Mauritanie/Politique : Déclaration du Député Biram Dah Abeid

Pendant mon séjour, hors de Nouakchott la capitale, j’apprends que Sidi Mohamed Taleb Amar, Président de l’Union Pour la République (UPR) a invité et rencontré son homologue Samba Thiam, des Forces Progressistes pour le Changement (FPC). Le principe même de l’audience et les échanges inédits, entre les deux personnalités de premier plan, représentent un symbole d’ouverture et un pas important sur le chemin de la réconciliation et de la cohabitation des mauritaniens. Je félicite et encourage les formations précitées à aller, ensemble vers la concorde nationale, sous l’égide des idéaux d’égalité, de reconnaissance mutuelle et de lutte contre l’impunité.

Dans le même ordre, je note, avec satisfaction, l’amorce d’une meilleure gouvernance au travers de la décision-circulaire du ministre de l’intérieur, Mohamed Salem Ould Merzoug, interdisant les rassemblements à caractère tribal, y compris ceux destinés à soutenir le Président de la république et les activités du parti au pouvoir.

Biram Dah Abeid
Député de la Coalition Rag-Sawab

Lundi 7 septembre 2020

« Nouakchott, le 4 Walata 1986, Réminiscences d’un ado » Par Bocar Oumar BA

Demain 4 septembre, nous commémorons les premières arrestations en 1986 de cadres et intellectuels noirs mauritaniens ; arrestations qui devaient ouvrir la porte au tristement célèbre mouroir de Walata, faisant basculer par la même occasion le régime du sanguinaire Taya dans l’horreur.

N’eut été le fait que Walata repose indubitablement la question nationale en Mauritanie, s’autoriser à l’évoquer alors qu’on n’y était pas relèverait presque de l’impudeur. Que ceux qui y ont souffert le martyr me pardonnent d’avance cette forme d’intrusion.

J’étais un jeune adolescent en 1986 quand, achevant mes vacances d’été à Nouakchott, j’apprenais l’arrestation de plusieurs personnes en même temps, certaines que je connaissais parce que de ma famille, d’autres parce que de notoriété déjà installée. L’agitation dans l’univers familial de quelques-uns de mes ainés alors étudiants, et déjà bouillonnant de militantisme et de subversion me fit prendre de plein fouet conscience que ma vie de jeune noir n’allait pas être de tout repos, pour peu qu’il me restât encore un soupçon de cette saine colère que l’on appelle le pouvoir d’indignation. S’ensuivirent des manifestations de rue quotidiennes auxquelles je me mêlais. Quasiment les premières de mon parcours de militant. Quelques-uns des ainés que je suivais dans ses manifestations seront également arrêtés. Hommage, respect et affection à mon grand-frère Abdoul Aziz Ba dit Tazi qui, bien que n’ayant pas été à Walata, fît plusieurs séjours en prison. D’autres, après des semaines durant à jouer au chat et à la souris avec la redoutable police politique de Taya, prirent le chemin de l’exil. Que mon frère Ciré Ba trouve ici mon admiration et mon affection.
Semaine après semaine, la liste des détenus politiques s’allongeait. Tous ou presque appartenaient à la communauté Peul. Quelques noms connus et reconnus donnaient à ces arrestations une tonalité toute particulière, rendant le climat en milieu négro-africain terriblement anxiogène.

Tène Youssouf GUEYE, homme de culture et de Lettres, historien et chef coutumier, par ailleurs premier ambassadeur de la Mauritanie auprès des Nations Unis, « arrêté » !

DJIGO Tafsir, ancien ministre de la République, « arrêté » !

Saidou KANE, historien et homme de culture, « arrêté » !

Ibrahima SARR, journaliste, homme de culture et poète, « arrêté » !

Abdoul Aziz Bocar BA, homme politique, premier directeur général d’Air Mauritanie, « arrêté » !

D’autres hommes à l’époque moins connus mais tout aussi valeureux furent également arrêtés. Des inspecteurs de l’enseignement (Samba THIAM actuel président des FPC), des universitaires (Ibrahima Abou SALL, historien), Fara Ba et Mamadou Bocar BA (enseignants).
Tous ceux qui sont cités, à l’exception de Abdoul Aziz Bocar BA exilé jusqu’à la fin de sa vie, furent conduits, après un procès expéditif, à la prison mouroir de Walata. Bien d’autres les y rejoindront au fil des semaines et des mois. Des militaires négro-africains arrêtés durant la tentative de putsch de 1987 viendront grossir les rangs des détenus à Walata. Je recommande la lecture de l’émouvant livre de notre ainé Alassane Harouna Boye : « J’étais à Walata ».

