Interview : Notre entretien RMI-info.com.

 

Koundou Soumaré: « les associations qui composent GANBANAAXUN FEDDE évoluent clairement dans la voie droit-de -lhommiste. »

Dans un entretien avec Rmi-info, le chargé de communication de Ganbanaaxun- Feddé, Koundou Soumaré a assuré que le mouvement s’inscrit « clairement dans la voie droit-de-lhommiste ». Il a précisé que le mouvement milite pour la fin de la violence symbolique et l’avènement des réformes sociétales chez les Soninké. Il a également rappelé la mort de 4 militants le 1 septembre dernier dont un responsable de Ganbanaaxun-Feddé dans un violent affrontement communautaire. En effet, il a dénoncé la détention arbitraire de l’un de leurs militants à Bouanzé dans le Guidimakha.

Au sujet des circuits de médiation traditionnelle, Soumaré précise que « de timides rencontres ont eu lieu entre notre mouvement et certaines associations communautaires en France mais sans aboutir à quelque chose de conséquent. » Avant d’ajouter que la présence des réserves au sein des rangs des progressistes qui sont liées aux pressions et pesanteurs sociales dans le milieu Soninké.

Selon le leader, même s’il y a des progrès enregistrés dans la première année du règne de Mohamed Cheikh El Ghazouani, les autorités doivent avoir le courage de libérer les rouages étatiques du prisme tribal et communautaire.

1-RMI-info : Comment se porte aujourd’hui le mouvement Ganbannaxu -Fede après ces quelques années d’existence? 

Koundou SOUMARÉ : D’abord mes salutations à toute l’équipe RMI-INFO et à vos lecteurs. Et j’introduis mon propos par une pensée pieuse à nos 4 camarades antiesclavagistes lâchement assassinés par une horde haineuse des miliciens féodalo-esclavagistes le 1er septembre dernier à Djandjoumé au Mali. 4 vaillants pères de famille de 44 ans à 73 ans, dont  Monsieur Mountakha Diarrisso qui était le responsable local Ganbanaaxu. Je pense à leurs familles actuellement à Nioro et parmi elles, des blessés à qui je souhaite un prompt rétablissement.  Aujourd’hui je dirais que l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste porté par GANBANAAXUN FEDDE, est plus que jamais porteur à travers le monde soninké et même au delà. Le caractère tabou et complexé qui entourait l’esclavage coutumier par ascendance qui fait partie d’une certaine structuration sociale dans nos communautés faites des castes et des hiérarchies, est levé comme jamais. Ainsi Ganbanaaxu FEDDE suit sa dynamique pacifiste de sensibilisation humaniste et citoyenne autour des problématiques liées à cet esclavage statutaire malgré les gesticulations nuisibles des voix réactionnaires nostalgiques d’un temps moyenâgeux. 

2- RMI-info: Pouvez-vous rappeler le contexte de sa création, ses orientations et les victoires enregistrées jusqu’ici ?

KS : le mouvement GANBANAAXUN FEDDE avait été créé le 5 octobre 2016, sous son aspect forum Whatsapp de sensibilisation, par Monsieur Gaye Traoré qui occupait à l’époque le poste de secrétaire général d’ARMEPES-France (Association des ressortissants mauritaniens pour L’éradication de pratiques de l’esclavage et ses séquelles). Monsieur Traoré est actuellement le président d’ARMEPES-France qui est la structure mère de ce mouvement devenu aujourd’hui transnational. Par la suite le mouvement GANBANAAXUN FEDDE est déclaré en cadre fédératif regroupant plusieurs associations antiesclavagistes évoluant principalement au sein des communautés soninkés en Mauritanie, au Mali, au Sénégal et dans la diaspora. Aborder les données sur le mouvement GANBANAAXUN FEDDE nous ramène nécessairement à l’association ARMEPES qui a été fondée courant 2010 à l’initiative de ressortissants mauritaniens majoritairement d’ethnie soninké . Dans la communauté soninké, l’esclavage coutumier par ascendance est bien ancré dans la stratification sociale. Et le phénomène couvert d’un certain tabou surgit souvent dans des débats crispés et contradictoires, notamment au niveau de sa légitimation religieuse. Dans les années 2000, un lettré  religieux malien d’ethnie soninké du nom de Mohamed Touré (vivant en Arabie Saoudite à l’époque) avait abordé dans plusieurs cassettes la question de cette légitimation de l’ordre coutumier de l’esclavage chez soninkés. Et sa compréhension penchait vers l’affirmatif laissant entendre que les individus castés esclaves statutaires vont le demeurer religieusement s’ils ne vont pas aller quémander leur affranchissement auprès leurs maîtres féodalo-esclavagistes. C’était de ce constat d’une argumentation ouvertement apologiste de l’esclavage entre personnes d’un même groupe sociolinguistique professant une même confession censée être fraternelle et solidaire, que des personnes avaient eu l’inspiration de fonder l’association ARMEPES- France. Parmi les initiateurs, je peux citer l’oncle Ibrahim Cissokho, l’oncle et Ustaz Abdoulaye Traoré, l’oncle Tougué Traoré, l’oncle Dramane Camara entre autres. Une mobilisation militante est axée sur la sensibilisation, les débats , les demandes de réformes sociétales et les actions de développement multidimensionnel au service de la communauté et voire à l’échelle nationale. Je dirais que la phase de la sensibilisation et de l’éveil militant font le succès du mouvement. Et en grande partie, c’est grâce à l’émergence et aux facilités communicationnelles via les réseaux sociaux notamment whatsapp et Facebook. 

