✓RÉFORME DU SYSTÈME EDUCATIF : LES ENTRAVES À L’AVÈNEMENT DE L’ÉCOLE RÉPUBLICAINE

Les enjeux de l’école en Mauritanie s’invitent, de nouveau, dans les débats politiques à l’heure où la nouvelle réforme semble prendre sa physionomie. Les ateliers de concertation du mois dernier ont tenté d’explorer les voies et moyens d’une réforme consensuelle et apaisée. L’examen fait lors de ces ateliers a permis de réactualiser les lignes de force et de faiblesse des réformes antérieures. Il a permis également d’esquisser les contours d’une feuille de route qui devrait assoir des bases solides de l’école républicaine à venir. Les résultats des journées de concertation n’ont pas fait l’unanimité, tant il est vrai que d’épineux problèmes sont restés en suspens de crainte de réveiller les vieux démons. Comme on dit « le diable est dans les détails ». A présent la collectivité nationale a les yeux rivés sur les journées de partage qui ont débuté la semaine dernière. Mais si les dés sont déjà jetés, il n’en demeure pas moins que la mise en place de la nouvelle réforme scolaire reste conditionnée par la résolution des dysfonctionnements majeurs suivants.

1°- L’incohérence du système éducatif national

La bicéphalie de l’école que la réforme de 99 a tenté de corriger s’est promptement aggravée au cours de la décade écoulée. On est, en effet, revenu à un enseignement hybride qui ne fait qu’accentuer le fossé qui sépare les composantes de notre tissu social. Le clivage culturel, attisé par les extrémistes de tous bords, est devenu plus marqué et menace de rompre le fragile équilibre social. Pour avoir une idée de la gravité de ce phénomène, il suffit de faire le tour des grandes villes du pays. A Nouakchott qui est la Mauritanie en miniature, la situation n’inspire pas confiance. En effet, nous avons dans la périphérie sud de la Capitale, en plus des écoles publiques, des écoles privées animées et fréquentées exclusivement par des négro-africains. Alors que, dans la périphérie nord de Nouakchott, en plus des établissements officiels, se concentrent des écoles libres où les arabo-berbères sont en surreprésentation. A ce dédale d’écoles est venu se greffer un autre type d’école. Il s’agit des écoles dites étrangères (l’Ecole françaises et les établissements qui lui sont affiliés : le Complexe scolaire « Le Petit Centre », les écoles Sahel, des Nations, des Cadres,… et j’en passe) en plus des Ecoles turques et de certaines écoles privées mauritaniennes qui appliquent impunément le Programme français. Toutes ces écoles qui constituent de vrais Etats dans un Etat demeurent une destination privilégiée pour les élèves issus des milieux aisés en quête d’un enseignement francophone de qualité. Ayant la bride sur le dos, les établissements en question mettent en œuvre des programmes véhiculant des concepts et des idées aux antipodes de notre encyclopédie culturelle. Cet apartheid culturo-linguistique qui nous rappelle l’école à deux vitesses des années 80. Ce qui n’est pas de nature à faciliter la mise en place de l’école républicaine qui devra servir de creuset de la Nation. Pis ! Cette école républicaine risque d’être érigée sur un socle craquelé ; elle qui a pour finalités d’offrir aux enfants du pays les mêmes chances d’égalité, de standardiser notre enseignement et d’être attractive pour assurer le retour, en sein, des « fils à papas » qui désertent aujourd’hui l’école publique pour les écoles étrangères de la place. Pour ce faire, les hauts responsables de l’Etat, le président de la République et le ministre de l’Education Nationale en particulier, doivent prendre le taureau par les cornes et être cohérents avec eux-mêmes en ramenant les enfants à l’école publique. C’est à cette condition, et à cette seule condition, que les mauritaniens pourront pleinement adhérer à leur projet (celui de l’école républicaine). Sinon, celle-ci ne sera qu’un leurre et nous n’aurions fait que prêcher dans le désert.

2°- La valorisation du métier de l’enseignant

La qualité de l’éducation que recevront nos élèves sera toujours tributaire de la qualité de l’enseignement dispensé par les enseignants. En effet, l’efficacité de l’éducation passe par le renforcement de la motivation des personnels de l’éducation, ainsi que par une réforme des formations initiales de ces personnels et de leur encadrement. Comme on le sait, les contraintes budgétaires imposées au pays au début des années 90 ont conduit celui-ci à revoir à la baisse les exigences de recrutement et les conditions d’emploi du personnel enseignant. En conséquence, les écoles normales (les ENIs, l’ENA et l’ENS) ont vu leur capacité d’accueil se rétrécir et le temps de leur formation se raccourcir. Pour venir à bout de la pénurie d’enseignants, les processus de formation, de recrutement, rémunération et d’encadrement du personnel enseignant requièrent, de la part de l’Etat, une attention particulière.

