DÉCHÉANCE DE LA DÉCENCE OU DÉMOCRATISATION DE L’INDÉCENCE?


Si les réseaux sociaux ont permis de raccourcir les distances spatiales entre les humains, rendant ainsi leurs interactions beaucoup plus fluides, ils ont aussi permis d’amincir les murs de la décence. Les réseaux sociaux ont fait tomber le rideau de décence qui avait permis aux sociétés humaines de garder jusqu’ici un certain degré d’humanité. 
Jadis, en Afrique, l’accès à la parole, cette arme humaine nécessaire et dangereuse, était très protégé. Rien d’étonnant puisqu’elle a été d’abord l’arme du créateur. En effet, dans les cosmogonies africaines, et ceci depuis l’Egypte ancienne, la création par le Verbe est considérée comme étant un bond qualitatif majeur et une évolution remarquable dans le choix des techniques de création du demiurge. Voilà pourquoi, la parole a toujours été protégée ; elle était canalisée pour tamiser le discours, individuel et collectif, et pour définir et réguler les rapports sociaux. 
On retrouve chez les Peuls–et ceci est aussi vrai pour plusieurs autres groupes africains–cette nécessité de tamiser la parole avant de l’émettre. Les descendants de Ilo Yaladi diront en effet : « Kongol ko ndiyam, so rufii ɓoftotaako» (La parole prononcée est comme de l’eau versée ; vous ne pouvez la récupérer). Mais faut-il rappeler ici que la référence à l’eau ne relève pas du hasard. Ici, comme c’est encore le cas dans plusieurs sociétés africaines, l’eau est l’élément primordial de la création. Elle est un des quatre éléments de la création. Elle est l’élément à partir du quel tout a été créé. C’est le Nwn (Noun) égyptien. La parole est une technique de création du démiurge ; la plus sophistiquée de ses techniques. 
De ce fait, l’accès à la parole était régi par des normes qui répondent aux inquiétudes de la société humaine ; garantir le triomphe de l’ordre. Dans ces sociétés africaines, la stratégie a été de contrôler l’accès à la parole pour contrôler ainsi son usage. Ce contrôle est la soupape de sécurité nécessaire pour remédier à l’échec des filtres de la responsabilité individuelle. Ce n’était pas n’importe qui qui avait accès à la parole. 
Aujourd’hui, la prolifération des plateformes de communication, l’anonymat virtuel et surtout l’élimination de la nécessité de savoir lire et écrire ont eu comme conséquence majeure la démocratisation de l’accès à la parole. L’analphabète, le lettré et l’intellectuel ont le même droit à la parole ; et chacun a son auditoire. Et puisque le contrôle ou le filtre collectif s’est effondré, l’accès à la parole est désormais laissé aux seuls filtres de la responsabilité individuelle. Et lorsque cette responsabilité individuelle échoue, alors c’est le déluge de l’indécence car la soupape de sécurité collective est absente. Ainsi, la démocratisation de l’accès à la parole a engendré la démocratisation de l’indécence ou si vous voulez la démocratisation de la folie.
De ce fait, nous conseillerons à tous les esprits logiques de répondre à l’indécence par la décence érigée en silence ou en mépris. L’indécence est devenue si banalisée aujourd’hui qu’elle est un passe-temps, et même une rampe de lancement de carrières politiques. On est passé de «Je pense, donc je suis» à  «J’insulte, donc je veux être». Mais en réalité, l’humain, dans son essence, a peu changé depuis son expulsion nécessaire du jardin originel. Ce qui a surtout changé, nous pensons, c’est la capacité de la société à filtrer sa folie. Les sociétés anciennes contrôlaient la folie humaine. Les sociétés d’aujourd’hui prospèrent grâce à cette folie. 

Siikam Sy 
Crédit source: Post Facebook Sii Kam 

Regardez « Journal Ganbanaaxu 6ème edition » sur YouTube

La JT chaîne YouTube GANBANAAXU FEDDE. 

Mauritanie: l’assemblée donne son feu vert pour l’adoption des régions 


Les Mauritanies – L’Assemblée nationale a approuvé, lundi, 8 janvier un projet de loi organique sur l’introduction de la Région comme collectivité territoriale administrée par des organes élus au suffrage universel direct.

