Il est M. Zohran Mamdani âgé de 34 ans. Le nouveau maire élu de la ville de New York. New York, la ville-Monde sur divers plans, nous rappelle l’antienne dite des États-Unis : le rêve américain. Ce rêve originel quasi messianique qui inspira et permit à 13 colonies de se libérer vaillamment de l’un des vieux et coriaces ordres politiques féodalo-traditionalistes du monde à l’époque (18 ème siècle) : la Couronne britannique. Et les États-Unis d’Amérique advinrent…comme une puissance indépendante avec ses pages sombres (génocides des indiens, esclavages et ségrégations racistes contre les Noirs et autres non caucasiens, guerres impérialistes…) et ses éclats (refuges des possibles et de la Liberté…).
La personnalité du nouveau maire sous les lasers des réseaux digitaux laissent apparaître une figure qui dégage la confiance, l’accessibilité, l’ouverture, l’humanisme, en somme ce j’appelle la disposition naturelle à la VRAITUDE (sincérité avec ses forces et ses limites). Sans complexes ni une fausse fabrique d’un personnage superficiel pour composer avec les digues élitistes de l’establishment politique et géopolitique, ce qui est clamé et réclamé au travers la substance d’un passage notable de son discours de gagnant : « Donald Trump, je sais que vous regardez, montez le son ! New York restera une ville d’immigrés, construite par des immigrés, qui tourne grâce aux immigrés, et désormais, dirigée par un immigré ! Pour atteindre l’un d’entre nous, vous devrez d’abord passer à travers nous tous. »
Natif de Kampala (Ouganda 🇺🇬 en Afrique de l’Est), musulman pas que par « sociologie » seulement dit-on, ses parents sont originaires du sous continent indien, il peut représenter cette expression contestataire d’une certaine vigueur face à l’émanation d’une sorte de résurgence suprémaciste, racialiste et xénophobe dont le président D. Trump est l’absolue incarnation ces dernières années. Le nouveau chef de l’administration municipale de New York ne pourra pas être postulant à la présidence états-unienne à l’avenir du fait de sa naissance à l’extérieur du pays et de naturalisé, mais la vague que son élection a suscitée peut ranimer et inspirer le camp democrate vers une dynamique profonde à la Zohran à l’échelle fédérale.
En attendant, nous lui souhaitons une bonne et fructueuse mandature.
Le ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a tenu, cet après-midi, mercredi, dans son bureau, une réunion avec plusieurs ambassadeurs de l’Union européenne accrédités en Mauritanie.
La réunion a rassemblé, outre M. Joaquin Tasso Villalonga, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, M. Florian Rendel, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, et M. Pablo Barbara Gomez, ambassadeur du Royaume d’Espagne accrédité à Nouakchott.
La rencontre a porté sur les relations existantes entre la Mauritanie et l’Union européenne et les moyens de les renforcer. Elle a également abouti à la décision de prendre toutes les mesures nécessaires pour simplifier et faciliter l’obtention du visa Schengen par les citoyens mauritaniens.
Ont assisté à la réunion, du côté mauritanien, M. Abderrahmane Ould El Hassen, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, et M. Sidi Ali Ould Nav’e, administrateur directeur général de l’Agence nationale du registre des populations et des documents sécurisés, et du côté européen, Mme Agnès Plassais, Première conseillère à la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, et M. Samuel Jacquet, Premier conseiller à l’ambassade de France.
Mali | l’imam malien Mahmoud Dicko en exil forcé en Algérie depuis quelques années porte-t-il en sa figure politique et symbolique une sorte de Khomeini sahélien à venir ?
