(Par Docteur Yaya SY Anthropologue et Professeur d’histoire. 25-04-2020)
Pour commencer, en ce début de ramadan prions pour tous ceux qui ont perdu la vie dans le Soninkara, pour ceux qui ont été blessés dans leurs corps et dans leur dignité. Prions pour la paix et la réconciliation mais sur la base de la recherche du respect réciproque, de la justice et de la vérité dans tous les pays soninkés. Je constate avec regret que beaucoup parmi ceux qui ont écouté mon audio du 9 janvier 2020, nombre d’entre eux ne l’ont même pas entendu… Sinon, ceux qui ont adressé cette tribune un peu tardive à Kassataya ne l’auraient peut-être même pas fait… Ils m’ont cité en se référant à un texte de 2012 qu’ils ont attribué à tort à Ba Maadi Kaama SumiinaKanouté qui n’en est pas l’auteur. Ce texte est tiré du concours de la sixième édition, organisée par l’Association « Madi-Kaama Musunde » en 2001 sur les thèmes : Danbe ? laadanlenmaaxu ? jowwundanlenmaaaxu ? kallengooraaxu ? L’extrait en question se trouve dans mon ouvrage « Mémoire d’Ancêtres » 2012 chez l’Harmattan, Page 258. Il n’a même pas été traduit du soninké en français… Je publie la définition intégrale de « Laadalenmaaxu » en soninké pour que tout un chacun la lise attentivement et se fasse sa propre opinion (merci ). Le texte sur le laadalenmaaxu s’étale sur cinq pages (258-262). La phrase qui termine la définition par les « laada siru » dit ceci : « Naa gambaanaaxu ro o do me naxa ; no’o diinan (silaamaaxu) sabati moxo sire » Le bon laada « instaure l’égalité entre nous et renforce notre religion (l’islam) ». CETTE PHRASE ANNONCAIT LA NAISSANCE DE GAMBAANAXU… par prémonition car actuellement il n’y a pas d’égalité de statut social dans les pays soninkés, nous avons continué à humilier et à piétiner la moitié de la noix de colas du Soninkara en la traitant du sobriquet insultant et méprisant de « kome ». Le laada n’a jamais dit qu’il faut éjecter du village celui qui n’y adhère pas, ou de lui arracher la terre de ses aïeuls, etc. Actuellement le laada est transfiguré et sournoisement détourné à l’avantage des dominants. Je répète : soyons unis ON NA NIA BAANE BAWO O SUN BAANA. Le combat pour l’égalité, la fraternité et la dignité dans la paix et la sérénité de Gambaanaxu continue et finira par gagner tout homme épris de justice, d’égalité et de dignité.. Alors halte aux fossoyeurs de la vérité ! Vive l’égalité, la fraternité, la paix et le dialogue.
L’Authentique – Plus que tout autre région de la Mauritanie, le Guidimakha se trouve être le plus exposé à la pandémie du COVID-19, en raison de sa position transfrontalière et de sa vocation migratoire, principalement orientée en Europe, épicentre de la pandémie. Les OSC du Guidimakha souscrivent entièrement au plan de préparation et de riposte en cas d’épidémie du nouveau coronavirus publié le 20 février 2020 par les pouvoirs publics, et selon lequel « Les relais communautaires (santé animale et humaine) et des associations à base communautaire participent à la surveillance, à la prévention, la sensibilisation et à la prise en charge des cas qui relèvent de leurs compétences et sont impliqués dans la mise en œuvre du présent plan ». Dans cette optique, il est attendu que ce plan de réponse soit coordonné avec les acteurs de la société civile afin de maximiser l’efficacité de la portée des messages diffusés par le Ministère de la Santé. Soutenons également les pouvoirs publics d’avoir pris des décisions courageuses, telles que : – Interdiction des rassemblements publics (prières à la mosquée, cérémonies ou évènements sociaux) ; – Instauration du couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national ; – Fermeture des frontières avec les pays limitrophes… Autant de mesures quoique utiles pour le bien-être et la santé des populations ont néanmoins des répercussions négatives sur les activités économiques qui se sont fortement ralenties et provoqué ainsi des pertes de revenus, surtout au sein des populations les plus vulnérables (restaurateurs, boulangers, transformatrices de céréales …). Pour contribuer à ce sursaut national, les OSC du Guidimakha communiqueront régulièrement des informations utiles et actualisées à la plateforme mise en place afin d’amener les populations à prendre des décisions conséquentes pour se protéger et adopter des comportements positifs pour éviter les risques de contagion liés à la pandémie du Covid-19. Il s’agit là d’un appel à l’action pour accompagner ce plan de riposte, en vue d’enrayer la propagation du COVID-19 et atténuer son impact. La responsabilité de protéger les populations à travers la mise en chantier d’une communauté virtuelle composée de relais communautaires, de points focaux des coopératives féminines, des associations des jeunes et le groupe des pasteurs. Cette plateforme en ligne est le principal moyen d’Information pour Informer, Éduquer et Communiquer pour l’adoption de nouveaux comportements positifs. Nous apprécions les efforts déployés par les pouvoirs publics à ce jour en particulier le lancement du Programme Spécial Elevage et les efforts entrepris par TAAZOUR pour appuyer les ménages vulnérables. Nous lançons un vibrant appel au Gouvernement pour la réhabilitation des axes : Selibaby– Noukchott, Selibaby– Gouraye, et les ponts. Nous rappelons que lors des inondations survenues en août 2019 ont provoqué la dévastation de plusieurs infrastructures qui ont coupés la Wilaya des villages de l’intérieur et des grandes villes, Kaedi et Nouakchott. Depuis lors à ce jour aucune réhabilitation n’a été faite pour les restaurer. A la veille de l’hivernage, il est à craindre que cette situation n’aggrave davantage l’enclavement de la région, les pertes de vies humaines causées par le mauvais état des routes.
Liste des OSC signataires :
•Union des Coopératives des femmes du Guidimakha (UCFG)
•Association pour le Développement Intégré du Guidimakha (ADIG)
•Association pour une Initiative de Développement de l’Environnement (AIDE)
•Action pour la Santé et le Développement (ACSADE)
•Association Mauritanienne pour le Développement et l’Alphabétisation (AMDA)
•Association pour la Prospérité des Femmes du Guidimakha (APFG)
•Association Towvigh
•Association Mauritanienne pour la Promotion des Adolescents (AMPA)
•Association Les Amis de la Santé Avagh
•Association Elwava Groupe Recherche Action pour le Développement Durable (GRADD)
•Association des Jeunes pour la Protection de l’Environnement et du Développement ( AJPED)
•Association Pour l’Education et Promotion Sociale (APEPS)
•Association Djalaw
•Association Nationale pour le Développement et la Biodiversité (ANDB)
Les soninkés ont la réputation d’être un peuple paisible mais les explosions de violences qui traversent cette communauté depuis quelques temps sont en train de lui donner une face hideuse. Les derniers affrontements intracommunautaires à Laani au Mali, Moodibugu en Mauritanie, Koyina en Gambie, dans le Kingui et ailleurs que nous avons suivi de loin interpellent la conscience de tous et de toutes. Ils sont la suite logique et l’expression d’une accumulation de rancœurs et de frustrations, d’un manque de dialogue et de communication entre membres d’une même communauté. La nature ayant horreur du vite, l’avènement des réseaux sociaux a brusquement libéré la parole et établi le contact entre acteurs dont la plupart n’étaient ni intellectuellement ni psychologiquement préparés et prêts pour un débat d’idées. Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans la société soninké, il serait important d’apporter quelques éclairages historiques.
