinienne est devenue l’une des constantes de la politique étrangère de notre pays. Eux ont droit de manifester, d’exprimer leur ras-le -bol face à la politique de colonisation, et lorsqu’ils trouvent la mort, ce sont des martyrs. L’Etat israélien est accablé et accusé de tous les noms d’oiseaux.

En revanche, les négro-mauritaniens lorsqu’ils battent le pavé, – c’est souvent rare-, tellement, nous sommes terrorisés, et pour les rares fois qu’on occupe la rue, nous sommes accusés de planifier des projets insurrectionnels ou conspiratifs. Un paradoxe n’est-ce pas quand on voit, ces mêmes autorités commettre les mêmes crimes, chez elles contre leurs compatriotes Noirs du Sud.

En vérité, les forces de défense et de sécurité ne sont que des boucs émissaires d’un système raciste, pensé et planifié pour tuer, traumatiser et circonscrire toute velléité de contestation, de révolte des populations, surtout lorsqu’elle a pour cadre le sud du pays.

Cela est d’autant plus vrai, que les mêmes forces de l’ordre agissent d’une autre manière pour disperser des manifestants devant le palais présidentiel à Nouakchott sans jamais qu’il n’y ait mort d’homme. Sans exagérer, il semble qu’il existe des pratiques de maintien de l’ordre pour les uns, plus coercitives et pour les autres, plus « soft » selon qu’on soit au nord ou au sud du pays. Comme les meurtriers et les bouchers d’Inal, de Waalata, de Sorimalé…, les tueurs de Kaédi rendront certainement compte devant Dieu, mais jamais, ils ne seront inquiétés, poursuivis par la justice des hommes.

Contestations post-électorales : quelles en sont les causes ?

Vous remarquerez que dans tous les pays où l’opposition crie à la fraude électorale, avec une déferlante de citoyens dans les rues pour contester, au lendemain de la proclamation des résultats, ce qu’il existe une crise de confiance entre le citoyen et les institutions. Cette crise se manifeste par un manque de confiance, une certaine incrédulité voire une méfiance des citoyens vis-à- vis des institutions et ceux qui les incarnent. Or, dans les pays où la neutralité quasi absolue de l’Etat est une conduite, une règle, les citoyens vont accomplir leur devoir citoyen et attendre sans stress la proclamation des résultats.

Chez nous, l’Etat est défaillant, tribal, militaro-ploutocratique et ceux qui gouvernent sont toujours préoccupés par le souci de se pérenniser au pouvoir. Ils sont disposés à faire usage de toutes sortes de méthodes déloyales pour préserver leurs intérêts.

Nous sommes souvent hypocrites.

Mais le temps reste le meilleur juge. Il y a aujourd’hui, parmi ceux qui contestent les résultats de la CENI (présidentielle du 29 juin 2024), des personnalités qui étaient aux affaires sous le régime du prédécesseur de Ould Ghazouani.

En 2019, ceux-là étaient du « bon côté », et clamaient la transparence de la présidentielle et l’indépendance de la CENI, et condamnaient les manifestations post-électorales des partisans du même Biram Dah Abeid. Tombés en disgrâce, ils s’opposent aujourd’hui au régime de Ould Ghazouani et n’hésitent pas à dénoncer sans retenue la gestion du pays, et les institutions qu’ils ont qualifiées hier dignes d’un Etat de droit.

Pour éviter de telles contestations, il va falloir réinventer un nouveau pacte de confiance entre le citoyen et les institutions, choisir des hommes de grandes probités morales : la moralisation de la politique. Pour cela, l’Etat doit lui-même, changer en profondeur en rompant avec ses méthodes et pratiques qui sapent le projet de construction d’une véritable république. Il doit mettre fin au racisme d’Etat, au favoritisme, au népotisme, au tribalisme, à l’esclavage, la féodalité, le clientélisme, au détournement des deniers publics et à l’impunité, les injustices et les discriminations etc.

La violence de l’opposition vs la violence du pouvoir

Quel que soit le système démocratique, l’opposition ou toutes forces politiques constituées légalement, cherchant à conquérir le pouvoir n’ont d’autres choix que la contestation, les manifestations et même l’usage d’un langage parfois excessif pour discréditer ceux qui gouvernent. C’est souvent un droit reconnu par la Constitution. Dans cette confrontation, les deux parties, deux clivages qui prend la forme – pouvoir vs opposition, et ailleurs Gauche vs Droite- etc. se renvoient des insanités et s’accusent mutuellement.

