Mauritanie : De nouvelles dispositions pour l’obtention des permis de conduire



Sahara Médias – Le ministère mauritanien de l’équipement et des transports a annoncé la mise en place de nouvelles mesures pour l’obtention des permis de conduire, dans le cadre d’une réforme du système en place destinée à assurer la garantie des permis et prévenir la falsification et la manipulation.

Le ministère, dans sa nouvelle approche de réforme destinée à rapprocher les services des citoyens, a lancé un site qui permet aux candidats à l’obtention de permis de s’enregistrer : permis.transports.gov.mr.

Le ministère a ajouté que le lancement de ce site est intervenu au moment où des missions se rendent dans toutes les régions du pays, afin d’expliquer et sensibiliser autour des nouvelles mesures destinées à développer et moderniser l’obtention des permis de conduire depuis la candidature sur le site jusqu’à la participation à l’examen.

Ces missions, selon le ministère, a rencontré les autorités administratives et sécuritaires, les gérants des auto-écoles au niveau de chaque wilaya.

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Réflexion / Débat : « Si, le mot Nègre est péjoratif. » Par l’essayiste Mauritanien Mohamed Lam

J’entame mon propos avec le postulat suivant :

Le mot Nègre ne désigne pas qu’une couleur, c’est une condition sociale et d’existence imposée à l’homme noir africain. Il est alors péjoratif. Il l’était hier, il l’est aujourd’hui et j’espère qu’il le sera pour toujours.

Agatha Christie, elle même, était d’accord pour ne pas utiliser le mot Nègre dans le titre de son célèbre roman « Dix petits Nègre« , publié 1938, en Angleterre, sous le titre de Ten Little Niggers.

D’ailleurs, Jean Garrigues, historien rappelle qu’elle avait «elle-même reconnu l’utilité de changer le titre au début des années 1940 aux États- Unis», car, dit-il, je cite, elle «sentait […] le poids négatif que ça pouvait jouer sur des populations» (voir l’article au complet en références ci-dessous)

Je rappelle également que l’homme noir africain, avant sa rencontre avec l’homme blanc (y compris les personnes blanches du monde arabe) , ne se définissait pas comme un homme noir mais comme un homme tout court, un humain.

C’est avec l’institution de l’esclavage, de la colonisation ainsi que celle du racisme dans les imaginaires du dominant que son existence fut redéfinit par ce dernier.

L’homme noir africain, devient alors Nègre non pas seulement par sa couleur mais par sa condition de subalterne, d’infériorité.

Nègre n’est donc pas qu’une couleur mais une condition sociale bien qu’il signifie noir en langue Portugaise (ou en latin negro).

L’africain n’a pas inventé le mot Nègre pour se définir lui-même, il n’a pas à être fiers de répondre par cette appellation.

Il n’y a rien à revendiquer d’original si nous ne sommes même pas capables de nous définir selon nos propres modes de perception sociale. La validation de concepts exogènes péjoratifs pour nous qualifier réduit nos individualités et de nos identités respectives ou encore de nos existences dans une vision autre que celle que nous possédons.

Revendiquer le mot « Negro », pour désigner les populations noires de Mauritanie, se l’approprier comme méthode de lutte afin de rejeter le regard que les autres portent sur nous est fondamentalement dangereux pour notre singularité, notre histoire.

Nous sommes, dans le cas Mauritanien, très loin de la pensée de Césaire, ce « Nègre fondamental », qui, comme pour apporter une altérité avec l’homme blanc, définit l’homme noir dans sa différence culturelle et identitaire.

Lorsque Césaire invoque le mot nègre c’est pour répondre aux racistes et aux colons la chose suivante : « Le Nègre vous emmerde ». Entendons par là, le rejet qu’il fait de la signification, dans le fond, du mot. Il l’explique dans une interview :

« … Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. « (Aimé Césaire)

Le contexte Mauritanien est assez différent du contexte colonial bien qu’il y est le facteur domination qui surgit.

La démarche des trois intellectuels de la Negritude (Damas, Senghor et Césaire) n’était donc pas de valider l’idée qui en elle même est substantiellement stigmatisante.

Il est impossible de se débarrasser du caractère humiliant du mot Nègre en en faisant usage.

Selon moi, Nègre est donc une condition sociale imposée. Une fatalité pour l’africain. Un Noir Mauritanien qui se l’arbore fièrement me dérange profondément car il se soustrait de s’autodefinir lui-même.

C’est dans une démarche de « pensée déconstructive » que doit s’inscrire la définition de qui nous sommes.

Cheikh Anta aussi disait Nègre ?

Oui, mais il faut très mal lire Mr Diop pour affirmer que Nègre est convenable car il l’a utilisé.
Nègre, dans la bouche d’un V. Hugo a une toute autre signification que si c’est un Cheikh Anta Diop qui le prononce.

Si l’un reconnaît publiquement la hiérarchie des « races » (passez moi ici l’usage de cet autre abominable mot) et la toute puissance civilisatrice de l’occident sur le continent africain , l’autre prouva, en utilisant le mot Nègre, l’ancienneté de la culture et de la civilisation noire comme  pour déconstruire toute une conception tronquée sur la valeur civilisationnelle de l’homme africain.

Hugo sous estime, infériorise et animalise. Cheikh valorise, restitue une histoire mal racontée et humanise. Dans les deux cas, à mon avis, le mot Nègre reste péjoratif.

Lorsque des personnes noires sont traités de sales nègres dans les pays occidentaux, les indignations fusent de partout pour dénoncer un certain racisme. Or, dans le monde noir, l’utilisation du mot est faite de façon tout à fait normale.

Utiliser l’appellation faite par l’oppresseur qui en a lui-même décidé ainsi, c’est deux fois accepter sa propre condition sociale :

1-Être incapable de se nommer.
2-Être incapable de se définir soi-même.

Par l’effet de l’aliénation et de la perte de nos identités respectives, faire fièrement  usage du mot « Negro »,  sans analyse conceptuelle profonde, c’est valider le regard que le dominant porte sur le dominé.

Dans les années 30, les penseurs de la Négritude en ont fait usage, mais leur objectif était principalement d’explorer le particulier, le singulier, les différences pour mieux les porter à l’universel.

Qui est  » Negro Mauritanien »?

Partons d’un syllogisme :

1-Tous les Noirs de Mauritanie sont « Negro-Mauritaniens ».
2- Les Haratines sont des Noirs de Mauritanie.
3- Donc les Haratines sont « negro Mauritaniens ».

Il y a là une difficulté majeure et j’estime que le débat mérite d’être posé à plus grande échelle.

Culturellement ou traditionnellement, les Harratines sont plus proches des Maures que des Noirs de Mauritanie. Je ne reviendrai pas sur la thèse qui consisterait à expliquer que c’est à cause de l’esclavage, tout le monde le sait.

Mais il est tout de même important de savoir que si est « Negro Mauritanien » toute personne noire de Mauritanie, tout hartaani est negro Mauritanien.

Or, on le sait, rien, à part la couleur de la peau, n’indique qu’un hartaani est traditionnellement plus proche d’un Peul qu’un Maure. Le Hartaani s’habille, parle, pense et mange même peut-être comme un Maure.

Alors qui sont vraiment les « Negro Mauritaniens »? 

Les militants et les intellectuels Mauritaniens qui ont fait usage de l’expression « Negro-Mauritanien » n’ont fait que reproduire les techniques de définition utilisées jadis : affirmer sa négritude par rapport au système politique et social Mauritanien. Système Beydane (blanc) selon beaucoup de personnes.

Cependant, agir ainsi laisse penser que l’homme noir Mauritanien a quelque chose à prouver à l’homme blanc Mauritanien.

