​Communiqué : Colloque de Bamako (suite)

La Mauritanie au banc des accusés 

Notons qu’au cour de la deuxième journée du colloque International de Bamako, intitule (Droit et Esclavage en Afrique de l’Ouest) monsieur Ndiaye Racine, professeur d’Histoire de l’Université de Nouakchott et soutien du chef de l’Etat actuel Mohamed ould Abdel Aziz, s’est offusqué des passages de l’intervention du président de IRA – Mauritanie  qui traite des victimes de l’esclavage et de la tentative de génocide en Mauritanie; et Racine Ndiaye dément devant une assemblée médusée et affirme que le général Aziz a libéré les esclaves et rétabli les noirs mauritaniens dans leurs droits; il a énuméré les lois que le président Aziz a édicté et a parlé des bienfaits de l’agence Tadamoune. Il a nié toute existence de l’esclavage ou de victimes de génocide; et lorsque Biram Dah Abeid a cité les sources des rapporteurs spéciaux des Nations-Unies et des ONG non-gouvernementales internationales sur les pratiques esclavagistes et les tués à Inal et autres, Ndiaye a réfuté l’existence de ces rapports ; c’est en ce moment que monsieur Diarra, professeur de droit à  l’université de Bamako, a imprimé de son ordinateur séance tenante, le rapport de la rapporteur spéciale des Nations-Unies sur l’esclavage qui stipule que l’esclavage cause la mort lente de milliers de Mauritaniens. Le professeur Samba Traore de l’université Gaston Berger de Saint-Louis prend le micro et réitère la véracité et l’exactitude des informations avancées par Biram Dah Abeid, car dit il, elles sont sur les sites de toutes les organisations et les organismes spécialisés; et le président de l’organisation anti-esclavagiste malienne Temedt Ibrahim Ag Idbaltanat de poser une question a monsieur Racine en lui disant : toi qui dis que l’esclavage et le génocides en Mauritanie est une fiction, est ce que tu crois sincèrement en ce que tu dis? Ndiaye Racine esquive et tergiverse, mais Idbaltanat reviens à la charge à trois reprises et enfin, le Pr Racine Ndiaye lâche: oui je crois que ce sont des fictions. Un diplomate mauritanien, venu de la mission diplomatique mauritanienne a Bamako viendra quelques instants après prendre Racine Ndiaye vers une destination inconnue.

Nouakchott le 18/10/201.

la commission de communication

 Diogountouro (Guidimakha-Mauritanie) : Dis-moi, dans quelle société tu vis, je te dirai qui es-tu ?



Amadou Hampaté Ba, disait : « Il y a des pratiques que nos ancêtres eux-mêmes s’ils revenaient à la vie trouveraient caduques et dépassées ». Cette citation du Sage de l’Afrique nous incite à faire une analyse, sociologique et anthropologique sur la question de l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie, en général et chez la communauté soninké en particulier. Cette pratique interpelle tout un chacun à s’interroger sur la valeur juridique et l’authenticité d’une telle pratique à l’ère du XXIéme siècle, un siècle dans lequel les occidentaux  se posent la  question à savoir : comment sauver l’humanité face aux destructions climatiques ?  Pendant qu’une partie de la société mauritanienne (les soninkos), se pose la question sur qui est esclave et qui ne l’est pas ?

 

 En effet, les faits se sont passés à Diogountouro, un gros village, je dirais même  une grande ville selon les normes internationales, car sa population varie environ entre 8.000 à 10.000 habitants. Il  est situé au sud de la Mauritanie, à la frontière entre le Mali et le Sénégal. C’est  un carrefour entre ces trois pays. Sa population est jeune et active, qui ne vit que sur les activités agro-pastorales et l’immigration de ses ressortissants en occident. Par ailleurs, la culture de décrue (WALO) reste très importante chez les SONINKOS, surtout quand  la récolte de la saison des pluies n’est pas abondante. Un  jour, vers  mi-septembre, un conflit foncier éclatait entre deux familles (Gandega et Camara), liées traditionnellement par les coutumes et les traditions africaines (LADANOUS) depuis des siècles. 

 

Pour certains il s’agit d’un conflit foncier et d’autres oui, c’est un conflit foncier mais sur fond d’esclavage. Une chose est sûre  d’après nos sources d’informations, la famille Camara, après avoir  mis fin aux liens traditionnels (LADANOUS) qui la lient avec celle de Gandega. La réplique de la famille gandega, était de retirer la terre cultivable (WALO), que les Camara cultivent depuis plus de 70 ans. La question que je me suis posée :   Les traditions et les coutumes (LADANOUS) sont-elles la continuité de l’esclavage ?

 

 Comme beaucoup d’autres familles du village, qui ont rompu ce cordon ombilical (LADAA) qui lie traditionnellement les deux clans (Woros et Komos) qui n’est rien d’autre que la continuité de l’esclavage sous une autre forme déguisée à l’ère du XXIème siècle. Oui, les  Ladanous sont la continuité de l’esclavage point barre. Revenons sur la  question  à  savoir, un conflit foncier sur le fond d’esclavage ou un simple problème foncier. Que dit le code foncier de la Mauritanie ?  L’esclavage constitue-t-il un crime  en Mauritanie ?

 

Le code foncier précise que la terre appartient à l’Etat. L’Etat, par définition est la réunion de trois éléments : un territoire, une population et une autorité politique. Article Premier  de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant  réorganisation  foncière et domaniale  précise  que : La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie. L’article 2 : L’Etat reconnaît et garantit la propriété foncière privée qui doit, conformément à la Chariâa, contribuer au développement économique et social du pays. 

