28-03-2016 16:33 – Guidimakha/Quatre communes font leurs déclarations publiques d’abandon de MGF à Gouraye

image

image

image

Essirage – L’excision ou mutilation génitale féminine (MGF) est l’une des formes de violations et d’atteintes aux droits humains qui ruine la santé et le bien-être d’environ de 3 millions de filles chaque année dans le monde

Cette pratique concentrée au moyen orient et dans plusieurs pays d’Afrique rend plus de 70% des femmes victimes en Mauritanie en les faisant subir une forme quelconque.

La localité de Gouraye a été choisie en ce dimanche 27 Mars 2016 pour abriter les festivités marquant les déclarations publiques d’abandon de cette pratique néfaste après deux ans d’intenses activités de sensibilisation menées par l’ONG Actions ,un des partenaires de l’Unicef, du FNUAP et du MASEF dans la région du Guidimakha.

C’est dans ce cadre donc que l’hôtel de ville de Gouraye a servi de cadre aux travaux consacrés à cette déclaration publique marquée par la présence des autorités administratives, des partenaires de l’ONG ACTIONS.

Prenant la parole le chef d’arrondissement de Gouraye a souligné les efforts du gouvernement en matière de protection des couches vulnérables dont les femmes et les petits enfants pour dire que les MGF sont des formes d’atteintes aux droits des femmes et qu’il est de la responsabilité de tous de les combattre.

Dans son mot de bienvenue et de remerciement à l’ONG action et partenaires que sont les acteurs nationaux et internationaux pour le choix de sa commune, Madame Hadji Ba la Maire a souligné la nécessité de mobilisation et de sensibilisation contre cette pratique aux conséquences nuisibles Après ce fut le tour de l’iman de la localité de Gouraye de prendre la parole pour dire que rien ne justifie sur plan religieux l’existence de cette pratique dans nos sociétés. Et de dire il est de la responsabilité de tout le monde de travailler pour éradiquer cette injustice dont souffrent les femmes.

Prenant la parole au nom de l’ONG Actions, grâce a qui cette journée de déclarations est rendue possible, Yakarou soumaré a remercié les populations pour leur mobilisation et les partenaires pour leurs soutiens aux activités visant à endiguer ce phénomène.

Au représentant de l’Unicef parlant au nom des partenaires de souligner que cette pratique est source de complications urinaires, menstruelles et obstétricales et cause d’hémorragies, infections et décès. Et d’ajouter que son organisation salue les efforts du Gouvernement et autres partenaires avant de réitérer le soutien de son organisation aux différents acteurs.

Au nom du MASEF, un des conseillers du ministère a remercié les populations de la commune à la frontière avec le Sénégal et celles qui se sont mobilisées pour prendre part à cette déclaration. En fin des jeunes et d’exciseuses se sont succédé pour déclarer l’abandon de MGF au nom des communautés de Boully, Gouraye, Daffort et Lahraj.

En un mot ACTIONS et partenaires mènent un combat sans merci contre les MGF au Guidimakha.

Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Source crédit : http://www.cridem.org

Posté avec WordPress pour Android

Le commentateur de Bein Sport présente ses excuses à la Mauritanie après avoir déclaré que la FFRIM « a eu recours à la naturalisation de joueurs sénégalais »

image

Le commentateur du match Mauritanie -Gambie pour le compte de la chaîne BeIn Sport, l’Algérien Adel Khalou, a présenté ses excuses à la Mauritanie sur sa page Facebook après avoir déclaré que la FFRIM « a eu recours à la naturalisation de joueurs sénégalais pour renforcer les rangs des Mourabitounes ».

Les déclarations de ce journaliste qui ignore apparemment que la Mauritanie est riche de sa diversité arabe et africaine, ont provoqué une vague d’indignations des mauritaniens, ce qui a poussé Adil Khalou à présenter ses excuses au peuple mauritanien et a révélé qu’il a été induit en erreur par un ami mauritanien « apparemment pas au fait de l’évolution du football dans le pays », précise-t-il dans un post sur sa page Facebook.

Source crédit : elhourriya.net

Posté avec WordPress pour Android

26-03-2016 07:45 – Rencontre | Alassane dia de TPMN, entre cohérence et conviction

image

Dia Alassane le leader de Touche pas à ma nationalité –TPMN- est un homme au verbe haut et courtois. Cet universitaire, fils de Djèol, est l’une de ces têtes bien faites mais qui la gardent malgré tout sur les épaules.

Cridem a rencontré cet intellectuel profondément républicain, ce travailleur de l’ombre qui dans un calme placide œuvre pour l’avènement d’une Mauritanie une et plurielle, juste et égalitaire. L’efficacité dans la discrétion, Dia est en cohérence avec ses convictions.

Son CV, on ne peut plus élogieux, témoigne de l’épaisseur de l’homme. Ayant obtenu une maîtrise en langue et littérature françaises de l’Université de Nouakchott en 1994, avec rang de major de sa promotion, il bénéficiera d’une bourse de troisième cycle pour poursuivre ses études en Tunisie.

Il restera une quinzaine d’années dans ce pays, devenu son pays d’adoption, dans lequel il décrochera son DEA de linguistique et entamera une carrière d’enseignant chercheur à l’Université de Manouba.

Entre temps la navette entre Tunis où il enseignait, et Strasbourg où il était inscrit sera sanctionnée, en 2007, par une thèse en sciences du langage avec mention très honorable et félicitations du jury. Il décide de rentrer en Mauritanie en 2009 pour mettre ses compétences au service de son pays.

Ce bienpensant qui a aussi joué les pisse-copies dans bien des journaux mauritaniens, pendant qu’il était étudiant à l’Université de Nouakchott, ne pouvait que ramer à contre-courant avec les disparités, pour ne pas dire les inégalités criantes, résultats de privilèges indus liés à l’appartenance raciale, ethnique, tribale ou autres, qui sévissent dans le pays.

Si nul ne peut échapper à son destin, Alassane Dia en est la preuve par mille de par son engagement politique précoce dans le combat pour l’égalité de tous les Mauritaniens, seul gage, à ses yeux, pour le renforcement du sentiment d’appartenance à une même nation.

En effet, suite aux années de braise de l’Histoire nationale et à moult remous, la cohabitation entre noirs et arabes devenait de plus en plus exacerbée, plongeant le pays au cœur d’un tourbillon. Face au manque de volonté patent de l’Etat mauritanien à prendre à bras le corps ces problèmes qui minent la paix sociale et menacent jusqu’à l’existence même du pays, il fallait trouver la parade.

C’est de là que des mouvements ont vu le jour « à l’image de conscience citoyenne, de l’imej, de Kawtal, et de l’Ira qui formeront, dans un premier temps, le FLERE (Front de Lutte contre l’Esclavage, le Racisme et l’Exclusion) convaincus que seule l’union peut servir de barricade face au système raciste et esclavagiste qui gouverne la Mauritanie » souligne le coordonnateur de TPMN.

En décidant de flirter avec la politique Dia, savait qu’il posait les pieds sur un terrain glissant où tous les coups sont permis. « Mais comme c’est le prix à payer pour réaliser notre ambition de travailler à l’amélioration des conditions de vie de nos frères et sœurs, il nous fallait finalement franchir ce pas » note-t-il.

Le mouvement qu’il dirige, comme tous les autres avec lesquels il a cheminé, « n’a pas de récépissé, comme si l’idéal à atteindre par tous les mauritaniens n’était pas le même » s’est questionné Alassane Dia.

Sur la question des deux tendances de TPMN, loin de se draper du manteau du héros devant les médias pour solder un compte, il fera comprendre que « celui qui roule pour Aziz, et qui prétend parler au nom de Touche pas à ma nationalité, s’est dévoilé de lui-même et ne trompe plus personne».
Militant dans l’âme pour les droits de l’homme, tous les droits, convaincu et cohérent avec lui même, Dia ne manque pas de dénoncer toutes les injustices d’om qu’elles viennent.

