Tribune – Covid-19 – Mauritanie : « j’étais recruté par l’OMS et le ministère de la santé m’a remplacé par un autre » Par Mohameden Fall

Mohameden Fall – Dans le cadre de leurs activités de lutte contre la pandémie du coronavirus en Mauritanie, l’OMS Mauritanie recherchait des Epidémiologistes ou Médecins ayant une expérience avérée de surveillance des maladies au niveau du terrain. C’est dans ce cadre que ma candidature a été sélectionnée sur des critères precis et rigoureux. On a effectué une formation de 2 jours à l’hôtel Nouakchott et 7h de formation en ligne. Le projet avançait, les responsables de l’OMS nous avaient parlés des conditions et de la nature de notre travail, avec notamment l’affectation de chaque candidat dans une moughataa où il sera chargé du suivi des cas suspects de contamination au Covid-19. Ils nous ont même expliqués les grilles de salaires et du type de contrat en tant que fonctionnaire international des Nations-Unies. Dès le début de la formation, le représentant de l’OMS en Mauritanie avait expliqué que dans les règlements de l’organisation il ne peut y avoir de compétition entre le ministère et l’OMS. Donc tous les candidats qui sont fonctionnaires n’ont qu’à se signaler car ils vont envoyer la liste pour vérification au ministère. Même s’il se trouve que le contrat est déjà signé et le candidat affecté, si le ministère confirme qu’il est fonctionnaire, le contrat sera résilié et le candidat retourné à Nouakchott. Il a expliqué ensuite que l’organisation payait beaucoup plus que le ministère et que leur objectif n’était pas de récupérer les fonctionnaires du ministère. Voilà les raisons qui les ont poussés à procéder ainsi, c’était clair dans notre tête et on était tous d’accord la-dessus. Même si ça n’arrangeait pas certains candidats qui sont des hauts cadres du ministère de la santé qui avaient une disponibilité du ministère. Durant une pause café, j’ai entendu un collègue (ancien DRH du MS) dire que ce n’est pas normal que l’OMS fixe des règles comme ça. Mais il a oublié que l’Etat a donné son accord sur le principe et a validé ce programme que l’OMS va financer et piloter. C’était la meuilleure chose d’ailleurs pour le pays car le représentant de l’OMS en Mauritanie est de renommée internationale parmi les meuilleurs experts mondiaux contre les pandémies. En 2018, en pleine pandémie d’Ebola, le directeur de l’OMS l’a appelé pour lui dire que d’après les plus grands experts, il est le mieux placé pour l’endiguer. Il a quitté Nouakchott pour le Congo pour diriger la riposte sur place pendant 8 mois. Cet homme n’est pas un amateur dans la lutte contre les épidémies et pandémies. Un médecin de formation militaire, qui a travaillé aux USA pendant 11 ans et dans d’autres pays, ne peut pas faire des choses sans respecter les lois des pays. Alors voilà après une semaine d’attente, alors qu’on devrait partir depuis, on reçoit un e-mail de l’OMS qui regrette la tournure des événements et nous dit que après des discussions avec le ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’OMS ne gère plus le programme et que désormais pour plus d’informations de se rapprocher de la faculté de Médecine de l’université de Nouakchott. Un groupe de délégués s’est constitué parmi les candidats, qui a rencontré le ministre qui les a promis que le projet va se poursuivre et sera remis à l’OMS et que les 57 candifats qui étaient deja recrutés par l’organisation mondiale de la santé seront reconduits. A cela, il a ajouté que la faculté va recruter quelque trente étudiants de derniere année en plus. En donnant l’assurance que les recrutés de l’OMS seront maintenus et n’avaientt aucun rapport avec le groupe d’étudiant recrutés par la fac. Voilà ce qui s’est passé et aujourd’hui, après 2 semaines de patience et de stress, le ministère de la santé a empêché l’OMS de faire un recrutement normal. Aujourd’hui [04 Mai] à 21h certains qui étaient recrutés par l’OMS ont reçu un mail avec une liste de 90 personnes recrutées dont certains n’ont que un bac+2 (des sages femmes et infirmiers). Aujourd’hui 05 mai 2020 des jeunes Mauritaniens qui n’ont pas voulu faire du bruit pour ne pas gêner l’Etat dans sa démarche sont victimes d’un lobby proche du ministère et de l’appareil d’État qui ont fait que leur décision soit la décision de l’Etat au détriment de toute éthique, équité ou morale et au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui, des jeunes dont je fais partie ont été écartés du groupe parce qu’on observait dans le respect et la bonne conduite la décision du ministre. Aujourd’hui j’ai compris que ce pays est injuste et des gens au plus haut sommet de l’Etat ont créé ce problème pour parasiter le projet de recrutement parce qu’ils ont des proches qui avaient raté l’occasion. Personnellement je savais comment ça marche ce pays, mais en ce mois de ramadan et avec l’avènement du Président Ghazouani je me disais que ce n’etait plus possible. Aujourd’hui j’ai compris comment marche ce pourri système administratif Mauritanien. Mais, Allah est le plus Grand Juge.

