L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été condamné mercredi par contumace à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’État en 1987. Le tribunal militaire de Ouagadougou a également condamné à la perpétuité le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987. Blaise Compaoré, en exil depuis 2014 en Côte d’Ivoire, et Hyacinthe Kafando, en fuite depuis 2016, étaient absents de ce procès qui avait débuté il y a six mois.
La nouvelle ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Mme Lalya Camara, n’est pas n’importe qui. Elle est la fille de l’ancien ministre et actuel député à l’Assemblée Nationale, Camara Aly Guéladio. Mais c’est une « petite fille » que le Président Ghazouani et son Premier ministre Ould Bilal ont coopté sans leur assentiment, aux yeux de la féodalité masochiste et gérontocratique du Guidimagha, encore arc-boutée sur le pouvoir des anciens.
La nomination de cette Soninké bien née, ne répondrait pas seulement au dosage tribalo et ethno régionaliste, comme il est courant dans la formation de tous les gouvernements mauritaniens, mais résulte d’une compétence avérée. Diplômée de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales avec un master en Finance d’Entreprises en poche, Lalya Camara est aussi une experte dans le domaine de l’Audit, de l’investissement et de l’entreprenariat au niveau national, international et régional, notamment dans la région du Sahel. Elle a mené des études pour le compte de la Banque Mondiale et de l’Union européenne, et a travaillé au siège de l’ASECNA à Dakar comme chargée de mission et analyste financière. Elle a aussi une bonne expérience de la société civile en tant que présidente du Réseau Femmes Actives en Mauritanie (FAM).
Des échos provenant de son Darfor natal et de son Guidimagha ancestral parlent d’une nomination bien saluée par les populations locales qui y voient un mérite renouvelé à la gent feminine et un encouragement à sa participation aux postes clés de décision. Une nomination qui tend à résorber des survivances d’us et de coutumes rétrogrades et désuètes, en total déphasage avec l’évolution du monde et les exigences de développement.
Beaucoup d’observateurs voient dans la nomination de Lalya Camara et de toutes ces femmes qui font leur entrée dans le gouvernement, un acte symbolique de la part du président Ghazounani et de son Premier ministre, Mohamed Ould Bilal, qui tend à gommer les considérations de classe et de genre, ainsi qu’une certaine stratification figée par les siècles dans une région comme le Guidimagha. Les premières manifestation d’allégresse qui ont accompagné la nomination de LalyaCamara dans sa région natale, par plusieurs villages dans la diversité de leurs communautés, sonnent comme une marque de reconnaissance à cette décision. Les populations y voient enfin l’amorce d’un changement substantiel et un espoir réel pour les jeunes et les femmes de la région.
La nouvelle ministre de l’Emploi est décrite comme proche des populations, équidistante de toutes les communautés, par-delà les clivages ethniques et politiques, des dissensions desquelles se nourrissaient les caciques locaux.
Pour beaucoup de cadres et intellectuels du Guidimagha, une certaine gérontocratie politique au Guidimagha serait sans doute la seule frange à percevoir à travers cette nomination, une menace réelle à sa suprématie séculaire en proie à l’usure du temps.
Le porte-parole du gouvernement Maalainine Ould Eyeh a annoncé que le président Mohamed OuldEl-Ghazouani a désigné le ministre-secrétaire général de la présidence Yahya Ould El-Waghif pour superviser les travaux du comité préparatoire du dialogue national.
Ould Eyih a souligné que les partis politiques avaient demandé au président Ghazouani de nommer un responsable du comité préparatoire du dialogue national, ajoutant qu’il a choisi Ould Al Waghif pour accomplir cette tâche.
L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été condamné mercredi par contumace à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur ThomasSankara, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’État en 1987. Le tribunal militaire de Ouagadougou a également condamné à la perpétuité le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando et le général GilbertDiendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987. BlaiseCompaoré, en exil depuis 2014 en Côte d’Ivoire, et Hyacinthe Kafando, en fuite depuis 2016, étaient absents de ce procès qui avait débuté il y a six mois.