Il fustige ainsi le féodalisme cultivé et entretenu dans toutes les composantes nationales qui reste un frein pour l’épanouissement des Mauritaniens et des communautés négro-africaines en particulier. La caste pervertit le lien social et crée entre les gens un climat délétère et une dangereuse chaine de permissivité.

ADN

Copyright © 2016 Cridem

Source crédit : http://www.cridem.org

Posté avec WordPress pour Android

Conférence de presse IRA : EPU, l’appel devant la Cour Suprême et autres choses…

image

image

image

Conférence de presse IRA-Mauritanie aujourd’hui mardi 22 mars 2016, au domicile de Birame Dah Abeid, au P.K 10 à Riadh, après que les hôtels et autres places publiques, par peur de représailles, selon ses militants, leur aient fermé leurs portes. Balla Touré et Abidine Ould Maatalla ont abordé quatre points.
Premier point, les résultats de l’EPU 2016 de la Mauritanie devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève le 16 mars 2016. Selon les intervenants, l’Etat mauritanien a enregistré une cuisante défaite lors de l’Examen périodique universel après avoir échoué à empêcher que 200 recommandations soient intégrées dans la liste débattue lors de la session de novembre 2015 et de n’avoir pas pu empêcher lors de la présence session à empêcher que 56 recommandations «très dérangeantes soient incluses dans la liste et ce, après plus de 2 semaines de négociations avec les Etats membres ». Les 56 questions, selon la note diffusée en marge de la conférence de presse, «ne peuvent plus être rejetées, elles restent sur la table et serons suivies par les pays qui les ont adressées et ce, jusqu’à ce que la Mauritanie les satisfasse ». même au-delà des prochaines années.
Ils ont ensuite relevé les inquiétudes formulées par le Rapporteur spécial par rapport au maintien en détention des deux leaders, Birame Dah Abeid et Brahim Bilal Ramadan ainsi que par rapport à l’approbation d’un projet de loi sur les associations, contraires selon lui au droit international.

Deuxième point : la rencontre entre Ban Ki-Moon et Mohamed Abdel Aziz durant la visite du Secrétaire général de l’ONU en Mauritanie, visite durant laquelle il aurait exprimé, selon les intervenants, son incompréhension face à la non reconnaissance d’IRA, qui jouirait d’une reconnaissance internationale et de l’ONU. Il aurait aussi exprimé à Mohamed Abdel Aziz son mécontentement face au maintien arbitraire des leaders du mouvement en prison. Cette entrevue aurait été rapportée dans le compte-rendu officiel de Ban Ki-Moon après sa tournée en Mauritanie et au Sahara.

Troisième point : le dossier d’appel à cassation des leaders d’IRA devant la Cour Suprême. Selon Balla Touré, le dossier est fin prêt et pourrait passer incessamment en audience.
Quatrième point : le cas de Lemrabott Ould Mahmoud, cadre du mouvement IRA membre de la Coordination régionale de Nouadhibou. Sa voiture, qu’il avait mise à la disposition d’IRA pour ses courses, a été brûlé la nuit par des inconnus. Sa maison a même failli prendre feu et ce serait avec miracle que sa famille a été sauvée des flammes, selon Abidine. La police qui aurait un soi-transmis du Parquet de la République après la plainte déposée par l’intéressé aurait refusé, selon Balla Touré, d’ouvrir une enquête sur l’incident.
Ce qui fera dire à Abidine qu’après sa casquette d’Etat esclavagiste et raciste, la Mauritanie vient de se dote d’une autre casquette, celle d’un état terroriste.

Source crédit : aidara.unblog.fr

Posté avec WordPress pour Android

Les relations de pouvoir dans la communauté soninké par Cissé-Ibrahima DIALLO.

image

Il arrive d’entendre dans notre communauté (Soninké) un discours narcissique estimant que « les soninko sont meilleurs voire plus humanistes  que le reste des communautés ». Ceux  qui tiennent ce genre de discours sont certainement dans une des positions suivantes :
Soit, ils sont dans une insouciance totale et  aberrante  et ne sont pas conscients de la gravité de la maladie ou des maladies qui minent cette société de l’intérieur.
Soit, les injustices ne les dérangent pas outre mesure.
Soit, ils occupent une place et un rang social honorable  dans  cette société soninké  hiérarchisée.
Soit, ils sont enfin partisans d’un conservatisme primaire.
Alors, je dis à ces gens de revenir un peu à l’histoire afin de se rafraichir un peu la mémoire. Qu’ils sachent  que nos ancêtres, je veux dire l’ensemble des noirs  ont tous connu d’une manière ou d’une autre la domination et vécu la situation d’esclavage à travers la traite ou la colonisation. 
A l’époque où l’homme noir (LE DOMINE) épiait le gibier avec sa flèche et sa lance pour l’abattre afin d’aller  nourrir sa famille, l’homme blanc (LE DOMINANT) l’épiait à son tour, avec son fusil et son filet pour le capturer (l’homme Noir) comme un poisson afin d’aller fructifier, développer et faire prospérer son économie en Amérique, en Europe et ailleurs.
Cette importante disproportion quant  à la puissance de frappe donna un avantage considérable au dominant  qui, par sa maitrise du feu a fait du dominé, sa proie, sa chose, l’esclave, le travailleur sans salaires ni droits qui doit juste se soumettre et lui obéir.
Lorsque la situation du dominé a connu une maigre évolution, il a eu toujours face à lui le dominant qui le devance d’une longueur. Tandis que le dominé s’estimait être satisfait de pouvoir désormais manier le  fusil qui avait été l’arme de sa soumission,
Le dominant, lui avait déjà conçu le mirage 2000 et le F-16, bombardiers  pouvant stationner à des dizaines de milliers de  Kilomètres d’altitude et bombarder un bunker avec une précision chirurgicale et des conséquences épouvantables,
Ou encore les B52, Spécialité Américaine basée en Arizona ces appareils de guerre ont la capacité de détruire voire même de faire disparaitre en un clin d’œil l’équivalent d’un grand village et, s’il arrive qu’il y ait  des rescapés, ces derniers vivront le restant de leur  vie avec la terreur si ce n’est des maladies d’une violence inouïe.
Aussi, nous en déduisons que,  si le dominant  décidait aujourd’hui encore de réduire le dominé à l’esclavage, il le ferait sans peine.
Et par pure hypothèse considérons que le dominant  décide d’user de son pouvoir et de nous soumettre à nouveau !
La question que j’adresse à vous, Mr. le noble, est la suivante :
accepteriez-vous  cette situation d’esclavage
J’imagine raisonnablement que la réponse est non !
Alors pourquoi voudriez-vous faire subir à vos propres frères, encore aujourd’hui, cette situation humiliante qu’est l’esclavage sous prétexte qu’il faut préserver notre organisation sociale traditionnelle, soit disant, synonyme de cohésion ou, que nos traditions sont immuables?
Vous le savez sans doute, chers Uléma, vous qui êtes familiers des textes de référence en l’occurrence notre coran sacré et la sunna authentifiée de notre prophète (sas), qu’au septième siècle le Prophète (Psl)  à déjà déconseillé le fait même de nommer les serviteurs par le terme « esclave » qui est une manière d’humilier et d’abaisser la personne qu’Allah a mis Son service.
Qu’en est il alors, d’une organisation sociale qui considère toute  une partie de sa composante comme des esclaves, et interdit par la même, toute relation d’alliance par le mariage ?
Certains disent ouvertement qu’ils préfèrent que leurs progénitures se marient  avec un négateur qu’avec ceux qu’ils appellent « esclaves». Pourrait-on continuer à tenir cette posture fallacieuse de dénégation consistant à affirmer que le phénomène de l’esclavage a disparu, qu’il n’est plus d’actualité alors qu’il est le soubassement même de notre organisation et de nos structures?
Considérons juste toutes les barrières que nous avons érigées devant nos enfants dans leurs projets matrimoniaux dans le seul but de préserver et de perpétuer des coutumes, des pratiques et des traditions d’un autre âge.
Certains parents choisissent de fermer les yeux et préfèrent la fornication de leurs enfants que d’accepter un mariage avec une personne de la caste différente. En effet, dans notre communauté, nous sommes arrivés de manière sournoise à faire prévaloir nos traditions au dessus des principes clairement établis de notre religion, c’est-à-dire : notre mode de vie, notre organisation, notre manière de penser.
Nous les avons érigés en des dogmes intangibles. Allah (swt) nous demande de ne pas nous approcher de la fornication et pourtant, pour protéger notre système hiérarchique,  nos privilèges, notre statut social, nous la considérons comme un mal nécessaire et tolérable :
Pour garder intact notre dogme de ne pas mélanger les castes on est allé jusqu’à interdire  le mariage qu’Allah a pourtant rendu licite entre les personnes croyantes. Donc le mariage est un droit Divin  pour procréer et perpétuer la vie sur une base saine et, ce, jusqu’au terme fixé par Lui, le Tout Puissant (swt).
Certains optent pour la rupture avec leurs progénitures, ce qui est plus supportable à leurs yeux que le déshonneur d’un mariage avec la caste inférieure.
Illustres hommes de science de notre communauté ! Avant de soulever quelques questions dont j’aimerais bien que vous éclairiez ma lanterne ;   je dis à tous ceux qui se pavanent et se prévalent de l’illusion de la supériorité en mettant en avant la noblesse de leur origine,  et se disent fiers de leur héritage : 
Qu’ils ne font que faire subir à leurs frères l’humiliation que leurs ancêtres avaient subi de la part d’autres peuples, l’humiliation de l’esclavage.
Que le rang social honorable, la supériorité réelle est celle que l’on acquiert par la noblesse de son comportement, de sa personnalité, la recherche de la piété et de l’agrément du Créateur.
Pour terminer je vous invite à méditer ce verset 109 oh combien édifiant de la sourate Tawba :
« Bismil lahir rahmanir rahim : AFA MANE ASSASSA BOUN  YANEHOU ALAA TAKHWA MINAL LAHI WA RIDWAA NINE KHAÏROUNE AN MANNE ASSASSA BUN YÂNAHOU, ALAA CHAFA DJOURFINE HAARINE FA NAHAARABIHI, FIN NAARI DJAHANNAMA WAL LAHOU LAA YAH DYL KHAMAN ZAALIMIINA.
« Lequel est plus méritant ? Est-ce celui qui a fondé son édifice sur la piété et l’agrément d’Allah, ou bien celui qui a placé les assises de sa construction sur le bord d’une falaise croulante et qui croula avec lui dans le feu de l’enfer ? Et Allah ne guide pas les gens injustes ». ALLAH NTI  YANGO BOUR GNANGHON KANDANA.

