​Voilà bien des années que l’Ecole mauritanienne est malade, secouée par des crises récurrentes.

 

Au lieu de procéder à un diagnostique approfondi, sans complaisance du corps malade, l’on s’est contenté, à chaque fois, d’une auscultation superficielle pour lui administrer un traitement symptomatique. Six réformes successives qui ont toutes échoué ! Notre Ecole est malade, notre système éducatif en crise depuis 56 ans, tout le monde en convient !
Plus que des raisons de surface ( effectif pléthorique, manuels scolaires insuffisants ou désuets, mobilier brinquebalant, locaux vétustes et inéquipés ) nous nous attarderons plutôt sur les raisons de fond. 
*Quel est le mal ?
Des élèves, des étudiants, des Enseignants sans niveau aucun, des élites francisantes ou arabisantes en extinction progressive, un produit inadapté…Un observateur, averti, ramassait la situation par cette formule : « En voulant rendre notre Enseignement authentique nous avons sacrifié l’essentiel: aucune considération pour la qualité, aucune pour la perspective d’emploi, aucune pour le développement ».
* Quelle est la cause du mal ou quelles en sont les raisons ?
– Raison d’ordre psychologique, affectant le corps enseignant :
L’Enseignant a perdu son statut d’antan, par contagion du milieu social dans lequel il baigne, où les valeurs universelles de référence habituelle, telle l’honnêteté, le respect du travail –du travail bien fait-, la moralité, l’admiration pour le détenteur du Savoir, ont cédé la place à la course effrénée pour l’argent ; l’enrichissement à tout prix, tout de suite, a pris le pas sur la conscience professionnelle, d’où cette flopée d’Enseignants-boutiquiers ! 
Le terme « garraaye », devenu fortement connoté, négativement, suscite un demi-sourire pincé chez l’autre, au point qu’il devient gênant de se présenter comme tel…On est désormais Instituteur ou professeur à défaut de mieux, mais certainement pas par vocation .On est là, pour un temps provisoire, transitoire, en attendant de trouver mieux , de « monter » sa boutique, ou de partir pour des cieux plus cléments.
Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’explique (ou s’accompagne) aussi par la dépréciation du Savoir et/ou de la Culture, censé être un des attributs majeurs de l’Enseignant. Aller à l’école, accumuler des diplômes, lire, simplement, est perçu aujourd’hui dans la société mauritanienne au mieux, comme une perte de temps, au pire comme une absurdité ; avoir de l’argent c’est mieux ! 
Pour corriger cet état des choses il faudra rendre à l’Enseignant sa dignité et son auréole d’antan par la revalorisation du métier, et restituer au Savoir l’admiration qui lui était attachée.
*Notre Ecole souffre, par ailleurs, d’une crise d’orientation. Au lieu d’une orientation technique et pragmatique on a opté pour l’élitisme. A la place d’une Ecole qui produit des plombiers, des électriciens, des frigoristes, des maçons, des mécaniciens, des menuisiers, des agriculteurs modernes, on a préféré celle qui fabrique des littéraires, des philosophes, c’est –à-dire des fonctionnaires aux mains propres, des « cols blancs »…
Il faut changer cet état de chose, en orientant les 60 % des cohortes vers la formation professionnelle et technique des cols bleus, et les 40% vers la formation de l’élite…
*Autre cause non moins importante, l’administration et la gestion chaotique du corps Enseignant, où l’on constate l’absence de rigueur dans la sélection et le recrutement des maîtres d’école, l’absence de contrôle sérieux et de suivi qui fait le lit du laxisme et de l’affairisme, l’absence d’émulation, de sanction et de récompense systématiques, l’absence d’ordre en un mot, qui ne se trouve pas, hélas, que dans l’Enseignement ! 
*Mais de toutes les causes à l’origine des crises de notre système éducatif, la plus fondamentale – entre toutes – d’ordre idéologique – demeure l’Arabisation à outrance, genèse véritable des problèmes ! 
Dès les années 50 les réformes débutèrent, en série, toutes à caractère linguistique ! Toutes les réformes opérées des années 50 aux années 80 portèrent sur la langue …l’objectif déclaré, hier et aujourd’hui, était et demeure de rendre notre enseignement « national » , « authentique »…l’élite arabo-berbère ne pouvait accepter, disait-on, que son identité culturelle –dont la langue est un élément essentiel- fusse occultée au profit d’une langue et culture étrangère, de surcroît héritée du colonisateur…C’était l’argument de surface, classique… Si, en soi , cette aspiration semble juste et légitime, elle cesse cependant de l’être dès lors que cette même élite imposa, paradoxalement, sa langue et sa culture à des non arabes. N’était-ce pas reproduire à l’identique le comportement du colon ?
En réalité cette revendication, nationaliste en apparence, était un écran de fumée, une supercherie visant d’abord et surtout à renverser le rapport de force, hérité du legs colonial, entre arabo-berbères et Négro-africains. Sous le couvert de « l’indépendance culturelle », on cherchait, en réalité, à créer un autre « équilibre » …
L’argument « authenticité ou repersonnalisation » ayant servi -pour masquer les choses- est fallacieux. Nous avions tous résisté au colon, nous nous sommes tous opposés à sa langue, à l’entrée. Elle nous a été imposée à tous … Dès lors qu’il s’est agi de réhabiliter langues et cultures pourquoi le fit-on de manière sélective ? Pourquoi n’avoir pas réhabilité et promu également les langues et culture négro-africaines ? 
Repersonnalisation contre repersonnalisation, Identité contre Identité, pourquoi une réhabilitation pour les uns et pas pour les autres, étant entendu que chacun reste fier de ses racines et de sa culture, et si tant est, comme le soutientMohamed M. Abdalhaye, « chaque individu est porteur d’une dignité inaliénable » ?
Non, la motivation n’était pas que toute culturelle…
Je me permets ici une petite digression ; La thèse selon laquelle les Négro-africains seraient plus attachés à la langue française est spécieuse et de mauvaise foi. Ils ne sont, ni plus ni moins, attachés à cette langue que l’élite arabo-berbère francisante, qui joue et gagne sur les deux tableaux ! En effet, n’est-ce pas cette même élite qui envoyait en cachette ses enfants dans la filière bilingue des années 80, et continue de le faire à l’Ecole Française, à nos jours ?
Non, encore une fois, la motivation n’était pas que toute culturelle…l’Arabe ne devait servir, hier comme aujourd’hui, de moyen de promotion et d’épanouissement pour tous, comme proclamé, mais de gangue protectrice, de garantie pour la préservation et la perpétuation du Système, dicté par des peurs enfouies et des complexes Aryens… Dans « crise mauritano-sénégalaise : la rupture d’une alliance inter- ethnique » de Marion Fresia, M. Ould Bédredineconfessait ceci : « les Negro- africains représentaient 80% des cadres de l’Etat mauritanien naissant. Alors les maures ont voulu rétablir les rapports de force en leur faveur en utilisant deux instruments : la langue et l’Ecole ». 
C’est on ne peut plus clair !
La langue arabe a été, bel et bien, instrumentalisée à cette fin, et uniquement à cette fin. Un rééquilibrage des rapports de force, normal et légitime certes, mais qui versa hélas, dans l’excès, aboutissant, aujourd’hui à la liquidation totale de la communauté non arabe…
Notre système éducatif est donc à genoux. Des générations d’écoliers issus des milieux défavorisés ont été sacrifiées sous l’autel du slogan de la « repersonnalisation » factice et démagogique. 
Pour changer les choses il nous faut, si nous sommes sincères, procéder à une véritable réforme structurelle qui conduise à une Ecole moderne, efficiente, avec comme préalable le renoncement à toute idée, à tout projet assimilationniste et hégémonique, sous-jacent.
*Il nous faudra , après cela, articuler certains facteurs :
-Adaptation de l’output aux besoins nationaux et du marché en général ( adéquation formation /emploi ) 
-Association des communautés villageoises à la prise en charge partagée de l’Ecole, 
-Instauration d’une continuité entre formation initiale et formation continue, en paliers
-Adoption de certaines mesures d’accompagnement : (régulation du mouvement des Enseignants du public vers le privé à réorganiser et responsabiliser ; lutte ferme contre le désordre général qui prévaut – à supposer qu’on puisse le faire dans une Administration générale où le désordre et l’absence quasi systématique de suivi sont érigés en norme – , respect de la hiérarchie, de l’ancienneté, restauration de la promotion et du contrôle rigoureux des Enseignants, régulation des détachements abusifs et anarchiques, sanction sévère des absences fantaisistes, rationalisation des moyens etc ).
-Vigilance sur le corps de contrôle ( contrôle, fiche de suivi , formation du personnel , identification des Enseignants fictifs … ) 
-Mais surtout, procéder au rétablissement des bases de justice à l’école en supprimant l’iniquité actuellement en cours entre enfants dans l’acquisition du Savoir ; les Psycho-pédagogues s’accordent unanimement pour dire qu’un enfant qui commence par une langue étrangère accuse six (6) années de retard de scolarité. Les Ecoliers négro-africains faisant face à deux langues étrangères, au sens pédagogique terme, subissent donc un double handicap qui équivaut, logiquement, à 12 années de retard.