Sur le terrain vif, l’équipe militaire au pouvoir à Bamako fait face à un groupe dit jihadiste (Jnim) de plus en plus politisé et entreprenant par diverses facilités d’agir sur de larges portions territoriales. Assimi Goita et ses camarades sont plus dans la réaction que l’initiative face aux problématiques sécuritaires : le cas de la pénurie de carburant à cause d’un blocus orchestré par les groupes enturbannés sur les routes, est un exemple pas de moindre parmi d’autres difficultés. La fermeture temporaire des établissements scolaires pour manque des produits énergétiques est symptomatique d’une situation gravissime. Ces dernières heures, différents témoignages audios remontent de certaines localités soninké dans la région de Kayes, faisant écho de la présence agressive d’éléments dits jihadistes. Une note vocale enregistrée d’un échange téléphonique entre 2 locuteurs soninkés, rapporte que de gens armés débarquent et appliquent un supposé décompte chariatique (aumône légale sur la fortune) du cheptel et se servent d’une part (bovins ou caprins) par force. On y apprend une référence nominale au village de Selifély situé à quelques kilomètres de la ville d’Ould Yengé dans le Guidimagha mauritanien. L’emprise d’un banditisme dit jihadiste semble gagner du terrain dans ces endroits profitant d’un étonnant désert sécuritaire loin de Bamako mais à quelques dizaines de kilomètres de Kayes, la ville principale de la région.
L’imam Dicko est un leader religieux très futé et stratège politiquement par son expérience et son influence populaire parmi une frange critique de la population malienne politisée. Pour rappel, la chute du régime d’IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) en août 2020 fut advenu pour beaucoup avec l’activisme contestataire de l’imam Dicko et ses partenaires politiques et sociaux.
Ce jour, le clash de Bruxelles entre militants pro régime et éléments opposants est une illustration bruyante de ce qu’on connaît de fractures et bizarreries en termes d’incohérences militantes parmi nous en interne en Europe. Le dernier cas qui m’avait particulièrement troublé fut l’émergence subite d’une structure politique qui s’est lancée au sein d’une certaine diaspora au profit de l’ancien président Ould Abdel Aziz. Ce dernier, qui, durant plus d’une décennie, bafouait nos droits avec un grand zèle. Et aussitôt coincé dans les embrouilles avec ses amis du système, il a tenté une mue politique avec cette diaspora qu’il avait tant méprisée. N’avait-il pas laissé entendre que les manifestants contre les conditions discriminatoires du très controversé enrôlement biométrique, ne sont pas de mauritaniens. Nous sommes traversés par de nombreuses et insaisissables contradictions dans les positionnements politiques et militants, et les élections législatives de 2023 ont été d’un grand moment de clarification pour qui sait observer et décortiquer nos circulations positionnelles par rapport aux enjeux, aux acteurs et aux affinités (communautaires, familiales, amicales…).
Pour nous cerner et fixer véritablement nos convictions, il faut plus que jamais nous organiser dans des structures formalisées (partis, sections, entités…) avec adhésions obligatoires.
D’ailleurs lors de la dernière réunion de notre instance RAG France en présence du président Biram Dah Abeid, mon propos abordait cette nécessité d’un cadre organisationnel lisible et incarné avec une légitimité acquise par une assemblée générale ou tout autre procédé consensuel. Assez d’un système de soutien frans-clubiste d’un public épars. Au sein duquel… seule la personnalité de Biram Dah Abeid semble réunir et autour aucune culture politique ni de discipline militante ni d’obligations de conscience collective. Une telle carence en termes d’organisation lisible et de structuration fonctionnelle pourrait affecter négativement le leadership courageux et l’aura de la personnalité porteuse du lead politique. Le leader politique d’une opposition véritable sous nos cieux s’habitue déjà inévitablement à d’énormes sacrifices martyrisants et sans un cadre organisationnel valide, légitime et rationnel à l’appui, sa santé physique et mentale prendrait des coups bloquants à terme. Ainsi, une responsabilisation militante des espaces civiques et politiques (zones à zones) devient un impératif de premier ordre pour espérer un déploiement efficient d’un projet politique auprès des citoyens et des opinions publiques à l’intérieur et également à l’international.
Donc..vivement une respectable, cohérente et visionnaire composition organisationnelle à travers l’Europe et un mouvement d’ensemble encarté Opposition politique et droit-de-l’hommiste. Autrement les stratégies cavalier-seul et autres petits jokerismes isolés ne nous rendent pas service et vont faciliter à certains de militer Opposant à Paris et d’aller manifester anti Opposant à Bruxelles…, c’est un peu du « mauritanien » petit calculateur et dissimulé selon les cartes d’intérêt à gratter.