En ce qui concerne la formation initiale des enseignants, elle demeure le garant de l’amélioration de la qualité de l’éducation et un facteur indispensable à l’amélioration des apprentissages des élèves. En effet, ce qui compte, par-dessus tout, en matière d’éducation, c’est la qualité de cette formation initiale. A l’heure actuelle, le contenu de cette formation mérite un réexamen, pour prendre en compte les nouvelles réalités éducatives : une pédagogie adaptée aux nouveaux modes d’organisation des classes, les techniques de la gestion de l’espace classe et les relations écoles-communautés,

Pour ce qui est de la formation continue, elle ne bénéficie pas encore de l’attention qu’elle mérite ; bien qu’elle soit indispensable à tout enseignant préoccupé de suivre l’évolution de la société et ses répercussions sur la vie scolaire. Plus encore, dans un contexte où les contraintes budgétaires poussent au recrutement de professeurs ayant une formation initiale courte, voire n’ayant pas de préparation spécifique au métier d’enseignant, elle revêt une importance cruciale. Le but de la formation continue est corriger défaillances de la formation initiale. Mais, dans notre pays, elle ne constitue pas encore une priorité pour nos responsables éducatifs. Les enseignants peuvent, en effet, rester plusieurs années sans avoir l’occasion de se perfectionner.

Aujourd’hui, la mise à niveau et l’accompagnement prévus pour pallier les lacunes de la formation initiale des nouvelles recrues font cruellement défaut. Il est impérieux de trouver des solutions aux nombreux problèmes soulevés en matière de formation continue des enseignants (mauvaise adaptation aux besoins manifestés par le personnel enseignant, absence de prévision pour les remplacements des enseignants, faiblesse des moyens logistiques pour un suivi régulier des enseignants, entre autres). Les enseignants doivent être outillés pour faire face aux nouvelles réalités pédagogiques : pédagogie de la maitrise, gestion des classes multigrades, pédagogie des groupes, nouvelles philosophies et techniques d’évaluation. Cela suppose que des activités consistantes de formation continue soient mises en œuvre, non seulement à l’intention des enseignants débutants, mais aussi pour les enseignants expérimentés.

Pour réaliser l’indispensable revalorisation de la formation enseignante, plusieurs actions s’imposent : amélioration de la formation initiale ; leur fournir une formation continue plus consistante ; instaurer des mécanismes visant à réduire la précarisation des enseignants ; accroitre leur participation aux décisions qui concernent autant l’orientation des politiques éducatives que la vie des établissements.

3°- La mise à disposition du livre

La disponibilité des manuels scolaires fait partie des éléments clés en matière de qualité de l’éducation. Le fait de disposer d’un livre se répercute positivement sur les performances des élèves. En conséquence, compte tenu de son coût relativement faible, doter chaque élève de manuels scolaires peut être considéré comme le moyen le plus efficace d’améliorer les acquis des apprenants. Cette mesure s’avère particulièrement profitable aux élèves les plus pauvres. Le renouveau pédagogique, sur lequel on mise pour améliorer les acquis des élèves et leur capacité à transférer leurs savoirs, doit pouvoir s’appuyer sur des manuels scolaires de qualité. Comment des enseignants contraints d’écrire au tableau ou de dicter des textes à des élèves dépourvus de manuels peuvent-ils avoir recours à une pédagogie active qui développe l’autonomie de l’apprenant, qui plus est s’ils ne disposent, eux-mêmes, ni des programmes, ni de guides pédagogiques requis ? L’élaboration de manuels scolaires doit s’appuyer sur une réforme harmonisée des currucula ; l’accessibilité gratuite aux manuels pour le plus grand nombre d’élèves, le développement de l’industrie du livre dans le pays. Les manuels scolaires élaborés selon la nouvelle approche « Vision holistique », n’ont pas été élaborés et édités à temps. Ce qui montre l’impérieuse nécessité de fusionner, pour plus de convenance, l’Inspection générale de l’éducation qui conçoit les programmes et l’Institut pédagogique national qui à revient la tâche d’élaborer et éditer les manuels scolaires. En tout cas, la nouvelle réforme risque d’avoir du plomb dans les ailes, si l’IPN tarde à l’accompagner. En effet plusieurs niveaux, aussi bien du premier cycle que du second cycle, manquent, jusqu’à présent, de livres-supports. Nos élèves doivent patienter car ces livres sont encore sous presses. Ce qui rend aléatoire la réussite de la nouvelle réforme qui, dès sa mise sur rails, a commencé à claudiquer. Cette infirmité risque d’impacter négativement l’appropriation des nouveaux programmes par les élèves et de perturber leur mise en œuvre par les professeurs.