3- RMI-info: Avant d’aborder le fond, parlons un peu de la forme, en l’occurrence,  des vos méthodes souvent décriées par vos détracteurs? Quelle inspiration est Ganbannaxu-Fedde ? Êtes-vous une organisation de défense de droits de l’homme, une congrégation religieuse ou une association caritative?

KS: Effectivement, nous avons tant entendu la fameuse réplique aux relents douteux d’ailleurs dégainée par certains « votre cause est juste mais vos méthodes sont mauvaises ». Je peux comprendre certaines voix extérieures à la communauté et ses réalités, mais d’autres personnes ne sont que dans une posture bien connue consistant à éviter le fond des choses. Ainsi pour certains milieux détracteurs issus de la communauté, aborder publiquement les problèmatiques liées à l’esclavage coutumier par ascendance, serait en soi une « mauvaise méthode ». Indexer les assignations sociétales qui discriminent les gens en fonction d’un passé accidentel de l’esclavage, peut perturber certains parce qu’ils y voient une menace pour leur hégémonie sociale et statutaire. 

Les associations qui composent GANBANAAXUN FEDDE évoluent clairement dans la voie droit-de -lhommiste. Dans le volet sensibilisation, certains membres connaisseurs du fait religieux y développent une réflexion discursive de  délégitimation de cet esclavage coutumier en convoquant des sources prouvées issues du Coran et de la tradition prophétique. Autrement, nous ne demandons que la primauté de l’égalité citoyenne à travers l’ordre régalien de nos États sur les velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire. 

4- RMI-info: Vous êtes présents en Europe et en Afrique? Mais où compte-t-on plus adhérents aujourd’hui? Avez-vous des liens avec la diaspora notamment des organisateurs du festival annuel des Soninké de l’Afrique l’Ouest? 

KS : j’hésiterais me lancer dans un chiffrage concernant nos adhérents proprement dits entre la France et dans nos pays d’origine. L’éveil GANBANAAXUN FEDDE a eu son envol en France autour de nos activités militantes et la mobilisation a eu ses effets positifs en matière de la prise  de conscience dans nos terroirs. Ainsi le régime coutumier foncièrement trompeur a été dévoilé et nos familles s’affirment en citoyens dignes en revoyant les rapports symbolisant la subordination sociétale entre les castés esclaves et leurs maîtres féodaux. Dans plusieurs villages face au refus systématique de milieux féodalo-esclavagistes à se remettre en question sur la nouvelle donne antiesclavagiste, émerge une communauté Ganbanaaxu aspirant à une autogestion sociale sans les humiliations symboliques liées au ladalenmaxu (rapports de domination féodale symbolique qui maintiennent les descendants d’esclaves dans une subordination perpétuelle). 

Dans les premières années d’ARMEPES-France, un des responsables avait été dépêché à Kayes lors d’une édition de Fiso (festival international de soninkés). En la personne de Monsieur Brahim Cissokho qui s’y était rendu pour sensibiliser la communauté soninké sur la problématique de l’esclavage coutumier par ascendance. D’après son retour d’expérience, l’accueil au message n’était pas à la hauteur, il avait constaté un certain évitement et de l’indifférence. Nous sommes ouverts et notre appel est destiné à tout Soninkara. Malheureusement certains milieux sont piégés par une légendaire suffisance quasi maladive en considérant que tout est parfait dans la société, chacun a sa place. J’espère que les choses vont évoluer progressivement chez eux afin qu’ils mettent à jour leur logiciel d’approche par rapport aux réalités de notre époque. Quelques timides rencontres ont eu lieu entre notre mouvement et certaines associations communautaires en France mais sans aboutir à quelque chose de conséquent. 

5- RMI-info: Ces derniers mois, votre engagement a commencé à avoir des échos retentissants sur la scène internationale. Une note des Nations unies a demandé aux dirigeants maliens de régler définitivement la question de l’esclavage? Pouvez-vous revenir sur cette affaire et le contexte ayant provoqué l’interpellation onusienne de l’État malien? 

KS : Dans mon propos introductif, j’ai abordé cette affaire de Djandjoumé, avec l’assassinat de 4 membres Ganbanaaxu par les milieux féodalo-esclavagistes sur place. D’après mes sources tenues de nos partenaires maliens, les familles de victimes de la soirée funeste du 1 septembre 2020 vivaient déjà dans une ostracisation sociale à cause de leur engagement antiesclavagiste. L’une des victimes, feu Mountakha Diarrisso (73 ans) avait été sauvagement attaqué et sa maison saccagée courant 2018. Un jeune homme d’une trentaine d’années l’avait agressé grièvement parce qu’on lui reproche d’oser ouvrir sa maison pour une réunion du mouvement anti-esclavagiste. Et ils étaient fréquemment entre Djandjoumé et Nioro sur des affaires judiciaires liées aux conséquences de leur rejet de cet esclavage par ascendance. Fin août et début septembre, une décision judiciaire de Nioro en faveur des familles antiesclavagistes au détriment des milieux féodalo-esclavagistes, avait intensifié l’acharnement haineux à l’encontre d’elles. La suite , on la connaît, un lynchage à mort de 4 pères de famille par les miliciens féodalo-esclavagistes du village et même certains proches (subalternes et obligés de l’ordre féodal) de victimes avaient pris part au massacre.  