Tragédie du Sahel: Lettre ouverte aux Chefs d’Etat et de gouvernement
– du Mali
– de la Mauritanie
– de l’Algérie
– de la Fédération de Russie
Aux dirigeants des instances internationales et sous-régionales :
Organisation des Nations unies (Onu)
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao)
Organisation de la Conférence Islamique (Oci);
De la part de Biram Dah Abeid, député mauritanien, président de l’Ong Initiative de Résurgence Abolitionniste (Ira), lauréat des distinctions :
Prix des Nations Unies pour la Cause des Droits de l’Homme, Bassayire Alqourane, FrontLine Defenders pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme, de la ville de Weimar pour les Droits de l’Homme, TIP des Héros contre l’Esclavage et la traite des personnes du département américain, Tulipe des Droits de l’Homme du gouvernement hollandais, du Courage dans La Défense des Droits humains du Sommet de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, Doctorat Honoris Causa de l’Université Belge de Louvain, retenu parmi les 100 personnes les plus influentes au monde, du Magazine Times.
Distinguées personnalités physiques et morales
Je m’adresse à vous, en ce moment de péril collectif, au sud du Sahara. L’insurrection jihadiste met en danger de faim et de mort, des villages, des villes et des populations non combattantes et dépourvues d’armes.
En Mauritanie, et depuis quelques jours, une grande inquiétude et un état de consternation se sont emparés du peuple, dont je suis l’un des représentants. La ville pieuse de Nioro du Sahel, proche du flanc sud de la frontière, devient l’objet d’une stratégie de siège hautement préjudiciable à la survie de ses habitants. Des milliers de civils, à l’instar de leurs compatriotes au centre et à l’ouest du Mali, y courent désormais un risque grandissant de pénurie, de tuerie et d’assassinats ciblés. Le chef spirituel soufi, Cheikh Mohamedou Ould Cheikh Hamahoullah, sommité religieuse de la sous-région, se trouve sous la menace d’une prise d’otage ou, pire, d’une élimination physique.
En conséquence, nous vous demandons de faire diligence aux fins de déclencher les étapes de la riposte que requiert la gravité du présent appel :
– Une action rapide et concertée visant à desserrer l’étau sur les populations de Nioro ;
– Une opération spécifique en vue d’assurer la garde rapprochée du Cheikh et des siens ;
– Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu, prélude à la convocation, dans les meilleurs délais, d’une conférence internationale, qui décidera, a minima, de l’aide humanitaire aux pays exposés à l’imminence d’un débordement par les déplacements massifs de réfugiés.
Cela fait cinq bonnes années que le Mali vit sous un régime de transition. En effet, depuis le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar KEÏTA en août 2020, le pays est dirigé par un collège de militaires. Longtemps associés à la gestion de la chose publique, notamment depuis mars 1991 avec la chute du Général Moussa Traoré, les acteurs politiques semblent désormais être dans une longue traversée du désert. Cet état de fait changera inéluctablement le paysage politique. Ce que nous tenterons de démontrer dans cet article à travers trois facteurs.
1. Un narratif défavorable
S’il y a un élément qui participe à la recomposition du paysage politique, c’est bien le narratif utilisé pour qualifier le bilan de trente ans de démocratie. A tort ou à raison, dans les hautes sphères du pouvoir, nombreux sont ceux qui estiment que la déliquescence de l’armée, de l’école plus globalement de l’Etat est liée à la gestion faite par les acteurs politiques au cours des trentes dernières années. D’où l’apparition du vocable “Mali Kura” qui signifie “le Nouveau Mali”. Entendre par là que le temps de ces acteurs politiques est désormais révolu. Et le hic est que ce narratif a surtout été vehiculé par un certain Choguel Maiga, alors premier ministre et responsable politique de premier plan. S’il est vrai que ce dernier n’est pas de la même obédience politique que les acteurs du mouvement démocratique—en ce sens qu’il se réclame de Moussa Traoré—il faut dire qu’il fut ministre dans les gouvernements des présidents Amadou Toumani Touré et d’IBK. Il aura donc contribué, peut-être sans le savoir, à sa propre mort politique ainsi que celle de ses camarades. En effet, Choguel qualifie les militaires ayant pris le pouvoir comme étant des “monai bo denw” en d’autres termes “les dignes fils ou encore ceux qui agissent véritablement pour le pays”. En appliquant le principe de présupposition en analyse du discours, cela contraste avec les acteurs politiques. Au-delà des hauts responsables, ce narratif défavorable est repris par bon nombre des maliens qui pensent que les politiciens ont une grande responsabilité dans la tragédie que le Mali a connue. Plus qu’un narratif, cela aura des conséquences politiques.
