Le député mauritanien Biram Dah Abeid et sa délégation composée de cadres du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie et du parti RAG effectuent une visite de prise de contact dans 2 régions du Sud mauritanien (Gorgol et Guidimagha). Ces dernières heures , quelques rencontres chaleureuses ont eu lieu de Tachott à Selibaby. Séances d’accueil du public en liesse , de rencontres d’explications et d’écoute, et prise en charge des doléances à l’occasion. Ce matin du 10 août 2021, il a rendu visite à Selibaby au militant anti-esclavagiste soninké Samba Moussa Koné lâchement lynché et assommé par des extrémistes féodaux dans le village de Dafort le 31 juillet 2021, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 .
Pour rappel, le leader abolitionniste avait été empêché par l’ancien pouvoir mauritanien en mai 2017 d’entamer une visite similaire dans la région du Guidimagha où couvent d’innombrables problématiques criantes liées à l’esclavage par ascendance dans les villages soninkés.
Il y’a quelque chose d’assez paradoxal en Mauritanie, faire plaisir à des tribus, des structures sociales traditionnelles, des familles, des clans, etc… ; au détriment de l’idée de l’Etat-Nation, de la liberté et de l’égalité. Et c’est ce paradoxe que s’il n’est pas résolu continuera d’alimenter le système tribal, familial, ethnique, esclavagiste et clanique et encouragera la gabegie et le pillage mais aussi et surtout la continuité de l’injustice, de la discrimination et du racisme. En effet, beaucoup plus que de se soucier d’une idée de nation, l’ensemble des dirigeants mauritaniens et les oppositions répètent inlassablement qu’ils veulent démocratiser le pays alors même que le fondements sociaux politiques exclus une partie très importante de la population.
Aucun dirigeant ou opposant n’a osé affronter ces structures sociales traditionnelles de manière frontale. Sous prétexte à chaque fois de démocratiser donc il faut maintenir la paix sociale. Il n’y aura de démocratie que sur la construction nationale, juste et réaliste c’est-à-dire basée sur la liberté et l’égalité. Au lieu d’affronter cette réalité dirigeant et opposition, cultive et développe de plus en plus la conscience ethnique, familiale, clanique, esclavagiste, raciste, discriminatoire et tribale. Quant aux dirigeants, ils s’assurent à chaque fois de l’hégémonie de la famille, de la tribu, de l’ethnie, et du clan empêchant toute idée de construction nationale, de liberté et justice. Disait Ernest Renan « Une nation est un plébiscite de tous les jours ». Le droit national est au-delà d’un simple faire plaisir à une quelconque ethnie, tribu, clan, communauté ou encore moins une famille.
La construction nationale mauritanienne fait face à cette réalité laissant la place aux structures sociales traditionnelles. Cette réalité a embrouillé beaucoup de génération et laissé place à des formes d’idéologie qui ont embrasé et peuvent toujours embraser le pays à tout moment pour un oui ou un non. Dans le cas mauritanien, l’ETAT et ses institutions sont là ; l’Etat-Nation n’existe pas. Ce pays est devenu le royaume d’une minorité qui justifie leurs actions impunies par les institutions de l’Etat. Des groupes d’intérêts qui collaborent et maintiennent les structures sociales traditionnelles fabricant toutes sortes d’idéologie et conflits dans le seul but de se maintenir au pouvoir. Bennedict Anderson dans livre, (L’imaginaire national, 2000) : Qu’est-ce qu’une nation ? « La nation comme une communauté politique imaginée, réunissant des gens qui ne se connaissent pas, qui ne se croiseront jamais mais qui éprouvent un fort sentiment d’appartenance à une communauté car ils partagent les mêmes idées, les mêmes croyances ».
Une nation ; Etat- Nation ?
