Quinze participants, issus de onze organisations de la société civile et des activistes prennent part depuis ce vendredi matin à Nouakchott et ce jusqu’au 31 juillet, à un atelier de formation des activistes et acteurs de la société civile sur l’esclavage moderne, l’Etat de droit et le plaidoyer. Cet atlier est organisépar IRA-Mauritanie, en partenariat avec Free the Slaves (FTS). Les quinze participants et le panel d’experts aborderont entre autres thèmes la situation mondiale de l’esclavage: (types d’esclavage moderne, causes de l’esclavage moderne), l’identification des exemples d’esclavage moderne en Mauritanie ainsi que les engagements juridiques de la Mauritanie. Au cours de cet atelier, il sera défini l’esclavage moderne en Mauritanie, ses causes et conséquences. Les conventions internationales et la législation nationale protégeant les groupes marginalisés ou vulnérables contre l’esclavage moderne seront abordées. Les participants vont connaitre le cadre juridique de l’engagement de la Mauritanie à lutter contre l’esclavage.
Par ailleurs, le rôle des acteurs de la société civile et des activistes dans l’éradication de l’esclavage moderne sera examiné.Les connaissances et la compréhension de l’importance d’un Etat de droit, l’accès à la justice et la prévention et l’éradication de l’Esclavage moderne des participants seront renforcées.
A l’ouverture de la rencontre, le conseiller du président de IRA Mauritanie, M.Nourredine Ould Semette, a mis en exergue l’importance de cette rencontre et l’intérêt que son organisation porte à ces thématiques. Il a rappelé les actions engagées par son mouvement et son président, Biram Dah Abeïd pour mettre fin à ces pratiques non sans exhorter les participants à plus d’assiduité et de participation. Enfin, M. Ould Semette a convié les participants à mettre à profit les connaissances qu’ils vont acquérir au cours de cet atelier.
De son côté, le coordinateur de Free the Slaves (FTS), M. Dame Ba s’est félicité de la tenue de cet atelier avec le second partenaire de son organisation. Après avoir souligné l’importance de cet atelier destiné aux acteurs de la société civile et des activistes, M.Ba a rappelé les objectifs assignés à sa structure fondée en 2000 et la vision de combattre l’esclavage moderne. Il a fait part à l’assistance de chiffres effroyables: 40 millions de personnes réduites à l’esclavage moderne. Dès lors, la mission de FTS est d’accompagner les gouvernements et les missions pour mettre fin à ces pratiques. M. Dame Ba a félicité le gouvernement mauritanien pour ses engagements et les efforts déployés pour lutter contre l’esclavage moderne. A l’appui, il a évoqué l’arsenal juridique, la criminalisation de l’esclavage, la constitution de trois tribunaux, la mise en place de brigades de mineurs, la tenue à Nouakchott d’un forum intetrnational sur l’esclavage moderne. Dame Ba passera au peigne fin l’adhésion de la Mauritanie à l’Alliance 8 .7 et l’élaboration d’un listing de 44 travaux dangereux par le ministère de la fonction publique. Il a enfin adressé une mention spéciale aux autorités étatiques. Il a loué l’engagement des onze organisations de la société civile mauritanienne dans l’Alliance 8 .7.
Free the Slaves est une organisation non gouvernementale internationale et un groupe de pression, créée pour faire campagne contre la pratique moderne de l’esclavage dans le monde.
D’abord je crois que nous ne faisons pas assez de lobbying utile pour promouvoir cette ville oui, Dafort est une ville aujourd’hui. Notre Commune dont Dafort est le chef-lieu mérite un statut administratif de département ou au moins d’arrondissement. Non, cette localité dans un espace géographique densément peuplé, est oubliée où se fait isoler administrativement par certains de ses fils qui ne veulent pas voir l’administration étatique (préfecture, brigade de gendarmerie ou arrondissement) s’installer pour tenir et servir les populations. Les motifs sont clairs, d’aucuns préfèrent la pérennité de la boiteuse et obscure gouvernance des relais traditionnels. Ainsi les services de premières nécessités (l’eau, l’électricité et téléphonie) font défaut avec acuité. Prenons notre zone à 35 kms à la ronde, on peut regrouper plusieurs localités (Sooninkés, Haratines et Peuls) comptant en tout plusieurs milliers d’âmes. Tel poids démographique doit attirer l’attention des pouvoirs publics si un vrai plaidoyer citoyen et sincère est mené par des personnes ressources compétentes choisies librement par les populations concernées.