Voir liste jointe :

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=735746

Contribution : « l’esclavage statutaire en milieu soninké » l’étudiant – chercheur Ismail Traoré

En écoutant les uns et les autres, notamment sur la question de l’esclavage statutaire ou coutumier, donc par ascendance, je me suis aperçu que de nos jours, beaucoup d’intellectuels et cadres soninkés se rangent du côté des masses populaires analphabètes.

Les paroles le plus couramment proférées sont, entre autres : «L’esclavage est révolu »; «Nul ne doit être exploité, légué et/ou cédé»; «Tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité ». Ces propos sont certes augustes et fédérateurs. Ils sont tout de même ironiques. Car étant issus de l’horde féodal, ces derniers ne peuvent ni tenir des discours prolifiques ni ériger des lois fiables, encore moins trouver des compromis sur des sujets à caractère litigieux.

Il est à déceler aussi chez ces personnes un sentiment d’indifférence voire un comportement d’apathie et de passivité. Loin de prendre une position perfide, je réagis en tant qu’individu appartenant à la même société dont à présent indigné face à des pratiques d’antan rétrogrades.
Je suis écœuré d’entendre encore par des témoins oculaires que chez nous, des maisons sont saccagées, des champs sont défrichés, des hommes sont chassés de leurs villages, certains ont été ligotés et battus avec des machettes et des gourdins parce qu’ils ont dit qu’ils ne veulent plus l’esclavage coutumier ou par ascendance.

Ces actes exclusivement odieux et vraisemblablement insensés sont répréhensibles. S’agissant des auteurs des crimes, ils doivent comparaitre devant les cours pénales. Ces chauvins et les soi-disant ténors se laissent guider par un instinct animal, puisqu’ils réagissent sans moindre scrupules. Leurs assauts ne se bâtissent sur aucun plan stratégique.

Ce qui s’est passé le 05 avril 2020 au Mali, plus précisément à Lani Tounka dans la circonscription de Kayes est inadmissible. En effet, un groupe majoritaire pour ne pas dire aristocrate garni de toute sorte d’armes blanches s’est levé contre les familles prises pour inferieures, puisqu’elles sont minoritaires afin de les lyncher et d’incendier leurs foyers y compris leurs magasins de stockage.

À noter également que les membres de cette communauté sont écartés des affaires villageoises telles que les cérémonies funéraires, nuptiales… De même, ils sont dépossédés de leurs terres agricoles, les filles et les garçons ne sont plus scolarisés parce qu’ils ont été interdits à l’école de la ville. Pareil, leurs défunts ne sont plus enterrés dans le même espace que les autres. Ces problèmes ne concernent pas seulement cette localité.

Environ 70% des villages soninkés du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, où de nombreuses personnes ont été tuées, se retrouvent dans cette posture. Quelle horreur !
C’en est trop ! Il est temps de tourner la page de l’Histoire. Le soninkara entier doit se lever pour dire non à l’esclavage statutaire ou par lignage; non à la violence physique; non à l’outrance verbale; non à la scission ethnique ! Le célèbre écrivain malien Seydou BADIAN ne dit-il pas que « La maison n’est belle que lorsque chacun y reconnaît sa part de labeur ». Et moi je dirai le jamaane (nation), le debbe (village) et le kunda (quartier) ne sont admirables que quand tout le monde s’y sent utile et ragaillardi.

