Que réserve la grande muette au colonel Sidi Ould Bilal, l’officier méritant? | Par Maham Youssouf



Plongeant dans la lecture ce moment ci, revisitant mes fiches d’archives et ma petite bibliothèque bien fournie, je l’avoue; je tombe en plus du Verbatim tome I de Jacques Attali, sur le livre du colonel sidi Ould Bilal, La Mauritanie, la racine, c’est ainsi que l’idée du questionnement mentionnée en titre m’est parvenue.

Dans ce livre, la richesse du contenu, l’élégance de la démarche et l’honnêteté intellectuelle pour bien restituer l’histoire ont été de mise et seduisirent plus qu’un, bref, un vrai chef d’oeuvre.
Le parcourant de fond en comble pour la deuxième fois, je découvre que chaque chapitre est un apprentissage et que chaque paragraphe est une culture.

Après la rédaction du dit livre au temps d’Aziz, dans le quel beaucoup d’anachronismes soulevés et d’injustices dévoilées notamment les foudres de la marginalisation, de l’exclusion et de l’humiliation dont fait objet la communauté Haratine dont est issu le vaillant officier.
Depuis lors il est mis sous le rétroviseur de la grande muette et ne cessait d’en subir les conséquences parfois les plus désagréables. Ce qui ne devait pas être vu la carrure de l’homme.

Cette ressource valable mérite plus que cette dérive qui le moins que l’on puisse dire discriminatoire, qu’elle fait objet depuis la décennie passée ; étant ainsi, le gâchis ne peut être qu’énorme aussi bien pour le corps auquel il appartient ( La garde nationale) mais aussi pour toute la république.

Qu’a-t-il de différent de ceux qui viennent d’être élevés au grade de général? Rien, que lui tombe sous le poids hideux de la discrimination fondée sur l’origine et la naissance, de telle attitude est source de frustration grandissante au sein d’un corps sensé être organisé, discipliné et socle d’unité nationale, ce que malheureusement beaucoup de voix s’accordent en voyant tout à fait le contraire.
Notre tissu social grandement affecté mérite de nous beaucoup de sacrifices et plus de justice.

Sous d’autres cieux notre vaillant officier patriote constituerait une fierté nationale et occuperait un poste de commandement qui lui est sied, mais c’est triste que dans notre pays les pesanteurs sociétales subjectives font de lui un officier d’origine haratine avec toutes les charges péjoratives que celle-ci comporte, loin des critères objectifs qui sont : la probité morale et intellectuelle, le service sous le drapeu et le dévouement patriotique, les connaissances cognitives, le référentiel des diplômes etc etc…Que c ‘est dommage!

Quant est ce que saurions nous que ce qui fait le charme de la vie, n’est rien d’autre que le bon vivre ensemble dans la diversité? Et que ce qui nous apporte ce confort au gaité des coeurs est la participation de tous les individus, toutes les races, toutes les communautés, bref toute notre diversité culturelle enrrechissante.

Aujourd’hui, avec ce climat d’apaisement, l’espoir est permis que notre valeureux officier qui par son livre , La Mauritanie, la racine l’elan de solidarité toutes les communautés confondues est sa appelle, recouvre tous ses droits et que cette injustice qui le frappe soit levée, ceci ne peut que contribuer d’avantage à renforcer cette quiétude et paix sociale déjà amorcées.

Et comme disait l’un des compagnons du Prophète (PSL), on peut bâtir un État sur la mécréance mais guère sur l’injustice.
كذا لك يقول للنبي محمد صلى الله عليه وسلم اتقو دعوة المظلوم فإن ليس بينها وبين الله حجاب.
صدق رسول الله.

MAHAM YOUSSOUF.

Un crime contre l’humanité ne peut être une fierté culturelle ! | Par l’abolitionniste mauritanien Diko Hanoune

Quand on est fier d’être culturellement un criminel (esclavagiste), il y a de quoi à inquiéter la terre entière. L’esclavage est un crime contre l’humanité comment peut on être fier du crime d’une société inconsciente au point d’en faire une culture carrément ? Où avez vous vue où su dans le monde une société consciente fière de son génocide, de son crime au point d’en faire une fierté culturelle ?
La culture, c’est avant tout une bonne éducation de la science du savoir, des connaissances non comme semble croire certains africains qui la placent au niveau des festivités seulement (musique, danse, moquerie, rabaissement d’humains sur des préjugés etc…)

La culture a comme dénominateur premier: du va savoir, ramènes nous de ce que tu sauras là bas que du bien pour apprendre la société à le faire, non va savoir et revient, insère toi et tait toi comme nos lettrés le font actuellement. Dommage pour l’Afrique toute entière !

