À l’entame de cette nouvelle année 2021, l’équipe animatrice de votre BLOG SONINKIDÉES – J’OSE vous souhaite une heureuse année. Qu’elle soit une année pleine de santé, de réussite et de paix dans votre entourage familial, professionnel et relationnel.
Nous exprimons notre reconnaissance aux auteurs et sources médiatiques (sites internet) des différentes contributions intellectuelles et d’informations qui nous ont été envoyées ou mises à disposition pour publication.
Un grand MERCI à nos visiteurs de par le monde entier. Vous êtes plus de 235 300 à avoir consulté régulièrement ou occasionnellement nos différentes publications depuis Avril 2015 (Date de notre migration sur la plateforme WordPress). Nous comptons tenir avec nos modestes moyens matériels et intellectuels, cette voi(x)e participative d’éveil citoyen et d’information militante.
À suivre ci-après en exclusivité l’interview avec le président de L’EED (Ensemble pour l’espoir et le développement), monsieur Waly Diawara.
●Question 1 : Bonjour monsieur Waly Diawara, pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ?
Waly Diawara : Je suis Franco-mauritanien, natif du village de Boully au Guidimakha en Mauritanie.
Âgé de 44 ans, je suis père de 3 enfants et vis actuellement entre le Sénégal, la Mauritanie et la France.
Diplômé d’un DUT en Logistique et Transport, j’ai orienté mes études vers une Maitrise en transport et un troisième cycle en Management de la fonction Achats de l’école de commerce de Grenoble. J’ai par la suite occupé diverses fonctions en France dont celle de Directeur des Services et Moyens Généraux à l’Afpa.
En parallèle de ma fonction de Président de l’association L’EED, je suis PDG de l’entreprise « Les Vergers du Sahel Mauritanie ». L’entreprise est spécialisée dans l’élevage, l’agriculture, l’agroalimentaire et la transformation. J’ai décidé de rentrer au Pays, pour être au plus près des projets, et apporter de façon directe ma contribution au développement du Pays.
●Question 2 : Quelle a été la genèse de l’association L’EED (Ensemble pour l’Espoir et le Développement) que vous dirigez ?
WD : L’EED, Ensemble pour l’Espoir et le Développement est une association que nous avons créée en 2015. L’idée est née du constat déplorable du manque de structure et de moyens dans les domaines phares sociales, économiques et sanitaires. Malgré, la présence de plusieurs associations dans chaque village voulant endiguer ces maux, le développement local ne peut perdurer sans une cohérence globale. Dans la mesure où, toutes les associations et toutes les localités partagent les mêmes réalités socioéconomiques, il fallait mettre en œuvre une organisation qui rassemble et massifie les ressources et les moyens. Nous devons sortir des logiques communautaires si nous voulons cheminer vers le développement. Le développement doit se faire à l’échelle d’une coopération entre les localités et les populations sans aucune autre considération. Pour faire court, le développement est possible uniquement si nous œuvrons ensemble dans ce but.
C’est à partir de là, que nous avons décidé de créer en Aout 2015 une association qui a pour objectif de mobiliser les ressources techniques, intellectuelles et économiques de toutes les bonnes volontés et citoyens à travers le monde pour contribuer à l’amélioration des conditions de ses bénéficiaires dans les territoires d’intervention de L’EED (France, Mali, Mauritanie, Sénégal). Notre ambition est de fédérer toutes les personnes autour d’engagements communs de solidarité et de mutualisation pour un véritable développement endogène. L’EED repose sur un modèle économique participatif où tous les acteurs contribuent et sont acteurs du développement.
Uniquement présent en Mauritanie et en France, L’EED a repoussé les barrières des frontières en intervenant au Mali et au Sénégal depuis 2019.
Aujourd’hui, L’EED intervient dans le domaine de la santé, l’éducation, l’agriculture, le développement durable et l’accompagnement social pour le développement et l’autonomisation. Nous comptons plus de 20 000 membres dans le monde et avons reçu la confiance de l’État, des collectivités territoriales, des associations locales, de la population locale, des populations originaires des régions mais habitant à l’étranger, des agences de développement, des coopératives pour ne citer qu’eux.
● Question 3 : Après quelques années d’activité L’EED, pouvez- vous nous présenter quelques réalisations phares et en projets, et également les difficultés rencontrées ?
WD : L’EED s’attache à améliorer les conditions de vie dans ses zones d’intervention. La santé est l’élément primordial, comme le dit si bien un proverbe oriental : « la santé est le trésor de la vie ».
Brièvement je vais vous citer quelques-unes de nos réalisations :
Le Dispositif Aide Médicale appelé DiAiMe de L’EED permet l’accès aux soins de qualité pour les populations de nos territoires d’intervention en supprimant les barrières pour les personnes les plus nécessiteuses, grâce à la solidarité de toute la population. Son originalité s’inspire du système d’assurance santé français. Ce modèle économique inclusif consiste à impliquer le citoyen y compris le bénéficiaire. DiAiMe répond en premier lieu à un principe humanitaire, mais aussi à un objectif de santé publique et de pertinence de la dépense collective.
97 389 actes de soins individualisés ont été réalisés en 2019 dont 45 773 femmes (47%), 37 982 enfants (39%) et 13 634 hommes (14%). Ce dispositif d’accès aux soins pour tous permet à L’EED de prendre en charge :
Les évacuations sanitaires d’urgence pour tous les patients,
Un « Pass_grossesse » pour toutes les femmes composées des prestations suivantes : échographie, prise de tension, pesée, analyse d’urine, mesure de la hauteur utérine, pharmacie… autant de gestes auxquels s’ajoutent des questions permettant de vérifier le bon déroulement de la grossesse pour toutes les femmes.
Carte santé de prise en charge des frais de pharmacie pour les populations défavorisées permettant ainsi de corriger les injustices sociales, face à la santé des populations
Dans le secteur de la santé, L’EED a, en plus, financé les formations de 10 Sages-femmes dans les écoles de santé publique de Sélibaby, Kiffa et Néma qui exercerons dans le futur centre de santé mère et enfant de L’EED à Sélibaby et organisé un dispositif de formation en France au sein de la clinique de l’Estrée à Stains et de l’hôpital privé de Vitry sur Seine pour 19 infirmiers et sages-femmes mauritaniens.
Dans le domaine de l’éducation, 53 enfants ont bénéficié du programme annuel de voyage scolaire en France. En 2020, nous avons signé avec le Ministère de l’éducation nationale français et mauritanien, une convention pour la formation des enseignants et des directeurs d’école à travers une immersion dans les établissements scolaires de l’académie de Créteil dans un but de partage d’expérience.
Depuis 2018, 2600 enfants bénéficient des services d’une cantine scolaire, en phase expérimentale.
L’accès à l’eau potable, est un engagement pris par L’EED : L’EED vient en aide aux populations de plusieurs localités périphériques de Nouakchott (communes de Dar Naim, Touzenine…) qui manquent cruellement d’eau. Grâce à nos partenaires, plusieurs localités bénéficient désormais d’une distribution quotidienne d’eau potable pouvant atteindre 3 citernes de 8000 litres par jour : 8 760 000 litres d’eau ont été distribuées en 2019 pour un coût financier de 27 555€.