Lorsqu’on sait la résonnance du nom de ce bagne dans la langue des détenus, on mesure aisément le macabre jeu des symboles qui a pu les habiter…

Dans le déroulement de la politique de Maouiya Ould Sid’Ahmed TAYA, l’arrestation des cadres et intellectuels négro-africains en 1986 constitue sans nul doute un rite de passage. Si le système d’exclusion dénoncé par les FLAM dans le manifeste du négro-mauritanien opprimé était déjà en place, Walata, parce qu’il consacre les premiers morts de prisonniers d’opinion, constitue un basculement vers la radicalisation du régime. Le comble du cynisme fut atteint lorsque suite à la mort de certains détenu dans d’horribles conditions, on défendit à leurs familles de porter le deuil comme il se doit. Le ton était donné. La communauté noire de Mauritanie allait connaître les aspérités d’une politique d’oppression et de répression qui s’assume.

Revenu dans ma ville de Kaëdi au mois d’octobre 1986, nous nous préparions avec quelques camarades à aborder une rentrée scolaire mouvementée. La conscience militante qui avait germé durant l’été dans nos petites têtes d’adolescents devait porter sur le terrain lycéen le relais d’une lutte commencée dans la douleur. Comment poursuivre une lutte sans formation, sans leader et sans moyens, dans un contexte où la répression policière est à son paroxysme ? Les sorties nocturnes pour maculer les murs de la ville de slogans tels que « Taya=Botha » constituaient une réponse bien maigre face à l’énergie et aux moyens déployés par le régime ségrégationniste pour museler la moindre expression subervisve et étouffer dans l’œuf toute velléité de révolte.

Au fil des années et ce jusqu’à la libération en 1990 des survivants de Walata, la lutte des négro-africains à l’intérieur fut essentiellement portée par des jeunes, sans cadres structurés et sans leaders charismatiques. Autant dire que notre seul mérite fut d’avoir continué à y croire, et d’être riches d’espoir et de mythes entretenus. Et heureusement… Walata fut terrible en ce qu’il laissa une jeunesse militante orpheline et déstructurée politiquement.
Je n’ose imaginer ce que fut par ailleurs le quotidien des familles des détenus de Walata. Au-delà de la douleur et de l’émotion que chacun peut aisément deviner, ces familles furent tout simplement précarisées, privées de ceux qui étaient leurs épines dorsales. Des enfants furent pressés par le destin de grandir trop vite. Que d’innocences volées ! Des femmes durent faire face seules à la charge familiale. Que de Winnie Mandala anonymes ! Mes hommages mesdames! L’Histoire serait bien ingrate de vous oublier !

C’était aussi cela Walata .

Bocar Oumar BA

©️ Crédit source: post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10223500176070920&id=1184398165

🛑Flash- info : 4 militants abolitionnistes et antiesclavagistes assassinés dans la localité villageoise soninké de Diandioumé au Mali

Dans la soirée du 1 septembre à la nuit du 2 septembre 2020, les féodaux esclavagistes dans ce village soninké dans la zone de Nioro, ont attaqué plusieurs familles de la communauté antiesclavagiste Ganbanaaxu. Une descente criminelle qui s’est soldée par 4 tués et des blessés graves dont des femmes. D’après les premiers éléments recueillis du terrain, les hommes assassinés ont été lynchés, ligotés et abandonnés dans les eaux de pluies en pleine nuit.