● L’abrogation de la charte des partis politiques de 2005
Fort du narratif défavorable aux hommes politiques, les autorités de transition vont engager le processus de refondation de l’Etat. Cela commence par les “Assises Nationales de la Refondation de l’Etat” (ANR) en décembre 2021. Une des recommandations phare sera de réduire le nombre de partis politiques,de durcir les conditions de création d’une formation politique et de couper le financement public. Il est important de souligner que bon nombre d’acteurs politiques étaient en phase avec cette recommandation. Mais la rupture entre les autorités de transition et la classe politique interviendra à l’issue de nouvelles consultations en avril et mai 2025. A l’issue de ces consultations–boycottées par par la classe qui s’était réuni au sein de “l’Initiative des partis politiques pour la charte” et dirigée par Me Mountaga TALL, le décret sur la dissolution des partis politiques sera signé par le Général d’armée Assimi Goita après son adoption par le Conseil National de la Transition, l’organe législatif. Au moment où nous rédigeons cet article, ce décret d’abrogation est attaqué en justice par un pool d’avocats avec à sa tête Me Mountaga TALL. Il appartient désormais à la cour constitutionnelle de trancher. Mais le temps de la justice n’est pas forcément le temps politique.
● L’usure du temps
Le dernier facteur qui explique la recomposition à venir du paysage politique malien est l’usure du temps. En effet, comme nous l’avons évoqué plus haut, depuis la chute du régime de Moussa Traoré en 1991, une nouvelle génération est apparue sur la scène politique.Cette génération est appelée le mouvement démocratique. Pendant trente ans de démocratie pluraliste, ces acteurs ont partagé le pouvoir. Ce serait de la malhonnêteté intellectuelle d’affirmer que ce bilan est totalement négatif. Comme tous les pouvoirs, il y a eu des hauts et des bas mais le mouvement démovcratique a un bilan qui est tout à fait défendable à bien des égards. Cependant, l’usure du temps s’accompagne de l’usure du pouvoir. Les populations ont souvent eul’impression de devoir choisir à chaque consultation électorale entre les mêmes acteurs. En effet, certains noms ont marqué cette période, que l’on songe à Soumaïla Cissé, IBK, Soumeylou Boubèye Maiga, Mountaga Tall, Tiébilé Dramé… On remarquera d’ailleurs que parmi les noms cités, seul Mountaga Tall est en vie. C’est également cela l’usure du temps.
En définitive, nous affirmons que les cinq dernières années auront été le temps de la recomposition du paysage politique malien à travers les trois facteurs que nous venons de développer. Toutefois, il serait naïf de penser qu’on peut diriger un pays sans acteurs politiques. D’ailleurs les autorités de transition ont elles même souligné qu’une nouvelle charte des partis politiques sera mise en place conformément au texte et à l’esprit de la constitution du 22 juillet 2023 qui, comme celle de 1992, garantit le multipartisme. Nous allons donc assister à une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques qui pour réussir devra tenir compte des erreurs commises par le passé. Pour finir, en paraphrasant Frantz Fanon : “Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.”
Brehima SIDIBE, Doctorant en Analyse du discours politique
Ces derniers jours, des accusations ont émergé, portées par certains médias étrangers, selon lesquels la Mauritanie servirait de point de passage pour des armes en provenance d’Ukraine, destinées à des groupes armés sévissant au Sahel. Aucune preuve tangible n’est venue étayer ces allégations. Il n’en demeure pas moins que la répétition de telles accusations impose une clarification.