Par les temps qui courent, les choses se font en rangs dispersés par intermittence avec beaucoup d’approximations. Les cris d’alarme sortent quand le Dur du vécu quotidien passe au stade du très Dur avec la détresse des populations très résilientes, à noter au passage. Si on avait une préfecture et son personnel administratif et sécuritaire en poste à Dafort, ces manquements multidimensionnels et notre détresse dans la situation actuelle ne dureraient pas longtemps sans véritables solutions. On dirait comme la substance imagée d’un adage soninké « Bagané na mini do selné baté » (le margouillat boirait avec la poule).
Par ce mot à l’occasion, je réitère ma modeste voix de plaidoyer à l’endroit des hautes autorités de notre pays en particulier vers le président de la République son excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, pour ériger Dafort en département pour une gestion administrative efficiente de proximité et fournir des infrastructures (château d’eau, puits, Groupes électrogènes, téléphonie) de qualité au bénéfice des populations.
Et la téléphonie, les trois opérateurs Mauritel, Mattel et Chinguitel sont censés fonctionnels mais c’est le Dur de chez Dur. Réseau quasiment inerte tout temps surtout quand il y a des précipitations en temps d’hivernage comme actuellement. Les antennes pointent dans le ciel mais en bas les téléphones ne répondent pas. On dirait un enclos désertique « volontairement » organisé pour faire galérer les populations. Les recharges de crédit d’appel et de connexion internet mobile vont fondre régulièrement en pure perte sans services rendus aux clients.
Aux hauts responsables de ces compagnies de téléphonie depuis Nouakchott, les populations de Dafort et d’ailleurs dans notre zone vous interpellent solennellement sur cette situation catastrophique. Nous voulons surtout comprendre où se situent les dysfonctionnements récurents liés au manque de réseau, matériels défaillants ou pratiques suspectes d’une forme de racket en coulisses en pigeonnant les populations…!?
Sous d’autres cieux dans le monde, le réseau mobile est supersonique au fond des mers et sous tunnel, à l’extérieur chez nous, ça brouille sans cesse et sans motifs explicatifs à mettre sous la plume.
« 𝐉𝐞 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐝𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐛𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚𝐛è 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐣’𝐚𝐢 𝐩𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭 𝐦𝐨𝐧 𝐦𝐚𝐠𝐢𝐬𝐭è𝐫𝐞. 𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐢è𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 à 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐟𝐫è𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐦𝐢 𝐓𝐡𝐨𝐦𝐚𝐬 𝐈𝐬𝐢𝐝𝐨𝐫𝐞 𝐍𝐨ë𝐥 𝐒𝐚𝐧𝐤𝐚𝐫𝐚 » a écrit mardi l’ancien président 𝐁𝐥𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐂𝐨𝐦𝐩𝐚𝐨𝐫é à travers un message lu par le porte parole du gouvernement Lionel Bilgo.
Disant assumer et déplorer du fond du cœur toutes les souffrances et drames vécues par toutes les victimes durant ses mandats à la tête du Burkina, Blaise Compaoré a demandé aux familles de lui accorder leur pardon.
Avec le débat relatif au projet de loi pour la reforme de l éducation qui monte en spirale, il est plus que nécessaire que chaque Mauritanien puisse verser ses ingrédients dans la marmite en bouillonnement.
Car le plat final doit répondre aux gouts des uns et des autres afin qu’ ils puissent le consommer avec le même appétit. Autrement certains — vont se régaler pendant que d’ autres se tordent de faim. Ce qui va inévitablement créer un système éducatif à deux vitesses.