C’est une conscience collective, une unité nationale et des liens sociaux ;
C’est une école républicaine et l’armée républicaine ou tout le monde se reconnait ;
Ce sont ces filles et fils de Mauritanie qui vivent et meurent pour la nation avec la certitude que chacun fera de même ;
C’est la lecture du journal quotidien représentant l’incarnation de la communauté imaginée, aussi le regard sur la télévision et des institutions nationales ;
Ce sont des évènements sportifs et culturels représentant ce sentiment d’appartenance à cette communauté imaginée.
L’Etat-Nation, liberté, égalité, impunité, personne au-dessus des lois et le pouvoir du peuple ; et le seul pouvoir reconnu celui choisi par le peuple.
Dans la région du Guidimagha, une ligne rouge a été franchie dans la matinée du 31 juillet 2021 à Dafor (département de Ould yenge) par l’extrémisme féodalo-esclavagiste soninké. Dans ce village comme dans de nombreuses autres localités villageoises, les litiges fonciers liés à l’esclavage par ascendance ne se comptent plus depuis quelques années. Les autorités administratives et judiciaires sont quasiment mises au pas devant les milieux féodalo-esclavagistes Soninkés qui s’en prennent à des nombreuses familles issues de la composante sociale des descendants d’esclaves qui rejettent les humiliations des assignations coutumières de l’esclavage statutaire. Le 28 juillet dernier, nous avons organisé un sit-in d’alarme devant la Présidence à Nouakchott sur les tensions qui couvent à l’approche des premières pluies. À l’occasion une communication a été adressée au secrétariat de la Présidence au nom de notre mouvement pacifique d’éveil humaniste et citoyen Ganbanaaxu Fedde.
À Dafort, un membre de notre communauté répondant au nom de Samba Moussa Koné a été violemment agressé en brousse par une bande d’éléments issus de l’ordre féodal du village. Un véritable guet apens terroriste orchestré à son encontre quand il est parti visiter la parcelle de terre de sa famille héritée depuis plusieurs générations, suspendue par la justice depuis 2018 par complicité avec les milieux féodaux. Ainsi ce jour monsieur Samba Moussa Koné a été lynché par ce groupe aujourd’hui identifié en grande majorité et dénoncé aux autorités de Ould yenge. Les images choquantes de son agression ont tourné largement sur les réseaux sociaux ces derniers jours, vous le verrez ci-jointe en photo lâchement assommé et ligoté comme une bête par ses assaillants.
Notre présent Sit-in vise un énième signalement auprès des hautes autorités étatiques notamment au département de la Justice, sur les pratiques douteuses voir complices de la justice régionale du Guidimagha. Les graves violations des droits humains se suivent mais les décisions judiciaires ne sont jamais à la hauteur.
Nous sollicitons une audience d’urgence auprès de votre bienveillance monsieur le ministre afin de pouvoir vous édifier davantage avec preuves matérielles à l’appui les graves conditions sociales que vivent nos familles qui refusent la soumission de l’esclavage par ascendance dans les villages soninkés du Guidimagha. Ces derniers mois et semaines, on peut citer plusieurs incidents graves autour cet esclavage statutaire , à Danguerimou, à Hassi-Chaggar, à Tachott (les 2 villages), à Ghabou, à Coumbadaw, à Artoumo et d’autres, et la terrible agression de Dafort suit cette série dans laquelle les milieux féodaux se disent ne reconnaître que leurs coutumes esclavagistes face à l’ordre étatique. Par conséquent des paisibles citoyens paient un lourd tribut dans cette situation infernale de Non-droit.
Notre lettre d’information et d’alerte sera remise à la presse également pour prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale.
✓ Nos contacts : 222 46455504 ou 336951738
Le Collectif des Associations de lutte Contre les Pratiques de l’Esclavage en Milieu Soninké (Ganbanaaxu Fedde et partenaires)
Les avocats de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz ont déclaré que leur client se voit refuser tous ses droits en tant que prisonnier. « Il est soumis à un isolement cellulaire arbitraire, est interdit de visite par les membres de sa famille, parents et amis, et est privé de sport , de soleil, et l’accès aux médias.