Des infrastructures scolaires ne répondant pas aux normes

Autant à Nouakchott que dans les provinces, les infrastructures d’accueil de nos élèves demeurent majoritairement dans un état piteux. Les élèves mauritaniens continuent malheureusement à étudier dans un environnement peu accueillant marqué par la vétusté des bâtiments, la massification des effectifs, le manque cruel des tables-bancs, d’eau et d’électricité, de clôtures, de sanitaires fiables, de bibliothèques où les apprenants peuvent se documenter, de laboratoires qui en respectent le modèle et de matériel didactique approprié, de salles de permanence pour retenir les élèves pendant les heures creuses, de cloches ou d’avertisseurs automatiques pour signaler le passage d’un créneau horaire à l’autre au lieu des jantes cabossées qu’utilisent nos établissement actuellement. Aussi nos établissements manquent-ils cruellement d’espaces verts, de potagers, d’infirmeries capables d’offrir les soins de première nécessité à une population écolière pouvant, au niveau de certains établissements scolaires, dépasser le nombre d’habitants de certains de nos villages, d’infrastructures sportives pouvant contribuer à l’épanouissement de la personnalité de nos apprenants et favoriser leur brassage. Dans ces conditions, que peut-on attendre de nos professeurs qui sont souvent mal formés, désarmés et très peu motivés ? Et quels avantages pourront tirer nos élèves de cette situation ? Les dysfonctionnements doivent corrigés illico, car leur persistance constitue de graves entraves à la mise en place de l’école républicaine. A bon entendeur, salut !



Sidi Mohamed Ould Ismail

Le Calame

©️ Repris via http://adrar-info.net/?p=72253

✓Au sujet du « Passif humanitaire », de quoi on parle ? | L’opinion de Monsieur Mohamed El Mounir

S’il est un concept qui a perdu en sens ce qu’il a gagné en extension, c’est bien celui du « passif humanitaire ». Tout le monde en parle, mais beaucoup ne savent pas exactement de quoi il s’agit, mélangeant tout et son contraire. Lectures partisanes et interprétations approximatives ont fini par noyer ce concept dans un océan d’amalgames. Le récent débat sur la question a démontré l’ampleur des confusions liée à cette question mais aussi un regain d’intérêt des Mauritaniens, qui veulent tourner définitivement cette page sombre de notre histoire contemporaine. De manière simplifiée, le passif humanitaire comprend deux volets :

Le premier est relatif aux déportés, ces mauritaniens expulsés ou ayant fui les persécutions du régime de Ould Taya vers le Sénégal et le Mali, en 1989 et durant les années suivantes. Le dossier réouvert, sous la pression insistante de l’opposition et des organisations des droits de l’Homme pendant la première transition, en 2006. Sur cette base, un accord tripartite est signé le 12 novembre 2007 sous la présidence Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec les pays de refuge et le HCR pour le rapatriement des réfugiés. Ce processus est poursuivi et parachevé par la junte militaire fin décembre 2009, à travers un programme, qui inclut la réintégration des bénéficiaires, sous la houlette d’une Agence nationale pour la réinsertion des réfugiés (ANAIR). Ce dossier a donc été traité dans les règles de l’art, selon une approche associant l’ensemble des acteurs et sous la supervision d’un organisme international.

Le second volet porte sur les exécutions extra-judiciaires (en droit, on parle plutôt de « disparitions » tant qu’il n’a pas été établi formellement que les victimes ont été tuées) ayant eu lieu au sein des forces armées entre septembre 1990 et février 1991. Certains y ajoutent encore la répression de la tentative de putsch de 1987, même si celle-ci a eu lieu dans des conditions différentes. Ce volet n’a jamais été traité, compte tenu de la loi d’amnistie, qui avait pour objet de clôturer le dossier, au nom d’obscures considérations tenant à la préservation de la paix civile. Hormis une « prière » symbolique organisée à Kaédi le 25 mars 2009 par Ould Abdel Aziz à la mémoire des victimes, rien n’a été fait pour reconnaitre ou rendre justice aux victimes et à leurs ayants droit.

Ce volet est le plus difficile à traiter, car il suscite bien des crispations et polarise encore une partie de l’opinion publique. Le problème est que la vérité n’a jamais été connue ou établie ni la justice rendue, faute de volonté politique. Les régimes successifs ont toujours cherché à couvrir ce qui s’est passé au nom d’un soi-disant souci de préservation de la paix sociale.

Or, la réconciliation nationale et la paix civile passent précisément par faire la lumière sur ces événements tragiques et rendre justice, afin d’en éviter la répétition à l’avenir. Il faudrait donc trouver une solution juste, équitable et conforme aux standards internationaux. Mais celle-ci ne saurait être réduite à une simple indemnisation, aussi généreuse soit-elle. La réparation est une partie de la solution mais elle reste symbolique, car l’argent n’indemnise pas une vie humaine. Le règlement escompté devrait aussi permettre de retrouver les sépultures des victimes et de les enterrer proprement. Les familles des victimes doivent pouvoir faire leur deuil dans la dignité, conformément à la tradition islamique.

Auparavant, il faudrait lever certaines confusions fréquemment entretenues, souvent de mauvaise foi, entre ces tragiques événements et le conflit avec le Sénégal en 1989. Certains ne comprennent en effet pas pourquoi notre pays devrait réparer et rendre justice pour les victimes d’évènements qui seraient, d’une manière ou d’une autre, liés, voire seraient une réaction à des violations ayant eu lieu au Sénégal à l’encontre de citoyens mauritaniens? Or, non seulement il n’existe aucune relation directe entre ces deux événements, mais encore un tel raisonnement tordu suppose que l’on doive se « venger » au détriment d’une partie de nos propres concitoyens pour des faits commis dans un pays voisin. Cette logique est évidemment absurde et devrait être écartée en tant que telle.