Il faut corriger ça !
*-Il nous faut, par ailleurs, clarifier le statut et le rôle attendu de chaque langue dans notre Ecole, à court, moyen et long terme. Pour ma part, je suis pour une Ecole qui parle plusieurs langues, comme la nation mauritanienne – pour un Etat multi-nations fédérateur des langues et cultures- . Les langues maternelles, toutes les langues maternelles, comme facteur d’apaisement des frustrations et tensions, et aussi comme facteur de développement ; le Français ou/et l’Anglais – comme porteur de pensée scientifique –( à un certain niveau), le chinois… Mohamed ould Abdalhaye disait que « la langue maternelle constitue pour tout un chacun l’outil irremplaçable de toute production scientifique effective et le socle de tout esprit créatif ».
-Je suis de ceux qui proposent que chaque enfant commence sa scolarité dans sa langue maternelle, pour aborder dans un 2eme temps une langue nationale seconde, qui serait enseignée comme langue de communication tout court ; L’arabe pour les Ecoliers Negro-africains, le wolof ou le pulaar, ou le soninke, le bambara pour l’arabo- berbère. Cette seconde langue serait affectée d’un coefficient faible de manière à ne pas gêner ou compromettre la progression de l’enfant.
L’instruction civique, morale ou religieuse, l’histoire, seraient enseignées en langues nationales. La philosophie, apte à former la pensée critique, serait enseignée en Français ; Il ne serait pas sain, ni judicieux au regard de l’évolution actuelle des choses, de faire porter l’enseignement de cette discipline par la langue Arabe –tant que celle -ci « n’est pas réformée », et parce qu’elle est en ce moment « récupérée par le courant dogmatique et conservateur en Islam qui rejette la pensée critique et privilégie la répétition à l’identique », selon le linguiste Algérien A Dourari. En effet, ce qui se passe autour de nous et dans le monde actuellement, n’est pas pour rassurer et n’incline pas à la pensée libre, telle que nous la connaissons chez Al Kindi, Averroes, Mohamed Abdou, Mohamed Iqbal… 
Il y aurait lieu de procéder également à des réaménagements pratiques, en supprimant certaines anomalies aberrantes qui ne répondent à aucune logique objective : qu’est-ce que, par exemple, l’instruction civique, morale et religieuse en arabe (coeff 4 ) vient chercher, objectivement, en classe terminale série D ou C, si ce n’est pour pénaliser les uns et constituer un bonus pour les autres ?
Si la baisse de niveau est un phénomène général, elle est davantage plus accusée chez nous, à cause de nos pesanteurs propres ; ce phénomène est davantage accentué, ces dernières années, à cause en particulier, de la dernière réforme porteuse de tous les maux et de toutes les anomalies, sur laquelle il nous faut revenir … 
Sous le couvert d’uniformisation de l’Ecole mauritanienne « qui divise » disait-on ( système à filière -Arabe/bilingue -) , cette réforme fut conçue et mise en œuvre en 2000. Son objectif déclaré était « d’unir » les Ecoliers en leur faisant suivre une seule et même filière ; plus de filière arabe où se retrouvaient quasiment tous les écoliers arabo- berbères, plus de filière bilingue, fréquentée exclusivement par les enfants négro-africains …
Autre attente exprimée à travers cette réforme, la nouvelle Ecole favoriserait la rencontre d’enfants issus de milieu social ou ethnique différent, qui déboucherait sur l’esprit de solidarité, de camaraderie retrouvée, de gestation de la citoyenneté ou du sentiment d’appartenance commune à un même pays, comme par le passé … 
Derrière ces ambitions nobles, mais combien trompeuses, se cachaient, en réalité, des considérations et préoccupations bassement partisanes et claniques. Le souci n’était pas de s’attaquer aux dysfonctionnements du Système en général, mais essentiellement, de trouver une solution, à l’impasse de la filière arabe : Il fallait sauver les Ecoliers, naufragés, de la filière arabe, sans issue ! Filière qui consacrait un échec massif des enfants, sans réels débouchés ni perspectives de réinsertion dans le tissu économique. 
En effet, chez nous la langue française – à la vie dure- était loin d’être morte et ailleurs l’anglais et le Français étaient de rigueur. Pour un étudiant formé donc uniquement en arabe, l’horizon interne et externe était assez rétréci, le champ des possibilités fortement restreint…
Cet échec de la filière arabe – le seul à l’origine de la réforme scolaire actuelle-, s’est illustré, on s’en souvient, par le renvoi dans les années 2000 d’un bon nombre de Professeurs de Sciences et de Mathématique, arabophones, reversés dans la diplomatie, ou affectés à d’autres tâches et fonctions administratives. Soit donc le corps arabophone, soit le médium était mis en cause dans l’enseignement des sciences, soit dit en passant …
La solution choisie fut donc de revenir à l’enseignement de certaines matières de base en Français (sciences et Mathématique ), qui était, jusque- là, réservé à la filière bilingue où se retrouvaient les écoliers négro- africains. D’un coté on levait un écueil – retour du français -, de l’autre on en créait, délibérément, par l’imposition de la langue arabe aux écoliers non arabes, avec de surcroît une langue éclatée en matières multiples affectées de coefficients accrus, accentuant ainsi leur handicap et leur échec massif, à travers une série littéraire totalement arabisée ! L’histoire, la géographie, la philosophie, la langue, l’instruction civique, l’instruction morale religieuse sont dispensées en arabe ! Appliquée brutalement, cette réforme allait pousser des milliers d’enfants négro-africains, pris de court et désorientés, à abandonner massivement l’Ecole.
On a donc réformé, mais en veillant à préserver soigneusement la nature discriminatoire du système qui opérait comme un filtre…Faisant déjà face à deux langues étrangères, -double handicap à surmonter- voilà qu’on multipliait de nouveau les obstacles sur leur chemin, ce qui, nécessairement, affecte négativement, fortement et durablement leur réussite scolaire. Voilà pourquoi , à titre d’exemple, au baccalauréat 2016, niveau national, série C, sur 100 admis on compte deux (2) Négro –africains ! A Kaédi sur 1061 candidats au bac toutes séries confondues il y a 37 admis négro -africains …Djeol compte zéro admis ! Voilà pourquoi dans les examens et concours d’accès à l’emploi les enfants et jeunes négro-africains sont recalés. De 2000 à 2016 les résultats sont tous les ans plus catastrophiques que jamais. L’Equité a déserté notre Ecole dès notre accession à l’indépendance … 
Enseigner nos langues négro- africaines -gage de l’équité et de l’égalité des chances à l’Ecole et en société – n’a jamais, réellement, effleuré l’esprit des réformateurs. Ce fut –et ça le demeure – le cadet des soucis de nos gouvernants ; Il ne le fallait surtout pas, car ce serait « ouvrir la boite à Pandore, affaiblir la suprématie consacrée de la langue arabe, remettre en cause l’arabité de la Mauritanie », compromettre le « rééquilibrage » du rapport de force, en voie de parachèvement …
Tel est l’esprit qui nous gouverne toujours !
Cette actuelle réforme, sabordant au passage l’Institut –performant – des langues nationales, n’a pas moins divisé et l’Ecole et la société mauritanienne. Par ses conséquences directes, des Profs de fac francophones, négro- africains, sont entrain d’être poussés vers la sortie, en voie de chômage technique…Les Profs de Droit, et d’histoire sont actuellement touchés, demain ce sera au tour des Profs de lettres. On devine la suite logique du processus sur l’Université… (et lorsque je parle de l’autre Elite- qui a choisi , pour l’essentiel, de se coucher, je note des grincements de dents !!!
En conclusion, l’uniformisation du Système scolaire actuel, à travers cette réforme dernière, s’est faite au détriment des enfants négro africains, au détriment de l’Unité nationale. En lieu et place de la réconciliation, elle a reconduit et accentué la fracture entre Ecoliers et entre communautés, par ses inégalités. Peut –il, du reste, y avoir réconciliation, restauration de l’esprit de camaraderie sur le socle de l’injustice ?
La baisse de niveau est, il est vrai, à l’échelle régionale, africaine et mondiale, mais elle est particulièrement aiguë chez nous à cause de la série de réformes à caractère idéologique et partisan… 
« Notre pays dont l’unité s’est forgée dans l’épreuve entend sauvegarder cette unité comme son patrimoine le plus précieux. La diversité est une source d’enrichissement, elle ne doit jamais devenir une source de division. Unité dans la diversité, sans doute, unité dans une stricte égalité, des droits de chacun, sans discrimination d’aucune sorte. C’est ce que nous commande une vision de la réalité, une analyse sans complaisance des faits ». 
Ce sont là des propos que tenait M. ould Daddah, mais quel usage en fit-il ? Nous pouvons réussir si nous abordons notre problématique dans un esprit exempt de tout calcul, de tout esprit partisan ou hégémoniste. Nous réussirons à condition d’être mus par le seul désir de construire, une fois pour toute, un système éducatif performant, fonctionnel, efficient , qui servirait l’égalité des chances , offrirait les mêmes opportunités et assurerait au peuple , dans toute sa diversité, développement, bien-être, et harmonie.
Crédit source : Page officielle Facebook de Samba Thiam. 