● Éclairages historiques
Comme toutes les sociétés qui vivent dans la bande sahélo-saharienne, la société soninké est une société très hiérarchisée composées de groupes qui se subdivisent à leur tour en sous-groupes. Les structures sociales et politiques donnent la prééminence à certains clans (tunkanlenmu) pour l’exercice du pouvoir à l’échelle d’un village (debe) ou pays (jamaane). C’est un droit de commandement qui se base sur le droit du premier occupant du sol ou l’usurpation du pouvoir qu’on acquiert par la naissance. C’est ainsi que suivant les régions ou pays, on peut rencontrer des patronymes qui jouent un rôle prépondérant dans la vie politique et sociale (Traore au Xanaaga, Baccili Gajaaga, Jaawara dans le Kingi etc. Les différents groupes entretenaient et entretiennent encore des relations complexes marquées par le maarenmaaxu (parenté), le jonganlemaaxu (alliance codifiées par des serments comportant une séries d’obligations réciproques engageant les parties contractantes et leurs descendants), le laadanlemaaxu (alliances codifiées par les coutumes aux termes desquelles les différents groupes se rendent mutuellement services contre des gratifications symboliques et le kalungooraxu (cousinage à plaisanterie). Tous ces niveaux d’alliance ont pendant longtemps permis et permettent encore de cimenter le vivre ensemble dans la solidarité et ont créé les conditions d’une résilience sociale et économique.
● Contestations de l’ordre ancien
Aujourd’hui même si la taxinomie employée pour désigner les différents groupes sociaux existe toujours, la société soninké n’a pas été épargnée par l’évolution en cours dans toutes les sociétés africaines. L’ordre ancien qui a commencé à être contesté depuis les premières années de nos indépendances par des intellectuels et anciens combattants d’extraction servile a trouvé aujourd’hui un terreau fertile à travers notamment le combat d’Elhor, de SOS esclaves et tout récemment du mouvement IRA Mauritanie et de l’ARMEPES-France : (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques Esclavagistes et ses Séquelles). Si les premières organisations citées plus haut ont réussi à faire bouger les lignes concernant la lutte pour l’émancipation des harratines et pour plus de justice et d’équité en Mauritanie qui fait de leur leaders des acteurs clés sur l’échiquier politique et social en Mauritanie, le second fondé essentiellement pour ne pas dire exclusivement par des ressortissants du Guidimakha mauritanien a pour ambition d’opérer des transformations sociales profondes dans la société soninké en ayant comme objectif premier « de débarrasser notre Soni Karaa de toutes ses tares liées à la féodalité, au système de castes, à la hiérarchisation statutaire entre personnes ayant vécu ensemble depuis de tant d’années »[i] Le succès ARMEPES-FranceGanbanaaxu Fedde, a favorisé le lancement d’un mouvement transnational couvrant non seulement la Mauritanie mais aussi le Mali, la Gambie, le Sénégal et toute la diaspora soninké à travers le monde et avec comme devise l’égalité en dignité et en droits dans les communautés soninkés respectives. L’utilisation de Whatsapp pour redynamiser et faciliter la communication entre les membres du mouvement et la vulgarisation de ses idéaux a non seulement permis de tisser et de renforcer des liens entre ses sympathisants mais aussi favorisé l’éclosion de courants supposés opposés à toute transformation sociales en pays soninké ou à la démarche utilisée par Ganbaaxu Fedde. Ainsi démocratie islamique, Hooron da in baana, Kingui contre Ganbaana, TGV contre Ganbaana ont été créés et sont vite allés en guerre contre Ganbaana feddé. Suivant les camps, les deux courants ont utilisé les réseaux sociaux pour légitimer ou condamner le combat de Ganbanaaxu ou questionner ses méthodes de lutte en puisant très souvent leurs arguments du coran et de sunna du prophète. La virulence de certains propos et la manière de tourner l’adversaire en dérision étaient souvent d’une rare violence et manquaient de décence. Cette liberté d’expression offerte par les réseaux sociaux s’est révélée être à la fois une opportunité et un piège pour notre communauté car la plupart des personnes qui s’invitaient dans ces débats d’idées et de société n’étaient pas toutes intellectuellement et psychologiquement à la hauteur. Ils ont plutôt créé une cacophonie qui a brouillé le message authentique de Ganbaanaaxu et rendu inaudible la voix des progressistes de toutes extractions sociales, exacerbant ainsi la résurgence du phénomène de l’esclavage dans beaucoup de contrées. Par leurs capacités de filmer, d’enregistrer, de transférer des audios et images en temps réel, d’archiver et même de manipuler des faits, les nouvelles technologies de la communication ont, dans le cadre de ce combat intracommunautaire, contribué à exacerber les tensions entre familles et clans en faisant émerger beaucoup plus de faucons que de colombes. Face à cette situation, des bonnes volontés ont tenté des médiations qui se sont soldées par des échecs. Quant aux états, ils ont brillé par leur inaction qui peut se traduire par une manière subtile de laisser la situation pourrir.
● Explosions de violences
Les conflits latents et la guerre fratricide qui en a résulté a déjà fait couler beaucoup de sang, endeuillé des familles et augmenté la vulnérabilité d’autres, les rapports de forces n’étant pas toujours les mêmes partout. La violence dans les rapports humains est tout simplement inacceptable, particulièrement entre personnes unies par des liens historiques et multiformes, c’est pourquoi nous sommes tous interpellés par les cris de détresse et les sanglots des blessés et des victimes des différentes explosions de violences. Nous le sommes autant que nos états qui doivent se doter d’institutions fortes et impartiales qui créent les conditions d’une paix sociale et la garantissent. Il faut condamner la violence et les injustices d’où qu’elles puissent venir et les corriger après une analyse froide de ces évènements douloureux. Cela permettra d’éviter l’amalgame et les conclusions hâtives sous l’effet de l’émotion.