QUESTIONS:
1),L’esclavage est il un ordre, un commandement d’Allah, dans lequel cas, nos hommes de sciences doivent rappeler ceux qui s’opposent à cette pratique à Allah, en leur demandant de cesser de mettre en cause un ordre du Créateur ?
2),Si c’est le cas, c’est-à-dire un commandement d’Allah, il ne vaudrait pas mieux obéir en Allah en condamnant ouvertement et sans réserve les réfractaires pour leur désobéissance à un ordre  d’Allah ?

3),Si au contraire, ça n’est pas un commandement d’Allah, notre communauté d’hommes de sciences ne devraient elle pas au moins appeler à rompre définitivement avec cette pratique ? si non, ne devrait elle pas expliquer à la masse les raisons de son silence et de sa tolérance à l’égard d’une pratique qui met à mal notre cohésion sociale ?

4) Est-ce que le fait de ne pas dénoncer cette  pratique de l’esclavage par la communauté de nos hommes de science  ne vient pas du fait qu’elle ne la considère pas comme une pratique honteuse et humiliante?

5) Pourquoi ces honorables hommes de science que les gens écoutent, imitent, obéissent et respectent continuent d’utiliser encore dans leurs conversation, les expressions telles que : « mon petit esclave » ou encore « un esclave a dit » alors que le Prophète à dit : « que l’un de vous ne dise pas mon esclave mais qu’il utilise d’autres  expressions comme  ‘Fatayii’’ ou ‘’ Amati’’.

6) Allah (swt) n’a-t-il pas dit : «…Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en ; et craignez Allah car Allah est dur en punition ?… »

7) Convaincus que le Prophète (psl) ne se prononce jamais par passion personnelle mais plutôt par effet de révélation ; nous ne devrions pas obéir à cette recommandation?

8) Ces hommes de science préfèrent-ils imiter le Prophète (psl) à géométrie variable, c’est-à-dire seulement quand il y a absence de risque pour leur notoriété ou leurs intérêts d’ici bas? (I dou nâ dintinou)

9) L’On parle souvent d’esclave de charria ! la question qu’on se pose est la suivante : est ce que la charria est pour instaurer l’esclavage ou veut elle  l’éradiquer ? Si la Charria est pour l’éradiquer, pourquoi dire « un esclave de charria et qui sont ces esclaves de charia d’ailleurs  de nos jours ?
 Nous pensons que la pratique de l’esclavage c’est-à-dire la raison du plus fort qui s’impose au plus faible a précédé la révélation coranique et que dès le début la révélation est allé dans le sens de l’éradication et n’a en aucune manière instauré le système ! COBCO !!!

10) En effet La révélation n’a-t-elle pas condamné l’idéologie qui sous-tend la pratique de l’esclavage en proclamant l’origine commune des hommes et leur égalité en droit et en dignité et n’a-t-elle pas pris toutes les mesures  qui si elles étaient appliquées auraient abouti à faire disparaitre le phénomène ?

11) De nos jours l’esclavage dans notre communauté est fondé sur le patronyme qui, lui, est né d’une volonté politique de domination permanente  car le patronyme est perpétuel donc  son attribut le sera également, malgré ce fondement pervers, l’islam impose t-il une émancipation du subissant pour être un homme libre comme le veut Allah (swt) ?

12) Le verset qui dit « le meilleur d’entre vous est le plus pieux », le dit esclave ne peut il pas atteindre ce degré de piété ?

13) Quelle est la différence entre iblis qui, lorsque l’ordre lui a été intimé de se prosterner  devant Adam a  répliqué « je suis meilleur que lui  car nous ne venons pas de la même source, lui vient de l’argile et moi du feu » ; et un homme qui dit : « tu ne te maries pas avec lui car vous ne venez pas de la même source, toi tu es horé et lui comé c’est-à-dire tu es meilleur que lui parce que nous sommes  nobles et eux  esclaves » ? ces deux déclarations qui sont similaires en tous points, ne méritent elles pas les mêmes conséquences ? et nous connaissons tous la sanction infligée à iblis après sa déclaration !
Si un sabab nouzoul est parabolique, le non repentir de l’auteur de cette assertion orgueilleuse qui est : « Je suis meilleur que lui parce que je suis noble et lui esclave » n’intègre t’il pas ce verset du Saint Coran :
 «Bismil lahir rahmanir rahim.   KHOULIL LEZIINA KAFAROU. IN YANTAHOU  YOUKHFARLEHOUM  MÄ KHAD SALAFA  WA IN YA OÜDOÜ  FAKHAD MADAT SOUNNETOUL AWWALIIIN ?
« Dis à ceux qui ne croient pas que, s’ils cessent, on leur pardonnera ce qui s’est passé. Et s’ils récidivent,(ils seront châtiés), à l’exemple de leurs devanciers »
14) Allah n’a-t-il pas envoyé Moussa (ass) et son frère Harun (ASS) pour libérer les enfants d’Israël de l’esclavage ? Si oui, pourquoi en relatant cette histoire l’on évoque  que le côté Prodige (KAWAFI) de ce grand évènement sans jamais nous s’intéresser  à l’objet du courroux d’Allah (swt) c’est-à-dire le fait que les fils d’Israël ont été injustement réduits à l’esclavage par le pharaon. L’enseignement éternel de cette histoire de Moussa est qu’on ne  peut  pas et on doit jamais soumettre à l’esclavage les êtres humains honorés par Allah. La liberté est un don de Dieu, on ne doit en priver personne. 