Accompagnement social : L’EED a mis en place depuis 2015, avec le soutien de la ville d’Aubervilliers, une permanence d’accompagnement social située au 35 rue Heurtault 93300 Aubervilliers. Les samedis et dimanches, les bénévoles recherchent des solutions pour favoriser l’insertion et l’intégration en France des étrangers en France. Depuis le 1er Août 2019, un adulte relais a été recruté pour accomplir des missions de médiation au sein de la ville d’Aubervilliers grâce à une subvention de la ville d’Aubervilliers et la préfecture de la Seine-Saint-Denis
Dans le domaine de l’agriculture, je cite quelques réalisations non-exhaustives :
Exploitation d’un champ agricole à Boully
En 2019, l’action de L’EED a été consacrée à la sécurisation des productions et des champs à hauteur de 10km de grillage distribué à 12 coopératives agricoles pour permettre aux agriculteurs et aux coopératives agricoles de bénéficier de protection pour sécuriser les champs et jardins maraichers
120 machines agricoles ont été mises à disposition des agriculteurs depuis 2017.
Une boutique de distribution de semences est opérationnelle depuis 2017 à Sélibaby
En 2020, lors du Forum International de Développement Solidaire, un jury composé de Chefs de villages, de Maires, de représentants de l’état et de spécialistes sectoriels a été chargé de sélectionner les meilleurs projets des coopératives féminines ayant une existence réelle et une opérationnalité. Les gains des lauréats sont les suivants :
Une dotation financière pouvant atteindre 200 000 MRO par projet sur une enveloppe globale de 2 500 000 MRO
Un lot de grillage ou un financement de grillage pour la protection des champs et productions maraichères pouvant protéger jusqu’à 1 hectares pour 10 lauréats de coopératives féminines.
Dans le volet environnemental, L’EED a reçu un financement à hauteur de 106 000 euros en partenariat avec la ville de Paris. Nous avons déployé un dispositif complet de gestion des déchets : du ramassage au tri et à la valorisation avec une installation d’une plateforme de tri. Le but de ce dispositif est d’éliminer l’insalubrité qui compromet la santé des habitants, dégrade leur environnement et génère une obstruction des canaux d’évacuation des eaux (provoquant des inondations, la propagation des maladies, destruction de la faune et la flore).
En 2021, la vague d’implantation des plateformes de gestion et de valorisation des déchets va se poursuivre dans la région du Guidimakha.
Durant nos différents projets, nous devions nous assurer que nous n’étions pas là pour prendre la place de quelconque association ou organisation mais bien au contraire travailler conjointement avec elles. Au niveau de la population locale, nous n’avons pas rencontrées de difficultés particulières car les populations ont la volonté d’aller de l’avant. Bien au contraire, l’accueil des projets pensés conjointement avec eux a été très bien reçu.
● Question 4 : Courant 2020, dans la communauté soninké du Guidimakha et celle de la diaspora en France, différentes polémiques s’éclatent à propos de L’EED, pouvez- vous nous clarifier brièvement sur les tenants et les aboutissants ?
WD : Je n’aime pas les ambiguïtés, vous connaissez tous les programmes de développement de L’EED, mais vous vous nourrissez et vous délectez de sensationnel même si vous connaissez la vérité, c’est la nature humaine. Beaucoup se divertissent de propos diffamatoires et mensongers, c’est la réalité de notre époque à cause des réseaux sociaux qui offrent cette possibilité. Je vais vous parler de 2 polémiques.
Comme vous le savez déjà, un groupe d’individu a décidé de nuire à L’EED en proférant publiquement des mensonges. Je ne reviens pas sur les polémiques stériles créées de toutes pièces par des personnes dont les intentions sont connues de tous, afin éviter d’alimenter un débat décousu et dépourvu de sens. Beaucoup de ces gens confondent une association avec un parti politique. L’EED ne définit pas la politique de la nation, elle conduit avec ses moyens et à son échelle un programme de développement. Qu’avons-nous fait pour mériter une telle animosité gratuite ?
Les polémistes sont connues de tous, L’EED n’est pas la seule victime de leurs démarches. Ils n’ont ni la capacité intellectuelle, ni morale de reconnaître nos réalisations. Ils ne sont animés que par des intentions malsaines et ont juste la velléité de détruire le peu que L’EED apporte aux populations. Ils déploient une énergie folle pour mettre à néant les acquis. La vraie question est pourquoi L’EED les dérange alors qu’ils ne sont ni adhérents, ni membre de nos clubs de réflexion. Le monde associatif est libre, nous avons tous le choix d’adhérer ou pas à une association si on en partage les valeurs et nous avons également tous le droit de créer une association.
Malheureusement, nous constatons que certaines personnes pensent que la vie associative est un lot de consolation puisqu’ils peuvent s’attribuer des titres comme s’il s’agissait d’une nomination à un gouvernement d’un État. Ces caprices sont dangereux car ils donnent de faux espoirs aux bénéficiaires.
Les personnes mal attentionnées voient noirs partout et cherchent absolument à ternir l’image des autres. On ne peut briller en éteignant la lumière des autres. L’important est de penser par soi-même et se faire sa propre analyse, il ne faut surtout pas se presser à condamner une personne sans avoir au préalable rechercher par soi-même la vérité.
Donner le meilleur de soi, vouloir le meilleur pour les autres tel est le chemin emprunté par L’EED. Y a-t-il une autre récompense du bien pour le bien ou le mal pour le mal.
Les personnes qui critiquent se donnent malheureusement des rôles qu’ils n’ont pas. Certains pensent qu’ils sont divinement investis d’un pouvoir de contrôle, de remise en cause, de jugement, en s’érigeant garant de l’ordre et la morale. On ne peut être célèbre en proférant des mensonges et en se disant révolutionnaire, tout en passant sa vie dans l’inaction a commenté les actions et les projets des autres. Ne perdons pas de temps avec les bavardages, elles ralentissent les actions. Nous sommes victimes des commentateurs mais nous avons décidé nous d’agir sur la vie des personnes en leur donnant de la dignité. Les personnes qui tentent de spéculer sur les actions de L’EED pendant que nous aidons les femmes enceintes de nos régions, devraient sérieusement se remettent en question.
Quoi que tu fasses, un voleur, pense que tout le monde est un voleur, un menteur pense que tout le monde est un menteur. Les personnes qui parlent de L’EED, en pensant qu’il s’agit d’un état ou d’une grosse arnaque sont en général celles et ceux qui n’ont pas compris l’esprit de L’EED et les invitons à s’informer de plus près.
La vie associative n’est pas du commerce où nous avons besoin d’avoir le monopole. Nous mettons en jeu beaucoup de notre temps, énergie et contribuons financièrement de façon personnelle quand on s’engage dans L’EED. Je rappelle que nous ne sommes rivaux ni concurrents d’aucune initiative, qu’elle soit en France ou ailleurs dans le monde si celle-ci prône le développement, bien au contraire, ce sont nos potentiels partenaires.
J’invite toutes ces personnes à déployer leur énergie à travailler. Si cette énergie était déployée pour construire, j’ai la ferme conviction qu’ils auraient pu apporter beaucoup plus que L’EED. Je reconnais volontiers qu’ils ont un certain talent car ils arrivent à faire croire aux gens que L’EED n’a rien fait depuis 5 ans, voire même pire, que L’EED est une arnaque. Il faut oser publiquement porter de telles calomnies alors que les réalisations de L’EED sont de notoriété publique (demandez aux 53 enfants et leurs parents qui sont partis en France, les infirmiers du Guidimakha ayant bénéficier d’une formation, aux 10 sages-femmes formées dans les écoles de santé publiques, aux patients dans nos villages, aux coopératives agricoles, aux résidents qui bénéficient de notre accompagnement social en France …). Leur talent, doit être canaliser dans une construction.