Un Cri Osé : L’Homme qui s’engage…

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Son opinion, sa « vérité scientifique » est son arme unique..!? 


Il faut toujours garder l’encrage analytique de son cadre de référence qui, quoique subjectif , permet de garder une certaine autonomie « intellectuelle » et d’éviter le suivisme trop tentant mais très inhibiteur au fond . À force de ressasser l’appel à un ESSENTIEL aux contours flous sur la VÉRITABLE SOURCE de nos MAUX multidimensionnels, on risque de taire L’ESSENCE qui prévaut dans nos contrées et prédispose irrémédiablement à des « ESSENTIELS PARTISANS ET ÉGOCENTRIQUES ». Par évidence, on soupçonnerait une TROMPERIE, si aucune réorganisation de notre régime coutumier et sociétal qui régit nos « rapports primaires » , n’est entreprise et qu’on s’évertue d’avoir une VOI(E)X UNIQUE sur le champ revendicatif national. Le joug inadmissible à défaire sur l’échelle nationale, s’est inspiré d’autres segments « régaliens » qui composent nos sociétés respectives. L’activisme pressant et honorable pour le DROIT à l’expression sans entraves de nos différences à l’échelle étatique, ne doit pas s’accompagner d’une indifférence « voulue » aux tares produites INTRA par ces mêmes différences défendues vaillamment. Sachant que les opinions révolutionnaires des uns ici sont mal vues par des réactionnaires assumés alors qu’en même temps ces derniers s’activent auprès des autres pour une unité révolutionnaire ailleurs, on ne peut naïvement confier l’expression de son opinion au premier arrivé auréolé de son supposé backgroud révolutionnaire. Quand on veut porter la casquette révolutionnaire tout en restant réac ailleurs, toute velléité de prioriser s’apparente amèrement à des incohérences qui feront désordre menant à la CASE DÉPART.

K.S

IRA-Mali une association régie par la loi malienne, Note d’information

Vendredi 2 septembre 2016 au siège de la Coordination Nationale de Veille Stratégique et Citoyenne du Réseau Joko Ni Maaya du Mali a été tenu l’assemblée général du bureau provisoire pour la fondation de l’Initiative de la Résurgence du

Mouvement Abolitionniste (IRA-Mali) était présent autour du Président de Réseau d’IRA Biram Dah Abeid :

PRENOMS & NOMS PROFESSIONS

Intazoumé Moussa Dicko Politologue

Maitre Dicko Aminata Traoré Juriste

Daouda Doumbia Membre de JOKO NI MAAYA

Mamadou Tambadou Membre de JOKO NI MAAYA

Méguelé Diallo Enseignant

Pérignama Sylla Professeur

Inamoud Ibmy Yattara Professeur

Moussa Bamba Juriste

Honorable Idrissa Sankaré Député

Cheick Oumar Dembélé Fonctionnaire Parlementaire

Mouaz Cissé Érudit Prêcheur

Messaoud Mohamed lahbib Ancien Ministre

Biram Dah Abeid Juriste

Ousmane Tandia Ambassadeur

Sbeyti Ag Akado Professeur

Dr Hadawa Yattara Universitaire

Dr Almoubade Azoum Universitaire

Mamadou Sangaré Manager Culturel

Alassane Cissé Attaché d’Administration

Kéka koné Chercheur Anthropologie Culturel

Hamada Touré Journaliste

Bocary Katioumbé Enseignant Animateur

Cheick Oumar Tidiani Diallo Membre de JOKO NI MAAYA

Madou Diallo Enseignant

A l’issu de l’assemblée a été décidé :
1. Création d’une Association d’IRA-MALI conformément au droit malien dont le Mandat et la lutte par les voies légales conforme au droit malien et au droit international contre l’esclavage, le racisme, l’oppression des personnes d’ascendance africaine et de toute autre violation de droit ou de la dignité humaine notamment en Mauritanie et Mali.


2. Création d’une commission technique dirigée par l’Honorable Idrissa Sankaré député au parlement Malien qui se chargera de la préparation du Statut et Règlement Intérieur de l’Organisation.

3. La désignation d’un Coordinateur provisoire El Hadj Tandina

– Un Responsable des affaires administratives Sbeyti Ag Akado

– un Responsable de la Communication Maître Dicko Aminata Traoré
Source crédit : Mouvance abolitionniste IRA. 

