Mauritanie | Les délégations antiesclavagistes américaines et mauritaniennes reçues en audience auprès du Commissaire aux droits de l’homme.

Le Commissaire aux Droits et les délégations antiesclavagistes américaines et mauritaniennes lors de l’audience- Crédit Aidara

Les membres de la délégation de l’ONG américaine « Abolition Institute » ont été agréablement surpris du climat d’ouverture et de dialogue qui prévaut actuellement en Mauritanie. Refoulés en 2017 dès leur arrivée à l’aéroport international Oumtounsy de Nouakchott, ils ont pu cette fois pénétrer dans le territoire mauritanien sans aucune entrave. Mieux, ils ont eu droit au salon d’honneur où des représentants d’ONG antiesclavagistes nationaux, en l’occurrence Boubacar Messaoud de SOS Esclaves et Birame Dah Abeid du mouvement IRA, les attendaient, à leur arrivée le 17 mai 2021.


Mardi 18 mai, la délégation était reçue par le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Mohamed El Hassen Boukhreiss. Entretien cordial au cours duquel, les échanges ont porté sur l’évolution enregistrée dans le domaine des droits de l’homme en Mauritanie, même si certaines pesanteurs persistent.

Les membres de l’ONG «Abolition Institute» qui étaient accompagnés de leurs homologues de « Anti-Slavery » ont été séduits par la franchise du Commissaire qui leur a brossé la réalité des droits de l’Homme en Mauritanie, une situation qui ne diffère guère de celle des autres pays du monde, même les plus réputés pour leur respect pour les droits humains, a-t-il fait remarquer en substance.

S’il y a eu des avancées notoires en Mauritanie sur le plan législatif, avec l’adoption d’un arsenal juridique répressif contre les pratiques esclavagistes, rien n’est encore parfait, reconnaît le Commissaire. «Nous ne sommes pas dans le déni, et nous ne pouvons pas affirmer qu’il n’y pas quelques individus ici ou là qui pratiquent l’esclavage. Comme tout criminel, il y a en effet des esclavagistes comme il y a des voleurs, des trafiquants de drogue et d’autres personnes qui enfreignent la loi et contre lesquelles nous avons pris des lois pour les réprimer » a-t-il précisé.

Le Commissaire a surtout insisté sur la formation et le renforcement de capacité des activistes des droits de l’Homme en Mauritanie, notamment dans le domaine de la documentation des faits d’esclavages avérés ou non. « Beaucoup de dossiers présumés d’esclavagisme se terminent souvent par des acquittements pour faute de preuves ou par des peines légères, du fait du manque de documents convaincants pour les juges » a-t-il soulevé.

A son tour, M. Sean Tunner, Chef de la délégation de l’ONG « Abolition Institut » a remercié le Commissaire aux Droits de l’Homme pour l’accueil, pour sa franchise et les progrès importants réalisés par son département et par le gouvernement mauritanien dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, y compris la lutte contre l’esclavage et ses séquelles.

Avaient assisté à la rencontre, le Commissaire Adjoint aux Droits de l’Homme, le Conseiller juridique et le Directeur des Droits de l’Homme.

Côté visiteurs, il y avait 7 membres de l’ONG « Abolition Institut » et de l’ONG « Anti-Slavery » dirigée par Mme Sarah Mathewson, ainsi que Bakary Tandia, avocat et droit de l’hommiste mauritanien résident aux Etats-Unis, et Boubacar Messaoud, président de SOS Esclaves.

Cheikh Aïdara

©️ Crédit source : https://aidara.mondoblog.org/2021/05/19/le-commissaire-aux-droits-de-lhomme-a-la-delegation-americaine-en-visite-en-mauritanie-les-esclavagistes-cest-comme-les-voleurs-les-trafiquants-de-droguesdes-crim/

Ghazouani arrive à Paris pour un Sommet sur la relance de l’économie en Afrique

Le président mauritanien Mohamed Cheikh Ghazouani est arrivé lundi 17 mai à Paris pour prendre part, aux côtés d’une quinzaine de dirigeants africains, de hauts responsables européens et représentants d’organisations internationales, à un Sommet sur la relance de l’économie africaine, organisé à l’initiative du président français Emmanuel Macron.