Nouakchott récuse ces soupçons avec fermeté. Depuis plus d’une décennie, le pays a construit une stratégie de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent qui lui a permis d’échapper aux dérives régionales. Cette politique, souvent citée en exemple, repose sur une conviction constante : la sécurité intérieure de la Mauritanie ne peut être dissociée de celle de son voisinage.
Cette interdépendance résulte pour le gouvernement mauritanien tout autant de l’impératif de solidarité que d’un constat de réalisme. Par simple lucidité, la Mauritanie estime qu’elle ne peut se permettre de voir un voisin sombrer dans le chaos, sans en subir elle-même, tôt ou tard, les répercussions. L’expérience confirme ce principe simple : lorsqu’un État vacille, les lignes de fracture traversent immédiatement les frontières.
De ce point de vue, l’attachement de Nouakchott à la sécurité collective du Sahel s’explique aisément. Le pays n’a cessé, dans la discrétion et loin des déclarations spectaculaires, de soutenir ses voisins lorsqu’ils traversaient des périodes de vulnérabilité. Soutien logistique, partage d’informations sensibles, médiation discrète : les gestes sont nombreux, même si la tradition locale a toujours privilégié la retenue à la sur-communication. La Mauritanie n’a jamais ressenti le besoin de proclamer ses solidarités mais préfère agir sans publicité.
À ce socle régional, s’ajoute une diplomatie dont la ligne apparaît, avec le recul, d’une grande constance. Dans un contexte mondial marqué par les revirements et les repositionnements, la Mauritanie s’est tenue à quelques principes cardinaux : attachement au multilatéralisme, respect scrupuleux de la Charte des Nations unies, règlement pacifique des différends et refus de s’engager dans les rivalités géopolitiques.
Le cas du conflit russo-ukrainien illustre cette cohérence. À l’Assemblée générale des Nations Unies, la Mauritanie a soutenu la résolution condamnant l’atteinte à la souveraineté territoriale de l’Ukraine. Dans le même temps, elle s’est opposée à l’exclusion de la Russie du Conseil des droits de l’homme, convaincue que les sanctions et l’isolement diplomatique ne règlent pas les crises mais les prolongent. Certains y ont vu une ambiguïté ; d’autres y reconnaissent une fidélité à des principes. Le pays, de son côté, souligne la simplicité de son raisonnement : ses relations avec Moscou remontent à 1965, celles avec Kiev plus récentes et limitées. Les choix diplomatiques ne se font pas en fonction des aides reçues de part et d’autres – au demeurant inexistantes dans le cas de la Mauritanie – mais selon l’épaisseur des liens historiques et la cohérence des positions de principe.
Avec ses partenaires sahéliens, la même logique prévaut. Des explications franches ont eu lieu, notamment avec les autorités maliennes, qui ont compris la nature de la position mauritanienne. Derrière ce dialogue s’affirme une conviction qui ne varie pas : prévenir l’instabilité d’un État de la région, c’est protéger l’ensemble du Sahel contre un effet domino.
Ainsi, face aux accusations récentes, la Mauritanie oppose moins l’indignation que la permanence de sa ligne. Elle parle peu, agit davantage, et préfère la constance et la clarté. Dans une région marquée par les crises et les basculements, elle a choisi une voie singulière : une diplomatie de retenue, discrète dans les formes mais ferme dans ses principes, convaincue que la stabilité n’est jamais l’affaire d’un seul pays mais une responsabilité collective.
Nous sommes en mai 2021 le président de la Transition Bah Ndaw vient d’effectuer un remaniement ministériel. Deux poids lourds du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) à savoir Sadio Camara et Modibo Koné sont absents de la liste. Il n’aura fallu que quelques heures pour que Assimi Goita, alors colonel et vice-président de la transition, n’intervienne pour “déposer” le président Ndaw. Si certains qualifient cet acte de “second coup d’Etat”, le discours officiel retiendra l’appellation “rectification de la trajectoire de la transition.” Engagement avait été pris de respecter le délai initial de dix huit mois de transition. Toutefois, au gré des circonstances, ce délai est endossé désormais à la “stabilisation” du pays. Comme quoi, les mots ont du sens, mieux ils ont du pouvoir!