​Bélinabé, chronique d’une spoliation

Kassataya – Le village de Bélinabé, situé à 7 km de Kaëdi dont il est partie intégrante de la commune, se débat depuis quelques semaines dans un de ces conflits fonciers désormais typiques de cette vallée du fleuve Sénégal soumise aux assauts des agrobusinessmen chasseurs de terres. 
L’histoire, aux dires des villageois rencontrés par Mody CISSE, Secrétaire général de l’Ajd-mr en séjour dans la région, remonte à 2014. Un bon jour, les villageois constatent que leurs anciens champs de culture se situant dans le Dieri proche (zone de culture sous pluie non inondable) sont désormais quadrillés par un grillage. Il s’agit d’un terrain d’une vingtaine d’hectares entre le poste de police de Bélinabé et le village de PimpaYel. 
Renseignement pris, il s’avère que c’est la richissime famille Ould Veten qui occupe les lieux. En 2015, une délégation du village composée notamment de Mamadou Demba Diallo (conseiller municipal) Mamadou Diouni SY plus d’autres notabilités se rendent à Kaëdi auprès de monsieur Coulibaly responsable des Travaux Publics, en vue de se renseigner sur les raisons de cette occupation. Celui-ci affirme ne pas être informé de la situation.
Il leur signifie par ailleurs, qu’à sa connaissance, depuis 2007 aucun titre foncier n’est attribué. Dans le courant du mois de ramadan dernier, les jeunes du village jugeant les anciens un peu timorés, décident de prendre la situation en main. Ils enlèvent le grillage qui entourait les champs et le gardent. Les autorités locales réagissent énergiquement. 
Des policiers sont envoyés sur place. Le fils de l’imam du village est mis aux arrêts et conduit à Kaëdi. Les jeunes se réunissent et prennent la décision de se rendre à Kaëdi pour réclamer la libération de leur camarade. Après la mobilisation des notables du village, le jeune est libéré. 
Les jeunes villageois se réunissent avec les anciens et leur demandent de prendre leurs responsabilités par rapport à la situation. Ayant eu vent de cette rencontre, le préfet Isselkou Ould Mohamed Sghaïr convoque les notabilités du village.
Une délégation composée entre autres du chef du village, Racine Anne, de l’imam Kalidou Dahirou Anne et du conseiller municipal de Bélinabé monsieur Diallo se rend à Kaëdi. 
Sont également présents à cette rencontre, Monsieur Coulibaly responsable des TP, le chef de brigade et le commissaire de police. Après avoir entendu l’exposé des représentants du village, le préfet informe la délégation de l’existence d’une commission chargée de régler les litiges fonciers dans le département présidée par lui-même. 
Il reproche aux villageois d’avoir agi sans en référer à l’administration et leur intime l’ordre de restituer le grillage qui avait été enlevé du terrain occupé par la famille Ould Veten. 
Lorsque les notables insistent sur le fait que le terrain en question se situe sur leurs terres de culture, le préfet leur demande de fournir un document attestant de ce fait, expliquant par ailleurs que le document en possession des villageois datant de 1911 ne concernait que les terres du Walo (zone inondable). 
C’est alors que les notables rappellent au préfet que de toute façon ce terrain se situe dans le rayon de 5km autour du village, normalement non attribuable car reconnue comme espace vital des villages par la loi. Mais rien n’y fit, monsieur Isselkou Ould Mohamed Sghaïr réitère son ordre de voir le grillage restitué à la famille Veten. 
De retour au village, la délégation rend compte de son entretien avec les autorités. Le vendredi 12 juillet 2016, les jeunes, remontés par cette décision qu’ils jugent injuste, décident alors de se rendre sur les lieux pour cultiver ce qu’ils considèrent toujours être leurs champs de Dieri.. 
Une fois sur place, ils constatent que la famille Ould Veten a remis à nouveau un grillage et des piquets autour du terrain. Ils décident de protester. Certains jeunes commencent à enlever les piquets. 
Informé de la situation, le préfet envoie sur place la police. Cette fois-ci les forces de l’ordre viennent en nombre suffisant pour encercler le village de Bélinabé qui est bombardé de grenades lacrymogène. 7 personnes sont arrêtées. Le samedi 13 juillet le préfet Isselkou Oul Mohamed Sghaïr, au lieu de chercher à tempérer la situation, demande à la famille Veten de continuer les travaux sur le terrain. 
Comble d’arrogance, chaque matin, il se déplace en personne en superviseur pour s’assurer que rien n’empêche l’occupation de se dérouler comme prévue. Face à cette situation, et en l’absence de tout soutien, même pas de la part des élus locaux, tous inscrits aux abonnés absents (mis à part le maire de Kaëdi Thiombé et son conseiller municipal Diallo originaire du village), les villageois décident de déposer une plainte pour spoliation. 
Entre temps les 7 personnes arrêtées ont été relâchées, mais la famille Veten continue d’occuper le terrain sous la protection active de monsieur le préfet monsieur Isselkou ould ohamed Sghair. 
Affaire à suivre… 
Bocar Oumar BA
Crédit source : http://www.kassataya.com

Série ​des biographies des 13 détenus d’IRA : Diop Amadou Tijane, Vice-président de IRA

«Au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat »
Le dicton dit qu’un «con qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis». L’évolution du monde s’est bâtie à coups de sacrifices pour un idéal qui transcende l’humain. Diop Amadou Tijane est, d’après ses amis et proches, «de la trame de ses intellectuels qui ont fait de la lutte pour les droits humains un sacerdoce, troquant la tranquillité d’une chaire d’Université aux rudesses d’une cellule de prison à Dar Naïm ». Condamné à 15 ans de prison le 18 août 2016 pour son implication présumée dans des troubles sociaux à Nouakchott (Affaire de la Gazra Bouamatou), Diop Amadou Tijane, qui est vice-président d’une organisation antiesclavagiste IRA,  «rejoint ainsi le Panthéon des grands combattants de la liberté et des causes justes » selon ses partisans. Mais pour le ministère public et la justice mauritanienne, «sa condamnation est amplement justifiée par son implication en tant que planificateur des violences dans l’affaire Bouamatou ». Parmi ses anciens amis d’IRA qui ont fait défection, notamment Dr.Saad Ould Louleid, «il fait partit de l’aile flamiste qui s’est emparée d’IRA pour déstabiliser la Mauritanie». 
Professeur à l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises (ISCAE) et au Sup Management ISIKOUMINIK de Nouakchott et ISI de Dakar, cadre auditeur de plusieurs institutions financières mauritaniennes et sénégalaises, Diop Amadou Tijane est membre de plusieurs ordres d’experts fiscaux, doctorant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et détenteur de plusieurs diplômes supérieurs, dont un DEA en droits des affaires économiques, un diplôme spécialisé en Ressources Humaines, un DESS en Audit comptable fiscal et financier et un DESS en gestion option Finances, après une maîtrise en Analyse économique décroché à l’Université de Nouakchott.

Le combat politique



Diop Amadou Tijane a entamé le combat politique sur les bancs des universités pour avoir été plusieurs fois délégués des étudiants, puis vice-président de l’AMESE (Amicale des étudiants en Sciences économiques en 1996), président de l’association JEUN (Junior entreprise université de Nouakchott en 1997) et puis, président de la Commission d’organisation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2000.

C’est en 2003, que Diop Amadou Tijane se lancera dans la politique informelle, en présidant le Collectif pour le Changement et l’Alternance (CCA), un mouvement de cadres mauritaniens pour le soutien de la candidature de Mohamed Khouna Ould Haïdalla. Durant cette présidentielle de 2003, il fera partie du directoire de la campagne de la jeunesse du candidat. En 2007, il co-préside en tant que vice-président, le Mouvement pour la Réconciliation Nationale (MRN) pour le soutien du candidat Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de la première transition démocratique en Mauritanie.

C’est d’ailleurs au cours de la même année qu’il entrera d’une manière plus formelle dans le combat politique, en devenant vice-président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie-Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) que Sarr Ibrahima venait de créer, lors de son 1er congrès des 17 et 18 août 2007. L’année suivante, il est élu président de la Commission nationale d’implantation du parti.

Du combat politique aux droits sociaux



Délaissant le terrain de la lutte politicienne, Diop Amadou Tijane s’engage dans le combat pour les droits sociaux. Il rejoint le mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) un peu après sa création, en 2009, en intégrant le premier bureau exécutif du mouvement en tant que Secrétaire chargé des relations avec la diaspora. 

«Au moment de la création de l’IRA, j’étais vice-président de l’AJD/MR » raconte-t-il, soulignant avoir adhéré à ce mouvement par conviction. «C’était l’organisation qui me paraissait à l’époque la seule à répondre à mes exigences de lutte contre toute forme de discrimination et qui de surcroît véhicule le message de mon idéal pour la Mauritanie, un pays débarrassé de toute forme d’injustice et d’exclusion » fait-il remarquer. En plus, Diop Amadou Tijane ajoute que IRA «recoupait une de mes vertus car j’ai l’habitude de dire que j’ai trois vertus : je crois en Allah, je crois en l’amitié et aux valeurs humaines, j’ai horreur de l’injustice et de la discrimination». Ainsi, pour lui, «au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat».

Ce n’est qu’en 2014, que l’opinion publique nationale découvre Diop Amadou Tijane. Il avait pris en main la Direction nationale de la campagne du candidat Birame Dah Abeid à la présidentielle boycottée à l’époque par l’opposition. Il termina en 2ème position, juste derrière le Chef de l’Etat sortant, créant la surprise.

