L’éditorial/La Nouvelle Expression : Apartheid, Biram – Maaouya – Ghazouani, Par Camara Seydi Moussa

Quand le gouvernement me demande de répondre à Biram. Et Maaouya m’interpelle pour parler à Ghazouani
Biram,
L’image du pays doit être ta préoccupation, ton combat et un devoir pour tout militant des droits humains, mais surtout un député. Un député, historiquement, élu dans sa cellule…

Alors ex-prisonnier, élu député, ces lignes, après quelques recherches et avec modestie, te renseigneront sur ces deux concepts que tu aimes tant utiliser. En passant, on va essayer d’évaluer votre niveau d’excessivité en parlant du quotidien de la Mauritanie. Biram, tu aimes tant parler de « génocide » et d’ « apartheid ».

Un génocide est un acte « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », selon les termes de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.
« Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fr, et il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe. »

On dit aussi qu’un génocide est un crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle d’un groupe national, ethnique ou religieux…
N’est ce pas là une belle et parfaite illustration de ce qui s’est passé ici et là en Mauritanie entre 1986 et 1992 ? Ces années, appelées années de braise, ont vu le Négro-mauritanien pourchassé, déporté ou tué. Et, il ne fait aucun doute, que la communauté Pular était la principale victime.

Apartheid… Biram,

La notion juridique internationale de crime pour apartheid est définie par la résolution 3068 XXVIII de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) du 30 novembre 1973.

Elle est, en outre, reconnue par le statut de Rome de 2002 instituant une Cour pénale internationale. Le crime d’apartheid est défini comme tout acte inhumain de caractère analogue à d’autres crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe ethnique sur n’importe quel autre groupe ethnique. Les crimes d’apartheid énumérés sont le meurtre, l’esclavage, la privation de liberté physique, la réinstallation forcée, la violence sexuelle, persécution individuelle et collective.

Biram, c’est connu, et on l’a crié et écrit plusieurs fois. L’esclavage est une réalité. L’un de tes contradicteurs et de surcroit le président de la CNDH a reconnu l’existence de l’esclavage en déclarant que la Commission, lors de la caravane organisée en direction de l’Est du pays, a permis de découvrir 12 cas avérés d’esclavage. L’Etat mauritanien qui refuse de reconnaitre le phénomène a institué des lois et créé des tribunaux pour combattre un phénomène qu’il considère inexistant. Le phénomène est souligné dans le préambule de la Constitution comme crime contre l’humanité et imprescriptible… Pourquoi tant d’acrobatie alors que l’esclavage est un crime d’apartheid.

L’apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français, signifiant « séparation, mise à part ») était une politique, en Afrique du Sud, dite de « développement séparé » (afsonderlike ontwikkeling) affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées.

Voici un autre concept qui a provoqué les courroux de ceux qui vocifèrent pour rien, ennemis jurés du partage et du vivre ensemble à la recherche d’une méthode pour panser nos plaies. Lors des dernières élections présidentielles, alors que j’étais assis devant un centre de vote non loin de la clinique IBN SINA, mon attention avait été attirée par la discussion des militants d’un parti très organisé. Parlant à son ami, l’un avait déclaré : «Biram risque de gagner au centre de vote du stade olympique, il ya beaucoup de monde ». Et l’autre de répliquer : « Non. L’électorat de Biram et Kane ce sont les populations des départements de Sebkha et El-Mina ».
Naturellement, ce jeune Mauritanien était en train d’expliquer le vote identitaire. Car ces quartiers de la périphérie Sud et Ouest de Nouakchott sont grandement peuplés par les noirs. Fermons nos yeux et refusons d’entendre mais la réalité est têtue : en Mauritanie, il ya une communauté qui a tout alors que les autres tirent le diable par la queue, parfois ils n’arrivent même plus à trouver cette fameuse queue.

C’est une vérité. Avançons et affrontons notre histoire, notre douleur ; ces crieurs de ventre ne doivent pas nous distraire. Biram, avant que je ne termine ces lignes, Maaouya m’interpelle avec une voix anxieuse remplie de chagrin… essaye de transmettre ces mots au Président Ghazouani. « Moi, Maaouya Sid’Ahmed Taya ma dernière phrase aux Mauritaniens était : ‘’Que Dieu me préserve de mes amis, mes ennemis je m’en occupe’’. Que Ghazouani médite cette phrase. Ces gens qui m’ont induit en erreurs sont tous avec vous aujourd’hui, en utilisant les mêmes procédés. A mon époque, ils m’ont tout caché par la transformation… ils utilisent le verbe et parfois des scenarios incroyables pour des intérêts personnels et personnifiés.

Quand je n’étais plus valable pour leurs intérêts, j’ai été éjecté du pouvoir. Les heures qui ont suivi ma chute, les mêmes personnes qui m’applaudissaient hier ont vite occupé les rues pour me vilipender. Ils ne sont autres que ceux là qui, aujourd’hui, useront de tous les moyens pour saper votre volonté d’ouverture politique et qui cherchent à vous éloigner de vos opposants, comme Biram.

De mon temps, c’était les mêmes campagnes qu’ils utilisaient contre les individus qui ne sont autres que ces citoyens mauritaniens qui cherchent plus de justice que je n’ai pas pu comprendre mais surtout cette justice que je n’ai pu rendre à l’époque. Ils m’ont «roitelisé» et aveuglés alors qu’ils n’étaient pas avec moi, encore moins avec la Mauritanie.

Alors Monsieur le Président regardez autour de vous et essayez de voir ceux qui ont accompagné vos prédécesseurs, vous vous rendrez compte que ce sont les mêmes… Préservez-vous d’eux, ils sont les véritables dangers qui peuvent miner la réalisation de votre projet d’une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même. Une Mauritanie qui a beaucoup souffert de nos actes.