 

Oui, depuis le 12 août 2015, l’esclavage constitue un crime. Seule la Cour d’assise est compétente pour juger les crimes. Le parlement mauritanien a adopté à l’unanimité un texte de loi incriminant l’esclave et ses séquelles. La loi  de 12 aout 2015, abrogeant et remplaçant la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. Dans son article 2, que l’esclavage constitue un crime contre l’humanité et qu’il est imprescriptible. L’article 3 définit les cas qui peuvent être considérés comme esclavagistes. Cette loi institue également des tribunaux régionaux spécialisés, sortes de collèges de magistrats dont chacun dispose de la latitude de prendre toute mesure conservatoire qu’il trouve nécessaire, sous le sceau de l’urgence.

 

Cependant, un problème foncier qui s’est transformé un conflit/litige en date du 9 octobre 2017, car depuis le 5 octobre 2017, le Hakem de khabou a renvoyé les parties à Selibaby. Le conflit par définition, c’est un différend qui peut se régler  sans la saisine du juge étatique. Il  se transforme en litige, lorsque le tribunal compètent est saisi de l’affaire.  Comme le prévoit la législation mauritanienne, les autorités administratives indépendantes (les Hakems, les Walis …) sont censées rendre des décisions alternatives sur les affaires foncières qui leurs sont soumises, car le décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret N° 90.020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83.127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, prévoit des commissions de règlement amiable des litiges fonciers dans chaque Moughataa, Wilaya et National. 

 

​Le Hakem de la commune de Khabou, après plusieurs tentatives de conciliation/arbitrage,  a fini par renvoyer les deux protagonistes vers selibaby (soit chez le wali soit chez le tribunal) selon la forme et la nature de l’affaire. Le Hakem estimait que l’affaire dépasse ses compétences de justice amiable. Nous restons vigilants sur la question de l’autorité saisie de l’affaire à Selibaby.

 

L’intervention d’un juge étatique est-elle nécessaire ? La justice négociée n’est-elle pas la meilleure solution pour une communauté déjà fragilisée par ses tracas- sociaux ? 

 

A l’heure où j’écris cet article, il y a un mouvement qui est en vogue partout dans le monde (Amérique, Europe, Afrique…).  Il s’agit d’un mouvement de justice alternative adopté dans les pays anglo-saxon vers les années 70, à travers ce que les juristes de Common law appellent Alternative Dispute Résolution (ARD) et que les français proposent de traduire par Modes Alternatifs de règlement des conflits (MARC). La Mauritanie ne reste pas sur le quai du train par rapport à ce mouvement, car elle a voté des textes dans ce sens. La loi n°2000-06 du 18 janvier 2000 et le décret n°2009-182 du 07 juin 2009 relatif à la création d’institutions permanentes d’arbitrage et de médiation.

 

Avec la crise du droit moderne, étroitement liée à l’avènement de l’Etat providence, c’est d’abord et avant tout la crise de la Raison juridique : le droit n’apparait plus comme l’incarnation même de la Raison. La justice alternative a pour but d’éviter une intervention directe de l’Etat. Cette justice, elle est rapide, souple et moins couteuse. Elle  recèle d’ailleurs plusieurs enjeux : l’apaisement des ruptures de la communauté avec la mise en avant de l’intérêt de la communauté, mais aussi la déjudiciarisation de la procédure de la gestion du conflit.

 

Par ailleurs, j’interpelle tout un chacun, en particulier à la jeunesse de Diogountouro, de prendre sa responsabilité en main,  mais aussi d’être du bon côté de l’histoire, car l’histoire est le récit des évènements d’une société. Il est temps de façonner cette société à notre ère, promouvoir une société où règne la justice sociale et l’égalité entre les Hommes. Une société où seules les compétences, la probité, les expériences et les diplômes sont ses armes principales. Nous ne pouvons plus vivre dans une société modelée depuis le 15eme siècle, avant même la naissance de l’empire du Ghana par nos arrières et arrières grands-parents à leur image et à leur modèle de vie. 

 

En définitif, le juge n’a pas la réponse à toutes les questions du Droit, comme le médecin qui n’a pas la solution à toutes les pathologies. Le juge tranche et rend une décision controversée. En revanche, la justice négociée permet de préserver les liens sociaux, telle a été la préoccupation première de la justice alternative. Cette forme de justice qui s’opposerait à la justice étatique par son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice.  L’esclavage ou  litige/conflit foncier ? Je ne saurais donner une réponse, car c’est aux autorités compétentes d’y répondre.

 

 

 

BA – Boubou

Doctorant en Droit à Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

 

Fondateur de l’Association Educative et Culturelle de Jeunes Ressortissants de la Mauritanie en France (AECJRM)


Crédit source: l’auteur via fichier Whatsapp 

​L’an I  de notre   mouvement  GANBANAAXU FEDDE, par Gaye TRAORÉ. 


