Le ministre mauritanien de l’intérieur et de la décentralisation, Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine a tenu ce jeudi une réunion à huis clos avec les présidents et les représentants de 24 partis politiques afin de discuter la préparation participative et consensuelle des prochaines élections législatives et régionales avec deux points essentiels à l’ordre du jour : l’anticipation des élections et le système de la proportionnelle.
Selon le reporter de Sahara Medias tous les partis politiques reconnus par le ministère de l’intérieur ont assisté à cette réunion, à l’exception de l’alliance pour la justice et la démocratie/MR présidé par Ibrahima Moctar Sarr.
Des présidents de partis politiques de l’opposition traditionnelle ont assisté à la réunion, à l’image de Messaoud O. Boulkheïr (APP), Mohamed O. Maouloud (UFP) et Mohamed Mahmoud O. Sidi (Tewassoul), tandis que le président du RFD, Ahmed O. Daddah absent s’est fait représenter par le vice-président du parti Yacoub Diallo et Limam Ahmed O. Mouhamedou.
La presse a été autorisée à prendre des photos à l’arrivée du ministre de l’intérieur avant d’être priée de quitter la salle.
Selon les mêmes sources les discussions doivent se poursuivre quelques heures avant une suspension pour une pause déjeuner et la reprise dans la soirée.
Un ensemble de questions sont posées sur la table dont la plus importants est celle de la proportionnelle lors des élections législatives que réclament la majorité des partis.
Seulement les positions des partis divergent sur la question de la proportionnelle lors des élections législatives posée par un grand nombre de partis mais rejeté par le parti au pouvoir (INSAF) et d’autres partis de l’opposition.
Si dans l’ensemble les partis sont d’accord pour modifier la date des élections pour les organiser en avril de l’année prochaine, il n’en demeure pas moins que la question de la proportionnelle continue d’engendrer d’importantes divergences entre les formations politiques.
On ignore toujours la position du ministère de l’intérieur à propos de cette divergence et quelle solution pour sortir avec un mécanisme consensuel et participatif pour l’organisation de ces élections.
La chambre d’accusation de la cour d’appel de Nouakchott a confirmé mardi 13 septembre l’ordonnance de renvoi de Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien président de la République, et ses coinculpés, devant la cour criminelle chargée de la lutte contre la corruption. La première décision dans le cadre du traitement de cette affaire, rendue par un collège de 3 juges d’instruction, avait fait l’objet d’un recours de la part du collectif des avocats de la défense, sur la base du motif de non communication de la procédure préalable à tout acte de renvoi. Ainsi, l’arrêt de la chambre d’accusation valide l’ordonnance des juges d’instruction dans toutes ses dispositions et ouvre la voie à un procès dont la date sera fixée par la juridiction de renvoi, sauf dans le cas d’un pourvoi devant la Cour Suprême de la part du collectif des avocats de la défense. Maître Brahim Ebetty, coordinateur du collectif des avocats de l’Etat de Mauritanie, constitué partie-civile dans le dossier, explique le nouvel arrêt de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Nouakchott par la solidité des arguments développés à travers l’ordonnance des juges d’instruction pour motiver le renvoi de l’ancien président de la République et ses compagnons, devant la cour criminelle chargée de la lutte contre la corruption. Mohamed Ould Abdel Aziz et ses coinculpés sont poursuivis pour plusieurs infractions liées à la décennie de gouvernance 2009/2019 (corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, dissipation de biens publics, blanchiment…).
Al-Akhbar (Nouakchott) 14 septembre 2022 – Le député et chef du mouvement des droits de l’homme « IRA », Biram Dah Abeid a déclaré qu’il rejette la consultation en cours entre le ministère de l’Intérieur et les partis politiques, la qualifiant de « farce ».
Biram Ould Dah Abeid a ajouté , lors d’un appel téléphonique à l’agence de presse ce soir, mercredi, qu’il considère les consultations du ministre de l’Intérieur et des partis qui se déroulent ces jours-ci « comme la poursuite de la démarche de retrait des maigres acquis de la démocratie qui ont été réalisés pendant la période du régime d’Ould Abdel Aziz.
Ould Abeid a noté que la consultation actuelle est un « rencontre communautaire qui vise à exclure les forces vives de la société », et que les élections ont prouvé leur « impact et les foules rassemblées autour d’elle ».