C’était dans la suite de cet événement cruel que d’experts Onusiens avaient publié leur note à l’endroit des autorités maliennes. Dans nos pays, un certain lobby politique et intellectuel gesticule en coulisses pour soutenir le déni et distordre les réalités de cet esclavage intra-africain qui persiste pourtant dans nos communautés sahéliennes. Au Mali, l’instabilité sécuritaire et politique n’arrange pas l’engagement Ganbanaaxu, car une fois le régalien étatique faillit dans certaines zones comme dans la région de Kayes, les féodaux sont tombés avec une certaine impunité dans la violence brute contre les militants abolitionnistes. L’interpellation réitérée des autorités sur ce phénomène abject par des voix extérieures comme le cas des experts Onusiens, est une lueur d’espoir afin que ces violations des droits humains soient stoppées en protégeant des citoyens qui n’aspirent qu’à vivre dignement. 

6- RMI-info: Dans le Guidimakha, on vous accuse souvent d’être des « fauteurs de troubles » par les notabilités locales. Et souvent même, elles n’hésitent pas à faire intervenir les autorités administratives et sécuritaires.Il n’y a-t-il des voies et moyens pour engager un dialogue interne ? Qu’est-ce qui bloque au de là de la survivance des pratiques et esprit esclavagistes que les Soninké ont en partage les autres communautés nationales du pays? 

KS : Nous ne sommes pas des « fauteurs de trouble » , ce sont des accusations fallacieuses utilisées par certains esprits suprématistes dans le but de nous salir et de vaines tentatives à discréditer un engagement pacifique qui a déjà gagné la bataille morale. Ce que vous appelez « notabilités locales » ne représentent qu’une faction de l’ordre féodalo-esclavagiste. Cette faction est dans la belligérance aujourd’hui face à notre engagement d’éveil humaniste et citoyen qui revendique l’application de l’état de droit. Historiquement cette faction qui s’arroge l’exclusivité de positions d’honneurs et de dignités sociales, profitait d’une omerta intracommunautaire et se donnait une légitimité représentative auprès des autorités régionales. Nos dispositions au dialogue sont réelles et sérieuses dès le départ à l’échelle villageoise, mais les facteurs bloquants sont dûs en grande partie au refus de la faction réactionnaire à se remettre en question sur la vie sociétale devenue problématique aujourd’hui . Notamment l’ordre ségrégationniste et discriminatoire qui sévit hermétiquement en considérant qu’un descendant d’esclave ne peut avoir d’héritage social qu’une subordination coutumière de générations en générations. Diverses manœuvres d’intimidations sont ourdies auprès des autorités régionales contre nos familles et militants mais le temps passant avec la détermination et la résilience, notre engagement pour l’avènement d’une communauté soninké harmonieuse sans les violences symboliques de cet esclavage par ascendance. Je pense à un membre de notre mouvement emprisonné à Selibaby depuis quelques semaines. Ressortissant du village de Bouanze, il est une énième victime des pratiques fallacieuses d’intimidations avec une plainte venant de l’ordre réactionnaire local. Nous sommes confiants dans la noblesse de notre engagement et le Temps sera Juge d’ici bas et dans l’au-delà, In sha Allah. 

7- RMI-info: D’ailleurs, certains progressistes au sein de la communauté Soninké partagent avec vous la noblesse de votre combat. En revanche, ils expriment des réserves quant à la virulence de vos méthodes. Que répondez-vous à ceux-là?

KS : je crois avoir abordé cette donnée brièvement dans l’une de mes réponses tantôt.  Effectivement il y a des voix sincères qui expriment leur bonne volonté mais restent bloquées non par nos supposées « mauvaises méthodes » mais plutôt par les pressions et les pesanteurs sociales exercées par les milieux réactionnaires. Notre discours militant est structuré autour de la demande d’égalité citoyenne entre membres d’un même groupe sociolinguistique. D’ailleurs ce même groupe sociolinguistique peut s’estimer discriminé à une autre échelle (étatique notamment pour la Mauritanie), dans ses spécificités culturelles ou communautaires. Et d’ailleurs un activisme revendicatif est incité dans ce sens par tout le monde mais certains esquivent bizarrement dès qu’il s’agit des inégalités sociales causées par l’ordre féodal en interne . Des paradoxes et contradictions qui sont insupportables et heurtent le bon sens. 

8- RMI-info: On a vu qu’au centre du Mali, certains groupes armés ont instrumentalisé la question peule pour rallier des combattants dans leurs rangs. Des chercheurs et spécialistes crédibles craignent une certaine récupération de votre mouvement. Surtout, il a été observé ça et là, une dispute sur la gestion de certaines mosquées sans parler des prêches de certains de vos prédicateurs qui se revendiquent d’obédience wahhabiste?