Sahara Média – La ministre mauritanienne de l’emploi et de la formation professionnelle, LalyaCamara a invité lundi ses collaborateurs au niveau du ministère à travailler dans un esprit d’équipe afin de réussir un travail efficace.
La nouvelle ministre, entrée dans le gouvernement lors du dernier remaniement, visitait certaines directions relevant du secteur de l’emploi et la formation professionnelle.
Elle a ajouté qu’elle mesurait l’ampleur de la responsabilité qui est celle de son département avant d’inviter les cadres du ministère à travailler efficacement afin de parvenir aux résultats fixés par le gouvernement dans le cadre de l’emploi et la formation professionnelle.
La ministre a fixé le programme des prochaines semaines pour déterminer les priorités du département et établir une feuille de route pour cela.
En réunissant son deuxième gouvernement après sa nomination, le premier ministre Mohamed O. Bilal lui a fixé 5 objectifs : l’ouverture en direction des citoyens, la fermeté dans la consolidation des règles de transparence, la consolidation des valeurs du travail, en plus du développement des règles de celui-ci et le travail dans un esprit d’une équipe solidaire.
C’est un raccourci récurrent ou même une stratégie subtile de fuite en avant, qui ressort facilement venant de milieux défenseurs du statu quo sociétal dans nos communautés. Pour eux, une personne qui ose bruyamment exposer et s’exposer en dénonçant nos tares honteuses entretenues socialement et politiquement, est un faux militant haineux en quête de lumière en s’attaquant violemment disent-ils au régime sociétal harmonieux quasiment d’ordre divin. Certains d’une sensibilité déconcertante sur les problématiques liées à la structure sociale discriminatoire et ségrégationniste de nos sociétés négro-africaines, perdent subitement toute lucidité et lâchent les vannes caricaturales et stigmatisantes sur les militants abolitionnistes intra muros. Ils diraient ces égarés qui dérangent tant dans notre narratif de « victimes homogènes » d’un dit affreux racisme d’État, et qu’on chercherait d’autres mesures coercitives adéquates pour les contenir dans les rangs. Disons-le , il n’y a pas d’une figure plus diabolisée et honnie foncièrement pour les mobilisés défenseurs de l’immobilisme féodal qu’une personne engagée contre l’hégémonie sociale de l’ordre féodalo-esclavagiste. Le rejet surgit souvent de son giron d’extraction sociale au sein duquel l’incompréhension va saigner la poisse chez certains de siens maladivement acquis à l’ordre dominant. Ainsi elle va symboliser ce mouton noir fonçant à l’envers du troupeau dressé à accepter avec fatalité du faire-valoir social.
L’éveillé qui s’interroge et questionne beaucoup, est combattu, sali, moqué, indexé et traité de haineux. Lui est reproché son entêtement à vouloir contester les assignations qui les relèguent (lui et les siens) historiquement aux seconds rôles dans la communauté. Aujourd’hui un fourre-tout mis à l’actif d’un racisme dit d’État, est une fine chansonnette qui s’entend bien parmi les chapelles communautaro-nationalistes du camp négro-africain (hors haratines). Une mobilisation argumentative est bien rodée à dessein, le système étatique serait raciste et esclavagiste, une fois dit, la tâche complexe est de savoir Quoi ou Qui est ce contenu raciste et esclavagiste dans leur entendement. La rengaine binaire qui schématise Noirs victimes de tout et Blancs (arabo-berbères) responsables de tout, est une arnaque qui a trop longtemps berné le monde extérieur. Et un militant droit-de-lhommiste sincère intellectuellement ne peut se laisser embarqué dans un narratif pipé de contre-vérités sur les réalités.
Ces réalités qui sonnent comme suit dans nos communautés régies par l’ordre féodalo-esclavagiste :
Un véritable apartheid sociétal et coutumo-religieux où les gens sont physiquement ensemble avec beaucoup d’hypocrisie mais séparés hermétiquement par des murs invisibles qui assignent et hiérarchisent en pur et en impur de naissance.