Depuis lors, Diop Amadou Tijane est à l’avant-garde du combat mené par le mouvement IRA contre l’esclavage, les discriminations et les injustices sociales. Invité plusieurs fois sur les plateaux des télévisions privées, «il a su déployer un talent d’orateur hors pair, avec la modération et la retenue propre à l’intellectuel qu’il est » reconnaît ses amis d’IRA.

Lors de l’emprisonnement et la condamnation de Birame Dah Abeid et de son vice-président Brahim Bilal Ramadan le 15 janvier 2015, suite à la «Caravane contre l’esclavage foncier », il participa sans ménagement au combat pour leur libération, animant toutes les conférences de presse à côté du collectif des avocats de la défense. Il fut l’un des rares cadres du mouvement IRA qui n’a jamais intéressé les limiers du pouvoir, jusqu’à ce fatidique 29 juin 2016.

Son arrestation telle qu’il la raconte



«La journée du 29 juin, j’étais en train de travailler dans mon bureau jusqu’à ce qu’on m’apprenne par un coup de fil d’un ami, Thierno Barro, que quelque chose se passait en face de l’hôpital ophtalmologique Bouamatou. Je suis resté dans mon bureau jusqu’à 16 h 30 mn avant d’aller donner mon cours à ISIKOUMINIK. Je n’étais pas véritablement informé des événements dont m’avait parlé mon ami Barro. Le lendemain à 8 h sans mandat, six personnes vêtues en civils font irruption dans ma maison et me demandent de les suivre puisque je suis en état d’arrestation. Avant de me conduire vers une prison secrète conçue spécialement pour des terroristes. Une fois dans ma cellule, mes pieds étaient ligotés par des chaines et cadenas et 3 portes blindés se refermèrent derrière moi ».

«Plus magistral fut son intervention devant la Cour, pendant ces deux semaines de procès au cours desquelles, tant de procédures furent bafouées et tant de compromission furent dévoilées » fera remarquer son ami Wane. Le verdict du 18 août 2016 était pour lui bien clair. «Il est dicté par l’Exécutif qui commande le judiciaire dans tous les procès politiques ». Ce verdict, selon lui, vise «à entraver la liberté d’action du mouvement IRA et limiter la portée de sa légitimité politique ». Peine perdue, relève-t-il en substance, «car lui et ses camarades de cellule, sont déterminés à poursuivre leur combat et que rien ne saurait compromettre notre détermination à le poursuivre» dira-t-il.
Ce Rossossois d’origine Maghaméen



C’est le 16 février 1969 que Diop Amadou Tijane a vu le jour à Rosso. Son père, Diop Abou Demba, y servait comme instructeur au centre de formation militaire. Après sa retraite en 1974, la famille rejoignit son terroir d’origine, Maghama à l’autre bout du Fleuve Sénégal, pour s’y établir définitivement. Le petit Diop Amadou Tijane, comme tout bon Foutanké devait suivre l’apprentissage du Coran dans l’école de Thierno Saidou Ourdougal (Paix à son âme).

L’année suivante, il fit son entrée à l’école primaire de la ville tout en continuant ses études coraniques pendant sept ans, jusqu’à son entrée en 1ère année de collège. Dans la filière technique du lycée de Maghama, il sort major de tout le département.

Diop Amadou Tijane a toujours été fier de son père, Diop Abou Demba qui avait servi avec loyauté et abnégation son pays, la Mauritanie. Né en 1930 à Maghama, Diop Abou Demba s’était engagé à l’âge de 20 ans dans l’armée française. Après sa formation à Dakar Bango à Saint-Louis du Sénégal, il sera embarqué vers la France et participa à la campagne du Vietnam dans les années 1954. De retour en Mauritanie, il servit au sein de l’armée nationale, à Bir-Moghreïn puis à l’Etat-major des forces armées, surtout au centre de formation militaire de Rosso comme instructeur spécialisé en artillerie lourde. Plusieurs générations d’officiers et de sous-officiers sont ainsi passés entre ses mains, à l’image du colonel Cheikh Sid’Ahmed Babamine qui le remplacera plus tard dans son poste.

L’adjudant-chef Diop Abou Demba sera brutalement frappé de cécité et sort des rangs alors qu’il n’avait que 44 ans. Il fut admis d’office à la retraite. Parmi ses promotionnaires de l’armée nationale, le colonel Anne Amadou Babaly, dont Diop Amadou Tijane porte d’ailleurs le nom, mais aussi Yall Abdoulaye, Souedatt, Niang Ibrahima…D’autres parmi ses promotionnaires ont trouvé la mort durant la guerre du Sahara. Au niveau africain, Diop Abou Demba a eu comme promotionnaires de futurs Chefs d’Etat, comme Moussa Traoré du Mali, Aly Seybou et Seyni Kountché du Niger, André Collimba et Jean Bedel Bokassa de Centre Afrique ou encore Mathieu Kerekou du Bénin. 

Diop Amadou Tijane est décrit par ses amis et ses collègues comme un patriote qui aime son pays, d’où son refus de succomber aux sirènes de l’expatriation alors que son back-ground lui offre grandes ouvertes les portes des universités à l’étranger. Ce père de deux enfants, a toujours été écartelé entre son idéalisme politique et son rigorisme scientifique. Du haut de ses 1,80 mètre, «ce grand garçon à l’air toujours jovial est plus présent sur le terrain de la réflexion et du management que sur celui de l’action » selon ses proches. «C’est un ouvrier de l’ordre social qui ne met pas directement la main à la pâte, mais conçoit l’architecture à bâtir» souligne son ami Konté. De là à associer Diop Amadou Tijane à une quelconque action violente, tous les avis sont unanimes. Sow Alioune, son camarade de combat au sein de l’IRA est formel, «Diop Amadou Tijane n’est pas un homme de terrain, et tout comme les membres de notre organisation IRA, notre combat s’est toujours inscrit dans la non-violence et l’action pacifique ».

La thèse des détracteurs



Les détracteurs du mouvement IRA sont nombreux et les plus hargneux sont, paradoxalement, leurs anciens amis qui ont fait défection. Ces derniers considèrent que le mouvement IRA a été récupéré par les Halpulaars flamistes pour d’une part, en faire un subtil tremplin pour leurs candidats à l’émigration et d’autre part, pour en faire une arme de vengeance contre les Maures. Ces derniers sont tenus comme responsables à leurs yeux des épurations ethniques qui ont particulièrement visé leur communauté durant les années de braise. Diop Amadou Tijane est ainsi cité par ses détracteurs comme l’un «des Flamistes, artisans du complot visant à déstabiliser l’Etat mauritanien en préparant les terreaux de la guerre civile sur la base des tensions ethno-communautaires en se servant du mouvement IRA comme cheval de Troie». 

Dr.Saad Ould Louleid, ancien porte-parole du mouvement IRA, a publié plusieurs diatribes sous forme de déballage, révélant ce qu’il considère être «les secrets coupables du mouvement IRA ». Pour prouver le double jeu du mouvement sur le plan international et sur le plan national, il a personnellement accusé Diop Amadou Tijane d’avoir perçu lors de la campagne présidentielle de 2014 un montant de 7 millions d’UM versés par des proches du pouvoir pour soutenir la campagne de Birame Dah Abeid. 

Durant son réquisitoire pendant le procès sur «l’affaire de la Gazra Ould Bouamatou » qui a valu à Diop Amadou Tijane une peine de 15 ans de prison, le Ministère Public accuse ce dernier d’avoir été l’un des planificateurs des troubles ayant conduit à l’attaque contre les policiers, attaque qui s’est soldée par la blessure de plusieurs policiers (dont certains dans un état grave) et l’incendie de leur véhicule.  

Thèse que la défense a balayé d’un coup de toge, estimant que non seulement, les preuves de telles accusations étaient inexistantes mais aussi que la Cour a commis deux fautes de procédure, en violant d’abord l’article 278 du Code des procédures pénales qui interdit l’introduction de tout matériel photo ou audiovisuel en salle d’audience, et ensuite, de n’avoir pas pris les dispositions prévues par la loi sur la torture, en refusant de prendre en compte les plaintes déposées par Diop Amadou Tijane et ses compagnons pour sévices et traitements cruels inhumains dégradants.