Dans ce cas de figure ce sera une perte énorme pour le pays parce qu’ un système éducatif qui n’ est pas apte à prendre en compte toutes les réalités du pays est d’emblée voué à l’échec. En fait l’éducation est considérée comme un égalisateur social sensé les créer les mêmes opportunités de mobilité sociale pour les citoyens. A défaut, le système éducatif devient une opportunité de promotion pour certains, et un instrument d’oppression pour d’ autres. Ce qui est totalement contraire à sa mission.
La question centrale n’ est pas l’ importance de ‘éducation qui est déjà reconnue depuis la nuit des temps. Pour rappeler cette centralité de l’éducation, en effet elle a toujours joué un rôle fondamental dans la marche de l’humanité vers des lendemains meilleurs que notre Saint Prophète Mohamed (SWT) nous a exhortés à n épargner aucun effort quand qu’il s’agit de l’acquisition de l’éducation, « allez chercher la connaissance même si c’est en Chine, » a-t-il recommandé. C’ est pour la même raison que la déclaration universelle des droits de l’homme abonde dans le même sens dans son article 26 . A cela il faut ajouter la Convention Internationale des Droits de l’enfant ainsi que la charte Africaine des droits et du bien- être de l’enfant et tant d’autres instruments régionaux similaires.
Cette importance de l’éducation est particulièrement indispensable dans deux domaines vitaux pour l’humanité. Il s’ agit de la jouissance des libertés individuelles et collectives, et du développement socio-économique pour notre bien-être. L’histoire nous a montré que c’ est grâce l’éducation que des peuples opprimés sont arrivés à prendre conscience de la situation pour changer leurs conditions. En guise d’illustration nous pouvons nous référer aux mouvements de la décolonisation à travers le monde.
Egalement ce fut le cas pour la conquête des libertés civiques aux Etats Unis et élimination de l’ Apartheid en Afrique sous le leadership de Dr Martin Luther King et Nelson Mandela respectivement. Pour ce qui est du développement socio-économique, l’impact de l’éducation est visible à travers plusieurs exemples. Les pays qui ont investi dans l’éducation et recherche ont connu un développement considérable. Le cas du Japon en est un exemple palpable. Malgré le manque de ressources naturelles, le pays a connu un développement remarquable grâce à la qualité de son système éducatif. Ce qui veut dire, qu’ offrir une bonne éducation à ses citoyens équivaut à créer une source intarissable de richesse pour sa nation.
Le point essentiel du débat est comment offrir une éducation de qualité équitablement accessible á tous les apprenants de manière à leur permettre de réaliser les potentialités que Dieu leur a accordées. C’ est ce que reflète d’ une manière éloquente la pensée d’Abdullahi Dan Fodio, « Quand Abdullahi Dan Fodio aborde le droit à l’éducation, il ne se limite pas à l’égalité des chances pour tous dans l’éducation, avec l’obligation d’envoyer un enfant acquérir des connaissances. Il va plus loin et évoque le droit à un bon enseignant et à un contenu pédagogique qui répond aux aspirations de l’enfant et à ses capacités intellectuelles selon son groupe d’ âge. »
Selon cette pensée l’éducation n’est pas une fin en soit. Il n’ a de sens que quand elle remplit la fonction qui consiste à permettre à chaque enfant de réaliser ses potentialités pour s’épanouir intellectuellement afin de répondre à ses aspirations personnelles ainsi que celles de sa société.
C’est pourquoi pour doter le pays d’un système éducatif viable — les membres de l ‘assemblée nationale qui vont examiner ce projet de loi relative à la reforme de l’éducation nationale doivent non seulement reconnaitre le mérite de la pensée d’ Abdullahi Dan Fodio qui est plein de sagesse, mais aussi mettre à contribution le document produit par OLAN qui fait état ses effets adverses sur le Pulaar, Soninke et Wolof. Prêter une oreille attentive à cette organisation à ce moment crucial du débat est d’ une importance capitale. Car les inégalités du système vont inévitablement se répercuter sur la société d’ une manière générale. Alors, c’ est maintenant ou jamais.