Ils sont;

▪︎Monsieur Mountaga Diarrisso, un doyen âgé d’une soixantaine d’années, pilier de la communauté Ganbanaaxu de Diandioumé. Un vaillant membre qui avait été violemment agressé courant 2018 par les miliciens féodalo-esclavagistes de kingui.
▪︎Monsieur Diani hamet Sissoko
▪︎Monsieur Gossi Sissoko
▪︎Monsieur Issou Sissoko

Ils sont tombés dignement pour avoir voulu vivre Libres sans les humiliations sociétales de l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké. À rappeler nécessairement, le laxisme ahurissant des autorités publiques maliennes, indexé à plusieurs reprises sur cette problématique de l’esclavage dans certaines zones notamment au sein des communautés soninkés. Aujourd’hui dans différentes localités soninkés en Afrique de l’ouest (Mali , Mauritanie, Gambie et Sénégal) , tout individu qui se réclame antiesclavagiste et refuse les assignations sociétales et statutaires de l’esclavage coutumier, est honni et visé par d’innombrables agissements agressifs. Certains cercles de pouvoirs publics dans nos pays sont dans le déni et l’indifférence face à ce phénomène qui cause des violations récurrentes des Droits humains.

Un énième signalement est urgent sur des commanditaires de ces actes criminels dans nos contrées villageoises. Ils sont ces cotisants de la diaspora soninké notamment en France, qui sont maliens, mauritaniens, sénégalais, gambiens et français ou double-nationaux . Leur activisme via différents groupes whatsapp d’appel à sévir contre les personnes qui rejettent les coutumes esclavagistes dans la communauté, porte une responsabilité évidente dans ces assassinats odieux à Diandioumé.

Nos condoléances attristées à toute la communauté Ganbanaaxu à travers le monde.

Paix à leurs âmes.

©️ Sources : Réseaux GANBANAAXU Mali RMFP

Par KS pour le BLOG

Mauritanie  – Politique : Le député BDA reçu par le président mauritanien Ghazouani.

Ce Vendredi 28 août 2020 aux environs de 18H30 GMT, le député mauritanien Biram Dah Abeid, leader du mouvement anti-esclavagiste IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) a tenu un point de presse à Nouakchot. L’objet de ce rendez-vous médiatique concernait la suite de sa rencontre du jour avec le président Ghazouani . Ci-après le compte-rendu d’audience distribué aux médias et à l’opinion publique :

Crédit photo: SD

Compte rendu d’audience


À l’usage de la presse

Le Président de la république, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a bien voulu me recevoir, le 28 août 2020. Nous avons pu discuter de la situation générale du pays. Il m’a prêté toute son attention et consacré le temps nécessaire à l’échange, franc, entre le Chef de l’Etat et un citoyen, représentatif d’une partie de l’opinion. Je tiens, ici, à le remercier de sa courtoisie habituelle et de ses facultés d’écoute.
Parmi les sujets abordés ensemble, je mentionne la reconnaissance de partis et d’associations jusqu’ici interdits, les suites de la Commission d’enquête parlementaire (Cep), l’implication de la justice et du pouvoir exécutif dans l’éradication de la mauvaise gouvernance et de l’impunité de celle-ci. Les assurances du Président attestent qu’il n’y aura ni règlement de compte, ni complaisance ; ainsi, confirment-elles, ses propos antérieurs sur la séparation des pouvoirs, que la Constitution consacre. J’apporte mon soutien, avec vigilance, à cette orientation inédite dans l’histoire de la Mauritanie, depuis le renversement du régime civil en 1978. Je rappelle que la profondeur de la corruption et sa banalité requièrent, dès à présent, une tolérance zéro et la traque, au sein de la fonction publique, des faux diplômes, du tribalisme et des promotions imméritées. La corruption appauvrit, fait honte et pousse à la révolte. La Mauritanie n’a plus la force de continuer à couvrir les crimes de prédation, quand la majorité de sa population, toutes appartenances confondues, réclame l’Etat de droit, la réparation l’équité et un minimum de dignité matérielle. Le Président de la république m’a semblé résolu à favoriser un nouveau pacte social, sur la base du mérite, de la compétence et de l’égalité des chances, loin des faux diplômes, de la préférence ethnique et de la complaisance. Je lui ai réitéré la certitude de notre concours enthousiaste, sur la voie de la refondation du pays, de ses institutions et lois. Quand le pouvoir tiendra de tels engagements, notre soutien ne lui manquerait. S’il en dévie ou hésite, nous lui rappellerions sa mission, propositions alternatives à l’appui et dans le souci scrupuleux de la non-violence. Le temps, de la confrontation systématique nous paraît révolu car la Mauritanie change , et depuis l’alternance de juin 2019. J’ai la faiblesse de croire que l’espoir, à la réalisation duquel mes compagnons de lutte ont enduré et se sont sacrifiés, est maintenant à la portée. Je leur dis toute ma fierté d’avoir porté leurs revendications légitimes. Aujourd’hui, je rends surtout hommages à mes frères et sœurs, travailleurs de leurs mains, paysans, ouvriers, portefaix et leur promets la victoire sans ressentiment ni revanche.
Je saisis aussi l’occasion de rappeler notre impatience de participer au jeu politique, nos alliés et nous, à visage découvert et dans des cadres autorisés par la loi, d’où la décision, tant attendue, de notre reconnaissance. Nous sommes des mauritaniens à part entière, pas un danger public. Avec nous, la démocratie grandit et avance, d’un pas sûr.
Je tiens à revenir sur certaines de nos revendications auxquelles la plupart des partis restent sourds, sans doute à cause de lacunes ou de réserves idéologiques :