Indexer, affronter et interroger ouvertement les méfaits évidents de ces réalités, nécessite un grand courage. Ainsi un.e militant.e anti-féodalité est très courageux mais pas haineux. Il n’en a pas besoin, et ceux qui l’en accusent, font sciemment de la diversion honteuse. On ne supporte pas son engagement pertinemment argumenté qui dévoile nos angles morts faits d’un tissu de tabous. Ces tabous sociaux qui font l’assise des violences silencieuses perpétrées impitoyablement à l’encontre de certains membres assignés « mal nés » dans nos communautés. Une situation trans-communautaire qui a été dénoncée ouvertement ces derniers mois par le président de la république en personne et également par le président de l’Assemblée nationale en des termes inédits. Un militant anti-esclavagiste issu de toute communauté qui ce soit ne dirait pas plus pas moins que les propos de nos 2 hautes personnalités de l’État. Bizarrement lui, il serait haineux. Lui et les siens qui ont compris et vivent tout près de cette juxtaposition sociale foncièrement hypocrite qui s’assume difficilement. Que je suis tenté de résumer machinalement aux propos caricaturaux d’un activiste influenceur suprémaciste d’origine maghrébine vivant en France, Bassem qui lance souvent à ses frères renois (Noirs) , en substance « avec vous, frère oui, mais jamais beau frère ». Un cas clasheur d’une sincérité notable qui dit tout haut ce qui se dit dans l’enclos de l’entre-soi.
En conclusion, le militant droit-de-lhommiste engagé contre les mentalités rétrogrades de la féodalité communautaire et de l’esclavage par ascendance, n’est pas un haineux, mais IL A COMPRIS TOUT SIMPLEMENT que le narratif militant balisé au parfum racial voire raciste est une pure duperie.
• Liens médias des discours du président de la république 🇲🇷 et du président de l’Assemblée nationale :
Le Premier ministre, M. Mohamed OuldBilal Messoud, a tenu, samedi à Nouakchott, une réunion avec les nouveaux ministres qui ont été nommés le 31 mars 2022.
Au début de la rencontre, le Premier ministre a félicité les ministres pour la confiance placée en eux par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, leur souhaitant plein succès dans les missions qui leur sont confiées , de manière à concrétiser les hautes orientations du Président de la République données au nouveau gouvernement pour œuvrer en vue de permettre à l’administration d’être un outil efficace de développement, de servir les populations et de matérialiser les valeurs de la justice et d’équité.
A cette occasion, le Premier ministre a instruit les ministres:
-de faire preuve d’ouverture sur les populations et d’être proches d’elles de manière à faciliter leur accès aux services publics et à leur permettre de bénéficier de leurs droits dans de bonnes conditions,
-de faire preuve de rigueur dans la concrétisation des règles de transparence, de justice et d’équité ainsi que des principes de la bonne gouvernance dans la gestion des ressources financières et des affaires publiques,
-à appliquer les valeurs de travail, de respect de dignité, de sérieux et de conjugaison des efforts pour accélérer le rythme d’exécution des programmes du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, des contenus de ses discours et des différents plans gouvernementaux tracés à cet effet,
– à développer les méthodes de travail en se basant les outils modernes de programmation, de suivi et d’évaluation et de manière à garantir l’efficacité et la réalisation des objectifs escomptés,
– à œuvrer avec l’esprit d’une même équipe solidaire pour surmonter tous les obstacles qui entravent les réformes structurelles et organisationnelles nécessaires pour l’amélioration du rendement de l’administration, de manière à garantir la prise en charge des besoins et des doléances des citoyens et à répondre à leurs aspirations sur tous les plans.