Heureusement, que nous arrivons à prendre de la hauteur et de la distance face à toutes ces polémiques. Ainsi, nous ne les prenons pas personnellement et d’ailleurs je n’ai pas d’ennemis et je n’en aurais jamais car même ces polémistes savent au fond quel type de personne je suis. Je ne peux détester une personne ça demande beaucoup d’énergie. La vie est si courte, l’homme est tellement si vulnérable que je conseille à toutes et tous de se concentrer sur la construction et non la déconstruction car nous répondrons de nos actes devant Dieu.
La perfection est à Dieu. J’acceptes que nous ne soyons pas les meilleurs, j’admets que nous ferons de erreurs, je demande aux gens de nous détester en silence. Je préviens qu’ils vont avoir du travail car L’EED est dans une dynamique de croissance pour le bonheur des populations.
Une autre polémique, pour le coup plus gigantesque et grave est née à l’issue d’un communiqué de L’EED en septembre 2020 à la suite d’une réunion de lancement du FiDéS à Tachott. Cette réunion conduite par nos équipes de L’EED Mauritanie accompagnées du Porte-Parole de l’Organisation Monsieur Oumar dit Boye SOUMARE et les cadres des deux localités : Tachott Berané et Tachott Botokholo.
Des individus qui n’ont jamais caché leur aversion aux projets que porte L’EED, ont fait croire que nous avions décidé d’organiser unilatéralement l’évènement sans consulter les populations des localités. Or c’est en 2019 que j’ai personnellement chargé le Maire de la commune de transmettre aux deux chefs de village notre souhait d’organiser l’évènement chez eux. En Février 2020, j’ai demandé à un membre de la direction de L’EED Mauritanie de se rendre à Tachott pour demander au Maire le résultat de cette consultation. Le Maire, confirme alors que les deux chefs de village acceptent et souhaitent à L’EED et à ses délégations la bienvenue. À partir de ce moment, 4 missions dont l’une a été conduite par la direction de L’EED Mauritanie est allée à Tachott Botokholo pour échanger sur le sujet, suivi d’une mission du Coordinateur National, puis du Vice-Président de L’EED Mauritanie et enfin par un superviseur de L’EED au Guidimakha.
Malgré toutes ses missions, nous avons été estomaqués d’entendre sur les réseaux que L’EED avait pris une décision en dehors de toute consultation des notables de Tachott. Naïvement, nous avions pensé qu’un mensonge ne pouvait cheminer. À notre grande surprise, nous entendons des hauts représentants de cette localité affirmer avec certitude que L’EED n’a jamais évoqué ce sujet et n’a pas obtenu le feu vert.
À cette période, je me trouvais en Asie. J’ai demandé à mes équipes de France et de Mauritanie d’aller à la rencontre des notables des villages en France et à Nouakchott pour comprendre le phénomène. À notre grande stupeur, c’est à ce moment que nous avons compris que derrière se cachait en réalité des personnes influentes qui veulent contrecarrer le développement de L’EED au Guidimakha. Une manœuvre d’une grande ampleur est organisée par ces personnes ! Le Chef de village de Tachott Botokholo et le Maire ont refusé de participer à l’évènement. Nous avons alors pris acte de ce refus et décidé alors d’organiser l’évènement dans l’autre rive qui eux étaient prêts à nous accueillir. Il faut savoir que Tachott Berané pilote indépendamment son Comité de pilotage L’EED et bénéficie des activités de L’EED depuis 2017 (dispositif de soins gratuit, formation de leur infirmière, prise en charge financière de leur personnel de santé, participation de plusieurs enfants aux voyage scolaires) alors que Tachott Botokholo dispose des mêmes dispositifs mais depuis 2018.
Nous avons alors entrepris de démarches pour l’organisation de l’évènement à Tachott Berané avec l’accord du village et de l’association du village. Des cadres du village ont même fait le voyage depuis la France et Nouakchott pour participer aux travaux d’organisation de l’événement. Dès lors que nos détracteurs ont compris que nous allions réussir à organiser notre événement, ils ont entrepris des manipulations envers certaines personnes du village de Tachott Berané pour créer la division. Malgré ces manœuvres, les populations de Tachott Berané ont accepté de maintenir l’évènement. C’est à ce moment, que les hommes politiques ont décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir une décision administrative d’annulation de notre événement en évoquant aux autorités qu’une guerre civile se préparait et qu’il n’était pas possible d’accéder à la demande de L’EED alors même que, L’EED disposait d’une autorisation signée du Gouverneur de la région datée du 26 octobre 2020.
Au-delà de cette autorisation les ministères partenaires avaient confirmé leurs participations à l’évènement avec la présence confirmée en ma propre présence de deux autres Ministres.
Le 20 novembre 2020 à 4 jours de l’évènement, je me suis rendu à Sélibaby pour rencontrer le gouverneur. Ce dernier m’explique qu’il n’était plus possible d’organiser l’évènement à Tachott à cause d’une possible insécurité si l’évènement ait lieu. Il m’expliqua que les deux chefs de village ont refusé l’événement. Le 21 novembre, j’ai demandé une médiation à un Maire afin qu’il puisse faire comprendre au gouverneur que cette situation résulte d’une manipulation politique dont nous connaissions les auteurs. Le gouverneur me demanda personnellement de me rendre à Tachott Berané pour amener le chef de village et des notables chez le chef d’arrondissement afin qu’ils confirment leur accord. Au moment où je me rendais chez le chef d’arrondissement en compagnie des notables, le chef d’arrondissement me contacta via le téléphone portable d’un habitant de Tachott Berané pour dire qu’il annulait notre entretien pour cause de COVID 19. J’ai alors compris que la manipulation avait atteint un degré très important et que par conséquent, cette affaire devait être portée au plus haut sommet de l’État. Je me suis rendu à Nouakchott dans la foulée pour porter l’affaire devant les autorités compétentes via des intermédiaires. J’ai alors eu confirmation de la machination orchestrée pour contrecarrer L’EED.
À ce moment, nous avions un budget de plus de 53 000 euros pour la mise en place dans cette localité d’un dispositif de gestion et de valorisation des déchets. Tout cela, a été anéanti parce qu’une personne avait décidé d’entreprendre des initiatives pour réduire la progression de L’EED. Des milliers de participants ont été empêchés de participer à l’événement qui permettait aux populations de bénéficier de soins médicaux gratuits par un personnel de santé qui a fait le déplacement pour l’évènement (Médecins généralistes, spécialiste, infirmier, sages-femmes) durant le 3 jours de l’évènement, de financer à hauteur de 2 500 000 UM les projets des coopératives féminines, et le déploiement d’un projet de gestion des déchets financé par la ville de Paris. Nous n’acceptons pas de donner cette image de notre pays aux bailleurs et financeurs étrangers. Par le simple vouloir d’une seule personne, on peut empêcher le déploiement des projets.
Comment pouvons-nous encore au 21ème siècle vivre tout ça. Empêcher qu’une ONG dirigée par les enfants du Pays, apporte assistance aux populations. Une situation inconcevable dans notre conception de ce que peut être l’engagement citoyen.
Nous avons été contraints d’organiser l’événement à Diadjibiné, une localité d’intervention de L’EED située dans la région du Grogol. Permettez-moi de rendre hommage au Maire de Diadjibiné, au Chef de village et à l’ensemble des notables, des résidents de Diadjibiné en France à Nouakchott et partout dans le monde ainsi les populations pour la démonstration de leur engagement pour le développement. Je n’oublie par l’engagement des Tachottois des deux rives victimes d’une machination, je vais leur dire que nous ne les abandonnerons jamais. Je ne peux passer sans remercies toutes les personnes qui ont compris et se sont engagées.