Nous avons créé ce mouvement  le 05 octobre 2016  dans le  but de conscientiser  notre communauté  et par extension toutes communautés où la  hiérarchisation est de mise , le repère  ou le timon    , que cette classification  entre les hommes , de femmes  frôlant la chosification   ne peut  être  qu’un frein  pour  une société  qui se voudrait  dynamique et fraternelle! Les assignations coutumières   empêchent les épanouissements , empêchent le développement  humain , rongent la fraternité , sème inimité  entre  et au sein  d’une même communauté de destin .Nous avons  dit par le passé que Ganbanaaxu fedde ne rumine point   la revanche  et  la haine ! Ce que  veut Gabanaaxu fedde , ALLAH le veut  et c’est attesté  par le coran et la sunna , je le clame sans prétention ni assurance insolente.Là dessus  la lumière a été faite à travers  nos discours  , les conférences de nos  cheikh.Dans   nos sociétés   nous nous sommes classifiés ,   en nobles et en esclaves , et certains de nos jours veulent  trouver  des parades  maladroites  pour maintenir  ce système de classification  que nous appelons   assignations coutumières! Ce  que veut   la communauté de Ganbanaaxun Fedde est  une fraternité , nous voulons tous être  pareils sans    paternalisme  ni condescendance !  Reléguer  certains    ou  les mettre hors des centres des gestions des communautés villageoises  au nom des patronymes  est  une  faute  morale , une mauvaise appréciation  qui ne peut  résister  à une remise   en cause  par Ganbanaaxun Fedde !A examiner de près  le système de castes soninké  , on y verrons   quelques points de  ramifications  avec  le système de castes indiens  où  les occupations  sinon les assignations sont de père en fils ! Beaucoup   de portes fermées devant  les personnes  d’extraction serviles   dans   sociétés  soninke , peulh , maures.. pour ne citer que cela comme devant  LES GENS CASTES  en Inde où le refus des assignations peuvent être tragiques !Cependant pas  de fatalité, nous atteindrons  notre but  avec élégance et détermination , malgré les provocations  , les calomnies  d’un certain milieu  qui se veut  héraut de la féodalité soninke !Ces derniers temps le refus des assignations  a été  ponctué par les représailles  aux colorations de chantage foncier ,  Les villages de FEGUI et de SEGALA au MALI , où certains membres de la communauté Ganbanaaxu  sont été menacés  d’expropriation   en cas de refus de leur statut d’esclave,  à Diogountouro dans le Guidimakha mauritanien ,  à DAFORT    avec le vieux  SILIMAN DIARRA ,  à Bouanze  pour ne citer que ceux  là . Des terres exploités  depuis  un demi siècle   sont sur le point d’être exproprié  pour laver l’affront  des descendants   qui refusent  leur statut   donc  leur assignation séculaire de sous homme comme on dit en soninké « FON LEME »( un petit ou une petite chose).En effet nous   avons   que les adversaires de GANBANAAXU  ne tarissent ps en calomnies, en délations  , en dénigrement , mais à tout cela nous opposons   notre constance  dans nos principes , dans nos convictions   c’est la meilleure posture  en un mot notre détermination ! Une  pensée à tous  ceux  subissent des violences , des brimades ,  des harcèlements , des humiliations ,des chantages  dans  la quête de leur liberté  , de leur dignité à travers le monde! 

Ganbanaaxu , pour  une fraternelle  réelle et vraie sans fard !

TRAORE GAYE 
Président de armepes , initiateur de Ganbanaaxun Fedde.

​FLASH INFO URGENTE: la suite sur les évènements de DAFORT

Ce soir (5/10/2017) 20 ressortissants Daforois sont incarcérés à la prison de Selibaby. Escortés de Ould Yengé par la gendarmerie, 18 jeunes suspects impliqués dans l’émeute de la nuit du 30 septembre 2017 et 2 membres de la communauté locale GANBANAAXU , sont passés par le tribunal de Selibaby ce jour 5 octobre 2017 avant d’être mis derrière les barreaux vers 18H.
Ce qui est étrange et scandaleux dans cette affaire qui en cache d’autres plus puantes, c’est la machination douteuse en coulisses qui viserait à faire du mal à 2 paisibles citoyens. Nos 2 membres abolitionnistes n’ont rien à voir avec les troubles survenus dans ce village du Guidimagha mauritanien. 
Nous prenons à témoin tous les JUSTES de DAFORT qui savent et reconnaissent la non implication de nos éléments GANBANAAXU. Par ailleurs nous disposons d’indices concordants sur des manoeuvres de délation et de fumisterie entamées contre notre activisme pacifique antiesclavagise.
Nos 2 responsables sont victimes d’une manipulation haineuse dont les germes remontent à quelques mois déjà venant des milieux bien connus . L’Histoire sera Juge. 
Nous ne les oublions jamais. 
La vérité vaincra inshAllah.

​Le président d’IRA-Mauritanie assiste au conclave de la société civile sénégalaise sous l’égide de Amnesty International.

Le 03 octobre 2017 à partir de 10 h s’est ouverte à la résidence Mamoun sur la VDN à Dakar, la rencontre de la société civile sénégalaise sous l’égide de Amnesty International sous le thème: La campagne mondiale pour les défenseurs des droits humains « Osons le Courage ». A l’ouverture de cet important événement, le ministre de la justice du Sénégal, le professeur Ismael Madior Fall était reçu par les leaders de la société civile sénégalaise avec a leur tête : Mr Alioune Tine, directeur de Amnesty International en Afrique de l’Ouest, Sedigh Niass  président de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme (RADDHO), Seydi Gassama président de Amnesty-Sénégal et Abdoul Aziz Badiane, président de l’Association Sénégalaise des droits de l’Homme, entre autres.
Etait aussi invite à ce colloque Mr Biram Dah Abeid, président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie). Au cours de sa prise de parole, le lauréat du prix des Nations-Unies pour les droits Humains 2013, a rendu compte à ses hôtes la situation de plus en plus détériorée de l’environnement des droits de l’homme et de l’Etat de droit en Mauritanie. Biram Dah Abeid a expliqué que la Mauritanie est devenue une grande prison pour tous les mauritaniens; il a mis en relief les restrictions graves et grandissantes aux libertés de paroles, de manifester, de s’associer et de l’appareil judiciaire transformé par le régime en instrument pour museler, bâillonner, faire taire ou mettre au secret les opposants politiques, défenseurs des droits humains, journalistes ou syndicalistes. Le président d’IRA – Mauritanie a vivement félicité les organisations de la société civile sénégalaises pour leur soutien constant et indéfectible à IRA – Mauritanie  et son combat légitime contre l’arbitraire, la gabegie, le racisme et l’esclavage. D’autre part, Biram Dah Abeid a recommandé a ses collègues sénégalais de s’investir davantage dans le cas de la Mauritanie ou la répression devient de plus en plus large et récurrente depuis que le chef de l’Etat Mauritanien a entamé par la violence, le déni du droit et l’instrumentalisation de la justice, un tripatouillage de la constitution et un processus de troisième mandat illégal.      