Par ailleurs, certains groupuscules politiques voudraient, à force d’amalgame, rendre des mouvements politiques responsables du « passif humanitaire », voire une communauté dans son ensemble, ce qui relève, là aussi, d’un raisonnement tout aussi abusif et injuste. En réalité, très peu, au sein de l’inion nationale, étaient au courant de ces exactions, qui ont eu lieu dans le plus grand secret au niveau de quelques unités de l’armée, dans 3 ou 4 bases militaires. Les mouvements politiques n’étaient pas davantage au courant de ces crimes, même si certains parmi les plus extrémistes les ont défendus, implicitement, a posteriori. D’ailleurs, à l’époque, la plupart des mouvements politiques étaient poursuivis et pourchassés par un régime qui ne tolérait aucune critique ou forme de dissidence.

Aujourd’hui, il est vraiment temps de faire triompher la vérité et la justice, afin de tourner définitivement cette page sombre de notre histoire et se consacrer aux priorités de développement.

©️ Crédit source : Post FB (20/11/2022) de l’auteur https://www.facebook.com/100000327634741/posts/4776401392380735/

✓Porte-parole du gouvernement: «Si un crime d’esclavage se produit, la justice sera appliquée dans toute sa rigueur»

AMI – le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, M. Mokhtar Ould Dahi, a souligné que l’État a mis en place un arsenal juridique criminalisant l’esclavage qui constitue le crime le plus abominable contre l’humanité ; tout comme elle créé des institutions de promotion et de défense des droits de l’homme.

Parallèlement à ces actions, a-t-il ajouté, elle a rendu la vigilance des médias et de la population plus accrue à l’égard du sujet.

Commentant les résultats de la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenu mercredi soir à Nouakchott, il a appelé à la retenue face aux informations qui circuleraient sur ce type de question, à éviter de relayer les fausses informations et à ne tomber ni dans le travers de l’instrumentalisation politique, ni dans celui de leur banalisation.

Il a précisé qu’il n’est pas exclu que des crimes liés à ces questions puissent se produire mais, le cas échéant, ceux-ci relèvent de la justice qui doit suivre son cours et qui appliquera la loi dans toute sa rigueur.

En réponse à une question sur le prix élevé du pain, le ministre a expliqué qu’il ne s’agit que de rumeurs sans aucun fondement, soulignant que la fédération de boulangerie a un accord avec le ministère du Commerce, ce qui l’oblige à fournir du pain dans toutes les zones sans augmentation de prix ni diminution de poids de la baguette de pain.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=751260

✓Biram Dah Abeid invité pour la dixième édition de AFRIFF ( 8 au 15 novembre 2021, Lagos, Nigeria)

AFRIFF ou Festival International du Film Afticsin, a déroulé sa 10eme édition à Lagos au Nigeria du 8 au 14 novembre 2021.
La République Islamique de Mauritanie était présente au cours de cette édition grâce au film réalisé par le cinéaste italien Marco Piantoni et la Federation Italienne des droits de l’Homme, dirigée par Antonio Stango. Piantoni et Stango sont tous les deux adeptes de La défense de la dignité humaine et des engagements non-violents. Une équipe constituée par le cinéaste et la ligue, avait suivi le candidat Biram Dah Abeid durant son périple de campagne en juin 2019. Les discours enflammés, galvanisateurs, du leaders abolitionniste, comme ses prises de positions stratégiques ou spontanées, ont été étroitement et longuement scrutés et analysés ses accompagnateurs. Ces derniers étaient présents à côté du candidat très largement assuré de l’inéluctabilité d’un deuxième tour dans les élections présidentielles mauritaniennes le mettant en face à face avec le candidat du pouvoir Mohamed ould Cheikh El Ghazouani.
Ils étaient aussi témoins de la déclaration unilatérale et prématurée du président sortant et homme fort du pays à l’époque, Mohamed ould Abdel Aziz, de la victoire de son candidat. Ce fait accompli provocateur et arbitraire, a été précédé par une descente massive des unités de l’armée avec ses chars et blindées dans toutes les circonscriptions ou agglomérations dans lesquelles le candidat du pouvoir était battu par Biram Dah Abeid. Marco Piantoni a immortalisé le premier réflexe du dirigeant d’IRA-Mauritanie, voyant sa très possible victoire confisquée par la révocation du deuxième tour par décision arbitraire et par la force militaire. Biram Dah Abeid a pensé aux vies humaines, aux vies des jeunes mauritaniens et mauritaniennes, il a pensé aux vies des soldats mauritaniens, il a pensé aux biens et infrastructures des mauritaniens et de la Mauritanie, à la pérennité du pays… Marco Piantoni et Antonio Stango on sublimé l’attitude et l’idéologie non-violentes du Prix des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et ont réalisé le documentaire “L’asino che vola” qui retrace le parcours militant ardue de Biram Dah Abeid et de son organisation non gouvernementale, un parcours néanmoins moralement et stratégiquement sécurisé de toute violence physique ou idéologique.
À travers la projection de ce film au cours de cette dixième édition de AFRIFF, les réalisateurs du film on gagné un pas en avant vers leur but ultime : couronner Biram Dah Abeid du Prix Nobel de la Paix.