Lors de ce sommet, la question de la dette va être débattue en réunissant autour d’une table à la fois créanciers publics et privés. A plusieurs reprises, le président Ghazouani a appelé à l’annulation de la dette des pays africains notamment des Etats du G5 Sahel et le soutien de leurs différents plans nationaux afin de leur permettre de surmonter les effets de la pandémie du coronavirus.

L’objectif de ce sommet est de mettre en place des moyens financiers capables de relancer l’économie du continent africain, qui a connu moins de 200 000 morts liées au Covid-19 selon les chiffres officiels, mais dont le PIB devrait connaître en 2021 sa première récession depuis 25 ans, avec un recul de 2,1%.

Ce lundi, à la veille de l’ouverture du Sommet, la France a annoncé qu’elle allait aider le Soudan, lourdement endetté et engagé dans une transition démocratique, à solder son arriéré de dette avec le FMI en lui prêtant 1,5 milliard de dollars.

Babacar BAYE NDIAYE – Journaliste à Cridem

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=745104

Droits Humains | COMMUNIQUE N002/C.C.E.S/05/2021 RELATIF A L’ORGANISATION DE LA CONFÉRENCE SUR L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE DE BAMAKO LE SAMEDI 22 MAI 2021.



Notre coordination, née de la volonté des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles sur l’étendue du continent africain et dans le monde. Nous entendons mener des actions de sensibilisation, d’information sur les conséquences de ces crimes sur le rapport entre les êtres humains et engager des actions judiciaires pour faire condamner , sur la base des instruments juridiques internationaux, les auteurs et les complices de ces crimes contre l’humanité en vertu des articles 2 et 4 de la charte des Organisations Africaines de lutte contre l’esclavage moderne.
Notre coordination a décidé de soutenir la tenue de la conférence sur la problématique de l’esclavagisme en milieu soninké qui aura lieu à Bamako le 22 Mai à la maison des ainés tout en demandant aux organisations membres d’y apporter leurs soutiens.
Nous demandons à toutes les organisations panafricaines de se joindre à cette activité très importante pour les victimes de l’esclavage. Cette rencontre constitue une opportunité pour demander à l’Etat Malien de voter une loi contre cette pratique inhumaine.
Nous rappelons que cette conférence est l’initiative du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (R.M.F.P) en partenariat avec le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H).
Notre coordination sera représentée par Maitre SAID LARIFOU (Avocat, membre du Conseil de l’ordre , ancien Bâtonnier par intérim, inscrit au Barreau de Moroni , Comores) Président de l’ONG WARABA et membre fondateur de la coordination.

Fait à Paris le 09/05/2021
Ont signé le Présent Communiqué
Pour la Coordination, Me Saïd LARIFOU, Président de l’ONG Waraba Afrique ORGANISATIONS MEMBRES DE LA COORDINATION :

✓WARABA AFRIQUE (Maitre Said LARIFOU)

✓Kane d’Afrique (Doro Traore)

✓Mouvement pour la sauvegarde des Droits de l’homme (Boubacar NDJIM)

✓Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles- France (Gaye Traore)

✓Association des Haratines de Mauritanie en Europe (Diko Hanoune)

✓Rassemblement Malien pour la fraternité et le Progrès (Salif Ladji Camara)

✓ASSEP – Sénégal (Issa Mamado Sidibe)

✓Ganbana International (Malaly Camara)

✓C.S.P/ A.C.D.E (Mahamadi Kanoute)

✓ Initiative pour la résurgence du Mouvement abolitionniste (IRA) (Brahim Ali)

✓G5 Sahel (Ali Bouzou)

« Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu’il y ait des acheteurs d’esclaves, il fallait des vendeurs » | Par Romuald Hazoumé, artiste béninois

Une exposition propose deux regards africains, d’un artiste béninois et d’un historien ivoirien, sur les collections du musée d’Histoire de Nantes (ouest) sur l’esclavage, qui fut le premier port négrier de France.