Crédit Source : Cheikh Aidara, journaliste via la page Facebook les 13 détenus d’IRA 

​COMMUNIQUE CONJOINT COALLITION LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE AU MALI-IRA


L’an deux mille seize et le 31 Aout s’est tenue au siège de Temedt à Bamako une rencontre entre la coalition de lutte contre l’esclavage au Mali regroupant une centaine d’associations et d’ONG de lutte pour les droits et une délégation de l’IRA conduite par son Président M. Biram Dah Abeid.

Les représentants de la Coalition après avoir écouté le Président de l’IRA qui a développé la situation des droits humains en Mauritanie a tiré les conclusions ci-après :

– Elle demeure sérieusement préoccupée par la situation des Défenseurs des Droits Humains en Mauritanie.

– Elle est particulièrement consternée par l’incarcération de 13 membres de l’IRA qui n’ont rien fait que de défendre suivant la loi de leur pays les victimes de l’esclavage.

La Coalition nationale de lutte contre l’esclavage au Mali réaffirme son soutien à l’IRA dans sa lutte contre l’Esclavage en Mauritanie et demande au Gouvernement mauritanien :

– De libérer sans délai les membres de l’IRA en prison.

– Mettre fin à toutes formes d’exaction, d’intimidations et de menaces contre les défenseurs des droits humains, singulièrement, ceux qui luttent contre l’esclavage.

– Permettre la jouissance totale du droit à la liberté d’association, de réunion, de manifestation, d’opinion et autres droits de l’Homme connexes à toutes les organisations, politiques y compris, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux de la Mauritanie.

Liste des Organisations membres Coalition nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

N° Structure Localité Contact

1 Temedt Bamako 76 39 90 05

2 UFMDD Bamako 76 47 38 87

3 CAFO Bamako 63 78 40 28

4 Confession Religieuse Bamako 76 23 74 85

5 Journal Le Républicain Bamako 76 41 94 08

6 APAFE MUSOW DEMBE Bamako 66 58 47 24

7 Radio Kayira, Bamako 76 03 40 82

8 AMDH Bamako 66 63 32 32

9 RJPRODH Bamako 66 55 08 27

10 CAD/Mali Bamako 66 71 42 85

11 LJDH Bamako 76 02 50 71

12 AJM Bamako 66 78 82 13

13 FECONG Bamako 66 71 26 24

14 Journal Info Matin Bamako 76 43 97 92

15 CNDH Bamako 66 81 90 38

16 FOSC Bamako 66 75 26 24

Bamako le 31 Août 2016

La Coalition Nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

30-08-2016 18:00 – L’esclavage dans les espaces villageois Soninkés du Guidimakha



UFCM
– Cet article est les résultats des enquêtes de terrain par observation, entretien et vécu. Il traite la question de l’esclavage en Mauritanie particulièrement chez les Soninkés dans la région du Guidimakha. Le Guidimakha, 10ème région de la Mauritanie, est constitué de soninkés, peulhs et maures.

Selon différentes statistiques administratives montrent que les soninkés sont majoritaires dans cette région. Il est composé aujourd’hui des villages ethniques et tribaux dont le nombre reste indéterminé car de nos jours de nouveaux villages apparaissent ; de trois départements et une capitale régionale (Selibaby).

L’idée pour répondre à cette question jaillit à travers un certain nombre de thèses qui opposent trois groupes les anciens esclavagistes, le pouvoir et les anciens esclaves. D’une part, les anciens esclavagistes disent que l’esclavage n’existe pas.

D’autre part, les institutions modernes de l’Etat, c’est-à-dire le pouvoir conteste l’existence de l’esclavage et parle des séquelles ce qui ne l’empêche pas de faire de lois antiesclavagismes. En fin, les anciens esclaves parlent de séquelles et de la pratique de l’esclavage. Tels sont les principales thèses dont cet article tente de répondre dans la région du Guidimakha.

Bref, il s’agit dans ce travail, de présenter la situation de l’esclavage dans la région du Guidimakha. Pour traiter la question de l’esclavage, nous nous somme intéressés à définir qu’est ce qu’un espace villageois soninké contemporain, ensuite les coutumes (les lada) et, les railleries et les plaisanteries chez les soninkés.

Un espace villageois soninké contemporain

Un village soninké contemporain est dirigé par le chef de village. Les villages précoloniales, les chefs étaient entouré par des ainés composé de notables, parents et issu de statu libre « Horo », de clients « Nyaxamala » des esclaves de confiances « Komo-khoro ».

Les traditions politiques et sociales remontent aux anciens royaumes et consistent essentiellement en une légende portant sur la formation, la richesse et une série de dyamu (patronymes claniques) et des titres attachées aux fonctions dirigeantes. L’espace villageois soninké contemporain est composé que des soninkés fermés sur eux mêmes, descendant d’un même ancêtre commun où plus généralement ayant une même origine, possédant une culture homogène et parlant une langue commune, et également une unité politique. La manière de penser, d’agir et de sentir, de ses membres est basée sur le système traditionnel.

L’appartenance à un village contemporain soninké dépend de la filiation patrilinéaire. La tribu et le clan ne permettent plus d’habiter à un village soninké. La terre est une propriété collective chez les soninkés malgré que la loi de 83 aboli les propriétés traditionnelles. Les villages soninkés institutionnalisent les lada pour que l’esclavage demeure.

2. Les coutumes (les lada) comme système d’institutionnalisation de l’esclavage chez les soninkés

Selon le dictionnaire Toupie : « une coutume est un usage établi devenu une règle, une pratique collective. Elle peut concerner les mœurs, la manière de vivre d’une société, les croyances, la culture, les comportements dans certaines situations, discours, etc. ».

De nos jours, les fonctions sociales chez les soninkés sont reparties entre les individus selon le statut et le rang social. Les villages sont dirigés par la chefferie traditionnelle et l’imamat reste toujours une propriété d’une famille où d’un clan.

Si les autres n’ont pas accès ces fonctions, forcement il y a une cause et une croyance derrière ce refus. Dans son ouvrage anthropologie de l’esclavage 1998, Claude Meillassoux affirmait qu’« il n’y a esclavage en tant que système social, que s’il se constitue une classe distincte d’individus relevant d’un même état et se renouvelant de façon continue et institutionnelle, de telle sorte que les fonctions que remplit cette classe étant assurée en permanence, les rapports d’exploitation et la classe qui en bénéfice ce renouvellement aussi, comme telles, régulièrement et continûment ».

Soulever la question de l’esclavage un milieu soninké comme d’ailleurs chez tout le peuple mauritanien brule de lèvres et fait des réactions très vives souvent même considérée comme un crime, un pêché, etc. Celui qui parle de l’esclavage, il est l’ennemi, le criminel et celui qu’il faut éliminer pour l’Etat et les esclavagistes.

Qu’en est-il de l’esclavage chez les soninkés ? Les réponses liées aux questions de l’esclavage sont mystiques chez les soninkés : « hado o’wara kundu » – hado c’est à dire ’vous’’ ; c’est vous est l’ennemi qui parle de l’esclavage et o’wara kundu veut dire laissez nous ainsi.

La réponse est : O’kou komakhou n’to makha – il n’y a pas d’esclavage. En effet, la seconde réponse qui suive généralement est : O’kou ladalemakhou yani o’makha ta – ce qui veut dire – Il n’y a que les coutumes.

Meillassoux ajoutait que pour « concevoir l’esclavage comme système, c’est-à-dire éventuellement comme mode de production, il faut qu’il y’ait continuité des rapports esclavagistes, donc que ces rapports se reproduisent organiquement et institutionnellement d’une manière telle qu’ils préservent l’organisation sociopolitique esclavagiste, donc qu’ils mettent en relation des groupes sociaux dans un rapport spécifique et sans cesse renouvelé, d’exploitation et de domination ».

Le système social soninké est pensé comme un idéal. Les soninkés disent : soninkakhou n’me tadou : ce qui veut dire qu’il n’existe pas un modèle pareil à celui de soninké où même un système qui peut égaler à leur système. Ce qui est tout à fait normal. Je ne sais pas où veulent-ils trouver un système social comme celui de soninkés si ce n’est pas chez les soninkés ? Ils disent aussi : O’kou soninko barékanianoya : ce qui veut dire les soninkés sont un peuple béni. Ce qui est une folie totale. Les autres sont maudits.