IRA-Italie


Le 14 novembre 2021

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie

✓Mali : lutte contre l’esclavage par ascendance | Une nouvelle circulaire ministérielle en date du 11 novembre 2021

Le phénomène de l’esclavage par ascendance défraie tristement d’une manière récurrente l’actualité au Mali. Des militants anti-esclavagistes ont subi diverses violations des droits humains dans plusieurs localités du pays notamment dans les régions de Kayes et Koulikoro. Pour rappel il y a plus d’une année juste, 4 militants abolitionnistes Gambana (pères de famille de 42 ans à 73 ans) du village soninké de Djandjoumé, avaient été sauvagement assassinés chez eux et jetés dans les eaux pluviales (dans la nuit du 1 septembre 2020). Des extrémistes adeptes des coutumes esclavagistes du village groupés en milices criminelles sont les auteurs identifiés (29 sont derrière les barreaux en attente d’un procès) … Lire https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F.

Les 4 militants anti-esclavagistes assassinés à Djandjoumé (1/9/2020) : Mountakha Diarrisso, Youssou Cissoko, Gossi Cissoko et Hamet Cissoko.

Dans des tentatives du gouvernement pour enrayer ce phénomène odieux qui pose des problématiques sécuritaires évidentes, les termes de cette nouvelle circulaire ministérielle clarifient davantage son approche de traitement. Il est plus qu’urgent qu’une loi spécifique soit mise en place contre l’esclavage par ascendance sous toutes ses manifestations sociales (notamment l’apologie discursive et comportementale).

KS pour le BLOG

✓Alerte Mauritanie : Recel et blanchiment d’esclavage, en cours


1. Aïn Varba est une localité de la région du Hodh occidental, à environ 800 kms au sud-est de Nouakchott, la capitale. Le chef-lieu est Aïoun. L’endroit s’est fait connaitre par des violations de la dignité de la personne quand, en 2011, Ira-Mauritanie (Ira-M) y découvrait des pratiques d’esclavage domestique et selon ascendance, avec des ramifications dans d’autres villes. A l’époque, les militants de l’organisation furent copieusement torturés, sur place, sous les ordres du commandant de la brigade de gendarmerie.
2. 10 ans après, un dignitaire de Aïn Varba, le sieur Cheikhna Ould Chehlawi, y a hérité de servants et de servantes, issus de rapts perpétrés, du vivant de son père, contre des noirs, natifs du périmètre alentour.
3. A la suite d’une pré-enquête vigilante, une mission que conduisent Abdallahi Abou Diop, responsable de la commission de défense des droits humains et Laghdaf Ould Neemeu membre du Comité de paix quittait Nouakchott, le 6 novembre, en direction du lieu-dit. Ils bénéficieront de l’appui des bureaux locaux de l’association, à Tintane et Aïoun, avant d’approcher la victime, Mariem Mint Cheibani. En compagnie de cette dernière, la délégation se rend, à Aïn Varba, deux jours après, afin de déposer plainte, auprès de la gendarmerie. Le commandant de brigade a tergiversé et traîné avant d’accepter de recevoir la déposition de la plaignante et d’enregistrer sa requête. La gendarme procéda, alors, à une investigation hâtive puis décida le déferrement du dossier, le 10 novembre courant, devant le Procureur du tribunal compétent, à Aïoun.
4. Le magistrat en question, Mohamed Abdallahi Ould Ahmedou écouta les parties présentes, en l’occurrence le présumé fauteur Cheikhna Ould Chehlawi, la victime Mariem Mint Cheibani et ses deux rejetons. La cadette Salka, encore mineure selon une vidéo fameuse qui circule sur internet, a été donnée en guise de cadeau de mariage, par Cheikhna Ould Chehlawi, à sa propre fille Selemhe; la mère de Salka confirma les faits et griefs, y compris face au parquet. Depuis des années, la dame, bénéficiaire du présent humain, fait travailler l’enfant, chez elle, à Nouakchott.
5. Or, le Procureur de la république, en vertu des réflexes habituels qui consistent à octroyer l’impunité aux groupes dominants, fit ramener la petite Salka, de Nouakchott à Aïoun mais ignora sa maîtresse, Selma Mint Chehlawi. Pire, il entérina les allégations mensongères selon lesquelles l’ainée des deux esclaves – de son prénom Cheikhna, suivant le vœu du maître – serait majeure, ce qui expliquerait sa présence au service de ce dernier. Il importe de noter, ici, que les filles et leur maman ne possèdent aucune pièce d’état civil ; cependant, la mère aurait été enrôlée mais ne jouirait de ses papiers d’identité que par la volonté de son bourreau : elle en userait les jours de scrutin ou lors du retrait des vivres, au titre de la prévention des risques de famine. Bien entendu, Cheikhna Ould Chehlawi veille à récupérer le fruit puisque Mariem Mint Cheibani lui appartient.
6. En effet, faisant fi de toutes les lois incriminant l’esclavage en Mauritanie, il continue d’assujettir les femmes et hommes, de couches vulnérables, en les faisant travailler sans rémunération ; il en offre l’usage, plus ou moins occasionnel, à sa progéniture. Le notable Cheikhna Ould Chehlawi possède plusieurs serviteurs et les exhibe, fièrement au tribunal, pour qu’ils témoignent en sa faveur et le protègent des rigueurs de l’égalité et de la citoyenneté.
7. Pour Ira-M, l’esclavage demeure répandu dans les quartiers chics et résidentiels de la capitale, en particulier la commune de Tevragh Zeina. Il s’étend à la quasi-totalité des centres urbains ; d’ailleurs, si la matrice de l’infériorité de naissance remonte aux villages et campements nomades, elle s’enracine, de manière moins visible, à l’intérieur des villes où, pourtant, le pouvoir d’Etat s’exerce davantage. Paradoxe quotidien, la progéniture des familles de nobles perpétue la relation verticale. Cadres et hauts fonctionnaires y recourent toujours, malgré la proximité du noyau de l’Etat. Il est erroné de penser que l’esclavage n’existe plus que dans les zones enclavées de la Mauritanie.
8. De nombreuses mères s’abstiennent de lever le secret du père, car la femme en situation de captivité subit les viols de ses propriétaires, même mariée. Les responsables de tels actes d’ignominie s’en justifient au nom de livres du code noir, les fameux recueils de la Charia locale où l’on enseigne et vulgarise le traitement du bétail humain.
9. Comme il y a 10 ans, le tribunal argue, aujourd’hui, que IRA-M n’est pas une organisation reconnue ; en conséquence, elle ne saurait ester en justice ni accompagner et encadrer la plaignante. Ainsi, le magistrat évite de convoquer Selemhe Mint Chehlaoui mais n’hésite à rapatrier l’enfant abusée, Salka.
10. IRA – M pressent, là, une menace d’occultation d’un cas flagrant d’exploitation de l’homme par l’homme. En dépit de l’alternance de 2019, la justice de caste résiste à la normalisation et porte entrave aux changements et réformes attendus et ô combien différés.
Selon les dernières informations, le Procureur d’Aïoun renvoie, l’affaire, à la brigade de gendarmerie, certainement aux fins de ficeler le « meilleur » prétexte visant à dissimuler – une fois de plus- un crime avéré que ses auteurs assument avec fierté et arrogance.