  1. La réforme de l’éducation nationale en vue de généraliser l’enseignement des langues étrangères et nationales, loin du monolinguisme actuel, source de discrimination, de chômage et d’extrémisme religieux ; l’école publique doit redevenir le creuset de l’unité nationale et de l’excellence.
  2. L’abrogation de la loi dite d’amnistie de 1993, qui insulte les victimes innocentes du racisme, empêche la publication de la vérité et désespère, les survivants, de se sentir protégés dans leur pays ;
  3. Une meilleure résolution du Conseil suprême de la magistrature, à sanctionner les personnels de justice quand ils restreignent l’application des normes en matière de pénalisation de l’esclavage et des pratiques associées ;
  4. La sincérité à la répression du trafic de drogue et du blanchiment de ses revenus, au lendemain de la publication d’un rapport des Nations unies qui met en cause un haut fonctionnaire et un député, les deux de nationalité mauritanienne.
  5. L’annulation de l’article 306 du code pénal, car la Mauritanie ne saurait combattre le terrorisme et, simultanément, appliquer le programme juridique de l’extrémisme violent ;
  6. Notre réintégration complète au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), où nombre de nos compatriotes travailleurs expatriés se plaignent de tracasseries et de perte de rendement ; pourquoi s’obstiner et que nous a apporté la sortie en 2000 ?
  7. La signature, par le gouvernement, d’une déclaration spéciale établissant la compétence de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, à recevoir les plaintes d’associations et de particuliers. Plusieurs Etats membres de l’Union, nous ont précédé ;
  8. La ratification du Statut de Rome créant la Cour pénale internationale (Cpi), seule juridiction qui constitue un rempart devant les risques de génocide. Selon quelle rationalité, la Mauritanie, se tient-elle en marge d’une entité, désormais de compétence universelle ?
  9. L’adoption de mesures de sensibilisation et de sanction exemplaire, à l’endroit des auteurs et complices d’abattage d’arbres et de dégâts sur la biodiversité, grâce au renforcement des peines contre les infractions à l’’intégrité du patrimoine naturel ; il y a lieu de tarir le commerce du charbon de bois, par l’investissement massif dans les énergies renouvelables et à la démocratisation de l’accès au gaz butane ;
  10. Redéployer les ambassades en fonction de la densité de nos compatriotes à l’étranger et des intérêts stratégiques du pays ; le même impératif dicte, à la Mauritanie, de n’avoir plus que des amis et d’éviter les aventures de rupture des relations diplomatiques, hors contexte de belligérance directe avec un autre Etat ;
  11. La restauration des symboles – déformés – de la nation, en particulier le drapeau et un hymne évocateur de notre diversité culturelle.

Biram Dah Abeid, député à l’assemblée nationale et président d’IRA-MAURITANIE

(Ira-M)


Nouakchott, le 28 août 2020

La conférence de presse d’Aziz : le grand déballage (Le Calame)

Comme prévu, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tenu sa conférence de presse entouré d’une poignée de personnes dont les trois ministres ( Isselkou Ould Ahmed Izid Bih, Seyidna Aly Ould Mohamed Khouna et Mohamed Jibril Niang) et du président du parti PUDS redevenu son secrétaire général adjoint.