Certains refusent qu’on dénonce l’esclavage traditionnel dans les sociétés africaines sous prétexte c’est leur culture, celui qui s’attaque à cette culture criminelle est une menace pour l’Afrique et les sociétés négro-mauritaniennes en particulier. Ils sont fiers, se bombent le torse sur une culture criminelle au point que des associations culturelles poussent comme des champignons partout pour défendre un crime déguisé en culture.

Le malheur est que ces associations culturelles reçoivent des subventions et dons des états et autres organismes internationaux pendant que les vrais ONG qui luttent contre ce crime abject sont mises dans un embargo total. Allez comprendre pourquoi l’Afrique n’avance pas ? L’ennemi public des états se sont les défenseurs des droits de l’homme non l’injustice désormais placée au rang d’un phénomène “culturel”.

Que Dieu nous préserve de l’hypocrisie sociétale !

Diko hanoune / Militant Abolitionniste Mauritanien

©️ Crédit source : https://haratine.blogspot.com/2021/05/un-crime-contre-lhumanite-ne-peut-etre.html?spref=fb&m=1

Amadou Hampaté Ba, un maître universel (Hommage à l’occasion des 30 ans de son décès) | Par le mathématicien Sy Mahamadou

Je peux dire en toute fidélité qu’Amadou Hampaté Ba fut, à travers ma lecture permanente de son œuvre durant mon adolescence, l’homme qui m’a le plus influencé sur un plan personnel, culturel et philosophique. Je lisais les bouquins de Hampaté que j’empruntais à la bibliothèque du lycée de Kaédi, je les relisais presque sans arrêt ! J’y passais le plus clair de mes weekends, temps normalement destiné, dans mon cas précis, à me ressourcer du climat familier de mon village avant de retourner passer la semaine à Dimmbee-Jooroo (1). Mais, assis sur la chaise en fer garancée que le temps et l’extrême demande par divers séants ont commencé à ternir, je lisais Hampaté au sein d’un climat virtuel extrêmement intense. Le monde virtuel qui se déployait alors donnait bizarrement plus de sens à cette atmosphère familiale que je respirais à l’ombre, posé sur mon siège astucieusement incliné de sorte que les pieds avant restent en l’air tandis que la traverse employait fièrement le mur comme support et que les deux pieds arrière s’enfonçaient un peu plus que d’habitude dans le sol pour éviter un glissement de l’ensemble. C’était comme si la manœuvre que je menais instinctivement pour maintenir subtilement cet équilibre quelque peu équestre et hautement instable servait de base à mon immersion dans cet immense univers qui se dépliait le long des pages, de par les détails qui émergeaient à chaque coin de phrase et les structures qui prenaient forme au fur et à mesure que l’on montait les chapitres. Chez Hampaté, et conformément à l’école traditionnelle de la vieille Afrique, le conte merveilleux n’est jamais très éloigné des affaires humaines à l’œuvre au cœur de la lutte quotidienne : la patience, le savoir, la souffrance, l’intelligence, l’ambition, le pouvoir, la morale, l’amitié, l’amour, la spiritualité, la différence, le respect, l’adversité, la jalousie et bien d’autres composantes de la vie humaine sont savamment intégrés que ça soit dans Petit Bodiel et les subterfuges du léporidé dans ses relations conflictuelles avec les grands mammifères de la brousse, ou dans Njeddo Dewal face aux prouesses du petit prodige Bâgumâwel au Heli-E-Yooyo, le berceau mythique des Peuls. La trilogie Kuumen, Kaidara et Laaytere Koodal (l’éclat de la grande étoile) est une visite des profondeurs de la philosophie traditionnelle des Peuls, dans ses racines mythologiques contenant des relents d’une société originelle – imaginaire ? – basée sur le duo mystique-spiritualité. Lootori (ou bain rituel) est une poésie traditionnelle aux vers divins, anciennement pratiquée au réveillon et au jour de l’an Peul où les campagnards, après une veillée de chants, descendent, à l’aube, au cours d’eau le plus proche pour baigner leur bovidé en déclamant les paroles-vœux dans une harmonie difficile à atteindre. Cette ode à la vache, être central de la culture des Peuls spécialisés dans l’élevage, contient également des vers d’amour qui chantent les louanges de la nature dans laquelle le Peul traditionnel se reconnaissait avec dévotion.
Mais, au-delà de la culture peule, Hampâté fut surtout un cadeau précieux pour l’Afrique et le monde pour avoir été un brillant esprit né au moment crucial où le sort des sociétés africaines (et de la diversité culturelle du monde en général) devait connaître un bouleversement sans précédent. Il eut des capacités hors du commun à jouer deux rôles-clés qui auront des conséquences marquantes dans le devenir de l’imaginaire collectif : d’abord il fut dépositaire d’un certain patrimoine traditionnel, oral pour l’essentiel ; et ensuite, le plus important, il joua le rôle d’un passeur culturel talentueux et très productif. Amadou Hampaté Ba fut une mémoire de la société traditionnelle qui a su, par la beauté et par la sagesse qu’elle contenait, se faire une place dans un « monde moderne » fortement caractérisé par des courants hostiles, par construction, à la tradition. Le génie de Hampaté était certainement d’avoir su porter et plaider pour cet héritage culturel sans tomber dans le piège du passéisme. C’est pour cela d’ailleurs que l’on peine à trouver dans son œuvre une quelconque mise en opposition entre la tradition et la modernité ; on ressent plutôt, à la sortie de celle-ci, un lien profond entre les deux mondes ; une multiplication de possibilités s’opère alors, et on revient doté d’ouvertures inédites qui, toutes, tendent vers l’universalité.
Un enseignant, il le fut ; il a dû l’être durant toute sa vie, et ce conformément aux valeurs qu’il a acquises à l’initiation traditionnelle. Le plus important est qu’au moment où les valeurs de cette initiation sont dévoyées et que celle-ci est pratiquée inconsciemment pour servir à des bassesses humaines, Hampaté resta authentique et fidèle à sa discipline. Faisant preuve de sagesse, d’honnêteté et d’une grande modestie, il s’est employé à la transmission et à la sauvegarde à la différence de ceux qui ont sauté sur l’occasion pour se construire une position de pouvoir en entrainant des gens dans les bas-fonds de l’ignorance. Je vais terminer avec un conseil que le vieux sage darda au cours d’une de ses prises de parole à l’Unesco :
« Si vous voulez faire une oeuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains. »