Dans sa déclaration à Al-Akhbar, Ould Dah a appelé les partis, qu’il a qualifiés d’historiques et ancres , et toutes les forces de la jeunesse et les forcee exclues à « rejeter cette farce et à faire face au régime a l’agonie , qui n’effraie plus personne et rejeté par le peuple. »
Ould Abeid a souligné que l’actuel président « ne gagnera aucune élection sauf par les fraudes, dont les signes ont maintenant commencés a se manifester dans les réunions du ministère de l’Intérieur, qui contrefont la volonté des électeurs et des forces vives en les excluant de cette consultation. «
Une commission du ministère de l’Intérieur et des représentants de 24 partis politiques s’étaient mis d’accord hier pour fixer une date anticipees pour les prochaines élections législatives, régionales et municipales, ainsi que la nature de la formation de la Commission électorale indépendante, tandis qu’une autre réunion devrait se tenir aujourdhui pour discuter des questions liées aux pourcentages lors des élections, alors qu’il était question de consultations au sein des partis de la majorité pour rapprocher les positions de ses partis des questions en discussion.
L’Association des cheikhs, des Imams, Oulémas pour l’éradication de l’Esclavage Moderne et la Promotion du Travail Décent a été porté sur les fonts baptismaux, samedi 10 septembre, par des personnalités et leaders religieux grâce à l’assistance technique de Free The Slaves (FTS). Ce soutien entre en droite ligne de l’accompagnement initié par FTS des acteurs de la société civile et des médias dans la lutte contre l’Esclavage Moderne et la Promotion du Travail Décent à travers l’Alliance 8.7.
Lors de son assemblée générale constitutive tenue à Nouakchott, l’Association entend ‘’contribuer à l’éradication de l’esclavage moderne ou traditionnel et à la promotion des droits à l’accès au Travail Décent’’. Durant l’AG, tenue en présence du coordinateur de Free the Slaves, un bureau exécutif provisoire présidé par Hademine Ould Saleck a été mis sur pied. Mouhamed Cheikhna Abidine et Tahar Ould Bilal sont vice-présidents .Le poste de secrétaire général échoit à Ahmed Tidiane Dia. Ousmane Oumar Lom assure le poste de Commissaire aux comptes. Et enfin, le poste de trésorière générale revient à Mme Aichetou Mint Merzoug.
Les objectifs de l’association sont de :
-Promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels comme principe fondamental de l’Islam
-Former les imams, prédicateurs sur la promotion des droits de l’Homme et la prévention de la pratique de l’esclavage moderne
– Mobiliser, Sensibiliser et engager les acteurs concernés et appropriés pour la fin des conditions créant ou favorisant l’esclavage moderne
-Accompagner les acteurs étatiques, de la Société civile, et institutions internationales dans leurs missions et activités éradicatrices de toutes formes de l’esclavage, de la protection de la dignité humaine par la promotion des droits de l’Homme
-Accompagner et soutenir dans l’Etat et ses partenaires nationaux et internationaux dans leurs engagements internationaux en termes de concrétisation et réalisation dans le cadre de la promotion des droits de l’homme, protection des enfants et l’éradication de toutes les formes de traite et trafic humain.
L’association projette de mener des activités de plaidoyer, communication et sensibilisation ; formation /éducation /Conférence ; Recherche /publication ; mobilisation sociale ; prêche ; Assistance psychologique, sociale et matérielle aux victimes de toute formes de l’esclavage, de trafic et toutes forme d’exploitation,
Pour mener à bien ses activités, l’association, en plus de l’assistance technique, de l’appui institutionnel et organisationnel de la FTS projette de nouer des partenariats avec le Ministère de la Fonction publique et du travail, le Commissariat aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, l’Ambassade des USA en Mauritanie et le BIT.
Pour rappel, Free the Slaves (FTS) est une organisation non gouvernementale internationale et un groupe de pression, créée pour faire campagne contre la pratique moderne de l’esclavage dans le monde.
Dix-neuf (19) personnes arrêtées et détenues à la maison d’arrêt centrale de Kayes, instruction ferme donnée à tous les juges de paix à compétence étendue… La justice se met au travail pour stopper la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes.
Le 30 juillet dernier Madame Diogou Sidibé, âgée d’environ 70 ans, est assassinée à Lany Mody dans la commune de Sony, près de Kayes, première région administrative du Mali. La pauvre dame est assassinée dans son champ pour avoir refusé d’être esclave. Elle avait disparu la veille. L’établissement des faits indique la piste des exactions graves en lien avec la pratique de l’esclavage par ascendance, selon la CNDH.