Les avocats ont accusé les autorités d’arbitraires et « d’imposer des procédures d’inspection humiliantes aux avocats de la défense, et de les empêcher de rendre visite à leur client, de se faire harceler par le personnel de sécurité et d’entraver leur travail, en violation flagrante des droits , liberté de la défense et communication avocat-client », selon le communiqué.
Les avocats ont déclaré que le ministre de la Justice leur avait promis , lors de sa rencontre avec eux, au cours des deux dernières semaines,une solution à l’affaire, « mais , en fait , rien n’a changé et nous n’avons pas trouvé de réponse ».
Le communiqué des avocats ajoute : : « Malgré les conditions difficiles dans lesquelles nous avons été placés, nous avons décidé -tout de même- de rendre visite à notre client, qui vit un isolement arbitraire au vu de toutes les normes. »
Après les sorties médiatiques du Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani, sur des médias internationaux, Jeune Afrique, RFI et France 24, le leader de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), le député Birame Dah Abeid, a réagi sur trois points abordés par Ghazouani lors de ses interviews, notamment le dialogue politique, le retour de l’ancien président en exil Maaouiya Sid’Ahmed Taya et le passif humanitaire. En question subsidiaire, l’esclavage foncier.
Dans une interview qu’il m’a accordée ce dimanche 1er août 2021 à son domicile au P.K 10 de Nouakchott, le président du mouvement IRA, le député Birame Dah Abeid est revenu sur les sorties récentes du Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani, notamment sur Jeune Afrique, RFI et France 24. Dans cette interview, Birame déclare être circonspect et opposé aux déclarations de Ghazouani sur trois points, le dialogue politique, le retour de l’ancien président en exil au Qatar, Maaouiya Sid’Ahmed Taya et le passif humanitaire.
Concernant le dialogue national que réclame l’opposition, le Président de la République juge que le fait de parler de dialogue national laisse penser à une situation de crise. Or, ce n’est pas le cas en Mauritanie, selon lui. Il précise qu’une ouverture a été déjà faite en direction de l’opposition et de la société civile et que des échanges peuvent déboucher sur des conclusions positives qu’il n’y aura aucun complexe à mettre en œuvre. Est-ce suffisant selon vous ?
Birame Dah Abeid : en réponse à la déclaration du Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani sur la non nécessité d’un dialogue politique, je ne pense pas que cela soit une position judicieuse, car elle n’est pas celle de l’ensemble de la classe politique, notamment l’opposition. Tout le monde apprécie certes l’approche qu’il a initiée, une approche non vindicative. Lui-même n’est pas un insulteur public comme son prédécesseur. Il a été attentif à nos propos, il nous a écoutés et nous avons été sincères avec lui.
Le retour qu’il devait faire, ce n’est pas le déni de la nécessité du dialogue. Cette norme du dialogue nous l’avons apprécié en tant que tel, et le fait que l’homme du dialogue se déclare pas du tout disposé au dialogue, n’est pas constructif.
Nous espérons que le président Mohamed Cheikh Ghazouani sur ce point, puisse comprendre ce que nous avons toujours réitéré. Nous n’avons pas dit qu’il est venu et qu’il a créé une crise, ou que son gouvernement l’ait fait. Mais nous avons espéré et demandé, après ces premières démarches, que c’est lui qui allait mettre fin aux différentes crises qui ont été orchestrées par ses prédécesseurs. Ces crises continuent encore à faire des victimes et à empoisonner la vie nationale, la vie entre les communautés nationales, et entre les citoyens et l’Etat. Il s’agit de crises multiformes qu’il est superflu d’énumérer tous et qui sont connus. Ces crises nécessitent un dialogue, ou appelez-le comme vous voulez, mais quand même, elles nécessitent un dialogue sérieux, approfondi et organisé, avec le parrainage du Président de la République, entre l’opposition et le pouvoir.
Dans son interview à Jeune Afrique, le Président Ghazouani a fait allusion au règlement du passif humanitaire, en évoquant le dédommagement des victimes. Qu’en pensez-vous ?