● Conclusions
À l’image de ce qui se passe chez les peuples voisins, les transformations sociales sont, en milieu soninké déjà là, elles sont à la fois visibles, subtiles et complexes. Il faut les ancrer dans notre vécu au quotidien, les accompagner et sachant que les protagonistes considèrent qu’ils sont d’égale dignité et le sont conformément aux différentes lois fondamentales des pays concernés. Cette période que nous vivons est une transition vers une nouvelle ère. C’est une tendance irréversible. Il nous faut une intelligence situationnelle pour sauvegarder l’essentiel et chacun dans son contexte local et son vécu connait l’essentiel. Il faut orienter les radios mille collines vers la promotion de la paix et la réconciliation par le respect des aspirations légitimes de tous ceux qui, dans notre cohabitation se sentent lésés. Ce conflit est appelé à être dépassé avec ses souvenirs douloureux d’où la nécessité de dialoguer dès maintenant, de dialoguer sincèrement et sans tabous pour ne pas mettre en péril notre vivre ensemble qui doit être au-dessus de tout. Ce malaise profond doit être traité à l’échelle globale mais surtout au niveau local, chaque jamaane et debe ayant ses spécificités héritées du passé qui ne sont pas forcément celles des autres. En sachant qu’ils seront interpellés devant les tribunaux de l’histoire sur leur gestion de notre patrimoine commun qu’est le soninkara, la diaspora, les cadres vivant dans nos différentes capitales et autres grandes villes, les oulémas, les élus et tous qui constituent les éminences grises et des références incontournables pour leurs Co-villageois ou contrées sont appelés inventer des mécanismes pour ramener la paix des cœurs et des esprits de façon durable.
Aliou Kissima Tandia Ndjamena, le 11Avril 2020
[i] Gaye Traore, interview accordée à Calame le 29 Mars 2018.
Une pandémie n’est jamais souhaitable mais elle ouvre les yeux. Personne n’est à l’abri et nul ne peut aller se soigner à l’étranger. Cet obstacle met à nu les prétendus pouvoirs des charlatans ayant une solution à tous les problèmes. Le registre de la mystification ne fonctionne plus et un noyau d’esprit critique prend forme et se structure. Le COVID 19 n’est ni chinois et ni une construction des hommes.
Cette pandémie renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion sociale. Elle met en lumière l’hypothèse de Durkheim selon laquelle qu’en période de crise, le tissu social se sentant menacé, les individus faisant aux dangers font tout pour cimenter la société. La vie de tout un chacun dépend de celle des autres.
On observe dans tous les pays africains une exigence de solidarité et de transparence due à une tres forte demande sociale qui va au delà des clivages communautaires et idéologiques. Cette exigence a fait naitre de multiples interrogations citoyennes parmi lesquelles, le déficit des infrastructures sanitaires, les inégalités sociales et les critères de sélection des ayant droit à l’aide publique. La culture de l’obligation de résultat et de rendre compte commence à s’installer en Afrique.
Il reste que c’est plutôt la prise de conscience des manques révélateurs des profondes inégalités sociales qui fait que tous les regards sont tournés vers les hommes politiques bien que la responsabilité de tous soit de mise. Quand les dirigeants politiques se sentent observés et surveillés, ils font très attention à la gestion des affaires de la cité.
La pandémie du COVID 19 est non seulement un accélérateur de la conscience citoyenne et démocratique mais a surtout amplifié la quête de la connaissance et l’exercice de la pensée dans tous les domaines y compris le domaine religieux. Cette réflexion qui bouscule les dogmes risque de rendre le climat social anxiogène. En effet, certains religieux à revisiter le passé très lointain des musulmans pour essayer de trouver des réponses par rapport aux restrictions des libertés et des pratiques religieuses.
Tous les segments de la société bougent et chacun apporte sa contribution en fonction de son domaine de compétence. Les régulateurs sociaux que sont les marabouts ainsi que les dépositaires des savoir faire et de la pharmacopée traditionnelle mettent leurs compétences au serve de leurs collectivités.
Par ailleurs, la mobilisation des journalistes pour répondre à la curiosité publique met en lumière l’importance des langues nationales. Un baromètre permettant de faire une distinction entre les discours officiels et les propos dénués de tout fondement.
Les communautés au-delà du confinement et du respect des gestes barrières veillent au mouvement des individus entre les frontières. C’est dire que les communautés se sont appropriées les stratégies destinées à lutter contre cette pandémie.
Cette très forte interpellation des dirigeants politiques qui traduit une forte aspiration à la bonne gouvernance est une opportunité pour les acteurs de la société civile. Ils doivent se mobiliser pour maintenir au quotidien cette tension afin qu’au sortir du COVID 19, les vieilles mauvaises habitudes qui sont très têtus ne refassent surface.
Pour la première fois depuis la fondation de l’Arabie saoudite, le grand pèlerinage pourrait ne pas avoir lieu cette année en raison de l’épidémie de coronavirus, mais 2020 ne ferait que rejoindre la longue liste des annulations de cet événement annuel
Des fidèles musulmans font le tour de la Kaaba dans la Grande mosquée de La Mecque, le site le plus saint de l’islam, le 13 mars 2020 (AFP) Par Mustafa Abu Sneineh
Mardi dernier, l’Arabie saoudite a préparé le terrain en vue de l’annulation du hadj de cette année, appelant les pèlerins à reporter leurs préparatifs et réservations en raison des craintes liées à la pandémie de coronavirus. Environ deux millions de personnes visitent La Mecque pour effectuer le pèlerinage annuel, qui devait commencer cette année en juillet, mais ces plans sont dorénavant incertains dans la mesure où le royaume a enregistré 2 752 cas de coronavirus et 38 décès. À l’instar de nombreux pays, l’Arabie saoudite a imposé un confinement et un couvre-feu pour tenter d’endiguer l’épidémie, et l’entrée dans les villes saintes de La Mecque et de Médine a été sévèrement restreinte. Riyad a déjà suspendu le petit pèlerinage, la oumra.
Muhammad Salih ben Taher Banten, ministre du Hadj et de la Oumra, a déclaré sur une chaîne de télévision saoudienne que les musulmans – qui doivent effectuer le hadj au moins une fois dans leur vie – devraient « attendre avant de s’engager ». « Nous avons demandé à nos frères musulmans du monde entier d’attendre avant de s’engager jusqu’à ce que la situation s’éclaircisse », a-t-il déclaré. « Dans les circonstances actuelles, alors que nous parlons d’une pandémie mondiale, dont nous avons demandé à Dieu de nous sauver, le royaume tient à protéger la santé des musulmans et des citoyens », a-t-il ajouté. Banten a indiqué que le ministère saoudien du Hadj et de la Oumra avait remboursé les frais de visas pour ce pèlerinage aux agences de voyage après la suspension des visites à La Mecque fin février. Bien que le hadj ait été annulé à plusieurs reprises au cours des siècles, depuis la fondation du royaume d’Arabie saoudite en 1932, il n’a jamais connu d’annulation, pas même pendant la pandémie de grippe espagnole de 1917-1918, qui a tué des millions de personnes à travers le monde. Mais si l’Arabie saoudite annule le hadj 2020, la décision s’ajoutera à une liste de près de 40 annulations dramatiques depuis la première en 629.