Pour atteindre ces objectifs, le Premier ministre a donné aux ministres toutes les données relatives à la méthodologie et aux normes du travail gouvernemental , les appelant à les respecter en permanence, s’agissant des références essentielles sur lesquelles repose le travail gouvernemental, conformément au programme électoral du Président de la République qui est contenu dans la politique générale du gouvernement et dans les stratégies et plans d’action sectoriel ainsi que dans les charges confiées aux ministres et la stratégie de développement accéléré et de bien être partagé.
Jeudi 31 Mars 2022 à Dafort, chef-lieu de la commune du même nom, s’est tenue une rencontre citoyenne entre plusieurs membres et militants du parti RAG. Le parti Radical Pour une Action Globale, l’aile politique de l’ONG abolitionniste mauritanien IRA du président BiramDah Abeid, s’inscrit dans une dynamique d’implantation dans différentes localités de l’intérieur du pays.
Lors de cet événement d’échanges fructueux avec la présence de cadres du parti venus de Ould yenge et Selibaby, et des représentants de différentes localités de la Commune, une instance dirigeante a été mise en place au niveau local.
ALAKHBAR (Nouakchott) Le ministre secrétaire général de la Présidence de la République mauritanienne Yahya OuldWaghf a annoncé jeudi, le nouveau gouvernement de Mohamed Ould Bilal, lequel a été reconduit au poste de premier ministre 24 heures après sa démission.
– Ministre de la Justice / Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoulah Ould Boya
– Ministre des Affaires étrangères de la coopération et des mauritaniens de l’extérieur/ Mohamed Salem Ould Marzoug
– Ministre de la Défense nationale / Hanana Ould Sidi
– Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation / Mohamed Ahmed M
– Ministre de l’Économie / Ousmane Mamoudou Kane
– Ministre des Finances / Isselmou Mohhamed Mbaye
– Ministre des Affaires Islamiques / Dah Ould Sidi Ould Amar Taleb
– Ministre de l’Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement / Mohamed Melainine Ould Eyih
– Ministre du Pétrole, des Mines et de l’Énergie / Abdessalem Ould Mohamed Saleh
– Ministre de la Fonction publique et du Travail / Mohamed Abdelllah Othman
– Ministre de la Santé / Mokhtar Ould Dahi
– Ministre de la Transformation Numérique / Cheikh Kebir Moulaye Taher
– Ministre des Pêches / Mohamed Ould Abdine Ould Maïev
– Ministre du Commerce et du Tourisme / Lemrabott Ould Bennahi
– Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme / Sid’Ahmed Ould Mohamed
– Ministre du Développement rural / Mohamed Ould Sweidatt
– Ministre de l’Agriculture / Adama Bocar Sogo
– Ministre du Travail et de la Formation professionnelle / Lalia Camara
– Ministre de l’Équipement et des Transports / Mokhtar Ould Ahmed Yedali
– Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement / Sidi Mohamed Taleb Amar
– Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique / Mohamed Lemine Ould Abi
– Ministre de la Culture, des Sports et des Relations avec le Parlement / Khattar Ould Cheibani
– Ministre du Travail social / Safiya Mint Intaha
– Ministre de l’Environnement / Aissata Oda Diallo
– Ministre, Secrétaire général du gouvernement / Zainab Mint Ahmedna
Le Calame – Après son discours à Ouadane puis sa sortie en Espagne sur l’état de pauvreté du pays, le président de la République s’est adressé, il y a quelques jours, aux autorités administratives du pays (walis).
Et le moins qu’on puisse dire est que le président-marabout n’est pas passé par quatre chemins : ce fut une véritable charge contre ses représentants auprès des citoyens dans les régions, ces hauts fonctionnaires censés apporter des solutions à des problèmes immédiats ; à défaut, les remonter au sommet. Le diagnostic est accablant : l’administration est nulle, incompétente, improductive…
Nous sommes en train de récolter les conséquences des formations « approximatives » de nos administrateurs et de leurs recrutements complaisants, du népotisme institué depuis des années par les gouvernants.