Initiative de Résurgence Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 10 novembre 2021

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie

L’Assemblée nationale approuve un projet de loi relatif à la protection des symboles nationaux et à l’incrimination de l’atteinte au prestige de l’État et à l’honneur du citoyen

L’Assemblée nationale a approuvé, lors d’une séance publique tenue hier mardi, présidée par M. Cheikh Ould Baya, président de l’Assemblée, un projet de loi relatif à la protection des symboles nationaux et à la criminalisation de préjudice au prestige de l’État et à l’honneur du citoyen.

Le projet de loi se compose de huit articles qui précisent son objectif – sans préjudice des dispositions stipulées dans d’autres lois – d’incriminer et de punir les actes commis intentionnellement à l’aide des médias et des technologies de communication numérique et des plateformes de médias sociaux. Il incrimine les actes associés à la violation des principes et du caractère sacré de la religion islamique, le prestige de l’État et de ses symboles, la sécurité nationale, la paix civile, la cohésion sociale, la vie personnelle et l’honneur des citoyens.

Les articles du projet de loi expliquent en détail les différentes sanctions pour la commission des infractions qui y sont spécifiées.

Le ministre de la Justice, M. Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoullah Ould Boya a précisé dans sa présentation à la Chambre des représentants, qu’il est devenu nécessaire aujourd’hui de lutter contre tout ce qui affecterait l’unité du peuple et le prestige et la souveraineté de l’État, qui se reflètent dans ses symboles de référence. Il s’agit, a-t-il dit, de mettre fin à la mauvaise utilisation des plateformes de médias sociaux, sans préjudice des libertés garanties par la constitution et les accords internationaux ratifiés par la Mauritanie.

Il a souligné que le projet de loi vient à point nommé pour combler les lacunes qui ont été constatées dans notre système pénal afin de donner aux praticiens, juges et enquêteurs les moyens de disposer de mécanismes juridiques clairs pour imposer l’État de droit et le respect des valeurs de la République, en identifiant les actes qui constituent une atteinte aux symboles nationaux et portent atteinte au prestige de l’État, ainsi que les sanctions appropriées pour faire face au phénomène d’atteinte aux principes de la société et de propagation de la haine au sein de ses composantes.

Il a ajouté que le projet de loi permet au ministère public de diligenter automatiquement ou sur demande une action en justice contre ceux qui commettent l’un des actes stipulés dans les dispositions du projet de loi.

Le ministre a déclaré que la protection des symboles est indispensable au renforcement des institutions qui ont en charge les affaires publiques pet qui doivent jouir de la protection et du prestige qui leur permettent d’accomplir les tâches qui leur sont confiées, loin d’interférences de personnes qui consacrent toutes leurs énergies au découragement et à l’incitation à la sédition et à la dénonciation des forces armées et des forces de sécurité.