KS : Je réitère mon propos, notre engagement s’inscrit dans la mouvance droit-de-l’hommiste classique et de demande de réformes sociétales. Nous sommes légalistes et tenons aux lois et dispositions prévues dans les textes fondamentaux de nos pays. Par exemple en Mauritanie, République islamique, nous ne réclamons qu’une gestion égalitaire à notre endroit en corrigeant les discriminations et les humiliations sociales héritées de l’ordre féodalo-esclavagiste d’antan. Les affaires communautaires dans nos villages de 2020 ne doivent pas être gérées comme 1920. Ainsi basant sur la loi nationale relative à la gestion du culte et des mosquées, nous estimons que la communauté  devrait être plus visionnaire en réformant l’ordre ancien basé sur une certaine hégémonie exclusiviste. Faute d’avoir un consensus à revoir les choses ensemble, les personnes castées esclaves formées en entité sociale méritent d’avoir une autogestion citoyenne et sociale en bon voisinage avec d’autres. Sur le sujet d’obédience religieuse supposée d’un tel ou tel, je crois que cela a une relation avec ce qui se constate relativement dans toute la communauté soninké. Un certain élan de revivification inspiré de différents courants religieux dans la Oumma. Nous sommes des Humains , cette indignité sociale assignée (esclavage statutaire) sur nous de générations en générations dans la communauté, reste la mobilisation principale afin de se soustraire pacifiquement selon les lois de nos pays et conventions internationales. 

9- RMI-info: En Mauritanie, les autorités évoquent toujours l’existence des séquelles d’esclavage. L’actuelle Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) inspire confiance aux yeux de la plupart des défenseurs des droits l’homme. Ses dirigeants communiquent plutôt sur la nécessité d’assurer aux victimes leurs droits fondamentaux notamment accès à l’état civil, le droit foncier, l’éducation et l’accessibilité aux soins de santé . Pensez-vous que cette démarche est apte à régler le problème de l’esclavage en Mauritanie? 

KS : Depuis une année, il est indéniable qu’une dynamique communicationnelle est enclenchée sur les problématiques liées à l’esclavage par la CNDH de Maître Bouhoubeïni. Après il faut davantage une redéfinition du langage utilisé pour nommer certaines tares d’aujourd’hui annexes à l’esclavage pratiqué dans le passé chez les soninkés notamment. Aborder d’une manière transversale et transcommunautaire, les séquelles esclavagistes, peut manquer de pertinence et de lisibilité sur les réalités spécifiques à chaque communauté. Chez les soninkés, les violences symboliques perpétuées par le ladalenmaxu (rapports de subordination sociétale entre familles d’anciens maîtres et familles castées esclaves) est à bannir pour de bon. C’est ce cordon coutumier qui structure l’ordre féodalo-esclavagiste soninké et relègue les descendants d’esclaves. Par ce biais on fera accepter les positions de seconde zone aux descendants d’esclaves dans la communauté. Droit d’aînesse non reconnu  pour eux et leurs compétences ignorées insidieusement s’il s’agit des honneurs liés aux statuts et autres privilèges . Et à ce niveau, la CNDH peut mieux faire, c’est à dire  inviter tous les protagonistes en séminaires citoyens, donner la parole libre à tout le monde sur la thématique. Certainement, on pourrait y avoir beaucoup de surprises sur la question « séquelles de l’esclavage » en Mauritanie, dans toutes les communautés confondues. Pour étudier et proposer des pistes particulières de correction dans chaque communauté concernant les discriminations et droits lésés à cause d’un passé esclavagiste ayant affectant l’ascendance de certains citoyens. 

10- RMI-info: le président El Ghazouani a bouclé sa première année à la tête de l’État? Que vous inspire-t-il? Quelles sont vos attentes envers lui et son gouvernement?

KS : De mon avis d’observateur, je dirais que l’année de règne du Président Ghazouani suscite un intérêt à divers degrés. Par rapport à sa méthode et sa personnalité que les mauritaniens découvrent avec une certaine surprise, sa gouvernance fait face à plusieurs défis. On remarque une forme de rupture interne dans le système du pouvoir qui tient le pays depuis juillet 1978 (hormis la brève parenthèse Sidioca). S’il arrive à libérer les rouages étatiques du prisme tribal et communautaire, à garantir une Justice Libre, à investir sérieusement dans l’Éducation Nationale, à permettre l’ouverture d’un débat sans tabous entre tous les mauritaniens (passif humanitaire, l’esclavage, l’unité nationale entre autres) l’Histoire retiendra son nom comme inspirateur consensuel d’une dynamique politique et sociale inédite qui ferait cette Mauritanie réconciliée tant attendue. Concernant les séquelles esclavagistes qui persistent dans la communauté soninké au Guidimagha notamment, je crois qu’une volonté ferme de la force publique régionale peut tout arranger et rapidement. Par la parole officielle, le gouverneur peut réaffirmer le régalien étatique et veiller à l’état de droit dans toutes nos contrées villageoises. Dans la même la lancée, préfets, chefs d’arrondissement , chefs de brigade et maires mobilisés, peuvent constituer des équipes mixtes de citoyens regroupant différents protagonistes, et chaque village verra ses différends pris en compte et solutionnés avec équité et pacifisme à la lumière des droits fondamentaux garantis par la constitution pour les uns et les autres. La Paix ne se refuse jamais si un ordre juste et digne y préside sincèrement . Ainsi une fois le corps social apaisé et réconcilié, les différents projets de développement annoncés ici et là gagneraient plus d’efficience dans nos terroirs au service de TOUS. 

©️ Crédit source: http://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-koundou-soumare-de-ganbanaaxun-fedde/?preview=true&frame-nonce=a6ab35c514

Mauritanie: les victimes des exactions du passé ne renoncent pas à demander justice

Le360afrique – Plus de 30 ans après les faits, des Mauritaniens ayant souffert d’exactions ou d’atteinte à leurs droits humains fondamentaux, ou leurs ayants droit, ne renoncent pas à obtenir réparation et continuent leur lutte, malgré de nombreux obstacles.