Les déclarations du ministre des Affaires économiques et des secteurs productifs sur l’exécution des projets de l’État en est une illustration parfaite. Notre pays a fait preuve d’incapacité à absorber les financements dont il a bénéficié de la part des partenaires techniques et financiers. Un désaveu qui restait sans suite au niveau de la présidence de la République.
Ce que dit le Raïs n’est pas nouveau : presque tous les mauritaniens qui ont un jour eu à faire à cette administration le savent. En plus de son incompétence, elle brille ordinairement par la discrétion de son zèle et son inaccessibilité. Walis et Hakems sont, soit occupés, soit absents de leur bureau. En certains endroits, c’est parce qu’il ne parle pas la langue des populations locales ou refuse de parler la langue de l’administration, comme le français par exemple, que l’un ou l’autre est inaccessible.
Après la vacation du matin et le compte-rendu des mains courantes, nos administrateurs civils et de sécurité en région occupent le reste de leur temps au téléphone à s’informer de ce qui se passe à Nouakchott, écouter les ragots des agents dits de renseignements, s’enquérir du sort du bétail, etc.
Nos walis s’intéressent aussi à l’ouverture du moindre séminaire qui se tient dans leur coin, histoire d’en récolter perdiem et carburant. S’occuper de comment améliorer les conditions de vie des gens ne les préoccupe guère, sauf s’il y a des terrains à distribuer ou l’ordre venu « d’en haut » de régler un problème d’eau, de santé ou d’école : là, ils s’agitent.
Mais la médiocrité ne touche pas que l’administration territoriale, elle gangrène tout le corps du pays. Rendez-vous dans les services des départements ministériels de la capitale, ou ceux d’état-civil : vous en sortirez dégoûté par les lenteurs, la nonchalance des fonctionnaires et agents, leur ignorance même. Bien habillés, bien calés dans leurs fauteuils, ils daignent à peine, scotchés à leur téléphone ou ordinateur, sinon carrément dédaignent, à vous répondre. S’agit-il de produire un document ? Vous voilà à aller et venir. Nos fonctionnaires et agents ne se décarcassent qu’à la condition d’en tirer profit pécuniaire.
Société malade
Et en avant la corruption ! En avant les travaux de réhabilitation, constructions et autres aménagements, afin d’en tirer des commissions ! De purs cosmétiques pour voler l’argent du pays ! Comment un fonctionnaire de l’État peut-il rouler en VX ou V8, loger dans un palais ? En volant ou recourant à des activités illicites, genre trafics de drogues, de voitures, voire d’armes, le tout dans une complaisance et une impunité assurée pour les malfrats et les carambouilleurs ! Mais d’où nous est venue cette médiocrité, ce souci permanent de toujours amasser de l’argent, à exhiber un luxe insolent et frustrant ?
De l’école à deux vitesses. Si notre société est malade, c’est parce que son école l’est aussi. Médiocre à tous les niveaux (primaire, secondaire, supérieur, centre de formations…), faute à de mauvais enseignements, mauvaises formations des enseignants, réformes en cascade nourries d’idéologies discriminatoires. Dans notre système d’enseignement, les élèves ne redoublent quasiment plus, les notes sont gonflées, falsifiées…
Certains ont la « chance », d’autres non. La triche a ruiné l’école et gangrené la société mauritanienne. Au lieu de réfléchir sur l’école d’aujourd’hui pour envisager la société de demain, nous, on palabre, boit du thé, applaudit et se sépare. Ce fut le cas de nos dernières journées nationales de concertations sur la réforme de l’Éducation. Nos élèves apprennent à tricher, c’est-à-dire à voler, dès l’enfance. Comment les empêcher de carotter les biens publics, alors qu’ils voient leur propre père entretenir un train de vie avec des moyens douteux ?