Quelques éléments du système social soninké : La phrase qui marque le plus est : khoro on tokho o’mokho bawoni o’mokho ké minta dou : ce qui veut dire : rester comme ils sont et parce qu’il n’existe aucun modèle qui peut égaler à le leur. Qu’en est-il vraiment de ce système ?

Le système social soninké a ces tunkalemmu, modilemmu, komolemmu, diarilemmu, et tagalemmu. Dans ce groupe chacun doit occuper une fonction particulière dans la société soninké. L’enfant est son père. Il est son père parce qu’il doit faire et accepter ce que son père fit. Avoir un père tunkalemé, komolemé, diarilemé est refusé d’être cela, signifierai pour les soninkés n’est pas reconnaître son père. Certains aillent jusqu’à dire si tu ne veux pas être un modilémé, un komolemé, un diarilémé, etc. il faut changer de père. Une personne qui a toute sa conscience ne parlera pas ainsi certainement.

La danse et les instruments de musique sont permis pour le folemmu ce qui veut dire les êtres inférieurs. Un tunkalemmé peut danser ça passe. Les modililemmu sont interdits à danser, toucher aux instruments de musique, etc. ils doivent être dans les écoles coraniques, la mosquée, etc.

D’où viennent ses ordres qui disent que tel doit frapper le tam-tam, tel doit danser, tel doit être à la mosquée. Ce ne sont certainement pas des ordres qui viennent d’Allah, étant donné que la région dont il est question est musulmane. Il s’agit d’une pire folie.

Les mots grossiers sont autorisés pour les griots, les forgerons, les komos et quelques tunkalemmu. Nous vivons dans quel monde pour faire croire de telles âneries.

Il est tout à fait normal et légitime qu’ils disent qu’on ne trouvera pas une société comme la leur. Comment les soninkés veulent-ils avoir une telle société inégalitaire ailleur si ce n’est pas chez eux. Le socialiste Joseph Fourrier et le communiste Karl Marx ne disaient-ils pas que toute différence est une inégalité et qu’il faut les supprimer. Quant à l’utilitariste Bentham disait la différence se justifie par le travail, le talent et la réussite. On supprime les inégalités qui si elles altèrent l’optimum commun.

3. Les blagues et les plaisanteries comme normalisation de l’esclavage chez les soninkés

Dans son ouvrage intitulé La psychopathologie de la vie quotidienne, Freud étudie un ensemble de faits et gestes jusque là considérés comme gratuits et insignifiants mais qui se révèlent très importants dans la compréhension des conflits de la personnalité. La théorie des actes manqués a permis de mieux comprendre l’homme qui est un être extrême complexe.

Les plaisanteries se manifestent sous la forme de propos satiriques destinés à faire rire. Cet aspect fait la plaisanterie est le plus souvent perçue comme un moyen de détendre les individus. Freud va démonter que la plaisanterie une manière socialement acceptée et codifiée de dire ses intentions et ses aspirations les plus profondes.

Les blagues sont aussi une forme de railleries sans méchanceté, ce caractère leur ôte toute forme de condamnation. Freud va pourtant démonter également que les blagues sont une manière voilée de dire la vérité, qui, si elle était sans voile serait condamnée socialement ou moralement.

Quelques exemples des plaisanteries et des blagues :

n’komolémé li yéré : mon esclave vient ici. n’komé ! mon esclave !

n’komé hatayé débéri : mon petit esclave fait du thé.

koudé an kama wa séféné : tais toi ton maître parle.

komé do andiri ani i kama koutanaya : un esclave avec une maison un béton va contredire son maitre.

koudé an komé séré man tiridi : tais-toi, on ne t’a pas sonné esclave.

an ké komé niani : toi t’es un esclave

komé féti goundalema : n’est pas parlé les secrets avec un esclave.

komé féti soukalé sobé : l’esclave n’est pas un bon compagnon.

komé khani man tou : quel rapport entre esclave et le savoir.

Eh diarré garé wara : griot arrête de mentir.

modi n’do delilé : marabout avec un pouvoir sacré

kagoro digammé : parole de guerrier

modi n’do goundo : marabout avec les secrets

C’est vraiment fatigant et insensé d’entendre ça tous les jours. Tellement de choses insensées, insultantes, inhumaines et humiliantes qu’on attend tous les jours et on laisse passer sans rien dire. C’est vraiment la honte. Il ne s’agit pas de simples blagues où plaisanteries mais une manière de pouvoir exprimer une croyance.

En vérité, les soninkés sont la pire de l’espèce humaine attaché à l’esclavage, aux pratiques esclavagistes, à de mythes et à de pouvoirs imaginaires. Le rappel de la conscience collective est rappelé par les griots font de tous les descendants d’un guerrier à des guerriers, d’un marabout à des marabouts, d’un esclave à des esclaves. Alors que ces descendants guerriers ne peuvent maint pas maniés une arme, où encore ces descendants de marabouts ne peuvent maint pas lire un verset du coran.

Ils utilisent les plaisanteries et les blagues pour exprimer leurs intentions et leurs croyances les plus profondes. A travers les plaisanteries et les blagues ; ce que quand soninké est capable d’exprimer des anciens esclaves et de lui faire faire, c’est vraiment de l’inacceptable qui est devenue acceptable. Les deux techniques de langage voilent la vérité sur l’esclavage et permettent de traiter quelqu’un d’esclave et le faire travailler sans salaire.

En conclusion, la situation en Mauritanie est très urgente. Les pratiques inhumaines tuent la société mauritanienne. L’immobilité sociale est devenue la norme puisque considérée comme la norme, devenue naturelle et perpétuelle. Chaque citoyen doit prendre compte de la gravité de la situation du pays.

Signé : B.D


Crédit source : http://www.cridem.org 

Commune de DAFORT, la jeunesse agit par l’action sociale et citoyenne. 

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L’AJDD ENTAME UNE  ACTION SOCIALE ET CITOYENNE À DAFORT À PARTIR DE CE 26 AOÛT 2016.
L’Association des Jeunes de DAFORT pour le Développement par sa section principale basée à Nouakchott, se rend à DAFORT aujourd’hui pour animer la deuxième édition de sa Semaine Citoyenne. Tôt ce matin du vendredi 26 août 2016, une douzaine de membres de l’association sont partis de Nouakchott pour le village. Il est au programme, plusieurs activités sociales, culturelles, sanitaires et environnementales lors de ce rendez-vous annuel très attendu par les ressortissants de DAFORT. À l’heure où nous écrivons ces lignes, leur convoi est en route en toute sérénité vers DAFORT. La délégation est conduite par Monsieur Cheikhou Oumar Camara, le président en exercice de l’AJDD.  Nous espérons vous faire part de la suite des activités dans les prochains jours en fonction des éléments communiqués depuis DAFORT Insh’Allah.
-K.S-

​Indignations sélectives par Venance Konan, un célèbre journaliste ivoirien.

Il est entendu que l’esclavage est l’une des pires choses qui soient arrivées au continent africain. Nous frissonnons d’indignation chaque fois que nous pensons à tous ces êtres, nos ancêtres, arrachés à leur terre, notre terre, transportés dans des conditions inhumaines sur un autre continent où ils étaient ravalés à un rang pire que celui des animaux. Nous tremblons de colère en lisant le « Code Noir » édicté par la France sous le règne de Louis XIV, pour régir les esclaves et qui les considérait comme de simples objets. Oui, la traite négrière a vidé le continent africain de ses bras les plus valides et elle n’est pas pour rien dans la situation de pauvreté généralisée que vivent nos pays. Nous avons toutes les raisons d’en vouloir à l’Amérique et à l’Europe qui ont bâti leurs économies avec la force des bras de nos ancêtres. Aujourd’hui nous réclamons réparation en espèces sonnantes et trébuchantes pour le mal qui nous a été fait.