Enfin, le système éducatif est un instrument vital pour l’épanouissement des citoyens ainsi que le développement durable de tout pays. Par conséquent, il est impératif de prendre toutes les dispositions nécessaires pour y incorporer les préoccupations exprimées par les différentes communautés pour que celles-ci puissent se reconnaitre dans ce système.
S’ inspirer de la pensée d’Abdullahi Dan Fodio et mettre à contribution les recommandations de l’OLAN vont considérablement améliorer la qualité du système éducatif de manière à répondre adéquatement aux attentes de toutes communautés sans distinction aucune.
Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh ElGhazouani, a rendu public, vendredi, un décret graciant certains prisonniers définitivement condamnés dans des affaires terroristes, après avoir annoncé le repentir ainsi que la révision et l’abandon des idées d’extrémisme et de violence.
Dans un communiqué qu’elle a publié vendredi après-midi et dont l’Agence Mauritanienne d’Information en a reçu copie, la Présidence de la République a annoncé que cette amnistie s’inscrit dans le cadre de l’approche nationale de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, qui s’articule autour d’axes dont le dialogue et la discussion pour corriger les idées et les concepts, et afin de créer des alternatives et des solutions appropriées pour réhabiliter les prisonniers impliqués dans des affaires de terrorisme.
Voici le texte intégral de ce communiqué :
« Dans le cadre de l’approche nationale de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, qui repose sur des axes qui incluent le dialogue et la discussion pour corriger les idées et les concepts, et afin de créer des alternatives et des solutions appropriées pour réhabiliter les détenus impliqués dans des affaires de terrorisme,
Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rendu un décret graciant certains prisonniers définitivement condamnés dans des affaires terroristes.
Huit prisonniers ont bénéficié de cette amnistie et ont déclaré leur repentir, revu leurs idées et abandonné l’adoption d’idées extrémistes et violentes, et cela a été documenté par un comité d’oulémas érudits.
Cette porte restera ouverte à quiconque abandonne sincèrement les idées de violence et d’extrémisme ».
Un document titré «Avant-projet de loi de l’Éducation Nationale» circule depuis quelques jours à travers les cercles sociaux mauritaniens. Il ferait état d’une première forme de la loi d’orientation qui, après amendements éventuels de la part du HCE (Haut Conseil de l’Éducation) et du conseil des ministres, sera prochainement soumis au vote à l’assemblée nationale.
Ce document établit donc, dans une forme détaillée, les dispositions de la loi en vue. La section 1 du chapitre 2 formule les articles traduisant la politique linguistique qui serait à l’œuvre dans le nouveau système éducatif. Citons l’article 65 : « Pour offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir, chaque enfant mauritanien sera enseigné dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation et de formation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés. Les langues nationales Poular, Soninké et Wolof sont introduites, promues et développées à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et de formation, à la fois comme langues de communication et comme langues d’enseignement ; selon la langue maternelle et la demande exprimée pour chacune de ces langues. Au niveau du fondamental, chaque enfant mauritanien effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. Tout enfant de langue maternelle arabe doit apprendre au moins l’une des trois langues nationales (Poular, Soninké et wolof). Le choix de cette langue est guidé par le contexte sociodémographique régional. L’arabe est enseigné à tous les enfants dont elle n’est pas la langue maternelle comme langue de communication et comme langue d’enseignement. Les modalités d’application de cet article seront fixées par voie réglementaire, dans le cadre d’une politique linguistique nationale. »
L’ambiguïté de cet article est frappante et son caractère équivoque appelle à la vigilance. Tout d’abord, comment serait-ce possible que « l’enseignement soit dispensé en langue arabe […] » de façon aussi absolue que l’article le présente et, en même temps, soit prétendu que « […] chaque enfant effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle » ? Ces deux affirmations affichent, sinon une contradiction, au moins un conflit profond. En effet, de celles-ci, ne peut être conduite qu’une, et nous craignons de savoir laquelle. De plus, comment se fait-il que le rôle attribué à la langue arabe soit si clairement et précisément énoncé, de façon à ce que celui-ci soit exempt de toute discordance interprétative, alors que le flou entoure la place réservée aux langues pulaar, sooninke et wolof ? Au passage, que veut dire la mention `promues, développées’ attribuée aux langues non arabes ? Cet article est si fondamental et est censé encoder la part la plus sensible de la loi compte tenu de ses ressorts touchant la question de justice sociale, d’égalité citoyenne et du vivre ensemble. Il doit ainsi être clairement décliné sans ambiguïté aucune. Sa forme actuelle est tout simplement inadmissible ; techniquement indigne d’une loi, et fondamentalement inappropriée pour faire office d’un traitement égalitaire de la question des langues.