(1) : Nom apologique de la ville de Kaédi. Comme toute digne localité du Fuuta, Kaédi a son apologie dans la poésie populaire.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=809777853279804&id=100027427912973

[Vidéo] En Mauritanie, la CNDH se penche sur l’esclavage dans son dernier rapport

VOA Afrique – Le dernier rapport de la Commission nationale des droits de l’Homme en Mauritanie s’est beaucoup focalisé sur l’esclavage.

C’est pour dire que désormais on évoque le phénomène sans tabou. C’est en tout cas le message de la Commission. Mais des ONG locales restent méfiantes et demandent l’application des textes à la lettre.

« Nous avons parfois des ONGs qui déclarent des cas d’esclavage sans être documentés et malheureusement, ça fait tache d’huile sur la place internationale, alors que nous savons qu’au fond, certains de ces cas ne sont pas documentés. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas d’esclavage. Nous sommes prêts à les affronter, mais prêts à affronter des cas réels », affirme le président de la CNDH, Maître Ahmed Salem Bouhoubeiny.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745069

Mauritanie : Sélibaby en tête des données relatives au coronavirus


La wilaya du Guidimakha est arrivée en tête des toutes celles du pays quant aux données relatives au coronavirus, qu’il s’agisse du nombre de cas actifs ou encore du nombre de guérisons.

Selon les données publiées samedi par le ministère mauritanien de la santé, ses services ont enregistré 99 cas actifs de la maladie dans cette wilaya, dépassant celles de Nouakchott réunies où le nombre de cas actifs est de 87.

Lors de la dernière journée le Guidimakha a enregistré le plus grand nombre de cas, 6 au total, deux à Sélibaby et quatre à Gabou.

Cette wilaya arrive encore entête s’agissant du nombre de guérisons lors de la dernière journée, 20 au total, neuf à Sélibaby, six à Gabou et cinq à ould Yengé.