     

Dakar le 03/10/2017
Commission de communication

​Bref retour sur les événements de DAFORT 

Les incidents survenus dans la nuit du 30 septembre 2017 dans cette localité de la commune du même nom, relèvent purement et simplement d’une révolte populaire de la jeunesse contre certaines restrictions décidées récemment par l’ordre des anciens. 
Certaines rumeurs tendancieuses voulant insinuer l’implication de la mouvance abolitionniste qui serait derrière ces événements répréhensibles, ne sont que des gesticulations malsaines bien connues de nous.

Heureusement qu’aujourd’hui, les canaux de communication sont à la portée de tout le monde pour fixer les réalités des CHOSES de par le monde entier. 
Une autre problématique apparaît dans cette histoire, qui concerne les ambiguïtés longtemps entretenues sur le VRAI pouvoir décisionnel dans nos localités rurales. Certains obsédés qui s’accrochent à l’ancien régime coutumier, outrepassent leurs prérogatives désuètes en voulant reléguer le vrai pouvoir régalien incarné par la Mairie Normalement et Logiquement. Les édiles dans nos communes doivent apprendre à assumer leurs responsabilités d’élus locaux en privilégiant une culture de dialogue serein et libre sans aucune immixtion d’éléments négatifs afin d’éviter de pareils troubles.
Un autre constat très révélateur d’une jeunesse d’aujourd’hui ignorant toute dissuasion devant les forces de l’ordre comme jadis dans nos contrées villageoises, peut inquiéter. D’après des témoignages concordants des événements, les mouvements de jeunes qui se sont déroulés ces jours-ci peuvent avoir des pulsions destructrices similaires avec celles connues habituellement dans dans certains milieux citadins du monde. 

Il fut un temps chez nous, même le bruit d’un véhicule des gardes ou des gendarmes provoquait la trouille et la fuite chez des jeunes gens. Aujourd’hui, on raconte que plusieurs éléments de la gendarmerie ont été appelés en renfort pour maîtriser la situation sur place. 
C’est bien la société toute entière dans un monde globalisé où le modernisme culturel et aveugle via le virtuel sans frontières, qui doit se réinventer urgemment des voi(e)x de salut.  
Inquiétudes et interrogations à la fois. 

K.S

​FLASH INFO : une émeute nocturne à DAFORT. 

(La nuit du 29/09/17 au 30/09/17)
La nuit dernière, plusieurs jeunes dafarois sont sortis dans les rues en s’adonnant à différents actes de vandalisme. Plusieurs emplacements publics ont été caillassés et brûlés pour certains au cours de cette équipée révoltante qui a suscité un émoi parmi la population villageoise ce matin. 

L’origine de ces événements inédits au parfum émeutier , serait liée à une mésentente entre la jeunesse et l’ordre des anciens. Ces derniers jours, des décisions ont été prises pour interdire certaines festivités nocturnes trop bruyantes et dérangeantes dans cette localité qui est le chef-lieu de la commune du même nom. Et ces nouvelles dispositions n’ont pas apparemment plu les jeunes. C’est ainsi qu’ils l’ont manifesté de la moins bonne manière en versant dans des actes violents et gratuits  clairement répréhensibles. D’ailleurs depuis hier soir, des éléments de la gendarmerie du département de Ould de Yengé sont arrivés sur place. D’après nos informations recueillies du terrain, plusieurs jeunes sont aux arrêts. 

Nous suivons de près l’évolution de la suite des événements entre les mains des autorités départementales. 

En tant que ressortissant dafarois, je tiens à condamner ces actes violents perpétrés alors bien que d’autres voies civilisées sont à la portée pour régler une mésentente de ce type. 

Samedi 30 septembre 2017

K.S

​L’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), ONG anti-esclavagiste en Mauritanie, organise ce samedi 30 septembre 2017, au Café de Rome à 10H30, une conférence de presse sur la répression brutale et la situation déliquescente en Mauritanie.