« L’objectif est de porter un regard neuf sur nos collections en décolonisant notre pensée », a expliqué lors d’une visite de presse, Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée et commissaire de l’exposition  » Expression(s) décoloniale(s) #2″, qui se tient à partir du 19 mai au château des ducs de Bretagne.

Jusqu’au 14 novembre prochain, la cour du château et les salles du musée accueillent vingt pièces de l’artiste béninois contemporain Romuald Hazoumé, dont les oeuvres réalisées à partir de matériaux de récupération sont exposées dans le monde entier. « J’ai le devoir, comme artiste, de dire aux miens qu’il faut prendre notre part de responsabilité dans l’histoire de l’esclavage pour faire notre résilience et régler les problèmes d’aujourd’hui », a déclaré Romuald Hazoumé. « Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu’il y ait des acheteurs d’esclaves, il fallait des vendeurs ».

L’historien ivoirien Gildas Bi Kakou a pour sa part été convié à commenter plusieurs pièces du musée à l’aune de ses recherches sur la traite négrière en Côte d’Ivoire, qui préexistait à l’arrivée des Européens. « Cette recherche n’est pas encouragée en Afrique car elle gêne pour des raisons politiques et d’harmonie sociale », a indiqué l’historien, qui a rédigé une série de cartels intitulés « Un autre regard historique ».

L’historien souligne que les esclaves venaient des côtes mais aussi de l’intérieur du pays, via les cours d’eau, avec l’appui de populations locales qui prélevaient un droit de passage, enchérissant le « coût » de l’esclave au fil de son trajet. « Les voix de cet artiste et de cet historien sont encore peu entendues et acceptées sur le continent africain », a précisé Krystel Gualdé.

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✓ Insolite | Une malienne accouche de 9 bébés au Maroc.

Crédit photo : Page FB NN

Son histoire est devenue virale sur la Toile. Halima Cissé a accouché mardi, par césarienne, « de neuf nouveau-nés – cinq filles et quatre garçons ! – au lieu de sept annoncés par les résultats d’échographies faites au Mali comme au Maroc », a précisé le ministère malien de la Santé dans un communiqué.

« Jusqu’à présent la maman et les enfants se portent bien », a déclaré la ministre de la Santé, Fanta Siby, qui a indiqué avoir été informée par le médecin malien dépêché pour accompagner la mère au Maroc. Ils rentreront dans plusieurs semaines, a-t-elle ajouté.

La ministre « félicite les équipes médicales du Mali et du Maroc, dont le professionnalisme est à l’origine de l’issue heureuse de cette grossesse » et elle « souhaite une longue vie aux bébés et à la maman », ont déclaré ses services.

Halima Cissé, originaire de Tombouctou, avait été prise en charge à Bamako, puis transférée le 30 mars dernier au Maroc pour un meilleur suivi de cette grossesse qui « sort de l’ordinaire », selon le ministère de la Santé. Les spécialistes s’inquiétaient pour sa santé et pour les chances de survie des fœtus.

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Fête internationale du Travail : discours du ministre de la Fonction publique | Mr Camara Saloum

AMI – La Mauritanie célébrera, samedi, 1er mai, la fête internationale du travail dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par la pandémie du Corona virus COVID 19.

A cette occasion, le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration, M. Camara Saloum Mohamed, a prononcé un discours dans lequel il a souligné que le gouvernement a mené et adopté d’importantes mesures pour, non seulement relancer le marché, mais également, soutenir les travailleurs dans la précarité, fortement impactés par la crise, et sauver le maximum d’emplois.

Il a aussi rappelé les réalisations qui traduisent dans les faits le volet social de l’ambitieux programme du Président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mis en œuvre par le gouvernement du Premier Ministre, M. Mohamed Ould Bilal.

Au plan juridique, il a déclaré que la priorité a été accordée à la refonte du système normatif et à la création d’un cadre permanent de concertation pour garantir les droits fondamentaux au travail.