Aussitôt, la justice a été saisie. Elle a procédé, pour l’instant, à l’arrestation de 19 personnes impliquées. Ces présumées bourreaux de la vieille dame croupissent présentement en prison à Kayes.
Le mouvement social de lutte contre l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, dénommé Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP), ou GAMBANA en langue Marka, salue cette démarche de la justice, seule capable de mettre fin à cette pratique avilissante. «Dans nos villages on nous appelle : esclave. Et puis, dans certaines localités, l’esclavage est pratiqué à travers des travaux obligatoires. Nous avons créé le 4 avril 2017 notre association pour dire que ce qui est de l’esclavage, nous ne sommes plus dedans. C’est pour cela, nous sommes maltraités, chassés, ou même tués », explique Mahamadou Konaté dit Ras Mandé, Coordinateur du GAMBANA, qui signifie « qu’on est tous les mêmes ».
La persistance de la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, jusque-là, s’explique du fait que la justice a pris du temps pour sévir. « Si la justice avait travaillé contre cette pratique depuis 2017, on allait assister à son recul. Mais, si, nous voyons qu’on est arrivé jusque-là, ça veut dire que la justice ne sévissait pas avant », estime le Coordinateur du GAMBANA.
Pas acceptable dans un Etat démocratique
Organisé à Bamako du 15 au 20 août 2022, l’Atelier national de validation des avant-projets de code pénal et code de procédure pénale, ayant pour objectif de restaurer la confiance des justiciables envers la justice et corriger les lacunes, les incohérences et les insuffisances des textes pénaux, qui a regroupé plus de 150 participants, s’est appesanti sur la pratique de l’esclavage.
Le terme esclavage par ascendance étant à la mode dans la région de Kayes, les participants à cet atelier national sont convenus de combattre la pratique de l’esclavage partout au Mali. «En réalité, il s’agit même de combattre l’esclavage tout court dans notre pays. Des définitions ont été proposées par rapport à ces réalités sociologiques. Et ce serait une bonne chose qu’on ait aujourd’hui une législation de droit positif qui réprime effectivement ce genre de comportements qui ne sont pas acceptables dans un Etat démocratique », a indiqué Nouhoum Tapily, ancien président de la Cour Suprême participant à l’Atelier.
Ce que dit la loi
Entendu que la Constitution du 25 février 1992 du Mali précise en son article 2 ceci : « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée », la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive préoccupation face à la persistance de l’esclavage par ascendance et au regain de violences dans la région de Kayes.
Auparavant, l’Organisation Internationale pour les Migrants(OIM) au Mali avait effectué une étude sur la traite d’êtres humains s’inscrivant dans l’objectif I du plan d’action national contre la traite des personnes et les pratiques assimilées (2018-2022). Cette étude faite par l’OIM a démontré, entre autres pratiques de traite, que l’esclavage par ascendance est une des formes de la traite d’êtres humains.
Adoptée en 2013 par les Nations Unies, la journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains est célébrée le 30 juillet de chaque année.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) lors de cette célébration, au niveau national, a fait de forte plaidoirie à l’attention de l’Etat pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance. C ’est ainsi donc, pour lutter efficacement contre la traite d’êtres humains au Mali, la CNDH et l’OIM ont préconisé l’organisation de campagnes de formations, d’informations, et des activités de sensibilisation sur les méthodes de détection sur les victimes ou potentielles victimes en cas de violations ou d’abus des droits de l’Homme.
Selon l’article 7 de la loi N°2012-023 du 12 juillet 2012 sur la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, il est dit ceci : « Est coupable de crime de traite des personnes et puni de la réclusion criminelle de cinq ans à dix ans et facultativement de l’interdiction de séjour d’un à dix ans quiconque commet l’un des actes prévus à l’article 1er de la présente loi. Quant à l’article 9, il dispose que la réclusion à perpétuité sera prononcée lorsque la victime décède ; qu’il en est résulté pour la victime une mutilation ou une infirmité permanente ; qu’il y a eu prélèvement d’organes humains ».