Pour mieux comprendre cette histoire qui reflète bien de choses malsaines dans notre pays, je laisse les personnes habitées à mener une enquête pour établir la vérité et empêcher désormais toute velléité des personnes se croyant au-dessus des lois, de priver les populations d’un accompagnement nécessaire pour leur développement. Nous n’abandonnerons jamais.
Je préviens que nous sommes au début de notre combat pour permettre aux mauritaniennes et au mauritaniens de vivre dignement, de prendre conscience que leur développement passe par leurs propres engagements. Nous nous battrons au côté de l’État pour la dignité de nos compatriotes à travers des projets qui participent à leur donner confiance.
L’EED travaille toujours et depuis le début de son implantation en Mauritanie en parallèle avec les administrations du Pays dans une cohérence globale et coordonnée. Je remercie au passage, les forces de l’ordre du Guidimakha qui ont mis tout en œuvre pour faciliter la tenue de l’évènement à Diadjibiné.
●Question 5 : L’émergence de l’association L’EED coïncidait avec la résurgence de l’engagement porté par Ganbanaaxu FEDDE contre les mentalités féodalo-esclavagistes au sein de la communauté soninké, d’aucuns de part et d’autre voyaient en L’EED comme une caisse de résonance en faveur des réactionnaires soninkés pour contrer l’éveil abolitionniste, que pensez-vous de ces allégations ?
WD : Je rappelle que L’EED a été créé le 16 Août 2015. Si j’ai bonne mémoire, Ganbanaxu a été créé le 05 Octobre 2016. Soit, nous sommes devin soit nous sommes dans les secrets des dieux. Ceux qui pensent comme ça, ne méritent pas d’être cité.
Vous pensez sincèrement que nous avons créé L’EED pour permettre la continuation d’un système sociétale quelconque ? Je défie quiconque de trouver un début de commencement de la moindre invective à l’endroit de qui que ce soit depuis la création de L’EED. Si vous pensez que le fait d’apporter une justice sociale en améliorant l’accès à la santé, à l’éducation et de développer nos filières agricoles pour notre autonomisation est un acte permettant la continuation d’un système sociétale, c’est que nous ne vivons pas sur la même planète.
Dans quelle société vivons-nous ? La critique est bonne quand elle est là pour nous servir à améliorer les choses et ne pas répéter les mêmes erreurs, mais si elle est là pour détruire ce qui a été mise en place, ça s’appelle avoir le cerveau embrumé. On donne du crédit à n’importe qui de nos jours et c’est bien dommage.
Si vous êtes honnêtes avec vous-même et que vous disposez d’un sens critique, d’analyse et de réflexion, vous reconnaitrez volontiers le bilan de L’EED en seulement 5 ans au Guidimakha et son détachement sur ces questions en dehors de son scope. Notre objectif est de rassembler autour des questions fondamentales de notre développement pour donner à chaque personne son autonomie et rehausser notre dignité collective et individuelle.
Combien de membres de Ganbanaxu ont été membres de l’exécutif de L’EED ? Demandez-leur leur avis sur cette accusation fantaisiste et à mon sens dénoué de tout sens critique. C’est de la bêtise humaine de penser ça.
Personnellement, je suis connu pour mes positions en faveur de l’égalité parfaite entre les êtres au-delà même des ethnies et de toute autre considération néfaste à la cohésion et au mieux vivre ensemble. Je rappelle à chacun de mes discours, que nous partageons le même espace et donc nous sommes condamnés à nous respecter mutuellement, à partager et à vivre ensemble.
Ce sont sincèrement des allégations qui n’ont pas besoin de réponses, car les faits parlent pour L’EED :
Le système de santé (prise en charge des évacuations sanitaires d’urgences, des personnes vulnérables, des femmes) a été mis en place sans aucune considération ethnique ou autre.
Lorsqu’on s’intéresse de près aux bénéficiaires du voyage scolaire des enfants en France, on se rend compte de la diversité sociale des bénéficiaires (peul, soninké, maure) sans aucune distinction liée à des considérations spécifiques,
Le financement des coopératives féminines permet également de faire bénéficier à toutes les couches de la société des financements.
Il faut qu’on sorte de cette société où tout le monde est devenu journaliste d’investigation. C’est un métier le fait d’informer les gens. Il faut faire des investigations pour informer de façon objective. Je dois être idéaliste en pensant que les gens sont en capacité de reconnaitre naturellement les faits.
● Question 6 : Certaines voix semblent reprocher à L’EED, qu’une gouvernance personnelle serait mise en place autour de votre personne à vie et avec des éléments dociles suiveurs, que vous leur répondez ?
WD : L’égoïsme et l’égo sont incompatibles avec la vie associative. Il faut remettre les choses dans leur contexte, nous parlons d’une association. L’engagement associatif n’est pas un amusement bien au contraire, les associations ont un rôle d’intérêt général. Diriger une association requiert des compétences et une totale disponibilité. Pour tous types de management associatif, il est primordial d’avoir diverses compétences telles qu’avoir un rôle fédérateur, être capable de manager des équipes multiculturelles, maintenir une vision et des orientations, avoir la capacité à incarner quelque chose tout en ne décevant pas les bénéficiaires. Il faut être capable de se sacrifier pour se mettre au service des autres.
Notre seul objectif est de mettre fin aux maux de nos zones d’intervention, qu’importe qui le fait. Nous prônons le refus du statut d’observateur mais plutôt l’engagement comme acteur du changement. Nous souhaitons alors à toutes les personnes, qui ont des initiatives associatives, toute la réussite dans leurs projets. Je peux affirmer ici, que nous serons aux côtés de toutes les associations de développement en particulier celles de nos territoires d’intervention. Nous faisons même appel à une coordination des ONG et associations au Guidimakha pour mieux porter les programmes de développement dans une cohérence globale à travers des états généraux que nous organisons à Sélibaby.
Pensez-vous réellement que tous les cadres de L’EED, qui sont bénévoles, prennent de leur temps libre pour me suivre aveuglément. Il faudra arrêter d’insulter cette belle intelligence collective qui fait du bien à nos territoires d’intervention.
Si les gens veulent diriger alors qu’ils s’impliquent dans nos projets. Nous ne pouvons pas être leader d’une organisation tout en étant en dehors de cette organisation.
Je préviens que je suis là pour longtemps et je confirme que les choses se feront de la manière qui a été définie avec mes équipes pas de la manière dont voudraient les nouveaux « sages ».
● Question 7 : Quels sont vos rapports de travail et de coopération avec les associations villageoises qui investissent le même champ que vous autour du développement multidimensionnel dans nos terroirs d’origine en Afrique ?
WD : Pour illustrer vos questions, je vous donne juste un exemple : lorsque nous avons obtenu le financement de la gestion des déchets à Diadjibiné. Nous avons travaillé avec l’association locale APD a qui nous avons délégué en lien avec la Commune, la gestion et le pilotage de l’activité de ramassage, de tri, de valorisation des déchets ainsi que les aspects de sensibilisation.
Nous souhaitons sous-traiter des activités aux associations locales et aux coopératives féminines dans un cadre formel exigeant. Le développement ne peut se faire que si nous travaillons tous ensemble de concert.
●Question 8 : En France, L’EED porte assistance à certains de ses adhérents ou non, concernant des régularisations au niveau fiscal, des rumeurs laissent entendre que des responsables de L’EED en font un service lucratif et pécuniaire, pourriez-vous nous édifier davantage ?
WD : L’EED conduit depuis 2015, une activité d’accompagnement social accessible à tous, adhérents ou non-adhérents à Aubervilliers en permettant aux résidents étrangers de bénéficier d’une régularisation, de la naturalisation, d’une médiation socio-familiale, d’aide à la recherche d’emploi, de logement, d’appui à la déclaration d’impôt et autres. Cette activité d’accompagnement s’effectue sans aucune contrepartie.