L’éclatement étatique, clanique et communautaire m’étouffe. Je dois arrêter de me voir en cordonnier, en noble, en forgeron, en griot ou encore en esclave. De même, je dois cesser de me voir en maure, en soninké, en peul, en wolof, en bambara, en malinké. Je dois juste me voir en citoyen du monde, en être civilisé.
Je ne pourrais conclure sans me rappeler le théoricien de la “non-violence” Mahatma Gandhi à travers Robert Deliège Gandhi sa vie et sa pensée : « La non-violence n’est jamais un acte de faiblesse, une démission et encore moins l’expression d’une peur. La non-violence est le moyen d’arriver aux buts que l’on s’est fixé ; elle est à la fois un moyen et une fin en soi ». Que tout se fasse sans la violence !

Ismail Traoré

Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France

ismael172017@yahoo.com

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/contribution-lesclavage-statutaire-en-milieu-soninke/

Mauritanie – les terribles non- dits autour de viols : « Quand l’horreur se banalise c’est que l’humain se meurt. » Par Bocar Oumar Ba

Une petite fille de 5 ans violée à Nouakchott. Encore une. La mienne, la vôtre, celle du voisin. Je me souviens de l’année 1997 où ma vie de journaliste fût happée des semaines durant par une série de viols, quelques fois suivis de meurtres de petites filles de 2 à 8 ans, par celui que j’avais décidé d’appeler « le monstre de Nouakchott ». A chaque fois qu’il avait fait son forfait, il déposait les pauvres petits corps toujours au même endroit: aux alentours de la Foire. Le crime, tant par son ampleur que par son caractère innommable, était inédit dans notre capitale et bouleversait la vie des nouakchottois. La presse avait délaissé sa passion pour l’actualité politique pour ne titrer que sur le monstre. C’est dire combien l’opinion était scandalisée par cette série de crimes.
Dès les premières découvertes de corps de petites filles, j’avais pu écrire dans un article que je trouvais troublant qu’alors que les alentours de la foire étaient surveillés par les forces de l’ordre, le monstre puisse quand même y déposer des corps sans être appréhendé. J’avais émis l’hypothèse (qui a beaucoup déplu d’ailleurs) que le monstre fût peut-être un homme de loi, pour pouvoir ainsi se rendre « invisible » dans un endroit en principe truffé de policiers. Le scandale du coup n’était presque plus la série de crimes, mais mes « sordides accusations contre les forces de l’ordre ». Quand au bout de deux mois le monstre fut arrêté, on découvrit que c’est un ancien homme de loi qui se promenait en tenue pour faire sa sale besogne…
J’avais été particulièrement bouleversé par la rencontre d’avec l’une de ses toutes dernières victimes. Elle avait 3 ans. Je m’étais rendu à l’hôpital national pour interviewer sa mère, et dans la discussion que nous avions, je réalisai que la victime est en fait la fille d’un de mes voisins à Kaëdi. Il n’y a guère qu’une maison entre nos deux concessions familiales. Autant dire un frère.
J’ai quitté mon pays un an plus tard étant loin d’imaginer que ce que je croyais n’être qu’un horrible cas isolé, révèle en fait une terrible tare de notre société si encline à se parer de vertus quand elle se raconte. C’est l’hypocrisie et la mesquine pudibonderie dans une société où la sexualité la plus ordinaire ne se parle pas, qui nous empêchent de dénoncer les milliers de viols de case et de tente que nous taisons par lâcheté. Combien de filles sont violées au quotidien dans nos villes, dans nos villages, dans nos maisons?
Combien de jeunes filles et de jeunes femmes sont victimes chez nous de ce viol encouragé que nous préférons appeler par euphémisme « mariage forcé » pour les plus courageux d’entre nous, et « arrangé » pour les autres? Combien de filles et de femmes « esclaves » sont chez nous violées par « droit de cuissage »? Rien que l’expression suffit à sa bâtardise!