15) Si effectivement, la mission confiée à Moussa fut la libération des hébreux, devront-on présumer qu’il n’y a que cette communauté qui est concernée et non pas les autres qui subissent le même sort de par le monde et à travers l’histoire ?

16) Pourquoi les soninko quant ils émancipent un dit esclave, ce dernier ne peut épouser une femme du rang de son ancien dit maître et non plus une femme de sa propre famille ? Et que veut dire ce  statut de Séïralléma, quel est son fondement ? a-t-il peut être une base religieuse que nous ignorons ?

17) Pourquoi lorsqu’un  ou une soninké veut épouser un ou une soninké l’on demande qu’elles sont ses origines mais si l’on est confronté à faire épouser un ou une soninké à une ou un prétendant (e) extérieur (e) l’on ne demande jamais ses origines ? Allah (swt) a régit l’esclavage seulement au niveau de la communauté soninké ?
  
18)  Pourquoi dit-on d’un dit noble ou noblesse qui épouse une ou un dit Esclave, qu’il est dévalorisé (a lokhossé) ? Peut-on savoir en quoi consiste le mérite dudit noble au près d’Allah (swt) pour que l’on considère comme dégradant et humiliant le fait d’avoir contracté une telle alliance?

19) Comment certains peuvent oser affirmer aujourd’hui encore qu’ALLAH (AWJ) s’est tu sur la question de l’esclavage et que ce silence signifie une permission tacite ?

20)  Qui peut dire de nos jours avec ce grand rayon  lumineux de savoir qu’Allah a déversé sur nous, qu’Il (SWT)  n’a rien dit sur l’esclavage, alors même qu’il a proclamé l’égalité des hommes et le fait qu’ils viennent tous d’un même père et d’une même mère et a donné toutes les voies à l’homme qu’il a déclaré honorable,  pour libérer son frère de cette singulière injustice qu’est la domination de l’esclavage et a condamné l’attitude orgueilleuse d’imaginer ou de se croire supérieur à son frère?

21), Je vais vous livrer ici une histoire sur notre Grand Prophète Ibrahim (ass),histoire que j’ai relevée dans l’encyclopédie TABARI ‘’Abou Djafar-Mohammad-Ben Djarir-Ben Yézid ‘’ (5 volumes édités en Français, il existe une compilation en 1 livre mais je conseillerais les 5 tomes). Si vous attestez la véracité de l’histoire, je vous invite à répondre svp aux questions qui suivent et l’on arrêtera là cette fois-ci, inchaAllah.
Alors voici l’Histoire :
Notre grand Prophète Ibrahim(Ass) faisait parti des Oulil azim,
Allah l’a considéré à lui seul comme une communauté, une oumma( inna ibrahima kâna oummatan qânitan li-l-lâhi…)
Allah (swt) l’a qualifié de Son ami
C’est lui qui nous a dénommés Musulmans
Sa première épouse s’appelait Sarah
Sarah avait une servante qui s’appelait Agar ( Hâdjara)
Ibrahim (ass) n’ayant pas eu d’héritier jusqu’à, disons, 80 ans ; et Sarah 70 ans, (Allah en Est Le Savant)
Sara proposa à Ibrahim (ass) d’épouser sa servante Hâdjara, en espérant que par elle, Allah (swt) donnerait un héritier au Prophète Ibrahim (ass)
Ibrahima (ass) accepta la proposition de son épouse Sarah
De ce mariage, naquit le Prophète Ismaïl (ass)
Ismaïl (ass) fut l’ancêtre des arabes
Si vous êtes d’accord sur la véracité de cette chaine, voici mes questions :
22) Comment Sarah a osé dire à un personnage du rang du Prophète d’Ibrahim (ass) d’épouser une servante ?
23) Pourquoi Ibrahim (ass) de par son rang très élevé n’a pas protesté suite à la proposition de son épouse quant à ce mariage, Alors que nous autres, Soninko, à la place du Prophète, appelleraient dégradant la personnalité (dou lokhossondé) ?
24) Pourquoi Allah (swt) S’est tu, sans interdire à son ami de ne pas se dévaloriser (Lokhossé) en épousant une servante ?
25) Ismaïl (ass),fut l’ancêtre des arabes, la meilleure des créatures Mohammad (Psl) fut arabe donc descendrait d’Ismaïl (ass) qui, lui, Ismaïl (ass) descend d’une servante ; comment Allah (swt) n’a pas haït une telle descendance pour la meilleure des créatures ?

26) L’on doit comprendre qu’Allah (swt) veut confirmer par ce silence sa révélation : « Le meilleur d’entre vous est celui qui me craint le plus » ou « J’ai honoré l’homme … » ?

Ainsi se termine cette fois-ci mes questions sur l’esclavage, je sais que vous ne manquez pas de lumière pour nous éclairer sur cette situation. Je répète : S’il s’agit d’un commandement d’Allah, n’hésitez pas à le démontrer : Le croyant suivra le commandement d’Allah (swt) et le réfractaire s’en détournerait et chacun trouvera Allah (swt) en hôte juste.

Mais s’il ne s’agit pas d’un commandement d’Allah (swt), alors dénonçons-le vigoureusement (Comme l’on fait nos Chouyoukh Madjakho Tandjigora, Almamy Baradjy et d’autres encore à l’ombre) afin de ne pas partager  ou diffuser inconsciemment la mauvaise doctrine que nous dénonçons avec force tous les jours chez les ennemis de notre religion.

Ce type de comportement consistant à voir la paille dans l’œil de son prochain et à ne pas voir la poutre  dans son propre œil c’est-à-dire à fermer les yeux sur ses propres défauts et les ouvrir sur ceux des autres pour dénoncer n’est pas digne d’un croyant ; non seulement il risque de ne plus être  crédible en tant que musulman et de surcroit, il induit les faibles en erreur.

Pour conclure, nous pensons d’après tout ce que nous venons de relater en donnant des preuves sommes toutes tangibles à travers l’histoire et les grands principes établis par notre religion, qu’il est indéniable que l’esclavage est une pratique réprouvée, dont on doit éliminer toutes traces de notre communauté à mon humble avis et je pense et espère que nos  hommes de science doivent jouer pleinement leur rôle en clarifiant les choses au commun des mortels.
Qu’Allah fasse triompher la JUSTICE par ses serviteurs Justes !

Incha Allah, je donnerais ma position sur la question « Faut-il l’envoyer  nos enfants au village pou y être élevés ? » sur Souwal wa jewâb.

Subhânak Allahoumma ……..

Cissé-Ibrahima DIALLO

Posté avec WordPress pour Android

17-03-2016 16:30 – Hamady Lehbouss, conseiller du président d’IRA, dans une interview exclusive : « Malgré la séquestration honteuse et arbitraire de nos dirigeants, nous continuons à poursuivre nos objectifs, à lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes »

image

Le Calame : Votre organisation
connaît, depuis quelques temps, une forte crise dont le départ de Saad ould Louleïd serait une des principales manifestations. Qu’est-ce qui a pu réellement motiver ce divorce et quelles en sont les motifs ?

Hamady Lehbouss : Une forte crise ? Je n’ai pas la même appréciation que vous. IRA-Mauritanie est une organisation bâtie sur des principes conformes aux valeurs universelles de droit et de justice, garantes de la dignité humaine.

Notre ex-camarade auquel vous faites allusion tenait, depuis quelques temps, un discours contraire à ces valeurs. Ayant ainsi rompu notre serment, il ne pouvait plus faire partie de notre organisation. C’est aussi simple que cela. Il a été exclu selon les règles prévues par notre règlement intérieur.

– Dans ses dernières interventions, Saad a accusé le président Biram d’utiliser IRA pour des ambitions personnelles. Que répondez-vous à ces graves accusations ?