Birame Dah Abeid : justement parmi les problèmes que j’évoquais, il y a ce qui est appelé pudiquement, passif humanitaire qui n’est pas un problème dépassé. Je serai surpris d’apprendre que le président des la république pense que ce dossier se résume à une question de dédommagement pécuniaire oubliant qu’il y a des aspects beaucoup plus importants comme l’aspect de la cohabitation nationale présente et future et ses ramifications politiques, morales et judiciaires. Tous les Mauritaniens aspirent au règlement définitif de ce dossier qui est une véritable question nationale.
Dans ses interviews, le Président Ghazouani a également évoqué le retour au pays de Maaouiya Sid’Ahmed Taya, quel est votre avis ?
Birame Dah Abeid : Maaouiya Sid’Ahmed Taya, l’ancien président actuellement en exil au Qatar, symbolise le martyre de plusieurs centaines de milliers de mauritaniens. La terreur qu’il a orchestrée au dépend d’une grande partie de la communauté nationale en fait un bourreau dont le retour ne peut pas être un retour normal. Son vécu à côté des Mauritaniens ne peut pas être un vécu normal. Maaouiya s’il retourne au pays, ce sera l’occasion pour la justice, si nous sommes dans un État de droit, d’ouvrir le dossier de la tentative d’épuration ethnique des années 80-90 dont il est le premier responsable
Il s’agit en fait d’un dossier à plusieurs facettes, avec des centaines, voire des milliers de victimes, les disparitions, les déportations, les expropriations, les exécutions extra-judiciaires, la radiation de fonctionnaires civils et militaires. Le retour de Maaouiya ne peut nullement être le retour d’une personne normale.
Beaucoup soutiennent que le mouvement IRA n’est plus aussi présent sur le champ de la lutte contre l’esclavage, quelle est votre réponse ?
Birame Dah Abeid : les gens se trompent quand ils pensent que le mouvement IRA n’est plus aussi présent sur la question des droits de l’Homme ou prennent leurs désirs malsains pour des réalités.. Je réitère ici non sans regret, que pendant les deux années du président Mohamed Cheikh Ghazouani, s’il y a des dossiers sur lesquels il n’y a eu aucune avancée, c’est le dossier de l’esclavage, notamment l’esclavage agricole et foncier qui gangrène la société rurale maure aussi bien que la société négro-africaine.
Il s’agit de deux phénomènes graves qui restent en l’état. Ghazwani n’a pas encore apporté sa pierre dans l’édifice de LUTTE contre l’esclavage domestique et agricole l’esclavage domestique et agricole. C’est pourquoi les féodaux esclavagistes poursuivent leurs forfaits en toute impunité. Parmi ces forfaits, que nous suivons et traitons, tout en apportant appui aux victimes, ce qui vient de se passer à Dafor au Guidimagha où un esclave a été lynché, mais aussi dans un village haratine près de Tamchakett où les habitants subissent un esclavage agricole. Tous ces cas sont suivis par la commission des droits de l’homme d’IRA-Mauritanie, mais aussi par nos militants qui ont relayé ces informations au niveau de réseaux sociaux.
Seulement, deux éléments manquent au dispositif qui faisait que les actions d’IRA sur le terrain occupaient le devant de l’actualité. Premièrement, Aziz et sa machine répressive ne sont plus là. Du coup, la répression des membres d’IRA qui alimentaient l’actualité a disparu. Deuxièmement, les quatre principaux organes de presse francophone, Cridem, Le Calame, L’Authentique, le Quotidien de Nouakchott, qui relayaient les actions d’éclat du mouvement IRA ont été domestiqués par un puissant homme d’affaires, Mohamed Bouamatou, le principal adversaire du mouvement IRA. Il leur a interdit de publier la moindre action d’IRA. Du coup, le monde extérieur ne trouve plus les échos des actions du mouvement IRA. C’est pourquoi les gens pensent qu’IRA ne fait plus d’activités.