Cette conférence est la première d’une série de rencontres qui seront organisées dans plusieurs capitales africaines par l’IRA en vue de sensibiliser les opinions publiques sur la situation en Mauritanie.
Traversée depuis plusieurs années par une crise politique et sociale grave, la Mauritanie, en proie à des maux tels qu’esclavage, pauvreté ou illettrisme, est gangrénée par une corruption systématique empêchant tout développement social. Depuis un an, le président Mohamed Ould Abdel Aziz tente d’étouffer toute opposition alors que se profile, pour 2019, une nouvelle élection présidentielle à laquelle il n’aura pas le droit de se présenter, la Constitution l’empêchant, par des articles verrouillés, de prétendre à un troisième mandat.
Depuis le 5 août 2017, date à laquelle s’est tenu un référendum, boycotté par l’opposition, visant à modifier illégalement la Constitution, la répression s’est intensifiée. Un sénateur a été enlevé puis placé en détention, ainsi qu’un sous-officier. Quatorze autres sénateurs, 4 journalistes et 2 syndicalistes ont été placés sous contrôle judiciaire. Des mandats d’arrêt ont été déposés contre deux hommes d’affaires vivant à l’étranger et tous les sénateurs sont interdits de sortir du territoire.
Prendront part au panel :
1. Monsieur Biram Dah Abeid : Président de l’IRA. Biram Abeid est un défenseur des droits de l’Homme. Il a reçu de nombreuses distinctions internationales dont le Prix des Héros de la lutte contre le trafic humain du Département d’Etat américain (2016) et le prix des Nations Unies pour la cause des droits de l’Homme (2013). Il est arrivé second à l’élection présidentielle de 2014, et est candidat à la prochaine élection présidentielle de 2019.
2. Me Boucounta Diallo : Avocat au Barreau de Dakar.
3. Me Ahmed Ely : Avocat au Barreau de Nouakchott, membre du collectif de défense du sénateur Ghadda actuellement en prison dans le dossier « Mohamed Bouamatou et consorts ».
4. Me William Bourdon : Avocat au Barreau de Paris et président de l’ONG anti-corruption Sherpa. Me Bourdon présentera le dernier rapport de Sherpa sur la corruption en Mauritanie.
5. Me Georges Henri Beauthier : Avocat au Barreau de Bruxelles, il est l’ancien président de la Ligue belge des droits de l’Homme. Me Beauthier présentera les actions entreprises à l’international contre les violations des droits de l’Homme en Mauritanie.
Seront également présents : Me Assane Dioma Ndiaye, Avocat au Barreau de Dakar et président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, M. Alioune Tine, Directeur de Amnesty International WARO, M. Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, M. Sadikh Niass, Secrétaire général par intérim de la RADDHO, le Forum civil, ainsi que plusieurs organisations de la société civile mauritanienne et sénégalaise.
Nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir assurer la couverture de l’événement par votre rédaction.
Date :    Samedi 30 Septembre 2017
Heure : 10H30 précises
Lieu :    Café de Rome.
 Contacts:
Coumba Geneviève Diémé  776504186  genevieve.dieme@ accessparthnership.com
Ramatoulaye A. Ndiaye 774577668    ramatoulaye.ndiaye@ accessparthnership.com

​Libérer l’IslamLibérer les femmes (3) : déminer le Coran   Par Ousmane TIMERA 

Le chemin est miné. La contre-révélation a semé partout des mines antihumaines. Il faut une pensée qui démine le présent pris au piège par les déviances du passé ; une vision qui plante l’avenir d’un renouveau planétaire. Afin que le Livre et ce qu’il proclame d’égalité intrinsèque entre les humains, entre femmes et hommes, puisse retrouver sa voie dans les consciences. 

C’est que les signes (âyat) furent transformés en versets et sa clarté devint obscure. Le détournement du sens put alors battre son plein.

 

Rien dans le Coran ne peut aller à l’encontre de la dignité humaine et de l’égalité qu’il fonde. C’est un fait.  Sauf si bien sûr on fragmente son propos, pour insérer ses morceaux dans une vision tout autre, notamment patriarcale, où l’ordre établi injuste (le contexte comme ils disent) devient l’ordre de toujours qui s’impose, même à Dieu. Il nous faut donc libérer ces passages du Livre généreux, de l’emprise avare de l’interprétation qui fragmente et « dé-lire » ; et les réinsérer dans la cosmique coranique qui leur donne sens et en fait des signes qui se lient.

Nous avons déjà commencé ce travail dans les précédents billets sur l’esclavage et la question des femmes. C’est ainsi que nous avons libéré l’origine d’Eve du mythe judéo-chrétien de sa création à partir de la côte d’Adam. Ce, en lisant et en reliant les signes qui relatent l’interaction entre mâle et femelle et leur origine commune.
Mais ce mythe est porteur de virus qui ont contaminé la conscience musulmane, et au-delà, la conscience humaine. La fièvre bat son plein depuis des siècles et peu ne s’en faut que le « dé-lire » lui fasse perdre raison : elle titube, sa démarche est « dé-cadence ». Enchantement et désenchantement s’alternent en boucle dans sa fiévreuse illusion. Elle n’entend plus le chant cosmique qui les transcende ; ne voit plus le champ coranique qui les dépasse. Le rythme est perdu. C’est la négation déguisée en religion. C’est la « déligion » qui renie Dieu et donc nie l’humain. L’Islam est devenu musulmanisme. 
Guérissons donc cette conscience, guérissons-nous. Réinsérons-nous donc dans ce qui est « une guérison pour ce qui se trouve dans les poitrines » (S10 ;s57). Et reprenons les signes libérateurs que la contre-révolution a transformé en verset contre l’égalité. Cela, dans l’ordre dans lesquels on les rencontre dans le Livre.
Des versets fragmentés aux signes harmonieux

  