– Très vieille antienne qui nous a été servie un grand nombre de fois. D’autres avant lui ont essayé de nuire à IRA-Mauritanie, en s’attaquant au président Biram Dah Abeid : vous êtes témoins, comme tous les observateurs, de leur échec lamentable.

Notre organisation a un mode de fonctionnement démocratique, ses instances nationales et locales, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, fonctionnent efficacement. Nous réussissons à abattre, sans aucune subvention, un travail colossal que des formations politiques ou de la société civile dotées d’importants moyens ne peuvent réaliser. Notre démocratie en interne est la base de notre réussite.

– Après seize mois d’emprisonnement de ses deux premiers responsables (Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhan), comment fonctionne l’organisation ?

– Comme vous avez pu le constater sur le terrain, nous nous portons bien. Malgré la séquestration honteuse et arbitraire de nos dirigeants, nous continuons à poursuivre nos objectifs, à lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes, à exiger que la terre soit octroyée à ceux qui l’ont toujours cultivée.

Nous avons un Bureau Exécutif (BE), formé de secrétariats nationaux qui exécutent notre programme d’activités, conformément à nos orientations et notre objectif de déconstruire le système de domination, basé sur le privilège de naissance en vigueur en Mauritanie.

La coordination de Nouakchott, à l’image de celles des régions de l’intérieur, supervise les activités des sections dont les résultats sont bien visibles. Toutes nos structures fonctionnent correctement, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Non seulement, nous comptons, aujourd’hui, beaucoup plus de militants et de sympathisants qu’il y a seize mois, mais nos soutiens à l’étranger vont, aussi, en croissant, en nombre et en qualité.

Loin d’avoir décapité IRA ou de l’avoir réduite au silence, l’épreuve qu’impose le régime à nos dirigeants ne fait que nous renforcer, en démontrant que les militants de notre organisation, notamment ses plus hauts dirigeants, sont prêts au sacrifice de leur liberté et de leur quiétude, pour atteindre leurs objectifs. C’est assez rare, dans le paysage politique mauritanien, pour être souligné.

– Le prix Tulipe que votre organisation vient de remporter est doté de 100.000 euros. L’organisation reçoit aussi beaucoup de subventions et de dons. Comment gérez-vous ce pactole?

– Nous n’avons jamais eu de pactole à gérer. Nous n’avons jamais été subventionnés, les dons que nous recevons sont ceux des militants et de sympathisants, ils sont maigres.

Toutes ces semaines, quand nous avons des militants blessés, pendant les marches hebdomadaires de protestation que nous organisons contre la poursuite de la détention de nos leaders, nous avons du mal à réunir les quelques sous nécessaires pour leur prise en charge médicale aux urgences de l’Hôpital national. Quant au Prix Tulipe, nous attendons encore de savoir ce qu’il va nous apporter matériellement.

Vos lecteurs ne le savent peut-être pas mais l’utilisation de l’argent de ce genre de prix, parce que c’est à cela que vous faites allusion, est supervisée par les instances officielles du prix. Il ne s’agit pas d’un « pactole » à dépenser. Plus que l’argent, le Prix Tulipe nous apporte visibilité, crédibilité et consistance internationale. Il est le fruit de la diplomatie d’IRA et IRA ne compte pas s’en tenir là.

IRA-Mauritanie n’est pas une histoire d’argent. Ceux qui en veulent pour leurs poches savent la direction à prendre et les portes auxquelles il faut frapper.

IRA-Mauritanie est une idée, une dynamique de résistance contre les segments féodaux, esclavagistes et rétrogrades promoteurs du système raciste qui continue à ne voir de place, pour les Haratines en Mauritanie, que celle d’esclaves réduits à la pauvreté, exclus de tous les cercles de pouvoirs, à l’instar de leurs compatriotes peuls, soninkés, wolofs et bambaras, tout comme des castes marginalisées chez les Maures.

IRA-Mauritanie est un choix, ferme et résolu, d’être aux côtés de toutes les victimes, quelles qu’elles soient, de violations de droits humains. Nous soutenons, surtout, les veuves, les orphelins et toutes les victimes de la tentative de génocide contre les Négro- mauritaniens, les soutenant ainsi dans leur légitime exigence de vérité, de justice et de tous les droits qui en découlent.

Nous continuerons à nous battre pour le droit, inaliénable, à la propriété foncière des esclaves et anciens esclaves, sur des terres qu’ils travaillent aujourd’hui et que leurs ancêtres ont travaillées hier. D’où notre décision d’annoncer l’édition 2016 de la Caravane contre l’esclavage foncier et les expropriations foncières que nous organiserons cet été.

– La Mauritanie passe, dans quelques jours, son examen périodique à Genève. Le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens, en envoyant ses organisations et ses hommes, munis de moyens substantiels, en vue de défendre les politiques et approches officielles en termes de droits de l’Homme, notamment de lutte contre l’esclavage. Comment se prépare la riposte ?

– Nous sommes au courant de la machinerie que les autorités esclavagistes de Mauritanie ont mise en branle, pour la rencontre de Genève, mais, pour la horde des laudateurs, ce sera peine perdue, c’est évident.

Et ce ne sera pas une première : le régime esclavagiste mauritanien a toujours perdu, sur la scène internationale, par rapport aux questions de droits humains, en général, et, en particulier, par rapport à la problématique de l’esclavage. Quoiqu’il s’y s’emploie, avec beaucoup d’efforts et de moyens, il n’a jamais réussi à tromper la Communauté internationale qui exige, tout simplement, qu’on applique, en Mauritanie, les lois contre l’esclavage.

C’est, je le rappelle, la raison d’être d’IRA-Mauritanie : faire appliquer la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. La position des Nations Unies est claire à ce propos. Lors de sa visite, la semaine passée, à Nouakchott, monsieur Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, a rappelé que les pratiques esclavagistes n’avaient plus de place, dans notre monde actuel, que la Mauritanie gagnerait beaucoup à appliquer les lois criminalisant l’esclavage, et à impliquer, en ce sens, les défenseurs des droits humains.

N’est-ce-pas, là, un désaveu des autorités mauritaniennes, par la voix la plus autorisée de la Communauté internationale ? C’est bien l’ONU qui a décerné, à Biram, le Prix 2013 des droits de l’homme, prix qu’il partage, dans l’Histoire, avec Nelson Mandela, Benazir Bhutto et Taha Hussein.

– Après le départ de Saad ould Louleïd et quelques autres, peut-on dire que votre organisation est divisée ?

– Pas du tout. IRA a existé avant Saad et, je vous l’assure, elle lui survivra ! IRA en a vu d’autres. Le départ d’un militant, après qu’IRA-Mauritanie ait prouvé sa propre efficacité, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, ne peut, en aucun cas, diviser notre organisation. Bien d’autres nous ont quittés, par le passé : les autorités se sont empressées à leur délivrer des récépissés, pour animer des organisations concurrentes à la nôtre.

Où sont ces organisations présentement ? Nous comptons, aujourd’hui, quatre récépissés de ce genre, leur sort est connu. Cela a été, pour nous, de petits incidents de parcours, des épiphénomènes sans importance, le « train IRA » roule, roule et roulera encore, jusqu’à la déconstruction, totale, du système de domination en vigueur en Mauritanie et le recouvrement, complet, de la dignité des Haratines.

– Selon Saad ould Louleïd, IRA est prise en otage par un groupe de négro-africains. Quels commentaires cette déclaration vous inspire-t-elle ?

– « Argumentation » des plus lamentables. IRA-Mauritanie est une organisation équilibrée et sereine. Ce genre d’attaques nous laisse indifférents, notre combat n’est pas contre les individus, mais contre le système ! Nous comptons, dans nos rangs, toutes les composantes du pays et nous restons ouverts à tous.

– Certains accusent IRA de tout instrumentaliser, comme dans la dernière affaire de l’école Nessiba, pour poser des problèmes au pouvoir en place. Ne trouvez-vous pas qu’il est dangereux de trop tirer sur la fibre communautaire ?