L’Assemblée nationale a approuvé, au cours d’une séance publique tenue mardi matin, sous la présidence de M. Cheikh Ould Baya, son président, un projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi n° 112-61 du 12 juin 1961 portant Code de la nationalité mauritanienne, modifié par la loi n°2010.023 du 11 février 2010 .
Le ministre de la Justice, M. Mohamed Mahmoud Ould CheikhAbdallah Ould Boye, dans sa présentation aux députés, a expliqué que la loi n° 61.112 du 12 juin 1961, telle que modifiée par la loi n° 2010-023 du 11 février 2010 contenant la loi sur la nationalité mauritanienne, n’autorise pas la double nationalité, car elle stipule qu’un mauritanien majeur qui acquiert une nationalité étrangère perd automatiquement sa nationalité mauritanienne, s’il n’est pas autorisé à la conserver par un décret.
Il a ajouté que cette situation porte préjudice à de nombreux mauritaniens qui ont réussi de manière remarquable à s’intégrer comme citoyens dans d’autres pays, et sont restés attachés à leur patrie d’origine.
Il a précisé que le projet de loi vise à amender l’article 30 (nouveau) pour prévoir des cas particuliers de perte de la nationalité, et l’article 31 (nouveau), qui consacrera désormais automatiquement le maintien de la nationalité mauritanienne, compte tenu de certains des conflits identifiés dans ce projet. Il vise également à abroger l’article 32 de la même loi relatif à la perte de la nationalité d’une femme mauritanienne mariée à un étranger pour entrer dans le champ d’application du nouvel amendement.
Il a souligné que le projet de loi affirme que le Mauritanien qui acquiert une autre nationalité continuera de jouir des droits liés à la citoyenneté mauritanienne et aux devoirs qui en découlent, et d’être soumis aux dispositions d’éligibilité et de suivi stipulées dans le droit mauritanien.
Le ministre a rappelé que la contradiction inscrite dans l’article 31 (nouveau) est limitée à 200 emplois qui contrôlent le sort et les orientations du pays, et que cela n’a été fait que par précaution par ceux qui ont juré allégeance aux lois des pays qui leur ont accordé leur nationalité.
Dans leurs interventions, les députés ont apprécié le dépôt par le gouvernement du projet de loi permettant la double nationalité, notant que cet amendement était attendu depuis longtemps.
Ils ont estimé que la valeur ajoutée des communautés mauritaniennes à l’étranger ne se mesure pas en raison de leur diversité, et que l’histoire a prouvé l’attachement et la fidélité des expatriés mauritaniens à leur famille et à leur terre, soulignant que l’obtention de la nationalité d’un autre pays ne doit pas être considérée comme un crime qui mérite d’être déchu de la citoyenneté ou qui empêche d’occuper certains postes.
Ils ont exprimé leur compréhension de la contradiction inscrite à l’article 31 (nouveau) entre la double nationalité et certaines fonctions élevées, étant donné leur nature sensible, notant que les textes juridiques sont conçus sur la base de l’intérêt public, et non de l’intérêt privé et sont basés sur la raison et non sur l’émotion.
L’Assemblée nationale a également approuvé les amendements proposés par la commission de la justice, de l’intérieur et de la défense aux articles 30 et 31 du projet de loi, visant dans leur intégralité à clarifier le contenu de ces articles.
Interview du président des réseaux IRA dans le monde, député à l’assemblée nationale, M. Biram Dah Abeid par les sites Mauritania-com. Plusieurs sujets sont abordés sans tabou, notamment la question du projet de loi sur la double nationalité, puis, le fameux projet de loi nous dit-on pour protéger les symboles de l’état et la visite effectuée récemment par le député qui était accompagné par le présidente du RAG, M. Oumar Ould Yali et d’autres cadres IRA-Mauritanie dans le Trarza, Brakna et Gorgol.