Il a insisté sur le fait que la liberté d’opinion est préservée et défendue, et que le projet de loi vise à mettre fin au chaos observé et à l’incitation à la violence et à la haine, soulignant qu’il est de la responsabilité des pouvoirs d’affronter cette situation pour éviter toute dérive préjudiciable.

Dans leurs interventions, les députés ont indiqué que le projet de loi était attendu depuis longtemps afin de mettre terme à l’anarchie qui caractérise l’espace virtuel, en violation totale des valeurs et principes sacrés, menaçant la paix et la stabilité civiles, et méprisant les symboles de l’État et l’honneur des citoyens et portant gravement atteinte à la quiétude publique.

Ils ont fait savoir que le moment est venu pour les usagers des réseaux sociaux de se rendre compte qu’il existe des limites et des règles juridiques dissuasives, et qu’il existe une grande différence entre, d’une part, la critique constructive et, d’autre part, la volonté de sape, de calomnie, d’insulte et de mépris. Ils ont indiqué que le projet de loi répond à un besoin de protection des entités publiques et des citoyens, et de respect de la vie privée.

Les députés se sont interrogés sur l’alternative à l’état actuel de chaos en termes l’utilisation des réseaux sociaux. Faudrait-il rester passif, laissant la voie grande ouverte à toutes sortes d’abus, aux rumeurs et aux incitations à la haine, ou plutôt de rejoindre d’autres pays qui ont mis en place les mécanismes de contrôle de l’espace virtuel pour éviter de sombrer dans des dérives préjudiciables à la communauté?.

Le choix est vite fait ont-ils fait remarquer, et saluant les dispositions du projet de loi car il permettra de protéger les acquis démocratiques, d’assurer l’unité nationale et de préserver les valeurs de la société mauritanienne inspirées de l’Islam authentique.

Certains parlementaires ont estimé que la nature sensible du projet de loi nécessite l’implication d’experts et de la société civile dans sa préparation et de laisser aux députés suffisamment de temps pour l’étudier.

Ils ont précisé que ce ne sont pas les textes de lois qui font le plus défaut mais plutôt dans leur activation et leur application, exprimant leurs craintes que le projet de loi ne soit utilisé comme un obstacle à la critique et l’éclairage de l’opinion publique.

L’Assemblée nationale a, également, approuvé les modifications apportées par la Commission de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense aux articles 2, 3, 5 et 7 du projet de loi, qui, dans leur ensemble, visent à clarifier le contenu de ces articles.

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-61142.html

« Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. » | Par Mohamed El Mounir

A mes compatriotes arabophones,

L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 (Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 portant Amnistie) n’est pas une menace, ni pour l’Etat, ni pour une communauté bien précise. Elle ne peut être une menace que pour les criminels qui ont commis des atrocités à l’encontre d’une frange de notre population. Nous ne devons pas nous identifier aux criminels.

Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. C’est une cause juste et une cause de tous les mauritaniens, ce n’est pas la cause de certaines organisations ni la cause d’une communauté. Son abrogation va faciliter la réconciliation, en permettant de clôturer définitivement ce dossier qu’on traîne comme un boulet. Un véritable serpent de mer.

L’abrogation de cette loi scélérate et l’engagement d’un processus de justice transitionnelle ne signifie pas nécessairement un règlement de comptes, mais une juste reconnaissance des fautes et des crimes commis et une réparation équitable et surtout des mesures de non répétition.

Il revient à l’Etat de dégager sa responsabilité, en demandant pardon, parce que le régime incarnait l’Etat à un certain moment et en dédommageant les victimes, en créant les conditions d’un dialogue qui permet de tirer au clair ce qui s’est passé, de situer les responsabilités et de prendre des mesures destinées à éviter la répétition de tels actes.

Il existe deux niveaux de responsabilité, un niveau politique qui relève du chef de l’Etat de l’époque, qui n’a pas nécessairement donné les ordres, mais qui créé le contexte propice aux exactions et surtout n’a pas agi pour en punir les coupables ; et un niveau de responsabilité personnelle, qui incombe aux exécutants et aux donneurs d’ordre, qu sont plus ou moins connus.

Un tel processus ne signifie nullement de s’attaquer à l’armée nationale. Si l’Etat doit être tenu pour responsable, à titre politique, il serait faux et abusif de considérer que l’institution militaire serait responsable en tant que corps. Les exactions commises ont été très localisées (essentiellement dans trois bases militaires) et n’ont impliqué qu’un nombre limité de donneurs d’ordre et d’exécutants, à telle enseigne que longtemps durant la très grande majorité des militaires ignorait complètement ce qui s’était passé. Ce serait aussi un abus de penser que l’armée nationale est solidaire d’une petite poignée de tortionnaires.