Nous préférons dénoncer par épisodes de crimes odieux, parce que nous sommes d’éternels intermittents de l’indignation. Nous avons du mal, moi le premier, à entendre le cri quotidien de toutes ses courageuses femmes qui nous disent que notre société est en dérive. Quand elles évoquent leur envie de liberté dans notre société ostracisée, au mieux les plus intelligents parmi nous gèrent leur gène par l’esprit de dérision.
Bientôt, le ramadan aidant, nos doctes se draperont de leurs grands boubous blancs pour nous apporter la bonne parole. A chaque fois qu’ils parleront des femmes, ce sera pour leur rappeler leurs devoirs vis à vis des hommes. J’ai coutume de dire que l’islam chez nous, en tous cas celui qui se raconte au quotidien par nos doctes, c’est l’islam des hommes, qui parlent uniquement aux hommes obsessionnellement des femmes!
C’est peut-être déjà là où le bât blesse…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur du 21/04/2020

Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste (IRA-MAURITANIE)

🔹️Note d’alerte

Les militants de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) – Mauritanie sortaient, le matin du 20 avril 2020, sur l’avenue principale de la capitale Nouakchott, pour réclamer, pacifiquement, la libération de Mariem Cheikh injustement incarcérée 8 jours plus tôt. Mariem Cheikh est une blogueuse qui dénonce les dérives du système de domination ethno-tribal, sa prédation et son recours récurrent à la violence, comme unique mode de régulation des contradictions dans la société.

La police, intervenue en surnombre, s’est violemment attaquée aux militantes et militants, les a lourdement chargés, battus, par de coups de matraques, de gourdins et de bottes. Les forces de l’ordre, en nombre, intervenaient à bord de plus d’une dizaine de pik-up, en tenue anti-émeute. Selon un premier décompte, l’on déplore 5 blessés hospitalisés et une arrestation.

Certains blessés souffrent de contusions au thorax, à l’abdomen, aux jambes et mains oû ont subis des coups à la téte et affichent des hématomes :

  • Cheikh Vall
  • Abdallahi Homody
  • Sidi Nagi
  • Beddine Mechinou
  • Mohamed Sghair.

Fut également interpellée, en état de déstresse physique :

  • Mama Moussa

Les images, jointes, témoignent de la grande brutalité de la police politique.

Ira-M réitère son engagement non-violent, visant à faire éclore une société égalitaire, un Etat de droit où cesseraient de prévaloir les interdictions de partis et mouvements dédiés à la défense de la dignité de l’Homme noir. Le maintien de telles exclusions, grâce à la connivence du groupe mono-ethnique et mono-colore des généraux avec les milieux et l’élite suprématiste arabo-berbére, expose le pays à l’effritement, de l’intérieur, dont résulte un surcroît de fragilité face au péril mondial du terrorisme. La Mauritanie, prise en tenaille, entre la pandémie du Covid-19 et la désagrégation de la citoyenneté, n’a plus les moyens de l’autoritarisme ni le souffle de la résilience sur une simultanéité de fronts. Ses partenaires – régionaux et au-delà – se doivent d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit d’une gouvernance qui menace la stabilité et la paix.


Ira-M


Nouakchott, 20/avril/2020

Tribune : Médecine « bienveillante » et retour de la raison coloniale, Par Sidi N’diaye

Il est des temps exceptionnels qui rendent possible la libération de racismes faussement habillés de bienveillance. Quand arrivent ces temps, les digues de la décence et de la retenue entretenues par les règles implicites et explicites de la vie en communauté se fissurent par endroits, laissant suinter la boue et les excréments. 2 avril 2020, le Covid-19 continue d’arracher des vies, et alors que le monde est frappé de stupeur, des effluves pestilentiels remontent à la surface :Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin, propose sur le mode interrogatif de tester un vaccin en Afrique « où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation. Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le sida…». Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale acquiesce: « Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique ».