– Sur cette affaire de l’école Nessiba, IRA-Mauritanie n’était pas seule, même si elle a été l’organisation la plus visible. Les faits sont malheureusement têtus : les autorités ont refusé aux enfants de participer à une compétition sportive (football) au Golfe, parce qu’ils sont exclusivement noirs et ne sauraient être les dignes représentants du système arabo-berbère. Vous avez suivi les arguments des autorités ? Ils sont vraiment légers.

– Votre organisation considère que la composante harratine subit un véritable racisme d’Etat. Quelles en sont les principales manifestations ?

– Si l’esclavage a existé, par le passé, chez toutes nos communautés nationales, les Haratines restent les seuls à subir, encore aujourd’hui, sa forme traditionnelle (par ascendance), avec son corolaire d’agissements ignobles. Ces pratiques d’un autre âge perdurent, du seul fait de la complicité des autorités du pays, par leur refus de faire appliquer la législation contre l’esclavage.

Les Haratines (esclaves et anciens esclaves) forment près de la moitié de la population nationale. Ils sont pourtant exclus de tous les cercles de pouvoirs (politique, judiciaire, policière, militaire et économique).

Mis en place depuis l’indépendance du pays, l’Etat arabo-berbère a fondé sa légitimité sur une prétendue supériorité numérique de la « composante arabe », utilisant les Haratines pour faire nombre mais, au moment du « partage » des biens et des postes de direction, « on » oublie, sciemment, la prétendue arabité des Haratines. Du racisme d’Etat.

Faites un tour dans les quartiers les plus pauvres des grandes villes de Mauritanie. Allez au Port de l’Amitié. Patrouillez dans les beaux quartiers de Nouakchott et observez ceux qui assurent le gardiennage des chantiers de belles villas en construction. Tournez à l’intérieur du pays et relevez la nature des habitants des villages les plus pauvres… vous trouverez qu’ils sont, tous, des Haratines.

Comment expliquer cette aberration statistique, autrement que par l’esclavage ? Qui sont ces petits garçons, ballotés à longueur de journée sur le dos d’ânes rachitiques, qui distribuent les fûts d’eau ? Qui sont les petites bonnes à tout faire ?

– Quelle est la situation, en Mauritanie, des droits de l’homme, en général, et, en, particulier, de l’esclavage ?

– La situation des Droits humains est catastrophique, au plan général. Tous les rapports produits par les différents rapporteurs spéciaux des Nations Unies font état d’absence de progrès ; les recommandations formulées, à l’issue de l’examen périodique de Décembre 2015, à Genève, sur la Mauritanie, prouvent clairement le manque de volonté des autorités à améliorer la situation.

Les esclavagistes continuent à être tolérés par les autorités qui envoient, à la place des criminels, les défenseurs des Droits humains en prison, avec des peines très sévères. La situation des droits humains est telle que beaucoup ont préféré s’exiler (Wlad Leblad…)

– Selon certaines informations, Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Bilal Ramdhan font l’objet de beaucoup de pressions des autorités mauritaniennes, pour accepter d’introduire une demande de liberté provisoire après seize mois de détention. Qu’en est-il vraiment ?

– La place des présidents Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhan est parmi nous. Ce sont des pères de famille qu’on soustrait à l’éducation de leurs enfants et l’entretien de leur foyer. Leur place est dans leur famille. Ils sont en prison pour leurs convictions, pour avoir dénoncé l’esclavage foncier et les expropriations foncières. Ils en ont apporté la preuve. Nous ne marchanderons jamais sur nos principes, nos leaders sont innocents, ils sont injustement emprisonnés, ce que les autorités doivent faire, c’est les libérer, sans contrepartie ni chichi.

– Considérez-vous, après coup, que la participation de Biram Dah Abeid, à l’élection présidentielle de 2014, fût une erreur de parcours ?

– La participation du président Biram Dah Abeid à l’élection présidentielle passée fut très riche en enseignements pour nous. Cela reste une action humaine, avec des imperfections mineures qui pourraient être améliorées, s’il nous revenait à la rééditer. Aux yeux de l’opinion publique internationale et aussi à nos yeux, Ould Abdel Aziz maintient en prison son principal challenger.

Propos recueillis par Sneiba El Kory

Source crédit : http://www.cridem.org

Posté avec WordPress pour Android

Allocution à l’occasion de l’adoption du rapport final de l’examen périodique universel (EPU) de la Mauritanie à la 31 ème Session du conseil des droits de l’homme/ Dieng Cheikh Tidiane

image

Bonjour,

Je m’appelle Dieng Ahmadou je suis membre du conseil permanent et du conseil national des Forces progressistes du changement.
Je suis également membre du comité de soutien aux détenus Biram Abeid et Brahim Ramdhane.
La Mauritanie dont a parlé ce matin sans racisme et sans esvlavage est celle de mes rêves mais hélas la réalité est autre.
La Mauritanie mon pays est bien un pays raciste et esclavagiste.
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 vingt huit militaires tous noirs ont été pendus à Inal pour célébrer le trentième anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, tous les assassins et tortionnaires bien qu’ identifiés se promènent en toute impunité si Mawiya avait promulgué une loi d’amnistie en 1992 ,Aziz lui a choisi d’aller faite une prière aux morts a Kaedi un acte que je qualifie d’insulte et de comédie envers les veuves et les orphelins.

La Mauritanie est le seul pays au monde ou les écoles dites de prestige (prytanée militaire,école des mines) sont réservées à plus de quatre vingt pour cent aux arabo berbères.
Toutes les télévisions privées sont réservées aussi à cette communauté.
La représentation nationales(sénat et assemblée)compte 203 parlementaires,150 sont issus de la communauté arabo berbères contre 20 Haratines et 33 negro africains alors que ces deux dernières composantes constituent plus quatre vingt pour cent de la population mauritanienne.
Au niveau du gouvernement sur un total de vingt huit ministres seulement sept sont noirs.
La liberté d’association garantie par la constitution est aussi bafouée par le refus de reconnaissance des Forces patriotiques du changement et du RAG .
La Mauritanie bafoue ses propres lois.
Les partis autorisés par le pouvoir de Aziz donnent ces images monocolores qui font honte à la démocratie(ADN de Yacoub Ould Moine)

La Mauritanie ,le HCR et le Sénégal avaient signé un accord tripartite pour le retour organisé des déportés plus de vingt quatre mille rapatriés ont regagné le bercail malheureusement seul le tiers de ses rapatriés a été recensé, ils n’ont tous ni retrouvé leurs maisons encore moins leurs biens.
Quand ces rapatriés ont marché entre Kaedi et Nouakchott pour réclamer leur droits ils ont été accueilli a coups de grenades lacrymogènes par la police répressive de Ould Abdel Aziz aux portes de Nouakchott.
Le recensement en cours s’est révélé dans son application être un génocide biométrique pour la communauté noire et aujourd’hui beaucoup de nos expatriés sont devenus des sans papiers en France.
Face à ces situations nous aux Forces progressistes du changement nous proposons l’autonomie pour résoudre ce problème de cohabitation.
Nous demandons aussi une conférence nationale sur le problème de cohabitation entre nos différentes communautés

Nous exigeons le jugement de tous les criminelles et tortionnaires.
Demandons la tenue des états généraux sur l’éducation, la justice et l’armée
Exigeons l’indemnisation de toutes les victimes
Exigeons qu’un accord soit trouvé pour le retour des déportés mauritaniens au Mali.
Pour finir je dirais comme Martin Luther King et je le cite « Une injustice où qu’elle soit est une menace pour la justice partout »

Je vous remercie.
Photo de Dieng Cheikh Tidiane.

Source crédit : réseau social FB de l’intervenant

Posté avec WordPress pour Android

Table Ronde : Allocution sur la situation des droits de l’homme à Genève lors de la présentation du rapport de la Mauritanie.

image

image

image

La République Islamique de Mauritanie en ce début l’an  2016 sous le pouvoir d’un  militaire.