L’EED vit essentiellement des contributions de ses adhérents, des dons, des subventions et des activités génératrices de revenus en lien avec son objet social.
Nous exposons, à chaque usager qui se rend au bureau d’accompagnement social de L’EED, une présentation des programmes de L’EED, comme nous le faisons dans nos compagnes de sensibilisation dans les foyers de migrants et à l’occasion du tournoi de football annuel. Cette présentation aboutit souvent à une adhésion ou à une contribution individuelle ponctuelle.
Dès lors que les bénévoles de L’EED rendent des services (aide à la constitution de dossiers administratif pour demande de logement, de titre de séjour, rédaction de CV, lettre de motivation, naturalisation, déclaration d’impôt et autres), et après avoir pris connaissance des activités de L’EED, les usagers décident soit d’adhérer ou effecteur un don à L’EED. Chaque adhésion et don se fait via un formulaire signé par le donateur.
« La tradition, c’est le progrès dans le passé; dans l’avenir, ce sera la tradition ». Edouard HERRIOT
« La plus haute tâche de la tradition est de rendre au progrès la politesse qu’elle lui doit et de permettre au progrès de surgir de la tradition, comme la tradition a surgi du progrès ». Jean D’ORMESSON
La stratification actuelle du groupe peul de Mauritanie, plus communément appelé Haalpulaar, est le résultat de la dernière glaciation des rapports de forces sociaux issus des derniers régimes politiques du Fuuta précolonial, notamment Deeniyankoo6e et Tooro66e.
• Quels termes précis pour définir ce système social ?
Système féodal ? Classes sociales ? Système des castes? A dire vrai, il serait difficile de le classer en toute rigueur dans l’une ou l’autre des dénominations. Le système que je tente ici d’analyser pourrait se retrouver à l’intersection de tous. Je fais, quant à moi, le choix de retenir l’appellation « système des castes » avec, en arrière-plan, le référentiel indien dont il n’épouse pas cependant toute la rigueur. Il en reproduit néanmoins la logique d’essentialisation, et partant, de stigmatisation.
Je ne referai pas ici la nomenclature des différentes castes en pays Pulaar dont on peut retrouver aisément une foultitude de travaux d’autorité (Oumar BA, Amadou Hampathé BA, Yaya WANE, Oumar KANE, etc.) Ce qui m’importe en définitive, c’est comment un système de division du travail, à la base fonctionnel, sans doute horizontal au départ, s’est mué en un rapport de verticalité interdépendante. Et comment, encore au 21ème siècle, alors même que nous vivons dans un état « moderne », et que les rapports sociaux sont de plus en plus des rapports économiques, perdurent encore des souffrances que nous avons parfois du mal à entendre dans notre société ? Quelle est la nature de ces souffrances ? Comment la société dans son ensemble s’arrange encore aujourd’hui avec l’humiliation de l’autre (et quelque fois de soi-même…), au prétexte de la sacro-sainte tradition ? Comment reposer les termes d’un débat de société avec le seul souci du nécessaire dépassement d’un anachronisme handicapant ? Il me semble que le système que nous connaissions, où le fils du Baylo (forgeron) était destiné à reprendre la forge de papa, est en voie de disparition dans sa logique de reproduction sociale. Nombre de mes amis Subal6e (pêcheurs) ayant grandi à Nouakchott nagent moins bien que moi, et trembleraient à la seule idée de monter dans une pirogue. L’un comme l’autre, tout comme le fils du Toorodo (caste en charge du spirituel) qui ne maitrise pas le premier verset du coran, contiendraient difficilement les soubresauts de leurs torses à l’évocation du Mbaylaagu, du Cubalaagu ou du Toorodaagu…
Soyons clairs ! Il ne me vient pas un seul instant à l’esprit de dénier aux uns et aux autres le droit d’être fiers de ce qu’ils « sont ». J’essaie juste de comprendre de quelle façon notre société arrive encore à leur faire intégrer l’idée qu’ils seraient dépositaires du Mbaylaagu, du Cuballagu et du Toorodaagu, en dépit de leur incompétence manifeste en la matière…
C’est bien l’essentialisation des castes qui forge l’hérédité ontologique que nous lui reconnaissons. Et on est là en plein cœur du problème. C’est à la seconde même où nous avons commencé à penser que l’on pouvait être imam, cordonnier ou tisserand, non par compétence mais par essence, que nous avons définitivement dévoyé le caractère fonctionnel de nos castes. Celles-ci se seraient sans doute plus facilement adaptées au monde moderne, n’eut été ce détournement de sens. Cette essentialisation de l’appartenance à la caste met en œuvre tout un système de représentations qui est hélas à l’origine des souffrances évoquées plus haut, et fonde par la même occasion des discriminations réelles. Ces discriminations sont à la fois d’ordre symbolique, politique et économique. La direction des prières et la chefferie du village qu’on dénie souvent aux anciens esclaves est sans doute la manifestation la plus paradigmatique de cette discrimination. L’autre source de discrimination étant l’inégal accès au foncier. C’est que la révolution Toorodo de 1776 a réussi à certains endroits du Fuuta, le tour de force de concentrer ces trois pôles entre les mains d’un seul groupe : le savoir, le pouvoir et l’avoir. Là aussi au nom du détournement de la révolution théocratique pensée par Sileymaani BAAL ; détournement qui permit l’émergence d’une nouvelle aristocratie. Le feccere Fuuta (partage foncier du Fuuta) en 1790 permit à la nouvelle caste Tooroodo à bien des endroits, d’accéder aux privilèges fonciers que lui octroie sa prise de pouvoir. Il y a lieu de noter cependant que les aristocraties plus anciennes, mis à part quelques familles deeniyanke victimes de leur fidélité réelle ou supposée à l’ancien régime, conservèrent de larges domaines fonciers. C’est notamment le cas des castes se66e et subal6e. En somme, les castes dites d’autorité (Tooro6e, ful6e se66e et cubal6e) ; c’est-dire celles qui dirigent nos villages, sont les principales bénéficiaires de notre tenure foncière traditionnelle actuelle. Les autres castes dites de métiers, ainsi que les esclaves statutaires, sont les grands oubliés du feccere fuuta ; alors même que les esclaves par exemple, sont ceux qui travaillent principalement la terre sans en être les propriétaires. Ils sont souvent réduits, dans le meilleur scénario, à faire du « rem peccen » (cultive, nous partageons ! »). Il s’agit d’un procédé par lequel le propriétaire terrien reçoit une partie de la récolte d’une terre que sa famille n’exploite plus depuis des générations quelque fois. L’exploitant étant souvent l’esclave statuaire qui, de fait, ne bénéficie pas de tous les fruits de son labeur… Et c’est ce système aujourd’hui qui est décrié assez souvent dans la vallée du fleuve Sénégal par les victimes de ce système inique, sous la thématique de l’esclavage foncier. Il fait partie de ce qui fonde la récurrence des conflits autour de la question de l’esclavage en milieu négro-africain de Mauritanie.