L’accueil, surtout, les doléances des populations qu’ils ont pu recevoir sur place. Qu’on l’aime ou pas, nul ne pourra nier que le président Biram Dah Abeid est profondément préoccupé par la situation que vivent les populations les plus vulnérables à l’intérieur du pays, qui sont les plus exposées aux injustices. La photo de l’image nous rappelle ce mai 2017, lors qu’il a voulu se rendre dans le Guidimakha en traversant le fleuve qui nous sépare du Sénégal par Gouraye pour s’acquérir de la situation sur place.
Les féodaux du Guidimakha et leur homme fort de l’époque Mohamed Ould Abdel Aziz l’ont empêché d’entrée en contact manu-militari avec les populations afin de dissimiler l’esclavage coutumier par ascendance qui se perpétue encore dans la région avec la complicité de certains cadres de la région (ministre, directeur, député, maire etc…) qui sont adoubés par l’administration locale. Le directeur Alioune Sow et son staff remercient le député et son équipe pour le temps qu’ils ont voulu accorder aux sites mauritania-com
L’assemblée nationale (parlement mauritanien) a approuvé à l’unanimité ce mardi, les membres de la haute cour de justice, constituée de 9 membres, représentant l’ensemble des groupes parlementaires de la chambre.
Immédiatement après leur élection, les membres de la cour ont prêté serment dans l’hémicycle de l’assemblée nationale.
La haute cour de justice est constituée de 9 magistrats et 9 suppléants, 6 appartenant à l’union pour la république (UPR), suivant le système de la proportionnelle fixé par le règlement intérieur de l’assemblée nationale.
Le parti au pouvoir a choisi ses 6 membres : H’BibO. Djah, JemalouldYedaly, N’GaédéAbderrahmane, IshakAhmedMiské, LallamintM’Bareck et HamadyO. Khattri.
Leurs suppléants, choisis par l’UPR sont dans l’ordre : MahmoudDiaguili, Mohamed MahmoudSambiny, Oumar SouleymaneN’Diaye, Toutou mint Cheikh Bouya, Aicha mint Amar Nouïss et Hogo Coulibaly.
Le règlement intérieur de l’assemblée nationale, prévoit, qu’après 10 jours de l’élection des membres de la haute cour de justice, ceux-ci sont convoqués par le plus âgé pour une réunion consacrée à l’élection du président de l’institution.
Cette première réunion de la haute cour que doit présidé le plus âgé de ses membres (H’Bib O. Djay) ne peut se tenir qu’en présence de la majorité absolue de ses membres (5).
Au cours de cette réunion, les membres doivent élire, par bulletin secret, le président de la cour à la majorité absolue, selon l’article 5 du règlement de la loi organique de la cour.
Cet article prévoit qu’au cas où aucun des candidats n’obtient la majorité absolue, un deuxième tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête à l’issue duquel sera élu celui qui aura obtenu la majorité simple des voix.
En cas d’égalité, le plus âgé est élu à la présidence de la haute cour de justice.
L’adage dit que « le remède est pire que le mal ». Il serait dangereux alors pour une société de ruser avec ses principes. Le remède face à un mal doit s’adapter sinon, il fera apparaitre d’autres complications. Faire la langue de bois face aux maux sociétaux pour, dit-on, ne pas « déchirer » le tissu social, c’est préparer l’hécatombe.
En ce sens, AiméCésaire disait : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». AiméCésaire, chantre de la négritude, militant de première heure, avait adressé ces mots à l’Europe qui contenait ce que nous vivons aujourd’hui dans les sociétés africaines : les codes sociaux d’antan. Le système de caste est majoritairement installé en Afrique de l’Ouest. Nous avons une stratification « puante » à côté des droits humains, de la Charte des Chasseurs à la révolution menée par ThiernoSouleymaneBal, et avec toutes les lois ratifiées depuis la Déclaration universelle des droits [humains] et de la Citoyenneté.