Mesdames, Messieurs ;

Honorables conviés à cette table ronde autour de la situation des droits de l’homme en Mauritanie ;

La situation des droits humains en Mauritanie est plus que catastrophique. Des lois, une feuille de route soi-disant  contre l’esclavage, contre les discriminations sont votées, adoptées, exhibées et mises en scène tapageusement pour tromper l’opinion nationale et internationale. Des lois jamais appliquées, ce n’est pas ce qui manque dans ce pays , pire se sont les militants abolitionnistes, les militants des droits humains qu’on prend en otage pour les envoyer dans des bagnes dans le pays à la place des esclavagistes, des terroristes qui se pavanent en toute liberté fièrement dont certains sont pris en charge entièrement par l’état Mauritanien.

Des lois non  accompagnées d’un décret d’application sont faites dans le but de duper, d’extorquer des fonds aux bailleurs internationaux qui financent la Mauritanie sans contrôle ni exigence de transparence malgré les détournements des biens sociaux à ciel ouvert visible, le pillage des richesses par le cercle proche du général Mohamed Ould Abdel Aziz. Voilà la raison qui nous pousse aujourd’hui à demander à la communauté internationale à geler les biens du général Aziz et de ses proches collaborateurs à travers le monde pour stopper leur course effrénée dans l’enrichissement illicite par des biens mal acquis ;  qui affament le peuple, qui  rend le peuple Mauritanien plus vulnérable que jamais au point de devenir une  proie facile à la merci des recruteurs dans les réseaux terroristes qui versent du sang partout dans le monde. Les traités et conventions internationaux sont signés, ratifiés pour être jetés dans des placards, aucun décret d’application n’a été promulgué de l’indépendance à nos jours pour appliquer les lois criminalisant l’esclavage.

Depuis le 11 novembre 2014, Biram Dah Ould Abeid qui fut distingué par le prix des droits de l’homme des nations unies en 2013, président de l’ONG IRA-Mauritanie, Brahim Rhamdane Ould Bilal, vice-président IRA-Mauritanie sont séquestrés dans un bagne  à Nouakchott  la capitale pour 2 ans lors d’un simulacre faux procès théâtral. Les autorités les reprochent d’avoir mené une caravane contre l’esclavage foncier dans le sud de la Mauritanie, contre les expropriations de terres des pauvres paysans locaux en faveur des pays arabes du Golf, des chefs de tribus maures et la féodalité noire mauritanienne pour affamer les populations. Les autorités Mauritaniennes ont envoyé le prix des droits de l’homme 2013 des nations unies en prison sans aménagement sur du faux et usage de faux, tout un symbole montrant leur mépris total sans crainte des institutions internationales comme l’ONU, la commission des droits de l’homme ici à Genève et les ONG internationales. Biram Dah et Brahim Bilal sont privés des soins dans le but de les laisser mourir à petit feu. Ils sont privés l’accès à leur dossier judiciaire, leur dossier médical et toutes visites y compris familiales. L’urgence est l’obtention la Libération inconditionnelle de Biram Dah Ould Abeid et Brahim Ould Bilal qui sont malades en les intégrant naturellement dans tous leurs droits civiques, sociaux, politiques et économiques. L’association des haratine de Mauritanie en Europe demande l’arrêt total du harcèlement judiciaire à coup de faux procès sur des militants des droits humains.

Des hauts dignitaires de l’état Mauritanien sont impliqués dans la  vente de 200 à 300 femmes noires comme esclaves aux riches Saoudiens, nous trouvons anormal que peu de gens poussent des cris d’indignations,  pourquoi ces deux poids, deux mesures des institutions internationales? Les vendeurs sont connus et libres de leurs mouvements, certains sont proches du président Mauritanien et de son entourage. En Mauritanie on condamne à mort par pelletons d’exécution sous un tonnerre d’applaudissement, d’encouragement de Madame la présidente de la commission des droits de l’homme IrabihaMint Abdel Weddoud et du commissariat aux droits de l’homme un jeune ingénieur, Mohamed Cheikh Ould MKheitir ; ces mêmes personnes viennent chanter, louer des supposés « progrès » en matière des droits de l’homme en Mauritanie tout en encourageant l’exécution du jeune condamné à mort qui s’est plaint des discriminations par ascendances sur la base d’une fausse interprétation religieuse. Pourquoi la Mauritanie continue à être classer  (A) comme exemple sûr en matière  du respect des droits humains par la commission des droits de l’homme ici à Genève, est ce que normal ?

En Mauritanie, l’état a commis un génocide tuant des milliers de noirs entre 1987 et 1992, déporte des milliers vers le Mali et le Sénégal voisins dans le but d’arabiser entièrement le pays,  refuse de juger les auteurs d’assassinats, l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) demande à la communauté internationale d’intervenir sur ces sujets auprès de tous les partenaires et bailleurs de l’état Mauritanien pour mettre fin à cette impunité.

L’enrôlement des mauritaniens en cours qui a débuté en 2011 exclut les populations noires malgré que le financement vient de l’union européenne pour les priver de toute possibilité d’une prise en charge socialement. L’effet immédiat a été d’avoir des Mauritaniens  de plusieurs générations qui se sont retrouvés aujourd’hui apatrides sans papiers d’identités à cause des closes impossibles à remplir que l’état Mauritanien exige aux populations noires  issues des ethnies : « Haratine, Haalpoular, Wolof, Soninké, Bambara »  qui sont les vrais  autochtones. Les haratine « affranchis » ou les Abid « esclaves encore » sont sans papiers  identités depuis  plusieurs  générations sous l’esclavage pour camoufler leur nombre exact ; ce qui les prive tout droit civique et social malgré leur nombre évalué au temps colonial  entre 45 et 55% de la population globale. Cette communauté n’est pas reconnue constitutionnellement  par la République Islamique de Mauritanie comme les autres communautés : « arabo-berbère, haalpoular, soninké et Wolof ».

Diko Hanoune : SG de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E). Association créée en Juillet 2001 reconnue par l’état Français à but non lucratif pour la défense des droits de l’homme, combat l’esclavage, le racisme et la féodalité.  Site : http://haratine.com/

Je vous remercie.
Genève le 16 Mars 2016.

Posté avec WordPress pour Android

Discours Mr Abidine Merzough coordinateur IRA EUROPE à Genève

image

Mr. le Président,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole au nom de UN Watch. Je m’appelle Abidine Merzough et je représente IRA-Mauritanie, une ONG qui lutte contre l’esclavage et le racisme dans la République Islamique de Mauritanie, un pays qui protège les esclavagistes et les tortionnaires auteurs de génocide.
La Mauritanie ratifie les conventions et prend les engagements, mais n’a jamais l’intention de les satisfaire. Lors de cet EPU, la Mauritanie a reçu 200 recommandations dont 40 portent sur l’esclavage confirmé. Mais le Chef de l’Etat a nié publiquement le 25 Novembre 2015 sur la chaine de télévision internationale TV5, l’existence de l’esclavage et considère que celui qui en parle est l’ennemi du pays et de l’unité nationale.

Monsieur le Président,

Les exemples que je vais citer se sont passés après le dernier EPU de Novembre et démasquent cet état esclavagiste, raciste et malhonnête :
• La justice mauritanienne refuse la tenue du procès en appel des détenus d’opinion Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhane.
• Nos militants sont bastonnés chaque semaine quand ils manifestent pacifiquement pour la libération des détenus.
• Une équipe de foot d’enfants noirs empêchée de représenter le pays, car les noirs ne doivent pas représenter une Mauritanie arabe dans une compétition arabe.
• Le refus d’établir un passeport au commissaire de police Mr Sall Djibril Zakaria, car il est noir et considéré non Mauritanien malgré ses 50 ans et plus de service à son actif.
• La découverte de 3 cas d’esclavage pratiqué sur des familles de 10 personnes, 15 personnes et 4 personnes.
• L’interdiction de l’émission « Wissamim » de la chaine TV Mourabitoune parce qu’elle aborde les sujets de l’esclavage et du racisme contre les noirs en Mauritanie.
• L’arrestation du colonel Ould Beibacar pour avoir témoigné sur le génocide commis contre les noirs en 1990.