Prévue pour 21 heures, la conférence, retransmise en direct par les télévisions privées Sahel et de Chinguitt, a commencé avec une bonne quinzaine minutes de retard. Comme attendu, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a commencé par remercier le peuple à qui il a promis d’apporter des éclaircissements sur ce qu’il a appelé la crise actuelle dont l’origine est cette histoire de « référence » qui s’est posée après son retour de l’étranger et sa volonté de rejoindre le parti (UPR) dont il prétend être le fondateur. Selon lui, il a voulu juste procéder à une certaine refondation mais qu’à cause du grabuge qui s’en est suivi, il a préféré quitter le parti et éviter la confrontation vers laquelle certains voulaient le pousser. Parlant de la commission d’enquête parlementaire, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tout simplement dit qu’il s’agit d’une véritable machination « fabriquée à la main » pour régler des comptes avec lui à travers un machin instrumentalisé en qui il n’a aucune confiance et composé de personnes qui ne jouissent d’aucune crédibilité et qui sont tous impliqués dans des scandales. Selon lui, c’est pour tout cela qu’il n’a pas accepté de coopérer avec cette structure qui en plus, a t-il ajouté, n’est pas habilitée à l’entendre en sa qualité d’ancien président de la république jouissant de l’immunité constitutionnelle. Selon Ould Abdel Aziz, « la commission d’enquête parlementaire est un complot entre l’exécutif et le législatif pour diaboliser l’ancien président de la république » .

Quelques fois, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz ne s’est pas privé d’envoyer quelques piques à son ancien ami de quarante ans devenu président se demandant qu’est qu’est-ce qui a été fait du budget de l’armée pendant dix ans ? Ou pourquoi ne pas commencer par auditer et enquêter sur cette première année de pouvoir au cours de laquelle, selon lui, « rien n’a été réalisé » . Ould Abdel Aziz se permettant même de déclarer que maintenant le kilomètre de goudron est facturé 160 millions d’ouguiyas alors que lorsque lui était président, son prix oscillait entre 85 à 115 millions d’ouguiyas. Dans une digression intéressante, Ould Abdel Aziz est revenu sur la fameuse affaire d’Él Yemeni plus connu sous le nom de Ghanagate qui ne serait, selon lui, qu’une affaire d’escroquerie qu’un bandit irakien nommé Abdou El Yemeni a organisée. Selon Aziz, les 400.000 dollars que l’escroc a restitués appartiendrait à un cousin de l’actuel président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Sur l’affaire Senoussi, Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il n’a été remis qu’après consultation du Haut Conseil Islamique et que l’argent donné en contrepartie qui représente un don du gouvernement libyen à l’État mauritanien est allé dans les caisses de l’État. En réponse à une question maintes fois réitérée sur l’origine de ses biens, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a tout simplement déclaré qu’il ne donnera aucune explication là dessus mais a quand même confirmé que pendant tout le temps passé au pouvoir il n’a jamais touché à une seule ouguiya de son juteux salaire (près de sept millions MRO/mois) qui était entièrement viré dans son compte de la BMCI et que cela pouvait bien avoir servi à sa femme qui en était la dépositaire pour s’acheter des terrains et de construire des maisons. Réagissant aux biens de son beau-fils, Ould Abdel Aziz a expliqué que celui-ci était non seulement fils d’un richissime homme d’affaires mais que lui y était depuis 2003 disant qu’on peut bien devenir subitement riche et donnant l’exemple du président du patronnat Zein El Abidine qui, selon lui, n’avait rien en 2010 et est aujourd’hui un homme extrêmement riche. Comme dans toutes ses conférences de presse, Mohamed Ould Abdel Aziz donnait la parole aux journalistes, la reprenait selon que la question lui convenait ou pas se permettant même sur un ton tantôt insolent tantôt méprisant de donner quelques directives et suggestions souvent déplacées.

Dans certaines de ses réponses, il ne se privait pas de faire constater le recul des libertés fondamentales et de la démocratie. Selon lui, il était très impatient de quitter le pouvoir et cette histoire que les généraux l’auraient obligé à renoncer à un troisième mandat est totalement infondée puisque dit – il » personne ne pouvait parler « . Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il va se défendre contre la diabolisation et les attaques dont il est l’objet. Et qu’il fera la politique même s’il n’est encore membre d’aucun parti y compris le PUDS auquel ont adhéré beaucoup de ses proches dont les trois ministres qui lui sont restés fidèles. Durant trois heures, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a parlé de politique, de gabegie, de la commission d’enquête parlementaire, de la suspension du PUDS qu’il a jugée illégale, de ses biens, de ses rapports avec son successeur et ancien ami et a fini en donneur de leçons de morale à ceux qui hier en faisaient un héros national et qui sont devenus aujourd’hui les principaux promoteurs de son envoi à l’échafaud déclarant non sans en rire qu’il disait alors qu’il était encore président à qui voulait le croire: » Une fois que je ne serai plus président, je n’aurais jamais de gens plus « durs » envers moi que ceux-ci » dont certains ont pleuré le jour où il a déclaré qu’il renonce à briguer un troisième mandat. Visiblement, ce n’était que des larmes de crocodile.