Le ministère mauritanien de la santé avait annoncé vendredi soir avoir circonscrit la propagation du virus dans la wilaya du Guidimakha, réaffirmant que les foyers apparus à Sélibaby, Gabou et ould Yengé ont été maitrisés.

Le ministère a rassuré les populations et les personnes résidentes en Mauritanie quant aux indicateurs généraux de la situation épidémiologique stables par rapport au nombre de cas enregistrés, réaffirmant cependant la nécessité de respecter les mesures de prévention, la distanciation sociale, le port du masque te le lavage des mains.

Sahara Medias

©️ Crédit source : https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3755281214600603/

🔴 Avis sur l’athéisme militant derrière un laïcisme agissant !


On dirait qu’un certain intérêt pour un ordre laïc est un arrière-garde idéal pour un athéisme militant voguant entre les lignes dans nos milieux. Un défi intellectuel et social éminemment épineux dans les années à venir.
Et surtout si nos lettrés en sciences religieuses ne se mettent pas à jour urgemment par la multi-disciplinarité sur tous les pans de la Science. Aujourd’hui , on verrait en direct la station spatiale internationale en mouvement avec hommes à bord nous permettant la vue arrondie du globe terrestre, et en même temps certains dits lettrés religieux se fourvoyant en fables « comme thèses religieuses » disent que la terre est plate. Les menaces pénales et autres pesanteurs d’ordre social qui tiennent visiblement la ruée athéiste aujourd’hui ne seront pas efficaces dans l’avenir, il en faut autrement d’une approche décisive et édifiante intellectuellement. Il faudrait des bonnes têtes qui vont marier par l’intelligence La Foi (Sens Essence) et la Science (Utilisation Technique) de notre GRANDE AVENTURE qui n’a Rien de hasardeux.
On peut Croire et profiter d’un environnement public laïc mais l’athéisme militant se veut areligueux avec une dose d’extrémisme même de violence verbale à l’endroit de certaines consciences.

La paix sans armes à Jérusalem ! | Notre époque le mérite.

Jérusalem Al-Aqsa : Salah ad-Dîn connu Saladin la reprit vers 1187 après 88 ans de domination croisée… Hier comme aujourd’hui tout est rapport de force !


À l’époque, les forces antagonistes se jaugeaient en puissance chevalesque avec épées et boucliers, aujourd’hui nous vivons les conséquences amères des accords Sykes – Picot (courant Mai 1916). Et surtout les forces antagonistes sont dans un déséquilibre abyssal. Il y a d’un côté, de la Nono-science et du nucléaire dans diverses applications Hi Tech, de l’autre côté il y a une vaillante résistance « mains nues » en interne. Après autour, il y a un grand ensemble concerné mais mis au pas. Dans cet ensemble, il y a une élite politico-affairiste vendue dans la géopolitique business, et une autre élite politico-religieuse qui est dans la littérature mélancolique et eschatologique en se lamentant vers les cieux…en attendant le messi éventuellement…! Et nous « Noirs », ça serait mieux qu’on soit témoins justes porteurs de Message de Paix et de Pardon par ce qu’on a enduré historiquement sous le joug idéologique et religieux DÉTOURNÉ des uns et des autres.

#Une_Paix_à_construire_sans_armes

Buisson, Mauriac l’avait dit. | Par Sileye BA

En 1948, paraissait chez Robert Laffont, « La Puissance et la Gloire » de l’écrivain anglais Graham Greene. François Mauriac (1885-1970) a la charge de la préface. Il écrit dès les premières lignes « c’est bien au coeur d’un mystère familer que Graham Greene m’introduit . » Familier certainement car « La Puissance et la Gloire » est l’oeuvre d’un romancier catholique. Donc, Mauriac sentait le réveil d’un enfouissement confessionnel, qui dort chez la majorité de l’élite intellectuelle française. Il n’est pas du tout surprenant d’apprendre la résurgence des discours pondérés à l’endroit des religions. Certains disent que les encyclopédistes avaient congédié Rousseau par infraction confessionnelle. Voltaire écrira pourtant Zadig ou la destinée. Une œuvre fondamentale puisqu’elle reprend furtivement un récit connu : le voyage initiatique de Moussa par Kidr.