L’autre point important de la dénonciation à laquelle s’adonnent les militants égalitaristes en milieu Haalpulaar, se situe au niveau des clichés humiliants dont les personnes dites de castes inférieures peuvent souffrir au sein de notre société. Bien sûr, et il faut oser le dire, ces clichés sont entretenus y compris par des personnes dites « castées ». Nos rituels de familles (mariage, « baptêmes », etc.) sont souvent l’occasion de recréer ses rapports dominants/dominés. Et c’est à travers ces dons symboliques que les personnes dites nobles accordent, qu’elles reçoivent de la part des autres la reconnaissance de leur statut de dominants. Il a pu être dit que c’est un rapport de dépendance financier dont profitent également les personnes « castées ». A vrai dire, rien n’est moins sûr… Comment penser de nos jours, que des personnes vivent encore de ce qu’elles perçoivent à ses occasions ? Si les profits matériels sont réels, je crois néanmoins davantage à un attachement affectif à une coutume, dont on sait qu’elle permet de conserver sa place dans la société, qu’à une dépendance financière réelle. Il y aurait de mon point de vue, plus une peur d’un changement qui perturberait l’ordre établi, peur qui existe dans toutes les sociétés conservatrices, qu’un réel besoin de survie économique. Conserver la tradition semble être pour les Haalpulaar une forme de repli identitaire face à un monde moderne violent et insécurisant, où la moindre concession pourrait soulever le fantasme d’une cosmogonie qui s’écroule.
D’où la vitalité de l’endogamie qui permet de conserver deux choses importantes aux yeux du haalpulaar : le sang et le rang. De tout temps la logique matrimoniale a été fondée sur le mariage préférentiel qui ne trouve sa limite que dans l’inceste. Le mariage entre cousins étant celui qui est privilégié, il a alors forcément pour conséquence de rigidifier la cloison caste. Si on se marie préférentiellement dans sa lignée, on se marie forcément préférentiellement dans sa caste aussi. Ici la notion de pureté du sang qui irrigue la logique des castes est sacralisée ; car il s’agit d’assurer la descendance. Les mariages entre castes (ou tout au moins entre castes non équivalentes) sont donc proscrits en raison du risque de confusion qu’ils induisent. L’adage pulaar « Yoo gundo res gundo, elo resa elo » (que le lézard se marie avec le lézard, et le varan avec le varan), est une illustration de cette volonté de cloisonner. En vérité, à y réfléchir, cet adage est bien plus terrifiant qu’on y croit. En effet, il est du même ordre que la logique qui a fait appeler les métis « mulâtres ». Le mot mulâtre a la même racine que le mot mulet : animal issu du croisement entre le cheval et l’âne et qui a la particularité d’arrêter à elle la descendance par son incapacité à se reproduire. Cette terminologie animalière appliquée à l’humain en dit long sur le mépris qu’elle ne s’embarrasse même pas de cacher.
L’adage pulaar ne dit pas forcément la crainte d’une non-reproduction physique, mais symboliquement, l’enfant issu d’un mariage exogamique inter-castes souffrirait d’un déficit de reconnaissance sociale. Son géniteur fait courir le risque que la pureté de la lignée, et par conséquent la lignée elle-même, s’arrête à lui. Du moins dans sa pureté… La crainte d’une discontinuité étant toujours ce qui semble opérer ici. (Suite)
La tradition, par essence, évolue et se lègue de générations en générations. Elle est la transmission d’un contenu culturel à travers le temps. Si j’ose dire, elle est ce que l’on peut appeler un « héritage immatériel » qui marque l’identité de toute communauté. Chaque génération doit alors choisir quelle tradition( « pratique transmise ») laisser aux générations futures.
Ma génération est celle qui s’en passe pour bons nombres de personnes, des traditions ancestrales qu’elle assimile à l’illogique et la déraison. Cette génération dont je fais partie voit le poids du capitalisme dans les relations entre l’humain et son milieu. Il faut alors considérer que la tradition qui est un marqueur culturel a évolué et tend vers une nouvelle quête: satisfactions des besoins primaires puis secondaires (par l’éducation) aux tertiaires (voyager et découvrir le monde).
Nonobstant cela, il y’a encore des actions concrètes à mener pour l’éradication de plusieurs fléaux. La bêtise n’a pas de limite! Souvent, elle (la bêtise) s’érige en mode de pensées. C’est pourquoi sur le terrain idéologique, nous avons des débats encore d’esclavages et de féodalité. Les intellectuels africains ont cherché à plaire à l’Occident sans vouloir véritablement changer la conscience collective africaine. Les noirs en Mauritanie, victimes pour la plupart d’un système qui favorisent une partie, vivent des inégalités et considérations d’antan. Certains sont déconnectés mais encore étiquetés.
Il ne faut pas des tensions avec nos populations encore pour la vielle génération prisonnière des tares. Cette vielle génération avec toute sa « grande sagesse » n’a pas occulté de son mode de fonctionnement:
les privilèges liées à la naissance comme l’affirme Abdoulaye Doro Sow
la noblesse comme l’affirme Kissima Diagana
le monopole des fonctions essentielles à une seule entité
la relégation de l’humain
le mythe de la pureté de sang
le refus de « mélange de sang ».
Il faut alors dépasser l’intellectualisme pour des actes dans la sphère publique jusqu’au sein des familles dans nos sociétés. Parler à hue et à dia ne sert à rien sans ce préalable qui est de dépasser son milieu pour aller vers les rapports de force pour le changement citoyen. Quand les africain.e.s partent en Occident et se marient avec des femmes ou des hommes sans se poser les mêmes questions du terroir, c’est que la tradition a évolué. La femme comme l’homme est alors libre de ses choix et de ses engagements. Il faut dépasser les niaiseries socioculturelles pour l’avènement d’une culture citoyenne en posant encore et encore des actes et pas seulement des discours. L’hypocrisie africaine est incroyable! Les dits intellectuels sont encore plus surprenants.
Entre la parole et l’acte (pour poser les bases d’un changement) , il y’a du chemin à faire. Certains se glorifient encore de chants de griots et autres pour qui, s’il y avait des élections, ils ne voteront pas. Pour eux, cette forme de musicalité dithyrambique se résume à leur égo. Il ne faut pas à longueur de journée parler de système beidane alors que sous nos cieux, le noir est l’ennemi de son semblable.
Quand on sera juste envers nous mêmes, nous pourrons pointer du doigt l’extérieur. Toutes les composantes mauritaniennes doivent pour les politiques et les membres de la société civile tendre vers un nouveau type d’individu, de mauritanien.nne et de CITOYENNETÉ.
« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ».
« Une civilisation qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation éteinte ».
Aimé CESAIRE, « Discours sur le colonialisme ».
Le récurent débat sur la notion de « féodalité » dans notre société mauritanienne impose aux gens honnêtes d’en faire le leur. Il ne s’agit pas ici de questionner son actualité, ni sa pertinence, mais les moyens de son intelligence et de sa compréhension. L’enjeu pour moi ici, est de tenter modestement de replacer la question au centre d’un débat serein et dépassionné, loin de l’invective facile et du sauve-qui-peut archaïque et réactionnaire qui caractérisent bien souvent certaines postures sur la défensive. L’ensemble rendant les échanges sur les réseaux sociaux parfois inaudibles en raison du dialogue parallèle ainsi instauré. Il me semble que l’avenir de nos enfants, car c’est de lui qu’il est question au final, mérite mieux. Essayons donc de comprendre dans quoi nous sommes pris dans ce débat.