Synthèse Sneiba

Le calame

©️ Crédit source: Repris via http://adrar-info.net/?p=65151

Mauritanie/Foncier : DÉCLARATION DE PRESSE DES FPC

Depuis quelques semaines nous assistons encore à la reprise des opérations de spoliation et d’accaparement des terres des populations dans la vallée du fleuve.
C’est une suite logique de la même politique d’expropriation programmée depuis la fameuse réforme de 1983. Le régime du président Mohamed Ould Ghazouani, comme ses prédecesseurs, procède, sans scrupule, au bradage du peu de terres qui restaient encore aux paysans de la vallée. Il a fallu une résistance patriotique des populations de Darel Barka pour que le régime mette pédale douce sans pour autant renoncer à la volonté acharnée de colonisation des terres de la vallée.

Les FPC dénoncent avec vigueur cette politique scélérate de privation et d´assujetissement des populations de la vallée.
Les FPC apportent leur soutien patriotique aux vaillantes populations de la commune de Darel Barka qui ont compris qu’il en va de leur avenir et celui de leurs enfants que défendre leur espace vital et leur patrimoine séculaire.

Les FPC profitent de l´occasion pour réaffirmer leur position de toujours et leur proposition par rapport aux problèmes de la tenure foncière.
Les terres alluviales de la vallée du fleuve constituent un patrimoine national devant profiter à l’ensemble des Mauritaniens. Il relève du bon sens que leur gestion soit régie par les lois de la République. Tout comme ces mêmes lois devraient s’appliquer avec la même rigueur et avec impartialité à toutes nos terres utiles et arables, qu’elles soient au nord ou au centre de notre pays.

La terre constitue un bien économique précieux, fortement chargé d’émotion par tradition et culture en Afrique noire. Pour son exploitation durable, rationnelle et fondée sur la justice, notre réforme foncière devra, dans un souci de préservation de la paix sociale, reposer sur les principes ci-après:

  • Les lois et valeurs qui ont toujours régi la gestion et la préservation de ces terres doivent être reconnues et valorisées. Ainsi, l’accès à la terre doit d’abord et en priorité revenir aux autochtones aidés et soutenus par les moyens de l’Etat pour sa mise en valeur. Le droit des propriétaires terriens sera donc reconnu tout en faisant place aux nationaux sans- terres.
    Suivant cette logique d’apaisement et du devoir de solidarité nationale, les attributions et accès à ces terres s’établiront comme suit: aux populations locales, les surfaces inondables du walo, aux investisseurs nationaux et sous-régionaux, le moyen Diéri et à l’agro-business étranger, le haut Diéri.
    L’exploitation des terres du fleuve se fera dans un équilibre qui préserve les droits séculiers des paysans (accès à la terre ), des pêcheurs ( droit – fluvial – de pêche ) et des éleveurs ( droit-pastoral par la création de couloirs de parcours et d’accès au fleuve pour le bétail ). L’environnement immédiat des villages – espace vital – sera préservé.

Il faut certes développer notre agriculture en la modernisant, en vue d’arriver à l’auto-suffisance alimentaire du pays, seulement cela devra se faire en concertation avec les populations, dans l’intérêt bien compris et assumé des paysans, des éleveurs et des pêcheurs associés.

La lutte continue!

Nouakchott le 25 août 2020.

©️ Crédit source: Post Facebook de Kaaw Touré

Le parquet déplore les propos tenus par les avocats français de l’ex président Ould Abdoul Aziz à l’encontre de la justice Mauritanienne

Le parquet mauritanien a condamné les déclarations de «deux avocats étrangers qui se sont engagés à défendre un suspect dans des affaires de corruption», en référence à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.