Middle East Eye jette un œil à quelques-unes des plus frappantes de l’histoire :
865 : Massacre sur le mont Arafat Au cours de son conflit avec le califat abbasside basé à Bagdad, Ismail ben Yousef, connu sous le nom d’al-Safak, lance en 865 une attaque sur le mont Arafat, qui surplombe La Mecque, y massacrant les pèlerins. Ce raid contraint à annuler le hadj.
930 : Attaque des Qarmates
En 930, Abu Taher al-Janabi, le chef de la secte hétérodoxe des Qarmates, basée à Bahreïn, lance une attaque contre La Mecque. Selon les récits historiques, les Qarmates tuent 30 000 pèlerins dans la ville sainte et jettent leurs corps dans le puits sacré de Zamzam. Ils pillent également la Grande mosquée et volent la Pierre noire de la Kaaba, l’emmenant sur l’île de Bahreïn. Le hadj est ensuite suspendu pendant une décennie jusqu’à ce que la Pierre noire soit rendue à La Mecque. Les Qarmates étaient une secte chiite ismaélienne qui croyait en une société égalitaire et considérait le pèlerinage comme un rituel païen.
983 : Califats abbassides et fatimides
La politique, elle aussi, a perturbé le hadj. En 983, les différends politiques entre les dirigeants de deux califats – les Abbassides d’Irak et de Syrie et les Fatimides d’Égypte – font obstacle aux musulmans se rendant à La Mecque pour le pèlerinage. Il faudra attendre huit ans avant que le hadj ne reprenne, en 991.
1831 : Épidémie Les conflits et les massacres ne sont pas les seules raisons ayant conduit à l’annulation du hadj. Une épidémie venue d’Inde frappe La Mecque en 1831 et tue les trois quarts des pèlerins, qui avaient enduré des semaines de voyage à travers des terres dangereuses et stériles pour effectuer le hadj.
1837-1858 : Choléra
En l’espace de près de vingt ans, le hadj est suspendu à trois reprises, empêchant les pèlerins de se rendre à La Mecque sept années durant. D’abord en 1837, lorsqu’une autre épidémie frappe la ville sainte, suspendant le pèlerinage jusqu’en 1840. Puis, en 1846, un épisode de choléra frappe La Mecque, tuant plus de 15 000 personnes et tourmentant ses habitants jusqu’en 1850. Les foyers épidémiques reprennent en 1865 et 1883. En 1858, une autre pandémie mondiale de choléra s’abat sur la ville, incitant les pèlerins égyptiens à s’enfuir en masse vers les côtes égyptiennes de la mer Rouge, où ils sont maintenus en quarantaine.
Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.
Deux medecins sur LCI appelent a experimenter un vaccin contre le corona virus sur les « pauvres africains », nouvelles souris de laboratoire du monde. Le crime banalisé, une expérimentation médicale sur un peuple donné. Les révolutions humaines nous confirment qu’aucune société ne peut se construire durablement sur les mensonges et les crimes qu’il s’agisse d’un régime dictatorial, d’un lobby ou encore d’un cartel. Des personnes malintentionnées oublient vites que leurs arrangements louches au nom de la toute puissance économique ne peut résister à la colère des peuples. Osons le dire, un criminel reste un criminel. Le verbe exprime ce que l’on pense vraiment. Banaliser ces théories d’expérimentations est un crime. Deux spécialistes dans leurs domaines respectifs tenant de tels propos, il faut s’en méfier. La banalité du mal un concept philosophique développé par Annah Arendt explique que le mal ne réside pas dans l’extraordinaire mais dans des petites choses pour commettre les crimes les plus graves. Ces paroles que certains prétendent minimiser s’induisent dans l’erreur. Il s’agit des personnes qui ont renoncé à la morale, à l’éthique de leur métier et leurs engagements personnels, pour commettre les crimes les plus atroces. L’humanité s’est dit être en guerre contre le COVID19 mais les malintentionnés sont en guerre pour le profit et leurs egos. Aussi violent que le sujet soit, les soldats médiatiques se comprennent et partagent les mêmes idées. Ces discours et discussions à longueur de journée considérés comme anormaux et pathologiques. Ces soldats médiatiques se donnent le droit dans le verbe pour exprimer leur vision du monde. La confiance règne.
Il m’a fallu venir à l’université à Bordeaux pour que l’un de mes professeurs m’explique véritablement la SOLIDARITÉ. Nous, autres avons cru que nous étions solidaires. Non, nous avons confondu philanthropie et solidarité. Les philanthropes sont les personnes désintéressées et généreuses qui donnent tout leur temps, argent et énergie aux autres. Cette philanthropie sans calcul conduit souvent la descendance de certains à ne pas pouvoir être à l’abri du besoin par manque de plan d’actions pour le futur. La solidarité, quant à elle, ressemblerait à la philanthropie mais elle ne l’est pas. La solidarité est une assistante mutuelle( cela va dans les deux sens contrairement à la philanthropie). La solidarité est un devoir ou une obligation morale. La solidarité est familiale, amicale, communautaire, associative mais aussi commutante. La solidarité doit être étatique. L’Etat doit rajouter la solidarité à son mode de fonctionnement. La solidarité peut être aussi, communale, nationale… Une nation solidaire est une nation véritable. Elle est meilleure car elle use de la solidarité pour l’alimentation des couches les plus vulnérables, et par la défense qui est une forme de solidarité. Les contrats( mutuelle, association, assurance, syndicats, contrats de travail…) sont aussi de la solidarité. La Solidarité devient alors une forme d’humanisme et un rempart social: elle est l’obligation de faire cause commune, agir dans l’intérêt général. Les coopératives et coopérations sont de la solidarité. Et comme l’Etat( entité morale) doit être solidaire, les femmes et hommes doivent verser des prestations sociales en fonction de leurs revenus pour équilibrer les inégalités. Le citoyen ( individu avec des droits, devoirs et obligations et prier du respect des lois) doit s’éduquer à partir des valeurs de solidarité. Toute une pédagogie citoyenne doit naître chez le mauritanien à travers cette notion de Solidarité pour l’engagement, la lutte contre les préjugés et discriminations, pour les droits et surtout pour le Vivre-ensemble. La solidarité dans le domaine de l’éducation( attribution des bourses d’études en fonction des revenus des parents, les aides financière pour la petite enfance), dans les interruptions involontaires ou volontaires de travail( chômage, revenus de solidarité) dans le droit( par rapport à l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes…) voire dans la Santé( couverture maladie individuelle, familiale…)
Aujourd’hui, face à cette pandémie qui s’accroît à une vitesse exponentielle, il est important de rappeler la solidarité dans la santé et les interactions humaines. Il faut d’ores et déjà noté la relation entre l’alimentation saine et la santé qui est « très importante ». Les diététiciens préciseront cela. Hippocrate, médecin grec de l’Antiquité (5e siècle av. J. -C.), avait affirmé la primauté de l’alimentation dans la santé en affirmant: « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Or, pour un concitoyen qui ne peut se nourrir comme il se doit ou avoir du liquide alimentaire pour étancher sa soif, il sera difficile pour lui de connaître les risques sanitaires d’ordre bactériologiques( bactéries) ou virologiques( Virus). De plus, s’il n’est pas allé à l’école. Il en est tout de même le cas pour la maladie à Coronavirus ou COVID-19 avec « co » qui signifie « corona », « vi » « virus », « di » « disease » en anglais qui signifie « maladie ». L’Etat doit ainsi créer des conditions viables et structurer les domaines par la solidarité. Une règle de solidarité pour sensibiliser est souvent préférable à celle du « fouet ». Pour protéger ses composantes par nécessité et obligation, l’Etat dans son rôle régalien doit faire valoir le droit à la vie, aux libertés, faire barrages aux inégalités par solidarité aussi, et connaître les priorités de SANTÉ. L’Etat doit au nom des principes universels, religieux ou moraux assister sa population contre la faim, les maladies en soignant et prévenant. Certains diront qu’il est facile de le dire mais difficile de le faire. Il sera tout à fait naturel de se demander s’il existe préalablement une volonté politique. Cette volonté dans la manière pragmatique et clairvoyante de gérer les affaires de la CITÉ. Cette période pandémique nous laissera de quoi réfléchir, et se saisir par humanisme pour mettre en place, si la voracité et l’égocentrisme ne reprennent le dessus, un nouvel ordre; un pacte social. La solidarité dans le travail( liens de complémentarités), dans les instances, dans les marchés financiers, pour les micro-financements, les incubateurs( économie) , et pour le « pauvre mauritanien » à la quête de l’équité et l’égalité.