Dès lors, nous entrons dans une période où le discours façonne les représentations sociales et politiques. Dans un article publié en octobre 2024, nous qualifions cela de “gouvernance rhétorique”. Cet article vise à analyser l’impact du discours dans la pérennisation du régime de transition au Mali.
• La langue de coton ou les concepts fédérateurs
Le concept de langue de coton nous vient de François-Bernard Huyghe. Il désigne tous les mots ou expressions dont il est difficile de s’opposer au risque d’être accusé de mauvaise foi. Si l’on se place dans le contexte malien, ce sont des expressions comme : recouvrer l’intégrité du territoire national ; instaurer la paix, refonder l’Etat, restaurer la souveraineté nationale, jusqu’à la stabilisation du pays.
On retrouve ces expressions dans tous les discours officiels. Comme nous l’avons indiqué plus haut, elles forcent d’une certaine manière l’adhésion de l’opinion publique. En effet, qui serait contre l’instauration de la paix? ou contre la stabilisation du pays? En choisissant de fixer la fin de la transition à la stabilisation du Mali, les autorités de transition laissent peu de place à des voix discordantes car celles-ci peuvent rapidement être qualifiées d’ennemis de la nation.”
Toutefois, l’emploi de la langue de coton contient un biais. Ce biais est lié à la sémantique de ces mots ou expressions. En sémantique, il y a ce qu’on appelle la télicité. C’est un test qui permet de vérifier l’extension temporelle ou la délimitation temporelle. Une action est dite télique lorsqu’elle est délimitée dans le temps. Exemple : Le président de la transition a posé la première pierre de l’usine de raffinerie d’or en mai. En revanche, lorsqu’une action n’est pas délimitée dans le temps, elle est dite atélique, il y a donc une extension temporelle. En effet, on ne peut dire : Nous allons restaurer la paix en août ou encore le pays sera stabilisé en décembre.
Ceci pour mettre en exergue le pouvoir du discours en cette période de transition. Mais au demeurant, il doit être accompagné d’actions concrètes pour maintenir l’adhésion de l’opinion publique.
Brehima SIDIBE, Doctorant en Analyse du discours politique.
C’est un véritable soulagement pour la communauté sénégalaise vivant en Mauritanie. Le coût du titre de séjour, longtemps jugé trop élevé, a été fortement réduit : il passe désormais de 50 000 à seulement 5 000 FCFA.
C’est un véritable soulagement pour la communauté sénégalaise vivant en Mauritanie. Le coût du titre de séjour, longtemps jugé trop élevé, a été fortement réduit : il passe désormais de 50 000 à seulement 5 000 FCFA.
L’annonce a été faite par Serigne Khadim Bamba Fall, coordonnateur du Bureau d’accueil, d’orientation et de suivi des Sénégalais de l’extérieur (BAOS). Cette décision résulte d’un accord entre les autorités sénégalaises et mauritaniennes, visant à faciliter la régularisation administrative des Sénégalais vivant dans le pays voisin.
La mesure s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par le gouvernement sénégalais, pour répondre aux préoccupations de la diaspora et promouvoir une mobilité digne et sécurisée.
Cette réduction intervient dans un contexte marqué par des expulsions fréquentes de migrants en situation irrégulière en Mauritanie, dont plusieurs Sénégalais. Ces expulsions, souvent critiquées par des ONG pour leurs conditions jugées inhumaines, ont suscité l’inquiétude au sein de la communauté sénégalaise.
Face à cette situation, le Sénégal a multiplié les démarches diplomatiques. En janvier 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu à Nouakchott pour discuter de la régularisation des Sénégalais. À l’issue de cette visite, la Mauritanie avait accepté de baisser les frais du titre de séjour et d’assouplir les procédures.
En mars 2025, la ministre des Affaires étrangères Yassine Fall s’est également rendue en Mauritanie. Elle a été reçue par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à qui elle a remis une lettre du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Cette visite a renforcé les relations bilatérales et permis de faire avancer le dossier.