Revenons à Mauriac pour comprendre Buisson. Il écrit donc dans sa préface : « un catholique français ne s’introduit dans l’Église que par la porte principale ; il est mêlé à son histoire officielle ; il a pris parti dans tous les débats qui l’ont déchirée au cours des siècles et qui ont surtout divisé l’Église gallicane. Dans tout ce qu’il écrit, on découvre d’abord s’il est du côté de Port-Royal ou des Jésuites, s’il a épousé la querelle de Bossuet contre Fénelon, s’il est du bord de Lamennais et de Lacordaire ou si c’est avec Louis Veuillot qu’il se sent accordé. »

Plus loin, Mauriac suggère  » cet État que vous décrivez, qui traque le dernier prêtre et l’assassine, est bien celui-là même que nous voyons s’édifier sous nos yeux. »

Mauriac nous dit en filigrane que les intellectuels français, du moins de son temps, et par extension ceux de nos jours, sont habitués par les controverses catholiques. Mauriac fixe les intellectuels français entre les vénérations et les exécrations du fait religieux.

Et les Musulmans dans tout cela, me diriez-vous? Les langues se délient à leur propos, notamment concernant la Civilisation de l’Islam. Les orientalistes étaient de fins connaisseurs de l’apport incommensurable de l’Islam à l’Humanité. En France, on trouve de riches bibliothèques. Parmi les références dans ce domaine : Dominique et Janine Sourdel ont produit un classique en 1983 chez Arthaud. Un monument intitulé  » La Civilisation de l’Islam classique »

Un autre grand philosophe anglais, bien qu’il fût un moment « antireligieux », a consacré de belles pages à l’Islam dans son grand ouvrage : Histoire de la philosophie occidentale (Gallimard 1953). D’ailleurs lorsque Buisson parle de « Civilisation et Humanité », ce n’est point-là une réinvention de l’eau chaude. Russel, décédé la même année que Mauriac, écrivait :  » Durant tout le Moyen Âge, les Musulmans se montrèrent plus civilisés et plus humains que les chrétiens qui persécutèrent les Juifs, surtout aux périodes de fanatisme religieux. Les Croisades furent le prétexte de cruels pogroms. Dans les pays musulmans, au contraire, les Juifs ne furent presque jamais maltraités. Ils contribuèrent, tout spécialement par les Maures d’Espagne, à diffuser l’enseignement Maïmonide (1135-1204) qui naquit à Cordoue, et considéré souvent comme la source initiatique de la philosophie de Spinoza (P. 340).

Buisson fut l’un des conseillers les plus influents de Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’a jamais été tendre avec les musulmans de France. Il a traité leurs enfants de racaille sous les fenêtres de leurs mères. Le rapport conflictuel est né des injections paternalistes des autorités françaises. Mais souvent du caractère très écolier de la posture française vis-à-vis des citoyens musulmans.

Selon les officiels, l’Islam de France, comme on aime le dire dans les sphères de la bien-pensance, doit impérativement se muer pour devenir Islam des Lumières.

C’est là un paradoxe franco-français, faire la révolution pour la liberté pour contraindre une partie de ces citoyens à un assimilationisme forcené. Nous le voyons bien, c’est la tournure qu’a pris le débat sur la laïcité. Face au refus des injections d’une certaine classe politique, les musulmans se retrouvent accusés de séparatisme. Ici, les musulmans de France tiennent la république française par ses valeurs. Elle ne peut se dérober, elle qui inscrit en lettres d’or au frontispice de ses monuments sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Hélas, les Lumières semblent éclairer d’autres desseins. En ce sens, écoutons un autre grand ami de la Culture helléniste, Léopold Sedar Senghor (1906-200), le poète président qui disait dans son poème « Prière de paix » ceci de très révélateur sur la France : « Oui, Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques
Qui m’invite à sa table et me dit d’apporter mon pain, qui me donne de la main droite et de la main gauche enlève la moitié ».

Enfin, sur la femme musulmane, la boutade de Buisson semble plaire à plus d’un. Là encore rien de nouveau sous le soleil. Avant lui encore, Marc Edouard Nabe, et tout récemment Michel Onfray avaient tenu des propos similaires.

C’est qu’en réalité, une certaine classe dirigeante veut imposer la laïcité comme une nouvelle en France en l’habillant des oripeaux républicains. Seulement, il faut revoir le discours et la méthode. Faire usage du bon sens sans oublier ce précieux conseil de Hamlet à sa mère « Saisis une vertu si tu ne la possèdes pas » .