En Mauritanie aussi, on assiste en apparence à la même configuration, avec une opposition en lambeau minée par des querelles intestines et de personnes, qui profitent au pouvoir. Cependant, depuis plus d’une décennie maintenant, l’opposant Biram Dah Abeid s’est imposé comme le véritable opposant non seulement du pouvoir mais mieux du système. Son discours est jugé virulent, destructeur de l’unité nationale, en plus appelle à l’insurrection etc.  Les propos qu’il tient contre les Bydhane, restent quand-même d’une rare violence.

Cependant, la poussée extrémiste en Mauritanie est le résultat des politiques injustes, ségrégationnistes et discriminatoires conduites par les différents régimes pour renforcer l’hégémonie d’une partie des Mauritaniens contre une autre. C’est l’impunité et la supra-citoyenneté accordées aux uns contre la misère, la vassalité et la citoyenneté de seconde zone réservée aux autres qui font les lits des discours haineux.

La violence du discours reste certes, une violence, mais que dire alors de celle qui opprime, qui détruit l’avenir des générations présentes et futures, qui paupérise en mettant sur les routes du Nicaragua des milliers de jeunes mauritaniens, de toutes les communautés nationales ! Que dire de cette violence qui tue, qui endeuille les familles du sud, en arrachant à leur affection un des leurs à la fleur de l’âge, sans aucune forme de procès.

La violence, c’est être considéré comme un moins que rien dans son propre pays ; devenir du jour au lendemain apatride dans son pays, sur la base d’un enrôlement aux critères à géométrie variable. C’est voir l’un de ses parents se faire tabasser, humilier par des forces de sécurité sans pouvoir porter plainte.

Tant que les Autorités ne changent pas de politique et se décident enfin de construire un Etat mauritanien juste et égalitaire pour tous, des extrémistes de tous bords existeront et se nourriront de ce terreau fertile pour créer le chaos. L’Etat est comptable de toutes ces formes de déviance citoyenne qui compromettent l’édification d’un Etat mauritanien viable, qui s’assume sur la base de son histoire, de sa religion (islam) et de sa Constitution.

Seyré SIDIBE

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● Encore du sang versé, le sang des innocents. | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Le sang de la jeunesse, une jeunesse désemparée, victime jour après jour, année après année, comme nos hommes politiques plus dévoués pour défendre le peuple, le bas peuple de l’usage détourné, dévoyé de la démocratie.

Notre marche forcée vers la démocratie, la vraie démocratie,  loin des slogans, celle qui assure la liberté d’expression, une citoyenneté égalitaire pour tous, la justice sociale, la méritocratie est malheureusement  un chemin jalonné de morts.

Il y a ceux qui sont connus et ceux qui ont été dissimulés. Des morts anonymes.

Que de familles endeuillées, des mères meurtries à  jamais, qui ne pourront jamais comprendre l’usage disproportionné de la force publique pour tuer.

La haine de la république prend naissance dans ce genre de situation où votre frère, votre ami, votre fils ou fille trouve la mort par ce qu’ il est sorti pour manifester, protester pacifiquement dans son pays.

Ça devient trop. Et le pire, aucune enquête ne sera diligentée pour comprendre les circonstances exactes de la mort de ces jeunes manifestants. On assiste à la banalisation des bavures policières où des forces de sécurité et de défense se livrent à des actes de violence meurtrière . Or, pendant ce temps, nous voyons la mobilisation pour soutenir et pleurer les morts en Palestine.

On voit l’intérêt et la compassion des Autorités mauritaniennes, jusqu’au plus haut niveau pour les victimes palestiniennes.

Des communiqués de condamnation sont émises, des appels à manifester sont lancés, et des protestations de tout genre fusent pour accabler l’Etat Israélien.

En revanche, lorsqu’un citoyen mauritanien est tué par nos forces de défense et de sécurité, on essaie de justifier ….On ne condamne pas. On n’ouvre aucune enquête.

Au contraire, on cherche vaille que vaille à cribler, à charger les victimes et les siens pour les présenter comme des ennemis de la république, des monstres …

En vérité, en Palestine, en Mauritanie ou ailleurs qu’est ce qui met les gens ( la jeunesse ) dans les rues pour manifester?
C’est incontestablement L’INJUSTICE. Le manque de justice dans une société est une bombe à retardement qui ne profite à personne.  Il sème la haine . Il est conflictogène par essence.