Ensuite, et ce point est un des plus urgents, il est mentionné dans l’annexe que les dispositions de l’articles 65, discuté ci-dessus, concernant le traitement des langues pulaar, sooninke et wolof sont conditionnées aux résultats d’une évaluation à l’issue d’une nouvelle expérimentation. Voici le passage concerné : «La généralisation de l’enseignement des langues nationales interviendrait suite à une expérimentation conduite par la structure chargée de la promotion des langues nationales et sur la base d’une évaluation scientifique probante conduite par une expertise qualifiée»
Ainsi, le droit fondamental des enfants issus des communautés pulaar, sooninke et wolof d’apprendre dans leurs langues maternelles est conditionnel. Cette condition est problématique à bien des égards : Comment peut-on conditionner un droit que l’on décide de reconnaître à un test technique ? Si un principe mis en avant dans la loi est que chaque enfant puisse apprendre dans sa langue maternelle, il n’y a alors aucune raison d’ajouter des motifs de refus et de retardement. Si la procédure est, pour une raison cachée, de valider les langues sur la base des résultats qu’« elles obtiennent » à l’école, alors devra-t-on soumettre la langue arabe au même test car, étant un pied primordial de notre système éducatif actuel, elle serait impliquée, et ce suivant la logique déployée dans l’annexe, dans l’état critique de celui-ci, compte tenu des résultats catastrophiques observés année après année. Ces tests annuels du système actuel seraient-ils des raisons d’exclure l’arabe compte tenu des échecs permanents qui en ressortent ? Ce test, comme condition de généralisation de l’enseignement dans les langues concernées, est par conséquent injustifié et inacceptable. D’autant plus qu’un tel test a déjà été accompli par les 20 ans d’expérimentation conduite par le défunt institut des langues nationales. Les résultats probants voulus ont été acquis selon des évaluations sérieuses, en particulier celle de l’UNESCO. Cela n’avait pas empêché l’institut de fermer et la généralisation n’a jamais eu lieu. Si l’on est réduit à évaluer des langues pour leur accorder un droit, il n’est donc pas besoin d’en refaire. Il suffirait juste de reprendre ces résultats déjà obtenus.
Pour toutes ces raisons, OLAN appelle aux mesures que voici :
1– Le chapitre des langues doit être revu et corrigé. Les mentions concernant les langues pulaar, sooninke et wolof doivent être aussi explicites que celles qui se rapportent à l’arabe. Plus important, elles ne doivent pas entrer dans des conflits logiques qui feraient que leurs applications respectives ne pourraient pas être possibles simultanément. De plus, l’égalité des langues doit clairement figurer dans le texte ; ce qui le purgera des mentions qui souhaitent coûte que coûte que la séparation des rôles soit claire entre, d’une part, la langue arabe et, d’autre part, les langues pulaar, sooninke et wolof. Ce traitement inégalitaire doit être corrigé sur le fond comme sur la forme. Les droits accordés doivent être les mêmes pour toutes les langues du pays et dans tous leurs aspects.