Ce qui est étrange est que notre colère n’est dirigée que contre l’Europe et l’Amérique, et nous oublions sciemment que l’esclavage fut aussi le fait de ceux que nous appelons nos cousins, lorsque nous partageons les mêmes galères en Europe, à savoir les Arabes. Notre cousinage s’arrête en Europe, lorsque nous sommes face au Blanc, mais il en est autrement lorsque nous sommes dans le monde arabe. De la Mauritanie au sultanat d’Oman en passant par le Maroc, la Tunisie, le Soudan, l’Arabie Saoudite, l’esclavage fut pratiqué à grande échelle pendant des siècles. Les séquelles de cette traite en sont la présence, de nos jours, d’importantes populations noires dans ces pays, et les discriminations dont elles sont toujours victimes. Le mot couramment utilisé pour désigner les Noirs Africains dans bon nombre de pays arabes signifie « esclave ». Dans un pays comme la Mauritanie, qui se trouve en Afrique de l’ouest, à côté du Sénégal, l’esclavage ne fut officiellement aboli qu’en 1981. Et en 2014, c’est-à-dire il y a deux ans, l’ONG Walk Free estimait qu’il y avait encore 4% d’esclaves, soit environ 150 000 personnes au sein de la population du pays. Il est vrai que le 13 août 2015, le parlement mauritanien avait adopté une loi considérant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Cependant, le 20 août 2015, c’est-à-dire une semaine plus tard, c’est Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte anti-esclavage qui était condamné à deux ans de prison, pour avoir réclamé la fin de l’esclavage. En 2000, au moment où Mouammar Kadhafi militait pour la création de l’Union africaine, les Noirs subsahariens qui vivaient dans son pays étaient victimes de terribles pogroms dans le silence assourdissant des chefs d’Etat et des intellectuels africains. Au moment de la chute de Kadhafi, les Noirs Africains qui vivaient dans son pays furent massacrés par les forces rebelles du pays. Et depuis que l’organisation terroriste Etat Islamique s’est emparée d’une partie du pays, c’est l’enfer pour les Noirs Africains qui y vivent. Et bon nombre d’Africains qui empruntent les bateaux de fortune pour tenter de traverser la méditerranée au péril de leur vie le font pour fuir cet enfer. Il y a quelques mois, ce sont tous les Noirs Africains d’une ville algérienne qui ont été victimes d’un autre pogrom. 

Toutes ces informations sont régulièrement données dans la presse, mais rien de tout cela ne nous émeut. Jamais nous n’avons organisé de manifestations pour protester contre l’esclavage qui est encore pratiquée dans un pays comme la Mauritanie. Malgré la pratique de cette abomination, ce pays fut membre de la CEDEAO jusqu’à ce qu’il décide lui-même de la quitter, pour rejoindre l’Union du Maghreb arabe. Il est toujours membre de l’Union africaine qui ne lui a jamais demandé de faire encore plus d’effort dans sa lutte contre l’esclavage. Nous n’avons jamais manifesté contre les discriminations dont sont victimes les Noirs dans les pays arabes, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid. On a l’impression que pour nous Africains, ce qui se passe dans ces pays arabes dont certains se trouvent sur notre continent est une sorte de folklore local dont il ne faut surtout pas se mêler. Il s’agit pourtant de la dignité d’êtres humains, de notre dignité à nous autres Africains, qui subissons aussi ces discriminations et vexations lorsque nous nous rendons dans ces pays. 

Nous ne doutons pas un seul instant de la volonté des gouvernements de ces pays de mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses profondément ancrées dans les mentalités. Nous les aiderions mieux en manifestant nous aussi de temps à autre notre indignation, en leur mettant la pression, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid en Afrique du sud. Mais je crois que la vérité est que notre indignation dépend de celle de l’occident. Quand il s’est indigné contre l’esclavage qu’il avait lui-même pratiqué, nous nous sommes aussi indignés. Et dans la foulée, nous lui avons réclamé un peu de sous, comme si nous reconnaissions que nous avions vendus nos aïeuls à un prix trop bas. Il en fut de même pour l’Afrique du sud. Nous avons accompagné l’indignation du monde occidental. Pour le moment l’Occident ne s’est pas encore indigné contre l’esclavage arabe. Les Arabes non plus. Nous attendons donc.

 Venance Konan, le directeur du journal Fraternité-Matin en Côte d’ivoire .

L’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA Mauritanie) (Section France)


Déclaration

Depuis que la Mauritanie a pris l’engagement d’organiser le sommet arabe les 26 et 27 juillet 2016 à Nouakchott, les autorités ont lancé une campagne d’embellissement de la ville pour impressionner ses hôtes arabes. Et comme à l’accoutumée, les victimes sont les populations les plus vulnérables du pays. Ces populations ont été la cible d’une campagne violente des forces de l’ordre le 29 juin, au cours de laquelle des centaines de familles haratin ont été expulsées de la ville et jetées dans des lieux enclavés, sans toit et sans point d’eau. Des dizaines des personnes, toutes Haratin, victimes de la discrimination économique et sociale, ont été arrêtées et emprisonnées jusqu’à maintenant et sans qu’aucune voix ne s’élève pour dénoncer leur sort.

Le lendemain, le 30 juin, IRA a reçu à Washington une distinction prestigieuse (2016 TIP Heroes Awards) des mains du Secrétaire d’État américain, John Kerry, pour saluer et honorer les actions d’IRA-Mauritanie auprès des populations vulnérables soumises à l’injustice, à l’esclavage et au racisme. Depuis cet événement, les autorités de Nouakchott ont entamé une chasse à l’homme contre les militants d’IRA, une chasse qui s’est soldée par plusieurs arrestations des membres du Bureau Exécutif.

Le 17 août 2016, après une parodie de procès, ces responsables de l’organisation IRA ont été injustement condamnés de trois à quinze années d’emprisonnement. Ce procès a été dénoncé comme « politique » par l’ensemble de la communauté internationale.
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Les prisonniers d’opinion ont été torturés par les forces de police entre le moment de leur arrestation et le début du procès.

IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des
droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté
internationale à s’ériger contre et à dénoncer ces condamnations iniques et injustifiées,
orchestrées par l’Etat mauritanien . IRA Mauritanie appelle toutes ses militantes et tous ses
militants à une mobilisation pacifique, massive et continue jusqu’à la libération
de tous ces militants des Droits de l’Homme victimes de la politique répressive de l’Etat mauritanien.

IRA Mauritanie demandera que les responsables de ces tortures soient poursuivis juridiquement.

IRA-Mauritanie rappelle que les coups de déstabilisation menés contre notre
mouvement par le régime du General Aziz ne servent qu’à nous rendre encore
plus déterminés pour faire échouer les campagnes de diabolisation auxquelles il nous a habitués.

Notre mouvement, pacifique, s’est fortement développé ces dernières années au sein de la population mauritanienne discriminée, ce qui explique les efforts croissants du régime pour éliminer les cadres du mouvement.

La liste des dirigeants condamnés est la suivante :

1-Amodou Tidjane Diop vice-président d’IRA Mauritanie, 15 ans de prison

2-Hamady Lehbous, conseiller du président, chargé de la communication, 5 ans de prison.

3-Bala Toure, chargé des relations extérieures, 5 ans de prison.

4-Ahmed Hamar Vall, Trésorier, 3 ans

5-Mohamed Jarroulah, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

6-Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

7-Mohamed Daty, secrétaire général coordination IRA de Nouakchott, 3 ans de prison

8-Khatri Mbarack, président du comité de la paix d’IRA, 3 ans de prison

9-Ousmane Anne, président du bureau IRA Tevragh Zeina, 3 ans de prison

10-Abdallahi Matala Seck, président du bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

11-Moussa Biram, vice-président bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

12-Jemal Bleyil, membre du bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

13-Abdallahi Abou Diop, membre bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

Avec eux, sept habitants de « Edebaye Bouamatou » tous haratines,se voient infliger des peines similaires.

IRA France-Mauritanie

Paris le 24 Août 2016

Association IRA France-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste)
Le Laval, Route de Cucuron 84160- Cadenet Courriel : 

irafrance.mauritanie@yahoo.fr