Le noir se definirait alors uniquement par rapport à l’autre. Il ne cherche pas à trouver, à travers lui-même, ce qui le rend authentique.

Césaire, pourtant, dans « Le Nègre fondamental« , était dans cette posture. L’affirmation de l’identité et de la culture noire dans un monde dominé par la culture blanche. Mais il avait une Pensée-Monde qui ne tolerait aucune interprétation consistant à figer sa réflexion sur le seul mot Nègre.

L’objectif des penseurs de la négritude n’était pas de confirmer l’idée que l’on avait du noir, mais de la déconstruire.

Or, en Mauritanie, je ne pense pas que les militants et intellectuels soient dans cette même position. Aucune doctrine n’a été élaborée et étudiée pour donner du sens aux mots employés dans les luttes pour l’égalité.

L’expression est utilisée pour simplement distinguer le Noir du Beydane. Alors autant dire Noir. Nègre, c’est péjoratif et recourir fièrement à son utilisation c’est finalement héberger dans sa propre vision, tous les préjugés racistes sur l’image du Kewri (Noir en Berbère Mauritanien).

Mohamed Lam
Essayiste Mauritanien

https://www.google.com/amp/s/www.slate.fr/story/194546/agatha-christie-dix-ptits-negres-rebaptise-ils-etaient-dix-pourquoi-france-accrocher-desesperement-racisme%3famp

« MAURITANIE: L’IGNORANCE ET L’INDIFFÉRENCE! » Par l’activiste mauritanien et militant politique Kaaw Touré

JE SIGNE ET PERSISTE

• MAURITANIE: L’IGNORANCE ET L’INDIFFÉRENCE!

J’ai été très choqué et indigné de découvrir encore sur la toile que certains frères et soeurs africains ne savent même pas qu’il y a des Noirs, Haalpulaar(Ful6e), des Soninko, des Wolofs, des Bamana… en Mauritanie. Oui, des Noirs qui sont des Mauritaniens authentiques, de souche, d’origine et non des simples fils des immigrés Ouest-africains! Apparemment ils ignorent complétement l’histoire du peuplement, des empires et autres royaumes traditionnels dans notre sous région.
Il faut reconnaitre aussi que la politique raciste de la diplomatie mauritanienne a si bien réussi que partout dans le monde on croit que la population mauritanienne est à 100% maure(Bidhane) et que la Mauritanie doit rimer avec mauritude!
Quel est le noir mauritanien membre d’une délégation, étudiant à l’étranger qui n’a pas été victime de cette méprise dans certains pays?  » Vous êtes mauritanien , vous êtes arabe? » ou « Vous êtes « Naar », donc vous parlez arabe ou hassaniya »!!!

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, la Mauritanie actuelle est une création artificielle du colonisateur français et elle se situe sur les ruines de l’ancien Tekrour, Ghana, Fouta , Waalo, terres où se sont créées, puis individualisées et developpées ces nationalités négro-africaines (pulaar, soninké, wolof, bambara, sérère…). Oui, la Mauritanie n’était pas terra ex nihilis avant l’arrivée des Arabo-berbères!

En réalité si on se réfère à l’histoire la population noire est autochtone et tout tend aussi à prouver qu’elle est majoritaire en Mauritanie. Nous n’en tirons pas naturellement prétexte pour exiger l’installation d’un pouvoir exclusivement noir à Nouakchott. Et comme nous le soulignions dans notre historique « Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » de 1986, pour les Noirs, le fait d’être majoritaire et de se référer à une antériorité de l’occupation ne suffisent pas pour contrôler ce pays. L’Afrique du Sud sous l´Apartheïd était un exemple édifiant. Les Afrikaners sont d’origine européenne. Ils représentaient 3 millions sur les 25 que comptait le pays. Mais, ils sont arrivés à dominer celui-ci par le moyen de la violence politique, policière, militaire et par la domination économique et c’est la même politique inique et cynique qui est appliquée aujourd’hui en Mauritanie dans le silence et l’indifférence de la communauté internationale et africaine.
Nos frères et voisins africains attendront certainement comme disait l’autre, le jour où les européens ou américains, en panne d’une bonne cause à défendre dénonceraient enfin ce qui se passe dans ce pays si proche, alors bien sûr ils feront les choeurs. Et nos artistes trouveront subitement l’inspiration, nos poètes leurs muses, nos griots dépoussiéront leurs koras, nos journalistes leurs plumes, nos panafricanistes et « droits de l’hommistes » leurs voix, pour chanter les vaillants HÉROS assassinés dans les geôles de l’État raciste à Oualata, Djreïda, Inal, N’beyka et à Azlat , s’indigner de cette belle négritude bafouée et dénoncer enfin cet autre Apartheïd au coeur du Sahel.

Notre souhait le plus absolu serait que ces questions de couleur, de pourcentage passent au second plan pour laisser place aux seuls critères de compétence et de patriotisme.
Et comme je le souligne très souvent : Elle est belle la Mauritanie quand elle est en harmonie et assume avec fierté sa diversité et ses identités!
Ebène et sable en harmonie, Noirs et Beydanes unis, tu revivras ma Mauritanie.

Demain il fera jour et la lutte continue!

Kaaw Touré

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur (post FB)

ÉDUQUER C’EST ÉVEILLER LES SENS DE L’ENFANT. Par KIDE Baba Gallé

Questionner le sens de ce que nous connaissons, de nos vérités et de nos imaginaires doit être au cœur de nos philosophies. Questionner le sens de nos pratiques et de ce qui soutient nos traditions doit être fait dans l’optique de les améliorer avec intelligence. Ce questionnement, quand il aura atteint les décideurs et les penseurs de tout bord, devrait trouver ses premières réponses dans cette volonté de créer un univers de paix et de tolérance. Toute éducation, qu’elle vienne d’ici et d’ailleurs, ne serait juste et comprise que si elle défend l’intégrité humaine – la dignité de la personne de l’autre et de l’acceptation de l’autre. L’autre n’est autre que nous avec nos peurs et nos angoisses, nos imaginaires et nos perceptions floues et ambiguës. Comprendre une telle pensée doit nous préparer, comme écrivait Auguste Compte, à vivre pour autrui afin de revivre dans l’autrui. Ainsi, éduquer c’est véhiculer des codes et des valeurs qui participent à construire des ponts entre les peuples pour que les rires se partagent, les joies se transmettent et que les peurs puissent être comprises et non rejetées. Eduquer, éveiller, construire et transmettre, voilà les finalités de toute civilisation consciente de la diversité des peuples et de l’unité de cette même diversité. Puisque toute diversité est une partie de l’unité, apprenons à nos enfants à se détacher de leur « ignorance primaire » afin qu’ils puissent les transformer en source de dépassement et de compréhension de ce qu’ils traversent et ressentent. Le comprendre d’une autre manière est aussi une des facettes de nos philosophies et non l’opposé de la philosophie de l’unité. Eduquer à ne pas faire des différences mais à créer des liens, des ponts et des sentiers – des sentiers pérennes et unificateurs. Eduquer à ne rejeter ce que nos perceptions et nos imaginaires ne comprennent, car il n’y a autant de vérités que d’humains mais, ce qui devrait être au cœur de nos agissements doit nous mettre sur le chemin de la tolérance afin que nous saisissions le sens profond qui se cache sous la montagne de nos méfiances et de nos préjugés.