Toute ma compassion et mes condoléances pour les familles explorées. 

Seyré SIDIBE

● Le chef de la mission du Hajj : «une enquête a été ouverte à propos des mauvaises conditions offertes à nos pèlerins à Minen»

Le secrétaire général du ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel, chef de la mission du Hajj, Beitallah Ould Ahmed Lessoud, a déclaré que la société qui fournissait des services aux pèlerins mauritaniens dans le camp de Minen a ouvert une enquête pour déterminer les raisons pour lesquelles les pèlerins mauritaniens n’ont pas bénéficié de conditions favorables sur ce site.

Dans un entretien accordé à Sahara24, il a ajouté que l’enquête s’emploiera à dévoiler les raisons à l’origine des manquements par rapport aux exigences avec un déficit de 400 lits dans le camp de Mina, ce qui a provoqué une surpopulation dans les tentes entraînant une chaleur extrême et des conditions qualifiées par le ministère d’atteindre à la dignité humaine.

Le secrétaire général du ministère a précisé que le dépôt d’une plainte contre le prestataire de services a pour objectif de préserver les droits des pèlerins et à faire en sorte que ce manquement ne se reproduise plus à l’avenir pour les pèlerins mauritaniens ajoutant que le directeur du Hajj, à l’origine de la plainte en assurera le suivi.

Le secrétaire général du ministère des affaires islamiques a remercié le ministère saoudien du Hajj et de la Oumra pour sa prompte réaction, en dépêchant une mission chargée de déterminer les circonstances de ce qui s’était passé et pour les services et l’appui apportés à la Mauritanie, avant d’ajouter que toutes les autres prestations fournies ont été de qualité.

Le ministère mauritanien des affaires islamiques a protesté auprès de l’Arab Motawafin Company contre les mauvaises conditions de séjour des pèlerins mauritaniens dans le site de Minen.

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● Manifestation à Nouadhibou contre la multiplication de maisons closes

Nord Info – Des dizaines de personnes ont manifesté pacifiquement mardi 4 juin devant la wilaya de Nouadhibou. Cette sorte de sit-in a pour but d’informer les autorités publiques administratives de la présence insolite de maisons closes et leur remarquable multiplication.

Gérées par des étrangères pour la plupart, ces places, disent les manifestants, sont des lieux de prostitution et d’utilisation de produits dangereux tels que la drogue et les boissons alcoolisées.

Ils demandent la fermeture pure et simple de ces lieux prohibés par la loi musulmane qui touchent à la quiétude des habitants et des musulmans et constituent un danger direct pour la jeunesse non conscientisée contre ces fléaux.

Notons que les marcheurs ont soumis une lettre au wali et proposé des solutions à ce lancinant problème qui dure depuis belle lurette dans la capitale économique.

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● L’abandon des migrants africains dans le désert financé par l’union européenne, selon un consortium de médias

Sahara Médias – Situation difficile a reconnu mardi l’union européenne après la publication d’un rapport par une coalition de journalistes affirmant que la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie transportaient des migrants et les abandonnaient dans le désert avec l’aide d’un financement de l’UE.

Pour le porte-parole de la commission européenne, Erik Mamer, « Il s’agit d’une situation difficile et la situation évolue rapidement et nous continuerons à y travailler. Mamer réagissait à une enquête publiée par la coalition composée de journalistes de Lighthouse Reports en collaboration d’autres médias tels que Le Monde et le Washington Post.

Selon ce rapport l’Europe soutient, finance et participe directement à des opérations clandestines dans les pays d’Afrique du Nord pour acheminer annuellement des dizaines de milliers de migrants africains vers le désert ou vers des zones reculées afin de les empêcher de se rendre dans l’UE ».

Il évoque un « système de déportation de masse géré avec des fonds, des véhicules, des équipements, des renseignements et des forces de sécurité fournis par l’UE et les pays européens ».

Le rapport accuse les trois pays maghrébins, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie de procéder à l’arrestation des réfugiés et les migrants en raison de la couleur de leur peau, de les embarquer dans des bus avant de les acheminer dans des zones désertiques reculées, souvent arides », sans eau ni nourriture, selon le rapport.