Pour s’axer sur le plan sanitaire, il ne s’agit plus de critiquer seulement mais d’énoncer ensemble certains FAITS. Il ne s’agit plus de réfléchir mais d’agir. Ainsi, parler pour garder un « petit » poste par rapport à l’intérêt personnel au lieu de celui des mauritaniens, de celui de la future Nation qui doit naître, est de la délation. Nous avons un système de santé dans un état de délabrement inouï alors, comment aurons nous le courage de parler de système de soins. A cela, s’ajoute la libération de la profession. Pour être soigné, il faut des moyens personnels( parfois les biens mal acquis pour aller à l’étranger), et l’on est pas sûr de porter l’usufruit. Le principal responsable est l’Etat comme entité morale, mal équipée et dont la mal gouvernance est indélébile, si elle ne se débarrasse pas de l’étiquette de « vache à lait ». Notre responsabilité y est aussi. En effet, les mauritaniens ont comme premier ennemi commun l’indifférence. Après, s’ajoute à cela l’ignorance, et voilà que s’y rajoute l’infiniment petit(virus) pour faire plus que peur et créer la psychose en Mauritanie. Les campagnes de sensibilisation vues sont des actes de solidarité. Dès lors, s’il y a deux formes de sensibilisations, à savoir celle des cartiers du nord et celle du sud, nous aurons un constat amère et réel qui est la profondeur des distanciations sociales bien avant le COVID-19. D’où vient, ce questionnement de nos inquiétudes et de l’absence de solidarité et de développement ensemble mais pour un ensemble. En effet, face au covid-19 qui est un ennemi redoutable qui attaque plus que l’on ne peut imaginer, il y’a lieu de s’unir et de respecter les consignes et recommandations des personnes en charges, personnes ressources et habilités à juguler la maladie à Coronavirus. La solidarité est encore d’autant plus nécessaire pour aider les acteurs et professionnels de santé pour la santé publique. Aider en restant chez soi s’il est possible. Aider par l’aide de l’Etat aux concitoyens du secteur informel ou des nécéssiteux comme le plan a été émis. Assister et mobiliser pour la formation de plus de personnels face à ce fléau. En guise de solidarité avec les forces de l’ordre, respecter le couvre-feu, et il faudrait les avertir comme tout citoyen mauritanien des dangers de la maladie à Coronavirus. Au sortir de cette pandémie, osons espérer que l’humanité se nourrisse de paix et de solidarité. Nous devons apprendre à nous solidariser. Nous devons apprendre en tant que population à mieux faire, mieux vivre, mieux donner et à s’indigner. S’indigner en l’horreur de la dignité, il le faut pour l’union. Il ne peut y avoir d’union ou cohésion sociale voire nationale sans véritable solidarité. Cette solidarité ne nait pas de la bêtise, ni dans l’ignorance. Elle nait de principes universels qui honorent la dignité humaine. En ces termes, Tomas Borge affirmait: «la solidarité est la tendresse des peuples». Il faut agir, cultiver le civisme et la fraternité par la solidarité. «Sans solidarité, performances ni durables ni honorable» François Proust. En définitif, la solidarité « est notre remède» comme l’atteste Sali Sek. Etre solidaire, c’est être lié. «La solidarité nourrit les racines desquelles se tisse la fraternité» Bihman Belattaf. Revendiquons plus de justice et de justesse avec nous même pour nous. La solidarité appelle la bonté individuelle. Lecompte nous certifie qu’il n’existe pas d’autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle. Ainsi, « nous avons le devoir alors de remettre à l’heure l’horloge de la solidarité humaine» Michel Vespecht.
En conclusion, cette expression que l’on appelle SOLIDARITE, ne doit pas être un simple mot. C’est un sacerdoce citoyen et humain pour lequel, il faut « se répercuter» même de loin. Nous n’avons plus besoin de la solidarité purement traditionnelle africaine( forme de « solidarité mécanique » par des normes et valeurs traditionnelles intrinsèques) mais de la solidarité moderne qui dépend des «réflexes» universels par les valeurs égalitaires. Pour ainsi, ouvrir la voie à la solidarité internationale comme il en est le cas pour le Cuba, la Russie ou la Chine qui vont en cette période de crise sanitaire apporter l’armement médicale pour le besoin de l’humain. «Notre esprit humain exige sans délai la solidarité et l’union entre les peuples et les nations au delà des différences qui pourraient les séparer» soutient Augusto Roa Bastos.
La mondialisation actuelle et les modalités de sa globalisation sont philosophiquement judéo-chrétiennes. C’est-à-dire que ce sont les concepts clés du christianisme et du judaïsme (que nous distinguons du message initial de Jésus et de Moise), bien que sécularisés, qui commandent toujours l’univers de sens et la trajectoire de l’Occident et son rapport au monde et à l’humanité.
Expliquons-nous en énumérant les quatre notions essentielles qui, selon nous, caractérisent l’approche judéo (Spinoza)-chrétienne (Hegel) de l’existence et l’homme :
1) Pour le Judaïsme :
La notion de Peuple Élu et l’annulation de fait de l’idée de famille et de fraternité humaine.
La limitation de l’existence à l’ici-bas et aux sens (l’absence dans l’ancien testament de toute référence et description de l’au-delà en est le signal).