Toutefois, certaines acteurs cultivent délibérément la confusion et l’amalgame. Ils devraient pourtant savoir que ce processus ne passe pas par la justice ordinaire. Il s’agit d’une problématique politique qui ne peut être résolue à travers un processus judiciaire ordinaire, encore moins au niveau des instances internationales. L’activisme dans les sphères internationales, même s’il peut accélérer la prise de conscience de la nécessité d’une solution, parasite fortement un tel processus et empêche l’émergence d’un consensus national sur la question. C’est pourquoi il serait recommandé d’avoir recours à la justice transitionnelle qui met en place des mécanismes adaptés pour prendre en compte la dimension politique du problème.

Pour autant, la gravité des actes commis est telle qu’elle continue de miner la cohésion nationale. Le pays ne pouvant s’accommoder de la persistance d’un contentieux non résolu ni d’approches partielles qui ont prévalu depuis ces tristes événements, seul un processus associant l’ensemble des parties prenantes, y compris les ayants droits des victimes, l’armée, les partis politiques, la société civile…permettrait de faire lumière sur ce qui s’est réellement passé et de jeter les bases d’une réconciliation durable. Le processus de dialogue qui va s’ouvrir incessamment est l’opportunité idéale pour clore définitivement ce dossier.

NB : Ce texte, en cours de traduction, sera publié en arabe, incha Allah.

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✓Témoignage émouvant qui marque | La Mémoire de la tante Hawa Cissoko de Bouyagui.



Ici notre tante et mère Hawa Cissoko rencontrée au Mali lors de l’événement Atelier de formation au Plaidoyer du programme Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo . Âgée d’à peu près 70 ans, elle est originaire du village de Bouyagui. Ce village est un village-Liberté comme quelques-uns dans la région de Kayes. Des villages historiques fondés par des communautés qui refusèrent la servitude esclavagiste dans d’autres localités. Selon son témoignage recueilli dans nos échanges très touchants, leurs ancêtres sous le joug esclavagiste quittèrent en pleine nuit un autre village des environs pour aller débroussailler et occuper l’endroit du site actuel du village Bouyagui. Un autre ressortissant du village, l’enseignant Waly Traoré nous apprend que cet événement marquant la révolte fondatrice de leur libération historique, se serait passé dans la nuit du 10 juillet 1914. À l’époque, l’ordre colonial français régnait dans la zone, on dirait que les autorités d’antan essayaient plus ou moins avec leurs intérêts mis bien à l’abri certainement, de pencher davantage vers les libérations des esclaves dans la zone. Aujourd’hui après plus d’un siècle de cette période et 60 ans après nos indépendances, nos propres autorités traînent à nommer et à éradiquer un phénomène qui a un prolongement sociétal et temporel facilement détectable dans nos différentes communautés.

L’histoire de ce village est relatée dans le film doc réalisé par Dr Marie Rodet les Diambourou https://vimeo.com/245704895 .

Lire également https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/11/01/%E2%9C%85apres-le-visionnage-du-film-les-diambourou-quel-impact-pour-notre-militantisme-ganbanaaxu-fedde/

–En photo avec Mr Goudia Konate (journaliste) et président Gaye Tene Traoré à l’USJPB Bamako.

Par KS pour le BLOG

L’esclavage héréditaire frappe à nouveau une femme et ses enfants dans la localité de Aîn Varba. (IRA Mauritanie)


Une mission est envoyée depuis Nouakchott il y a quelques jours par l’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste IRA dirigée par le responsable de la commission des droits de l’homme de l’organisation, Abdellahi Abou Diop , accompagné d’un membre du Comité de Paix Laghdaf Neemeu , et a été rejointe depuis Tintan et Aioun par les représentants locaux du mouvement abolitionniste.
A l’aube , ce lundi, tous se sont rendus à Ain Varba accompagnés de la victime de la servitude domestique héréditaire, Mariem Mint Cheibani, propriété du nommé Cheikhna Ould Al Chehalawi Atenwajiwi.
La victime, Mariem, s’est rebellée contre son maître, qui l’avait soumise à une obéissance cruelle et vexée depuis sa naissance, et a fini par contacter certains militants de IRA dans la localité, qui l’ont mise en contact par téléphone avec Abdelahi Abou Diop , le responsable de la commission des droits de l’homme de Ira Mauritanie . Dès l’arrivée de la mission dans la localité , elle leur confirma que ses deux enfants son victimes d’esclavages Salka et Cheikhna , des mineurs toujours sous le joug de l’esclavage de Cheikhna Chehalawi et ses filles .
Il est interdit à la mère esclave de rendre visite à ses filles après avoir échappée du domicile de son maître pour être sous la protection de son miséricordieux mari .
Aujourd’hui, la mission IRA soutient la victime, Mariem, devant la Brigade de Gendarmerie de Aîn Varba et Mariem , la victime a déposé une plainte au regard de la loi criminalisant l’esclavage et l’asservissement contre le maître esclavagiste Cheikhna ould Chehalawi et sa famille .
La victime demande le recouvrement du droit de ses enfants et exige la fin de la captivité esclavagiste dont ils sont victimes et leurs retour auprès d’elle.


Ain Varba le 8 novembre 2021

©️ Crédit source : réseaux IRA-Mauritanie