Une importante délégation du Cadre de concertation des victimes des événements de 1989-1992 (CC/VE), conduite par son président, Sylla Samba Demba, s’est rendue en audience à Nouakchott auprès du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), maître Ahmed Salem ould Bouhoubeini.

L’entretien avec le président de la CNDH, organe consultatif, qui conseille le gouvernement et le parlement dans le domaine des droits humains, a porté sur ce passé, qui, plus près de trois décennies après les faits, est encore ressenti comme « douloureux » par ses victimes, annonce un communiqué de la CC/VE, rendu public, mercredi 23 septembre 2020.

Les exactions et atteintes aux droits humains dénoncés par la CC/VE ont eu lieu sous le régime du colonel Maaouya ould Sid’Ahmed Taya.

Au cours de cette période, qui aura duré trois années, des déportations, des expropriations arbitraires, de multiples violations des droits humains ont été commises, ainsi que des exécutions extrajudiciaires qui ont ciblé plusieurs centaines de militaires issus de la communauté négro-africaine, entre septembre 1990 et février 1991.

«Les échanges ont tourné autour du passif humanitaire, notamment des voies et moyens pour régler ce problème, qui reste une épine au pied de la Mauritanie. La délégation a trouvé une oreille attentive auprès du président de la CNDH. Ce qui a permis de rappeler les morts, les handicapés à vie, la situation des veuves et orphelins, qui reste d’actualité, malgré une amorce timide de règlement», indique un communiqué de la CC/VE.

Comptant dans ses rangs de nombreuses victimes des événements de 1989-1992, la CC/VE est une coalition composée de plusieurs associations les regroupant, dont le Collectif des rescapés militaires (COREMI), l’association Mooyto Koota, l’Union des hommes d’affaires (UHA), l’ONG REVE civile et militaire…

La délégation a sollicité l’implication du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) dans la recherche d’une solution juste et équitable, fondée sur « quatre devoirs »: le « devoir de vérité », le « devoir de justice », le « devoir de réparation » et le « devoir de mémoire ».

Le président de la CNDH a exprimé la disponibilité de l’institution qu’il dirige pour la recherche d’une solution, et indiqué des pistes à celle-ci.

Il a tenu à rappeler que cette organisation était au service des Mauritaniens, et ne ménagera aucun effort pour contribuer au respect des droits humains et à leur sensibilisation.

De notre correspondant à Nouakchott
Amadou Seck

©️ Crédit source: post page Mauritanie https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3117809578347773/?substory_index=0

Mauritanie | Droits humains : la CNDH reçoit l’association AMEES

•Photo Page FB du président CNDH

Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme Maitre Ahmed Salem Bouhoubeyni a reçu aujourd’hui mercredi 23 septembre 2020 dans les locaux de la CNDH une délégation de l’Association Mauritanienne pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles (AMEES). Cette délégation était conduite par le député Ladji Traoré et comprenait Monsieur Diarra Sadijou, Président et Monsieur Fousseinou N’diaye, membres ainsi que le secrétaire général.
Les discussions ont porté sur la situation de certaines communautés dans la wilaya du Guidimakha, anciens esclaves.

Le Président de la CNDH, quand à lui a exprimé son entière sympathie et la volonté de la CNDH d’œuvrer pour que tous les citoyens mauritaniens puissent vivre en liberté, en égalité et obtenir leurs droits.

©️ Crédit source: post FB du président CNDH – https://www.facebook.com/1578519449063467/posts/2662842007297867/

Liberté d’association : le gouvernement approuve un projet de loi qui met fin à l’autorisation étatique

Le gouvernement mauritanien a approuvé mercredi 16 septembre en Conseil des Ministres le projet de loi qui abroge et remplace la loi n°64.098 du 09 juin 1964 relative aux associations.

« Ce cadre juridique exprime une nouvelle vision conforme à notre dispositif constitutionnel en termes de libertés d’association et d’organisation pour un mouvement associatif acteur et partenaire du développement national », selon le communiqué du Conseil des Ministres.

« A cet effet, le projet de loi introduit d’importantes innovations dont la plus saillante concerne le passage du régime de l’autorisation préalable au système déclaratif », ajoute le communiqué du Conseil des Ministres.

Commentant l’adoption du projet de loi relatif aux Associations, aux Fondations et aux Réseaux, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Mohamed Salem Ould Merzoug, a expliqué que l’une de ces mesures phares est l’instauration d’un régime déclaratif en lieu et place d’un régime d’autorisation.

« Ce nouveau cadre juridique qui est proposé est conforme aux dispositions de la Constitution, concernant les libertés d’association et de réunion. Ce, afin de faire de l’acteur du milieu associatif un partenaire du développement. Il s’agit d’une réforme que la société civile appelait de tous ses vœux », a dit M. Ould Merzoug, cité par l’Agence mauritanienne d’information (AMI).

De nombreuses organisations nationales et internationales de la société civile, dont Amnesty International, ont régulièrement dénoncé le fait que la création d’une association en Mauritanie soit soumise à une autorisation étatique.

Par La rédaction de Cridem, avec AMI

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=740483

Mauritanie/Justice : Maître Brahim Ould Ebety dirige un collectif d’avocats chargés de « récupérer les fonds publics volés ».

Le Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats Mauritaniens, Maître Brahim Ould Ebety, dirige un collectif d’avocats qui auront à plaider au nom de l’État mauritanien dans les dossiers de corruption inclus dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire, dans le but de « récupérer les fonds publics volés ».