Bienveillance ? Non,déchets, ignorance et arrogance rassemblés dans l’esprit et les mots d’hommes de science. Une surprise ? Une nouveauté ? Non, pas pour les Africains qui ont appris dans la douleur que le statut d’homme de science (souvent ce mâle de type caucasien prétendant tout savoir) ou d’homme éclairé n’est en rien synonyme d’intelligence sociale, encore moins d’humanité, de générosité, de respect et de bienveillance.
Depuis que des hommes éclairés ont prétendu avoir « découvert » un continent exotique abritant d’innombrables richesses et des peuples barbares aux mœurs étranges, depuis que d’autres hommes éclairés ont prétendu dire cet ailleurs à la place des gens qui y vivent, qu’ils ont dans le même geste légitimé l’esclavage et la colonisation, l’Afrique est devenue le lieu de tous les fantasmes et projections lugubres. Même lorsque le regard se tourne vers quelques figures progressistes, il finit par se heurter à une condescendance, un paternalisme et des appétits prédateurs. N’est-ce pas par exemple Victor Hugo, anti-esclavagiste répondant à un Victor Schœlcher pressé de « porter la lumière à des populations encore dans l’enfance » qui s’exclamera : « Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre (…). Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la » ? N’est-ce pas Jules Ferry, artisan de loi portant sur l’instruction obligatoire, laïque et gratuite qui soutiendra en 1885 devant des députés français, dont beaucoup ont été désarçonnés, « qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles de civiliser les races inférieures », et de conclure avec assurance : « est-ce que vous pouvez nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? ». Les exemples sont légion, et il serait malvenu de justifier pareils propos en les adossant à leur contexte et à leur temps.
Ce n’est donc pas par pur hasard que des médecins occidentaux, en ce XXIe siècle, jugent intelligent de sauver l’Afrique en lui « proposant» de tester des vaccins sur ses gens. Bien au contraire. C’est non seulement parce que subsistent dans les mémoires des traces d’une idéologie raciste (même celle qui s’ignore), mais aussi parce que l’Afrique a longtemps été le terrain privilégié de la médecine coloniale et de ses expériences. Associée à l’anthropologie physique qui a conduit à des dérives macabres, cette médecine, quoi qu’en disent ses défenseurs (ils sont nombreux), a semé la désolation et la mort en Afrique. Il en est ainsi du vaccin contre trypanosomiase humaine ou maladie du sommeil. Dans Le médicament qui devait sauver l’Afrique, pour ne citer que les rares travaux en langue française, Guillaume Lachenal revient sur la découverte de ce vaccin et son administration aux populations africaines. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Lomidine est découverte. Dans l’enthousiasme, de grandes campagnes de ‘lomidinisation préventive’ sont organisées dans toute l’Afrique. La molécule se révèle inefficace et dangereuse, mais ceci ne freine pas les médecins ». Cet acharnement s’expliquait non seulement par des considérations économiques, à savoir l’entretien de la force de travail et de production des colonies, mais aussi par le souci qui était celui des médecins de ne pas faire reposer le coût élevé des pertes humaines liées à l’administration du vaccin sur les Européens, en particulier ceux qui étaient installés en Afrique et qui n’ont jamais été vaccinés.
On sait aujourd’hui que la Lomidine n’a pas été la seule tueuse d’Africains. De nombreuses campagnes de vaccination censées prévenir ou lutter contre des maladies comme la bilharziose, la syphilis, le pian…ont aussi, paradoxalement, engendré la propagation rapide de d’infections meurtrières. Ce fut par exemple le cas de l’hépatite C au Cameroun, en République centrafricaine ou en Egypte, et dont des recherches ont montré qu’elle s’était généralisée du fait d’une entreprise massive et forcée de vaccination (« Quand la médecine coloniale laisse des traces », Les Tribunes de la santé, 2011). On ne peut donc que se réjouir que les Africains, conscients de ce que des générations de malades et de vies perdues doivent aux entêtements d’apprentis sorciers soutenus par des politiques scélérates, se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer d’une seule voix, y compris par les voies légales, la médecine raciale « bienveillante » et la raison coloniale.