Cette réforme territoriale revoit une nouvelle carte de Mauritanie avec des régions. Des conseils régionaux répartis sur l’ensemble du territoire, qui assureraient la promotion de la décentralisation et de la bonne gouvernance.

En effet, le projet de loi fixe des conditions d’éligibilité des présidents du conseil et celles de la gestion des affaires et des compétences propres de la Région transférées par l’État, tout en évitant les risques souvent associés à l’allègement de la décentralisation.

Toutefois, les actes de la Région sont soumis à la tutelle exercée par le ministre chargé de la décentralisation et le ministre chargé des finances avec un budget qui leur est propre servant à alimenter des dotations d’investissements.

La région est administrée par deux organes : un organe délibérant (le conseil régional), élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans et un organe exécutif composé d’un président élu au suffrage universel direct et plusieurs vice- présidents en fonction du nombre des conseillers régionaux élus par leurs pairs.

La dissolution du conseil régional ou la destitution de son président est une mesure que dictent les exigences de la tutelle en cas de contravention à la loi. Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdallah a expliqué dans exposé sur les régions ; que l’agglomération de Nouakchott est érigée en une collectivité territoriale régionale unique, avec la suppression de la Communauté Urbaine de Nouakchott.

Tandis qu’à la circonscription administrative de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, il est créé une collectivité territoriale dénommée Région de Dakhlet Nouadhibou, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, ce projet de loi organique s’inscrive dans le cadre de l’action du gouvernement tendant à mettre en œuvre la réforme constitutionnelle opérée aux termes de la loi constitutionnelle référendaire N° 2017-022 du 15 août 2017.

Crédit source: http://www.cridem.org 

Regardez « Conférence (1ère partie): Religion et Culture | Oustaz Madiakho Tandjigora ,Oustaz Ablaye Ba… » sur YouTube

COMMUNIQUÉ DE PRESSE: RENCONTRE IRA/FPC

Ce 7 janvier 2018 une délégation de l’IRA, conduite par son President Biram Dah Abeid , a été reçue , à sa demande, par Le Président des FPC, Mr samba Thiam, entouré de ses proches collaborateurs, membres du Bureau National et de la Fédération .

La  visite de courtoisie avait pour objet, en plus de renouer le contact entre des partenaires naturels , de passer  ensemble en revue les  problèmes d’intérêt national.
Face aux défis du moment , les deux Pésidents ont évoqué ,dans leur tête-à-tête , la nécéssité d’explorer les voies et moyens de rassembler l’Opposition dans toute sa diversité .

les deux délégations ont convenu, avant de se séparer, de maintenir un contact bilateral  aux fins  de privilégier  concertations et  échanges sur l’évolution politique intérieure du pays . 

 

Noukchott 7 janv 2018.
Le Département de Communication.
Crédit source: Post FB  Kaaw Touré, membre FPC


Communiqué de presse : Rencontre de BDA avec la frange des mauritaniens actifs dans la pêche artisanale.


Le 5 janvier 2018, à l’initiative du président de  l’association des pêcheurs wolof originaires des départements de Keur Macène, Rosso et Rkiz, Yali Ndiaye, le président d’IRA – Mauritanie, Biram Dah Abeid, à rendu visite à un regroupement de membres de ce secteur à Sebkha (Nouakchott). Les pêcheurs ont voulu rencontrer le leader abolitionniste pour lui exprimer leur soutien et pour l’édifier sur les obstacles de plus en plus grands que les autorités mauritaniennes mettent devant les travailleurs affiliés à ce secteur. 

Yali Ndiaye, l’initiateur de la rencontre, à loué l’engagement du président d’IRA auprès des différentes couches de la société luttant pour leurs émancipations; il a rappelé l’esprit de sacrifice et l’espoir qu’insuffle IRA – Mauritanie et son leader aux populations mauritaniennes assoiffées de changement pouvant bannir à jamais le racisme, la discrimination, mais aussi la corruption et l’injustice en tout genre.  Yali Ndiaye a incité l’assemblée à appuyer IRA et son président dans leurs efforts pour une nouvelle Mauritanie.