Dans un contact avec le site Al-Akhbar, Ould Ebety a affirmé qu’il coordonne le groupe qui aura en charge de plaider au nom de l’État mauritanien dans cette affaire, en sa qualité de Bâtonnier du Barreau.

Le groupe comprend 12 avocats, dont la plupart sont des anciens Bâtonniers, tels que Yacoub Diallo, Ahmed Ould Youssouf et Mahfoudh Ould Bettah, en plus de l’universitaire Lo Gourmo Abdoul.

La mission du collectif du plaignant pourrait s’étendre pour inclure des dossiers extérieurs à soulever éventuellement devant la justice étrangère, si nécessaire, selon des sources au sein du collectif, indique le site Al-Akhbar.

©️ Crédit source: repris via https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3319566324770811&id=100001524288944

IRA-MAURITANIE : LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EN MAURITANIE

Promesses, encouragment et lacunes

Le 18 août 2020, la police convoquait l’ancien Président de la république, dans le cadre du contentieux consécutif au rapport de la Commission d’enquête parlementaire (Cep), sur de présumés délits et crimes de gestion, commis, par des agents de l’Etat, entre 2009 et 2019, soit le temps des deux quinquennats de Mohamed Ould Abdel Aziz. Depuis, le prévenu, en garde-à-vue, a pu bénéficier de la visite de ses avocats, de la famille et d’instances de défense des droits de la personne. Déjà, le 29 juillet, les députés votaient, en plénière, la compétence des tribunaux, à connaitre des faits allégués s’ils dérogent à la compétence de la Haute cour de justice. Il s’agit d’infractions relevant du trafic d’influence, de la surfacturation, de l’attribution frauduleuse de marchés, du détournement, de l’évitement fiscal, du faux en écriture et de la subornation de témoins, l’ensemble à des fins d’enrichissement personnel. Certes, il y a lieu de saluer le travail remarquable de la Cep, dont le texte, cependant, omet ou esquive des dossiers de gravité similaire, tant les pratiques de l’impunité s’enracinent, au cœur de l’Etat, des décennies durant, sans plus susciter assez d’indignation. Sous peine de partialité ou d’abstention, il appartient, aux législateurs, de compléter l’œuvre en cours et de consolider la culture de la transparence et de la « redevabilité ».
Même si les prémisses de la recherche menée par l’Assemblée nationale autorisaient la crainte d’un règlement de comptes entre deux fractions du pouvoir, il importe, aujourd’hui, de constater le caractère massif des preuves et le sérieux de leur collecte. De même, faut-il prendre acte de la disponibilité, de la plus haute autorité du pays, à asseoir et respecter l’indépendance des magistrats et l’autonomie des élus, deux principes allègrement bousculés dans l’univers des démocraties bananières où notre pays occupait une place de choix. L’importance de l’effort entrepris grâce à l’obstination des députés et la collaboration de l’Exécutif laisse entrevoir un tournant, sans précédent, de la gouvernance vertueuse, en perte de crédit, depuis le 10 juillet 1978.
Ainsi, la Mauritanie entame-t-elle un élan de restauration du bien public qui devrait inspirer d’autres peuples en lutte perpétuelle contre la médiocratie, la prédation et l’incurie. La restriction, l’atténuation, le recul ou la suspension du processus équivaudrait à une défaite morale et favoriserait la tendance à l’insurrection des foules, trop longtemps maintenues dans l’acceptation du statuquo, au prétexte d’empêcher l’anarchie. Aussi, le rapport de la Cep implique-t-il :

  1. La reprise de l’investigation quant aux aspects oubliés ou censurés, sur la période en cause, notamment la phase de création de l’état-civil biométrique (2012-2016), la falsification des diplômes, le recrutement du personnel de l’Etat titulaire de qualifications indues, les dysfonctionnement de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm) et des établissements clients, les suspicions de blanchiment et de financement du terrorisme, par les agences de transfert de monnaie, l’opacité des trafics aux ports autonomes et de l’administration des douanes ;
  2. Le nettoyage de l’arsenal législatif : il convient d’en expurger les lois qui couvrent les tueries racistes, l’extrémisme religieux, l’atteinte à l’intégrité du corps et l’inégalité des sexes ;
  3. L’assainissement de la fonction publique qui abrite encore, à des positions d’influence et de décision, une majorité de cadres à l’intégrité douteuse ;
  4. La révision des normes de pénalisation de l’esclavage : le temps presse d’en garantir l’applicabilité, loin du déni et des réflexes de connivence avec les contrevenants.
  5. L’assurance scrupuleuse de la faculté, pour les prévenus, de bénéficier d’un procès équitable, selon les standards de la contradiction.
  6. La vigilance du gouvernement et de la magistrature, à éviter des interférences de tribu, de clans et de groupes d’intérêts en conflit, qui entraveraient l’accomplissement de la justice et compromettraient sa vocation ;
    Sous les réserves précitées, l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) soutient, avec impatience, la résolution, du Président de la république, à déclencher une réforme globale des institutions et de leurs pratiques.

Ira – Mauritanie, Nouakchott, le 20 août 2020

Nouakchott, le 08/08/2020Déclaration suite à la transmission du Rapport de synthèse de la « Commission d’Enquête Parlementaire » au Parquet Général.

L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme(AMDH) a suivi les travaux de la « Commission d’Enquête Parlementaire » ou la « CEP » sur « l’enquête parlementaire diligentée au titre des pouvoirs de l’Assemblée Nationale de contrôle de l’action du gouvernement tels que prévus à l’article 72 de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie du 20 juillet 1991 modifiées ».