Voici le texte intégral du discours du ministre :

« Chères sœurs travailleuses

Chers frères travailleurs

A l’instar des autres pays du monde, la République Islamique de Mauritanie célèbre la fête internationale du travail dans un contexte marqué par une crise sanitaire, qui est passée d’un stade épidémiologique à une pandémie affectant toutes les économies du monde.

L’esprit du 1er mai, celui de la solidarité entre travailleurs, n’a jamais été aussi puissant qu’en ces années de Covid.

La célébration de la Fête du 1er mai est une occasion singulière de rencontre et de dialogue entre tous les partenaires pour évaluer les acquis et ouvrir les perspectives d’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs.

En réponse à ce contexte, le gouvernement a mené et adopté d’importantes mesures pour, non seulement relancer le marché, mais, également, soutenir les travailleurs fortement impactés par la crise et sauver le maximum d’emplois.

Permettez-moi de citer des réalisations qui traduisent dans les faits le volet social de l’ambitieux programme de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mis en œuvre par le gouvernement du Premier Ministre, M. Mohamed Ould Bilal.

Ces réalisations ont pu être faites grâce à un partenariat constructif avec les employeurs et les travailleurs pour faire valoir l’intérêt supérieur de notre Nation. C’est grâce à l’effort et au travail de nos fonctionnaires, de nos salariés et des indépendants que la vie nous libère des obstacles du temps et de l’espace.

Chères sœurs travailleuses,

Chers frères travailleurs,

La priorité a été accordée à la refonte du système normatif et la création d’un cadre permanent de concertation pour garantir les droits fondamentaux au travail. C’est ainsi que notre Département a :

1) Engagé la révision du régime de la protection sociale dans les deux secteurs public et privé en vue d’améliorer les prestations dont bénéficient les travailleurs surtout en ce qui concerne les pensions. Cette révision a consacré le rehaussement de l’âge de retraite de 60 à 63 ans pour tenir compte de la nécessité d’assurer la relève intergénérationnelle et la pérennisation du régime de sécurité sociale. Comme elle a permis le doublement du niveau des pensions dans le secteur public et aura le même effet dans le secteur privé à travers le rehaussement du plafond des cotisations.

2) Lancé la révision globale de la loi n°67/039 portant création du régime de sécurité sociale pour l’adapter aux évolutions socio-économiques de notre pays ;

3) Soumis aux partenaires sociaux la révision du Code Travail et celle de la Convention collective générale pour renforcer leur efficience ;

4) Lancé la révision de la loi n°93/09 portant statut général des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat pour tenir compte des évolutions institutionnelles en matière de décentralisation (administration territoriale) et améliorer la gestion des ressources humaines de l’Etat ;

5) Restructuré le Conseil national du dialogue social pour une meilleure gouvernance sociale, en vue de créer des conditions de relations confiantes entre les acteurs et amorcer la mutation qualitative du modèle des relations professionnelles davantage basé sur les négociations collectives en un modèle plus élargi ;

6) Le chronogramme relatif à la représentativité syndicale pour bâtir un système crédible, juste de dialogue social vous sera soumis dans les jours à venir ;

7) L’amélioration des prestations de l’Office National de la Médecine du Travail et la réorientation de ses missions vers davantage de prévention afin de lutter en amont contre les risques professionnels dont les travailleurs peuvent être victimes et ainsi renforcer notre système national de santé et de sécurité au travail ;

8) Le renforcement des capacités des inspecteurs et contrôleurs du travail pour s’assurer de l’application rigoureuse de la législation du travail et de sécurité sociale ;

9) La formalisation de l’économie informelle afin de favoriser les actions de contrôle de l’inspection du travail et contribuer ainsi à l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs vitaux de notre économie.

Chères sœurs travailleuses,

Chers frères travailleurs,

Pour promouvoir et consolider la justice sociale gage d’un travail décent, le gouvernement s’est attelé à renforcer ce partenariat avec les organisations internationales et régionales en charge des questions du travail, de l’emploi et de la protection sociale.

Dans ce cadre, plusieurs chantiers importants ont été réalisés au cours de cette année, qui visent la mise en œuvre des conventions internationales du travail relatives à la garantie des droits fondamentaux au travail et plus spécifiquement ceux relatifs à la protection des droits au profit des travailleurs susceptibles de précarité.