2– L’annexe n’a aucunement sa place dans le corps de cette loi. Les dispositions relatives à l’installation du nouveau système éducatif, relevant d’une question technique et du niveau d’investissement de l’État dans ce projet multidimensionnel, ne doivent en aucune manière constituer un baromètre éliminatoire du droit fondamental d’enseignement dans les langues dont doivent jouir leurs locuteurs. Dans un texte approprié à traiter cette question, les mentions de l’annexe concernant une nouvelle expérimentation doivent être corrigées. Aucune nouvelle expérimentation n’est à envisager. L’État doit se charger de l’installation de cet enseignement sur l’ensemble du territoire en même temps pour toutes les langues et sans aucune condition discriminatoire.
3– Enfin, Olan déplore l’absence totale de la question relative à l’officialisation des langues et exige que celle-ci soit intégrée dans les prochaines versions du projet de loi.
Le cadre de concertation des victimes des évènements (CCVE) de 1986 à 1993 a annoncé, vendredi soir (8 juillet) au cours d’un point de presse, tenu à l’Espace Diadié Camara (Socogim PS), la rupture définitive de son organisation avec le cadre de concertation des rescapés mauritaniens – les deux collectifs sont engagés dans le processus de recherche de solution au passif humanitaire. La décision, justifie sergent Sall Abdallahi, secrétaire général du collectif des rescapés militaires (COREMI), du CCVE par intérim et du comité ad hoc, intervient après le constat d’échec auquel est parvenue cette organisation. Il accuse le CCRM d’«user des subterfuges pour bloquer le processus engagé depuis deux ans avec l’état-major des armées, conformément à la volonté du président Ghazwani de parvenir à une solution définitive et consensuelle avec les victimes ». En effet, selon Sall, ‘’le CCRM a foulé au pied l’accord que nous avions conclu avec lui en voulant réintégrer ceux qui avaient torpillé le dossier sous Ould Abdel Aziz en détournant des fonds alloués aux victimes, en réclamant le devoir de justice et l’institution par décret d’une commission de règlement du passif humanitaire’’. ‘’Depuis notre rencontre avec le président de la République qui a exprimé sa volonté de régler le problème -il a désigné son ministre secrétaire général de la présidence de la République, Yahya El Waghf et son ministre du développement économique et des secteurs productifs, Kane Ousmane pour travailler avec nous, le CCRM traîne toujours les pieds par de faux fuyants’’, renseigne le Sg de COREMI. La raison ? Il veut en faire un fonds de commerce. Et d’enfoncer le clou : nous n’acceptons plus qu’on nous fasse perdre du temps, les 8 organisations réunies ici, ce soir, ont mis fin à leur cheminement avec cette organisation qui ne travaille pas, selon lui, pour l’intérêt des victimes A la question de savoir si le CCVE réclame le devoir de mémoire, Sall répond : « nous réclamons une justice réparatrice, non une justice pénale ». Une banderole résume les revendications de cette organisation : Vérité, mémoire, réparation. Et le Sg de COREMI, de préciser : nous plaidons pour des droits sociaux, la réinsertion des victimes, le retour des déportés…
Suite donc à cette décision de rompre avec le CCRM, le CCVE a mis en place une commission ad hoc dirigée par Dicko Hamet Gueye, président de MOYTO KOOTA (rapatriés volontaires) et refugiés ; elle a désormais la charge, à compter du 7 juillet 22 et pour un mois de piloter le dossier avec les structures habilitées de l’Etat.