Sidi N’Diaye, Politiste, pour ADN

©️ Crédit source: https://africadiaspora.news/2020/04/medecine-bienveillante-et-retour-de-la-raison-coloniale/

Réflexion – Tribune : La fraternité dans le mensonge est-ce de l’hypocrisie ou une peur déguisée ? Par Souleymane Sidibé

Aujourd’hui, le lynchage de personnes dans la région de Kayes (Mali) précisément dans le village Lany de Gadiaga montre comment la culture de l’ignorance crée des monstres animés de fantasmes sanguinaires et féodaux. Les personnes disent ne plus respecter un ordre de caste établi, et ils subissent le lynchage par des coups et l’animosité flagrante . Les autorités maliennes ne sont pas dans les lieux pour y mettre un terme. Dans un vocal lu et vu sur Facebook, un des tenants de la barbarie ici en France disait que les autorités ne les tueraient point mais les mettraient juste en prison après cette haine déversée! Il est urgent de porter plainte contre cet individu.

L’indignation doit être primordiale dans cette situation écoeurante. Les intellectuels Soninkés sont divisés. Tous remarquent bien les faits mais certains ne réagissent pas, sûrement pour se recroqueviller encore dans leurs nids d’illusions. Il y’a urgence de créer la citoyenneté, et de se débarrasser de ces statuts de chefs de village à famille de marabouts par ascendance et « esclaves » en Afrique de l’Ouest.
Le rôle de tout État est de protéger sa population. L’Etat doit garantir ces trois choses que sont la sécurité, l’ordre et la paix, s’il le faut par l’usage de la force. Machiavel dit de la force qu’elle est l’essentiel du pouvoir politique. L’expression raisonnable et légitime de la force nationale malienne est plus que nécessaire face à ces barbares et sadiques qui osent déshabiller une femme, une maman au vu et au su du monde (avec les internautes sans mot). Sans oublier les coups et blessures très graves infligés à une multitude de personnes. Les fondements sociaux de cette bêtise humaine étaient les laada(s). Ce sont des accords culturels hégémoniques de certains vis-à-vis d’autres. Cela explicite le rôle social minimisant pour certaines franges dans les cérémonies comme dans toute autre activité sociale même dans l’exercice de la foi . Il faut noter par ailleurs que c’est là le socle de l’inégalité et de l’injustice. C’est le rappel des réflexes de subordinations. Les castes sont la matérialisation de la culture et l’identité culturelle. C’est odieux!
Avec Gambanaxu ou le réveil de Soni kara (la communauté des Soninko), les esprits même les plus faibles ont compris comment sont régis les mécanismes culturels. De nos jours, ce mouvement citoyen a déclenché l’émancipation des mentalités, et surtout le détachement de l’ignominie et de l’ignorance. Le « noble » n’est en rien supérieur à celui appelé « esclave », le soi-disant «marabout» par ascendance est un faux arc social (faux fondement), les dits griots et forgerons ne sont pas des sous humains dont l’essence de la vie serait de faire des éloges ou des bijoux continuellement jusqu’à la fin des temps.
Allah dans le saint coran nous dit: « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. » Coran 49.13
Le messager de Dieu, Mohamed (Saws) dit : « Dieu ne regarde ni vos formes ni vos corps mais Il regarde vos coeurs et vos actions. »

« N’est pas des nôtres celui qui prône le racisme, ni celui qui se bat ni celui qui meurt pour une cause raciste »

Il a réaffirmé ces principes lors de son discours d’adieu :