Déjà à la page 27 sur un ouvrage qui en contient plus de 400 , par 3 fois je suis intimement interpellé vif (nos réalités vivaces sur la problématique d’aujourd’hui) et je ne pourrais résister pour attendre le finish pour la prochaine note de lecture. Un livre qui sent déjà le travail d’une conscience intellectuelle bien introduite et libre dans/avec le fait culturel et civilisationnel arabo-musulman sur cette question de l’esclavage en Islam. Ainsi les passages qui suivent, vont beaucoup parler certainement aux abolitionnistes mauritaniens mais pas seulement, et à toutes les velléités d’engagement abolitionniste dans un certain monde arabo-musulman aujourd’hui.
✍️🏿Il écrit : « C’est dire que la question de l’abolition de l’esclavage ne se posait pas, ou, lorsqu’elle se posait, c’était par rapport à la seule doctrine de l’islam. La complexité de la doctrine, adroitement exploitée par les esclavagistes, ne sert pas moins avec efficacité les abolitionnistes. Mais la vérité est que ceux-ci ne sont pas nombreux en islam. À supposer qu’ils existent, les libérateurs d’esclaves musulmans sont trop timorés face à la puissance de l’argent. À cela il faut ajouter la crédulité des individus, leur peur légitime face aux sévices qu’ils risquent de subir, en particulier de la part de l’instance policière et judiciaire, enfin l’absence flagrante d’éducation du citoyen au respect des droits humains les plus élémentaires. »
✍️🏿Il y rajoute : « Les autorités religieuses elles-mêmes, comme l’imam, le mufti et le théologien, qui parfois formulent quelques réticences dans leurs prêches, se tiennent à des énoncés indolores, aux limites de l’auto-censure. Elles ne peuvent critiquer le latifundiste qui, sur ses terres, possède des outils humains, que lorsque l’autorité politique a donné des signes ou des gages encourageant à le faire »
Face à la montée fulgurante de la côte du leader abolitionniste, le Président et honorable député national Biram Dah Abeid, le pouvoir actuel en Mauritanie vient d’actionner récemment ses véritables armes de défense : ses machines de mensonge, de diffamation, d’intoxications et de diffusion, à travers les réseaux sociaux, de messages mal sains dont l’objectif double est, comme toujours, de tenter de ternir l’image de Biram et peut-être de préparer l’opinion nationale et internationale à cautionner, accepter des mesures que le pouvoir serait tenté de prendre à l’encontre de l’honorable député pour ralentir, freiner ou anéantir sa marche sur le chemin de l’édification d’une Mauritanie nouvelle, une Mauritanie débarrassée d’injustices flagrantes, d’inégalités criantes, de gabegie et de détournements cruels, d’esclavage, de faiblesse impardonnable en matière de fourniture de services sociaux ( eau, électricité, éducation, santé …)
Si l’affolement consécutif à l’adhésion sans condition des populations au projet de société que porte BDA, adhésion et enthousiasme enregistrés lors de la quasi-totalité des missions effectuées à l’intérieur de toute la Mauritanie profonde aspirant au changement ; si cette percée fulgurante a déconcerté , grandement surpris , voire affolé les hautes sphères de l’administration et certains milieux politiques et sociaux a conduit à la provocation dont ont été objets le Président Biram et sa délégation à Atar, comme elle a conduit à une provocation du genre jamais vu, organisée en Assaba , plus précisément à FAM LEKHRERAT et du mensonge cuisant selon lequel Oumar YALI aurait claqué la porte au parti Rag. Le mensonge cuisant relatif à la porte claquée au parti Rag , relève purement et simplement du domaine de la démence. La provocation organisée à Fam Lekhreratt nous dit beaucoup sur la Mauritanie et ses lobbies. En effet, dans quel pays, dans quelle société, où dans quelle partie du monde un citoyen a-t-il le droit de venir perturber les travaux d’un groupe légal agissant dans la légalité ? L’acteur de cette provocation organisée en Assaba, a servi de mercenaire sans peut-être s’en rendre compte en ce sens qu’il s’est livré à un acte de conséquences qui pouvaient être on ne peut plus graves compte tenu de son intrusion violente, ses critiques acerbes et accusations non fondées adressées à un leader devant ses militants, et ses insultes à caractère esclavagistes et racistes à l’encontre de l’assistance. Les mensonges, les diffamations, l’intoxication, ne sont nullement de nature à participer à l’émergence d’une Mauritanie qui voudrait s’inscrire parmi les nations justes, égalitaires et fraternelle où les citoyens se soumettent aux mêmes devoirs et bénéficient des mêmes droits ; quant à s’imaginer que ces campagnes mensongères et provocations peuvent avoir un impacte qui perturbe la marche sur le chemin que Biram emprunte pour débloquer une Mauritanie qui piétine depuis plus de soixante ans; croire que mansonges, intoxications et diffamations auront un impact, cela relève du rêve et donc peine complètement perdue.