Ensuite ce fut le tour du vieux Alioune Fall, doyen du groupe, qui appelle au soutien inconditionnel à IRA – Mauritanie et fond en larmes; Alioune Fall salue les sacrifices de Biram Dah Abeid et déplore que lui et ses semblables soient relégués par le système à la loge de citoyens de seconde zone à cause de leur langue et de leur couleur. 

Idrissa Teuw, un sexagénaire, avec beaucoup d’amertume s’apitoie sur le sort des générations présentes et futures parmi les populations noires de Mauritanie. Teuw affirme qu’il a assisté à la sortie de plusieurs vagues de pêcheurs artisanaux composées uniquement de noirs alors que d’autres écoles d’excellence forment uniquement des arabo-berbères. Il affirme qu’avec ce partage de tâche voulu et orchestré par l’État la domination raciale s’officialise et s’enracine. 

Enfin le professeur Cheikh Seye, professant à Ndiago, membre d’IRA – Mauritanie section Keur Macene, a fustigé la politique du régime mauritanien qui agit pour mettre en péril l’éducation des enfants noirs de Mauritanie; il s’appuie sur l’exemple du collège de Ndiago: un collège dont l’effectif normal des professeurs est de neuf (9) professeurs alors que le ministère de l’éducation mauritanien n’a doté ce collège que de trois(3); donc six(6) matières de moins dont les mathématiques. Seye dénonce une politique officielle de sape contre les enfants des populations noires de Mauritanie.

Biram Dah Abeid remercia l’assemblée et félicita Yali Ndiaye de son engagement et de sa persévérance comme membre dirigeant actif d’IRA – Mauritanie; il assura l’assemblée de la détermination d’IRA à prendre en charge tous les problèmes douloureux invoqués; cette prise en charge, dira Biram Dah Abeid en substance, sera dans le cadre de l’action militante, légale et pacifique d’IRA dans le cadre de sa vision pour la Mauritanie, les droits humains, la paix sociale et le bien-être de tous. Biram Dah Abeid dira aussi que les questions qui taraudent le pays auront aussi un cadre de résolution au sein du programme du projet de société que le candidat aux élections présidentielles en 2019, Biram Dah Abeid, va proposer aux MAURITANIENS.

BDA appelle à la persévérance dans le combat pacifique, la patience et la démarche d’unité.

Nouakchott le 07/01/2018                              la commission de communication

Ouverture à Selibaby d’un colloque sur les effets négatifs des drogues et des produits psychotropes 


Selibabi,,  06/01/2018  –  Le ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel, M. Ahmed Ould Ehel Daoud, a supervisé, samedi à Selibabi, l’ouverture d’un colloque sur les effets négatifs des drogues et des produits psychotrpes sur les individus et la société.

La rencontre qui dure deux jours a pour but de présenter plusieurs conférences animées par des oulémas, des Imams et des acteurs dans ce domaines sur les dangers de la drogue et des autres produits psychotropes sur les individus et la société.

Dans un mot prononcé pour la circonstance, le ministre a indiqué que ce colloque s’inscrit dans le cadre de la campagne permanente menée par son département pour lutter contre les drogues et les produits psychotropes, en édifiant l’opinion publique nationale sur les effets néfastes de ces produits et leurs répercussions négatives économiques et sociales sur l’individu et la société.

Il a précisé que ces produits conduisent à la destruction de la société et nuisent à ses valeurs morales et religieuses.

Le ministre a souligné que le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a très tôt pris conscience de ce danger et n’a cessé dès lors d’insister sur la nécessité de faire face à ce phénomène très inquiétant, appelant les oulemas, les Imams et les guides d’opinion à conjuguer les efforts pour prémunir notre société de ce mal que constitue la drogue, en tant que plus grand handicap au développement.