Mr. le Président,

La Mauritanie reste le pays le plus esclavagistes du monde, le pays où le citoyen noir n’a pas de valeur. Nous demandons de fermes mesures contre ce pays pour qu’il satisfasse ses obligations.

Je vous remercie Mr. le Président.
Genève le 16 Mars 2016

Posté avec WordPress pour Android

[16/03/2016] L’éditorial de La Nouvelle Expression : Quand Abdel Aziz écrit à Pierre Kurunziza

image

Cher Pierre,
Après avoir consulté en interne le syndicat des chefs d’Etats africains, il m’a été suggéré de t’écrire et te présenter quelques pistes de solutions au problème auquel tu es confronté depuis quelques temps. Comme tu le sais, le syndicat ne t’abandonnera pas.
Mes suggestions que je te ferais, ici, sont le résultat de la Mauritanie actuelle que je dirige. J’ai pu neutraliser tous mes détracteurs et même le peuple avec.
Comme tu le sais, j’ai pu maitriser mon peuple. Et j’ai eu droit au surnom de Président des pauvres. J’ai appauvri tout le peuple. Aujourd’hui, je m’active pour que tous les citoyens de mon pays soient égaux en droits et en devoirs… dans la pauvreté. Ce peuple se démène dans l’insécurité, la misère noire et l’injustice implacable.
Cher ami Pierre,
La Mauritanie n’est pas le Burundi. C’est pourquoi, il n’y a pas lieu de comparer nos populations car on trouvera difficilement des similitudes. Mais cher collègue et frère, en absolutisme, toi et moi nous sommes semblables ; nous sommes pareils, mieux, nous faisons UN.
UN, pour la construction de notre domination sur les autres (partisans ou adversaires).
UN, pour notre détermination à être contre tous car il est difficile dans notre situation d’avoir des amis de confiance. Nous sommes UN, pour les intentions d’aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix pour nos peuples. Pour les profits, nous d’abord, nos familles et proches, ensuite, et les autres après.
UN, aussi mais, pour cela, partiellement pour la mainmise sur l’armée. Car chez toi, tu as des petits problèmes dans ta grande muette. Avec moi, un général de l’armée ne peut se rebeller car il sait comment il l’est devenu ; il sait surtout que l’insolence de son pouvoir économique et politique lui impose de s’aplatir et d’aplanir son comportement à mon égard. Il sait que son avenir et celui de ses proches sont en jeu et ne dépendent que de moi. De moi seul. C’est pourquoi, l’avenir du peuple n’est pas et ne peut jamais être la préoccupation d’un général, autre que moi.
Cher Pierre,
Il faut accepter que notre vision politique de la gestion des hommes a ses limites sous d’autres cieux, mais pour nos pays c’est une prouesse. Hé ! Hé ! Hé ! Toi et moi, sommes des cadeaux sacrés pour nos peuples ; nous sommes des élus (au sens divin du terme) pour être les guides des ouailles qui peuplent nos pays que nous conduisons selon notre humeur et notre bon-vouloir.
L’élite réfractaire à notre pouvoir dans nos pays doit rentrer dans les rangs de la soupe nationale, s’exiler ou… aller en prison.
Cher ami,
Je suis, avec beaucoup d’intérêt, le déroulement des événements chez toi. Naturellement, je suis indéfectiblement solidaire avec toi. Et je partage tes préoccupations.
Mais, Pierre, pense à rectifier le tir : cela te permettra de corriger tes erreurs d’appréciation de ta population ; pour moi, la mienne, je la maitrise et l’utilise comme je veux. Je te suggère d’accepter de dialoguer. Pour cela, il te suffit de chercher très vite un chef d’Etat voisin bien accommodant qui jouera à l’intermédiaire entre tes opposants et toi, et qui t’aidera à trouver un accord pour de nouvelles élections. Ce chef d’Etat te rencardera aussi sur les prouesses d’une honorable imprimerie britannique spécialisée dans l’impression de bulletins « migrants ». Est-il besoin de te rappeler que ces bulletins sont d’une efficacité redoutable pour réaliser les « Coup KO ».
Eh oui ! Pierre, je te parle en connaissance de cause : en 2009, grâce à mon frère, le doyen Abdoulaye Wade du Sénégal (Laye Ndiombor, selon ses détracteurs – Que Dieu nous évite de finir notre magistère comme lui !), j’ai signé les accords dits de Dakar avec mon opposition. Et tu sais quoi ? Pour endormir mes opposants, j’affichais en tout lieu et en tout temps un sourire (de crocodile), je leur ai même cédé, dans le gouvernement d’union nationale, les meilleurs postes ministériels (l’Intérieur, l’extérieur et celui chargé du pognon), histoire de les endormir. Avec la présidence de la CENI en prime. Et le jour des élections de ce béni mois de Juillet 2009, devant la communauté internationale et les pantins venus observer « les choses », Pan ! Pan ! Pan ! J’ai filé une raclée à mes concurrents qui n’ont vu que du feu. Qu’est-ce que tu veux, Pierre ? Je n’ai fait que comme les autres : je n’organise pas des élections pour les perdre bêtement. Pour ça, a-t-on besoin d’être un bon boulanger ou un excellent pâtissier ?
Crois-moi, Pierre : tu démissionnes. Tu acceptes la tenue des élections dans les trois mois qui viennent. Tu vas en campagne pendant cette période de transition en laissant à tes hommes de main le soin de négocier avec l’opposition. Pour cela, choisis des hommes d’affaires connus qui vont utiliser leurs amitiés occidentales pour faire passer ton plan, mais, dès que tu arrives à tes fins, débarrasses-toi d’eux. Trahison ?! Non ! Real politik, c’est tout.
Pierre, pendant la campagne, tu quittes le palais présidentiel sans accepter que ton remplaçant constitutionnel l’occupe. C’est le meilleur remède contre les envoûtements. Eh, oui, Pierre, tu connais l’effet du Vaudou, non ? Ici c’est autre chose.
En agissant ainsi, tu pourras gagner les élections par KO et tes adversaires seront hypnotisés par ce coup qu’ils n’ont jamais vu venir, pour quelques années encore.
Alors élu (recyclé, dirai-je), à toi tous les pouvoirs et la liberté de mouvement qui va avec, puisque tu ne te sens lié par aucun accord avec le camp opposé, le camp des aigris, le camp des vaincus. Devant les injures des opposants, fais le dos rond et réponds par le mépris. L’essentiel c’est que tu y es et tu y restes. Vogue la galère. La caravane… euh… aboie et les chiens… wow wow wow passent !!
Cher Pierre, le pouvoir et l’argent ne se « partagent » pas. Même si on s’en sert en donnant aux autres, avec parcimonie. Pour mieux gouverner, il faut fermer la porte à beaucoup de ceux qui t’ont aidé à atteindre ton objectif ; en prenant même quelques-uns de tes anciens ennemis dans ton pouvoir et en maltraitant continuellement tes soutiens d’hier qui le méritent amplement (après tout ce ne sont que des lèche-bottes, des applaudisseurs et des hocheurs de têtes).
Quand tu auras fini de privatiser le pouvoir et le pays, de transformer les murs du palais en murs des lamentations, de promouvoir les médiocres et pousser à l’exil les plus méritants, tu regarderas en arrière avec le sentiment du devoir accompli. Après tout, l’essentiel de toute œuvre n’est-ce pas de faire place nette ? Et libre à ceux qui ne cessent de rêver de printemps alors qu’ici c’est toujours l’été.
Hahahaha ! Mon ami Pierre, tu réussiras, tu réussiras. Comme je suis… euh, euh… en train de réussir…..
Ami Pierre, salut.
Camara Seydi Moussa

Source crédit : saheljournal.info

Posté avec WordPress pour Android