Ne vous occupez pas des danseurs du ventre du pouvoir. C’est leur métier. Ils ont dansé sous Maaouya (moi). Ils ont aussi dansé après Maaouya car le système se recycle. Ces derviches tourneurs n’échappent pas à leur destin : celui de danser, encore danser, toujours danser… ».

Modestement, comme je l’avais écrit il y a 9 ans dans un édito intitulé « Repenser la Mauritanie » dans les lignes suivantes et je le pense toujours : Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi-totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale, on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible qu’on admet comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.
C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Un demi-siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.

Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme, de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.
La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature.

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1218

Communiqué de Presse IRA France le 9 mars 2020 : “Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


“Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


Le 20 janvier 2020, le Secrétaire Général d’IRA France-Mauritanie, Bruno Canivenc, accompagné par des membres d’IRA Mauritanie, a été reçu à Nouakchott par Aminetou Mint El Mokhtar. L’accueil a été chaleureux et amical. Les échanges ont porté sur le travail mené par l’Association des Femmes Chefs de Famille, sur l’analyse de l’évolution de la situation politique en Mauritanie depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ghazouani et de son impact possible sur l’état des droits humains dans le pays. La position de notre hôte était ce jour-là encore sans ambiguïté. Pour elle, le discours d’ouverture des nouvelles autorités était “destiné aux partenaires extérieurs” et constituait “une manœuvre pour maintenir le pouvoir tribal avec des apparences plus présentables”. Elle en voulait pour preuve le choix répété de cousins du Chef de l’Etat et de marabouts aux compétences douteuses pour de nombreux postes de conseillers. Elle précisait que le pouvoir du Président était tel qu’il était en mesure de faire appliquer les mesures auxquelles il tenait. Elle disait attendre toujours des décisions allant dans le sens de l’ouverture annoncée … et sa moue désabusée montrait alors clairement qu’elle n’attendait rien.
L’engagement d’Aminetou Mint El-Moktar pour la défense des droits humains donnait un certain poids aux propos de notre interlocutrice, alors que notre délégation s’inscrivait plutôt dans le crédit à donner au nouveau président Ghazouani pour améliorer la situation des droits humains dans le pays. Et voilà que, peu avant la journée nationale du 6 mars contre l’esclavage et peu après son arrestation et sa garde à vue brutales, circonstances traditionnellement utilisées par les autorités mauritaniennes pour étudier avec les opposants fragilisés les conditions de leur ralliement, Aminetou Mint-El-Moktar dénonce sans aucune preuve les “conditions confortables” du fonctionnement d’IRA, va même jusqu’à prétendre « avoir vu Biram Dah Abeid en prison recevoir des financements du pouvoir sous la présidence Aziz” et lui reproche de « diviser l’opposition ».
Madame El-Moktar, vous nous aviez habitués à plus de dignité ! Après des années de militantisme commun et un séjour de deux semaines à Nouakchott chez Biram Dah Abeid dans le quartier pauvre de Riyad, notre délégation d’IRA France-Mauritanie n’a pas identifié beaucoup de conditions confortables de fonctionnement. Il est vrai que la possession d’une voiture pour le Président d’une association reconnue par l’ONU, et dans le monde entier sauf en Mauritanie, pour la qualité de son engagement contre l’esclavage et le racisme d’Etat, peut paraître excessive aux yeux d’un pouvoir qui dépense beaucoup d’énergie pour empêcher l’activité d’IRA depuis sa création en 2008. Il est vrai également que les quatre incarcérations de Biram Dah Abeid (pour un total de 29 mois), les manœuvres d’Aziz pour le faire condamner à mort en 2012 et les innombrables tabassages, arrestations, tortures, condamnations scandaleuses de militants d’IRA, systématiquement dénoncés par les grandes organisations internationales de défense des droits humains sous les présidences d’Aziz, ne nous préparaient pas vraiment à entendre que ce même Aziz finançait IRA et était un ami de Biram! Tout aussi grave : aucun militant et aucune militante d’IRA ne se souvient de vous avoir jamais vu leur apporter votre soutien et encore moins les visiter quand ils étaient injustement emprisonnés. Enfin, quand on dit tenir des preuves de ses propos par des confidences d’Aziz, quand on accepte de faire partie d’une délégation à l’Assemblée Nationale Française en 2016 pour tenter d’édulcorer le bilan d’Aziz sur l’esclavage, au moment même où des militants d’IRA torturés croupissent dans les prisons de Zouerate et Bir-Moghreïn, on peut vraiment se demander qui est l’ami(e) de l’ancien président Aziz… Nous ne nous attarderons pas sur les divisions de l’opposition, habilement entretenues par le pouvoir mais que Biram était parvenu à surmonter au moment des élections présidentielles.
Soyons un peu sérieux ! Qui pensez-vous abuser par de tels propos ? Mais peut-être devrions-nous plutôt nous poser la question de savoir qui vous manipule et à quelles fins ? Bien sûr, il est de bon ton dans les cercles proches du pouvoir mauritanien d’expliquer à la population que tous les problèmes du pays proviennent de la corruption du Président Aziz. Mais n’oublions pas trop vite ceux qui sont toujours au pouvoir aujourd’hui et qui l’ont bien accompagné dans ses pratiques malhonnêtes pendant des années. Ils n’ont jamais dit vouloir modifier le système tribal clientéliste. Ils ont tout intérêt à faire occuper le terrain médiatique par des attaques gratuites contre des opposants, à défaut de pouvoir le remplir par des commentaires sur une quelconque mesure concrète prise pour faire avancer le pays vers plus de justice. Par contre, il faut absolument chercher à faire taire ceux qui gênent en rappelant trop souvent aux Mauritaniens et à la communauté internationale le socle de discriminations sur lequel repose le pouvoir mauritanien.
Madame El-Moktar, vous savez bien qu’IRA n’a jamais été reconnue et a toujours eu des difficultés financières. Elle doit chercher son financement auprès de ses militants, à travers des prix internationaux obtenus par son Président et parfois à l’aide de ses sympathisants aisés issus de toutes les communautés du pays ; ces derniers sont convaincus que le projet de Biram Dah Abeid d’une Mauritanie juste et fraternelle, au-delà de l’esclavage et des appartenances communautaires, sera la seule voie pour empêcher les violences que prépare l’entêtement des tribus au pouvoir à maintenir leurs privilèges ancestraux coûte que coûte. Espérez-vous vraiment de telles personnes une action efficace pour favoriser l’unité nationale ?
Nous attendons tous maintenant avec impatience des preuves sérieuses et documentées de vos allégations : on n’a pas le droit de salir impunément la réputation de quelqu’un qui, avec des moyens financiers très limités mais une dignité et un courage jamais mis en défaut, se bat, auprès des personnes les plus fragiles de la société mauritanienne pour que cessent l’esclavage et le racisme d’Etat.


Le Bureau d’IRA-France-Mauritanie

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie : le 6 mars, quelques heures d’imposture (IRA-MAURITANIE)


Note de synthèse

La journée nationale « contre » l’esclavage, consacrée le 6 mars de chaque année par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, visait, à l’origine, la mise en accusation de la mouvance abolitionniste. Il s’agissait d’une opération de communication de crise, destinée à semer le doute dans l’opinion, pour mieux confondre la lutte et décrédibiliser les militants. Au fil de ses séquences, l’évènement se réduisait à une fête austère, loin des espaces de rassemblement et de résidence des groupes dominants. La parodie devait produire l’illusion d’un pays de droit où aucune entité ethnique n’échappe aux séquelles de la servitude de naissance. En somme, il fallait dissocier l’inégalité héritée, le racisme, voire enserrer ces pratiques dans une grille de causalité économique, loin de tout déterminisme selon la race ou la généalogie. Depuis l’essor du mouvement de revendication des droits civiques au milieu des années 1990, la ligne n’a pas varié, malgré l’alternance de façade au sommet de l’Etat. Jusqu’aujourd’hui, elle oscille, de bricolage en tâtonnement, entre déni, falsification et frénésie législative, aux fins de vider, notre histoire, de son contentieux.

🔹️La trouvaille

Au titre de la contrefaçon et de l’opportunisme caractéristiques d’une gouvernance de l’instant – sans vision ni ambition – la communauté Soninké devient le terrain d’expérimentation des politiques publiques en matière de réduction des hiérarchies d’antan. Ici, le choix de la région du Guidimakha et de son chef-lieu Sélibaby, prouverait la dimension non racialiste de l’esclavage ; ainsi la configuration globale de l’hégémonie et l’ethnicité de son ancrage à tous les niveaux du pouvoir d’Etat, se diluent dans un tableau indifférencié du sous-développement où, in fine, s’effaceraient les considérations de supériorité, de généalogie et d’oppression, pourtant legs de plusieurs siècles en Mauritanie.

L’assertion frauduleuse voudrait restreindre le champ de l’exploitation de l’homme par l’homme à sa seule expression parmi les noirs subsahariens. Le choix du Guidimakha s’avère d’autant plus commode que la dénonciation du mépris de castes et la demande d’équité s’y manifestent, désormais, avec force et impatience légitime. Sur le reste du territoire, l’État tient à rassurer les auteurs du crime imprescriptible et les bénéficiaires des privilèges qui en découlent. Grace à la comparaison cynique aux Soninkoh, la thèse officieuse offre, aux autres mauritaniens, la faculté d’esquiver le questionnement sur les entraves à la citoyenneté.

🔹️Le décor

À cause de l’indisponibilité à s’engager, avec les activistes et les victimes de ségrégation multidimensionnelle, dans un échange de franchise et de disponibilité à la recherche de solutions, le pouvoir s’obstine à vouloir les disqualifier, cependant en vain. Depuis la dictature de Ould Taya, la logique de l’adversité et le délire du complot extérieur façonnent et figent la posture défensive des institutions en charge de promouvoir la cohésion et la paix. Le Commissariat aux droits de l’Homme et la Commission éponyme créent et financent encore des ersatz d’organisations de la société civile et vont livrer, à Genève, de laborieuses escarmouches de tranchée, pour obtenir une concession d’écriture, une marge de ponctuation ; à force de d’arracher des trêves de durée variable, le système, si mal servi de l’intérieur, confond atténuation du constat et victoire de sa diplomatie. La fuite en avant résulte, surtout, de la médiocrité du personnel intermédiaire et subalterne, de ses lacunes et du conditionnement d’une société au sein de laquelle la schizophrénie alimente la mentalité de l’encerclement. La moindre contestation de la gouvernance et des injustices endogènes provoque l’occasion de crier à la conspiration ourdie par les ennemis de l’Islam et de l’arabité, deux notions d’usage mécanique quand la vérité assiège la Mauritanie et en dévoile les misères. Soudain, la Mauritanie, en vertu de son importance stratégique, susciterait une somme de convoitise et d’inimité qui prête à sourire.

🔹️Le réflexe

La déformation puis l’occultation des affaires d’esclavage sur les mineurs, Ghaya Maiga et Beibbeu Ould Cheikh, démontrent combien l’administration territoriale et l’appareil de justice peuvent inoculer du mensonge, en un temps record, simplement par instinct. Or, les deux situations datent de la période ultérieure à l’élection de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. A supposer l’indépendance des juges, le ministère de tutelle et le conseil suprême de la magistrature disposent de prérogatives de sanction, face à des suspicions légitimes de parti-pris, de bavure ou de conflit d’intérêt. Le principal obstacle réside dans la formation des fonctionnaires du prétoire, en l’occurrence leur socialisation sous le sceau de la tribu et de l’extrémisme religieux. Même la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), en dépit de débuts prometteurs dès le départ de l’ancienne présidente, s’est remise à distiller, aux instances des Nations unies, des rapports de relativisation/dénégation des cas d’esclavage soulevés en Mauritanie. Pire, les média publics n’hésitent à filmer des scènes de retournement spectaculaire où la victime, en présence de ses bourreaux, vient démentir son récit initial et imputer, aux lanceurs d’alerte, la fabrication du faux. Pour traiter le dossier de Beibeu, la fameuse Cndh, toujours rétrogradée du fait de son zèle à défendre les thèses et le bilan du gouvernement précédent, déléguait, sur place, son Secrétaire général, Mohamed Ould Brahim, détenteur d’agrément de l’une de ces associations fictives qui viennent à la rescousse de l’Etat, lors des rencontres internationales. Les circonstances de telles ententes relèvent du secret et nul audit ne semble remettre en question l’opacité de cette industrie.

D’ailleurs, au lieu de favoriser la transparence et d’ouvrir les frontières, les autorités successives traitent, d’emblée en ennemi, les chercheurs, journalistes et autres spéculateurs abonnés à l’approximation ; les services de sécurité recourent spontanément à l’expulsion et abusent de menaces contre les étrangers en quête de témoignage ou porteurs de projets d’émancipation. Certains ont quitté le pays, résolus à ne plus revenir.

🔹️Que faire ?

Ira-Mauritanie réitère, encore une fois, la main tendue aux dirigeants de la république islamique de Mauritanie, pour démystifier, ensemble et sans tabou, les enjeux domestiques de la stabilité et de la sécurité, notamment le chapitre des droits de la personne et son corollaire empirique, l’impunité. Comme nous aimons à le rappeler, la paix a son prix, un tarif universel qui s’appelle l’égalité, ici et maintenant. Toute nation qui négocie ou ignore l’évidence du postulat finit par le payer cher. Alors, pourquoi s’obstiner à mener une bataille perdue d’avance ? Pourquoi tant craindre la confrontation au réel ?


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 9 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

L’éditorial Cri Osé : Contrer l’esclavage et toutes ses manifestations chez nous : déracialiser l’approche en toute sincérité

En Mauritanie, j’écrivais que presque chaque communauté développe en son sein les germes de l’ordre inique et injuste dénoncé sur l’échelle nationale. Par exemple, quand certains parlent d’un état raciste et esclavagiste, ils font semblant d’ignorer que leur communauté est aussi discriminatoire et esclavagiste à un certain niveau. Chez nous, la victime d’un racisme peut être aussi cet esprit communautariste foncièrement esclavagiste de mentalité ici et là. Espérons que l’état se mette à combattre véritablement les racistes et les esclavagistes de tous bords. Il n y a pas plus louche et fourbe que celui qui dirait qu’ indexer les méfaits de l’esclavage statutaire chez les populations noires, dédouanerait l’esclavage subi par une partie de nos frères haratines. Ainsi la cohérence et la sincérité nous intiment d’embrasser large dans nos engagements militants et politiques. Aujourd’hui parmi certaines voix militantes, le racisme d’état se dénonce avec chiffrage à l’appui mais l’esclavage et ses différentes manifestations sont abordés furtivement avec une subtilité qui trouble.

Bref c’est un peu du « mauritanien » militant à la carte. Le code esclavagiste dit hérité du rite malikite, tient une place importante dans la littérature sociale et religieuse chez tous tenants de clergés communautaires (Noirs et Blancs) . Dénoncer l’esclavage au Guidimagha (Sud mauritanien) ne donnerait pas un ouf de soulagement à la conscience d’un esclavagiste dans l’Inchiri. La donne purement cutanée et binaire de l’affaire, est une arnaque intellectuelle quasi scandaleuse. Je dirais chez nous, tous les esclaves et assignés socialement comme tels, sont à 99,9% Noirs et les féodalo-esclavagistes sont Noirs et Blancs. Dans l’aspect purement communautaire, l’esprit esclavagiste et le féodalo-esclavagiste sont complices d’une manière implicite. L’un et l’autre ne pense DROIT que sous le prisme de leur hégémonie respective, sociale en intra d’abord et politique à l’échelle nationale. Oui TOUS ensemble, dénonçons avec le président Biram Dah Abeid l’apartheid de fait dans l’arabisation forcée de l’expression de l’état, mais il en faut autant sur ce qui couve depuis toujours dans les communautés noires. Ce système rétrograde et moyenâgeux qui humilie et ostracise socialement, appelé gentillement système de castes pour partage des tâches sociales. Faux et usage du faux socialement et intellectuellement aujourd’hui, par ce système de castes, les gens ne vivent pas ensemble mais séparés et liés par un certain utilitarisme sociétal déséquilibré fait de subordinations et d’obligations. Dans nos communautés noires dites de castes, il y a 2 ensembles à mon avis, l’ensemble des esclaves statutaires et les autres. C’est une évidence chez les soninkés avec l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE initié par les composantes castées esclaves, l’autre ensemble hormis quelques JUSTES PROGRESSISTES, a formé une coalition réactionnaire très agressive dans divers endroits. Par exemple dans le Guidimagha mauritanien, pour cause de problématiques liées à l’esclavage, dans des villages, des Noirs tentent d’exproprier les biens (foncier) d’autres Noirs. Des familles vivent une quarantaine sociale parcequ’ils refusent les assignations sociétales esclavagistes. Et apparemment ces violations récurrentes ne tiennent pas l’attention d’un certain type de militant qui racialise à outrance TOUT au point qu’on présume que sa socialisation serait à l’origine de son positionnement à sens unique. Cette socialisation qui formate hermétiquement les mentalités féodalo-esclavagistes dans nos communautés. Concernant la gênante question du mariage, qui, de mon point de vue semble très marginale par rapport à l’éveil citoyen et antiféodal, mais peut être un curseur d’évaluation d’une certaine mauvaise foi. Le gars qui est prêt à se marier avec une femme Fidjienne, dirait que sa caste l’empêcherait d’épouser une autre femme dans le même groupe sociolinguistique partageant la même religion au passage. Et lui qui irait dénoncer un racisme blanc ailleurs lié à un mariage mixte Blanc/Noir. Si on revenait aux castes, dire qu’elles symbolisent le partage de tâches pour l’harmonie sociale, j’ai souvent constaté une omission pas innocente dans le discours de certains défenseurs de cette « chose » et qui atténuent son caractère esclavagiste . Ces gens acculés quand les secousses du phénomène déborde autour d’eux, essaient de citer toutes les castes liées à des fonctions ou métiers identifiés mais glissent subrepticement sur une, comme pour entretenir davantage le déni légendaire. Il est urgent qu’on revoie nos logiciels d’engagement et de militantisme pour l’avènement d’un véritable état de droit dans notre pays. Les afrikaners se sont inspirés de leur droit coutumier racialiste pour appliquer l’apartheid contre les Noirs sud-africains, et également nos droits coutumiers ont des germes socialisées d’un apartheid sociétal qu’on essaie d’ériger en valeurs sociales. Ne pas en avoir conscience pour un militant universaliste, revient à une superficialité criante et l’ignorer devient une incohérence sinistre doublée de mauvaise foi.