« Ô gens votre Dieu est Un et votre ancêtre est un. L’Arabe n’a aucun mérite sur le non Arabe, ni le blanc sur le noir, sauf par la piété… « Ô gens, vos sangs, vos biens, vos honneurs sont inviolables jusqu’à la rencontre de votre Seigneur, aussi inviolables que ce jour-ci, en ce mois-ci dans ce lieu-ci. ».
Il est important de rappeler que la religion est le ciment de nos sociétés. Elle est dans la main de parfait manipulateur, si l’on ne se trompe. Ils ont fait fi de la parole d’Allah et son message et de la raison (lumière naturelle) comme du bon sens.
Les textes des droits humains nous rétorquent: « Tous les Hommes naissent libres et égaux ».
Quand un individu dit qu’il est supérieur socialement et humainement mieux élaboré, c’est de l’ignorance. Les dits intellectuels de certaines couchent Soninkés ont inoculé le vaccin anti traitement de tares. Les individus de sens communs quant à eux ont en tête le mode de vie nostalgique érigé en outil de valorisation et de survie. Une chose est sûre, il faut retenir que la bêtise humaine n’a pas de limite. « Elle insiste toujours» comme affirmait Albert Camus. Ainsi, tout ce qui est appelé à disparaître n’insistera plus.
Face à la reconnaissance des droits élémentaires qui émanent de la dignité et la revendication, certains esprits enchaînés se sont déchaînés par la haine sur les pauvres villageois comme eux. À l’Etat malien de faire son travail actuellement, aux associations de la société civile libre d’agir, aux radios internationales de parler, et à l’humanité de se ressaisir.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots
Martin Luther-King

#je_suis_soninke_et_contre_la_bêtise

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur

À Lany au Mali, ce coronavirus féodal et esclavagiste soninké dans ses actes criminels (en images)



Images reçues du terrain tard dans la nuit du 6/4/2020

Dans la journée du dimanche 5 avril 2020, un groupe de plusieurs jeunes venus de 3 villages (lany modi, lany tounka et lany takhoutala), a attaqué les membres de la communauté GANBANAAXU du village.

Du terrain de foot jusqu’à dans certaines maisons, un déchaînement d’une violence inouïe a visé systématiquement des personnes identifiées comme étant membres du mouvement anti-esclavagiste et anti-féodal dans le village. Un véritable guet-apens haineux et criminel causant plusieurs blessés graves et mise à feu dans des demeures. Gourdins et armes blanches, tout a servi pour sévir contre des paisibles gens (femmes, vieux et jeunes) dont leur seul tort, c’est d’avoir osé dire « Nous ne sommes pas esclaves ». Une honteuse bizarrerie sur les terres africaines aujourd’hui au 21ème siècle entre Noirs d’un même groupe sociolinguistique. Quand l’actualité mondiale est marquée par la menace de la pandémie Covid-19 , certains milieux soninkés ratés de l’Histoire contemporaine se trouvent comme priorité existentielle, la défense des coutumes moyenâgeuses qui discriminent, humilient et agressent. Triste RÉALITÉ !

On se demande s’il est nécessaire encore de pointer le laxisme ahurissant et les complicités évidentes de pouvoirs publics au Mali face aux extrémistes féodalo- esclavagistes soninkés dans certaines localités. Depuis 3 ans au Mali, le régime coutumier soninké basé sur la hiérarchisation sociale s’est muté par endroits, en ordre agressif d’une violence inédite à l’encontre de personnes qui refusent les humiliations sociales de l’esclavage statutaire.

©️ Sources recueillies : Ganbanaaxu Mali

🔹️Par KS pour le BLOG

Propos scandaleux sur LCI en France : Le verbe exprime ce que l’on pense vraiment. Par Le sociologue Boulaye Diakité

Deux medecins sur LCI appelent a experimenter un vaccin contre le corona virus sur les « pauvres africains », nouvelles souris de laboratoire du monde. Le crime banalisé, une expérimentation médicale sur un peuple donné.
Les révolutions humaines nous confirment qu’aucune société ne peut se construire durablement sur les mensonges et les crimes qu’il s’agisse d’un régime dictatorial, d’un lobby ou encore d’un cartel.
Des personnes malintentionnées oublient vites que leurs arrangements louches au nom de la toute puissance économique ne peut résister à la colère des peuples.
Osons le dire, un criminel reste un criminel. Le verbe exprime ce que l’on pense vraiment. Banaliser ces théories d’expérimentations est un crime. Deux spécialistes dans leurs domaines respectifs tenant de tels propos, il faut s’en méfier.
La banalité du mal un concept philosophique développé par Annah Arendt explique que le mal ne réside pas dans l’extraordinaire mais dans des petites choses pour commettre les crimes les plus graves. Ces paroles que certains prétendent minimiser s’induisent dans l’erreur.
Il s’agit des personnes qui ont renoncé à la morale, à l’éthique de leur métier et leurs engagements personnels, pour commettre les crimes les plus atroces.
L’humanité s’est dit être en guerre contre le COVID19 mais les malintentionnés sont en guerre pour le profit et leurs egos.
Aussi violent que le sujet soit, les soldats médiatiques se comprennent et partagent les mêmes idées. Ces discours et discussions à longueur de journée considérés comme anormaux et pathologiques. Ces soldats médiatiques se donnent le droit dans le verbe pour exprimer leur vision du monde. La confiance règne.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (3/4/2020)