a) « Les hommes ont une prédominance sur les femmes » selon le Coran ?
Je me ballade dans une traduction du Coran. Je vais immédiatement voir un verset que beaucoup brandissent en étendard pour la défense de leur prérogative masculine. Ils sont hommes ; ils sont donc supérieurs. C’est naturel. C’est implacable. C’est, soi-disant, divin. C’est leur prétention. Ainsi, obéir à l’ordre divin, selon cette mentalité, c’est se soumettre à l’ordre des choses. La liberté morale ne dépasse point la nécessité naturelle. Mais dans ce cas à quoi sert la révélation si c’est pour répéter la création ? Ils ne comprennent pas les conséquences de leurs dires. C’est le malheur des religions dans leur réduction puis dissolution dans le « contexte ».
Nous sommes avec un bout de verset. Le 228 de la sourate 2 (la vache). Le voici : « …et elles ont pour elles des droits équivalents à leurs devoirs conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles… ».  C’est dit. L’égalité entre hommes et femmes est une chimère. Le propos est général. Il est question de tous les hommes en tant que tel, vis-à-vis de toutes les femmes en tant que telle, dans tous les domaines. Ah bon ? Vraiment ?  
C’est toujours la même chose voyez-vous. On coupe sans vergogne les signes, on en fait des versets explosés, tronqués, handicapés. Remembrons le passage, et au passage revoyons la traduction : 
« Les femmes divorcées devront attendre trois cycles. Et il ne leur est pas licite pas licite de cacher ce que Dieu a créé dans leurs entrailles, si elles ont foi en Dieu et au Jour Dernier. Leurs maris, durant ce moment, ont plus de droit à les reprendre s’ils veulent la réconciliation. Leurs droits à elles sont semblables à leurs obligations, de manière équitable, et les hommes ont un degré (daradja) envers elles. Dieu est Honorable, Sage » (S2 ; s 228).

Un propos, toujours doit être compris à l’aune de l’ensemble qui le tient. Cela est encore plus vrai pour ce qui concerne le Coran. Les férus de règles générales toutes faites, doivent avoir cette prudence s’ils ne veulent pas être de ceux qui inventent ce qui de Dieu ne vient pas. Le Coran n’est pas un livre de lois, même s’ils s’y trouvent des lois. C’est plutôt le Livre qui fonde et oriente les lois et leurs productions humaines, pour les protéger contre l’arbitraire et les passions des plus forts, et pour qu’elles restent au service de la justice et de la miséricorde. 
Aussi, le degré (daradja, qui n’est pas prédominance) dont il est question ici n’est ni à généraliser sur l’ensemble de la relation conjugale entre un homme et une femme, ni de façon plus globale entre les femmes et les hommes dans tous les domaines : familiaux, sociaux, économiques et politiques. Que nenni ! Le propos est en soi clair. Il concerne le cas spécifique, dans celui du divorce, ou le couple se rend compte qu’ils attendent un enfant. Dans ce cas précis seulement, le Coran donne au mari une prérogative dont ne dispose pas l’épouse : le droit et la priorité de la reprendre durant la période de la grossesse. C’est la raison pour laquelle il prend le temps de mettre en exergue l’équilibre de principe qui existe entre les droits et les devoirs de la femme divorcée, avec dans le cas de l’attente d’un heureux événement (tout de même), un degré de plus pour le mari, une chance donnée au couple de se maintenir, à condition qu’il y ait une volonté de réconciliation. 
Beaucoup reste à dire sur ce passage et ses « consœurs », qui sont autant de sagesses que le Coran fait perler pour à chaque fois, sans parti pris, défendre les droits des femmes et rétablir les relations de couple sur la justice, la bienséance et la conscience de Dieu. En d’autres termes, tout le droit de la famille, du mariage à la naissance, du divorce au veuvage jusqu’à l’héritage, est par le Coran inspiré et induit à partir de ceux des femmes. De sorte qu’il est impossible aux hommes, de connaitre leur devoir et droit, du point de vue coranique, sans déterminer d’abord les droits des femmes. Telle est la réforme coranique qui fut détricotée et déprogrammée de sorte que le propos ici tenu, pourtant fondé, semble complètement étranger à la « tradition musulmane » (musulmaniste ?). 
b) Son témoignage ne vaut que la moitié de celui d’un homme
Deuxième passage tronqué, celui du témoignage des femmes dans les transactions financières, que d’aucuns font une preuve, une règle générale qui traduit l’inégalité intrinsèque entre femme et homme.  Sur ce sujet j’ai pu voir nombre de gens que je considérais intelligents se fourvoyer sans retenu. Que de considération à l’emporte-pièce n’ai-je pas entendu pour tirer de ce passage du Coran, ce qui selon eux est scientifiquement prouvé : l’infériorité naturelle physiologique, psychologique, neurologique et rationnelle de la femme par rapport à l’homme que le Coran, miracle scientifique oblige (en réalité du vent), viendrait confirmer. Bref, en réalité tout ce qui permet de clouer au sol les capacités humaines, au nom d’un ordre social qui se donne des airs d’ordre naturel, puis divin. 
Ainsi, selon cette compréhension préétablie, dans tous les cas de figure, quelque-soit le niveau d’éducation ou de compétence et le domaine concerné, le témoignage d’une femme, parce que femme, serait inférieur à celui d’un homme, juste parce que homme.  
Celui qui tient ce genre de propos ne doit pas beaucoup réfléchir. Ce dernier jamais, j’en suis sûr, ne demanderait à sa mère d’apporter un témoin supplémentaire pour corroborer son témoignage sur sa naissance, son enfance ou sur l’argent de poche qu’elle aurait décidé de lui octroyer ou non. Qu’en pensez-vous ?
Reprenons le passage en question qui d’ailleurs s’insère dans le signe le plus long du Coran et qui concerne les transactions financières et commerciales. Nous ne pouvons pas, au vu de la nature de cet écrit, reproduire tout le signe, mais juste l’extrait qui concerne les témoins lors de la contracture d’une dette, après avoir rendu obligatoire l’écriture de la reconnaissance de dette par un scribe tiers, sous la dictée de l’emprunteur :
« Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes. Et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux dont vous agréez comme témoins. Ainsi, si l’une d’elles s’égare, l’autre pourra lui rappeler (S2 ; s282). 
Il me plait, contrairement au littéraliste et à l’herméneutiste (tous les deux sont d’accord pour fragmenter le Livre et réduire son sens au contexte historique), de m’en tenir à ce que dit le Coran, ni plus ni moins. Ce, pour méditer ensuite sa profondeur et comprendre le sens et l’esprit de son propos sans l’encager dans le contexte ou ma partialité dans la mesure du possible. Il faut pour ce faire lyre le Coran. Or lorsqu’on « lie » ce passage, il n’est aucunement question d’un propos général et généralisable sur l’état mental et psychologique des femmes. Mais d’une procédure légale qui vise à rendre les transactions financières plus justes et moins tributaires des passions qui peuvent amener à de graves conflits. Il faut donc des témoins en plus de l’écrit. Et les femmes, qui rarement étaient/sont concernées par ces affaires (cela est vrai encore aujourd’hui dans de nombreuses sociétés) peuvent (doivent) aussi y participer. La raison d’être des deux femmes témoins demandées aux côtés d’un témoin homme, est clairement indiquée par le passage : le possible oubli et égarement de l’une que l’autre pourrait par sa présence corriger. C’est ce que dit le texte.
La question alors est qu’en est-il si nous nous assurons, soit par sa compétence avérée, soit par d’autres moyens, qu’elle n’oubliera pas ? Si le fait d’ajouter un homme à un autre (il faut deux témoins hommes) n’a pas signifié la mise en cause intrinsèques des capacités rationnelles du premier, pourquoi le fait d’ajouter une femme, en tant que témoin, à une autre signifierait-il ici cela ? Nous nageons en plein « dé-lire », où les choses, déliées de leur ensemble, n’ont plus de sens.
Mais pourquoi cette différenciation alors, pourrait-on me rétorquer? Je répondrai que la réponse n’est pas à chercher du côté de la nature mais de la culture. Elle n’est pas neurologique mais sociologique. Sinon, dans tous les autres passages du Livre où il est question de témoignage (dans le cas du testament, du divorce, de l’adultère etc), cela aurait été indiqué et appliqué. Or il n’a jamais été question dans le droit musulman d’apporter huit femmes témoins en l’absence de quatre hommes témoins, dans le cas par exemple de l’adultère. Non ? L’apport de deux femmes témoins à côté du témoignage d’un homme, en l’absence d’un second, est donc spécifique aux cas de la reconnaissance de dette, pour des raisons sociales qu’il est possible de dépasser. 