2) Pour le Christianisme :
La notion de fils de Dieu.
La notion de péché originel et la détestation du monde et des sens qui en découle.
Les deux premières notions respectives du judaïsme et du christianisme sont une continuité en accord ; alors que les deux secondes sont une continuité en désaccord. C’est-à-dire que la notion de « peuple élu de Dieu » contenait déjà en elle celle de « fils unique de Dieu » et d’incarnation en lui (l’un d’entre eux tout de même) de la divinité. La notion de péché originel et le rapport névrosé et négatif au monde qui s’en déduit, sont quant à eux la réaction extrême que ne pouvait éviter l’obnubilation immodéré pour ce monde qui la sous-tend en réalité. Ce qui à son tour va créer la réaction que nous connaissons aujourd’hui contre le spirituel/au-delà au profit du temporel/mondain.
Peuple élu et fils de Dieu : l’un est la particularisation du général, l’autre est l’absolutisation du concret. Dans les deux cas c’est le refus de la transcendance et la limitation du monde et de l’homme à ce que l’on sait et à ce que l’on peut.
Peuple élu et fils de Dieu : l’un comme l’autre, l’un en l’autre, c’est l’annulation de l’idée de famille humaine ; c’est la division de l’humanité en élus divinisés qui commandent et déchus bestialisés à soumettre. C’est la perte par conséquent de la dignité de l’être humain en tant que principe universel et inaliénable, dans son refus à l’autre que l’on déshumanise en l’animalisant/diabolisant et dans l’angélisation/ divinisation d’autres qui eux aussi ce déshumanisent.
Peuple élu et fils de Dieu : c’est un clergé et des troupeaux d’humains moutonisés ; c’est des intermédiaires qui s’accaparent le bien symbolique (religion et philosophie) pour le détourner de son sens (déligion et idéologie) afin de justifier la spoliation des biens matériels et l’exploitation des gens (domination politique et économique).
Péché originel (détestation de ce monde) et amour immodéré pour l’ici-bas : il s’agit toujours d’une restriction négative ou positive à ce monde.
Péché originel ou restriction à l’ici-bas : c’est toujours la même mise en demeure de séparer le corps et l’esprit, la terre et le ciel, le matériel et le spirituel, et de choisir l’un dans lequel on restreindra l’humain et le monde, au détriment de l’autre qu’il faudra faire disparaitre à terme.
Au cœur du Vatican puritain et ses dorures se trouvait déjà le Las Vegas qu’elle provoque, et qui est en fait son origine cachée. Comme le Diable et sa purification se trouvaient parmi les anges et leur pureté éthérée. Car la détestation immodérée du monde a son mobile et origine dans son amour restrictif exclusiviste, et la dilution de soi et du moi en lui, après y avoir réduit toute la réalité.
Dans la civilisation occidentale, le processus de désenchantement, de sécularisation, et d’athéisation (sur le plan ontologique) du monde ; de déification et d’idéalisation de la nature, de l’histoire, de la raison et de la science (sur le plan philosophique) ; de divinisation ou de « supermanisation » de la « race supérieure » blanche et de l’ « ethnie » européenne, du développement des sociétés européennes et de leur mode et choix de vie (sur le plan axiologique) ; la guerre menée contre tout ce qui n’est pas blanc, européen et chrétien en vue de le dominer, de l’exploiter et/ou de le détruire (sur le plan civilisationel), de « l’assimiler », de « l’intégrer » et de le rejeter (sur le plan social et sociétal). Tout ceci, d’une manière ou d’une autre, sont l’expression furieuse de cette conception du monde et de l’homme portée par le judaïsme et le christianisme, séculariseé et conceptualisée par les philosophies spinozienne, hégélienne et marxiste, en leurs parties déviantes et défigurées introduites dans le message initial de Moise et de Jésus.
Parties déviantes et défigurées, issues de la conception fétichiste et idolâtre de l’existence, qui provoquent la dégradation de la religiosité et de la religion, et qu’elles finirent par attraper. Ce dont l’Islam voulu libérer les communautés juives et chrétiennes ainsi que l’humanité, en réformant ces religions positives à partir de la Religion initiale et permanente, en rappelant son essence, pour proposer sa réalisation pleine, universel et cosmique dans la civilisation humaine. Essence de la Religion, au-delà des particularités culturelles, qui se résume philosophiquement en ces termes : transcendance divine et dignité humaine, qui ne sont pas à confondre ni à opposer mais à relier et réconcilier.
Tel est le fond philosophique et théologique qui sous-tend la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui et qui explique ces « déviances » qui n’en sont point au vu de ce qui vient d’être explicité.
Certes, nous ne réduisons pas la civilisation occidentale à tout ceci. A côté des parties sombres que sont les génocides perpétrées contre plusieurs peuples, l’esclavage, la colonisation, les attentats écologiques, économiques et symboliques contre l’humanité, se trouvent aussi la partie lumineuse des droits de l’homme, de la science ou de la démocratie.
Cependant, la défiguration de l’idée de Dieu et de l’homme, telle qu’elle fut permise par la théologie et l’anthropologie judéo-chrétienne, textuellement et foncièrement tribal et non universel (comme cela s’exprime dans leur texte), sont les prémisses de la dilution de l’âme humaine dans la nature (Spinoza) et l’histoire (Hegel) dont le naturalisme ethnique et scientiste, quelques soient ses formes (sociologisme, évolutionnisme darwinien, économisme capitaliste ou socialiste, cybernétisme ou génétisme Trans-humaniste ou antispéciste etc) se chargera d’inventer son « catéchisme » et de façonner l’homme et le monde à son image divinisé, idéalisé ou « surhumanisé », et en fait bestialisé, puisque « qui fait l’ange fait la bête ».
La crucifixion du « fils de Dieu » par son « peuple élu » ne pouvait aboutir, dans cet univers de sens, qu’à la « mort de Dieu » et par conséquent à la fin de l’humain en l’homme, à la division des peuples et la destruction de la planète. Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Tel est le sens de la crise multidimensionnelle que traverse l’humanité et le blocage de l’avenir qui le caractérise, car sans idéal transcendant vers lequel tendre.
Pourquoi donc ce profil philosophique permet d’expliquer l’animosité manifeste de l’ordre mondial actuel contre l’Islam ? Et pourquoi cela atteste, paradoxalement, du caractère incontournable de l’Islam pour l’avenir du monde? Au-delà de l’aspect historique, géopolitique et économique de cette opposition, c’est bien la vision de l’un (la cosmique coranique de l’Islam) radicalement opposée à celle de l’autre (la mondialisation occidentale) et dont les impasses actuelles appellent irrémédiablement l’adoption par l’humanité, directement ou indirectement, des propositions et de la vision de l’Islam.
Comparons donc les principes suivants explicitement portés par l’Islam avec ceux de la mondialisation que nous avons exposés tout au long de ses lignes :
La transcendance absolue de Dieu et son impossible incarnation.