Sileye BA
Nouakchott, 12 Mai 2021

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur – https://www.facebook.com/1849092691/posts/10215072595128820/

Editorial : Birame dans le collimateur de l’intelligentsia négro-mauritanienne | Par Bakari Gueye (Initiatives News)

L’honorable député Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA et porte-étendard de la lutte anti-esclavagiste en Mauritanie continue à s’attirer les foudres non seulement de certains milieux du pouvoir qui voient d’un mauvais œil son rapprochement avec le président Ghazouani mais aussi et paradoxalement de certains cercles féodaux négro-africains qui assistent impuissants au ralliement massif de certains des leurs à cette icône.

En effet Birame défend exactement les mêmes causes que ses frères négros-mauritaniens et il le fait d’ailleurs beaucoup mieux avec le style efficace qu’on lui connait : Crier haro sur les injustices pour faire bouger les lignes. Et sur ce plan, contrairement à ses prétendus adversaires a toujours posé des actes concrets.

On peut citer entre autres en Mai 2011 l’audacieuse marche de IRA sur INAL pour commémorer l’exécution barbare de 28 militaires négros mauritaniens le 28 novembre 1990.

Des actes similaires ont été régulièrement posés par le président du mouvement IRA ça et là dans la vallée, à Sori Malé, à Wothi…

L’homme s’est toujours dressé contre l’expropriation des terres de la vallée mais aussi pour le passif humanitaire.

A l’Assemblée Nationale il a défendu avec bec et ongles la nécessité de mettre fin au génocide biométrique et d’enrôler les populations de la vallée.

Il y a quelques jours, Birame qui séjourne actuellement à Dakar a rendu visite à la famille de feu Aljouma CISSOKHO décédé le 1er Février dernier à Matam. Cet ex cadre du ministère de la pêche fut le président de l’association des réfugiés mauritaniens au Sénégal et son porte-parole.

Dans la foulée le leader du mouvement abolitionniste a eu droit à un vibrant hommage prononcé au siège de l’ONG Jamra par Mr Makhtar Bamba Guèye, membre du Bureau Exécutif de cette honorable organisation sénégalaise.

Pourquoi alors pourrait-on se demander avec un bilan aussi reluisant en faveur des négro-mauritaniens, ces derniers ou du moins certains d’entre eux lui en veulent et lui font la guerre à travers notamment de violentes campagnes de lynchage médiatique orchestrées sur les réseaux sociaux.

Comment peut-on expliquer ce paradoxe car les Haratines et les Négros mauritaniens mènent le même combat et auraient dû le faire main dans la main. C’est en effet le chemin le plus court vers la délivrance.

L’inimitié entre ces deux communautés remonte aux événements de 1989 lorsque le pouvoir de Moawiya avait joué la carte Haratines contre négro-mauritaniens. Et depuis cette date le torchon brûle et les pouvoirs successifs se sont évertués à jouer cette carte comme on l’a vu récemment avec la crise des terres à Ferrala dans le département de Mbagne.

Tout est savamment mis en œuvre pour éviter toute jonction entre Haratines et Négro-mauritaniens.

Et sur ce plan également c’est Birame Dah Abeid qui a su franchir le Rubicon malgré les conseils en coulisses du pouvoir déchu.

C’est ainsi que le mouvement IRA regroupe en son sein des éléments de toutes les communautés y compris dans sa direction qui a été très souvent noyauté par des taupes à la solde du pouvoir ou de ses acolytes.

Et c’est tout le contraire au sein des partis négro-mauritaniens qui virent tous au monolithisme ethnique.

Ces partis auront tout à gagner en coordonnant leurs actions avec l’étoile montante de la classe politique mauritanienne Birame Dah Abeid classé 2ème lors de la dernière élection présidentielle damant ainsi le pion à des candidats soutenus chacun par d’importantes coalitions de partis et d’initiatives.

Le président du mouvement IRA en voie de légalisation avec le parti RAG devient ainsi un jocker incontournable de la scène politique nationale, une place gagnée haut la main par une lutte pacifique qui a débordé les frontières nationales et fait aujourd’hui de Birame un leader panafricaniste.

Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/editorial-birame-dans-le-collimateur-de-lintelligentsia-negro-mauritanienne/

Captation d’héritage : le Mufti de la République consacre l’esclavage



Mohamed Baba – Il y a de cela deux semaines, vers le milieu de ce mois béni du Ramadan, une famille de H’ratine (anciens esclaves ou descendants d’esclaves) se présentait devant le Cheikh d’une Mahadra (école coranique) du lieu-dit El Beldou Atteyib (Wilaya du Brakna, sud de la Mauritanie) pour lui demander de liquider l’héritage de leur défunt de père.

Le père, feu Mohamed Ould Hmeydi, a laissé derrière lui une fille, la mère de cette dernière et une coépouse. Il a aussi, comme membres de sa famille proche, deux demi-frères du côté de sa mère. L’héritage consiste en un troupeau de petit ruminants et une modeste somme d’argent.

Le Cheikh de la Mahadra s’excusa de ne pas pouvoir procéder à la répartition de cet héritage mais suggéra aux requérants de s’adresser, pour cette affaire quelque peu compliquée, à l’Imam de la Grande Mosquée de Nouakchott, Ahmedou Ould Habibou Errahmane, surnommé aussi le « Mufti de la République ». Pour les encourager, il leur donna le numéro de téléphone personnel du grand jurisconsulte.

Contacté par téléphone, le Mufti de la République n’hésita pas une seconde avant d’énoncer son verdict, seul d’après lui, conforme à la Chariaa (loi divine) :

1- la moitié (1/2) de l’héritage revient à la fille (unique) ;

2- les deux coépouses se partagent le huitième de l’héritage (1/8);

3- le reste, c’est-à-dire les trois huitièmes (3/8), va aux anciens maîtres du défunt alors que ces derniers l’avaient affranchi de son vivant !

Nous sommes, là, en présence d’une éclatante manifestation de l’ambivalence du système judiciaire en Mauritanie. En effet, la justice en Mauritanie est rendue selon deux types de droits, le droit positif censé appliquer les lois votées par les législateurs et le doit traditionnel rendu par un réseau de jurisconsultes (Cadis) qui appliquent des règles édictées selon leur interprétation, parfois très personnelle, de la Chariaa (loi divine) et charriant des scories de pratiques d’un autre âge. Le droit traditionnel règne, parfois en maître, dans les domaines des affaires familiales et de l’héritage.

L’Imam Habibou Errahmane, auteur de ce verdict, fait autorité au sein du système judiciaire traditionnel. C’est à lui que l’Etat confie, contre grasse rétribution, le prêche hebdomadaire de la prière du vendredi, prêche diffusé sur les antennes de la radio du service publique. C’est derrière lui que se rangent, lors des prières des deux grandes fêtes religieuses de la communauté nationale, Id El Adha et Id El Fitr, le Président de la République et l’ensemble des hautes personnalités de l’Etat.

Sa Fetwa (verdict) est donc tout sauf anodine. Or cette Fetwa consacre, clairement, l’esclavage dans sa forme la plus abjecte. Elle stipule que les biens que l’esclave a acquis (même après avoir été affranchi) sont la propriété de son maître. L’esclave ne pourrait donc jamais posséder. Par exemple, si feu Mohamed Ould Hmeydi n’avait pas laissé d’héritier, ses biens reviendraient, en totalité, à ses anciens maîtres.

Il se trouve que les magistrats mauritaniens doivent aussi appliquer le droit positif, celui édicté par les législateurs. Il se trouve aussi que le Parlement a voté, le 12 août 2015, une loi hissant l’esclavage et les pratiques esclavagistes au rang de crime contre l’humanité, imprescriptible. Ce crime imprescriptible vient d’être brillamment consacré par le « Mufti de la République », dénomination qui constitue, en elle-même, un oxymore d’une très grande éloquence.

Cette affaire est emblématique de l’ambiguïté de l’Etat mauritanien devant cette question de l’esclavage, des pratiques esclavagistes et de leurs séquelles.

L’Etat doit faire respecter les lois, punir les coupables, donner l’exemple et sortir du déni. Les autorités religieuses doivent être mises à contribution pour faire évoluer les mentalités dans la bonne direction, celle de l’émancipation et surtout celle qui aide à débarrasser l’Islam des interprétations qui défigurent son image et le présentent comme une religion qui justifie ou légalise l’esclavage.

Mohamed Baba
Le 12 mai 2021

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745013