C’est ainsi qu’il a été procédé :

– Au lancement des consultations régionales pour l’élaboration de la liste des travaux dangereux pour les enfants en Mauritanie qui entre dans le cadre de l’exécution du plan d’action pour l’élimination du travail des enfants (PANET RIM).

Cet ambitieux projet vise à protéger les générations futures contre les dangers qui découlent de cet abominable phénomène et à mettre en œuvre les conventions internationales du travail N° 138 et 182 de l’ONT relatives au travail des enfants.

– A la lutte contre le travail forcé avec l’appui du projet communément appelé Bridge, mis en place par le BIT et le département américain chargé du travail (US.DOL) pour mettre en œuvre la convention n°29 de l’OIT sur le travail forcé et son protocole de 2014.

Il s’agit là des principaux acquis réalisés par nos travailleurs que nous allons consolider incha Allah grâce à notre engagement collectif, à notre volonté commune et à notre responsabilité partagée pour une Mauritanie paisible, harmonieuse et développée.

Enfin, en ce jour mémorable, repère de la grande marche des peuples vers la liberté et la justice sociale, je vous adresse mes meilleurs vœux et vous souhaite bonne et joyeuse Fête du Travail.

Vive la fête du 1er Mai

Vive les travailleuses et travailleurs de Mauritanie

Vive la Mauritanie libre et prospère »

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-58254.html

Mauritanie: les Haratines manifestent pour demander l’application de la réforme foncière



RFI Afrique – Plus de 500 personnes ont assisté, jeudi soir, à Nouakchott au meeting commémoratif du 9e anniversaire de la publication du manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines ou descendants d’esclaves.

Cette année, les organisateurs ont choisi de se pencher sur le thème de la réforme foncière pour permettre aux descendants d’esclaves de retrouver les terres que leurs ancêtres exploitaient pour leurs anciens maîtres. Une loi existe dans ce cadre, mais elle n’est pas appliquée selon les auteurs du manifeste.

Les auteurs du manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux se sont succédé à la tribune, dans la soirée jeudi 29 avril, pour appeler à une application de la réforme de la loi foncière dans le pays.

«Notre message aujourd’hui : il y a urgence de mener à bien cette réforme foncière et de l’engager de manière effective pour que les victimes, qui sont les Haratines essentiellement, retrouvent accès à la propriété de leurs terres, pour que cette terre, cette propriété puisse être un élément de promotion sociale et économique de ce pays », estime maître el-Aid Ould M’Bareck, avocat au barreau de Nouakchott, président sortant du manifeste, el-Mizar.

La réforme de l’exploitation des terres agricoles, a été adoptée en 1981 à la faveur de l’abolition officielle des pratiques esclavagistes. « Une mesure d’accompagnement de l’abolition de l’esclavage en Mauritanie pour qu’ils garantissent aux anciens esclaves l’accès aux propriétés de la terre, mais malheureusement malgré les règles claires de cette loi, les féodalités ont continué à exercer leur pouvoir sur la terre et sur ceux qui aussi habitent dans ces terres », ajoute maître el-Aid Ould M’Bareck.

Le gouvernement mauritanien ne reconnaît pas l’existence de l’esclavage. Officiellement, les autorités parlent de séquelles qu’elles essayent d’éradiquer.

Avec notre correspondant à Nouakchott,
Salem Mejbour

©️ Crédit source : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210430-mauritanie-les-haratines-manifestent-pour-demander-l-application-de-la-r%C3%A9forme-fonci%C3%A8re

Sur la dernière sortie médiatique de l’ancien président | La réaction de l’avocat et homme politique Lô Gourmo