Eduquer à ne pas juger mais à apprendre, à apprendre à connaitre l’autre, l’autre dans ses croyances et ses habitudes. Eduquer à penser, à transmettre – la bonne parole, l’action juste et la bonne pensée. Nous rentrons ici dans la profondeur de la pensée de l’auteur des Confessions. Vous l’aurez compris qu’il est question ‘d’éducation positive’. J’appelle éducation positive ce qui tend à former l’esprit avant l’âge, et à donner à l’enfant la connaissance des devoirs de l’homme, nous répond le philosophe. Eduquer à ne remettre les causes de nos échecs aux autres, mais de se remettre en question et à questionner le sens de ce que nous faisons, de ce que nous pensons et de ce que nous recherchons ; les racines de toute éducation qui cherche à s’épanouir et à exister en ayant conscience de sa présence et de ce qui nous entoure. Eduquer à s’accepter, à créer une volonté de puissance qui agit et qui comprend le sens de l’éducation. Puisqu’elle est l’arme la plus puissante que nous possédons, utilisons la pour changer et changer le monde, pour paraphraser Nelson Mandela. Eduquer c’est aussi imaginer ; savoir distinguer le visible et l’invisible, l’utile et l’accessoire, le vrai du faux, le juste et l’injuste. En éduquant nos sociétés à se voir comme des enfants qui apprennent à marcher, à parler, à penser et à connaitre le sens des choses et des êtres, nous aurions compris que toute éducation est une éducation sur nous et sur les autres, un devoir de bâtir des sentiers de réconciliation entre nos philosophies d’autrefois et nos traditions d’antan.

La première éducation est celle de la découverte du sens de nos sens, de ce que nous sommes et de ce que nous renvoyons comme enseignement à ceux qui nous découvrent et nous rencontrent. Eveiller les sens de nos enfants c’est leur montrer la source et l’essence de ce que nous croyons être juste ou bon à réformer et non de leur imposer l’image de ce que nous pensons qu’ils devraient être, prêchait Jiddu Krishmanurti. Eduquer c’est éveiller le sens de l’enfant en nommant explicitement et pédagogiquement les choses et les êtres sans chercher à dénaturer pernicieusement le sens qu’ils renvoient et la substance qu’ils renferment. La doctrine que l’on transmet est importante mais ce qui donne une force déracinable à nos éducations c’est l’essence de l’éveil que nous cherchons à pérenniser, pour reprendre Ernest Renan. Quand un enfant aura saisi la substance des choses et des êtres, il saura les définir, les comprendre, les faire comprendre et les transmettre. Il saura quelle vie il est sensé vivre et quel comportement adopté pour vivre et faire vivre – le sens de l’existence.

Toutes les éducations n’ont pas les mêmes finalités. Certaines sont faites pour soumettre et, d’autres, sont construites pour libérer.

Les premières sont celles qui créent un univers de méfiance entre les peuples et des barrières entre les hommes. Ce sont elles qui créent des différences entre les hommes et qui opposent des limites à nos capacités. Ce sont elles qui emprisonnent la femme et qui enferment les intelligences. Celles qui libèrent sont celles qui tracent des cheminements vers « la justice et la liberté. Il n’y a pas de justice sans égalité et il n’ait point de liberté sans justice ». Les éducations qui enferment et qui nient l’existence de certains peuples sont celles qui opposent la justice à la liberté, l’égalité à la fraternité et qui combattent les pensées qui tendent vers l’humanisme et la tolérance.

Cependant, quand une éducation se fixe pour finalité d’exploiter les individus, elle instaure un climat de violence et d’ignorance ou tout devient ambigu, flou et insensé. La culture de la peur s’installe et fait le lit de l’ignorance. C’est dans ces circonstances que les hommes deviennent des loups pour d’autres et que des conflits surgissent pour opposer les consciences, hiérarchiser les intelligences, les imaginaires et, finalement, les peuples. Une éducation qui restera dans les consciences avec une tranquillité sereine est celle qui éduque à ne pas haïr et à ne pas s’haïr, à construire et à ne pas détruire, à ne pas souffrir ni à faire souffrir, à comprendre et à faire comprendre, à éveiller et à transmettre les valeurs de tolérance et d’égalité. Une telle éducation est un idéal qui n’est point le rêve d’un penseur qui dort mais d’un père qui rêve que ses enfants ne soient jugés ni sur leurs origines ni sur leurs conditions sociales.

Notre actualité nous exhorte de revoir le sens que nous donnons à ce que nous croyons et à les comprendre pour découvrir la raison de notre présence et la signification de ce qui existe ici et ailleurs. Pour qu’une telle société émerge dans ce brouillard qui ne laisse apparaitre que des horizons flous et des visions à demi teintés, apprenons à réapprendre à s’accepter, à aimer, à tolérer.

KIDE Baba Gallé

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur

Entretien de RMI avec Docteur Sao Ousmane : « le prochain pari du gouvernement actuel serait celui de la lutte pour l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. »

RMI info : Présentez-vous à nos lecteurs

Mr SAO : Avant tout, je vous remercie ainsi que les membres du RMI info pour cet entretien.

Je m’appelle Sao Ousmane, de nationalité mauritanienne et je suis originaire de la vallée du Fleuve dans la région de Gorgol (Kaédi). Sur le plan associatif, je suis membre actif de l’association Fedde Hirnangue Bossoya, association qui regroupe plusieurs villages autour de Kaédi. Je suis coordinateur de l’association des jeunes du village de Jooke en Europe et sympathisant actif de plusieurs autres associations humanitaires nationales et internationales en France. Depuis quelques années maintenant, avec des compatriotes, nous avons créé l’association Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) que j’ai l’honneur de présider. Cette association est basée en Europe et regroupe des membres disséminés sur tous les continents. Elle vise à renforcer les liens entre tous les mauritaniens de la Diaspora. Concernant le plan des études scolaires et universitaires, j’ai fait mes années de primaires, secondaires et universitaires à Nouakchott puis je suis parti en France pour des études doctorales. Actuellement je suis chercheur basé en France, titulaire de deux doctorats, le premier en Géologie du quaternaire option géologie de la préhistoire avec un double focus sur la reconstitution des paléoenvironnements et la protection du patrimoine culturel mauritanien, et d’un second doctorat en sociologie politique et relations internationales titré Organisation des Unités sociopolitiques, culturelles et juridiques de la population mauritanienne et relations internationales.

RMI info : Vous avez été un soutien du candidat Ghazouani durant les élections présidentielles en juin 2019 : Quelle appréciation faites-vous de la gouvernance du Président mauritanien Ghazouani ?

Oui effectivement, j’ai été et je suis encore un soutien du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Durant les élections présidentielles de 2019, je me suis même rendu en Mauritanie, mon pays, pour soutenir le candidat Ghazouani. Pendant cette période électorale, j’ai intégré son équipe de campagne comme conseiller chargé de communication auprès du Directeur National de Campagne. Une mission que j’ai prise avec sérieux et honneur d’autant plus que j’ai pu rencontrer par la même occasion des hommes et des femmes d’état de valeurs investis-es pleinement pour la réussite du candidat et de son programme. Pour répondre à une question que les gens me posent souvent « mais pourquoi le soutenez-vous ? ».

Je l’ai soutenu parce que je crois tout d’abord en l’homme et ensuite je pense que son programme représente le meilleur programme qu’un homme politique peut présenter à son peuple. En politique, il faut faire des choix, des choix de conviction, des choix de valeurs, des choix constructifs… Je suis citoyen mauritanien après tout, j’aime mon pays, quels que soient mes choix, l’engagement pour mon pays sera toujours sans limite. In chaa ALLAH.

RMI info : En quoi son programme est-il le meilleur ?