Le président du Parti RAG, l’ancien ministre Oumar ould Yali
▪︎▪︎▪︎ En Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz a récupéré ses passeports, selon ses avocats, vendredi 9 septembre. L’ancien président a recouvré la liberté mercredi, après plusieurs mois de contrôle judiciaire. Mohamed Ould Abdel Aziz est accusé d’enrichissement illicite, recel et blanchiment d’argent au cours des dix années où il était au pouvoir. Avec l’échéance de son contrôle judiciaire et ses passeports récupérés, l’ancien président est maintenant totalement libre de ses mouvements.
Mohamed Ould Abdel Aziz a désormais ses deux passeports en main : l’un biométrique et l’autre ordinaire. Un soulagement pour ses proches qui espèrent que l’ancien président pourra bientôt se faire soigner à l’étranger.
« C’est ce qu’il demande depuis des mois », explique son avocat, Maître Mohamed Thaleb Khiyar. Durant sa détention à l’école de police de Nouakchott, Mohamed Ould Abdel Aziz a souffert de problèmes cardiaques qui ont nécessité une opération. Depuis lors, l’ancien président demande à être soigné à l’étranger. Et son avocat d’assurer, qu’il ne fait aucun doute qu’il rentrera affronter son procès.
• Le parquet reste attentif Pour plusieurs sources proches des autorités, tout ce bruit autour d’un éventuel départ de l’ancien président, ne serait que communication stratégique. « Son entourage veut faire croire à un accord qui mettrait un terme à la procédure judiciaire », explique l’une d’entre elle, qui ajoute que « le parquet continue à le surveiller de près ».
Dans un communiqué publié mercredi, le Parquet général rappelle qu’il veillera « à ce que tous les inculpés assistent à toutes les étapes de ces procédures, y compris la phase du procès »
~~~Sur ses relations avec Mohamed Cheikh Ghazouani, sur les reproches qui lui sont fait par ses détracteurs durant ses dernières sorties, sur les élections locales en vue, notamment la présidentielle de 2024, et sur une éventuelle coalition de l’opposition autour d’un front uni, le leader de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) et député à l’Assemblée Nationale, Birame Dah Abeid, revient en détail. Entretien.
Actualité oblige, quelle lecture faites-vous de la libération de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz dont l’assignation à résidence a expiré le 8 septembre 2022 ?
Mon impression est celle de tout Mauritanien. Nous avons assisté à une véritable tentative d’induire le peuple en erreur. On a joué avec les espoirs du peuple et ses sentiments. On a fait de sorte que le peuple ait l’espoir qu’il y a un début véritable de lutte contre la gabegie. Mais apparemment il s’avère que ce n’est pas le cas. Je pense que le ressenti du peuple après cette désillusion risque de faire très mal au président Ghazouani et à son clan. Le peuple se sentira floué et méprisé, considéré comme un jouet. Je pense que cette affaire va renforcer, chez les populations, l’impression de se retrouver, toujours, devant un dossier de représailles entre les différentes factions d’une même coterie qui a pillé et continue de piller le pays, parce que la reddition des comptes n’est pas dans sa logique.
Expliquez-vous davantage…
Ce que je viens de dire c’est que le sentiment populaire est d’autant plus exacerbé que la gabegie a continué de plus belle sous l’ère Ghazouani. Même après l’incarcération de Aziz et sa mise en accusation lui et certains de ses compagnons, la mauvaise gouvernance persiste et se banalise ; ses scandales réguliers défrayent la chronique, quasiment chaque mois.
Est-ce que vous pensez comme certains le disent, que si l’affaire de la décennie s’avère en définitive un simple jouet entre les deux dirigeants, ce serait un boulevard qui va être ouvert à Birame pour s’accaparer du pouvoir présidentiel ?