L’accusation a déclaré, dans un communiqué publié ce soir, que ces déclarations « comprenaient des inexactitudes et des transgressions » qui justifient un avertissement.

Et le communiqué ajoutait: «Le pouvoir
judiciaire mauritanien est un pouvoir judiciaire indépendant, et il n’est pas permis de l’insulter, qui qu’il soit, et quels qu’en soient les prétextes».

Il a ajouté: « La pratique des étrangers dans la profession juridique en Mauritanie nécessite une adhésion littérale aux lois mauritaniennes, à l’éthique et aux coutumes de la profession. »

Le communiqué a estimé que « les droits de la défense garantis ne peuvent pas être utilisés pour nuire au pouvoir judiciaire, à son peuple ou à l’état de droit en Mauritanie ».

L’accusation a averti que « toute transgression dans ce sens sera confrontée à l’auteur du crime au pénal, et avec la rigueur requise par la position ».

Le ministère public a confirmé, dans la conclusion de sa déclaration, que « la défense d’immunité, et d’autres moyens de défense sont présenté à des moments précis de la procédure et devant les tribunaux compétents, et que le pouvoir judiciaire est le garant des droits et libertés des individus, et qu’aucune directive n’est attendue à cet égard ».

Source :Mourassiloum

Traduit par page Mauritanie

©️ Crédit source: https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3015882721873793/

Mali : L’armée n’est pas le peuple et le peuple n’a pas toujours raison, Par Saidou Diallo dit Thierno.

La légitime mésestime du président démissionnaire Ibrahima Boubacar Keita ne devrait pas aveuglé les démocrates pressés.
Il est quand même consternant de voir des progressistes et militants pour la démocratie se féliciter qu’un président civil élu (même mal élu, accusé de népotisme, mauvaise gouvernance, corruption) soit arrêté par des mutins armés.

L’armée, dans ces circonstances a l’art de récupérer les dividendes d’une contestation populaire. Cette même armée impliquée dans la mort de plus d’une dizaine de manifestants, est acclamée par ces derniers et une horde de progressistes qui, quelques semaines avant fustigeaient le rôle de cette même armée.
Rempart des politiques mal élus hier, chantre de la démocratie aujourd’hui, l’armée, qui s’implique activement et à répétition dans le champ politique, ne peut s’autoproclamer comme la sentinelle de la démocratie et le réceptacle des aspirations légitimes du peuple.
Si les coups d’états se font souvent au nom du peuple, il ne profite guère au peuple.

Comme si l’histoire bégayait on revit, à quelques exceptions près, la crise ayant conduit à la démission de ATT, durant une période charnière de l’histoire de ce pays, avec en prime les positions contradictoires de la CEDEAO par rapport aux deux situations.

La crise multidimensionnelle qui sévit au Mali ne peut trouver son salut dans les coups de forces, d’une armée plus aguerris à mener des mutineries autour de Bamako que de garantir la sécurité des pauvres citoyen en dehors de ce périmètre de souveraineté qu’est Bamako et environs.
Leur force de frappe ne se limitant qu’entre Kati la rebelle et Bamako la vierge courtisée, au grand dam des populations civiles livrées à eux-mêmes.

Ainsi les fortes contestations populaires dont la légitimité est incontestable ( corruption, contestation électorale, crise sociale, politique et sécuritaire..) n’en demeurent pas moins limitées par son exigence radicale, à savoir la démission d’un président élu par une bonne partie du corps électoral issu de ce peuple même.

Sans ergoter sur la théorie du pouvoir constituant originel (avec le peuple comme source du droit constitutionnel) ou dérivé, on peut soutenir que la Vox Populi, si puissante et légitime soit-elle n’a pas toujours raison.
Oui la crise de la démocratie représentative et sa boiteuse transposition sous nos cieux, nous pousse à tenter, au mieux des alternatives douteuses, au pire, d’épouser des alternances intrépides et bancales.

Le philosophe doublé d’un sociologue Jean Pierre Le Goff ne soutient-il pas que « L’impuissance politique est enrobée dans les bons sentiments »! Et à moi de rajouter que « les bons sentiments ne font pas la politique ».