L’AMDH a noté avec intérêt le Rapport de synthèse, ses conclusions et recommandations des résolutions n°1 et n°2 et n°3, ainsi que sa transmission au ministre de la justice et de son transfert au parquet général.
Dans cette optique l’AMDH exige :

  1. Au parquet général d’entamer la procédure judiciaire dans le plus bref délai et sans aucune restriction et avec professionnalisme.
  2. La restitution des biens spoliés au peuple et la punition des auteurs des crimes à la hauteur de leurs actes. En attendant la décision de la justice.
  3. L’interdiction à l’ex-président, aux ministres et aux personnalités citées dans le rapport de quitter le pays avant d’être entendu par la justice.
  4. La désignation des magistrats connus pour leur honnêteté, capables de lire le droit pour que tous les corrupteurs et les corrompus répondent de leurs actes dans le respect des droits.
  5. Le limogeage de toute personne occupant un poste de responsabilité dont le nom est cité dans le rapport de la CEP pour quelque motif que soit.
  6. Que les parlementaires ayant soutenus ou participé au pillage des biens publics répondent de leurs actes aux mêmes pieds que les ministres, les directeurs centraux et les secrétaires généraux ou toute personne citée pour implication directe ou indirecte dans la corruption, la gabegie et le pillage des biens du peuple.
  7. Approfondissement de l’enquête pour déterminer l’implication d’autres acteurs ayant contribué et/ ou participé au pillage des biens et ressources du pays.
  8. L’ouverture d’une enquête sur la gestion du dossier du passif humanitaire, l’esclavage, de torture et toute autre forme de violation des droits humains.
  9. Suggérons l’implication des organisations des droits de l’homme dans la gestion de ce dossier de corruption surtout à l’intérieur du pays.

Le Bureau exécutif

©️ Crédit source: post FB AMDH- https://www.facebook.com/127021642346/posts/10158269261007347/

Événement – Reconnaissance : Le sacre des vivants

Mr Samba Thiam
Mr Ibrahim Sarr

Un regroupement d’hommes et de femmes apolitiques baptisé « Initiative Citoyenne », a initié un Prix de Reconnaissance pour magnifier le sens de l’engagement désintéressé, de l’abnégation et de la constance dans notre pays.

Cette reconnaissance est destinée à consacrer des hommes et femmes, de leur vivant, pour leur quête inlassable de l’unité nationale et une plus grande justice pour tous les enfants de la Mauritanie. En effet, nous avons la chance de compter, parmi les acteurs de notre histoire contemporaine, des monuments dont la constance est à saluer et le désintéressement à honorer. L’objectif fondamental de cette initiative étant donc de faire prendre conscience qu’un tel patrimoine doit être préservé, entretenu et mis en valeur.

Peu importe notre origine, peu importe nos opinions politiques , s’il y a lieu, il va sans dire que nous devrions tous pouvoir nous retrouver à travers certains idéaux, certaines valeurs prônées par la religion islamique, ciment entre les différentes communautés du Pays.

Pour cette première édition, le choix a donc porté sur Ibrahima Moctar Sarr et Samba Thiam, en raison de leur engagement national.

Une délégation composée de chefs religieux, de communicateurs traditionnels s’est rendue ce dimanche 26 juin au domicile de chaque lauréat pour la remise des trophées.

Cette délégation conduite par le Doyen Souleymane Kane a transmis le message aux récipiendaires, qui ont été très honorés par cette distinction, et ont remercié chaleureusement l’ensemble des participants à cette noble initiative.

Le comité de pilotage, qui n’a ménagé aucun effort pour la réussite de cette grande première, remercie l’ensemble des participants, sans lesquels, rien n’aurait pu se faire.

Nous formulons enfin le vœux que cette grande première suscite une émulation et permette une prise de conscience sur le fait que nous gagnerions tous, autant que faire se peut, à préserver et à sublimer nos valeureux hommes et notre patrimoine culturel et historique.

La cellule de communication

©️ Crédit source : https://kassataya.com/2020/07/27/le-sacre-des-vivants/

Cri Osé : l’ordre féodalo-esclavagiste soninké, ces logiques qui s’affrontent en nous !

L’irruption de l’éveil antiesclavagiste #GANBANAAXUN_FEDDE dans #soninkara ne pouvait ne pas survenir un jour !

Sur l’esclavage coutumier par ascendance et les mentalités féodales chez les #soninkés, certains milieux associatifs de la communauté l’avaient socialisé insidieusement sous couvert « culture et traditions » jusqu’à le rendre acceptable pour les nouvelles générations dans la diaspora en France notamment. Par l’instruction et la conscientisation politique et géopolitique, ce jeune originaire d’Afrique s’insurge contre les conséquences des traites esclavagistes occidentales ou orientales et la colonisation, et en même temps au sein de son foyer communautaire , des mentalités féodalo-esclavagistes sont magnifiées, soutenues et banalisées dans les discours et les comportements. Aujourd’hui dans d’innombrables foyers #soninkés en France notamment, s’incrustent amèrement ces contradictions troublantes autour cette problématique de l’esclavage coutumier et posent la question sur une certaine légende civilisationnelle prêchée ici et là. T’as cet oncle qui craint les thèses xénophobes et racistes de l’extrême droite ici en Occident mais par ailleurs il est très actif avec ceux qui ostracisent, terrorisent et expulsent les membres de la communauté qui refusent le statut d’esclave au Bled. La seule logique argumentative qu’il avancera, c’est te dire que les ancêtres de ces gens étaient des esclaves de nos familles et ils nous doivent obéissance sociale perpétuelle par héritage PARTOUT et en TOUT . Autrement qu’ils quittent nos villages et nos terres. C’est ainsi l’inconscience ambiante qui couve aujourd’hui au sein de la communauté difficilement avouable hors murs.