Je pense que l’opposant est de nature opportuniste mais mon rôle à moi consiste à interpeler les différents protagonistes qui méprisent le peuple et se jouent de sa colère légitime envers les cleptocrates toujours impunis. In fine, la population, dans sa diversité, nourrit le sentiment d’avoir été trahie, manipulée, aux seules fins de la conservation du pouvoir. Notre responsabilité d’opposant nous dicte de jeter la lumière sur cette imposture, d’enfoncer le clou pour amener le peuple à adopter une réaction citoyenne, en vue d’exiger davantage de redevabilité, au-delà des effets d’annonce, sans lendemain.
Vous avez certainement appris que Aziz a récupéré ses passeports et qu’il pourrait même voyager à l’étranger mais le Parquet a publié un communiqué selon lequel le dossier de Aziz et consorts est toujours en cours et qu’un procès aura lieu. Est-ce que vous pensez qu’il y aura un procès ?
Ah non, le flafla du Parquet n’a aucun sens. C’est une tentative désespérée de tromper le peuple, à nouveau. Je prends le pari que le dossier ne parviendrait pas jusqu’au prétoire. L’ex-Président Mohamed Ould Abdel Aziz dispose d’informations, voire de révélations, à caractère dissuasif. Lui et ce qui reste de ses proches loyaux sont en mesure de produire des arguments à même de décourager ceux qui veulent aller au procès. Ils l’ont toujours clamé : jamais le pouvoir de Ghazouani ne pourra les juger. Les deux segments du même noyau dirigeant sont embourbés dans une fange identique, comme le rappelle l’étroitesse des liens initiaux entre Aziz et Ghazouani. Les gens présents sur le banc des accusés et ceux actuellement en charge de la direction de l’Etat appartiennent à un vivier invariable, celui de l’oligarchie politico-militaire, du renseignement et du complexe tribalo-marchand. Leur fortune procède des ententes illicites, du trafic d’influence et des conflits d’intérêts. Dans le fond, aucun ne gagne à enfoncer l’autre.
« Ma récente visite à l’intérieur m’a prouvé que l’Etat est absent »
Vous venez d’achever une visite dans plusieurs régions du pays, quelles leçons tirez-vous de cette tournée ?
La leçon que je tire de mes visites dans les régions du Brakna, de l’Assaba et d’une partie du Trarza et du Hodh Gharbi que je viens de sillonner en quatre semaines, d’août à septembre 2022, reste l’absence de l’Etat. En dehors des symboles de l’autorité administrative et des casernes militaires, la gouvernance de proximité et les services universels de base font cruellement défaut. Au sein des quartiers populaires des villes et surtout à l’intérieur du pays, le hiatus s’impose au regard. L’Etat se limite aux bureaux et au contrôle du trafic routier. Il n’y a plus d’écoles, plus de services sanitaires, plus d’eau, les populations ont soif, l’encadrement paysan s’étiole, le personnel des eaux et forêts n’est plus visible en rase campagne, les services météo sont à l’abandon…Ici, l’on peut parler d’une faillite multidimensionnelle de l’Etat mais, pour le moment, en mode sourdine.
Vous voulez dire que l’Etat est aujourd’hui seulement au service des oligarques au détriment des populations ?
Bien sûr, les féodalités tribales et claniques, les groupes d’intérêt issus de la haute administration et les commis de l’Etat sont devenus les grands électeurs dans leurs circonscriptions. Il s’agit de mini-chefs d’Etats dans l’Etat, à l’image de Kankossa. Ce grand département est sous la coupe réglée de trois meneurs, Kaba Ould Elewa, Lemrabott ould Bonnahi et du notable général Ould Mohamed Radhi. Ces hommes, comme ailleurs en pays maure et soninké et poularophone, y font la pluie et le beau temps ; ils continuent à contrôler les populations et leur indiquer où aller et comment voter, en contrepartie de subsides. Vous pouvez rajouter, au constat, la difficulté, notamment pour les descendants d’esclaves et les gens de la ruralité, d’obtenir les documents biométriques de l’état-civil.
Cependant, nous avons mis un pied dans la fourmilière, en dépit de la campagne féroce visant, sans succès, à réduire notre audience lors de la tournée. L’accès de plus en plus exponentiel au téléphone portable à la connexion internet nous a servi de catalyseur décisif et facilite le travail de mobilisation. Nous comptons accentuer cet atout, afin de surmonter les réflexes de crainte envers le makhzen (pouvoir) et le chantage alimentaire, à l’encontre de nos partisans et sympathisants.