D’autres migrants auraient été emmenés dans des zones frontalières où les autorités ont été accusées de les « vendre à des trafiquants d’êtres humains et à des gangs qui les torturent en échange d’une rançon ».

L’Union européenne, qui compte 27 États membres, a signé avec ces trois pays des accords de coopération prévoyant un financement explicite destiné à renforcer leur capacité à endiguer l’immigration clandestine vers l’Europe.

Bruxelles a alloué 150 millions d’euros (160 millions de dollars) à la Tunisie, 210 millions d’euros à la Mauritanie et 624 millions d’euros au Maroc dans le cadre de ces accords de coopération.

La Commission européenne, qui n’a pas explicitement répondu aux allégations de ce rapport, a cependant reconnu que la situation est parfois difficile dans les pays partenaires qui restent cependant souverains et à même de contrôler leurs forces nationales ».

La porte-parole de la Commission, Ana Bisogniero a affirmé que l’UE contrôlait les programmes pour lesquels elle fournissait des fonds et a souligné que les pays partenaires s’engageaient à respecter les principes du droit international et des droits de l’homme.

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● Décès de deux membres de l’équipage d’un avion militaire dans un crash lors d’un entraînement

L’armée nationale a annoncé le décès de deux de ses élements, mercredi matin, dans le crash d’un avion d’entraînement militaire à Atar, dû à une défaillance technique.

C’est ce qui ressort d’un communiqué publié sur le site web de l’armée, ainsi libellé :

“L’un des avions d’entraînement militaire de type SF260, appartenant à l’école militaire d’aviation d’Atar, a subi une défaillance technique lors d’un vol d’entraînement de routine aujourd’hui, mercredi 15 mai à 07h30, ce qui a entraîné le crash de l’avion, tuant son équipage, composé du capitaine Sid’Ahmed Mohamedan et de l’élève-pilote Sid Emine Mohamed El Abed.

Une enquête a été immédiatement diligentée pour déterminer les causes et les circonstances de l’accident”.

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/246048

● Mauritanie : RSF dénonce des violences policières contre trois journalistes

Trois journalistes ont été pris à partie par la police alors qu’ils couvraient une manifestation organisée par des médecins à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Parmi eux figure le correspondant de Reporters sans frontières (RSF), Saleck Zeid, aussi journaliste et directeur du site d’information Taqassy. L’organisation dénonce ces entraves et appelle le gouvernement à garantir la sécurité des journalistes.

Au moins trois journalistes ont été empêchés de couvrir un rassemblement organisé par des médecins de Nouakchott mardi 7 mai.

Le photographe de l’Agence de presse indépendante Alakhbar, Mohamed Ould Islam et le directeur du média d’investigation Taqassy et correspondant de RSF dans le pays Saleck Zeid, ont été violentés par les forces de l’ordre. Selon leurs propos recueillis par l’organisation, leurs téléphones et appareils photos ont été confisqués pendant plusieurs heures avant de leur être restitués.

« Les journalistes doivent pouvoir couvrir des rassemblements sans crainte d’être pris à partie par les forces de l’ordre. Leur mission d’informer doit être protégée, non entravée. RSF constate plusieurs épisodes de violences policières contre les journalistes et les photographes de presse ces derniers mois. Cette situation doit cesser et les autorités mauritaniennes doivent non seulement garantir aux journalistes leur droit de travailler sans craintes et faire de leur protection une priorité absolue. »
Khaled Drareni
Représentant de RSF en Afrique du Nord

« La police ne fait aucune distinction entre manifestants, journalistes et photographes. La mission de la police est de maintenir l’ordre et celle des journalistes est de couvrir l’actualité sur le terrain. Des directives urgentes doivent être émises par le gouvernement à l’adresse des forces de l’ordre pour mettre fin aux entraves contre les journalistes qui font leur travail. Ces attaques portent atteinte à la liberté de la presse.« 
Saleck Zeid
Journaliste et correspondant de RSF en Mauritanie

Alors que la Mauritanie a progressé dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2024 de RSF, en raison d’améliorations sur le plan légal et politique notamment, l’organisation enregistre ces derniers mois plusieurs cas de violences policières lors de manifestations et d’entraves.