M. Ould Abdel Aziz en a tellement dit, pour sa personne et contre les autres, lors de sa dernière conférence de presse, que l’on ne sait pas par où commencer pour lui rétorquer.
Sa mémoire, outrancièrement sélective, ne retient que ce qui peut faire vibrer la compassion du public et la sympathie naturelle à l’égard de toute victime. Donc le voilà à fond sur l’autovictimisation. L’idée générale est d’apparaître comme la proie d’une chasse à l’homme implacable de ses adversaires- c’est à dire tout le monde, pouvoir et opposition coalisés. La même fibre que celle qu’il avait cherchée en vain à faire vibrer en se taillant le boubou léger transparent de « Président des pauvres » au dessus de la tenue du pirate qui venait de s’emparer de la Republique.
Aujourd’hui, par exemple, sur ce registre victimaire, M. Ould Abdel Aziz se plaint de n’avoir pas reçu une seule ouguiya de sa pension de retraite depuis des mois, pour preuve du règlement de comptes dont il serait l’objet. Si c’est vrai il doit les réclamer haut et fort et en justice. Mais lui, qu’a t’il fait des salaires du Président Feu Sidi Ould Cheikh Abdallah qu’il renversa et tint en otage pendant des mois, et à qui il a interdit jusqu’à son départ, de les percevoir? A t’on entendu une seule fois, l’ancien Président (jusqu’à son décès) ou l’un quelconque des membres de sa famille s’en plaindre ? Cela fait 12 ans que ça dure…
Il dit être victime de persécution lui qui n’hésita pas à mettre fin à un match de foot qui l’ennuyait apparemment, au risque de faire rire le monde entier à nos dépens? Se souvient-il de la fameuse conférence de presse à laquelle il mit fin, en direct, à cause des questions gênantes de l’excellent Oudi’a– qu’il mettra en taule d’ailleurs…? Il insiste lourdement sur l’augmentation du « budget de la Présidence » et sur la hausse des émoluments des députés. Certes. Mais il oublie que lui même avait fait de son salaire de President, l’un des 10 plus élevés du monde! Que dire après ça de la bonne foi?

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=274533744401504&id=100055346415293

Ils ont pris mes maisons et les biens de ma famille et de mes proches, déclare l’ancien président Aziz

Mourassiloun – Les persécutions ne réussiront pas à faire taire la vérité, a affirmé l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz au cours d’une conférence de presse, organisée le mercredi 28 avril courant dans la soirée à Nouakchott.

Les autorités ont saisi tous mes biens, y compris le bail de mes maisons, de celles de ma famille et de mes proches, a-t-il ajouté, affirmant que son ciblage est même allé plus loin, en coupant sa pension « que je dois percevoir en ma qualité d’ancien président », a-t-il ajouté.

Ould Abdel Aziz a attaqué l’actuel président Ould Ghazouani, qualifiant la politique du consensus d’inutile pour le pays et la situation de s’empirer depuis l’accession au pouvoir des actuelles autorités.

L’ancien Chef d’Etat a illustré ses propos par ce qu’il a appelé la recrudescence de l’insécurité et la flambée des prix, exprimant son étonnement vis-à-vis des augmentations du budget de la présidence de la république de 1,2 à plus de 3 milliards.

Traduit de l’Arabe par Cridem

https://mourassiloun.com/node/18459

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=744545

Droits Humains | 9ème anniversaire de « l’autodafé de Riadh », hommage à Abidine Maatala et Yacoub Diarra

L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) du député Birame Dah Abeid a célébré mardi 27 avril 2021 à Nouakchott, le 9ème anniversaire de l’incinération de livres théologiques, connu sous le nom de « autodafé de Riadh ». Il s’agit d’une référence au quartier Riadh de Nouakchott où des ouvrages religieux ont été publiquement incinérés en 2012.

La commémoration de la journée du 27 avril 2021, rappelant le geste symbolique perpétré par le mouvement IRA en 2012 dans le département de Riadh à Nouakchott, a été consacrée cette année à l’hommage rendu à deux militants, Abidine Maatalla et Yacoub Diarra. En l’absence du président du mouvement, Birame Dah Abeid, c’est la vice-présidente, Kadiata Bâ, qui a présidé cette année au 9ème anniversaire de ce geste symbolisant l’incinération de livres religieux. Un geste qui avait créé un véritable séisme socioreligieux en Mauritanie.