« Mohamed Cheikh Ghazouani n’a aucune chance de gagner la prochaine présidentielle »
Les images de votre visite tournent en boucle dans les réseaux sociaux et l’affluence des populations semble vous avoir galvanisé.
En effet, comme vous l’avez sans doute constaté, dans les images des accueils qui nous ont été réservés, il y a un basculement inédit et à 180°, des populations contre le parti au pouvoir. Je pense que cela va se sentir très prochainement au cours des élections. Durant la tournée et à son terme, j’ai conçu le doute, fort, que le président Ghazouani puisse remporter un second mandat. Il aura du mal à compétir dans la transparence et risquerait, alors de frôler l’humiliation.
Vous avez lancé il n’y a pas longtemps un appel pour une candidature unique de l’opposition à la présidentielle de 2024 pour créer une nouvelle transition démocratique en Mauritanie et une coalition forte autour des législatives et des élections locales. Avez-vous partagé l’idée avec d’autres leaders de l’opposition ? Si oui, quelle a été leur réaction ?
J’en ai parlé personnellement – Oumar Yali (président du parti RAG) aussi – avec certains dirigeants de l’opposition, au moins deux, qui ont signifié leur accord de principe, certes pas avec beaucoup de ferveur. Néanmoins, je pense utile de mieux promouvoir la perspective de l’unité par-delà les divergences. D’ailleurs, les rares partis de l’opposition reconnus, sont menacés de mort, surtout si chacun d’eux tente, à lui seul, de mener une confrontation avec le pouvoir.
La seule issue pour le changement non-violent et démocratique demeure l’union, le consensus minimal qui permettra de ressusciter une opposition unie et très forte, une opposition plurielle et démocratique qui va redonner espoir aux Mauritaniens. Toutes les composantes de l’alternative au statuquo – indépendants compris – ont la capacité d’obtenir la majorité, accéder au Parlement, dans les conseils municipaux et régionaux. Les mouvements de la diaspora disposent, à cet égard, d’un potentiel jusqu’ici négligé.
« L’opposition est condamnée à s’unir autour d’un front ou disparaître »
Vous pensez qu’une coalition forte des partis d’opposition est encore possible et qu’elle pourra battre l’appareil d’Etat et son parti ?
Oui, je crois avoir suffisamment répondu à la question. La victoire est à portée si nous savons nous départir des querelles de préséance et de la profusion des egos ; devant nous, se précisent les échéances de 2023 et 2024. Le délai se rétrécit et il nous appartient d’agir, ici et maintenant, avec la conscience aiguë de l’urgence.
En avez-vous parlé aux grands leaders, ceux de l’UFP, du RFD, de l’APP… ?
J’en ai discuté avec l’UFP et Omar Ould Yali s’en est ouvert à l’APP. Tous ont marqué leur faveur à l’idée. Il s’agit, à présent, de travailler à sa mise en œuvre. La liste n’est pas exhaustive et les démarches suivront leur cours.
Au cas où le parti RAG ne serait pas reconnu d’ici les prochaines élections, quelle stratégie comptez-vous adopter ? Allez-vous réitérer l’option Sawab-RAG ou est-ce que vous avez entamé des pourparlers avec d’autres partis politiques ?
Je pense que la volte-face de Ghazouani face à son engagement de réhabiliter les libertés publiques, celles de s’associer et de créer des partis, recèle une erreur stratégique et politique suicidaire. A mon avis, le président Ghazouani, depuis son avènement en 2019, aura apporté, de l’apaisement, aux mauritaniens. Toutefois, l’acquis de la concertation avec les acteurs politiques ne peut produire des résultats durables que si le sommet de l’Etat respecte ses engagements. Hélas, il n’en est rien concernant le RAG et les FPC ou beaucoup plus simplement, l’application de la loi nationale sur les partis politiques, à titre d’illustration…
Les faucons, amenés par le ministre de l’Intérieur et les suprématistes tribalo-nasseristes ont eu finalement raison des intentions louables du président Ghazouani.
« Les faucons du pouvoir ont pris le contrôle de l’Etat sous la férule du ministre de l’Intérieur »
Ces faucons seraient donc d’après vous, contre la méthode Ghazouani de pacifier le climat politique et de rétablir la primauté de l’Etat démocratique ?