Je n’ai évidemment pas la prétention de commettre une réflexion anthropologique exhaustive sur la féodalité en société mauritanienne. Un regard qui se veut lucide sur cette question dans le groupe sociolinguistique Peul auquel j’appartiens suffirait déjà à sa peine…Il n’empêche cependant qu’un propos préliminaire sur la nature conservatrice du pays qui est le nôtre, et par conséquent sur le détournement de l’Etat moderne qu’elle occasionne, autoriserait des ouvertures de fenêtres sur ce qui se passe chez les voisins. Il se trouve effectivement, que notre pays se caractérise par le fait que très tôt, les pôles de décision traditionnels (chefferies, tribus, castes dites nobles, etc.), ont investi les structures de l’état, figeant ainsi dans une forme de conservatisme cette institution qui était peut-être la seule à avoir vocation à impulser efficacement les politiques nécessaires à la transformation sociale et à la lutte contre les archaïsmes de nos sociétés rurales. Et c’est à ce niveau que la féodalité, au sens où on pouvait l’entendre dans le moyen-âge européen (pouvoir territorialisé de seigneurs contrôlant des fiefs), peut s’entendre en République Islamique de Mauritanie. Non pas que nous aurions en Mauritanie des seigneurs et des fiefs, mais bien davantage dans la tension permanente entre état moderne et pouvoirs traditionnels. La persistance d’une forme d’aristocratie au sein même de la gouvernance étatique a forcément pour conséquence d’affaiblir celle-ci et de retarder l’émergence d’une citoyenneté unique pourtant seul gage de l’égalité. Car l’émergence du citoyen fait renaître la loi face à la coutume. Et la loi est en principe seule garante de l’égalité citoyenne qui n’établit en définitive de verticalité que vis-à-vis de l’Etat. Mais tout cela fut hélas jusque-là un enjeu insuffisamment porté.
Ni les discours aux relents « progressistes » de nos dirigeants, encore moins les incantations de certains de nos théoriciens du grand soir, n’ont suffi à bousculer sérieusement les déterminismes sociaux, les réflexes de stigmatisation et les crispations culturelles et mentales qui nous habitent tous. Et cela, parce qu’entre le discours de tribune bien souvent produit par mimétisme et fidélité à des idéologies (voire à des « idoles ») occidentales, et l’attitude à tenir en toutes circonstances en société, il y a un gouffre que l’on se pardonne assez facilement en Mauritanie par schizophrénie.
Et ce conservatisme banalisé par tous, quand il n’est pas sciemment entretenu par tous, n’aide naturellement pas à l’émergence d’un vrai débat autocritique sur nos sociétés et leurs archaïsmes. Il n’y a guère que les coups de boutoir des victimes de ces archaïsmes pour obliger nombre d’entre nous à ouvrir les yeux aujourd’hui. La société Peul de Mauritanie n’échappera pas à un nécessaire examen de conscience ; car son histoire cache bien des cadavres dans le placard. Sa stratification actuelle qui est le produit de cette histoire, se retrouve dans la centralité même du débat.
Initiatives News – Les départs contraints ou « volontaires » de nombreux chefs d’États africains tels, entre autres, Robert Mugabe, Blaise Compaoré, Yahya Jammeh, Josoph Kabila, le renoncement au troisième mandat du général Mohamed Ould Abdel Aziz, la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika et la chute du dirigeant soudanais Omar El-Béchir me font espérer que tôt ou tard le cumul des mandats cessera et que la vraie démocratie arrivera en Afrique, même s’il reste encore un long chemin à parcourir.
Accordons-nous le temps et patientons tout simplement ! Car comme le dit ce proverbe africain : « C’est en supportant les piqûres des abeilles qu’on récolte le miel ». Le recours à la violence, notamment par l’utilisation forcenée des armes n’est plus une solution.
Tout doit se jouer dans les urnes tant pour les scrutins présidentiels, municipaux que législatifs, et ce quelles que soient les erreurs ou les fraudes : absence de représentants de bureaux des camps adverses, suppression de certains noms et numéros sur les listes de votants, ou encore suspension du vote pour les électeurs en faveur des candidats d’opposition.
Les considérations ethniques, claniques et statutaires quant à elles, doivent être non seulement révolues, mais aussi bannies, surtout au XXIe siècle. De même, il est temps de tourner le dos au « hold-up électoral ».
Le vainqueur doit être indubitablement celui qui a remporté plus des voix. Peu importe son origine ! Je suis écœuré par l’accaparement du pouvoir par certains dirigeants d’Afrique francophone, anglophone et arabophone.
Ces soi-disant démocrates, rédempteurs, gentilshommes et vénérables maîtres, en majorité militaires, se targuent davantage de leurs pouvoirs autocratiques, s’autorisant à briguer plusieurs mandats électifs bien que la Constitution de leurs pays ne le leur permette pas.
Après les pays tels que le Zimbabwe, le Burkina Faso, le Gabon, le Tchad, le Cameroun, une nouvelle retouche constitutionnelle est entrain d’être amorcée sur le territoire africain.
Les idées le plus couramment avancées pour justifier cette mesure sont immuables : le besoin de stabilité, la nécessité de poursuivre une œuvre inachevée, la réalisation d’un projet délaissé, la protection d’intérêt public et la réponse à une sollicitation populaire.
C’est le cas en Guinée, en Côte d’Ivoire… Car pendant que l’opposition proteste, les chefs suprêmes de ces pays continuent à briser les verrous constitutionnels.
Ismail Traoré
Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France
Carrière : Enseignant, diplomate, élu et leader politique et d’opinion.
Mon frère aîné Gagny DIAWARA s’en est parti hier à l’âge de 81 ans à Nouakchott en Mauritanie, emporté par ce satané virus qui est le Covid-19.
Sa vie fût exceptionnelle à travers par son cœur, ses combats pour des causes justes et son parcours.
Instituteur à 17 ans, directeur d’école à Boully (son village natal) à 20 ans, 1958 instituteur à Tékane dans la région du Gorgol, directeur d’école et secrétaire général adjoint de l’UTM (Union des Travailleurs Mauritaniens) à Nouakchott à 25 ans ; consul général de Mauritanie à Paris à 30 ans pendant 10 ans ; ambassadeur de la Mauritanie auprès du Zaïre aujourd’hui (République Démocratique du Congo) à 40 ans ; secrétaire général au ministère des affaires étrangères de Mauritanie ; Ambassadeur auprès de l’URSS ; 1991 – 1994 maire Sélibaby (capitale régionale du Guidimakha) ; 2001 député de la même circonscription ; membre fondateur de l’Union des forces démocratiques-Ere nouvelle (UFD/EN), un parti politique mauritanien créé le 2 octobre 1991 ; Après les élections municipales de 1994, un groupe de réflexion se constitue sous son leadership avec Tidiane Koïta, sénateur maire de Kaedi, les travaux de réflexions de ce groupe sont présentés en février 1995 « Projet de société pour la Mauritanie – Diagnostic et propositions » une vision de la Mauritanie de demain autour des fondamentaux d’une nation comme l’éducation et les institutions par exemple, le manque de compris sur cette nouvelle ligne avec une frange de l’UEF/EN, conduit leur groupe avec Messaoud Ould Boulkheir avec d’autres mouvements politiques et citoyens, à fonder en août 1995 le parti politique mauritanien, l’Action pour le Changement (AC), dont il devient le deuxième vice-président ; président du REG, l’association d’un groupe de cadres Soninkés relative à la restructuration des Soninkés pour peser sur la politique nationale mauritanienne et j’en passe.
Oui, sa vie fût exceptionnelle sur le plan professionnel et à travers ses combats, comme, à la lumière de ce qui précède. Mais moi, son jeune frère, C’est sur le plan humain et affectif que je le trouve, Gagny encore plus extraordinaire. Il était l’expression de la bonté humaine. Je l’appelais Gagny le généreux. La souffrance humaine le taraudait. Tous ces combats politiques-et Dieu sait qu’il en a fait- avaient pour but d’améliorer la justice sociale, d’instaurer un vrai système démocratique, de combattre les inégalités entre les différentes composantes de la Mauritanie, de dénoncer les conditions d’inégalités inacceptables des negro-mauritaniens. Il me disait toujours, “je suis inquiet pour l’avenir de ce pays, car, il y a trop d’injustices et celles-ci engendrent inéluctablement de la frustration, creuset des conflits futurs”. La Mauritanie a perdu hier un vrai homme d’État, moi, j’ai perdu le meilleur frère du monde, pardon, j’ai perdu le meilleur des pères, j’ai perdu mon confident, mon conseiller, c’est lui qui m’a tout appris tout donné.
Qu’Allah SWT lui accorde une place de choix dans son royaume céleste.
Si RFI se mettait à diffuser dans nos langues pour nous jusqu’à dans nos terroirs en Afrique, rien que son label déjà « célèbre » historiquement chez nous, nos radios nationales et communautaires prendront des rudes coups certainement. Les appli remplacent les transistors, et le flux d’informations potentiellement accessibles à tout porteur d’un smartphone.
C’est presque fatalement acté, ce que certaines masses africaines apprennent de la voix de RFI ne peut être contrebalancé aisément par une autre antenne surtout trop familière et sous un certain contrôle et une censure par nos services étatiques . L’officialité et le crédit d’une information dépend beaucoup du canal diffuseur que d’un recul « alerte » du fond pour le grand public. Quand on dit à un sahélien lettré moyen dans nos contrées, qu’une nouvelle est sortie par RFI même, cela porte beaucoup dans l’édification d’une opinion. Et aujourd’hui à l’entendre dans nos langues maternelles, ainsi le filtre de la barrière « langue » est banni pour les masses illettrées.
Je me rappelle d’un certain 8 juin 2003, quand les Dababat (les Chars du Bataillon de Blindés) faisaient trébucher le régime de Taya durant quelques heures, tout près des événements à Nouakchott , on restait scotchés à RFI en comptant savoir ce qui s’était entrain de se passer. On savait que les données diffusées par la radio Mauritanie et la TVM sont douteuses ou même falsifiées.
Une pluie torrentielle s’abat sur mon cœur à l’heure où j’écris ces mots. Et me sens main morte à chaque fois que je spécule sur le sort de ma communauté. Celle qui depuis l’aube de son histoire n’a pas su établir des principes de justice, d’égalité et d’équité en son cœur.
Désarmé que je suis, loin de la renoncer, je n’ai sans fausse modestie qu’une minable force de prendre ma plume, et même s’il le faut la tremper dans l’encre de Chine avec espoir de mettre des mots sur les maux des hommes sans défense traqués depuis belle lurette par des diktats qui refusent de s’avouer de nos jours décadents et révolus.
«… Juste il est des vérités qui valent qu’on meure pour elles, mais aucune qui vaille qu’on tue en leur nom…,» affirme Émile Ajar.
Alors qu’en est-il pour des choses qui ne doivent leur légende d’honneur qu’à l’opprobre ? De surcroît, quoi de plus honteux et de plus infâme que de voler le droit vie de ses frères ! La peur me ronge, mais elle n’est pas une bonne demeure alors je ne l’habiterai guère, une imminente guerre toque à nos portes, et les bruits de ses vacarmes rebattent nos lobes cependant l’insouciance nous gagne.
D’aucuns attisent le feu et ne se demandent point que la mèche qu’ils allument peut embraser leurs propres demeures. D’aucuns veulent réprimer le mal et s’arrachent les cheveux et les dents pour s’enquérir des résolutions. Et d’aucuns s’autoproclament neutres. Ceux qui se taisent sont d’autant plus coupables que ceux qui sèment la zizanie. L’heure de la spéculation et la capitulation, n’a-t-elle pas encore sonné ?
Oui, Capitulation ! Car ce serait malhonnête de ma part de dire que ma communauté n’est pas en guerre fratricide. Il est temps de capituler avant de brûler complétement nos vaisseaux. Jadis, nos ancêtres faisaient grand cas des traditions ignominieuses. Alors force est de constater que chaque chose à son temps et que les hommes doivent être en sempiternelle transformation.
«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements,» affirmait Charles Darwin. L’espèce n’est pas une exception. Donc malheureux sont ceux qui ne tirent pas profit des apports positifs du siècle présent. Il convient pour ne pas vivre à l’insu du temps d’accepter ses perpétuels changements. La mort dans l’âme, j’assiste à la dégradation de bonnes mœurs, de l’humanité au sein de cette communauté baignant dans un paradoxe inouï.
J’aurais aimé être sous terre pour ne pas voir l’opprobre qui couvre le soleil. À présent que le souffle divin me berce, je n’ai qu’un devoir le refus d’être du côté de l’oppresseur quand bien même qu’il soit mon géniteur. Pour mieux vivre ensemble, il nous incombe de faire table rase de nos traditions et de ne garder du passé que des valeurs positives surtout celles qui sont relatives à notre identité culturelle. Il est temps nous pencher ensemble sur le miroir pour mieux regarder nos infirmités afin de les soigner.
– Par Salihina Moussa Konate, étudiant en Biologie, Nouakchott – Mauritanie
Certains militants afro-panafricanistes sont tellement obsédés par le fait « Homme Blanc », qu’ils perdent toute lucidité militante et intellectuelle jusqu’à vouloir dédouaner nos dirigeants Noirs tortionnaires et également nos propres tares abjectes. Genre, on était au paradis dans Mama Africa avant l’arrivée du Blanc (oriental ou occidental), et l’esclavage intra-africain serait importé… ou il n’existe pas du tout. Sauf qu’en parlant d’Afrique, je me demandais pourquoi parmi les Noirs, les tenants des traites (orientales et occidentales) trouvèrent facilement un marché d’hommes Noirs en masse sur plusieurs siècles alors que d’autres populations non Noires furent épargnées…!
Dans l’Histoire, d’autres peuples non Noirs ont subi l’esclavage, mais si le Noir a été essentialisé comme le « marqueur universel et originel » de l’esclave, revient à nous réapprendre profondément en matière civilisationnelle.
Pire, on devrait se poser certaines questions, pourquoi ça se passait à sens unique ce trafic d’êtres humains ?
Pourquoi ne trouve t- on pas aujourd’hui des populations blanches d’ascendance esclave dans des zones majoritairement Noires ?
Les diasporas afros d’outremer et en milieux orientaux d’aujourd’hui ne suffisent pas comme matière à questionnements perpétuels pour nous…?
Le célèbre kankan Musa dans son voyage en Orient, il avait beaucoup d’or dit – on mais également beaucoup d’esclaves sous son joug apparemment qui ne seraient autre chose que du Noir en masse. A t – il pu ramener tous ces esclaves à leurs terres originelles…?
Les souverains orientaux lui avaient-ils donné comme présents d’esclaves blancs issus de leurs sociétés orientales…?
En Occident d’aujourd’hui, quand un mauritanien Noir rencontre un africain black acquis idéologiquement à certaines thèses afrocentrées et anti-blancs, et lui parle d’esclavage, il sautille en indexant des méchants arabes qui seraient venus d’Orient pour nous réduire en esclavage. En répliquant que Non, ce sont des Noirs qui considèrent d’autres Noirs d’esclaves dans leurs propres communautés dites autochtones, et là il va se sentir perturbé amèrement…. et il peut même te suspecter d’être un vendu à la cause du monde Blanc…!
Et c’est Vrai pourtant !
La lutte anti-esclavagiste engagée dans les communautés soninkés en Afrique de l’ouest, symbolise les tristes et acerbes réalités de cet esclavage par ascendance . Voir et lire ces liens médiatiques :
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