Enfin le Sg de COREMI déclare que les 8 organisations (COREMI, Collectif des veuves, collectif des orphelins, Mooyto koota, collectif des douaniers, des policiers, COPECO et des porteuses de séquelles) s’inscrivent dans la démarche du président de la République, clairement explicitée dans son discours de Ouadane et au cours des rencontres qu’ils ont eues avec lui, l’état-major des armées, le commissariat des droits de l’homme et les amis de l’Initiative des amis de Ghazwani dans la vallée. Il a réaffirmé avec force la détermination de CCVE d’œuvrer pour le règlement définitif du passif humanitaire et une réconciliation totale, non sans oublier de menacer qu’une plainte sera bientôt déposée auprès de l’IGE contre ceux qui ont trempé dans la mauvaise gestion de l’aide accordée par l’ancien président Aziz en 2009 aux victimes. Nous détenons des preuves que les fonds ont été mal gérés par certains de ceux qui ont géré le dossier.
Cette femme de 37 ans, originaire de Bretagne et partie en Syrie en 2012, est accusée d’avoir recruté pour l’EI et appelé à commettre des attaques en Occident
Emilie König, l’une des djihadistes françaises les plus connues, fait partie des 16 mères rapatriées ce mardi en France depuis des camps de prisonniers djihadistes en Syrie, a indiqué une source proche du dossier.
Cette femme de 37 ans, originaire de Bretagne et partie en Syrie en 2012, est accusée d’avoir recruté pour l’EI et appelé à commettre des attaques en Occident, et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Dans la foulée, elle a été placée en détention provisoire après avoir été mise en examen par un juge antiterroriste, a constaté l’AFP lors d’une audience devant le juge des libertés et de la détention (JLD).
« Elle a l’intention de coopérer » « Je suis très fatiguée », a soufflé dans le box cette brune au teint gris, vêtue d’une polaire grise et d’un pantalon noir, après l’annonce du délibéré par la juge des libertés et de la détention. La magistrate, à qui Emilie König avait dit vouloir retrouver une « vie de femme », lui a indiqué que les investigations allaient se poursuivre « pour retracer son parcours ». Originaire de Lorient (Morbihan), elle était partie en Syrie en 2012.
Régulièrement apparue dans des vidéos de propagande, elle avait été placée par l’ONU sur sa liste noire des combattants les plus dangereux. Elle est mère de cinq enfants, dont trois nés en Syrie, qui ont été rapatriés en France début 2021. Dans un entretien à l’AFP en avril 2021 du camp de Roj, elle avait dit vouloir « retourner en France ».
« Elle a l’intention de coopérer pleinement avec la justice française », a déclaré à l’AFP son avocat Emmanuel Daoud. « Elle est rentrée pour s’expliquer et pour tenter le plus rapidement possible, selon une échéance qu’elle ne maîtrise pas, de revoir ses enfants », a ajouté Me Daoud, en soulignant qu’elle avait « pleinement conscience d’avoir causé beaucoup de souffrances à sa famille ».
• 35 mineurs rapatriés La France a rapatrié 35 mineurs et 16 mères présents dans des camps de prisonniers djihadistes en Syrie depuis la chute de l’organisation Etat islamique (EI), a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
« La France a procédé ce jour au retour sur le territoire national de 35 enfants mineurs français qui se trouvaient dans les camps du nord-est de la Syrie. Cette opération inclut également le retour de 16 mères en provenance de ces mêmes camps », selon le communiqué, qui précise que les mères ont été remises aux autorités judiciaires et les enfants aux .
Séries de détention provisoire Huit mères ont été placées mardi en garde à vue « en exécution d’un mandat de recherche » et « huit (autres) font l’objet d’un mandat d’arrêt », a expliqué le Parquet national antiterroriste dans un communiqué. Un mineur de 17 ans et sept femmes ont été placés en garde à vue à la DGSI, a précisé une source proche du dossier. La huitième a été placée en garde à vue à la Section antiterroriste (SAT) de la préfecture de police de Paris.
Parmi les mères visées par un mandat d’arrêt, outre Emilie König, six autres femmes ont été mises en examen dès mardi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et pour certaines d’entre elles également pour abandon moral ou matériel d’un mineur par ascendant, a indiqué mardi soir une source proche du dossier.