En mars dernier, Mohamed Amine Abdouni et Mohamed Amine Othmane, journaliste et caméraman de l’agence de presse AlMoustakila, ont été frappés et empêchés de couvrir une manifestation étudiante par la police à Nouakchott. Deux mois auparavant, en janvier, la police mauritanienne a confisqué le téléphone du journaliste de l’agence de presse Al-Akhbar, Aldjid Mohamed Aïssa, alors qu’il filmait une manifestation d’étudiants à Nouakchott.

• Lien média https://rsf.org/fr/mauritanie-rsf-d%C3%A9nonce-des-violences-polici%C3%A8res-contre-trois-journalistes?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR0QVhiBZTXZeKp-u3Gk4m13DZHzStm74EET1utSvKSEz_KVoRf5tVx3I7s_aem_Ab21eNG50gt4B7ex0iY7GAmzmCkuLhdOt0rIVnhw8CMJZpQQ50HtNNFsimuH-xa6pu-_CxziP5yZcVCcxnUyabPT

● Le ministre de la Défense : « le Mali a entamé la mise en place d’un plan destiné à éviter tout débordement à l’intérieur des frontières mauritaniennes »

Saharamédias – Le ministre mauritanien de la défense, Hanena Ould Sidi, a déclaré que les autorités maliennes ont mis en place des plans solides pour éviter toute nouvelle intrusion en territoire mauritanien.

Ould Hanena s’exprimait lors d’une visite dans des villages relevant des moughatas d’Adel Begrou et Bassiknou, situées à la frontière avec la République du Mali en compagnie du ministre de l’Intérieur.

Le ministre a rappelé que les relations mauritano-maliennes ont été édifiées par des générations dans des circonstances difficiles et ont été préservées depuis longtemps.

Il a indiqué que le président mauritanien a envoyé une lettre à son homologue malien relative à la sécurisation des citoyens mauritaniens sur le territoire malien tout comme les citoyens maliens en Mauritanie.

Il a souligné que l’Etat du Mali connait des troubles sécuritaires récurrents, d’où la nécessité de la prudence et l’éloignement des zones de conflit, réaffirmant cependant que les forces armées mauritaniennes sont capables de préserver l’intégrité territoriale du pays et de protéger les citoyens et leurs biens promptement et efficacement.

Les unités militaires mauritaniennes sur la bande frontalière seront renforcées dans un proche avenir, a-t-il ajouté, notant qu’elles sont prêtes et disposées à défendre les citoyens et leurs biens sur le territoire territorial.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774605

🔴Remous frontaliers Mauritanie 🇲🇷/Mali 🇲🇱 | Sur TikTok, arrogance et haine mal placées de certains utilisateurs !