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3535285046521719&id=100001207753513

AVOCAT FRANÇAIS: L’ARRESTATION DE L’ANCIEN PRÉSIDENT EST ILLÉGALE ET IL DOIT ÊTRE LIBÉRÉ IMMÉDIATEMENT

L’avocat français David Raju a qualifié l’arrestation par la police depuis lundi soir dernier,de l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, de « illégale » et a exigé sa libération immédiate.

Raju a déclaré, lors d’un point de presse, depuis l’intérieur du domicile de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz à Nouakchott ,que, selon le texte de la constitution mauritanienne, l’autorité qui doit convoquer l’ancien président ou le juger ,est la Haute Cour de justice,. Laquelle n’existe pas.

Et l’avocat français a appelé le président Mohamed Ould El-Ghazwani, en sa qualité de « gardien de la constitution », à préserver le respect de la constitution, à protéger les libertés et à intervenir pour libérer immédiatement l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’avocat français David Raju a souligné qu’il n’y a aucune justification légale pour maintenir l’ancien président en détention à l’intérieur des bâtiments de l’administration publique, ajoutant qu’en tant qu’ancien président, il jouit de l’immunité constitutionnelle.

L’avocat français a qualifié ce qui s’est passé jusqu’à présent de « farce judiciaire », ajoutant qu’il n’y a absolument aucune justification pour maintenir l’ancien président en détention, sauf pour faire pression sur lui, ce qui est considéré comme juridiquement inacceptable.

L’avocat français a mentionné que la Mauritanie est un État de droit, qu’elle a une constitution, des lois et un code de procédure judiciaire. ajoutant que la methode utilisée est une violation de ses lois par les autorités

Source : alakhbar info


Traduit par adrar.info

Hommage – Souvenir : « ADIEU KOFI MON SAUVEUR! » Par Kaaw Touré

IL Y A DEUX ANS KOFI ANNAN NOUS QUITTAIT!

ADIEU KOFI MON SAUVEUR!

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le rappel à Dieu de l’un des plus dignes fils de l’Afrique, Kofi Annan, du pays de Kwamé N’Krumah du Ghana, premier noir secrétaire général de l’ONU et Prix Nobel de la paix.

Je n’oublierai jamais cet homme de paix qui m’a sauvé de justesse à une mort certaine grâce à son intervention diplomatique et efficace et ce dans un tournant décisif de notre lutte.
En effet, en 1999 suite aux pressions diplomatiques et pressantes du colonel Ould Taya, le gouvernement sénégalais fut obligé de m’expulser de son pays parce que mon activisme débordant dérangeait le régime du colonel Ould Taya et mettait du sable dans les relations entre les deux pays.

Le 7 juillet 1999, le colonel ould Taya, par l’intermédiaire de son cousin ancien consul de la Mauritanie à Dakar Ould Aly, exigea mon extradition et je fus bloqué à l’aéroport LSS de Dakar par deux policiers sénégalais qui m’ont interdit d’aller à la salle d’attente. Ils m’ont obligé de les suivre, alors que j’avais déjà obtenu l’asile politique en Suède et effectué toutes les formalités requises.

Grâce à la vigilance de l’américaine Tami Sharpi, responsable de la réinstallation du Haut commissariat des nations unies pour les réfugies ( HCR) à Dakar qui m’avait accompagné et qui suivait de loin mon interpellation. Elle court en force et revient pour me secourir et fait échec à un kidnapping planifié.
Elle alerte directement le délégué régional du HCR en Afrique de l’ouest qui a saisi le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et qui à son tour saisit le président sénégalais de l’époque monsieur Abdou Diouf pour lui demander de me laisser quitter le pays de la « Téranga » en toute sécurité. Le secrétaire général demandera aussi aux autorités sénégalaises si elles pouvaient assumer la responsabilité historique de me livrer à Nouakchott tout en sachant d’avance le sort tragique qui m’attendait après mon extradition en Mauritanie. Ce que ce dernières n’ont pas voulu ou osé assumer. C’est ainsi donc grâce à cet homme juste que j’ai échappé de justesse à une mort certaine entre les mains de la Police raciste et ethno-génocidaire de Nouakchott qui n’attendait que ma  » livraison » pour me faire la fête mais Dieu n’était pas de leur côté.
MERCI encore une fois KOFI.
Paix éternelle à ton âme, digne fils d’Afrique!

Je prie que la terre lui soit légère.

LLC!


Kaaw Touré .

©️ Crédit source: reçu de l’auteur 19/08/2020