Bref, tout ça pour juste dire ce qui somme toute est simple :  la femme et l’homme sont égaux et les quelques différences qui peuvent exister, en matière de droit et de devoirs, sont dues à la prise en compte des spécificités biologiques que la révélation respecte mais n’absolutise pas moralement, et de la situation sociale injuste qu’il veut « dénaturaliser », corriger et moraliser avec pédagogie et équilibre. 
c) « …et le garçon n’est pas comme la fille »
Un autre passage fragmenté. Une autre pensée slogan exprimée par un bout de verset. Une personne qui m’enseigné le Coran, et qui par ailleurs était mon camarade, puisque nous étions tous deux élèves du Cheikh Ayoub, aimait mettre en exergue ce genre de passage pour me signifiait que les hommes seraient supérieurs aux femmes. Les étudiants qui nous écoutaient, et qui par ailleurs ne connaissaient pas nos relations, s’empressaient de me faire comprendre, lors de nos échanges qu’il provoquait, que je n’avais pas la compétence pour le contredire, puisque lui connaissait le Coran par cœur. Mais mémoriser n’est pas comprendre, surtout lorsque le puzzle du propos ne se réunit pas en harmonie dans l’esprit. Il lui manquait la méditation.
Alors voici ce fameux passage, brandi comme une évidence : 
– « …et le garçon n’est comme la fille… ». 
– Ah ! Oui ? Et alors ? Pas besoin d’études poussées pour vérifier ce fait. 
– « Oui mais c’est Dieu qui le dit, tu vois…aujourd’hui ils veulent faire en sorte qu’il n’y ait pas de différence entre homme et femme, ils veulent la parité, c’est n’importe quoi ».  
– « Tu mélanges les choses mon ami lui répondis-je. Qu’il se trouve des différences entre femmes et hommes, cela est indéniable, voire nécessaire pour la vie. Mais que fais tu de ce fait ? La différence biologique ou physique induit-elle nécessairement l’inégalité de droit ? L’égalité induit-elle l’uniformité et la mêmeté biologique et physique ? Et puis vous mélangeaient les choses. On parle du Coran et de son sens et vous me parlaient de politique, de mode de vies occidentales ou d’homosexualité. Ça n’a rien à voir. Où se trouve ce passage ? Dans quel contexte (dans le Livre) est-il énoncé ? Penons le Livre et lisons sans rajouter » :
 « Quand la femme d’Imran dit : « Mon Seigneur, je t’ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon sein. Accepte-le donc de moi. Tu es l’Audient, le Connaissant ». Puis, lorsqu’elle eut accouché d’elle, elle dit : « Mon Seigneur, j’ai accouché d’une fille ». Dieu savait bien ce dont elle avait accouché. ‘’Et le garçon n’est pas comme la fille’’. Je l’ai nommée Marie, et je la place sous ta protection, ainsi que sa descendance, contre le diable banni ». 
– « Comment pouvez-vous, ajoutais-je, faire de ce que la mère de Marie déclarait lors de la naissance de celle-ci, une règle générale cosmique universelle. Elle voulait un enfant qui soit dédié au culte et au service exclusif de Dieu. Ce qui de son point de vue est, à première vue, on peut le comprendre, plus adéquat pour un jeune garçon que pour une jeune fille. Pas la peine de faire un dessin. Et pourtant Dieu ne tiendra pas compte de ce point de vue culturel et social, et fera de celle qui n’était pas prévue pour ce type de dévouement religieux, parce que fille, un signe, un model et un miracle de vertu et d’élévation pour toute l’humanité, hommes et femmes, et dont sortira un autre miracle vivant, Jésus fils de Marie, Prophète et Messager de Dieu. Tout cela, grâce à une femme, qui dans le tréfond de son cœur, invoqua Dieu et fut par lui entendu. Alors cette fille, Marie, était-elle inferieure à un homme ?». 
Quelle fut leur réponse vous demandez-vous ? Juste l’entêtement habituel et cet argument « fatal » à chaque fois brandi par la bêtise : « Oui mais comment ça se fait que t’es le seul à dire ça. Y a plus savant que toi ! nos Salaf sâlih ont tout dit et les savants qui sont dans le minhaj les confirment ».
Que voulez-vous ? On ne peut éclairer celui qui ferme ces yeux. « Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir en arrière ». 
D’autres versets démembrés, victimes des mines antihumaines semées dans la conscience musulmane, sont à méditer et à relier en signes. C’est ce dont la suite de ce texte se chargera de continuer, pour ensuite rétablir ce que les signes du Coran proposent de vision cosmique et de réforme émancipatrice, concernant les relations femmes-hommes, en tant que socle sur lequel se fondent la société et la civilisation, si celles-ci veulent perdurer.