Rappelons qu’une civilisation englobe un ensemble de traits, caractères liés aux sociétés humaines complexes dans un continent ; c’est l’ensemble d’acquisition et de phénomènes sociaux. Nos civilisations regorgent un amas de cultures « obsolètes ». La culture est « ce qui dans la nature est l’œuvre de l’[humain] ». Nous avons donc des traditions qui sapent nos pratiques culturelles. J’avais émis une fois que la tradition est la transmission d’un contenu culturel à travers le temps. Si j’ose dire, bis repetita, elle est ce que l’on peut appeler un « héritage immatériel » qui marque l’identité de toute communauté. Chaque génération doit alors choisir quelle tradition (« pratique transmise ») laisser aux générations futures. Nos traditions pilotent nos regards en les truffant de tares d’un point de vue scientifique et de la raison. Face à l’exigence des temps, elles demeurent.
Ces traditions africaines, pour la plupart, conditionnent le système des castes. Elles sont omises par la plupart des lettré(e)s africains.nnes. Bref, cela les engage. On veut s’attarder sur l’origine des castes, leur amplification dans la fabrique sociale, et sans prendre à bout de bras les exigences des temps modernes qui veulent en découdre.
« Les castes sont à la base la division du travail » disait le regretté combattant MourtoudoDiop. De nos jours, la caste, groupe social endogame qui met l’individu dans une hiérarchisation sociale en lui conférant un rang déterminé ou une profession, est devenue une case pour des groupes d’individus. L’esprit de caste ne se manifeste pas par la même manière dans nos communautés sociolinguistes mais par le fond, telle l’épée Damoclès. Certains se disent « gardiens « de la religion, d’autres sont vu comme de la « pourriture sociale » à savoir les forgerons et ceux dits « esclaves », « anciens esclaves » et/ou « de patronymes d’ascendance esclaves ». Les premiers s’octroient le monopole du beau et de la vérité. Les deniers comme les personnes qui doivent s’occuper des sales bésognes. Heureusement que l’école à servi pour éclairer les humains sur les pratiques quotidiennes. Le système de castes valorise les uns, et déshumanisent par la pensée, voire les actes barbares, les autres.
L’effigie sociale doit se moderniser. La nature nous a offert des choses fascinantes. Nos cultures encore lancinantes et latentes, par rapport à un « remembering », éprouveront de la peine au sortir de la « grotte ». S’attaquer aux système de castes, c’est toucher la conscience des africains.nes; des mauritaniens.nes. Il faut oser ! C’est simplement comme ça que l’on pourra palier à nos manquements aves des actions solides et concrètes face à ces choses qui sont d’ailleurs sources de nos maux. L’appel est lancé.
La première des prescriptions est de démystifier les discours. En particulier, ceux qui viennent des tenants de l’ordre féodal. Une autocritique s’exige ; notamment. Aussi à partir de l’État, bien qu’il soit en Mauritanie, le premier à profiter de ce système de caste à travers les réflexes de subordinations des dites « notabilités ». Ainsi, il doit mettre en place une éducation pour toute et tous. L’État devra mettre en place des assises pour éradiquer le « cancer social » qui gangrène la société. D’abord par une éducation nationale, « républicaine » qui consistera à enseigner, dès le bas âge, le civisme sur des bases saines. Ensuite, au lycée, toujours dans une approche éducative, il faudra se « goinfrer » d’humanités. Et enfin à l’université, continuer sur les valeurs universelles à côté de la « chose essentielle en soi » qui consiste, ici, à la disparition des tares.
De plus, l’État se doit d’être une forme d’organisation sociale. Il doit être l’œil attentif. De ce fait, il devra notamment déconstruire ses relations avec les « notabilités », croître sa vision politique sur la citoyenne et le citoyen. La justice, encore en construction, applique les lois et codes en vigueur mais il est évident que ce n’est pas facile de condamner et/ou d’interdire ce qui est enraciné dans la mémoire. La justice doit être l’oreille attentive.