Tribune – Réflexion : 《Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.》 Par Kamara youssouph

Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste.
Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque.
On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif.
On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien.
À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties.
On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux.
Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe.
Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! –
Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre.
Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés.
Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.


Youssouph Kamara


youssouph1@yahoo.fr

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur – 21 mars 2020

Mauritanie – Covid-19 :《Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort… 》Par la Journaliste Mariem Derwich

Crédit photo : FB

Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort…
Notre pays a mis en place tout un éventail de mesures, dont la plus radicale est ce couvre-feu dès 18 H… Mais cela ne suffira pas. Les mots et déclarations pieuses de suffiront t pas. Il faut confiner, oser ce confinement, oser… Interdire les rassemblements, réprimer ces rassemblements s’il le faut.
Fermer les marchés et réfléchir à des boutiques « alimentaires »…Réfléchir à une gestion plus locale de cette pandémie au vu du nombre de miséreux chez nous, miséreux qui verraient leur ultra précarité augmenter avec le confinement; réfléchir à des distributions de denrées, de vivres, de savon… Réfléchir et stopper ces coupures d’eau et d’électricité qui ne permettent pas les gestes prophylactiques nécessaires et qui aggravent et la misère et la transmission du virus…
Réfléchir au fait que malgré le fait que l’Afrique est habituée aux pandémies, nos installations hospitalières en sont au degré zéro d’une lutte contre une pandémie ( combien de respirateurs dans nos hôpitaux?).
Réfléchir au fait que nous nous contentons de nos habitudes sociales collectives au détriment d’une lutte efficace contre n’importe quelle pandémie.
Réfléchir au fait que s’enfermer chez soi aujourd’hui est un luxe de la bourgeoisie locale.Et que nous l’avons accepté, comme si la misère et le manque faisaient partie somme toute d’un « paysage » local presqu’exotique… Que la majorité de la population vit dans des conditions sanitaires effroyables, la promiscuité favorisant la transmission de tout et n’importe quoi.
Interdire les regroupements dans les mosquées ( des pays musulmans et des érudits religieux célèbres, de l’Iran au Koweit en passant par les pays du Maghreb ont interdit les prières collectives…Pourquoi pas nous? FOutu orgueil assassin de notre part qui nous sentons « meilleurs » musulmans que les autres…) nonobstant les cries d’orfraie de ceux qui, par ignorance, préfèrent envoyer les hommes à la mort plutôt que de les protéger ( et j’accuse certains de nos religieux de crime, oui, ceux qui refusent la fermeture des mosquées et qui favorisent ainsi la transmission d’un virus qui tue aussi – ne regardent-ils pas ces images qui nous viennent de l’Italie????) , ne pas ré ouvrir les écoles…
Le virus n’a pas de « pieds ». Il ne circule que grâce aux hommes. Il ne peut voyager s’il n’a pas de « véhicule » qui lui permet de passer d’hommes en hommes…Ce véhicule c’est nous. Nous.
Il y aura bien un avant et un après Covid-19.
Et à nous de savoir ce que nous voulons : sauver l’économie ou sauver l’humain…
Sauver les enfants, les femmes et les hommes et non pas une vision stérile du vivre ensemble….

©️ Crédit source: post Facebook Mariem Derwich (22/03/2020)