Elles ont toutes été placées en détention provisoire à l’issue d’audiences devant le juge des libertés et de la détention. Une huitième femme sera présentée mercredi à un juge d’instruction, son mandat d’arrêt ne lui ayant été notifié qu’en fin d’après-midi en raison d’une prise en charge médicale, selon cette même source. Cette femme est atteinte d’un cancer du côlon. Il s’agit du premier rapatriement aussi massif en France d’enfants et de mères depuis la chute en 2019 du « califat » de l’EI.
✓Ici le ministre malien de la Justice, Mamoudou KASSOGUE qui communique ouvertement sur le phénomène sévit dans son pays notamment dans la région de Kayes. L’atmosphère du déni et des tabous s’estompe sérieusement. Très intéressant et rassurant pour les victimes.
Kayes est à une certaine de kilomètres de Selibaby (capitale régionale du Guidimagha Mauritanie 🇲🇷), un autre foyer féodalo-esclavagiste dans les localités villageoises soninkés. Dans chaque village soninké dans notre zone, si tu poses une question s’il y’a de l’esclavage par ascendance, les esprits sincères même pro-coutumes esclavagistes et féodales diront clairement OUI avec différentes déclinaisons sémantiques sur les réalités du phénomène. On pourrait entendre un fond discursif similaire à ce que Pr Tidjani Alou du Niger disait l’autre jour en substance en rapportant les propos des maîtres sur les rapports esclaves-maîtres dans son pays « On ne les tient plus comme esclaves mais ils ne peuvent pas être comme nous« . En gros un mécanisme insidieux d’une domination sociale et politique continue en défiant les lois étatiques. Du côté Mauritanien, les officiels (certains politiques, militants droit-de-lhommistes, institutions publiques spécialisées…) butent toujours à nommer clairement le phénomène présent dans toutes nos communautés. Les discours du président de la république à Ouadane et du président de l’Assemblée nationale il y a quelques mois, ont été d’une grande portée communicationnelle mais on a l’impression que les milieux réactionnaires féodaux se sont braqués davantage à maintenir un statu quo sociétal inégalitaire et injuste.
Le Calame – Statuant en flagrant délit le jeudi 2 Juin, le tribunal correctionnel de Nouakchott-Ouest a condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, Ahmed Mahfoudh ould Nah, Djiby Ba « Gelongal », Domone Camara, MohamedSalem ould Beïb, le chef du mouvement « Ajaban », et trois autres prévenus.
Ils ont été déclarés coupables « d’incitation à la haine contre une communauté », sur la base de la loi portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes à l’autorité de l’État et à l’honneur du citoyen. Les voilà tous écroués à la prison civile de Nouakchott.
Après celles sécuritaires, les autorités judiciaires semblent avoir ainsi donné dans l’équilibrisme, en arrêtant et condamnant des individus issus de quatre des cinq principales composantes du pays.
Les dispositions de cette loi prévoient des peines lourdes pour « insulte au prestige de l’État et de ses symboles, atteinte aux principes et au caractère sacré de la religion islamique, à l’unité nationale et au domaine territorial, insulte ou outrage à la personne du président de la République, au drapeau ou à l’hymne national »… ainsi que toute « insulte à la sécurité nationale, violation de la paix civile et de la cohésion sociale ».
Les peines encourues vont de deux à quatre ans de prison et amendes de 200 000 à 500 000 MRU. Le parolier et activiste halpulaar est condamné pour ses propos jugés haineux en réponse à ceux du bassiste contre les Halpulaaren, diffusés sur les réseaux sociaux.
Rappelons que les propos abjects du sieur Mahfoudh ont été vigoureusement et à l’unisson condamnés par des personnalités de tous bords, indignées par ces abominations rappelant les heures sombres de l’histoire de la Mauritanie dont « les plaies ne sont pas encore cicatrisées ».
Selon plusieurs observateurs et organisations de droits de l’hommiste, l’adoption par le Parlement mauritanien de cette nouvelle loi a ouvert des perspectives répressives de la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.