Pire, je pense qu’ils sont en train de conduire le pays vers l’inconnu. L’actuel ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, disciple et frère de Ghazouani, le membre le plus proche de sa famille, son éminence grise, a été placé à ce poste très sensible, en vertu de la confiance entre les deux. Or, j’ai peur qu’il ne conduise le pays vers un drame similaire à celui de 1989 ; son prédécesseur d’alors, le Colonel Gabriel Cyamper ou Djibril Ould Abdellahi, avait poussé Maawiya Tay, ouvert à ses débuts, à s’enfermer et à sévir, à la fin des années 80 ; l’on se souvient du lot d’exécutions extra-judiciaires et de déportations, de l’aventurisme diplomatique et des réfugiés encore installés au Sénégal et au Mali voisin. La non-réparation de tels crimes nous poursuit encore et tend à compliquer le vivre-ensemble à l’intérieur de la Mauritanie. Par ses agissements, le personnage incarne, semble-t-il, une menace majeure à la stabilité et à la paix. Son obstination à réduire le nombre des partis politiques et compliquer la reconnaissance des plus populaires témoigne d’une peur face au verdict incertain des urnes. Et cela nous inquiète.
En quoi cela vous inquiète-t-il ?
Sa proximité familiale avec le Président de la République et sa promptitude à régler des comptes avec tous ceux qui le contredisent l’élèvent, de facto, au rang d’un fauteur de trouble, au sommet de l’Etat. A force de lui déléguer les missions délicates, le Président de la République l’a institué régent, si ce n’est dauphin putatif. Naturellement, son zèle le conduit à empêcher, autant que possible, l’éveil, en politique, des Mauritaniens d’ascendance subsaharienne, comme s’y obstinaient tant d’autres gouvernements depuis 1978. Nous répétons que la bataille est perdue d’avance parce qu’elle ne prend pas en compte la démographie, l’éveil citoyen et la célérité de l’information. La gouvernance bédouine n’a pas d’avenir, à cause de sa désuétude.
Leur objectif consiste préparer une réélection facile de Ghazouani en éliminant les adversaires de taille. Selon leur entendement, il faut empêcher Birame, dès le scrutin général de 2023, de disposer du nombre de parrainages requis au titre de la compétition suivante. Le refus de reconnaître le parti RAG procède du projet, malgré la parole donnée….
« Rien ne peut empêcher ma candidature en 2024 »
Est-ce qu’ils pourront le faire ?
Evidemment non, car ils perdent de vue que le parrainage est institué seulement pour soulager l’Etat quand il doit prendre en charge des multitudes de candidatures farfelues. Il me semble que la mienne déroge : j’ai été élu député, en prison, dès 2018 ; en 2014 et 2019, l’élection présidentielle m’a conféré la place de second candidat, par la densité des suffrages, avec un score en progression constante. De surcroît, l’opinion publique nationale et internationale ne saurait concevoir ou trouver un justificatif à l’absence de Birame, autrement que par l’obstruction à ses droits de citoyen.
Je lance un appel à l’Union Africaine, aux Nations Unies, à l’Union Européenne, à la CEDEAO et à l’Organisation internationale de la francophonie et au National Democratic Institute, pour qu’elles surveillent de près les échéances de 2023 et de 2024, en Mauritanie. Nous attirons surtout leur attention sur les exclusions et discriminations relevant du découpage électoral et de la biométrie.
Comment les bailleurs de fonds et les partenaires de la Mauritanie pourraient-ils accepter de financer et de cautionner des consultations électorales dont les résultats entretiendraient une source de conflit civil, au moment où la sous-région Afrique de l’Ouest s’embrase ?
Je m’adresse, ici, à tous nos partenaires, en particulier la France et l’Espagne.
« La communauté internationale doit suivre les échéances électorales en Mauritanie »
Pourquoi la France et l’Espagne ?
Parce que la France et l’Espagne ont toujours cautionné les fraudes électorales en Mauritanie, au nom du sacro-saint principe de la stabilité à court terme. Je dis, à la France, que le délire anti-Français en Afrique résulte de ses erreurs de doctrine diplomatique mais il n’est pas trop tard pour réparer. La France doit se montrer de l’héritage universaliste de la république. Elle y gagnera, nous aussi…
La souveraine britannique couronnée en 1952 est décédée ce jeudi 8 septembre 2022. Une icône du trône de l’époque top-moderne, la reine Élisabeth II a régné 70 ans durant. Son fils agé de 73 ans est le nouveau roi sous le nom de Charles III.
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