Lors d’un échange public en avril, Yassine Fall avait déjà annoncé que “des discussions étaient en cours pour garantir des conditions de séjour plus sereines” aux Sénégalais en Mauritanie.
La baisse des frais du titre de séjour représente une victoire importante pour la diaspora sénégalaise, confrontée depuis des années à des démarches coûteuses et complexes. Elle devrait contribuer à améliorer leurs conditions de vie, tout en renforçant les liens d’amitié entre Dakar et Nouakchott.
Emergence Mauritanie – Le nouveau grand éboueur de Nouakchott s’appelle Youssef Ahizoune. À la tête d’Arma Holding, il vient de remporter un contrat clé : 7 milliards d’ouguiyas par an, renouvelable sur 10 ans, pour moderniser la gestion des déchets de la capitale mauritanienne.
Le feuilleton du marché de la propreté de Nouakchott a trouvé son épilogue. Après plusieurs suspensions et annulations, c’est finalement Arma Holding, groupe marocain spécialisé dans la gestion des déchets, qui a été officiellement désigné pour assurer la collecte et le transport des déchets solides de la capitale mauritanienne.
Le contrat est de taille : 7,06 milliards d’anciennes ouguiyas par an, sur une durée initiale de 10 ans, renouvelable. Il concerne l’ensemble de l’agglomération de Nouakchott, confrontée à des défis structurels en matière de gestion des déchets.
Un contrat clé, une concurrence rude
Le processus d’attribution n’a pas été linéaire. Le contrat, initialement remporté par SOS NDD, a été suspendu à trois reprises par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) à la suite de recours.
Lors de la quatrième procédure, c’est finalement Arma Holding qui a été retenue, l’ARMP ayant levé les dernières suspensions début juin 2025. Une victoire importante pour le groupe, alors que ce marché est vu comme une vitrine régionale dans un secteur hautement concurrentiel.
Youssef Ahizoune, un héritier devenu entrepreneur
À la tête d’Arma Holding : Youssef Ahizoune, 38 ans. Fils de l’ancien président de Maroc Telecom, Abdeslam Ahizoune, Youssef a choisi de tracer sa propre voie dans l’univers des services urbains. Après des études à Paris-Dauphine et aux Ponts ParisTech, il débute chez le français Derichebourg, spécialisé dans la propreté urbaine. En 2014, il participe à la création de la filiale marocaine du groupe. En 2019, il en prend le contrôle total et fonde Arma Holding.
Le groupe est aujourd’hui contrôlé par la famille Ahizoune (Youssef, ses sœurs Zineb et Yasmine) et un associé, Alae Eddine Bentayeb. Sous leur direction, Arma s’est imposé comme un acteur clé du secteur au Maroc : présence dans 19 villes, plus de 7 000 collaborateurs, diversification vers l’éclairage public et le recyclage.
Une ambition régionale affirmée
Le contrat de Nouakchott s’inscrit dans une stratégie d’expansion régionale. Arma développe en parallèle des projets en Côte d’Ivoire (usine de recyclage à Abidjan) et au Sénégal, avec l’ambition de devenir un opérateur de référence du service urbain en Afrique francophone.
Classé 12ᵉ du Choiseul 100 Africa, classement qui distingue chaque année les 100 jeunes leaders économiques les plus influents du continent, Youssef Ahizoune incarne cette nouvelle génération de patrons urbains africains. Entrepreneurs industriels et gestionnaires aguerris, ces dirigeants ambitionnent d’accompagner la transformation des métropoles africaines en intégrant des standards de service plus élevés et des solutions innovantes. Le contrat de Nouakchott lui offre une nouvelle opportunité de démontrer cette vision sur le terrain.
Le défi de Nouakchott est immédiat : moderniser la collecte, déployer une nouvelle flotte, instaurer un service continu et fiable dans une ville où les attentes sont fortes. Pour Youssef Ahizoune, ce contrat représente à la fois une consolidation du positionnement panafricain d’Arma et un test grandeur nature sur un marché stratégique.
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