Source: ousmanetimera.unblog.fr 

L’éditorial: le coût de l’hypocrisie, par Camara Seydi Moussa 


Hypocrites sont les Mauritaniens dans leur écrasante majorité. Une malheureuse caractéristique qu’ils se partagent, sans discrimination… Ce comportement s’exprime dans tous les actes posés. 

Exemple : On sort d’un referendum où les bureaux de vote à Nouakchott ont été délaissés par les électeurs alors que l’affluence au meeting de clôture présidé dans la même ville par Ould Abdel Aziz a été historique.
Mais l’illustration la plus parfaite de ce vécu mauritanien est l’aspect organisationnel qui a entouré les visites du Président dans les quartiers à Nouakchott et particulièrement le quartier Sebkha ou 5ème Arrdt. Cette visite aux populations par le Président renseigne, une fois encore, sur le degré de la puissance de l’auto-manipulation (se mentir à soi-même) du système comme dans un passé récent où on créait des villages tout le long du trajet qu’empruntait le Président Maaouya. Des villages qui avaient comme durée de vie le temps du passage ou de l’écarquillement des yeux du chef. C’était l’expression totale de l’hypocrisie. Et rien n’a changé.
Ces rencontres hautement médiatisées ont été, dit-on, destinées au bas peuple même si certains caciques politiques locaux n’ont pas raté l’occasion de prendre la parole pour faire les louanges de l’hôte spécial du jour. Mieux. La palme d’or de la honte comportementale est revenue aux services de la mairie. La Communauté urbaine et la garde nationale ont déployé les moyens nécessaires pour dératiser, dépolluer et désinfecter pour requinquer l’image du quartier afin de recevoir le chef dans un environnement sain. Un chef qui est venu voir et comprendre le vécu des hommes et femmes de ces quartiers qui se confondent avec la pauvreté humaine primaire.
Mais le Président ne verra pas les eaux puantes, verdâtres et boueuses dans lesquelles ces populations pataugent depuis plus de deux ans. Ces sources d’épidémies et signes principaux d’impécuniosité ont hypocritement disparu. Ce décor naturel de la zone (quartier Sebkha) ne sera pas vu par Ould Abdel Aziz. La souffrance des ces pauvres hères doit être cachée pour le temps de la visite du Président. Une décision des organisateurs de ces visites et grandement exécutée par les services de madame la maire appuyée par la garde nationale.
Une hypocrisie malsaine qui témoigne du peu d’intérêt des services de la mairie mais surtout du sommet de l’Etat de la vie et de l’existence de ces misérables populations. Ces populations qui ont comme compagnons les mouches et les moustiques dans des odeurs intenables, une situation qui n’a jamais réellement préoccupé la Communauté urbaine. Un service public qui se transforme de jour en jour en boutique d’une dame sans projet ni ambition pour la ville de Nouakchott, la capitale-poubelle. Un autre crime de la Communauté urbaine et l’élite du pays que les populations qui ont pris la parole pour l’occasion n’ont pas su relever. Triste sort. 
Comme disait Thomas Sankara « L’esclave, qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Seule la lutte paie » 
Pour cette magnifique occasion qui s’offrait aux populations pour parler de leur situation, on parla surtout de l’alcool frelaté (Soumsoum), d’insécurité, d’étrangers ou de la musique de la gent juvénile et autres. Et on voit les « proches collaborateurs » qui accompagnent le Président prendre note…
Le coût de cette hypocrisie, aujourd’hui, est tout simplement la déchéance à tous les niveaux. La Mauritanie se transforme en une société de mythomanes, de tricheurs, de tireurs à flanc où tout est farce. 
Ici et là en Mauritanie, fais ce que tu veux où tu veux et comme tu veux, personne ne te prendra au sérieux même si tu es sérieux… Car le menteur et le flagorneur sont déjà passés par là. On est réellement perdu. Les valeurs s’écartèlent entre pilleurs et collabos et la confusion est entretenue : le digne citoyen et le citoyen fourbe sont fêtés de la même façon.
L’honneur s’est éclipsé pour laisser s’installer la comédie et nos valeurs d’hommes libres – produits d’une belle et rayonnante histoire multiforme, multiséculaire et multidimensionnelle- s’atrophient par la translation de l’autre moi sur notre moi. 
La Mauritanie a perdu son chemin.

Camara Seydi Moussa



Source: la Nouvelle Expression