La lieutenance de l’être humain en tant qu’être libre et responsable de la planète qui lui fut confiée.
La terre et l’ici-bas en tant que don de Dieu et lieu d’épreuve et de preuve des capacités de l’homme pour accomplir la mission de civilisation de la terre selon les principes divins de sa lieutenance.
La relation directe de l’humain et du Divin sans intermédiaire.
La Libération de l’humanité vis-à-vis du tutorat spirituel d’un pouvoir spirituel ou du tutorat politique d’un pouvoir de de droit divin.
Origine commune de l’humanité qui en fait une famille.
Diversité des cultures et des religions voulue par Dieu pour l’interconnaissance et l’émulation.
La fondation du mérite sur la valeur morale universelle et son respect (al-taqwa), et non sur l’origine ethnique, ni sur le sexe, ni sur l’appartenance religieuse, ni sur le niveau social et économique.
La distinction, la relation, l’unité et la non séparation ni uniformisation entre l’ici-bas et l’au-delà, le corps et l’esprit, les moyens et les fins.
Les points ci-dessus mis en exergue, sont en contradiction directe, nous le voyons, avec la vision qui sous-tend la mondialisation et son ordre mondial. L’Islam porte le projet d’une autre mondialisation fondé sur la relation et la réconciliation du naturel et du spirituel, ainsi que sur la collaboration civilisationnelle de toutes les nations et cultures qu’il considère être l’expression riche et diverse d’une seule réalité : la famille humaine. Et cela correspond exactement à la crise que vit l’humanité dans son rapport à elle-même et à son environnement qui se loge dans celui, au conséquence cosmique, qui se trouve entre elle et le divin.
Le monde et l’humanité ont besoin d’une unité spirituelle qui porte son unité physique et qui comprend (dans les deux sens) sa diversité pour la mettre en état d’interconnaissance, d’émulation et de collaboration. Or voilà une religion et une philosophie, l’Islam, qui repose sur la transcendance de Dieu, la dignité humaine, la notion de famille humaine, sur une critique des religions au nom de la Religion cosmique qu’elles visent et dont elles sont issues pour les refromer, la relativisation de ce monde vis-à-vis de l’au-delà et en même temps sa prise en considération et la nécessaire relation entre les deux.
Ce n’est pas la terre d’un côté et le ciel de l’autre qui s’opposent ou se confondent, mais le cosmique qui les englobe et les relie. C’est un dépassement (tadjaouz). Ce que le dépassé potentiel ne peut supporter s’il se pense être la « fin de l’histoire ».
Telle est la raison d’être de l’opposition frontale et instinctive que mobilise l’ordre mondial et son projet de mondialisation contre l’Islam et le monde musulman bien que celui-ci soit politiquement sous domination.
Au-delà de l’aspect géopolitique et économique, c’est bien la symbolique de l’Islam en tant que message universel et cosmique qui est visé. Il s’agit clairement de l’empêcher d’atteindre pleinement son potentiel révolutionnaire et/afin d’accentuer la domination des peuples qui s’en réclament de Dakar à Djakarta. Ce qui est la condition pour que perdure le leadership de l’occident sous l’égide américaine.
Ainsi s’explique le caractère incontournable de l’Islam dans le reflet des préoccupations qu’il suscite de la part de l’ordre établi. Mais son caractère incontournable s’expose aussi, nous l’avons indiqué dans la première partie de cet article, dans la correspondance de sa philosophie coranique et cosmique (kawniy) avec les révoltes actuelles des peuples qui attendent la révélation qui les transformera en révolution. (La suite au prochain article).
Le monde c’est un évènement passé qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui « s’évènemente ». Les deux actes se font, en même temps, dans le présent qui est relation et tension entre ces deux actions concomitantes de la conscience. Or le travail philosophique et théologique (s’il peut encore exister une différence pure) consiste en l’interrogation du monde et de son interprétation en même temps que la réinterprétation de son devenir et la création des modalités de la réalisation de celle-ci. Si la conscience humaine est la porteuse en son sein de ces deux actions qui se fécondent, la civilisation en est alors la fille. Il s’agit dès-lors, en fait, de l’interaction entre une réalisation passée qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui se réalise, ainsi que de la vision et de la voie que l’on s’en fait et que l’on se donne pour ce faire, après avoir tiré les leçons de celles des générations précédentes.
Or l’Islam est une certaine interprétation du monde qui, à travers le Coran, se veut être une réinvention cosmique et transcendante du monde, une synthèse critique de l’histoire spirituelle de l’humanité et de son expérience civilisationnelle, et enfin un projet cosmique à réaliser dans l’avenir à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine. Seulement, cette idée et son projet, jamais totalement réalisés, font l’objet des préoccupations constantes de l’ordre mondial actuel et de son projet de mondialisation, faisant de cette religion, par réaction, une affaire importante, présente et future. Son avenir, ainsi, se trouve intimement lié au devenir de l’Islam.
Mais de quelle interprétation du monde en tant qu’évènement, et de quel devenir de celui-ci en tant que projet, la mondialisation actuelle, fille de l’expérience occidentale, est-elle le nom ? C’est en répondant à cette question que nous comprendrons la raison pour laquelle l’Islam est incontournable en tant que préoccupation et en tant que réponse opposée en des points essentiels au projet de civilisation mondiale que porte la globalisation actuelle, bien qu’elle en réalise en partie l’idée (l’unification matérielle de l’humanité mais sans et contre son unité spirituelle). C’est aussi cette réponse qui nous aidera à saisir ce pourquoi l’ordre mondial et sa propagande s’excitent tant sur la question de l’Islam et du monde musulman, en vue de déconstruire le premier afin de mieux coloniser et diluer le second.
La première partie de cette analyse, dans le précédent article, s’est chargée de nous fournir des éléments de réponse. Clairement, la mondialisation actuelle est une entreprise de limitation et de dilution de la réalité humaine aux seules lois de la nature et de son univers de contradiction et de lutte, d’une part ; et d’autre part, en conséquence, c’est une entreprise d’expulsion de toute référence à ce qui est transcendant, au-delà et spirituel qui donne à l’homme sa spécificité et sa dignité ; et enfin, c’est une entreprise de « paradisation » du monde et de l’ici-bas (limitant celle-ci), par la consommation et la jouissance matérielle immédiate, débarrassée de toute limite et de tout sens éthiques, en tant que promesse illusoire d’un bonheur tout aussi illusoire, qui n’est possible que pour une minorité. Ce, avec pour conséquence et prix le sacrifice d’une majorité d’êtres humains qu’il faudra déshumaniser et dominer, et de l’environnement biologique (la nature) et symbolique (la culture) qu’il faudra désacraliser et exploiter.