GANBANAAXU #SONINKARA_AUTREMENT

KS pour le BLOG

Mauritanie – Politique : Intervention du président et député Biram Dah Abeid au cours de la conférence de presse animée par le président du Parti Rag Omar ould Yali.



Mesdames et messieurs de la presse

Bienvenue à vous !

Nous avons souhaité nous adresser à vous, après un cumul exceptionnel de dysfonctionnements dans la gouvernance d’Etat. Parmi les évènements portés à votre connaissance, je souligne le détournement de fonds au siège de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm), la découverte présumée d’un lot de faux dollars et les tentatives de cambriolage de bureaux de la Direction du budget et de la Cour suprême (Csm) ; à ces incidents – je n’en minore la gravité – s’ajoutent les contentieux de corruption en examen par la Commission d’enquête parlementaire (Cep). Selon toute probabilité, des scandales de même facture pourraient rajouter au discrédit d’une gestion publique, en panne dès le lendemain du 10 juillet 1978.

Notre propos, ici, ne consiste ni à exagérer la critique fût-elle légitime d’ailleurs, ni à démonter la faillite de l’hégémonie ethno-tribale. A cet égard, l’essentiel a été dit, réitéré et prouvé ; les derniers évènements confirment nos constats, de jour en jour. Vous vous souvenez avec quel scepticisme, une frange de l’opinion accueillit mon projet, formulé durant la campagne électorale en 2019, de confier, à une instance permanente de contrôle, le soin de vérifier et authentifier les diplômes et qualifications du personnel de l’Etat. A l’époque, je pressentais combien le pays s’enracinait dans la culture du faux, généreusement servie par la négligence, l’impunité, les ententes de clan, la pression des clientèles et le cynisme ambiant. L’autorité de l’Exécutif étant devenue une entreprise de prédation, elle ne produit plus que des passe-droits, des indulgences et des distributions rotatives de rente, sans se soucier de réduire les inégalités hérités, métastase de la gouvernance en Mauritanie. La clochardisation de la fonction publique et de ses bâtiments témoigne de la ruine. Oui, le modèle a dépassé ses limites et sa péremption menace les fondements de la cohésion sociale, du moins ce qu’il en subsiste.

Aussi, mon propos, ici, se résume en une injonction unique : l’heure impose d’oser la rupture, pour survivre, en paix.

L’objectif vital requiert d’abord la sincérité à l’application du droit, la réhabilitation de la justice, le nettoyage de la corporation des magistrats et l’avènement d’une transparence, tous azimuts. Ainsi quand tout semble perdu, un pouvoir légitime ou ambitieux de l’être gagne la confiance des gouvernés ou s’expose à l’insurrection. Or, à présent nos compatriotes ne croient plus à leurs dirigeants et regardent l’ensemble de l’élite, avec suspicion et impatience.

L’ampleur du défi exige une concertation nationale sur le devenir du pays, débat dont nul thématique ou acteur ne devrait s’exclure. Cette refondation, notre Parti radical pour une refondation globale (Rag), ne cesse de la réclamer, depuis longtemps, comme d’autres organisations interdites.

Aujourd’hui, le Président de la république et le Parlement ne sauraient éluder ni différer davantage l’instant de vérité, qui est le temps des réformes, à la racine et vite. Il lui appartient de prendre la population à témoin, d’en susciter la confiance puis le concours, sur la base d’un inventaire franc, qui n’esquive les fautes, les insuffisances, les erreurs, encore moins les crimes. Le moment est venu de reconnaitre, juger, présenter des excuses, réparer ; la part symbolique de l’exercice concerne, d’abord, les protagonistes actuels de la faillite. A force d’amnisties dénuées de raison juridique et de consensus, nous avons appris à banaliser le vol, l’usage de faux, les nominations pour faire plaisir, toujours aux mêmes. Je reviens, ici, sur la nécessité d’abroger la loi scélérate du 14 juin 1993, qui insulte la mémoire et le sentiment d’une composante de la communauté de destin.
Jusque-là, la Mauritanie se singularisait par le racisme et l’esclavage ; la voici atteinte au cœur de la crédibilité de ses institutions, ; les incidents que j’ai cités plus haut attestent d’une dérive vers l’Etat-voyou. Sortir de l’engrenage, a un prix, un seul : il faut aller loin, privilégier la générosité et le courage, bref oser mieux que des ravaudages de grand-mère, des demi-mesures et la sagesse fataliste du laisser le temps au temps.
Si le gouvernement et le Chef de l’Etat s’engage sur la voie du discernement et de l’équité, il mériterait notre soutien vigilant. En revanche, nous continuerions à combattre le maintien du statu quo, grâce au surcroit d’ardeur que commande l’urgence. Mon camarade Oumar Yali et moi n’avons failli au devoir de l’avertissement et de la proposition.
Tous deux, nous vous remercions d’accorder votre attention à notre propos liminaire.

Nouakchott, le 9 juin 2020

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE