✓ Mali Bamako – Clichés d’affiche de certaines personnalités ayant pris part au forum régional pays G5_associatif autour des problématiques de l’esclavage dans nos pays | 8 juin 2021
On retrouve Mr AliouneTine Expert Onusien des droits humains, Mr BiramDahAbeid Président des réseaux IRA-Mauritanie, DiaguilyMaroKenoute, Responsable du RMFP Ganbanaaxu_Mali , Mr BoubacarN’djim , Président de Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’homme et d’autres représentants antiesclavagistes maliens (Temedt) et nigériens
Ces derniers temps, l’actualité nationale est marquée d’horribles actes de criminalité dans certains milieux urbains. Certains quartiers de notre capitale Nouakchott et la ville de Nouadhibou ont connu une insécurité qui perturbe gravement la quiétude des populations.
La semaine écoulée, Nouakchott a connu plusieurs attaques violentes en pleine rue, comme celle de Toujenine au cours de laquelle le professeur d’université Ahmed Salem Ould Eloumane a été mortellement agressé.
Nous , le parti RAG, présentons nos émouvantes condoléances aux proches de victimes et leur exprimons notre total soutien. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux divers blessés (hommes en uniformes et civils).
Par la suite nous interpellons les autorités sécuritaires pour prendre les mesures idoines afin de freiner cette spirale d’insécurité urbaine. Des actions importantes d’ordre social, éducatif et économique doivent être menées pour soigner et traiter avec efficience le terreau multidimensionnel qui est la source des diverses dérives de délinquance juvénile.
Plus que jamais une mobilisation inédite est nécessaire pour les milieux défavorisés dans nos quartiers populaires où le décrochage scolaire, le trafic et la consommation de divers produits stupéfiants et prohibés en font des zones de tous les dangers pour les populations locales et pour d’autres habitants ailleurs dans les villes.
Pour Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR, c’est aux négro-africains d’assumer pleinement leur lutte de libération.
Le chef des Rénovateurs, candidat aux élections présidentielles de 2007, 2009 et 2014, Ibrahima Moctar Sarr, a affirmé sur avomm.com : «On a dit beaucoup de choses ces derniers temps à propos de BDA. Certains vont jusqu’à dire qu’il a trahi les négro-africains qu’il se proposait de libérer. »
«Personnellement je pense que Biram a pris des initiatives courageuses. Il s’est engagé de manière effective aux cotés des négro-africains pour dénoncer le génocide et l’exclusion dont ils sont victimes. Et je pense que si les leaders de la communauté arabe avaient agi comme Biram l’a fait, on aurait beaucoup avancé. Beaucoup de négro-africains ont suivi Biram en l’investissant comme l’unique leader pouvant faire aboutir leur lutte », a dit le président de l’AJD/MR.
«Le problème, me semble-t-il, c’est que Biram avait placé la barre très haut, et un moment il devait nécessairement revoir sa stratégie, comme je lui avais d’ailleurs conseillé quand il est venu me rendre visite dans mon bureau. Ceux qui voulaient faire de la lutte par procuration ont crié à la trahison, alors que la priorité pour Biram a toujours été claire : c’est le combat contre l’esclavage. Et quoi de plus légitime d’ailleurs? », a encore affirmé Ibrahima Moctar Sarr.
« Ce sont ceux qui crient à la trahison qui devraient peut-être faire preuve d’humilité en assumant le fait qu’ils se sont peut-être trompés. Notre collaboration avec Biram se fera sur le terrain, mais c’est aux négro-africains d’assumer pleinement leur lutte de libération », a estimé IbrahimaMoctar Sarr.
C’est avec une profonde tristesse que j’évoque ce fléau qui gangrène le cœur d’une société dont le troisième pilier de sa religion est la « Zakat » qui signifie « l’aumône obligatoire purificatrice». Cela éclaire, sans doute, davantage mes lanternes sur l’hypocrisie d’un grand nombre de mes coreligionnaires qui prétendent aimer Allah et pourtant ne prennent pas graine de ses injonctions. Des hommes dont les actes sont en permanence aux antipodes d’une religion qu’ils feignent d’aimer avec ferveur. Il est presqu’impossible de rester de marbre face à la situation du 3/4 de la population qui vivent en loque dans la précarité sans subvention. Qui grelottent de faim, de froid et de l’effroi ; dont certains s’éteignent silencieusement d’inanition. J’ai mal à ce pays qui m’a vu naître et grandir comme j’ai mal au cœur quand j’observe avec un œil contemplatif ces pauvres gens qui font flèche de tout bois en vain, chaque jour, pour mettre du beurre dans les épinards. Ils ont beau remuer ciel et terre, ils ne s’en sortiront pas. Parce qu’ils sont condamnés par des politiques à tirer sans trêve ni repos le diable par la queue.
J’ai vu un homme au regard piteux dont je vais taire le nom de sa communauté, fixer le ciel comme pour lui reprocher quelque chose. J’ai eu envie de lui dire que le ciel n’est point responsable, n’y est pour rien de son misérable train de vie. Il travaillait comme un bagnard cependant, il ne gagnait que 3000 MRU (équivalent de 68€) par mois. Je le voyais toujours à Kouva car il habitait là-bas. Kouva : un bidonville méconnu de nos responsables politiques. Oui, méconnu, car je ne connais pas un seul président qui a mis le pied dans cet endroit.
Dans ce bidonville, j’ai vu également un couple avec leurs 4 enfants partageaient une baraque de 4 m sur 3,5. Un homme gueux comme un rat d’église. Il se réveille aux premières lueurs d’un potron-minet pour aller à la quête de sa pitance journalière. Quelquefois, il fait la manœuvre pour avoir de quoi sustenter sa famille. Des misérables, des damnés de la terre, j’en rencontre presque partout dans cette ville séparée par une invincible cloison invisible ; avec des opulents d’un côté et des indigents de l’autre.
La misère est sans nom au sein de ce pays. Alors je souffre de cet espace géographique hypocondriaque où les humains sont traités comme je ne sais quoi au nom d’on ne sait quoi. À défaut des qualificatifs adéquats, je dirais, comme des immondes. Je me meurs de la souffrance de ce corps affecté que l’on refuse de soigner les balafres, que l’on observe passivement l’éclat de son âtre tirer à petit feu sa révérence. Que restera-t-il de ma Mauritanie dans dix, vingt ans ? Plus d’humanisme ? Un taudis où croupissent des hommes sous la férule d’une fatale injustice ?
J’ai mal à ce pays où une myriade de jeunes gens traînent, déambulent sur les trottoirs pour recourir la générosité des passants. Ces enfants qui n’ont pas choisi de n’être des enfants de personne. Ils marchent nu-pieds. Souvent lapidés par les frimas, ils tremblent de froid. Ce sont des abandonnés, sans doute, des laissés-pour-compte, somme toute. On les fait tourner en bourrique. Quelques abrutis leur demandent de chanter avant de jeter un jeton dans leurs sébiles. Amère, la vie de ces condamnés aux enfers telluriques ! Où sont ces sans-cœurs qui les ont mis au monde ? Sont-ils sereins en sachant que leurs enfants dorment à la belle étoile souvent dans la rue ? On ne peut au moins du monde l’être, à moins qu’on soit une victime des textes fallacieux qui nous promettent le paradis dans l’autre monde en échange de l’abandon de nos progénitures. Dieu n’aime pas les parents qui abandonnent leurs mômes. Et pourtant nous prétendons les faire en Son nom. Abandonner les anges, laisser mourir les pauvres, si c’est cela ta religion chère Mère donc je suis un renégat. Heureusement, la paix est la seule religion de Dieu. Elle, seule, mérite égard.
L’insoutenable, c’est aussi, le sort de ces enfants que je rencontre chaque jour à Neteuk comme un peu partout dans la ville ; ces enfants éboueurs qui méritent une place sur les bancs des écoles. Cependant, à cause du non-respect de la Charte de l’article 26 de la déclaration onusienne qui stipule que : « toute personne a droit à l’éducation. » Et aussi de l’article 11 de la Charte Africaine et les droits de l’enfant qui encourage la fréquentation des établissements scolaires et invite les États à assumer cette responsabilité. Sommes-nous dignes d’appartenir à la communauté mahométane ; quand Mohammed(PSL) lui-même affirme que : l’acquisition de la science est une obligation qui incombe à tout musulman et à toute musulmane ? Ou bien, de notre islam, il ne reste que le nom ? La forme ? Hélas, tous les matins, ils grimpent des charrettes pour aller chercher de quoi mettre sous la dent au lieu d’être dans des temples du savoir pour faire leurs humanités.
Les conditions de vie de ces hommes et femmes de Mendez, de Melaha, de Toujinine et tutti quanti, pour ne citer que ceux-ci me laissent coi et me portent à croire que l’âme de ce pays est entachée. Car il est plus qu’absurde de voir dans une république islamique des hommes qui souffrent de la famine pendant que d’autres roulent sur l’or et regardent insensiblement leurs frères et sœurs tenaillés par la faim. A-t-il la foi, celui ou celle qui dort le ventre plein sachant que ses voisins n’ont pas de quoi à tromper leur faim ?
J’abhorre cette maladie mortelle qui consume l’âme de cette patrie dont je me donnerais avec autant de persévérance comme un sacerdoce ministériel pour soigner ses blessures.
Une humanité se dégage des oripeaux de cette morale qui s’effrite, c’est pourquoi il m’est interdit le généralisme. Quelques Abû bakr Saddiq sont encore vivants, et donnent de leur bien à ceux qui vivent d’expédients, aux indigents.
J’ai appris récemment via un blog que le Président de la République avait donné des assurances maladie aux pauvres. Certes, un acte qui mérite d’être salué. En effet, si la voix d’un jeune pauvre et désarmé peut avoir une considération, fût-elle infime, Mr le Président de la République, j’aimerais que vous sachiez que donner les assurances maladie aux pauvres, c’est bien, mais les nourrir, c’est mieux, car les pauvres de ce pays ne sont pas malades, ils crèvent de faim. Une myriade des pauvres qui languissent sur les lits des hôpitaux souffrent de la cadence des vitamines.
Ces invalides, lapidés par le vent et dont le soleil porte en ébullition leur cerveau ne méritent-ils pas une assistance ? L’État n’est pas censé les prendre en charge ? La réponse est obvie. Je suis envahi par une profonde contrition de constater qu’il ne demeure de la devise de ce pays que des mots sans signification réelle ou concrète dans le quotidien. Aucun peuple ne peut prétendre avoir l’honneur quand ses faibles ne sont pas mis à l’abri et protégés puisque la grande d’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses pauvres ; ni ne peut se prétendre juste quand ses biens communs sont dilapidés par un groupe de gens pendant d’autres vivre dans un dénuement sans nom. Et la fraternité est sans signification là où les hommes se regardent en chiens de faïence. Et se font des sourires sardoniques.
Nous avons beau rêver d’une Mauritanie juste et équitable, cependant, tant que nous ne nous réveillons pas de notre léthargie, ces rêves ne demeureront que des simples défilements d’images comme on regarde la télé. Beau, certes, mais cela n’a aucune incidence sur le progrès de notre pays. Réveillons-nous.
Massacrer des civils par plusieurs dizaines dans un village sans défense (plus de 130 tués) à Solhan, lire ce lien https://fr.africanews.com/2021/06/06/massacre-de-solhan-les-burkinabe-appellent-le-gouvernement-a-reagir/ . Pensées aux victimes et à leurs familles. Des présumés jihadistes sont indexés dans cette dernière équipée meurtrière, et certainement ces assaillants sont originaires de nos zones ouest-africaines. S’ils sont nés parmi nous et éduqués parmi nous, par quel processus deviennent – ils aussi barbares à l’encontre de gens paisibles qui les ressemblent tant ?
Si c’est l’idéologie takfiriste qui les a conditionnés à devenir sans « humanité » face à des personnes sans défense, je pense que nos Etats doivent revoir profondément leurs stratégies de lutte contre eux. Il faut oser viser et vider les sources nourricières de la « CHOSE », qui sont ces madrassas qui pullulent sans contrôle conséquent. Je m’interroge si un boutiquier ou un berger sahélien peut être subitement converti en radical tueur d’une personne (enfant, femme ou homme) , sans qu’il n y ait un travail de conditionnement basé sur la religiosité belliciste. Une religiosité particulière dont les traits idéologiques saillants peuvent être acquis dans nos villes sahéliennes ou dans un village rural lointain. On y travaille les consciences par du religieux, de la politique et de la mission en schématisant le Monde par des logiques binaires (Eux les élus de la voie sauvée contre les mécréants et les hypocrites). Avant qu’ils arrivent à massacrer de la sorte, ils ont intégré d’abord le réflexe d’une chosification haineuse de ceux qui ne partagent pas leurs compréhensions. Les milliers de massadras dans nos zones sahéliennes font sortir d’innombrables esprits formés qui doivent apprendre à vivre réellement affrontant un monde social et économique pas aisé du tout et sans qualification technique et professionnel à pouvoir travailler, d’autres vocations d’ordre eschatologique s’offrent à certains. Ainsi ils se trouvent une destinée au sein des groupes où un cancre violent peut devenir un émir craint qui croit habiter la posture digne d’un Saladin sahélien. Un fanatisme religieux qui viendrait des prédispositions qu’on feint d’ignorer alors qu’elles s’inscrivent en nous et autour de nous par nos propres moyens inconsciemment ou consciemment d’ailleurs.
Facebook a fermé la page de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, laquelle a disparu du coup de l’espace bleu après avoir servi de canal de retransmission en direct samedi passé de certaines de ses activités.
Des blogueurs proches de l’ancien président avaient renseigné sur l’instrumentalisation de la page de l’ex Chef de l’Etat par des cercles au sein du pouvoir.
La page suspendue avait accompagné ces derniers jours les rebondissements liés à son dossier judiciaire, dont des tweets exprimant ses positions sur ces différents développements, rappelle-t-on
Quel a été l’impact des politiques publiques suivies pendant des décennies, dans le développement spectaculaire du grand banditisme chez nous? Tout le monde voit bien comment la drogue, son trafic presque à ciel ouvert et sa consommation massive notamment dans les milieux défavorisés, discriminés et abandonnés par les pouvoirs publics à leur sort, constituent l’élément moteur et la cause directe, dans la plupart des actes de délinquance horribles auxquels nous assistons quotidiennement, notamment à Nouakchott et à Nouadhibou. La drogue, personne n’en parle sauf de rares hommes politiques, en raison de la sensibilité du sujet. Tout le monde sait que des villas cossues, des grosses voitures rutilantes qui roulent lentement, vitres teintées ou non, sitôt passé le crépuscule, certains immeubles qui poussent comme des champignons, n’ont sûrement aucune autre origine que ce trafic, relié à des réseaux internationaux connus dans la sous région frappée par les métastases de conflits nourris à la drogue. Cela est connu et notre pays avait été directement interpellé par Interpol déjà dans les années 80 et une partie substantielle de la police avait été directement frappée pour cela avant d’être curieusement réhabilitée à l’époque. Au cours de la fameuse décennie de Ould Abdel Aziz, des faits et des indices concordants et troublants indiquent que le trafic avait atteint un seuil de complicité critique y compris dans les cercles les plus haut placés du pouvoir. Bref, si on veut combattre le mal absolu qu’est la délinquance juvénile et autre, il faut s’en prendre à ses causes systémiques, dont la drogue, le détournement et le blanchiment de l’argent public, la corruption de certaines parties de l’administration publique y compris celle en charge de la sécurité et de la justice. Il faut une réforme totale de l’éducation nationale, réorganiser les grands corps de l’Etat, rétablir la confiance des citoyens dans les services publics etc. : reformer l’Etat. Sinon rien!
Député Biram Dah Abeid : «Je serai candidat à la présidentielle prochaine. L’opposition traditionnelle n’aura pas le choix. Elle devrait nous soutenir, pour provoquer l’alternance, ou se résigner à rester la troisième force, derrière l’armée et nous.»
Biram Dah Abeid (né le 12 janvier 1965 à Rosso en Mauritanie) est un militant abolitionniste et homme politique mauritanien, député du parti Sawab, formation avec laquelle son organisation, l’Initiative pour la Résurgence d’un mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) et son parti RAG, non reconnus, avaient noué une alliance politique pour pouvoir présenter des candidats aux élections générales de 2018-2019. Arrivé deuxième à la présidentielle de 2014, derrière le président Aziz, BDA confirme son statut de leader de l’opposition mauritanienne en occupant le même rang, à la présidentielle de 2019 gagnée par Ghazouani, un autre général à la retraite qui avait succédé à Aziz.
Après un passage à l’ONG anti-esclavagiste SOS Esclaves, il fonde en 2008, l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), qu’il définit comme « une organisation de lutte populaire », et dont il est le président. Il est condamné pour cela à une peine de prison puis gracié en février 2011 par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
Honoré par plusieurs distinctions (Front Line award for Human Rights Defenders at Risk de l’ONG irlandaise Front Line Defenders, lauréat du prix des droits de l’homme, décerné tous les cinq ans par l’ONU, Prix Mémoires partagées », remis chaque année par l’association Mémoires & Partages à Bordeaux, Docteur honoris causa de la Katholieke Universiteit Leuve, Biram Dah Abeid a été emprisonné à plusieurs reprises pour ses prises de position contre l’esclavage. Rencontré à Dakar par le correspondant Afrique d’Œil d’Humanité, l’infatigable militant des droits de l’homme aujourd’hui député (opposition) répond sans tabous à nos questions.
La Mauritanie vit actuellement une situation exceptionnelle, en termes d’accalmie politique, quel en est le secret – l’explication – à votre avis ?
BDA : En effet, plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce que vous qualifiez d’accalmie politique. Nous sortons d’une période où l’accumulation de contraintes telles la répression, la diabolisation, l’interdiction de se réunir ou de manifester étaient notre lot quotidien d’opposants. La mobilisation de nos militants et sympathisants était sensiblement réduite par ces vexations qui, une fois cessées avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir, a connu un élan sans précédent. Comme par enchantement, nous réussissions à drainer des milliers de personnes à chacune de nos sorties et je dois aussi reconnaître, pour être honnête, que le retour à ce semblant de normalité politique émane d’un choix personnel du président de la République qui m’a dit, lors de l’une de nos rencontres, « la répression, c’est fini ! Personne n’ira en prison à cause de ses idées, on ne vous empêchera plus d’apparaître dans les médias publics, de mener campagne et d’être reçu par les autorités.» Nous avons enfin en face de nous un interlocuteur. Des promesses de réformes nous ont été faites pour que notre organisation Ira et notre parti Rag puissent enfin être des structures légalement reconnues. Ce sont toutes ces évolutions positives qui nous ont conduits à réadapter notre démarche et notre discours à la nouvelle situation mais n’empêche que l’opposition qui s’opposait à la personne d’Aziz (une certaine opposition en exil et des pans importants de l’opposition traditionnelle qu’elle influence et conditionne …) continuent sa « guerre » contre l’ancien président à travers des alliances tacites.
Ceci est-il valable aussi pour les droits de l’homme ?
BDA : Autant sur le plan politique que sur celui des droits de l’homme, les changements suscités par l’arrivée au pouvoir de Ghazouani n’ont pas encore dépassé le stade primaire de l’expression démocratique formelle : se réunir, se déplacer sans être inquiété, déposer une plainte pour dénoncer des exactions, assister des victimes de l’esclavage, etc. C’est une évolution notoire si l’on se rappelle que moi-même j’ai été éconduit de force de Rosso, Boghé et Aleg. Sur ce plan, le président Ghazouani a apporté du nouveau, mais sur le chapitre de l’esclavage domestique et foncier, l’administration actuelle est beaucoup plus réactionnaire que celle sous Aziz. Depuis 2019, aucun esclavagiste n’est allé en prison; toutes les affaires d’esclavage sont étouffées, différées par la police et la justice transformées en firme de contrefaçon et de déni par la volonté anachronique des décideurs et l’activisme anti-abolitionniste d’un vilain résidu du système azizien : la « Commission Nationale des Droits de l’Homme de Mauritanie ».
Même si on permet aux défenseurs des droits de l’homme venus de pays étrangers d’entrer librement dans le pays, ce qui est une très bonne chose, sur les questions de fond que je viens d’évoquer, rien n’a changé.
Comment se porte IRA après les dernières défections ?
BDA : Je rappelle qu’environ 15 grandes défections ont affecté notre organisation – et notre parti – depuis sa création. Les défections suscitées sont une arme utilisée par Aziz contre IRA depuis 2010. Elles ont aussi été l’arme favorite des mouvements et partis concurrents dans leur volonté de nous affaiblir mais en vain. Ainsi, selon nos comptes, 12 partis et ONGs reconnus par le pouvoir d’Aziz sont nés de la côte d’IRA par le jeu des renseignements généraux. El Hor, dans ses nouveaux atours, le Manifeste et l’UPR (le parti au pouvoir) ont tenté de bénéficier des défections de IRA. Néanmoins, après dix ans de cette politique de la terre brûlée, de tentative de sape, la mouvance IRA-RAG a pu envoyer 3 députés à l’assemblée nationale, y compris moi, jeté en prison pour m’empêcher de faire campagne ! Lors des présidentielles de 2019, quatre grandes coalitions, celle du président Ghazouani, de l’ancien Premier ministre Ould Boubacar, du président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, et Kane Hamidou Baba, candidat du « vivre ensemble », n’ont pu nous empêcher de rééditer l’exploit de 2014 en nous classant 2ème derrière le candidat du pouvoir qui a bénéficié de la machine de la fraude qui tourne à grand régime en période d’élections présidentielles orchestré par le système féodalo-bureaucratique, militaro-tribale au profit des groupes dominants.
Aujourd’hui, le même système est utilisé par l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou ; candidat potentiel à la présidentielle de 2024, qui veut nous régler notre compte en débauchant certains leaders d’IRA (3) qui n’ont pas résisté à l’appel de l’argent. Mais ces manipulations provoquent l’effet contraire, en créant de la sympathie pour IRA et pour RAG, et donc, en suscitant de nouvelles adhésions.
Venons-en à l’opposition et à son malaise actuel. Devrait-elle attendre 2024 – s’il n’y a pas des élections anticipées – pour montrer qu’elle existe ?
BDA : En vérité, il s’agit d’un passage de témoin que tout le monde remarque aujourd’hui. Ce qui se passe est plus une rupture avec un mode politique de l’opposition multi-décennale, un choix qu’un malaise. Il y a des personnalités qui ont fait leur temps, osons le dire, comme cela a été démontré par les urnes, seul paramètres de mesure de l’audience politique. Tous ces partis et entités, comme les personnalités de « l’ancien monde », doivent accepter qu’il y a une nouvelle configuration. Une configuration qui fait ressortir la réalité du nouveau rapport de force, à savoir que c’est cette opposition qui s’est dressée héroïquement contre Aziz, durant la décennie passée, est la seule en mesure de provoquer l’alternance. Les urnes ont montré que nous sommes les seuls en mesure d’atteindre 20% et pousser l’Etat à suspendre le décompte des résultats et proclamer « sa » victoire dans la précipitation. La seule qui met à mal les militaires, la seule qui, sans moyens, bouscule le système dans les campagnes pourtant sous l’emprise des chikhs (chefs de tribus) et des cheikhs (marabouts).
Nous ne vivons pas un malaise mais nous avons notre stratégie qui n’est pas la confrontation avec Ghazouani dont le style est diamétralement opposé à celui d’Aziz. Il a, au moins, cette qualité, celle d’être un personnage respectueux de l’adversaire et du droit. Et nous, nous ne sommes pas dupes, pour chercher à utiliser avec lui le même style qu’avec Aziz. Cela relèverait de la grossièreté. C’est le piège qu’on cherche à éviter. Néanmoins, nous continuons à battre le rappel de nos militants, à profiter de tous les espaces donnés pour consolider nos positions et faire entendre notre voix, y compris dans les médias d’État. Nous avons demandé – et obtenu – que les cadres de l’opposition doivent être cooptés dans les fonctions administratives sans devoir renier leur position. Nous mettons à profit cette période d’accalmie pour enrôler nos militants, montrer aux gens qui craignent le système que nous-mêmes rencontrons le pouvoir, discutons avec lui et qu’on n’est pas des gourous, comme le veut la diabolisation orchestrée contre nous.
En votre qualité d’ancien candidat arrivé deux fois deuxième, aux présidentielles de 2014 et de 2019 – ne devrez-vous pas pousser à l’union de l’opposition pour être prête aux prochaines échéances électorales ?
Notre trajectoire, notre martyr, le sacrifice que nous avons consenti durant toutes ces années, nous prédestinent, le plus normalement du monde, à être aujourd’hui et demain le leader de l’opposition. Les urnes ont aussi certifié cette réalité mais nous avons constaté que lors de la dernière échéance présidentielle, que l’opposition traditionnelle a voulu formater un candidat pour nous barrer la route, par le choix porté sur un homme du pouvoir, présenté comme un candidat «providentiel de l’opposition, et un autre formaté lui aussi par une double volonté de hauts cercles du pouvoir et de courants importants de l’opposition négro-mauritanienne. La tentative la plus forte et la plus machiavélique de nous mettre en minorité. L’échec a été total. Le mariage forcé entre des forces de l’opposition et d’autres du pouvoir a tourné au fiasco politique que vous savez. Ceux qui ont concocté un tel montage n’ont pu éviter la fatalité démographique et démocratique qui veut que celui qui parle le langage du peuple soit l’élu du peuple. Nous sommes arrivé 2ème derrière le candidat du Système, celui du triple pouvoir de l’argent, de la tribu et du savoir (les pseudos intellectuels). Nous sommes les seuls à avoir développé un impact qui permet aux observateurs de savoir que nous sommes la seule alternative au pouvoir. Une position qui va se prolonge dans le temps. En 2024, l’opposition traditionnelle n’aura pas le choix. Elle devrait nous soutenir, pour provoquer l’alternance, ou se résigner à rester la troisième force, derrière l’armée et nous.
L’Etat persiste et signe en parlant toujours de séquelles de l’esclavage et certaines organisations dont la vôtre, IRA, assurent qu’il est encore une réalité. Que faut-il pour qu’on tranche définitivement cette question ?
Précisons d’abord que ce n’est nullement l’Etat qui parle quand sont évoquées des séquelles mais ceux qui ont fondé leur pouvoir, leur prestige et leurs intérêts sur l’esclavage, ceux qui se sont érigée en porte-parole de l’Etat. Ils jouent donc à la dissimulation mais cette situation sera tranchée quand nous prendrons, nous, le pouvoir. Le discours négationniste sera alors démystifié. Pour cela, toutes personnes éprises de justice, en Mauritanie et en dehors, doivent soutenir notre courant et notre combat pacifique pour qu’on arrive au pouvoir, avec pour seul objectif d’instaurer une démocratie véritable et de faire cesser le martyr des victimes de l’esclavage et de toutes les injustices sociales.
On dit qu’il n’y a pas deux sans trois. Le député Biram Dah Abeid sera-t-il candidat à la prochaine présidentielle ?
Notre mission sacrée au profit du peuple ne peut être complète et accomplie que lorsqu’ on applique notre projet de société. Ce qui ne peut se faire, vous en conviendrez avec moi, que par notre exercice effectif du pouvoir durant au moins un mandat. Ce qui veut dire que Biram Dah Abeid est bien candidat à la présidentielle prochaine.
Propos recueilli à Dakar par SNEIBA Mohamed, correspondant en Afrique d’Œil d’Humanité (Belgique)
La police mauritanienne a annoncé ce samedi avoir arrêté trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans le meurtre du professeur d’université et juriste Ahmed Salem Ould Elema dans la nuit de jeudi au vendredi.
La page Facebook de la police mauritanienne a publié, que la direction régionale de la sécurité de l’Etat du Nord Nouakchott avait « arrêté la bande criminelle qui a commis le meurtre jeudi soir dernier du citoyen Ahmed Salem Ould Elema ».
La page a indiqué que le gang se compose de trois individus, ne publiant que les initiales de leurs noms, sans révéler d’autres détails.
Elle a ajouté que le gang a effectué son « opération après avoir surveillé la victime, et sous l’emprise de substances intoxicantes », notant que le même gang « a effectué dans la même nuit plusieurs opérations dans différents de Toujounine ».
« L’enquête est toujours en cours avec le gang pour approfondir la recherche afin d’identifier d’autres opérations criminelles », a-t-elle déclaré
Bon… nous sommes en juin 2021, quelques jours après la vidéo virale d’un individu qui se dit algérien à Cergy (Île-de-France) dans laquelle il a insulté une dame afro en de termes d’une violence inouïe. Termes racistes au ton singulièrement esclavagiste l’encontre des Noirs en général. Il disait en pleine excitation haineuse en substance « On vous a vendus comme du bétail pendant 800 ans » . Là il a vomi au chaud certaines vérités historiques à sa manière qui a le mérite d’être moins hypocrite que le régime d’effacement et de tabou entourant généralement cette problématique d’esclavage dans certain monde idéologique afro-musulman, arabo-africain , tiers-mondiste , panafricaniste ou indigéniste. Il y a quelques temps, le président de la CNDH-Mauritanie avait dit en substance que sur le combat contre l’esclavage et ses séquelles, la RIM s’en sort mieux que d’autres pays voisins. Il n’avait pas nommé le Mali , mais on ne peut s’empêcher à penser que sa comparaison visait implicitement ce pays. Oui, le Mali où depuis 4 ans , on dénombre plusieurs centaines de citoyens déplacés forcés de leurs villages parce qu’ils refusent les coutumes esclavagistes et féodales d’un autre âge, lire https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210510-mali-une-centaine-de-victimes-d-esclavage-chass%C3%A9es-de-leur-village-arrivent-%C3%A0-bamako. Au Mali, le 1 septembre 2020 , 4 militants anti-esclavagistes chefs de famille avaient été lynchés à mort par des extrémistes défenseurs de l’ordre social esclavagiste soninké à Djandjoumé, à lire https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F .
Aujourd’hui au Mali, un dénommé mahamadoudiaby , un lettré arabisant de la communauté soninké a diffusé ces dernières heures un vocal accompagné de cette photo illustrative annonçant la sortie de son livre dit sur l’esclavage. Le fond de son audio est une réaffirmation de ses thèses apologétiques de l’esclavage chez les soninkés au nom de sa compréhension religieuse. Il suit l’idéologie fiqhite de l’instrumentalisation des textes dits « islamiques » pour valider et appuyer les coutumes esclavagistes qui mettent du feu et du sang aujourd’hui dans les milieux soninkés en Afrique de l’ouest. Selon ses propres dires, l’esclave reconnu comme tel se doit d’aller racheter sa libération auprès de ses maîtres sinon autrement sa non-soumission par une révolte rend irrecevable sa prière rituelle. D’aucuns diront, rien de nouveau car il y a une quinzaine d’années , une autre voix « religieuse » portante auprès des communautés soninkés avait sorti plusieurs cassettes sur cette problématique d’esclavage en soutenant quasiment les mêmes conclusions. C’est un certain MohamedTouré qui vivait en Arabie Saoudite mais basé à Bamako depuis quelques moments. Une mobilisation militante par une grande manifestation avait été organisée à son encontre auprès de la représentation diplomatique du royaume saoudien à Paris en novembre 2019, lire https://www.lactuacho.com/manifestation-devant-lambassade-darabie-saoudite-en-france-quand-un-imam-malien-veut-donner-une-legitime-islamique-a-lesclavage/ . Toutes les violations graves de droits humains liées à cet esclavage statutaire dans les villages soninkés , tirent une certaine caution complice de légitimation à partir de ces compréhensions dites religieuses diffusées par ces lettrés communautaro-esclavagistes. On le notera pour l’Histoire et pour témoignage auprès des juridictions nationales et internationales un Jour.
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