Le matérialisme, le scientisme, l’économisme (libéral ou socialiste), le nationalisme, la colonisation, le laïcisme (qui prône la séparation du temporel et du spirituel et l’uniformisation de tout au profit du premier contre le second), les délires « de fin de l’histoire » et de « clash des civilisations » (d’inspiration hegelienne), l’exploitation des êtres humains et la surexploitation de la nature ne sont que les manifestations concrètes de cette idée de Dieu, du monde et de l’homme et du projet de civilisation qui en découle et limite la réalité au calcul, à l’immédiat et à l’instinct.
À travers leurs philosophies, Spinoza, Hegel et Marx nous ont en réalité décrit avec précision et en même temps fondé, l’ordre du monde que nous connaissons aujourd’hui, dans la continuité de celui dont ils voulaient la fin. L’incarnation et la dilution de l’idée de Dieu dans la nature et dans l’histoire, en faisant du déterminisme et des contradictions et oppositions qui s’y trouvent, et que l’on perçoit scientifiquement au premier abord, le cœur, le moteur et le sens de l’existence. Cette incarnation puis cette dilution de l’idéal Divin, disions-nous, a fini par enlever à l’homme son humanité, à « chimériser » le monde moral qu’il porte en lui, pour mécaniser le rapport à la nature et atomiser ou « totalitariser » la société et fonder les relations entre personnes et peuples sous le prisme de la concurrence à l’intérieur de la nation (la lutte des classes de Marx) et de lutte entre les nations (la lutte des esprits des nations Hegel).
Or nous l’avons dit, cette défiguration de la modernité par la colonisation et l’exploitation (fondée initialement sur la dignité de l’humain et la fin du minorât religieux et politique de l’humanité, telles que d’ailleurs l’Islam le prône). Cette défiguration disions-nous ne tombe pas du ciel. Ou plutôt si. Elle est la continuité, même en tentant de s’en libérer, du ciel déchu de la conception religieuse judéo-chrétienne qui continu à lui fournir en négatif ses paradigmes, que ce soit dans la théocratie (le pouvoir au nom de Dieu) et son illusion du « dieu fait homme » ou de « l’homme à l’image de Dieu », ou dans l’anthropocratie (le pouvoir au nom de l’homme) et son illusion de la « mort de Dieu » et de « l’homme surhumain ». Dans les deux cas de figure, enchantement ou désenchantement, la naturalisation, animalisation et unidimensionalisation de l’homme est de mise. (la suite prochainement).
Ce qui se passe au Sénégal, avec le non respect délibéré des lignes de conduite établies par le gouvernement révèle les lacunes de notre société, des lacunes quant à notre lecture des phénomènes, des lacunes quant à notre mode d’agir, bref des lacunes quant à notre façon d’éduquer. Lacunes que l’on collectionne, sacralise et présente comme identité à respecter, surtout quand il s’agit de nous comparer à ceux qu’on appelle les autres, les différents, les pas comme nous, si on ne les nomme pas ennemis.
Ce comportement irrationnel, et si je voulais juger je dirais irresponsable, n’est pas un fait d’individus isolés dont la faiblesse morale serait connue de tous. Non, il s’agit principalement d’individus qui ont justement la plus grande responsabilité morale aux yeux de la population à tous ses niveaux. Il s’agit des personnalités qui ont le respect des militaires, des ministres, des médecins, des professeurs, du président, si ce n’est leur adoration. Mais visiblement, par ignorance ou par autre défaillance intellectuelle ou morale, ces individus refusent de respecter la raison et les consignes des spécialistes, qu’ils prennent certainement de haut car il ne s’agirait que de leurs « disciples spirituels ». Et ils mettent donc tout le peuple en danger; ce qui compte c’est bien de ne pas bouleverser les positions sociales qui satisfont les égos même si tout le monde va en pâtir! Du suicide collectif qui rappelle ceux organisés par les grands gourous de certaines sectes. Mais cela ne peut pas être notre cas, car nous ne sommes pas en secte et, nous, ce ne sont pas des gourous que nous avons. N’est ce pas?
Oui, je comprend qu’il est nécessaire pour l’humain de toujours se rattacher à la branche à sa portée pour éviter la dégringolade. De s’y agripper même, quand le vent souffle et que les branches se mettent à se balancer. Est ce l’aspect singe, difficilement effaçable, qui se recycle au fond de notre mentalité, nous humains? Je pose la question…
Mais ce qui est bien chez le singe, c’est son activité, passer de branche en branche, occuper l’étendu de son espace en permanence. Il trouve son équilibre en bougeant plutôt qu’en restant sur place. A la différence du paresseux qui s’agrippe, se fige et stagne. La nature faite d’incessants changements semble favoriser l’activité sur la stagnation, qui elle se voit dépasser et écraser tôt ou tard!
De qui voulons-nous nous rapprocher, je parle de notre mentalité; singe ou paresseux? Désolé, mais ce sont les deux choix dans la carte des menus!
Si nous passions à un niveau au dessus, si nous changions de branche, si au lieu de s’agripper à de la misère magnifiée, comme pour en masquer le caractère funeste, si au lieu de ruser avec la peur en en faisant une puissance qui octroie sa pitié, nous décidions d’y faire face; si nous actionnions notre rationalité jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus sur cette phobie du vide, jusqu’à ce qu’elle stipule et intègre, une fois pour toutes, que l’important n’est pas de s’agripper mais d’évoluer tout en maintenant l’équilibre. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ceux qui s’agrippent finissent par le perdre en s’effondrant tout comme le paresseux l’expérimente; mais que ceux qui ont la hardiesse de bouger sont ceux qui ont une chance de se maintenir.
Nos sociétés renferment de l’intelligence, de l’honnêteté, de la compétence, ce n’est pas là la question. La question est comment tout ceci se laisse organiser. Car avoir les bonnes cartes ne suffit pas à gagner à une partie d’un jeu; la stratégie, à savoir l’organisation des coups, la façon de réagir aux attaques, et surtout la planification, est celle qui marque la différence.
Dans une société, une bonne stratégie de vie est celle qui aide à préserver la vie, à l’élever, à prévenir du danger et à y faire face quand il est là; elle est multiforme, mais de quelque forme qu’elle soit, elle requiert la discipline, qui de mon point de vue se définit comme une attitude commune qui préserve la cohérence dans les interactions entre individus, entre organes, et entre les individus et les organes. Un code de la route des actes auquel les citoyens doivent se soumettre, y compris le marabout le plus suivi.
Cependant, on n’improvise pas une telle attitude commune dans une société, on l’instaure progressivement, on en fait une habitude, on la plante, la cultive et la surveille. L’éducation est le pivot d’un tel projet social. Le niveau d’éducation d’une génération définit le niveau de discipline de la société dont elle aura la direction.
Sur la question de choisir entre le singe et le paresseux, dans le cas où nous portons notre choix sur le dernier, ayons quand même la vivacité minimale de profiter d’une de ses caractéristiques utiles, à savoir respecter l’isolement nécessaire pour endiguer le coronavirus!
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