C’est pour cette raison, a dit le ministre, que le gouvernement a déclaré une guerre sans merci contre les drogues à travers le renforcement de la sécurité et l’intensification de l’organisation de colloques et de séminaires dans le but de dynamiser le rôle des mosquées, des Cheikhs de mahadras, de Zawiyas et des instituts ainsi que des organisations de la société civile en vue de contribuer sérieusement à la mobilisation des citoyens pour qu’ils luttent contre ces produits nocifs.

Le ministre a émis le voeu de voir ce colloque contribuer, avec les efforts des oulemas et des Imams dans cette wilaya limitrophe plus exposée au fléau que d’autres, à prémunir davantage les populations contre la drogue et les produits psychotropes.

Pour sa part, le maire de Selibabi, M. El Hadrami Ould Weddad, s’est félicité de l’organisation de ce colloque dans la ville de Selibabi, souhaitant plein succès aux travaux des participants et se disant convaincu de la capacité des oulemas et des Imams à orienter la société et à lui indiquer les moyens lui permettant d’éradiquer ce fléau nuisible et dangereux .

De son côté, le secrétaire général adjoint de l’association des oulemas mauritaniens, M. Lemrabott Ould Mohamed Lemine, a insisté sur l’importance de ce colloque et des thèmes qu’il traite, ajoutant que son association jouera pleinement son rôle pour lutter contre le fléau grâce à la sensibilisation des citoyens.

La cérémonie d’ouverture du colloque s’est déroulée en présence du wali du Guidimakha, M. Diallo Oumar Amadou du hakem de la moughataa de Selibabi et des autorités administratives et sécuritaires dans la wilaya.

Crédit source: AMI (Agence Mauritanienne d’information via son http://www.ami.mr)

Diogountouro-Guidimakha-Mauritanie : Un contentieux foncier. Nous proposons à la place du  tribunal, la juridiction des paroles (la justice amiable).

Honoré Balzac, écrivait qu’un : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû, la vertu correspondant à la volonté de chacun d’y parvenir.  Mais cette institution n’a pas le monopole de tous les contentieux, car la résolution de certains conflits  ne relève pas du tout du droit positif, d’où l’intérêt de faire appel à la justice conciliatrice prévue par la législation mauritanienne.

Cependant, monsieur Mouhamoud Dicko dit HOYEMET , est un maure, pour ne pas dire un (haratin) comme Ibrahima Ould Abeid. Mais ce terme haratin ne veut rien dire au regard de sa définition ontologique. Monsieur Dicko, est un citoyen mauritanien comme vous et moi, qui vit par la sueur de son front, comme tout bon musulman de ce pays. Il est à la fois agro-pastoral, c’est-à-dire un éleveur-agriculteur et boucher. Monsieur Dicko, a découvert le village de Diogountouro vers les années 70, lorsqu’il avait 15 ans ; il faisait le va et vient entre  Gouraye, Diogountouro, Khabou et les autres villages aux alentours de Diogountouro, en étant un jeune mécanicien qualifié de Moto, vélo, moulin, entre autres. Vers les années 80, Mouhamoud Dicko est venu s’installer à Diogountouro définitivement avec toute sa famille (épouses, mères, enfants…). Il  rendait service à tout le village (hommes et femmes) par le biais de son métier et par sa qualité humaine et humaniste. Pendant, les évènements  de 89- 90, ce monsieur prenait les armes pour aller combattre les ennemis qui venaient attaquer ou voler les cheptels et les bovins du village, au péril de sa vie et la vie de toute sa famille . Il est connu par tout le village du nom de HOYEMET SOURAKHE. Ces services rendus étaient salués et applaudis par toute la communauté du village. Dicko est devenu un ressortissant du village et un citoyen mauritanien, avec  ses devoirs et ses droits vis-à-vis de ses semblables mais aussi vis-à-vis de l’Etat. Son fils ainé, Boubou Dicko, après ses études, il est  devenu fonctionnaire d’Etat (agent administratif).

En effet, les faits se sont passés à Diogountouro, un gros village que  j’ai l’habitude de dire  une grande ville selon les normes internationales. Il  se situe au sud de la Mauritanie, à la frontière entre le Mali et le Sénégal. C’est  un carrefour entre ces trois pays. Un jour après la fête de Ramdan 2017, un conflit foncier  s’éclatait  entre  le village et Mr Mouhamoud Dicko dit Hoyemet ; ce monsieur cultivait un champ (terre cultivable) depuis plusieurs années, qu’il l’avait mis en valeur, selon les dispositions du code foncier mauritanien et selon les hadiths du droit musulman. Ce champ se trouve à 3 ou 4 kilomètres du village. Le village voudrait le déposséder de son bien qu’il disposait depuis plusieurs années au nom du droit coutumier. Après avoir saisi les autorités administratives locales de la commune de khabou ; celles-ci demandaient aux parties d’aller s’assoir et discuter entre eux afin de trouver une solution amiable. Par ailleurs, quelques jours plus tard, le conflit s’est transformé un contentieux, car le procureur et le juge d’instruction se sont saisis du litige. Comme s’est prévu dans toutes les législations mauritaniennes, à tout le niveau de la justice et de l’administration, la justice amiable est autorisée. Les autorités administratives et judiciaires peuvent exhorter les parties en en litige d’aller sursoir  et trouver une solution consensuelle. Et c’est ce que le Waly, le hakem, le procureur et le juge d’instruction, avaient demandé aux litigants. La question que je me suis posée, est de savoir si la méthode juridictionnelle est-elle toujours pertinente pour une société déjà en crise de légitimité et de confiance ?

Malheureusement, la  réponse est non. Car, le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée, soumise aux aléas des comportements dilatoires, des incidents de procédure, de l’exercice des voies de recours et, la décision enfin rendue, des difficultés de son exécution. De ce point de vue, la recherche de perfection procédurale dans la mise en œuvre des garanties nuit autant à la rapidité du procès qu’à la prévisibilité de son issue. Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le deuxième inconvénient du procès tient à l’incertitude de la solution : incertitude quant à la date du prononcé, quant à son contenu et quant à son exécution. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice  décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant.

Le troisième inconvénient du procès, est celui du coût, non seulement le montant mais aussi dans son imprévisibilité. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit. Sur ce point, il faudrait que les gens sachent, qu’une fois que la machine judiciaire est mise en route, cette machine est très couteuse en termes d’énergie humaine et financière.  Ces sommes colossales, pour lesquelles les parties débloquent peuvent construire un collège pour les enfants du village et venir en aide aux plus démunis et aux nécessiteux du village. Il est temps qu’on arrête de faire des dépenses inutiles et grossières pour des affaires auxquelles soit la communauté dispose d’elle-même la solution, soit encore ce sont des affaires perdues d’avance au regard du droit.

Juridiquement, les textes sont clairs sur la question foncière en Mauritanie. L’article premier de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale stipule que : « La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie » et l’article 3 du même ordonnance dispose que : « Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli ». Ainsi l’article 2 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, prévoit que : « La mise en valeur résulte de constructions, de plantations, de digues de retenues d’eau, d’ouvrages hydro-agricoles ou de leurs traces évidentes ». Sur le plan coutumier, l’Etat ne remet pas en question le système traditionnel dans certains cas par exemple (le statut personnel de citoyens), mais en matière foncière, les lois de la République priment sur le pouvoir coutumier. Le droit musulman est aussi clair  sur l’attribution de la propriété foncière. L’ihyâ’ est l’action en vue de la mise en valeur de la terre vacante et sans maître, dont personne ne tire bénéfice, pour y faire émerger des moyens de vie entretenus tels que : constructions, plantation d’arbres fruitiers, culture et irrigation. La mise en valeur donne droit à appropriation à celui qui l’entreprend. Car le premier à accéder à un bien licite a le droit de se l’approprier. Il est dit dans al-Bukhârî (recueil de hadîth) : « Celui qui met en valeur une terre morte acquiert priorité là-dessus ». Il est également dit dans al-Tirmidhî et al-Nasâ’î (autres recueils de hadîth) : « Celui qui vivifie une terre morte en devient propriétaire. Et aucun descendant d’oppresseur n’y a le moindre droit ». Dans la tradition malikite, il est licite de vivifier les espaces éloignés des zones mises en valeur. La référence en matière d’ihyâ’ est définie par la tradition locale et ce qu’elle considère comme une action qui vaut mise en valeur pour le type de terre considéré. Si on le destine à l’agriculture, par exemple, l’ihyâ’ consistera à préparer la terre à cette fin.

En revanche, certaines personnes dès leur retour du village, avaient convoqué la communauté pour un «  soi-disant compte-rendu » de cette affaire. Nous disons à ces gens-là que le dossier est vide chez le procureur et chez le juge d’instruction et qu’on dise une fois pour toute la vérité sur ce dossier à toute la diaspora. La vérité, elle est celle-ci : « les autorités administratives et judiciaires, demandent aux parties d’aller en conciliation/médiation, car le  dossier est vide ». Il est temps et grand temps d’informer à toute la diaspora du village, ce que le procureur et le juge d’instruction vous ont dit dans leur bureau. Et qu’on arrête de dilapider le bien d’autrui à des causes non légitimes. On ne peut plus tromper tout le monde tout le temps et en même temps sur des affaires aussi sensibles.

Qu’est-ce que nous proposons aux parties à la place du tribunal ? En tant que citoyen mauritanien et doctorant-chercheur sur la résolution des conflits  en Mauritanie, nous proposons aux parties en litige de revenir sur les fondamentaux de la justice africaine que certains chercheurs africains, tel que M. Bidima, appelle « la palabre. Une juridiction des paroles »,  les anglo-saxons appellent « Alternative Dispute Resolution » et les français, le désignent « les modes alternatifs de règlement des conflits », ce sont la conciliation, la médiation et l’arbitrage, tous prévus par la justice  mauritanienne (code foncier, code de statut personnel, code civil, code du travail…). En quoi consiste la justice alternative de règlement des litiges ? Il s’agit d’une justice rapide, moins couteuse et soucieuse des relations humaines et amicale. Cette justice prend en compte l’harmonie et le bien être sociétal. Cette justice alternative enseigne aux parties l’empathie, cette faculté pour chacune d’elles de se mettre à la place de l’autre et de percevoir les éléments psychologiques, affectifs, économiques ou sociaux qui expliquent sa position. La justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales  d’arbitrage qui permettent de régler le litige amiablement.

En conclusion : Allons-nous vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative. Cette forme de justice qui s’opposerait à la justice étatique par son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. Le droit met fin une question posée en termes  juridiques, mais il laisse souvent subsister une situation conflictuelle ; la justice conciliatrice extirpe le conflit. /.




BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

Fondateur de l’Association Educative et Culturelle de Jeunes Ressortissants de la Mauritanie en France (AECJRM)

Communiqué de presse : Marche pacifique réprimée

L’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA – Mauritanie) a organisé ce mardi 02/01/2018 une marche pacifique pour réclamer la libération sans condition des détenus d’opinion Moussa Bilal Biram et Abdallahi Matalla Saleck , de dénoncer l’esclavage foncier et le racisme qui sévit dans les centres d’enrôlement des populations. 

La marche a démarré du carrefour de la polyclinique en direction du siège des Nations Unies à Nouakchott. Elle a été aussitôt cueillie par une répression sans précédent des forces de l’ordre, les militants ont été tabassés par des éléments de la police, ne faisant aucune différence entre, les femmes, les enfants et les hommes.

Les militantes d’IRA-Mauritanie arrêtées aujourd’hui, battues et torturées, suite à la manifestation pacifique à Nouakchott, demandant la libération des prisonniers d’opinion sont:
1-Mariem Cheikh

2-Mama Moussa

3-Aminetou Jewda

4-Aicha Biram

5-Chreyva Messoud

6-Zeinebou Saleck

7-Nevissa Maatamoulana

8-Zeinebou Ahmedou.
Les militants d’IRA-Mauritanie arrêtés aujourd’hui, suite à la manifestation pacifique réclamant la libération des prisonniers d’opinion sont:

1– Mohamed Ahmedou

2-Mahmoud Mohamed Lemine

3- Taleb Koryallah

4- Hamma Deh

5- Mohamedou Saleck


Les blessés sont: 

1- Taghi Beydar 

2- Samba Sidi

3- Abbas Ely
Cette manifestation entre dans le cadre d’une série d’activités que IRA – Mauritanie compte entreprendre pour dénoncer la détention illégale et injustifiée Moussa Bilal Biram, Abdallahi Matalla Saleck  et des autres détenus d’opinion le sénateur Mohamed GHADA et le sergent Mohamed Ould Mohamd MBARECKE

Nouakchott le 02/01/2018    La commission de communication

Communiqué de presse d’ARMEPES-France et ses partenaires : stop aux injures haineuses de certains adeptes de féodalité soninkée !

Depuis quelques mois , la mouvance abolitionniste intracommunautaire soninké subie toutes sortes  d’attaques insultantes et apologistes d’une manière chronique et soutenue. En effet notre activisme pacifique de sensibilisation est particulièrement honni par des milieux féodaux et réactionnaires. Ces derniers ne ménagent aucun effort pour salir et agresser verbalement les membres actifs du mouvement GANBANAAXU FEDDE qui ne demande que la mise en place de certaines réformes sociétales en milieux soninkés. Ces demandes que nous estimons légitimes apparaissent comme un sacrilège pour certains esprits arrêtés au 16ème siècle. 

Ainsi par ce communiqué de presse, nous alertons les autorités mauritaniennes et françaises, mais aussi les consciences progressistes dans la communauté soninkée sur les manœuvres provocatrices et répétitives venant des milieux bien connus. Et nous tenons à rappeler ici certaines sorties langagières pour édifier l’opinion publique :
■ la création réactionnaire d’un mystérieux groupe Whatsapp appelé abusivement  « démocratia islamique » dont certains  membres se sont donné comme « activité joyeuse » un matraquage injurieux insultant la mémoire des ancêtres de ceux qui subissent aujourd’hui l’ordre féodal soninké. D’ailleurs plusieurs de nos membres ont introduit des mains courantes auprès de la police française concernant ces provocations incessantes d’éléments obsédés par notre militantisme pacifique. Nos procédures sont en cours à ce jour. 
■ En Mauritanie, à Nouakchott , un élément particulièrement virulent membre du groupe Whatsapp cité, dénommé Tapa Coulibaly pourtant d’extraction sociale esclave dans la communauté soninkée, s’attaque quotidiennement à nos membres en faisant à ciel ouvert l’apologie de l’esclavage. Très chouchouté par les milieux féodaux et réactionnaires, il se croit invincible et inatteignable par la loi en Mauritanie parce qu’il serait soutenu par certains policiers soninkés et d’autres personnes influentes proches du pouvoir. Ces derniers jours, il s’est permis via un audio de défi apologiste de l’esclavage, une attaque particulièrement virulente contre toute la communauté haratine de Mauritanie. Pour rappel la loi 2015-031 en Mauritanie dans son article 19 stipule : « Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2)  ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas. »
■ Aussi depuis plusieurs mois, un dénommé Boudalaye Adama camara, mauritanien vivant aux États-Unis, connu sous le pseudo via réseaux sociaux « Dommoone kagoro camara » , s’acharne également sur nous par toutes les voies manipulatrices à travers audios et vidéos avec traces matérielles disponibles à ce jour. Sa dernière sortie audio nous visant a été d’une immoralité abjecte. Il s’est réjoui d’un naufrage fluvial qui avait coûté  la vie à 9 personnes originaires du village de Guemou. L’accident s’était produit dans la journée du 15 juin 2017 au niveau du village de Sollou sur le fleuve Sénégal. Ce monsieur a stigmatisé ces victimes qui allaient pêcher, en disant qu’elles seraient mortes pour leur attrait pour la pêche qui serait le propre des esclaves selon lui.

Par ce communiqué en guise de témoin et d’alerte, nous exprimons nos inquiétudes sur des possibles actes violents à cause de ces multiples provocations qui ne  cessent pas depuis plusieurs mois et que nos membres sont à bout de supporter ces traitements humiliants et insultants pour eux et surtout pour leur mémoire ancestrale.

Paris 1 janvier 2018
La CECOM ARMEPES-France