Devenus fonctionnaires, nos enfants copient et collent la vie de leur famille. Si, aux États-Unis, les jeunes américains apprennent à se considérer, dès leur plus jeune âge, supérieurs à tous les autres – dans la réussite bien évidemment – ici, en revanche, c’est à tricher qu’on leur apprend, dès l’école primaire voire le préscolaire…
Voilà comment ils se retrouveront à dérober l’argent : marchés de complaisance, voitures, terrains, armes… à trafiquer les médicaments, les documents d’impôt…tout et n’importe quoi, en somme ! La triche s’est incrustée dans notre ADN. Certains veulent de l’argent, beaucoup d’argent et tout de suite. Un fonctionnaire ou un homme d’affaires l’amasse en quelques petites années, il lui suffit d’avoir un « piston », de savoir graisser la patte ou « bien » tricher.
Chez nous, on a vu des personnes fêter la libération de prison des leurs accusés de corruption, en offrant en cadeau des chameaux immolés publiquement. On a entendu des fonctionnaires dire qu’il leur est impossible de vivre dans la misère alors qu’ils gèrent des milliards de l’État. Le tribalisme et l’incivisme sont venus couronner le tout, portant un coup fatal à la gouvernance, à la démocratie et au vivre ensemble.
Le diagnostic de Mohamed ould Ghazwani est certes accablant, c’est un réquisitoire sans équivoque pour toute la société mauritanienne. Reste maintenant la sentence.
Que va faire le président de la République après cette sortie salée contre les walis ? Inviter les incapables à démissionner serait sans effet. Pas grand-chose donc à attendre de ce côté-là. Le président ne connaît-il pas les walis, ministres, chefs de projets et directeurs incapables ? Il doit avoir le courage de les vider. Mais le problème est que, depuis son arrivée au pouvoir, il hésite à se débarrasser des brebis galeuses et des casseroles qu’elles traînent. Et Dieu sait combien il y en a dans son entourage immédiat, gouvernement, parti et administration !
Au lieu de nettoyer les écuries d’Augias, il continue à recycler les fonctionnaires connus pour s’être vautrés dans la gabegie. Quoique leur gestion décriée soit plus que notoire, certains continuent à occuper des places de choix dans l’Administration.
On a attendu en vain un coup de balai dans cette galaxie. Surtout après la réunion du Raïs avec les ministres de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire, de l’Équipement et des transports et du délégué de Taazour où il leur aurait exprimé son mécontentement devant les lenteurs dans l’exécution de ses engagements électoraux.
Que s’est-il passé après ? Rien. Aujourd’hui qu’il a fini de poser le diagnostic au niveau de l’administration, va-t-il la débarrasser des incapables ? Va-t-il enfin rendre opérationnelle la commission nationale de décentralisation fondée depuis des mois et dont on attend le décret d’application ? Va-t-il enfin rétablir les victimes d’injustice dans leurs droits, comme il s’y était engagé lors de sa campagne à la présidentielle 2019 ?
Aura-t-il enfin une oreille sensible à tous ceux qui dénoncent les inégalités, les injustices, les promotions monocolores ? Va-t-il enfin mettre fin à la gabegie qui se poursuit depuis trois ans, mettre de l’ordre dans les spéculations sur des denrées de première nécessité ? Le président peut être animé de bonnes intentions mais les Mauritaniens attendent de lui des actes. Les irrégularités relevées par l’IGE ou la Cour des comptes sur la gestion du fonds COVID, la disparition de près d’un millier de voitures de l’État n’offrent-elles pas l’occasion pour le Palais de sévir ?
Donner des numéros d’appel gratuit aux citoyens, comme l’a fait avec promptitude le ministère de la Santé, restera sans effet, on l’a vu avec les problèmes des pharmacies et les prix des denrées alimentaires. C’est un parcours du combattant qui ne vaut pas le coup : on ne vous répond pas et, quand cela arrive, les contrevenants signalés finissent toujours par échapper, interventionnisme aidant. Ici, les puissants bénéficient de l’impunité.
Ce genre de mesure est de nature à détourner de l’essentiel et risque de susciter une espèce de compétition au sein de l’Administration. Il faut agir, Président, il faut agir sans plus tarder !
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.