Il faut le rappeler d’emblée, un voisinage paisible entre 2 pays partageant un tracé frontalier de plus de 2 mille kilomètres est une louable situation à sauvegarder et consolider impérativement par/pour les 2 parties. Les rivages de cette frontière sont habités par quasiment les mêmes groupes sociolinguistiques (par exemple pour les soninkés dans la région de kayes accolée au Guidimagha mauritanien…). Lors de l’embargo Cédéao contre le pouvoir malien, la Mauritanie s’est clairement positionnée en gardant intacts ses liens politiques et commerciaux sans aucune influence extérieure, à lire davantage https://futureafrique.net/node/17113. Les données politiques et sécuritaires du Mali sont marquées par d’innombrables turbulences (rébellions, terrorisme, coups d’État…) depuis plus d’une décennie, et un pays qui y est très proche territorialement comme le nôtre ne peut aucunement se réjouir d’une telle instabilité étatique tout près. Ainsi dire, les derniers remous frontaliers du flanc Est doivent être traités avec responsabilité  et retenue de part et d’autre par les autorités respectives. Ce qui semble être le cas ces derniers temps avec une navette croisée des hauts représentants étatiques mauritaniens et maliens pour discuter et clarifier selon les bonnes pratiques diplomatiques entre peuples frères.
Notre modeste plaidoyer par ce billet s’inscrit dans cette donne . Par conséquent, toutes les provocations belliqueuses porteuses d’une sinistre dose haineuse qui est distillée par certains hâbleurs dans les réseaux sociaux, sont à dénoncer vigoureusement. Ces dernières heures, j’ai été brièvement témoin d’un Live TikTok autour d’un débat titré sous ces mots « Mauritanie, dernier bastion de l’esclavage », et en voulant contribuer avec mes réserves sur l’hystérie discursive à sens unique de certains intervenants (maliens principalement selon la teneur de leurs dires..  et soninkés pour certains), la mission m’a été rude. Certains propos fourre-tout indexant la Mauritanie sur la problématique de l’esclavage ont été d’une orientation malhonnêtement exagérée et gravement biaisée. Sans relativisme aucun, ils entendent racialiser la problématique de l’esclavage, en substance pour certains « des arabes seraient (ultra-minoritaire) les méchants esclavagistes sur la majorité composée des populations noires ». Et que les pouvoirs publics ne feraient rien pour changer cette situation, et en essayant de leur expliquer que la problématique est trans-communautaire comme au Mali (en citant des affaires liées à la question dans la région de Kayes, notamment dans la communauté soninké), j’ai été assailli par leurs excitations acerbes. Pour eux, le débat concerne la Mauritanie, et je serais hors sujet par mon angle d’intervention. J’ai pu répondre dans un brouhaha que la Mauritanie a des lois contre l’esclavage et que la pratique du phénomène est relevée comme un crime contre l’humanité. En précisant que l’application de l’arsenal juridique en vigueur n’est pas encore effective. J’espérais continuer en vain pour notifier qu’au Mali une loi anti-esclavagiste proprement dite est en souffrance depuis de nombreuses années.
En sourdine, il est évident qu’ils sont motivés par une vision raciale voire raciste par rapport aux événements frontaliers entre les 2 pays. À mon sens, Il s’y prennent abusivement par ce biais bien manipulable et manipulé. Notre pays traîne des problématiques politiques liées à la gouvernance et à la cohabitation entre les composantes nationales, mais en faire une exploitation simpliste par un mélange haineux de ce genre, est inacceptable. Toutes proportions gardées, les chroniques secousses politico sécuritaires du Nord Mali ne peuvent être mis au crédit d’une nuisibilité qui viendrait du territoire mauritanien. Toute la Mauritanie politique et sociale n’a pas à être stigmatisée par une fâcheuse et bouffonne imposture analytique.

Que nos hautes autorités (maliennes et mauritaniennes) retrouvent la voi(e)x de la sagesse et de la sérénité afin d’éviter tout débordement conflictuel qui ne ferait que des perdants à coup sûr.

Vive LA PAIX!

KS pour le BLOG


📷 photo 2 avec un militant abolitionniste malien de l’ONG Temedt rencontré à Bamako en octobre 2021.

● Le ministre de l’Intérieur appelle les Mauritaniens à éviter d’entrer au Mali

Taqadomy – Ce dimanche, le Ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine, a appelé les Mauritaniens à éviter d’être présents à l’heure actuelle sur le territoire malien, « compte tenu de la situation sécuritaire que connaît le pays. »

Ould Mohamed Lemine a déclaré lors d’une rencontre avec les habitants d’Adel Bagrou que la Mauritanie n’a aucun problème avec le Mali, rappelant que la Mauritanie a ouvert ses frontières pendant la période du siège infligé par la CEDEAO aux autorités de transition après le coup d’Etat.

Il a affirmé aux habitants que, « depuis l’indépendance, la coutume administrative de part et d’autre ne jugeait pas nécessaire la démarcation des frontières. Si bien qu’il y a des villages mauritaniens en territoire malien et vice versa. Et cela ne posait pas de problème », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que l’Etat du Mali connaît une transformation sécuritaire et un manque de stabilité. « Le Mali reste un voisin et les relations historiques doivent être préservées », notant que la sécurité du citoyen dans son espace territorial est du ressort de l’Etat. Mais, lorsqu’il se trouve dans autre État, alors sa sécurité dépend de cet État », selon ses termes.

Il a souligné que le niveau des mesures à prendre ne peut être une intervention sécuritaire ou militaire dans un pays voisin, rappelant la voie diplomatique empruntée par la Mauritanie tout au long de la crise.

Il a dit que, dans son entretien avec le Président de la transition au Mali le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani a assuré Assimi Goïta de la présence de milliers de Maliens en toute sécurité en Mauritanie et lui a demandé d’assurer la sécurité des Mauritaniens au Mali.

Les ministres de la Défense et de l’Intérieur se sont rendus dans la région frontalière entre la Mauritanie et le Mali pour rencontrer des citoyens, après que des membres de l’armée malienne et de « Wagner » ont envahi et attaqué des villages habités par des Mauritaniens.

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