Dans son programme, le candidat s’engage à ne laisser personne sur les trottoirs ajoutant que son but est que la prospérité prévale, se définissant comme le candidat de la justice sociale. Il a promis d’améliorer les conditions des fonctionnaires et d’œuvrer à la tenue d’un dialogue politique permanent jusqu’à réconcilier les Mauritaniens à la politique. Il a promis par ailleurs de résoudre les problèmes de la Jeunesse, d’encourager les initiatives individuelles, de faciliter l’obtention de microcrédits, d’y attirer davantage de jeunes et de développer l’enseignement technique et professionnel. Il a enfin affirmé que l’état prendra en charge les personnes handicapées afin de les intégrer dans le secteur de l’emploi. Sans oublier la question de la Diaspora (mauritaniens de l’extérieur), il s’est engagé à fournir une plateforme de dialogue et d’échanges entre la diaspora et les décideurs politiques. Il veillera entre autres à ce que les structures soient mises en œuvre pour permettre à la diaspora d’avoir un impact positif à la fois au niveau des pays d’origine et d’accueil. Des mesures à saluer et à concrétiser car pour moi, le lien entre la migration internationale des compétences et le développement du pays d’origine doit être reconnu et soutenu par beaucoup d’acteurs.

RMI info : Puisque vous parlez d’avenir, quelle analyse faites-vous des 365 jours du pouvoir du Président Ould Ghazouani et que vous inspire la formation du nouveau gouvernement avec le départ du premier Ministre après une année?

Je fais une analyse globalement positive. Tout d’abord souligner impérativement que durant les 365 jours le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani est resté jusqu’à preuve du contraire maître de son agenda. Un agenda qu’il maitrise avec précision et c’est un point positif pour affronter les défis qui attendent la Mauritanie. Fidèle aux principes du dialogue, j’estime que l’avènement du président Ould Ghazouani inaugure une nouvelle ère démocratique axée sur plusieurs thèmes.

1- La lutte contre la corruption et la gabegie,

2- La lutte contre la pauvreté sociale, contre le chômage et pour la création durable de l’emploi,

3- Le dialogue social et national inclusif entre les partis politiques et le forum civil,

4- Le combat contre le terrorisme qu’il faut impérativement gagner,

5- Un autre point important est la lutte contre le Covid 19. Une situation spéciale devenue par la force des chose un programme de lutte et de prévention.
Pour le premier point, je pense que les derniers évènements montrent que la police des crimes économiques et financiers mène actuellement une enquête préliminaire sur des présomptions de corruption révélées par le rapport de la CEP (commission d’enquête parlementaire sur les crimes économiques) au cours de la dernière décennie. Une démarche à encourager car cela peut contribuer ainsi que celles qui la suivront, à la moralisation et à la gestion transparente des ressources publiques. Cette nouvelle manière participe aussi à la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif et donc au renforcement du pouvoir législatif. Pour le reste, laissons la justice faire son travail tranquillement et évitons les commentaires inappropriés d’aucune importance au stade actuel des choses.
Pour le second point Il faut noter que depuis les années 1980, le chômage semble être un phénomène irréversible. Les gouvernements ont multiplié les politiques de lutte contre la crise dans le but de freiner sa progression. Pour comprendre cette problématique, il faut tout d’abord déterminer les différentes catégories de chômage à savoir le chômage : frictionnel, conjoncturel et structurel qui sont définit ainsi selon les économistes et spécialistes.

a) Chômage frictionnel : Le chômage frictionnel résulte d’imperfections du marché du travail. Observable même en situation de plein-emploi, il correspond à un chômage d’adaptation lié aux délais d’ajustement de la main d’œuvre entre deux emplois.

b) Chômage conjoncturel ou cyclique : Le chômage conjoncturel est un chômage économique dû à une insuffisance de la demande globale. Une baisse de cette demande (la consommation des ménages, les investissements, …) conduit les entreprises à avoir un stock de produits non désirés et à réduire leur production et leur investissement ; cela peut conduire à des licenciements et/ou des délocalisations.

c) Chômage structurel : Le chômage structurel est dû à des inadéquations entre les qualifications des individus et les emplois. Il y a une inadéquation entre l’offre et la demande. Les progrès technologiques jouent un rôle déterminant dans l’existence de ce type de chômage. Les progrès impliquent des modifications dans les caractéristiques (connaissances, savoir-faire, …) des postes d’emploi.

d) Chômage classique : Il correspond généralement à des personnes qui ne parviennent pas à trouver un emploi, en raison du nombre de demandeurs d’emploi supérieur à l’offre d’emploi.

e) Chômage saisonnier : Un chômage lié aux variations d’activité au cours de l’année dans certains branche d’activités et qui varie sensiblement selon les périodes de l’année (ex. Tourisme, agriculture…)
Dans notre contexte : La pauvreté correspond à une insuffisance de revenus, entrainant des privations et l’incapacité pour une population de satisfaire ses besoins (se nourrir, accéder à l’eau potable, se loger, se soigner, s’éduquer) et le président Ghazouani a mis en place le programme « Taazour » avec une Délégation Générale de rang ministériel directement rattachée à la Présidence de la République, cette délégation regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation inscrit dans le programme et engament du président de la République. Il faut aussi noter qu’un nouveau programme dénommé « CHEILA » destiné à la modernisation des communes les plus pauvres. Ce programme est mis en place pour offrir des services intégrés d’éducation, de santé, de logement, d’aménagements hydro-agricoles, de semi-mécanisation de l’agriculture, d’énergie, de financement de la micro-entreprise et de formation professionnelle. Il faut aussi souligner par ailleurs, qu’un autre programme dénommé « Dari » est mis en place pour les populations des quartiers précaires des principaux centres urbains pour le bénéfice de logements sociaux. Mais pour mener à bien les programmes cités, le gouvernement doit passer par les bonnes performances économiques d’où la nécessité de mettre en place une politique de relance économique qui aura pour but de favoriser la croissance. Dans le cas de notre pays, l’état doit augmenter les dépenses publiques tout en décidant en même temps d’augmenter les revenus d’une certaine catégorie de la population (augmentation des minima sociaux ou du salaire minimum) pour stimuler la consommation. Ce type de politique, d’inspiration keynésienne, est généralement utilisé quand le chômage est élevé et la croissance faible.

Sur le dialogue social inclusif, je pense qu’il faut encourager le Président de la République et son gouvernement pour cette nouvelle forme de gouvernance, basée sur le respect de tous. A mon avis, cette nouvelle forme de gouvernance contribuera à coup sûr à la pacification du pays et permettra de réduire certaines inégalités qui rongent la société mauritanienne et fera disparaitre certaines incompréhensions qui gangrènent la société mauritanienne dans son ensemble. Pour rappel le Président avait dit durant son investiture, « Mohamed Ghazouani sera le président de tous ». Les mauritaniens ont besoin d’être rassurés et je crois qu’il est sur le bon chemin. En Mauritanie, le dialogue social est plus que nécessaire, se parler, s’entendre et se comprendre pour résoudre les problèmes au quotidien, s’écouter, trouver des compromis est une obligation pour l’unité et la cohésion des citoyens. A noter que l’objectif d’un dialogue n’est pas de mettre tout le monde d’accord mais de pouvoir à nouveau discuter et émettre des opinions différentes qui puissent être entendues par tous.

La lutte contre le terrorisme est un combat de toujours qu’il faut impérativement remporter. La situation sécuritaire au Sahel appelle nécessairement à une reconsidération des paradigmes qui, jusqu’ici, ont guidé l’option strictement militaire qui a montré ses limites car à mon avis je crois qu’il y a aujourd’hui, un vrai problème de perception du conflit avec un hiatus entre approches internationales globales et perceptions locales. La Mauritanie en raison de sa position géostratégique contraignante y jouera un rôle d’une importance capitale pour toute solution finale. Mettre l’accent sur la lutte contre le financement du terrorisme en contrôlant les transferts physiques de capitaux aux frontières et de mettre en place une coopération totale et constante de toutes les institutions financières, ainsi que celle des entreprises et professions non financières désignées, afin de détecter et de combattre partout les flux financiers destinés au terrorisme.
Enfin le 5e et dernier point concerne la lutte contre la propagation du virus Covid 19. Elle est d’ailleurs inscrite dans le programme des gouvernements et des infrastructures sanitaires adaptées doivent être érigées pour parer à toutes éventualités et de prévenir l’avenir.
Le prochain pari du gouvernement, selon ma compréhension des choses serait celui de l’emploi et de la pauvreté sociale qu’il est urgent de mener et de réussir. Pour gagner ce pari, il requiert de réaliser sur une période longue une croissance économique soutenue, équitable et au taux le plus élevé possible. Cela suppose l’édification d’une économie d’offre compétitive et performante. On parle d’extrême pauvreté lorsque l’insuffisance de revenus ne permet pas de satisfaire ses besoins essentiels comme se nourrir, accéder à l’eau potable, se loger, se soigner, s’éduquer. La mesure de la pauvreté d’une population peut se faire de manière relative par rapport à un niveau de revenus. Il faut souligner que la pauvreté en tant que problème social est un mal pénétrant qui affecte multiples aspects de la culture et de la société. Par conséquent, les revenus parmi les membres des communautés demeurent invariablement faibles, l’accès aux services tels que l’éducation, les marchés et la santé ne sont que peu développés et les capacités de prises de décisions sont insuffisantes. Cette pénurie affecte également les installations sanitaires communales et l’eau courante, de même que les réseaux routiers et les facilités de transports et de communications. C’est ce qu’on appelle la pauvreté multidimensionnelle. Il est en outre important de souligner que les efforts des pays voulant résoudre par eux-mêmes le problème du chômage sont voués à l’échec car ce défi dépasse nos frontières nationales. Une collaboration régionale pour le renforcement des capacités requises afin de résoudre ce problème est de ce fait indispensable. La Mauritanie pourrait être à l’origine de cette initiative.
En ce qui concerne le départ du premier ministre, je n’ai pas de commentaire à faire, car nous sommes dans une République et cette dernière fonctionne sous l’emprise de la constitution, de la loi et du règlement. De cette constitution, le Président de la République y est investi de dispositions relevant de son rang et de ses fonctions pour incarner la plus haute institution du pays et de choisir librement ses collaborateurs civils et militaires. C’est une prérogative constitutionnelle et institutionnelle indiscutable dans une république qui se respecte.

RMI info : Que pensez-vous du rapport de l’ Assemblée nationale sur la gestion de la décennie d’Abdel Aziz ?

Je crois que l’assemblée nationale a fait son travail en rédigeant son rapport sur la situation économique du pays. Elle est dans son rôle et ce rapport doit se faire à chaque fois que nécessaire. Notre pays a besoin d’institutions fortes, neutres et indépendantes afin de promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance. C’est une nouvelle donne qu’il faut saluer et encourager. Pour ce qui concerne le volet judiciaire du dossier en question, faisons confiance à la justice de notre pays. Le respect de la justice et de la présomption d’innocence me donne le droit de ne pas commenter un dossier en cours de procédure. Il faut dire que l’exercice du pouvoir politique a pour but, l’un de ses buts au moins, l’instauration et la préservation d’une société ordonnée, stable et notre pays en a besoin plus que d’autres.

RMI info – La question de l’esclavage divise les Mauritaniens : une partie des mauritaniens continuent de dire que la pratique de l’esclavage est persistante en Mauritanie, et d’autres nous parlent des « séquelles d’esclavage ». En tant que docteur en sociologie, qu’en pensez-vous ? En tant que citoyen averti, de quel côté êtes-vous ?

Dans aucun des côtés pour répondre directement à votre question. Je prône une approche méthodique et explicative car je pense que beaucoup de Mauritaniens aimeraient comprendre, comme moi, les faits et les replacer dans leur contexte. En tant que sociologue, mon rôle n’est pas d’être dans un camp, et en tant que citoyen averti, je me refuse catégoriquement de rester cloisonner selon les camps car pour moi notre pays mérite mieux que cela. Même dans cette attitude volontaire, je m’inscris résolument dans la disparition totale de certaines situations sociales qui n’ont rien à voir avec le progrès social.
Ceci étant dit, nous constatons qu’en Mauritanie, certaines personnes ont un sérieux problème sémantique avec les mots : apartheid, esclavage, séquelle, éradication, discrimination, inégalité sociale, évolution sociale, progression sociale, féodalité, hiérarchisation sociale, tribu, ethnie, communauté, cohabitation et j’en passe. Des mots qui doivent avoir leur sens sur le plan juridique, sociétale et politique. Pour moi chaque mot à son sens, chaque phrase à ses mots. Il faut tout juste veiller à ce que les personnes responsables les utilisent avec le contexte du moment en évitant les surenchères inutiles. Des inégalités politiques et sociales, il en existe et c’est à l’Etat de veiller à la réduction de ces inégalités pour le bien de tous. Il faut donc encourager l’Etat dans son combat qui consiste à éradiquer certaines de ces survivances et séquelles et pour cela, je fais appel à notre intelligence collective et à la maturité du peuple mauritanien pour lutter contre ces considérations qui ne cessent de nous gangrener. Le pays a une grande chance d’avoir des compétences dans toutes les couches sociales, il suffit tout juste de faire preuve d’esprit d’ouverture et d’acceptation de l’autre pour l’intérêt de la Nation mauritanienne.
Pour rappel, dans son rapport de 1994 sur la pauvreté en Mauritanie, la Banque mondiale écrit que malgré le fait que l’esclavage ait été aboli par la loi de 1981, il subsiste encore sous différentes formes et qu’il prendra beaucoup de temps à disparaître. Bien avant, la première Constitution de la Mauritanie indépendante de 1961 a établi le principe d’égalité entre les citoyens. La Constitution de juillet 1991, dans son préambule, évoque le droit à l’égalité. L’ordonnance du 5 juillet 1981 a aboli l’esclavage sur l’ensemble du territoire national. Pourtant à cette époque, la situation ne s’était pas pour autant améliorée car l’ordonnance n’avait pas été suivie d’une application effective. Puis une autre loi a rectifié et a endurcit les peines de celles de 2007 incriminant l’esclavage qui n’avait pu être appliquée en raison du coup d’État de 2008. Dans la même logique, le parlement mauritanien a adopté le 13 août 2015 une nouvelle loi contre l’esclavage inscrivant cette pratique comme crime contre l’humanité sous peine de 10 à 20 ans d’emprisonnement pour les auteurs. Cette nouvelle loi a été d’ailleurs saluée par Urmila Bhoola, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les formes contemporaines de l’esclavage.
Le constat que je fais de la situation, est que la communauté maure à l’image de celle des Négro-mauritaniens, est très stratifiée. Cette division sociale très poussée est protégée par le système des castes. Le système des castes dans nos sociétés induit la transmission générationnelle des savoirs, des charges et des ordres, on parle de la biologisation des rapports sociaux. Le professeur Abdel Weddoud Ould Cheikh a d’ailleurs dit que l’esclavage chez les Maures est « une institution aussi ancienne que les Maures eux-mêmes ». Nous pourrions en dire autant des sociétés négro-mauritaniennes construites sur une base inégalitaire d’ordres et de castes restées inchangés malgré les bouleversements intervenus de la fin du Moyen-Âge à nos jours. Les légendes et les mythes fondateurs des Etats traditionnels de l’espace mauritanien nous signalent l’existence et l’ancienneté de l’esclavage dans l’espace culturel du Tékrour et du Wagadou, autrement dit dans l’Empire ouest-africain du Ghana.
Actuellement, les enjeux politiques sont en ce sens devenus le terreau fertile à partir duquel les uns s’ingénient à maintenir leurs anciens privilèges et leurs prééminences, et les autres à améliorer leur sort par une représentation politique et une affirmation de soi. Ce jeu de remise en cause des anciens ordres contribue à la reproduction « mécanique » de deux camps qui s’affrontent sempiternellement : l’un milite pour une renégociation des hiérarchies sociales anciennes, l’autre pour leur maintien. En effet, selon les protagonistes des contestations, aucune liste ne doit désormais être d’une seule coloration statutaire. Un tel procédé, s’il calme les ardeurs à court terme, n’est pas de nature à réduire la portée des contradictions entre les deux identités rivales : il ne s’agit là que d’une paix fourrée, d’un dosage socio-identitaire qui perpétue l’écart entre les différentes composantes de la société. Mais sans perdre de temps sur le danger palpable de la fausse dichotomie de ces deux perspectives, il est plutôt nécessaire de souligner l’idée qu’un enrichissement mutuel des modes traditionnels et occidentaux de gouvernance est possible. Celui-ci n’est envisageable qu’au travers d’un engagement urgent, profond et de long terme en faveur d’une réforme des règles et normes traditionnelles mauritaniennes jusqu’à présent inchangées. Il faut aussi éviter de faire de cette affaire « un fonds de commerce politique » pour des politiciens sans scrupule qui ne croient qu’en leur survie politique personnelle. Donc vigilance.

RMI info : Vous êtes président de l’association Cadre de Concertation et de Dialogue des mauritaniens de la Diaspora, une association regroupant des mauritaniens en France et dans le monde. Que pensez-vous du rôle de la diaspora dans son ensemble?

Depuis toujours on peut souligner que l’action de la diaspora est essentiellement une action privée, individuelle ou bien le fait de petits groupes, mais dans la plupart des cas, c’est une action informelle. Son rôle est aujourd’hui évident et reconnu partout. Non seulement elle aide les familles, mais aussi, elle investit, crée dans les villages des projets de développement. Elle contribue au développement de son pays d’origine. Avec la crise sanitaire (Covid19), son rôle a été essentiel pour participer efficacement à l’élan de solidarité demandée par nos gouvernants : non seulement la diaspora agit par des incitations économiques, par la compréhension fine de leurs besoins (ressources humaines …), mais aussi par une stratégie d’influence ciblée. La binationalité économique de la diaspora n’est plus à démontrer. Il est évident que chaque fois qu’elle a pu agir de son propre chef, la diaspora n’a pas hésité à le faire, mais il est aussi vrai qu’une telle action ne suffit pas pour transformer les choses de manière significative. Il ressort de ces expériences qu’une intervention rondement menée de la diaspora au niveau communautaire peut être vitale pour le développement communautaire et la paix intrarégionale. Les membres de la diaspora qui ont réussi peuvent ainsi devenir des modèles et apporter à la jeunesse l’encadrement et la vision nécessaires pour la construction pacifique de la nation. Parce que plusieurs de ses membres sont des modèles et des mentors dans leurs familles et leurs quartiers, la diaspora doit mieux participer à la mise en exergue de valeurs qui font la fierté d’être mauritanien. L’unité factuelle de tous les mauritaniens, quel que soit leur ethnie, leur apparence politique, fait que nous sommes heureux de nous retrouver entre mauritaniens, entre africains pour parler de nos pays. Comme disait Napoléon Bonaparte « la première des vertus est le dévouement à la patrie ». Voilà une des caractéristiques de notre Diaspora.

RMI info : Que pouvez-vous nous dire de la jeunesse et des jeunes ?

Samuel Ullman disait que : « La jeunesse n’est pas une période de la vie. Elle est un état de l’esprit, un effort de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort ». La jeunesse représente une force vive, elle est riche des aspirations propres à ce moment de l’existence. Mais aujourd’hui encore, des conditions de vie précaires (chômage, exclusion, pauvreté, particulièrement nuisibles aux jeunes défavorisés) gâchent ce potentiel et cette énergie. Ils constituent incontestablement un groupe d’âge décisif, capable de raisonner et d’agir avec maturité. Leur participation ne peut pas être reléguée à un avenir incertain : c’est dès maintenant que nous avons besoin de leur concours. Il est nécessaire de dépasser l’idée selon laquelle les jeunes, un jour, « hériteront » de la Terre ; en réalité, ils ont dès aujourd’hui un rôle important à jouer dans l’édification du monde. C’est à juste titre qu’ils exigent d’être entendus et de pouvoir s’exprimer pour que soit reconnu la valeur de leur apport à la société. Nos Etats se doivent de donner à nos jeunes la volonté et la possibilité de participer à un projet collectif.

RMI info : Vous avez soutenu une première thèse de doctorat en Géologie du quaternaire (option géologie de la préhistoire, reconstitution des paléoenvironnements et protection du patrimoine culturel matériel et immatériel mauritanien).

Oui effectivement avant la seconde thèse en Sociologie politique (organisation des unités sociopolitiques et culturelles de la population mauritanienne) soutenue en 2014, j’ai pu soutenir en 2010 une première thèse en sciences. Ce travail de thèse, débuté en Master Recherche à la Faculté des sciences de l’Université de Perpignan est donc essentiellement consacré à l’étude sédimentologique en vue d’établir la reconstitution des paléoenvironnements sédimentaires qui se sont succédés dans le secteur du Guelb er Richât (Adrar de Mauritanie). Dans mes recherches doctorales, la notion de patrimoine se profile comme un élément de reconnaissance de la richesse et de valorisation des lieux constituants, par là même, un facteur de développement local dans certaines régions. Le patrimoine culturel reflète l’identité d’un territoire et relie une population à son passé. Il s’enracine dans l’histoire, l’architecture, les traditions d’une communauté et les ressources naturelles d’un terroir. C’est un héritage culturel partagé qui garantit les identités locales. En ce sens, la valorisation du patrimoine culturel est liée à la façon de le représenter. La thématique de la valorisation du patrimoine culturel occupe une place majeure dans notre champ de recherche. Elle prend en considération l’importance des patrimoines et des traces culturelles dans la représentation des territoires. Elle pourrait ainsi optimiser le processus de patrimonialisation et l’adapter aux attentes de la société. Il est à noter que la création patrimoniale se distingue d’une région à une autre.

RMI info : Dr Sao, un dernier mot à nos lecteurs :

Je voudrais tout d’abord vous remercier et ensuite avec la situation actuelle encourager mes compatriotes mauritaniens de poursuivre la sensibilisation sur la nécessité de maintenir les mesures barrières afin de prévenir la propagation de la pandémie du COVID 19. En dernier j’encourage les responsables de la nation à travailler à l’élaboration et au renforcement de dispositifs permettant d’impliquer plus significativement la jeunesse dans le développement du pays. Cet effort peut notamment passer par des échanges entre les jeunes vivant au pays et leurs concitoyens de la diaspora qui représentent une force extraordinaire.

Propos recueillis par Saidou Wane

©️ Crédit source: http://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-docteur-sao-ousmane-le-prochain-pari-du-gouvernement-actuel-serait-celui-de-la-lutte-pour-lemploi-et-de-la-lutte-contre-la-pauvrete/

« Nouakchott, le 4 Walata 1986, Réminiscences d’un ado » Par Bocar Oumar BA

Demain 4 septembre, nous commémorons les premières arrestations en 1986 de cadres et intellectuels noirs mauritaniens ; arrestations qui devaient ouvrir la porte au tristement célèbre mouroir de Walata, faisant basculer par la même occasion le régime du sanguinaire Taya dans l’horreur.

N’eut été le fait que Walata repose indubitablement la question nationale en Mauritanie, s’autoriser à l’évoquer alors qu’on n’y était pas relèverait presque de l’impudeur. Que ceux qui y ont souffert le martyr me pardonnent d’avance cette forme d’intrusion.

J’étais un jeune adolescent en 1986 quand, achevant mes vacances d’été à Nouakchott, j’apprenais l’arrestation de plusieurs personnes en même temps, certaines que je connaissais parce que de ma famille, d’autres parce que de notoriété déjà installée. L’agitation dans l’univers familial de quelques-uns de mes ainés alors étudiants, et déjà bouillonnant de militantisme et de subversion me fit prendre de plein fouet conscience que ma vie de jeune noir n’allait pas être de tout repos, pour peu qu’il me restât encore un soupçon de cette saine colère que l’on appelle le pouvoir d’indignation. S’ensuivirent des manifestations de rue quotidiennes auxquelles je me mêlais. Quasiment les premières de mon parcours de militant. Quelques-uns des ainés que je suivais dans ses manifestations seront également arrêtés. Hommage, respect et affection à mon grand-frère Abdoul Aziz Ba dit Tazi qui, bien que n’ayant pas été à Walata, fît plusieurs séjours en prison. D’autres, après des semaines durant à jouer au chat et à la souris avec la redoutable police politique de Taya, prirent le chemin de l’exil. Que mon frère Ciré Ba trouve ici mon admiration et mon affection.
Semaine après semaine, la liste des détenus politiques s’allongeait. Tous ou presque appartenaient à la communauté Peul. Quelques noms connus et reconnus donnaient à ces arrestations une tonalité toute particulière, rendant le climat en milieu négro-africain terriblement anxiogène.

Tène Youssouf GUEYE, homme de culture et de Lettres, historien et chef coutumier, par ailleurs premier ambassadeur de la Mauritanie auprès des Nations Unis, « arrêté » !

DJIGO Tafsir, ancien ministre de la République, « arrêté » !

Saidou KANE, historien et homme de culture, « arrêté » !

Ibrahima SARR, journaliste, homme de culture et poète, « arrêté » !

Abdoul Aziz Bocar BA, homme politique, premier directeur général d’Air Mauritanie, « arrêté » !

D’autres hommes à l’époque moins connus mais tout aussi valeureux furent également arrêtés. Des inspecteurs de l’enseignement (Samba THIAM actuel président des FPC), des universitaires (Ibrahima Abou SALL, historien), Fara Ba et Mamadou Bocar BA (enseignants).
Tous ceux qui sont cités, à l’exception de Abdoul Aziz Bocar BA exilé jusqu’à la fin de sa vie, furent conduits, après un procès expéditif, à la prison mouroir de Walata. Bien d’autres les y rejoindront au fil des semaines et des mois. Des militaires négro-africains arrêtés durant la tentative de putsch de 1987 viendront grossir les rangs des détenus à Walata. Je recommande la lecture de l’émouvant livre de notre ainé Alassane Harouna Boye : « J’étais à Walata ».

Lorsqu’on sait la résonnance du nom de ce bagne dans la langue des détenus, on mesure aisément le macabre jeu des symboles qui a pu les habiter…

Dans le déroulement de la politique de Maouiya Ould Sid’Ahmed TAYA, l’arrestation des cadres et intellectuels négro-africains en 1986 constitue sans nul doute un rite de passage. Si le système d’exclusion dénoncé par les FLAM dans le manifeste du négro-mauritanien opprimé était déjà en place, Walata, parce qu’il consacre les premiers morts de prisonniers d’opinion, constitue un basculement vers la radicalisation du régime. Le comble du cynisme fut atteint lorsque suite à la mort de certains détenu dans d’horribles conditions, on défendit à leurs familles de porter le deuil comme il se doit. Le ton était donné. La communauté noire de Mauritanie allait connaître les aspérités d’une politique d’oppression et de répression qui s’assume.

Revenu dans ma ville de Kaëdi au mois d’octobre 1986, nous nous préparions avec quelques camarades à aborder une rentrée scolaire mouvementée. La conscience militante qui avait germé durant l’été dans nos petites têtes d’adolescents devait porter sur le terrain lycéen le relais d’une lutte commencée dans la douleur. Comment poursuivre une lutte sans formation, sans leader et sans moyens, dans un contexte où la répression policière est à son paroxysme ? Les sorties nocturnes pour maculer les murs de la ville de slogans tels que « Taya=Botha » constituaient une réponse bien maigre face à l’énergie et aux moyens déployés par le régime ségrégationniste pour museler la moindre expression subervisve et étouffer dans l’œuf toute velléité de révolte.

Au fil des années et ce jusqu’à la libération en 1990 des survivants de Walata, la lutte des négro-africains à l’intérieur fut essentiellement portée par des jeunes, sans cadres structurés et sans leaders charismatiques. Autant dire que notre seul mérite fut d’avoir continué à y croire, et d’être riches d’espoir et de mythes entretenus. Et heureusement… Walata fut terrible en ce qu’il laissa une jeunesse militante orpheline et déstructurée politiquement.
Je n’ose imaginer ce que fut par ailleurs le quotidien des familles des détenus de Walata. Au-delà de la douleur et de l’émotion que chacun peut aisément deviner, ces familles furent tout simplement précarisées, privées de ceux qui étaient leurs épines dorsales. Des enfants furent pressés par le destin de grandir trop vite. Que d’innocences volées ! Des femmes durent faire face seules à la charge familiale. Que de Winnie Mandala anonymes ! Mes hommages mesdames! L’Histoire serait bien ingrate de vous oublier !

C’était aussi cela Walata .

Bocar Oumar BA

©️ Crédit source: post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10223500176070920&id=1184398165

Regardez « TOOBA – SANTE Avec Dr. Sedouma YATERA MÉDECIN GYNÉCOLOGUE OBSTÉTRICIEN » sur YouTube

©️ TOOBA-TV

RES NON VERBA : Parles moins , agis ! Par Salihina Moussa

« Res non verba », Des actes et non des paroles,

Depuis belle lurette, les intellectuels mauritaniens n’ont cessé de mettre le doigt là où le bât blesse par rapport au système scolaire. Ce système a cessé de servir de standard depuis le jour où l’autorité mauritanienne a placé l’éducation dans un stade secondaire des préoccupations. Certes, les mots ne manquent point, mais le pragmatisme semble être en perpétuelle latence. Les mots doivent se traduire en actes pour que la Mauritanie puisse faire un progrès à l’instar des pays qui étaient à la même longueur d’onde qu’elle dans les années soixante. Aujourd’hui, ces pays ont émergé sur certains points.

La procédure d’enrôlement biométrique à l’état-civil empêche beaucoup d’élèves de passer les examens (surtout le BEPC et le baccalauréat). Selon l’émission de la note de service des ministères de L’Intérieur et de L’éducation, « aucun élève ne pourra être inscrit dans un établissement d’enseignement, public ou privé, si sa procédure d’enrôlement n’est pas complète, selon les modalités stipulées par la loi. » Aucun citoyen n’est et ne sera au-dessus de cette loi. Nous la respectons. Il est du devoir de l’État de prendre, alors, des mesures qui permettent à tous les élèves de se « recenser ». De surcroît, la Mauritanie est censée respecter l’Article 11 de la Charte Africaine qui stipule qu’il faut « fournir un enseignement de base gratuit et obligatoire ; prendre des mesures pour encourager la fréquentation régulière des établissements scolaires et réduire le taux d’abandons scolaires. » Déplorablement, l’article n’est pas mis en pratique. Tristement, beaucoup d’enfants polissonnent à longueur de journées, et sont laissés à l’abandon. Ceux qui sont issus des familles où l’on tire constamment le diable par la queue et qui ont peu de moyens fréquentent des établissements privés ; puisque les établissements publics ne répondent pas aux attentes.

« Cherchez la science du berceau jusqu’au tombeau. » (Récit prophétique).
La limite d’âge pour passer le baccalauréat est un fait qui encourage l’abandon, elle consiste à mettre des butoirs sur le chemin de ses élèves qui veulent se construire. Cette limite peut aussi qu’augmenter la délinquance : « L’oisiveté est [alors] mère de tous les vices ». L’État doit revoir cette partie de sa gestion pour ne pas faire encore obstacle au progrès du pays.


Il est temps que la Mauritanie mette en place une bonne réforme structurelle et fonctionnellle du système éducatif. La Mauritanie doit donner une éventuelle égalité des chances à tous les élèves sans aucune discrimination sur la couleur, le sexe, sociale ou tout autre critère. De plus donner une bonne éducation aux enfants de sa patrie, c’est assurer un socle inébranlable du développement.

● Par Salihina Moussa, étudiant biologiste FST – Nouakchott

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur

Nouakchott-Mauritanie : Merkez Mauritania (établissement scolaire et universitaire privé) vient de commencer ses inscriptions administratives pour l’année académique 2020-2021

Né à Coumba N’dao, Arrondissement et Commune de Ghabou, au Sud de la Mauritanie, Abou Abdillah Moussa ben BOULAYE ben TOUGAYE Diarra, a commencé ses études primaires dans l’enseignement du Coran et de la Sunna, au Village de Coumba N’dao en 1989, avant d’aller les finir dans l’une des plus grandes écoles coraniques de la willaya de Guidimakha (école coranique Housseyn Souley Cissé, village de Hachakghar) en 2000. En effet, le Professeur et Imam Diarra, continue ses études secondaires dans un Institut Al faarouq spécialisé dans les études islamiques et la langue arabe sous la direction de l’imam de la mosquée de Qatar à Nouakchott. En 2006, après son Baccalauréat, le Professeur et Imam Diarra s’envole pour le Pays du Prophète Mohamed (PSL), Arabie Saoudite, plus précisément à la Medina (Médine, la ville d’accueil du Prophète PSL) pour la recherche du savoir islamique et la sagesse religieuse.
Par ailleurs, le Professeur Diarra s’inscrit en 2007 à la plus grande université de la Médine et décrocha sa licence (BAC+ 3) en 2012 à l’université islamique de Médine. Trois ans plus tard, en 2015, le professeur Diarra obtenait son Diplôme de Magistère (Master ou BAC+5) en cycle des Hautes Etudes ès Daawa et Cultures Islamique (HEDCI). Ce passionné des études islamiques et de la charia islamique est allé poursuivre sa quête du savoir islamique dans le royaume chérif du Maroc. Depuis 2016, Monsieur Diarra est inscrit en thèse de doctorat en études islamiques à l’Université du Royaume du Maroc.
Ce natif de Coumba N’dao (Guidimakha), animé par le patriotisme et la reconnaissance pour sa patrie, l’imam Diarra après s’être diplômé de l’université de la Médine, il a décidé de rentrer dans son pays natal (Mauritanie) pour s’investir dans la science religieuse malgré les nombreuses opportunités que les Médinois lui avaient proposées depuis la Médine. Il s’est dit que c’est à son tour de venir rendre à la Mauritanie, ce qu’elle avait donné. A son arrivée en Mauritanie en 2015, l’Imam Diarra, créa un grand établissement scolaire et universitaire privé dont il est le directeur pour enseigner la science religieuse. Son établissement compte à ce jour tous les niveaux d’études. Le professeur a également mis à la disposition de ces étudiants un enseignement à distance. L’enseignement dispensé par son établissement est un enseignement de qualité selon les différents témoignages de ces étudiants, voir le lien :
https://www.merkez-mauritania.com/galerie/audio/.

Les professeurs sont tous des diplômés de l’université islamique de Médine et d’autres universités internationales. Les diplômes délivrés par le Merkez Mauritania sont des diplômes reconnus par l’Etat et agréés. Pour plus d’informations sur ce sujet voir ce lien :

http://www.merkez-mauritania.com/.

Au niveau universitaire, il existe des cours en ligne. Le Professeur Diarra, après avoir ouvert une section en ligne pour les étudiants, il a le plaisir de vous annoncer également l’ouverture d’une autre section pour les étudiantes. Les cours se déroulent avec des enseignantes et enseignants expérimentés et diplômés des lijazaates. Les matières étudiées sont : le Coran, le Hadith, la grammaire, le vocabulaire, entre autres. Pour s’inscrire veuillez cliquer sur ce lien :
https://form.jotform.com/193591567553066, ou encore les personnes intéressées, peuvent se présenter au Merkez directement ou par contact :

BA Boubou
Centre Histoire et Anthropologie du Droit (CHAD)-Paris

Réflexion – Mauritanie politique : « L’Etat ou la communauté ? » Par l’essayiste Mohamed Lam

Dans un débat politique, un ami non africain m’a demandé de lister les différents Présidents que la Mauritanie a connu, je l’ai fait. Dans son regard, surpris, je pouvais lire deux choses, même si par respect à ma personne, il a jugé nécessaire de s’abstenir de m’en demander davantage :

La première est celle de savoir quelle est la la place des autres communautés dans ce pays ?

La seconde, leur capacité à diriger !

Il est difficile de distinguer l’esprit des lois Mauritaniennes et son État à celui de la seule communauté hautement dirigeante.

Il y a peu de temps, l’honorable députée, Kadiata Malick Diallo affirma que
« la Mauritanie appartient à une communauté, et dans cette communauté, il y a des gens qui sont au pouvoir et des gens qui sont dans l’opposition. Ce que nous cherchons maintenant, c’est de voir comment nous intégrer à cela (…) ».

Ce constat n’est plus un scoop. C’est une réalité historique qui doit être corrigée pour enfin assurer, établir ou rétablir l’équilibre communautaire.

Critiquer la gestion d’un État ce n’est pas critiquer l’origine communautaire des individus qui composent cet État. Ces derniers en ont la responsabilité.

Critiquer un État, c’est critiquer la politique qu’il mène. Amalgamer à ce niveau, c’est se tromper et donc rater la cible. Cest aussi semer la zizanie et détourner l’attention du peuple sur son mal-être provoqué par la configuration du système politique.

De la même manière, s’acharner sur un opposant du système au lieu de se concentrer essentiellement sur le système en lui même, c’est faire fausse route.

Mais lorsqu’une communauté s’identifie aux personnes qui constituent majoritairement cet État, c’est un problème.

Là, elle peut se croire viser par les critiques. Alors que ce n’est pas nécessaire. Critiquer l’Etat, c’est critiquer les politiques conduites par cet État. Tout citoyen doit en avoir le droit.

Mais il est où le problème ?

À mon avis, lorsqu’il y a monopolisation du pouvoir de décision, il y a accaparement de tout ce qui en découle. Et quand il y a accaparement, il apparaît difficile de faire le tri entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont en dehors.

Surtout quand la plupart de ceux qui sont en dehors du système mis en place par l’Etat défendent ce dernier même dans sa pire gestion des affaires de la cité. Une question, peut-être, de solidarité tribale verticale inspirée de l’Al Assabiya politique depuis que la Khaima est devenu palais.

Aujourd’hui, il est indispensable de penser et de réfléchir à la Mauritanie de demain et j’estime que cela ne peut se faire sans la mise en place d’un dialogue sincère et concret entre les différents acteurs de l’opposition politique.

Mohamed Lam

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur 30 juillet 2020