🔹️Par KS pour le BLOG

COMMUNIQUÉ- IRA/ NOUADHIBOU : Affaire audio mensonger de Aminetou Mint El mokhtar Présidente de AFCF (Association des Femmes Chefs de Familles )

Suite au discours historique et mémorable du lauréat du prix du Courage ,le Président Biram Dah Abeid , obtenu devant un parterre de grandes organisations mondiales de défense des droits de l’homme le 18 février 2020 à Genève, le système esclavagiste, exclusioniste, raciste et d’apartheid s’est senti profondément sonné .
Pour donner suite aux diatribes acerbes du défenseur des droits humains Biram Dah Abeid , proférées depuis la salle des Nations Unies , reprises par la Presse du monde entier , le système en place n’a trouvé de réponse à ses vérités crues que de lancer ses seconds couteaux de tireurs embusqués sans conviction pour apporter la réplique maladroite aux problèmes graves de violations des droits de l’homme cités dans le discours inoubliable du Député et Président Biram Dah Abeid :

● l’esclavage qui est un crime contre l’humanité qualifié dans la loi 031/2015

● le passif humanitaire qui continue d’endeuiller et de hanter des milliers de nos compatriotes .

● l’exclusion de la majorité de la population de toutes les sphères décisionnelles de l’état, de l’économie, du bien-être social de l’éducation et de la santé.

● la non reconnaissance inexplicable et illégale de l’organisation Ira Mauritanie et le Parti Rag dont son candidat député élu depuis la prison, s’est placé deuxième aux élections Présidentielles de juin 2019 malgré les fraudes avérées et l’attitude hautement patriotique et historique qu’avait adoptée le Président Biram Dah Abeid en évitant au pays de sombrer dans le chaos imminent que certains esprits extrémistes ,racistes chauvins , voulaient installer.

● le racisme d’état , érigé en système , banalisé ,et , en dernière trouvaille comme pour atteindre le paroxysme , l’apartheid visuel à l’oeil nu ou le sous-développement séparé version République Islamique de Mauritanie.
Apre avoir donc échoué dans l’envoi des hommes de premier plan qui étaient sensés défendre le droit au front du désespoir , du mensonge éhonté , de la faiblesses de l’argumentaire , de la contrevérité et de la falsification des faits avérés et connus , qui ont fini par se rendre à l’évidence et ravaler leurs intentions , voila que surgit , une vieille dame Aminetou Mint Mokhtar comme pour venir en rescousse désespérée aux laudateurs perdus, mandatée , depuis les officines du système qu’elle affirme bien connaître et fréquenter jusqu’au plus haut sommet, qui, dans un audio , prête à l’honorable Biram Dah Abeid President des réseaux Ira de par le monde , une amitié avec son bourreau ,son geôlier et adversaire le plus irréductible de plus d’une décennie depuis la création de Ira : l’ex Président Mohamed ould Abdel Aziz
Ridicule et nauséabonde accusation , sans aucune preuve, trop mesquine et mal intentionnée.

Cette dame , Vice-présidente de Arem , d’ailleurs , avait été convoquée par la sûreté de L’état suite au problème de AREM ( Alliance pour la Refondontation de L’état Mauritanien) était effarouchée et contrainte à jouer un rôle pour aider le pouvoir à se défendre vainement.
Son effarouchement l’a d’ailleurs enfoncé pour toujours car, ni le pouvoir en place, ni l’opinion nationale et encore moins l’opinion internationale ne sont dupes pour accorder le minimum de crédibilité aux propos et arguments démentiels qu’elle a avancés .

Et donc cette accusation mensongère que l’histoire retiendra de la part de la Présidente de l’association AFCF Aminetou Mint El Mokhtar s’empilera avec les autres qui l’ont précédées qui ont toutes finies par mourir de leur belle mort : le mensonge fait vivre une nuit , mais , la vérité toujours et , qui contracte une dette a le mensonge en croupe.

A cet effet , nous , militantes,,militants et sympathisants de la section de Ira Nouadhibou , exigeons de Aminetou Mint El Mokhtar d’exhiber les preuves qu’elle détient .
Et enfin, nous dirons, que , certaines personnes préfèrent le mensonge à la vérité, la fuite à l’affrontement car , en plus d’être lâche, elles ont choisi la voie la plus facile : être malhonnête « 

La lutte continue
La vérité triomphe toujours.


Ira/Dakhlet Nouadhibou


Le 07/03/2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Sélibaby 6 mars 2020 contre  l’esclavage en Mauritanie : Retour en photos d’une journée GANBANAAXU de sensibilisation et de conscientisation. 



En Mauritanie, la journée du 6 mars de chaque année marque une date consacrée  à la lutte contre l’esclavage et ses séquelles. Cette année 2020, le mouvement d’éveil citoyen, humaniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE a organisé un événement de sensibilisation à Sélibaby dans le Guidimagha. L’association UVDS – Ganbanaaxu (Union de Volontaires pour le Développement de Soninkara) et L’ARMEPES – Ganbanaaxu, ont animé cette journée avec un grand public venu de différentes localités de la région. Les présidents Gaye Traoré et Yakhoub Bakhayokho, nos doyens Wali Diallo et Diaguily Traoré et d’autres éminents membres de la mouvance abolitionniste GANBANAAXUN FEDDE, ont rappelé la nécessité d’un éveil citoyen pour s’extirper  des pesanteurs discriminatoires de l’ordre féodalo-esclavagiste qui persiste dans nos communautés notamment chez les soninkés. Parmi chaque délégation villageoise, il y a eu un-e intervenant-e pour témoigner des divers harcèlements provocateurs venant de certains tenants extrémistes des coutumes féodalo-esclavagistes. Des membres de la communauté Ganbanaaxu sont lésés dans leurs droits légitimes tant au niveau sociétal que citoyen. Le cas de la grande mosquée de Kininkoumou, où une minorité sociale (féodaux aux mentalités esclavagistes) s’est accaparée de la gestion exclusive au détriment de l’écrasante majorité considérée d’ascendance esclave, et avec la complicité des autorité publiques qui traînent les dossiers. Un cas similaire est relevé à Coumba Daw . Dans le domaine du foncier, diverses menaces d’ expropriations sont signalées ici et là. Plusieurs dossiers judiciaires ont été ouverts comme à Dafor,  mais les autorités étatiques ne bougent presque pas . Tous ces remous ont une seule origine ; celles et ceux qui refusent les coutumes féodalo-esclavagistes (ladani) dans la communauté, sont systématiquement visés par les réactionnaires féodaux en complicité tacite avec certains cadres soninkés introduits dans les rouages étatiques. Ces cadres fonctionnaires ou politiciens tiennent un langage contradictoire selon s’ils sont à Nouakchott auprès de hautes autorités ou dans leurs villages au Guidimagha . Ainsi ce 6 mars 2020, l’occasion a été d’exposer ces réalités criantes liées à l’esclavage coutumier par ascendance foncièrement nuisible à la paix sociale. 

À l’État et ses organismes publics, de faire  régner le régalien dans nos contrées villageoises où discriminations et ségrégations sont érigées en norme de vie féodale digne du moyen-âge. L’arsenal juridique avec les dispositions de la Loi 031 – 2015 sur les pratiques esclavagistes et de la Loi 023 – 2018 portant sur les discriminations, doit être appliqué d’une manière effective pour mettre fin sérieusement à ce déficit d’état de droit en Mauritanie et particulièrement à ce niveau. 

Sélibaby  7 mars 2020

©️ Pour la communication GANBANAAXUN FEDDE

Restitution conférence-débat Université de Bordeaux Montaigne De « L’Oubli Volontaire, pour un nouveau contrat social en Mauritanie ».

Tout d’abord, je remercie le Collectif de chercheurs arabesque de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer dans ce lieu de culture et de savoir.

J’ai eu l’occasion, ce 04 mars 2020, de m’exprimer sur plusieurs questions notamment celle de la problématique des langues nationales , la situation des droits humains, le déséquilibre communautaire et éthnique etc.
Il fallait enfin proposer des solutions et perspectives.

La question linguistique étant à mes yeux celle qui bloque l’unité nationale, je vous propose mes analyses sur cette question.

ISur la question linguistique en Mauritanie

1la langue, comme facteur d’intégration

La Mauritanie est un pays multicurel et pluriethnique. Chaque éthinie constitue une communauté spécifique. L’ensemble des communautés forme la communauté nationale. Le peuple Mauritanien.

Les langues nationales sont : le pulaar, le wolof, le soninké, le Bambara et l’arabe. L’arabe est la langue officielle du pays selon la constitution. Le français, une langue administrative.

Cependant, le fait d’utiliser la langue arabe comme langue de juré (officiellement reconnue par la loi fondamentale comme telle) constitue un obstacle majeur à l’intégration des autres communautés ethnique comme les WOLOFS, LES PEULS, LES SONINKES ET LES BAMBARAS.

  • L’ intégration

L’intégration d’un groupe d’individus dans un pays donné passe d’abord par la promotion et la protection de la langue utilisée par ce groupe. Or, en Mauritanie, les langues nationales ne sont pas enseignées afin de permettre à ceux les utilisent de se sentir concerné et impliqué dans les affaires publiques, administratives et sociales.

Ce déficit ne peut donc provoquer qu’un sentiment d’exclusion.

2la langue, comme facteur d’exclusion

Il est clair que dans tout type de société, lorsqu’un individu ne travaille pas avec sa langue, n’etudie point dans celle ci et ne peut donc ni produire du savoir ni en acquérir à travers l’usage de sa langue , il est appelé à ne pas être totalement impliqué dans la gestion de la cité.

Prenons l’exemple du wolof en Mauritanie. Il parle essentiellement wolof et utilise le français comme langue administrative. Si on lui impose l’arabe, comme langue enseigné à l’école en plus du français qui n’est pas sa langue maternelle, il aura beaucoup de mal à s’intégrer pleinement dans la société.
Il en est ainsi pour le soninké, le bambara et le peul.