Elle effectue « son travail ». Mais elle est parfois inféodée s’agissant de querelles sur les terres. Elle ne doit pas être, quant à elle, en contradiction avec l’esprit des lois. Et la dernière des prescriptions est de se rebeller contre le construit social, têtu selon Dieynaba Ndiom, militante féministe et femme politique. Se rebeller au niveau de toutes les sphères sociales. De toutes les classes sociales. La classe sociale renvoie aux conditions d’existence contrairement au rang social qui renvoie à la « place » de l’individu dans la stratification sociale inhérente à la culture qui doit évoluer.
De l’éducation de l’école, avec une volonté politique, aux lois en vigueurs, on doit voir la naissance d’un nouveau type de citoyen à travers une nouvelle éducation de la société et celle des parents. Celui-là même débarrassé des niaiseries socioculturelles. Le processus est long mais avec le temps et les rapports de force (refus de soumission et manifestation de sa dignité, ses compétences…). Pas la peine de trop prolonger sur ce cas car la raison est là, et elle guide de nos jours. La conscience collective veut évoluer. Elle doit évoluer. Même si certains veulent l’affaisser à l’arbre bientôt déchu.
La religion, la vraie, déconstruit déjà le « mythe » de la pureté généalogique. Elle est utilisée souvent à tort et à travers comme un instrument de domination. Des mouvements comme Gambanaaxu ont compris cela. Il y a alors une démystification à faire et pérenniser. Les débats doivent faire naitre des contractions profondes qui feront que les discours biaisés ne passeront plus. De tout temps, il y a eu une complicité entre les « tenants » du privilège pour la « gestion religieuse » et les personnes de la « noblesse ».
Le bouclage consanguin est un autre un danger ; scientifiquement prouvé. Hélas, il est encore maintenu. Quelle aberration quand les religions monothéistes (dont l’islam que nous partageons) disent que nous sommes issus d’un seul individu. Dans la société sooninké, jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’union maritale entre ces groupes cités plus haut. Et aussi entre les personnes dites de « castes inférieurs », les soient-disant « gardien de la tradition », « griots, troubadours, les cordonniers, les forgerons, les marabouts …
Le mal est tellement profond qu’il s’est transporté des villages aux villes, pour ensuite atterrir en France. Les personnes issues de la diaspora, vivant en Occident, ne comprennent pas cela mais subissent transversalement ces traditions féodales. On doit s’en défaire rapidement et oser braver l’interdit à l’instar de millions de personnes en Afrique de l’Ouest ; dans le monde.
Rimweb – Les magistrats de la Cour criminelle du Tribunal régional de Sélibaby ont examiné plusieurs dossiers le mardi 6 juillet 2021.
Le moins qu’on puisse dire des verdicts rendus le 7 juillet est que les magistrats n’ont pas été cléments avec les auteurs de crimes de viol, de meurtre, de vente de la drogue et ceux du vol avec casse. Reconnu coupable de viol et de meurtre d’une femme originaire de Meydalla, près de Tachot, l’auteur des crimes de nationalité malienne écope de vingt cinq ans de prison pour le viol et la peine capitale pour le meurtre.
Pour adultère et infanticide, une dame originaire de Diaguilly écope de la lapidation. Le responsable de la grossesse, qui avait bénéficié d’une liberté provisoire, écope d’un an de prison ferme suite à quoi il est déposé à la prison civile de Sélibaby.
Pour avoir engrossé une dame qu’il voulait pour un mariage, un migrant malien écope lui aussi d’un an d’emprisonnement.
BKB et ses coaccusés dans une affaire de vente de drogue écopent chacun de cinq ans de prison ferme assortie d’amendes et de frais de justice.
Pour vol avec casse, un jeune, originaire d’Aioun qui se fait passer pour un commerçant écope lui de cinq ans de prison ferme assortie d’amende et frais de justice.
Au motif d’absence d’un coaccusé, jugé en appel à Aleg, la Cour criminelle de Sélibaby a décidé du renvoi du dossier de D.A.P. et coaccusés. Pour absence de la partie civile et/ou de son avocat, il a été aussi décidé du renvoi du dossier de l’auteur des blessures volontaires sur Madjigui Coulibaly d’Hassi Cheggar.
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