En effet, l’incinération publique d’un lot d’ouvrages théologiques consacrés comme livres religieux de référence dans le pays avait provoqué l’arrestation musclée dans le quartier Riadh du président Birame Dah Abeid et plusieurs de ses militants. Cette arrestation a été suivie par une vague de manifestations menées par des guides religieux. Tout le monde se rappelle sans doute de cette horde vociférante réclamant la tête de Birame et qui a été accueillie aux portes de la présidence de la République par un Mohamed Abdel Aziz coiffé ce jour d’un turban salafiste et promettant aux marcheurs une sanction exemplaire. Pendant plusieurs jours, les appels à l’exécution des « profanateurs du sacré » se sont succédé sur différentes chaînes de télévision.  Au niveau national plusieurs acteurs politiques avaient condamné l’acte et sur le plan international, quelques chancelleries arabes s’étaient également joints à ce mouvement de protestation.

Après quelques mois de prison, Birame et ses compagnons seront libérés sans procès. Un défilé monstre sera à cet effet organisé par le mouvement IRA entre la prison civile de Nouakchott et son domicile à Riadh, provoquant un rassemblement d’une ampleur démesurée.

Les livres qui ont été incinérés dans un geste symbolique sont considérés par le mouvement IRA comme le « code négrier » par lequel les esclavagistes ont maintenu pendant des siècles des milliers d’hommes et de femmes sous le joug de la soumission et de l’exploitation. Ces livres justifiaient selon le mouvement, un système esclavagiste bâti sur la justification divine de l’esclavage.

La commémoration cette année de ce 9ème anniversaire de l’autodafé de Riadh a été marquée par l’hommage rendu à Abidine Maatalla et Yacoub Diarra. Il s’agit, selon les discours prononcés à cet effet, de « deux militants qui se sont distingués depuis plus d’une décennie de militantisme par leur engagement, leur courage et leur goût du sacrifice ». Selon l’hommage qui leur a été rendu, « malgré les brimades, les emprisonnements et les exactions qu’ils ont subis, ils n’ont jamais renoncé à leur conviction et leur attachement à la lutte contre l’esclavage et l’oppression ». Ils furent ainsi, selon les témoignages qui leur ont été rendus « parmi les héros de l’autodafé de Riadh et parmi les militants qui ont goûté aux affres de la torture policière et de l’emprisonnement ».

Dans le discours en français de Kadiata Bâ, traduit dans les langues nationales et lu par un des militant d’IRA lors de la journée du 27 avril 2021, la vice-présidente du mouvement souligne que l’anniversaire de l’autodafé de Riadh « marque la rupture du mouvement avec une théologie qui entache notre religion et prostitue le Message de notre Prophète, Mohamed (PSL) qui était venu pour parachever les nobles valeurs et préserver la dignité de l’Homme qu’Allah a élu comme son Vicaire sur Terre ».

Elle a salué l’adoption du régime déclaratif qui consacre la reconnaissance d’associations et de mouvements jusque-là frappés d’interdit comme IRA, ainsi que le climat de concertation qui prévaut aujourd’hui. « Nous saluons les recommandations et les suggestions des personnalités nationales, dont le député EL Khalil Ould Enahwi qui appellent à la nécessité de la révision de notre patrimoine théologique et islamique pour son adaptation au Coran et à la pure Sunna ». C’est selon elle, la somme de notre vision lors de notre autodafé symbolique. Celui-ci est intervenu, dira-t-elle en substance, après plusieurs appels pour la révision qui consistait à débarrasser notre religion d’interprétations équivoques qui justifiaient le maintien dans les fers de l’oppression d’une bonne partie de notre population.

Mohamed Ould Breik, un des cadres d’IRA, avait auparavant prononcé un discours dans lequel il avait rappelé ce qui s’était passé il y a 9 ans.

La cérémonie s’est achevée sur une note musicale et poétique, animée par la cantatrice, Kehle Mint Abeid.

Cheikh Aidara

©️ Crédit source : https://aidara.mondoblog.org/2021/04/28/9eme-anniversaire-de-lautodafe-de-riadh-hommage-a-abidine-maatala-et-yacoub-diarra/