Toutefois, toutes ces éthinies apprennent l’arabe à l’école. D’une part parce qu’elles n’ont pas le choix, d’autres part, parce que l’école Mauritanienne étant bilingue, les élèves sont dans une obligation de partir de cette base. Il faut souligner tout de même que le choix d’apprendre uniquement l’arabe existe.

Le citoyen peul qui ira à l’école aura donc deux défis à surmonter : apprendre deux nouvelles langues étrangères (Arabe, Français).

Il est également important de souligner que ni l’arabe ni le français ne sont ses langues maternelles. Il n’est donc absolument pas préparé depuis le cercle familial à en faire usage.

Un enfant peul parle peul à la maison. Mais à l’école, il doit se débrouiller à acquérir des connaissances dans des langues qui lui sont totalement étrangères.

Ce fait constitue à mon avis un facteur élémentaire d’exclusion. Je propose que les autorités Mauritaniennes prennent en compte ce facteur dans leur projet politique.

  • L’exclusion :

Il s’agit là de mettre l’accent sur la question de de l’exclusion d’un groupe dans une société donnée.

Un individu ou un groupe d’individus peut être exclu de différentes manières mais l’exclusion par l’usage de la langue est plus profonde.

On ne peut nier le fait que parler et travailler dans sa langue maternelle est beaucoup plus utile que le faire dans une langue étrangère.

L’apprentissage est ici ralenti, et l’individu apprenant un autre mode linguistique de communication se voit complètement retardé par les années qu’il passera à cet apprentissage.

Le système éducatif Mauritanien doit alors urgemment se lancer dans des réformes profondes afin de promouvoir les langues des autres Mauritaniens et leur permettre et d’étudier et de travailler dans leurs propres langues.

L’usage de l’arabe comme langue officielle constitue donc un élément fondamental d’exclusion qu’il aurait fallu corriger il y a déjà plusieurs décennies.

3L’usage des langues pour favoriser le bien vivre ensemble : l’unité nationale.

Solutions et perspectivesSolutions :

Solutions

1– Former les formateurs (enseignants) dans les 5 langues nationales,

2– Imposer le choix d’au moins deux langues nationales aux élèves à l’école au primaire ( les 2 premières années du primaire) et les trois autres (les 3 dernières années du primaire) ainsi de suite jusqu’au collège et au lycée.

Ce choix imposé permettra aux jeunes élèves, collégiens et lycéens de partir sur des bases égalitaires.

3– Faire des langues nationales les langues de travail et de communication dans l’administration.

4– Le français, à mon avis, devrait être la seule langue officielle. Aucun Mauritanien n’a le français comme langue maternelle. Alors aucun Mauritanien ne pourra prétendre être favorisé si tel était le cas.

Les Maures sont plus à l’aise avec la langue arabe. Le hassanya parlé n’est rien d’autre qu’un dialecte arabo-berbère. Ils ont alors plus de chance de réussir et s’intégrer dans la société Mauritanienne qu’un Wolof, un Peul, un Soninké ou un Bambara.

Perspectives :

1– Des réformes profondes pour la promotion et la protection des langues nationales,


2– Des révisions ou modifications constitutionnelles dans ce cadre,


3– Un dialogue national inclusif

Pour l’unité nationale, pour l’amour de mon pays, pour le bien vivre ensemble.

Mohamed Lam,
Bordeaux, le 05/03/2020.
Restitution intervention Université Bordeaux Montaigne.

Crédit photo : Aurelien, Photographe ( contact : aurelien.fays88@gmail.com)

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur, l’écrivain Lam Mohamed.

Mauritanie : l’honorable député Ogo Coulibaly donne son avis sur la polémique actuelle.

Je tiens en premier lieu à féliciter notre compatriote et collègue député pour sa haute distinction du prix du courage. Au-delà de la polémique qui a prévalu après sa déclaration à Genève, nous devons tout simplement en tirer que toute contradiction d’idées engendre au final des solutions pour notre vivre-ensemble. C’est dans cet esprit que je salue cette dynamique collective soucieuse de bâtir de consensus forts pour renforcer notre expérience démocratique et aller encore plus loin. S’attarder au libellé du principe, c’est privilégier la forme au détriment du fond. Mais la vraie question demeure la pertinence de sujets abordés. Le député Biram dénonce à juste titre des pratiques malheureusement encore existantes dans notre cher pays :

– l’ethnicisme à ce sujet, le premier secrétaire exécutif du parti au pouvoir (UPR) Docteur Abdallahi Ould Nem a fait une sortie médiatique appelant à sa déconstruction.

– De même pour l’esclavage, le quatrième vice-président du parti au pouvoir (UPR) Khalil Ould Teyib affirme sans détour que l’esclavage existe bel et bien en pratique et en séquelle – Le passif humanitaire qui a connu des tentatives de règlements dont celui du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait suscité beaucoup d’espoirs, brutalement interrompu par le coup d’état du 06 août 2008 qui nous a  valu la fameuse prière de Kaedi. La perception que se font certains de nos concitoyens qu’une seule composante est insérée au niveau des instances de décision de l’état, de la fonction publique, du commandement militaire, du milieu des affaires a été explicitement décrite et en toute honnêteté intellectuelle par le professeur Abdoul Weddoud Ould Cheikh sur les ondes de RFI, en ces termes. Qu’un mouvement s’est amorcé depuis le début des années 80 où on observe une régression très forte de la présence des communautés noires dans les hautes sphères de l’état et que l’expatriation de beaucoup des hauts cadres noirs témoignent aussi de la rétraction du marché de recrutement dans l’administration et d’un travail d’exclusion qui s’est accentué de façon très forte à partir des événements 89. Les inégalités avérées, visibles par tous au niveau de tous les pans de notre société n’ont-ils pas incité le Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani lors de sa quête des suffrages des électeurs à choisir le symbole de la balance qui traduit une réelle volonté politique de réconcilier les mauritaniens. Son programme présidentiel « Mes Engagements » exécutés dans le respect strict de son contenu ne devrait-il pas mettre en place :

– Des institutions fortes qui mettront fin au particularisme, pour laisser la place à la république

– Une école républicaine où la pluralité culturelle en serait le levier d’actions, pour servir des passerelles d’inclusion entre toutes les composantes de notre nation.

– Une justice égalitaire et punitive pour en finir avec le passe-droit, la seule voie pour établir une citoyenneté

– Une politique sociale inclusive pour lutter contre la pauvreté, voire l’éradiquer Ainsi, considérant tous ces constats précités, je m’interroge beaucoup plus sur les raisons profondes qui ont mené à temps d’engouements suscités par cette déclaration qui pourtant résume en partie une situation observable et palpable par tous les bords politiques et tous les honnêtes observateurs. En ce qui concerne l’unité nationale, ceux qui sont dans les instances de l’état doivent inclure la diversité dans toutes les prises de décisions, pour que les générations futures puissent la recevoir avec fierté en héritage, alors les efforts ne seront plus accusateurs mais plutôt complices au tour de cette référence que nous avons en commun qui est ce grand pays la Mauritanie.

©️ Crédit source: http://www.cridem.org

TRIBUNE : MAURITANIE, PAYS D’APARTHEÏD OU PAYS À PART? Par Kaaw Touré

L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du ”manifeste des 19”, est dominé par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Génève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en choeur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protèger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématque de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les ”éternels nationalistes étroits et ennemis” de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République” Islamique” de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loins des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des soeurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.
Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent avec « mauritude ». Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.
Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisie soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous l´avons toujours soutenu: il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestion politique en Mauritanie. Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnetêté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de « l´imaginaire fertile et débordant  » de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, ou encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière les pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire.
Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheïd de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheïd est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichèenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud, la garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie ».
Quels autres objectifs le système politique mauritanie pousuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées,(1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991) à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapssirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Prétoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheïd.
Si en Afrique du Sud les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Maurtanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers des civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et comble de l´horrreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.
Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue « exclusion transversale ». Suffisons que certaines franges de la communauté arabo-berbère soit également touchée par des injustices sociales et économiques, il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher: leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.
Le contrôle de l´État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive « unité nationale » menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du messager : « Quiconque d’entre vous voit un mal qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi”.
Et comme disait un adage ”lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt. Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur le réseaux réels ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères « moudjahidines » en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et soeurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de coeurs et détruire en choeur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou la terreur intellectuelle qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au developpement de tous. Ils doivent comprendre tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaures et m´approprier ses propos:
‘’ Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ,
Nous ne plierons pas ,
Nous ne nous tairons pas,
Nous ne nous irons pas en silence ,
Nous ne nous coucherons pas …”


Et la lutte continue!

Kaaw Touré

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (2/3/2020)

IRA – ITALIE : AFCF et sa Presidente s’engagent à côté du régime mauritanien contre Biram Dah Abeid

■Communiqué de IRA-Italie

~ AFCF et sa Presidente s’engage à côté du régime mauritanien contre Biram Dah Abeid

Encore une fois, Ira-Italie est très préoccupée par la campagne violente de lynchage et de dédiabolisation, engagée officieusement par le pouvoir en Mauritanie, contre le défenseur des droits humains, le député et homme politique mauritaniens, président des réseaux Ira dans le monde, Biram Dah Abeid, depuis sa consécration comme lauréat du Courage du Sommet de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme le 18 février 2020. En effet, le discours constant et véridique du lauréat des Nations-Unies pour la Cause des Droits de l’Homme (2013), a causé un effet de séisme politico-sociale et populaire en Mauritanie. Se cherchant face à des vérités crues, des données immuables et des positions sans équivoque, le pouvoir en place à Nouakchott, cherche à alimenter des attaques et des dénigrements contre BDA en procurant des seconds coteaux, parmi la classe politique mauritanienne, la société civile et les blogueurs.
Mais hélas pour le système de l’apartheid déguisé et implanté en Afrique de l’Ouest. Une seule personne s’est détachée du lot de toutes les organisations des droits humains mauritaniennes constituées au sein du Fonadh (forum des organisations nationales des droits de l’homme en Mauritanie), la présidente de l’Afcf (Association des femmes chefes de familles), Aminetou mint Almokhtar. Cette dernière vint répondre aux avances du pourvoir des generaux et oligarques, tortionnaires, esclavagistes et gabegistes: elle vient de lancer son premier faux témoignage public contre le nouveau lauréat du prix Courage, toujours retenu en Belgique par ses médecins bruxellois pour des soucis de santé. Aminetou a tardivement fait ses révélations sur ce qu’elle a appelé le participation du prisonnier politique emblématique durant la dernière décennie en Mauritanie, au pillage et détournement des richesses du pays en connivence avec, tenez vous bien, son ennemi public numéro 1 durant cette décennie en l’occurence l’ancien president mauritanien Mohamed ould Abdelaziz. La présidente de l’Afcf a précisé avoir des preuves materielles irréfutables pouvant ses graves accusations contre le député et défenseur des droits humains internationalement reconnu et respecté.
Les médias, blogueurs et activistes politiques proches du gouvernement mauritanien, se sont donnés à coeur-joie de distribuer en boucles, en ligne et sur tous les reseaux sociaux, le témoignage frais et sans aucune preuve réelle jusqu’à présent, de la presidente l’Afcf contre l’éternelle cible d’attaques officiels ou officieuses du pouvoir politique en Mauritanie et des groupes dominants gravitant autour.
Ira-Italie appelle Ira-Mauritanie mére et toutes les autres Ira existant dans les pays de droit, à déposer des plainte devant la justice, pour que Aminetou mint Almokhtar réponde de ses propos devant un tribunal impartiale.


🔹️Pour Ira-Italie


Le président Yacoub Diarra

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE